35.

Un silence épais et lourd s'était installé dans la pièce. Sirius avait à peine vu Harry passer pour rejoindre la cheminée et se rendre chez Rogue, tant il était pris dans ses pensées. Un peu sonné par la nouvelle, l'animagus était resté calme et froid. Simplement las, il n'avait pas envie de s'énerver. Peut-être qu'au fond, c'était le regard de Remus l'en dissuadait. A la fois terrifié par l'annonce de cet enfant et horrifié par la réaction que Sirius allait avoir, le lycanthrope paraissait en proie à une panique intérieure sans nom. Toutefois, il ne disait rien non plus. Ils attendaient que Harry s'éloigne pour continuer leur conversation. Le gosse n'avait pas besoin d'assister à ça.

Les cheveux de Tonks, qui tombaient en cascade sur ses épaules, changeaient de couleurs à chaque fois que la jeune femme clignait des yeux. Elle portait une robe blanche et Sirius ne pouvait s'empêcher de fixer son ventre. Il était encore aussi plat qu'un voile tendu.

Harry s'en alla finalement mais un malaise étrange persistait toujours entre les trois adultes. Sirius leva les yeux au ciel et soupira lourdement.

– Vous êtes vraiment inconscient tous les deux! lâcha-t-il enfin. Vous savez que même à Poudlard, les gamins connaissent le sort de contraception? Qu'est-ce qui ne va pas chez vous? Et après, on ose me faire passer pour la personne par excellence qui agit sans réfléchir.

– On a compris, Sirius, grommela Tonks en le foudroyant du regard. Le sort n'a simplement pas dû fonctionner. Il n'est pas infaillible.

Les yeux grands ouverts, Remus restait toujours silencieux et terrorisé. Sirius passa une main sur son visage et se mit à tourner en rond. Il redoutait la question qu'il allait poser. Allait-il devoir laisser Remus partir? Allait-il le perdre définitivement? Qu'est-ce que Tonks allait exiger d'eux? Étrangement, Sirius n'était pas énervé. Il n'était pas jaloux non plus.

– Un être innocent va devenir un monstre par ma faute, souffla Remus en vacillant légèrement.

Sirius s'approcha doucement de lui et posa ses mains sur ses épaules.

– C'est absolument faux. Ce ne sera pas un monstre. Il ne sera peut-être même pas touché par la lycanthropie.

– Il sera fier de t'avoir comme père, Remus, assura Tonks en lui prenant la main.

Sirius foudroya leurs mains et recula de quelques pas. Il avait sans doute pensé trop vite ; il était jaloux. Il ne voulait pas le perdre. Tout ce qu'il avait espéré, tout ce qu'il était parvenu à acquérir et à construire, était en train de s'écrouler sous ses yeux. Sans Remus, il n'avait plus rien. Remus était tout pour lui. Il l'aimait comme il n'avait jamais aimé personne. C'était son seul encrage avec ses souvenirs. Sans lui, il n'avait plus d'identité et plus de passé. Sans lui, il perdait également Harry, car Remus seul lui permettait de voir son filleul. Et puis, il l'aimait! Par le sang de Merlin, il l'aimait tant que ça lui faisait mal au plus profond de ses entrailles.

Faisait-il le poids face à un enfant?

– Qu'est-ce que tu veux faire? demanda Remus d'une voix extrêmement calme.

Personne ne lui répondit. Ni Sirius, ni Tonks, ne savaient exactement à qui il s'adressait. Les yeux du lycanthrope étaient perdus, vides, lointains. S'il avait obtenu une réponse, Sirius n'était pas certain qu'il l'aurait entendu. Remus soupira et plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme.

– Qu'est-ce que tu veux faire? répéta-t-il

– Je ne sais pas. Je ne veux pas de cet enfant. Je n'ai pas envie d'être mère dans ces conditions. Je suis bien trop jeune, je commence juste ma carrière. Je sais que ma mère serait enchantée de s'en occuper mais ce n'est pas non plus ce que je souhaite pour lui.

Tonks jeta un regard en coin à Sirius, avant de reprendre d'une voix ferme.

– Je veux qu'il grandisse avec ses parents et qu'il connaisse toutes les joies que peuvent lui procurer une famille.

Sirius serra les poings.

– Qu'est-ce que tu attends de Remus, exactement? Qu'il assume cet enfant et son devoir, en te suivant?

– Est-ce que tu m'écoutes quand je parle? Ce n'est pas ce que j'ai dit et je n'y ai jamais songé une seule seconde. Je pense qu'il serait bien à vos côtés. Il serait heureux. J'aimerais que vous preniez cet enfant à sa naissance et que vous l'adoptiez.

Sirius ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Avait-il réellement entendu ce que Tonks avait dit, était-il devenu complètement cinglé ou recevait-il simplement ce qu'il avait envie d'entendre? La réaction de Remus répondit à sa question. Le lycanthrope secoua vivement la tête et recula jusqu'à se cogner contre le mur.

– Nous ne pouvons pas garder cet enfant. Nous pouvons nous rendre à St Mangouste. Ils arrangeront notre problème.

– L'avortement est interdit, murmura Tonks. J'y ai déjà pensé. J'ai même regardé les avortements clandestins mais ils sont dangereux et les risques d'infertilité suite à ces procédés sont très importants. Je n'ai pas envie de mettre ma vie en danger de la sorte.

– Les règles peuvent être contournées si l'un des parents de l'enfant est un monstre. Le ministère ne laissera pas un loup-garou venir au monde. De plus, nous n'avons pas le droit de nous... reproduire.

Sirius se saisit doucement du poignet de Remus, les sourcils froncés.

– Premièrement, tu vas arrêter de dire que tu es un monstre et parler de toi comme si tu étais un animal. Et, secondement, il n'y a aucun problème. Tu ne dois pas t'inquiéter. Ce petit viendra avec nous et tout ira pour le mieux.

– Qu'est-ce que tu racontes? souffla Remus.

Le visage de Tonks s'illumina d'un sourire ému qui ne fit qu'assombrir le visage de Sirius. L'enfant arrivait au mauvais moment et bien trop tôt. Sirius était recherché. Harry et les ennuis allaient sûrement encore longtemps faire bon ménage. Remus n'avait pas de travail et avait l'impression d'être un poids mort. Et pour couronner le tout, le temps empestait un futur sombre et particulièrement triste. Il ne parvenait pas à être heureux de cette nouvelle, même si une partie de lui s'enflammait à cet instant.

– Nous prendrons soin de cet enfant ensemble, Lunard. Nous l'élèverons tous les deux.

– Ce n'est pas bien, grogna-t-il. Pense à lui.

– C'est ce que je fais. Je suis actuellement en train de penser à lui. Je nous imagine en train d'acheter ses fournitures sur le Chemin de Traverse. Nous lui apprendrons à jouer au Quidditch. Je nous vois le conduire sur la voie 9 ¾ et le rassurer en lui expliquant que ses sept années à Poudlard seront les meilleures de sa vie.

Les meilleures de sa vie? Tu plaisantes? Il me détestera de devoir passer ses fins de mois dans la Cabane Hurlante! Il criera que c'est de ma faute à chaque fois que la douleur le saisira et à chaque fois que l'envie de tuer sera si forte qu'il s'arrachera la peau jusqu'à l'os pour se soulager!

– Comment est-ce que tu peux être certain que ce bébé aura ta lycanthropie? Ce ne sera peut-être pas le cas.

– Il est impossible qu'il ne soit pas comme moi!

– Alors c'est que tu sous-estimes les pouvoirs de sa mère! Bon sang, Remus, regarde-la! Tonks est une métamorphage! Oui, il peut être comme toi mais il peut être aussi comme elle. Il peut également être l'enfant le plus banal du monde et même être un cracmol.

– Garde ton sarcasme pour toi, Sirius! Ce n'est pas un jeu! On parle d'un enfant! Tu n'es même pas capable de t'occuper de toi-même, comment est-ce que tu veux gérer une vie aussi fragile? Tu passes ton temps à jouer avec les limites de la vie et de la mort, qu'est-ce qu'il se passera si tu te fais tuer? Si on se fait arrêter, toi parce que tu devrais être à Azkaban et moi pour complicité? A ton avis, ils garderaient un petit loup-garou dans le système? Tu crois qu'ils lui réserveraient une jolie place dans un orphelinat ou au sein d'une famille d'accueil? Tu devrais ouvrir les yeux ; garder cet enfant est impossible! Tu parlais des pouvoirs de Tonks? Imagine si ce gosse combine les deux phénomènes de ses parents, est-ce que tu réalises l'arme qu'il deviendrait? Entre de mauvaises mains, il pourrait être façonné totalement jusqu'à en faire un redoutable tueur. Et puis, il a du sang de Black qui coule dans ses veines!

Les lèvres de Sirius se plissèrent légèrement.

– Qu'est-ce que ça veut dire?

– Ça veut dire que c'est une famille qui tourne mal.

L'animagus haussa les sourcils avant d'aboyer d'un rire amer et sans joie. Il lâcha le poignet de Remus et recula d'un pas.

– C'est bon, tu as terminé? Je vais partir avant que tu ne sortes encore des paroles que tu finiras par regretter.

– Sirius.. ce que je veux dire c'est que les personnes de ta famille qui ont du sang sur les mains le revendiqueront s'ils apprennent ce que cet enfant pourrait être.

– Tais-toi, trancha-t-il faiblement. Juste... tais-toi.

La douleur de lui parler de cette manière lui serra les tripes. Il ne devait pas y penser, il devait juste être au calme. Sirius se tourna vers Tonks et embrassa doucement sa joue. Remus se trouvait simplement des excuses.

– Tu n'es pas seule, murmura-t-il à son oreille. Quoi qu'il arrive, nous serons là. Et.. laisse-lui du temps. La peur est actuellement en train de parler pour lui. Il n'accepte pas ce qu'il est alors il ne peut pas accepter le fait de transmettre sa maladie à un innocent. Il a besoin d'être seul pour réfléchir et moi aussi.

– Je sais, répondit-elle simplement. Merci, Sirius. Je vais vous laisser, maintenant.

Sirius observa Tonks s'éloigner. La cheminée s'ébranla au même moment. Harry en sortit, la robe pleine de cendres et les cheveux emmêlés. Une bouffée de tendresse envahie Sirius qui en oublia l'espace d'un instant la peine qui était en train de le dévorer.

– Tout va bien? demanda-t-il en allant à la rencontre de son filleul.

– Oui mais ce serait plutôt à moi de vous poser cette question. On trouverait plus de couleurs sur le visage d'un fantôme.

– C'est rien.

– Est-ce que vous en savez plus à mon sujet? A notre sujet? Est-ce que c'est par rapport à moi?

– Non, Harry, tu n'es pas concerné, d'accord? Remus et moi nous sommes simplement disputés.

– A cause de moi?

Sirius lui ébouriffa les cheveux pour le faire taire, ce qui fit rire Harry qui essaya de se défaire de la poigne de son parrain.

– Je suis désolé. Je ne veux plus me retrouver au milieu de mensonges. Je cherche juste à savoir ce que l'on me cache.

– C'est parfaitement normal. Ceci ne concerne que Remus et moi pour le moment. Tu peux respirer : c'est incroyable mais vrai, tu n'es pas mêlé à tous les problèmes du monde des sorciers.

– Très drôle, railla Harry. J'espère que ce n'est pas trop grave.

Sirius posa une main sur la joue de son filleul, avant de lui faire un clin-d'œil.

– Ne t'inquiète pas. Ce devrait être rapidement réglé. Je te promets une chose, tu seras le premier au courant.

La curiosité était palpable sur le visage du jeune sorcier.

– Maintenant, reprit Sirius, tu dois sûrement avoir des choses à nous raconter.

– Mon oncle et ma tante ne se sont pas réveillés. Ils sont inconscients à St Mangouste. La tante Pétunia était éveillée en arrivant à l'hôpital et demandait en pleurant où était son fils, ce qu'il se passait et où elle se trouvait. Elle s'est ensuite évanouie et a dû recevoir des soins. D'après Rogue, ils étaient sévèrement déshydratés et de nombreuses blessures commençaient à s'infecter sur le corps de l'oncle Vernon. Il a dû faire de nombreuses potions pour aider les médicomages. Le ministère n'a toujours pas prévenu Dudley et la tante Marge car il attend d'abord de les transporter dans un hôpital moldu. A leur réveil, le ministère a ordonné de leur façonner la mémoire pour leur faire dire exactement ce qu'il veut. D'après ce que j'ai compris, Dumbledore s'y oppose.

– Pourquoi? s'étonna Sirius.

– Il pense que Pétunia et Vernon détestent et craignent suffisamment notre monde pour ne rien révéler et pour inventer quelque chose de plus intelligent et plausible encore que ce que le juge pourrait imaginer. Et puis, mon oncle et ma tante ne se souviennent de rien. Lucius et les autres se sont occupés de leur mémoire. Ils ne seraient même pas capable de dire à qui que ce soit ce qu'il s'est passé depuis leur enlèvement. Dumbledore craint qu'ils ne soient même pas en mesure de dire comment ils ont été capturés.

– Quand est-ce que Fudge te rencontrera?

– Je ne sais pas. Sûrement dans le courant de ces prochains jours.

– Est-ce que Rogue sait combien de temps tu pourras officiellement rester chez lui?

– L'accord tient jusqu'à la rentrée. Tu avais raison, le ministère et les Aurors ne remettent absolument pas en question sa culpabilité. Je peux donc parfaitement rester chez Rogue, comme il en était convenu.

– Tant mieux, cela nous laissera plus de temps pour convaincre Dumbledore et le ministère de te laisser chez Servilus chaque été, pour que tu puisses rester avec nous.

Harry acquiesça d'un geste de tête.

– Je vais prendre ma potion et je vais me reposer un peu.

– Je t'appellerai lorsque ce sera l'heure de manger.

– Ce n'est pas la peine. Je pense dormir toute la journée.

– C'est peut-être bien de se reposer, Harry, mais il faut aussi prendre des forces. Et tu ne peux pas prendre tes médicaments si tu n'avales rien à côté.

– D'accord. Je te promets de descendre pour manger quelque chose. Je vais envoyer un hibou à mes amis. Je pense en envoyer un à Andromeda et à toutes les personnes qui sont venues à mon aide, pour les remercier.

– Tu pourras le faire de vives voix. Nous sommes invités chez Andromeda demain. Il y aura sûrement tout le monde. Ce sera l'occasion de faire le point sur ce qu'il s'est passé.

Harry sourit et hocha la tête avant de faire demi-tour, pour se diriger vers les escaliers.

– Harry.. une dernière chose.. Je ne sais pas si tu as prévu d'envoyer un hibou à Drago mais je pense qu'il ne serait pas judicieux de rentrer en contact avec lui pour le moment.

– Je ne vois pas pourquoi je souhaiterais le contacter, mentit Harry.

Sirius pouvait ressentir à quel point Harry avait envie de parler à celui qu'il avait appris à connaître et à apprécier malgré tout. Il comprenait aussi la colère de son filleul à son égard.

– Ce n'était qu'une simple remarque. Je voulais simplement dire qu'il était trop tôt pour lui envoyer un message et que cela pourrait être dangereux pour toi comme pour lui.

Une fois Harry éclipsé dans sa chambre, Sirius jeta un regard en coin vers Remus qui avait écouté leur conversation sans intervenir. Il soupira et regagna sa chambre sans lui adresser la parole. Remus était si triste à présent. La journée avait pourtant si bien commencé. Il se laissa tomber sur son lit. Ses draps et ses coussins avaient l'odeur du lycanthrope. Il enfouit son visage à l'intérieur et ferma les yeux. Son cœur s'affolait douloureusement en songeant à l'avenir que Tonks leur offrait avec cet enfant. Il pensait à tout ce qu'il pourrait faire et à ce qu'il pourrait lui apprendre. Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire en voyant un Remus miniature, cinq ou six livres sous le bras, en train de grimper dans un arbre pour lire tranquillement. Un bonhomme, plus petit encore qu'un elfe de maison, à la collection de bêtises aussi grande qu'un troll des montagnes.

Il inspira et expira profondément l'odeur de Remus. Il mourait d'envie de le rejoindre pour lui faire miroiter ce futur dont il rêvait tant. Il avait envie de partager avec lui tout ce qu'il ressentait à cet instant. Il voulait le rassurer. Il était certain de pouvoir transférer ses pensées dans les siennes et de le faire changer d'avis.

L'idée qu'il puisse lui en vouloir éternellement où être bloqué au point de ne plus vouloir être avec lui ravagea l'animagus qui hurla dans son oreiller. Il voulait cet enfant mais il ne pouvait pas perdre Remus. Il était tout ce qu'il avait, tout ce qu'il désirait. Il l'aimait tant qu'une centaine de milliers d'étincelles semblait grésiller son esprit à ce moment précis. Il ferma les yeux et reprit doucement sa respiration. Il devait descendre et retrouver Remus. Il ne pouvait pas le laisser seul après cette nouvelle. Le lycanthrope avait besoin de lui. Il était simplement terrorisé à l'idée de mettre au monde quelqu'un qui serait comme lui. Il ne voyait pas à quel point il était extraordinaire, à quel point les perspectives de cette naissance pouvait être merveilleuse, la seule chose qu'il voyait était la maladie qu'il pouvait ou non transmettre.

A l'heure du dîner, Sirius monta dans la chambre de Harry et trouva l'adolescent profondément endormi. Il lui caressa tendrement les cheveux et renonça finalement à le réveiller. Il sortit sa baguette et fit apparaître un plateau, des couverts, et de la nourriture. Sirius rejoignit ensuite Remus qui fixait silencieusement son assiette.

– Il dort bien, j'ai préféré ne pas le laisser tranquille et mettre son repas sur sa table de nuit.

Remus ne répondit rien et se contenta d'hocher lentement la tête, sans adresser un seul regard vers Sirius.

– Je n'ai pas faim, grogna l'animagus en rangeant la chaise qu'il venait à peine de tirer.

Il laissa Remus seul à table et alla s'occuper de Buck. Cette situation rendait Sirius malade. En milieu d'après-midi, il prit soin de préparer ses potions et celles de Harry, qui descendit pour les prendre et pour le remercier pour le repas.

Le jeune sorcier semblait décontenancé en voyant les deux adultes s'éviter. Il savait qu'ils s'étaient disputés, mais il ne s'attendait pas à ce que ce soit si grave. Sirius lui était reconnaissant de ne pas poser de questions en présence de Remus. Le lycanthrope n'avait pas prononcé un mot, son visage était éteint et ses yeux fixaient toujours loin sans ne jamais s'accrocher à quelque chose.

Alors que Sirius et Harry discutaient sur le canapé, Remus se leva, se saisit de sa baguette qu'il rangea soigneusement dans sa poche et sortit de la maison. Il claqua la porte si fort qu'Harry sursauta.

– Je ne voulais pas me montrer trop intrusif, grimaça le garçon, mais je suis sincèrement inquiet pour Remus. Je voudrais comprendre ce qui peut le mettre dans un état pareil. Il ne répond même pas lorsque je lui adresse la parole.

Sirius soupira.

– Très bien, souffla-t-il en passant son bras sur les épaules de l'adolescent. Tonks est enceinte.

– De Remus?

– Exactement.

– Elle veut vous voir rompre? Remus doit faire un choix? C'est injuste, vous vous aimez tant...

– Non, ce n'est pas ça. Tonks veut nous confier l'enfant.

Harry écarquilla les yeux.

– C'est génial! s'exclama-t-il en se blottissant contre son parrain.

– Je trouve aussi. Mais Remus craint que son enfant soit un loup-garou, comme lui. Il ne veut pas voir souffrir un être innocent par sa faute. Il a lui-même tellement souffert à cause de sa maladie. Il a peur que son enfant lui en veuille et le haïsse.

– Je vois.

Sirius passa ses mains sur son visage en soupirant.

– Je devrais le soutenir et le rassurer au lieu de réagir comme je le fais. Je voulais simplement le laisser un peu seul pour qu'il puisse sérieusement y réfléchir mais je vois qu'il est en train de sombrer dans la panique.

– Parle-lui. Vous êtes faits pour être parents et vous serez formidables dans ce rôle. Cet enfant sera extrêmement chanceux et fier d'être élevé par deux sorciers aussi exceptionnels que vous. Il sera heureux d'avoir Remus pour père, il le sera et ce n'est pas possible autrement.

– Je veux tellement de cet enfant, murmura Sirius en baissant les yeux sur ses mains. Je crois que je l'aime déjà à en crever.

La porte claqua une nouvelle fois. Remus les regardait avec de grands yeux. Sirius ouvrit la bouche mais le lycanthrope ne lui laissa pas le temps de parler. Il grimpa les escaliers et s'enferma dans sa chambre.

Le soir, Remus ne vint pas manger. Sirius et Harry dînèrent silencieusement. Pensif, l'animagus se demandait comment il allait pouvoir réparer ce qu'il avait fait. Il n'était même pas sûr d'être fautif. Tout ce qu'il souhaitait était de voir Remus sourire, de le prendre dans ses bras et de lui murmurer à quel point il l'aimait. Il avait besoin d'être à ses côtés à cet instant, pour lui dire de ne pas avoir peur.

Sirius se leva, monta à l'étage et trouva la porte de la chambre de Remus verrouillé. Il l'appela mais le lycanthrope ne lui répondit pas. Il se saisit de sa baguette qu'il pointa sur la serrure mais renonça à la dernière seconde. Remus s'était enfermé pour ne pas être dérangé. Sirius soupira tristement et s'éloigna de la porte. Il se laissa glisser contre le mur et s'assit par terre. Il resta ainsi toute la soirée et toute la nuit.


Moi, actuellement : "Toujours vivante, rassurez-vous! Toujours la banane! Toujours debout!"

(j'espère que vous avez chanté)

Sincèrement, je suis désolée d'être partie si longtemps et d'avoir laissé ma fiction sans suite pendant trois mois (je crois). Je n'ai pas trouvé la motivation d'écrire et mes études me prennent beaucoup de temps. J'espère que vous allez bien, que vous prenez soin de vous et que vous passez de bonnes vacances/fêtes. Je vous promets de faire des efforts et de publier rapidement la suite de mes chapitres. Ce sera mes bonnes résolutions pour cette prochaine année. L'histoire arrive à sa fin, il ne reste plus beaucoup de chapitres en perspective.

J'ai eu du mal à écrire ce chapitre car il a été ajouté. Je n'avais pas prévu de faire ça lors de la construction du squelette de ma fiction et finalement c'est arrivé assez naturellement. J'espère que vous avez apprécié ce chapitre et que vous ne m'en voulez pas trop.

Je reprendrai ma fiction une fois terminée. Je la reprendrai depuis le début et je la corrigerai. Je m'excuse pour toutes les fautes sur lesquelles vous tombez.

Je vous souhaite de passer un très bon noël si vous le fêtez et d'être bien gâtés!