ÉPILOGUE 1
1er septembre 1998
La fenêtre ouverte laissait entrer un vent léger, secouant les draps qui servaient de seconde peau à Sirius. Il se redressa sur ses coudes en entendant un bruit de course dans les escaliers. Il se laissa retomber sur ses coussins alors que des cris des rires s'élevaient hors de sa chambre.
Il émergea doucement de son sommeil. Il était seul dans le lit et en profita pour étirer longuement ses bras. Un sourire amusé transforma son visage lorsque la porte s'ouvrit sur un petit garçon aux cheveux d'un gris aussi terne et morne que son visage.
Il grimpa difficilement dans le lit et se pelotonna contre Sirius.
– Et bien, Teddy? Il me semblait t'entendre rire. Qu'est-ce que c'est que cette tête?
Le petit garçon s'assit sur le lit en soupirant. Son regard était grave et sérieux.
– On lui a laissé le choix. Il pouvait rester avec nous, pourtant il a choisi de retourner à Poudlard et de faire une septième année. Il essaie de me faire rire mais je suis en colère après-lui! Ça m'énerve parce que je ris alors que je ne le veux pas!
Sirius lui offrit un sourire en coin et ébouriffa ses cheveux qui s'assombrissaient à mesure qu'il parlait.
– Tu sais, moi je crois que Harry a raison d'y retourner.
– Pourquoi?
– Parce que pour la première fois de sa vie, il aura droit à une année parfaitement paisible et normale à Poudlard. Il l'a mérité, tu ne pense pas?
Teddy renifla bruyamment et fronça les sourcils.
– Je veux le garder auprès de moi. Il va me manquer.
La porte s'ouvrit à ce moment là. Remus haussa les sourcils en les voyant et se glissa dans le lit.
– Comment vont mes deux amours ce matin? murmura-t-il en embrassant le front de Teddy et en déposant délicatement ses lèvres sur celle de Sirius.
– Ça aurait été mieux si tu avais apporté le petit-déjeuné, grogna gentiment ce dernier.
– Je venais t'apporter quelque chose de meilleur encore mais je ne pensais pas qu'il y aurait un intrus.
Sirius plaqua doucement sa main sur le visage de Remus pour le faire taire et le poussa contre le coussin. Ce dernier éclata de rire et attrapa la peluche de Teddy pour se défendre. Le petit garçon se jeta sur lui avant qu'il ne puisse frapper l'animagus avec.
– Non! Reg est pour la paix! Rends-moi le!
Teddy avait absolument tenu à appeler son ours «Reg» en hommage à Regulus Arcturus Black, le frère cadet de Sirius. En apprenant que son petit frère s'était sacrifié à l'âge de dix-huit ans pour contrer Voldemort, Sirius avait tout fait pour diffuser la vérité autour de lui. Il s'en voulait de ne pas avoir pu le protéger et de ne pas avoir été à ses côtés lorsqu'il avait besoin de lui et lorsqu'il prenait conscience de ses actes et de ses erreurs.
Quand Teddy avait appris que son «tonton» avait donné sa vie pour celle de son elfe de maison et qu'il avait enduré les pires souffrances pour mettre en échec l'ascension du Seigneur des Ténèbres, il s'était pris d'une immense affection à son égard. Sirius en était profondément touché.
– Harry doit être prêt maintenant, souffla Remus en passant ses bras autour du cou de Sirius. On ferait mieux de se préparer en vitesse.
– Reg et moi serons prêts en dix secondes, souffla le garçon en jetant ses pieds hors du lit.
Sirius sourit démesurément, tandis que Remus enfilait une chemise.
– Qu'est-ce qu'il y a?
– On va accompagner Harry au quai. C'est la première fois.
– On l'avait déjà fait.
– Tu vois ce que je veux dire. On va pouvoir sortir, tous ensemble. Je vais pouvoir être moi-même. Je vais accompagner Harry à la gare en tant que Sirius Black. Harry James Potter va être accompagné par son parrain Sirius Orion Black. Pour la toute première fois, je vais l'accompagner jusqu'au train.
Remus se mit à rire et se pencha pour embrasser l'animagus. Il s'assit ensuite sur ses genoux et caressa sa joue du bout des doigts.
– C'est ce qui aurait dû se passer depuis sa première année, reprit-il.
– Il faut arrêter de vivre dans le passé. Ça ne sert à rien.
Sirius déposa ses lèvres dans le cou de Remus, sur sa mâchoire, sur son nez, sur ses paupières, sur ses épaules, avant de le serrer de toutes ses forces contre lui. Le lycanthrope riait doucement, tout en s'accrochant à Sirius qui remuait dans tous les sens.
– Je t'aime, murmura-t-il contre son oreille.
Harry frappa à la porte et l'ouvrit sans attendre de réponse.
– On va partir en retard, grommela-t-il.
– On arrive, sourit Remus en se levant et en allant à sa rencontre.
Il entoura les épaules de Harry de son bras et l'entraîna dehors. Sirius les regarda partir et s'habilla rapidement, avant de les rejoindre.
Il était élégant, classe, sobre et richement habillé. Il s'était procuré ces habits pour l'occasion. Il voulait se faire remarquer. Tout le monde devait voir qu'il n'était pas affecté, que tout ce qui avait pu se passer n'était pas parvenu à le rabaisser d'une quelconque façon. C'était l'endroit idéal pour se montrer. Tous les jeunes sorciers d'Angleterre et leurs parents allaient être présents.
Il devait se montrer fort pour Teddy et tout le monde devait le savoir apte à élever un enfant. Remus n'avait pas le droit de le garder, de part son statut de loup-garou. Sirius était son responsable légal.
La gare était bondée de Moldus. Ils étaient bruyants, pressés, chargés comme des ânes et empêchaient Sirius, Remus, Harry et Teddy de circuler paisiblement. Harry tenait fermement Teddy par la main et marchait en tête. Sirius et Remus étaient derrière, tirant l'énorme valise du sorcier.
Face au flux de voyageurs, Harry se saisit de Teddy et le porta sur ses épaules.
Une fois sur la voie 9¾, les sorciers ne furent pas débarrassé pour autant de la foule. Il y avait un monde impressionnant. Des personnes en capes se pressaient les unes sur les autres et entouraient le Poudlard Express. Les journalistes de tous les journaux étaient présents. La réouverture de Poudlard avait fait déplacer énormément de sorciers. Les parents, angoissés et en colères, essayaient de faire passer leurs enfants à travers la masse pour qu'ils puissent rejoindre le train.
Teddy pleurait et ne voulait plus lâcher Harry. Il l'agrippait de toutes ses forces, déterminé à ne pas le laisser partir. Les journalistes étaient bien trop concentrés pour faire attention à eux. Rassuré, Sirius se disait qu'ils parviendraient peut-être à rejoindre le train sans se faire remarquer.
Harry serra Teddy dans ses bras durant de longues minutes. Il parvint toutefois à se détacher de lui pour dire au revoir à Sirius et Remus.
– On croisera peut-être Molly et Arthur, une fois le train parti.
– Ron, Hermione et Ginny sont sûrement déjà à bord. Ça aurait été trop compliqué de s'attendre sur le quai. J'espère qu'ils n'ont pas eu de problème avec les journalistes.
– Moi aussi, répondit le jeune sorcier.
– N'oublies pas de nous écrire. Tout devrait bien se passer cette année mais fais tout de même attention à toi.
Harry approuva d'un faible sourire et ses yeux passèrent tristement de sa valise au train.
– C'est étrange d'aller à Poudlard sans Hedwige. Elle me manque.
Le cœur lourd, Harry empoigna sa valise. Alors qu'il s'apprêtait à quitter sa famille, une main pressa son épaule.
– Tu devrais te dépêcher de rentrer dans le train, Potter. Tu as eu de la chance de ne pas t'être fait remarquer par cette charogne de Skeeter. Elle n'attend que le moment de te tomber dessus et de te dévorer.
– Drago! s'exclama Teddy en se jetant à son cou. Tu es venu dire au revoir à Harry?
Le blond haussa un sourcil.
– Absolument pas.
– Je suis tellement heureux que toi tu restes et que tu ne retourne pas à l'école. Tu pourras venir tous les jours à la maison! Mes papas m'ont acheté un poudlard express volant, je peux le faire se déplacer avec une manette! Tu viendras le voir? Tu sais que je sais faire des tartes aux fraises! C'est Luna qui m'a appris! Tu voudras que je t'en fasse une?
Drago se mordit la lèvre.
– Je suis désolé, Teddy. Je sais que j'avais dit que je ne retournerais pas à Poudlard. Je pensais que je ne pourrais pas y être à ma place et que le regard des autres allait être trop difficile à supporter. J'ai longuement discuté avec Astoria et elle est parvenue à me convaincre. Je vais faire ma septième année...
– Vraiment! s'exclama Remus. C'est une excellente nouvelle, Drago! Tu as parfaitement raison et Astoria a bien fait de te pousser à y retourner. Ce sera bon pour toi.
Teddy se débattit violemment et s'éloigna des adultes en courant.
– Je vais le rattraper, soupira Sirius en embrassant la joue de Harry. Bon voyage, les garçons!
Une fois Sirius partit, Remus ébouriffa les cheveux de Harry et Drago, en souriant tendrement.
– Je suis fier de vous.
Drago rougit légèrement et baissa les yeux. Il était tellement embarrassé qu'il ne prit même pas la peine de se recoiffé. Harry lui donna un coup de coude en riant, mais Drago restait parfaitement muet et immobile.
Pour changer de sujet, Harry jeta un regard vers l'endroit où Teddy et Sirius s'étaient éclipsés.
– La réaction de Teddy m'affecte.
– Il comprendra et ça lui passera rapidement, le rassura Remus. Il est petit et pour lui, une année scolaire lui semble être une éternité.
– On lui écrira toutes les semaines. N'est-ce pas, Malefoy?
Le blond leva les yeux au ciel.
– Tu ne crois quand même pas que je vais supporter de te voir une fois par semaine, simplement pour écrire une lettre à mon petit cousin qui m'insupporte autant que toi?
– Menteur. Tu l'adore autant qu'il t'admire et tu peux nier autant que tu le veux, je suis persuadé que je t'ai manqué toutes les vacances.
– Si ça te fait plaisir de le croire, Potter.
– Je ne veux pas vous interrompre, souffla Remus, mais Rita Skeeter nous a vu et le train va bientôt partir. Dépêchez-vous.
Harry serra Remus dans ses bras et empoigna le bras de Drago pour l'entraîner jusqu'au train. Ils hissèrent leur valise et soupirèrent de soulagement en observant à travers la vitre. Le regard rageur, Rita Skeeter fulminait.
– On l'a échappé belle, sourit Drago.
– En effet. Tu veux t'asseoir avec nous?
– C'est ça! Tu crois vraiment que je vais venir dans votre compartiment pour tenir la chandelle à deux couples?
– Il y aura aussi Luna et Neville.
Drago haussa les épaules.
– Sans façon.
– Tes amis t'auront gardé une place, de toute manière. Ils viennent tous refaire leur année, non?
– Théodore ne revient pas. Il a trouvé un travail en France. Il va travailler avec des créatures magiques.
– Je ne le voyais pas du tout là-dedans.
Drago haussa une nouvelle fois les épaules.
– Il n'a jamais vraiment apprécié le contact des humains. Ça a toujours été un supplice pour lui. Cela ne m'étonne pas vraiment. Les animaux ne posent pas de questions, ne jugent pas et sont moins compliqués.
– Sauf si tu les insulte et que tu finis le bras dans une atèle.
– Très drôle, Potter. C'était entièrement de ta faute.
– Mais bien sûr!
Des bruits de pas se firent entendre derrière eux. Les jeunes hommes se retournèrent et un sourire illumina leur visage.
Astoria était ravissante. Ses longues boucles noires tombaient en cascade dans son dos. Un ruban émeraude les encerclait. Elle était déjà en tenue. Sa cravate verte faisait ressortir ses yeux. Seules ses longues chaussettes usées et trouées par endroits, contrastaient avec son impeccable allure.
– Bonjour, Astoria! Je suis heureux de te voir!
– Moi aussi, Harry. Bonjour, Drago.
– Salut, le microbe! Je voudrais pouvoir dire également que je suis content de te voir mais je n'ai pas pour l'habitude de mentir.
Drago s'approcha de la jeune fille et la serra doucement dans ses bras. Il l'embrassa sans perdre le sourire qui s'était éclairé en la voyant.
– Tu ne m'as vraiment pas manqué, chuchota-t-il contre sa peau.
Drago entrelaça ses doigts dans ceux d'Astoria. Ils saluèrent Harry et s'enfoncèrent dans les wagons.
Harry se passa une main dans les cheveux et, d'une humeur parfaitement joviale, s'avança jusqu'au wagon qu'il allait partager avec ses amis. Il inspira longuement et, le cœur léger, s'effaça dans un compartiment.
Avant toute chose, je voulais vous dire même si j'ai mis du temps à revenir, je comptais réellement finir avec le chapitre 37. C'était réellement de cette façon que je voulais terminer Une Famille. Cette fiction ne durait qu'un été.
Ce premier épilogue était donc prévu de cette façon et ça, avant même l'écriture du premier chapitre. Ce sont mes deux épilogues (le prochain arrivera très vite!) qui m'ont donné envie d'écrire Une Famille.
Ensuite, je ne peux pas publier ce chapitre sans m'excuser auprès de vous. Si vous m'en voulez d'avoir mis autant de temps à revenir, je ne pourrais pas vous en blâmer. Et, si vous m'en voulez parce que vous trouvez cette fin décevante, je ne pourrais pas vous en blâmer non plus.
Pour ma part, je suis très fière de ma fiction et de moi-même. Je ne sais pas comment je suis arrivée jusque là parce que j'ai la motivation très fragile. Pour une première véritable fiction, je suis vraiment très contente de ce que j'ai fait. Certes, il y a de nombreuses maladresses. J'ai fait également quelques erreurs. Il y a de nombreuses fautes. Malgré tout, je suis très heureuse d'être arrivée au bout de cette aventure. J'ai fait de belles rencontres, j'ai lu de merveilleuses reviews qui m'ont fait extrêmement plaisir et j'ai passé un très bon moment en écrivant cette histoire. Je vous remercie infiniment et j'espère que vous serez avec moi lors de mes autres projets.
En attendant, le prochain et dernier épilogue sera publié d'ici la fin du week-end.
