Coucou tout le monde ! (^^)
Désolée de revenir encore au dernier moment avec ce nouveau chapitre, mais il y avait les impératifs du bac entre temps; vous savez, ces choses un peu chiantes qu'on ait obligés de faire comme réviser et noircir des dizaines de pages en philosophies sorties d'on ne sait où… Du coup, j'ai mis du temps à écrire. J'espère que la qualité du texte n'en n'a pas pâti pour autant… Vous m'en direz des nouvelles !
Sur ce, bonne lecture ~
Quand la joie mêlée au chagrin vient les tourmenter
Il devait le sauver.
Au nom de leur ancien partenariat, de leur ancienne amitié, de cette fille qui un jour les avait liés.
En fait, son corps a presque bougé par automatisme. Comme un instinct bien réglé. Celui d'épargner son meilleur ami. Son rival. Pour qu'il puisse vivre et se repentir, lui dit sa bonne conscience. Pour qu'il continue de souffrir et ne rejoigne par Rin, lui souffle l'égoïsme de son inconscient.
Mais surtout il y avait son regard à elle. Si profondément inquiet et apeuré, presque résigné. Ce petit oisillon qui jadis n'avait su se départir de sa coquille, et qui aujourd'hui est devenu un oiseau du plus bel augure. Il n'y est pas pour grand-chose, il le sait; il l'a trop délaissée par le passé. Mais s'il a pu faire une chose de bien pour elle, c'est de lui avoir permis de le rencontrer. Il n'a pas voulu le voir, il ne veut pas l'admettre, mais son coéquipier est bien plus attaché à son élève qu'il ne veut bien le croire. Et la réciproque est vraie également. Il n'est ni un pervers, ni un manipulateur, ni un déséquilibré mental. Du moins n'est-il pas trop déséquilibré. Tout shinobi l'est un peu, après tout. Il a peut-être dix ans de plus que sa précieuse Sakura, mais il la regarde comme un homme aimant le ferait pour la femme aimée; pas comme un macho reluquant sa conquête qu'il ne gardera de toute façon pas après la guerre.
Après la guerre…
Il y a encore un avenir après ça. Après avoir combattu Kaguya.
Lui n'est plus utile ici. L'autre, si.
Naruto deviendra sûrement Hokage, Sasuke se décidera enfin à réintégrer le village et deviendra son meilleur shinobi, et Sakura n'aura plus à se soucier d'être derrière eux puisqu'elle sera enfin reconnue pour ses talents aux combats en plus de son don en médecine, et qu'elle aura un compagnon pour la soutenir dans les moments les plus difficiles. Qu'importe qui est le compagnon en question il a trop délaissé l'éducation de son élève pour la juger.
Oui, il devait vivre. Obito devait vivre pour le bien de son bel oiseau rose.
« Kakashi-sensei ! »
Le hurlement de la kunoichi déchire l'atmosphère.
Kakashi peut mourir le sourire aux lèvres.
Tout est allé très vite.
Kakashi et Obito se sont placés devant Sasuke et Naruto.
Les projectiles ont foncé droits sur eux.
Obito a utilisé son Mangekyou Sharingan pour faire disparaitre la barre métallique destinée à Kakashi dans sa dimension.
A ce stade, Obito semblait être celui qui allait se sacrifier. Sakura savait qu'Obito cherchait par tous les moyens à se faire pardonner. Il était prêt à mourir mille fois pour cela.
Pourtant, Kakashi en a décidé autrement.
Il a courru vers son ami, l'a poussé sur le côté, bras tendus.
Le porteur de sharingans s'est écrasé sur le sol, plus capable de se relever à cause de la force de la gravité.
La barre est venue se loger dans l'avant-bras droit de l'épouvantail.
On aurait pu crier à la victoire.
Mais avec une technique pareille, impossible.
Si la blessure pouvait paraitre superficielle, elle n'en était pas moins mortelle.
La peau fine de la pulpe de ses doigts a commencé à s'égrainer comme de la poussière d'os. Un peu comme les Edo Tensei auparavant.
La scène s'est passée au ralentie, mais le reste de son corps n'a pas mis plus de dix secondes à suivre le même chemin vers les cieux.
Hatake Kakashi a eu un dernier sourire comme il avait l'habitude d'en faire, se devinant sous son masque, les yeux clos. Destiné à Naruto et Sasuke.
Lorsqu'il a légèrement pivoté pour trouver Obito, et Sakura dans sa ligne de mire un peu plus loin, il a dévoilé sa pupille, mélange d'amertume et de douceur. Ses lèvres ont bougé sans qu'aucun son ne se fasse entendre.
Quand il n'a demeuré de lui plus rien d'autre qu'un reste de chaleur, Sakura a poussé un hurlement déchirant avant d'éclater en sanglots.
« Mon œil a récupéré sa puissance » indique Sasuke à ses compagnons.
Il n'a pas l'air secoué. Pas bouleversé. Juste impassible comme à l'accoutumée, ayant déjà occulté le détail de la mort de son sensei de son esprit.
Son insensibilité à don d'énerver Sakura au plus haut point. Mais elle ne rechigne pas. C'est la guerre. Et Sasuke est sans doute celui qui se comporte le plus adéquatement au vue de la situation. Kaguya doit être neutralisée en priorité. Les larmes, c'est pour plus tard.
Le comportement du parfait shinobi.
N'attendant pas de réponse particulière, il use du pouvoir de sa pupille pour se téléporter derrière Kaguya, chidori au poing. Mais la déesse rouvre une porte pour disparaitre et réapparaitre en suspension dans le ciel. Le décor a encore changé. La gravité a retrouvé sa normale, et le paysage n'est à présent plus qu'un désert de roches.
Naruto, les dents et les poings serrés, a encore du mal à se résigner. Une unique larme a tracé son chemin sur une de ses joues.
« C'est fini, Naruto. Il est parti » lui dit Sasuke. « On doit continuer, maintenant. »
Le blond essuie son visage d'un revers de manche.
« Je vous épaulerai » ajoute Obito à son intention en se relevant. « Il est temps que j'utilise le pouvoir de deux sharingans réunis. »
« Je compte sur toi » répond simplement l'Uzumaki, la voix un peu vide et éraillée.
Sasuke bondit sur Kaguya, enveloppé de son Susanô, tandis que Naruto utilise sa capacité à voler pour les rejoindre, flanqué de clones fraichement invoqués.
« Je vais les aider, Sakura » fait Obito en direction de la rose. « Tu peux rester ici si tu veux, mais tu seras une cible facile. Il faut que tu te ressaisisses. »
Sakura, encore prostrée au sol, est à genoux près de l'endroit où son sensei a disparu en volutes de poussières. Ses larmes ont taries, laissant son visage humide et ses yeux brûlants.
« C'était ton ami » elle chuchote simplement comme un reproche, la gorge serrée.
« Oui, il l'était. Et il l'est toujours. Mais Kaguya se tient encore en face de nous, et elle nous aura tués en moins de temps qu'il en faudra pour nous pour faire notre deuil. On a n'a pas le choix, Sakura. Il faut se relever et faire avec. On pleurera après. »
Les doigts de la rose tracent sur le sol des motifs indiscernables, comme des prières muettes adressées à l'épouvantail.
« Il a dit… » commence-t-elle.
« Je sais ce qu'il a dit » la coupe durement Obito. « Mais il faut t'en remettre et réfléchir sur ces paroles plus tard. Tu dois tout reporter à plus tard, Sakura ! » s'énerve-t-il pour de bon. « Tes deux meilleurs amis sont en train de se battre de toutes leurs forces en ce moment même ! Ils ont su surmonter cette épreuve pour continuer à se battre comme tu devrais le faire aussi ! »
Sakura se mord la lèvre inférieure jusqu'au sang, ses larmes menaçant de couler à nouveau.
« Je ne suis pas comme eux » lâche-t-elle juste comme une fatalité.
« Je croyais que tu t'étais battue pour les rattraper et arrêter d'être considéré comme le maillon faible de l'équipe » la réprimande son homologue, le regard sévère. « Au final, tu restes toujours le maillon faible. Rien n'a changé. »
Sur ces mots, il commence à avancer vers le champ de bataille, un chakra mauve sombre aux teintes rosées commençant à l'envelopper. Le Susanô.
« Tu viens ? » demande-t-il une dernière fois.
Il espère qu'elle dira oui. Ses paroles sont dures, mais son cœur, lui, reste tendre à l'égard de la rose. Il sait qu'il l'a blessée, mais il faut qu'elle réagisse. Il ne veut pas la perdre.
Cependant, Sakura secoue sa tête baissée de droite à gauche en serrant les poings.
« Laisse-moi ici » crache-t-elle faiblement. « Je me débrouillerai. »
Obito ferme les yeux en soupirant. Il l'a plus touchée qu'il ne pensait le faire.
« Reste sur tes gardes, s'il te plait » conclut-il avec résignation avant de prendre son élan et de filer se battre.
Je sais. Je le sais que je suis faible. Malgré tous les efforts, tous les entrainements, toutes les épreuves, toute la volonté. Je peux progresser autant que je veux physiquement, je peux améliorer mes techniques autant que je le veux. Je peux être forte au combat. Je peux soigner des gens sur le champ de bataille. Mais je n'aurais jamais la puissance de Sasuke et de Naruto, ou des plus grands ninjas de ce monde. Tout simplement parce que je ne serais jamais un shinobi à part entière.
Le sentimentalisme a toujours été mon plus grand défaut. J'ai toujours eu la larme facile, pleurant souvent pour un rien. La preuve, j'ai pleuré tout mon saoul quand cet imbécile d'Uchiha a déserté, lui promettant même monts et merveilles pour qu'il reste. Limite prête à me prostituer pour le garder près de moi.
J'ai lutté contre cette déferlante inutile de sentiments. J'ai travaillé sur mon mental pour l'endurcir. Le fait est que j'ai endurci mon mental. Je peux analyser une situation en faisant fi de mes préjugés et de mes émotions, et j'ai même gagné un titre d'espionne à temps partiel. Je peux observer les symptômes et les plaies les plus horribles connus par la médecine sans sourciller et en soignant correctement mes patients, quitte à me résigner à laisser leur vie filer entre mes doigts. C'est dur à encaisser, mais j'ai su constituer un tiroir où ranger mes peines quelque part dans mon esprit que je peux décider de refermer quand je le veux. Ma douleur est bien là, mes regrets sont palpables, mais je peux les ignorer et avancer.
Je n'ai encore jamais perdu d'être cher au point d'en perdre mes moyens. Je n'ai jamais pu tester mes limites. Jusqu'où je pourrais endurer la souffrance avant de craquer.
Kakashi-sensei est mort, et maintenant je sais que ma carapace comporte une faille. Une énorme faille. J'ai toujours accordé beaucoup trop d'importance aux gens qui m'entourent. Réduite à verser mes larmes à grands flots comme ça n'est plus arrivé depuis le départ de Sasuke. Pour un sensei qui n'a jamais voulu accorder trop d'importance à la pâle Sakura Haruno, et qui a pourtant osé mourir sur ces mots. En fait, il aurait dû avoir la même importance que Sasuke à l'époque aucune. Pourtant j'ai pleuré plus que jamais pour l'un comme pour l'autre.
J'ai même réussi à tomber amoureuse d'Obito Uchiha. Déjà séduite au moment où il était le stupide Tobi, encore davantage quand il était l'ignoble Madara, complétement sous son charme quand il a fait tomber le masque. Prête à l'embrasser en pleine guerre. Je l'ai embrassé en pleine guerre. Parce que ma naïveté, elle, est toujours bien présente, Sasuke n'a pas su me servir de leçon. Il a fallu que je me laisse embobiner par tous les autres Uchihas que j'ai rencontrés. Par Obito. Par Itachi et Shisui. Puis définitivement par Obito. Et par extension, par Madara lui-même qui a fomenté sans le savoir ma rencontre avec toutes ces personnes en élaborant ses sombres desseins.
Oui, je sais que je suis faible. Que je resterais toujours faible.
Sasuke a toujours eu raison, Naruto a toujours été trop gentil, Kakashi a su le déceler avant tout le monde, et même Obito s'en rend compte à présent.
Je suis faible.
Je suis faible, mais intelligente.
Je sais que la faiblesse, c'est aussi l'amertume et les regrets. Si on sait bien l'exploiter – et les kamis sont témoins de l'expérience que j'en ai -, la faiblesse, c'est aussi la force des sentiments, en quelque sorte. Pas le triomphe de la confiance, de la joie et de la belle motivation. La force de la rancune envers soi-même, de la pitié envers soi-même, du dégoût envers soi-même. La volonté de se débarrasser de cette personnalité qui nous colle à la peau mais que l'on sait qu'on n'arrivera jamais à défaire. Mais parce que j'ai Naruto de mon côté, j'ai appris a toujours avoir de l'espoir. L'espoir d'un jour me débarrasser de cette Sakura. Alors contrairement aux autres faibles, je continue à lutter contre moi-même, peut-être dans un cercle sans fin, mais c'est ce qui me fait avancer.
C'est ce qui me fait sécher mes larmes. Me relever. Faire un pas après l'autre. Bondir. Rejoindre mes coéquipiers.
C'est ce qui me permet de tout bazarder en vrac dans le tiroir et de le refermer à clefs jusqu'au prochain moment de faiblesse.
« Tu es venue » murmure Obito en soupirant de soulagement.
Son regard est tendre.
Sakura hoche simplement la tête. Elle a rejoint Obito au cœur de son Susanô.
« Je suis désolé » ajoute-t-il en dardant ses prunelles sur elle.
« Tu n'as pas à l'être. Tu avais raison. »
Elle mordille sa lèvre inférieure déjà bien malmenée.
« J'avais juste besoin d'un peu plus de temps que vous. »
Obito attrape le visage de la rose en coupe avant de poser un rapide mais doux baiser sur la blessure qu'elle s'est infligée. Il lui sourit, elle lui sourit ils ont besoin de savoir qu'ils sont encore là l'un pour l'autre.
« Une idée pour enfin sceller cette femme ? » demande Sasuke en se rapprochant du Susanô.
Obito soupire à nouveau avant de reprendre sa place initiale. Toujours là au mauvais moment. Il le fait exprès, c'est certain.
« Ça commence à devenir urgent » précise Naruto.
« Moi j'ai un plan » affirme Sakura.
Sasuke hausse un sourcil, Obito la regarde avec surprise, et Naruto lui décoche un beau sourire.
« Je vais vous expliquer comment on va procéder. »
Naruto et Sasuke, respectivement armés d'un Rasenshuriken et d'un Chidori, foncent droits sur Kaguya.
« Vous ne m'aurez pas ainsi » lance la voix d'outre-tombe de la déesse tandis qu'elle projette les deux ninjas au loin d'une déflagration de chakra.
Elle lance alors deux barres métalliques sur Obito et Sakura pour les anéantir.
Obito renforce son Susanô devant la rose pour la protéger. Alors que le second projectile est sur le point de l'atteindre, il disparait. Son kamui, renforcé par le fait qu'il possède à présent ses deux yeux, lui a permis de s'éclipser rapidement. Surprise, Kaguya n'a pas le temps de réagir quand elle le voit revenir dans la dimension juste devant elle. Pris dans son élan, il dégaine une lame de chakra que lui a donné Sakura et tranche le bras droit de la divinité.
Emportée par la force de l'attaque, Kaguya tombe inexorablement. Laissés pour compte, Naruto et Sasuke jaillissent de part et d'autre de la femme, main marquée du sceau tendue devant eux. Grimaçant, Kaguya tend son bras gauche vers Naruto pour en faire jaillir un nouveau projectile, et ouvre une porte juste devant Sasuke, à sa droite. L'un et l'autre sont lancés, ils ne pourront pas éviter.
Mais quand la barre transperce Naruto, ce dernier disparait dans un nuage de fumée. De l'autre côté, Sasuke se transforme en Naruto. En contre-bas, Obito utilise son kamui pour refermer la dimension ouverte par Kaguya.
« Vous m'avez dupée ! Mais je sais que tu es le vrai Naruto ! »
Elle tente d'amorcer un mouvement vers le shinobi blond, mais se fait surprendre par Sasuke qui surgit à sa gauche par téléportation, camouflé jusqu'à présent par un amas de clones à Naruto.
Les deux moitiés du sceau se rapprochent de plus en plus.
Kaguya tente de s'esquiver par le haut, mais Sakura s'extirpe du Susanô et tombe sur elle, la frappant sur le crâne. Dirigée contre sa volonté vers le bas, elle revient à la hauteur de l'Uzumaki et de l'Uchiha.
Le soleil blanc et la lune noire se rencontrent enfin.
Kaguya se fige dans un hurlement muet. Des liens d'encres noires se dessinent sur sa peau et glissent petit à petit pour enserrer tout son corps et entraver ses mouvements. Puis, elle se met à enfler de tous les côtés, un peu comme Madara plus tôt, et prend une forme parodique et grotesque du Jûbi, hurlant cette fois-ci à pleins poumons, avant de se diviser en neuf parties distinctes. Neuf puissantes masses de chakra.
Les neuf bijuus retrouvent enfin leur liberté, leurs pattes immenses reposant à nouveau sur la terre ferme.
Subissant la force soudaine de l'attraction, Sakura fonce à toute vitesse vers le sol, mais Obito atterrit avant elle et la rattrape dans ses bras avant qu'elle ne s'écrase trop brutalement.
Le chakra qui reste et qui n'appartient pas aux bijuus reprend la forme du Gedou Mazou. La statue géante crache alors le corps de Madara qui retombe lourdement sur le sol avant de se fissurer, et de se détruire progressivement, tombant en un amas de pierres. Naruto et Sasuke atterrissent eux aussi sur le sol sans encombre à proximité d'Obito et Sakura.
Naruto aperçoit alors l'esprit noir filandreux rampant sur le sol. Le Zetsu noir qui tente de s'enfuir. Le blond le prend négligemment, le pinçant entre le pouce et l'index.
« Vous n'êtes qu'un chapitre de l'histoire que j'ai créée, espèces de sales morveux ! »
« L'histoire, ce sont les shinobis qui l'écrivent, quand ils naissent, vivent, et meurent. Tu n'as rien à voir là-dedans » réfute calmement Naruto.
Il le jette de toutes ses forces vers la statue en décomposition. Zetsu noir s'écrase contre la roche avant de se faire malmener par les pierres qui se détachent, jusqu'à se faire écraser au sol par un tas de cailloux.
Lorsque le Gedou Mazou s'est entièrement dissout, il ne reste plus autour des quatre shinobis qu'un vide et un silence presque dérangeants au vue de tous ce qu'ils viennent de traverser.
« C'est…fini ? » ose demander Sakura.
Sasuke la toise avec dédain avant de lâcher : « Ouais, on dirait. »
« Cette vieille sorcière est enfin scellée, tout le monde va pouvoir vivre heureux maintenant ! » s'exclame Naruto en levant le pouce.
Son lumineux sourire a le don de rassurer immédiatement la rose. Si Naruto le dit, alors oui, tout est bel et bien fini.
Il ne reste plus qu'un dernier point à éclaircir.
« Comment on va sortir de cette dimension ? » demande ingénument Sakura à ses compagnons masculins.
La plainte désespérée de Naruto en dit long sur ce qu'il a prévu de faire : rien du tout. Il n'a pas réfléchi à ce qui se passerait après le combat. Personne ne l'a fait, d'ailleurs.
Mais soudain, Sakura se sent happée par une force invisible qui semble provenir des tréfonds de la terre.
« Bon retour à vous » salue le Sage des Six Chemins avec un sourire.
Sakura est encore éberluée. Tout le monde, y compris les bijuus, a été téléporté sur le champ de bataille.
« Comment… ? » demande-t-elle.
« J'ai fait appel aux quatre Hokages et j'ai convoqué les âmes des autres Kages pour m'aider à réaliser une technique d'invocation » explique Hagoromo. « Et vous voilà de nouveau chez vous. Merci à tous d'avoir sauvé le monde.»
Il promène ses prunelles sages sur chacun des quatre héros, hochant la tête de connivence vers Sasuke et Naruto.
« C'est donc toi Obito Uchiha ? » demande-t-il en s'arrêtant sur lui.
« Oui » répond celui-ci, incertain.
« Tu as fait un excellent travail en guidant ces jeunes et en les aidant à sceller Mère » le félicite le Rikudou.
« Je n'ai pas fait grand-chose, en réalité. C'est Kakashi surtout qui nous a sauvé la mise… »
« Hatake Kakashi ? »
« Oui, il est mort pour nous sauver » explique Obito, la mâchoire serrée.
« Oui, je sens son âme » chuchote le Sage en levant la tête vers le ciel. « N'ayez crainte, il est en paix à présent. Son sacrifice sera à jamais loué. »
Sakura baisse la tête, sentant les larmes poindre à nouveau. Obito lui caresse discrètement le dos de la main du bout des doigts.
« Merci à toi aussi, Haruno Sakura » reprend Hagoromo avec chaleur.
La rose se redresse alors, surprise.
« Tu t'es aussi illustrée dans cette bataille et tu as su montrer que ton soutien était nécessaire à l'équipe 7. Et puis, une présence féminine est toujours nécessaire pour contenir deux têtes brûlées comme un Uchiha et un Uzumaki » dit-il en riant.
Il fait passer ses prunelles de Sakura à Obito, puis de Obito à Sakura, avant de sourire avec espièglerie et de hocher la tête vers eux. La rose rougit légèrement tandis qu'Obito détourne le regard, gêné.
« Je pense qu'il est temps pour moi de partir, à présent » annonce le Sage à la cantonade. « Ce monde n'a plus besoin de mes services. Et j'espère que cela restera le cas encore longtemps » sourit-il à l'encontre de Naruto.
« Compte sur moi, papy ! » s'exclame le blond avec un grand sourire et le pouce levé. « Je serais le prochain Hokage, après tout. »
« Je te fais confiance. » Se tournant vers les anciens Hokages, il ajoute : « Vous avez encore un peu de temps ici, mais on se revoit tout de suite après. »
Tendant les bras de chaque côté de son corps, paumes tournées vers les cieux, il disparait dans un nuage de fumée.
« Hey Kurama ! » s'exclame Naruto en faisant de grands signes de main à son démon tandis que Sasuke soupire de lassitude à ses côtés. « Tu m'as trop manqué, mon pote ! Je t'ai manqué aussi ? »
« Abruti ! » le sermonne Kyûbi. « Comme si tu m'avais manqué. Je te signale qu'une partie de moi est encore scellée en toi ! »
Naruto rit en se frottant l'arrière de la tête, comme il a l'habitude de la faire quand il se sent maladroit.
Un peu plus loin, le Yondaime Hokage a rejoint Obito et Sakura.
« Alors, Kakashi est… ? » demande-t-il avec tristesse.
« Oui » chuchote Obito, les yeux baissés. « Il est mort à ma place. »
« Il te devait encore beaucoup. Il a voulu inverser les rôles, cette-fois ci. »
« Il ne me devait rien du tout » crache l'Uchiha en serrant les poings. « C'est moi le traître, c'est moi qui aurait dû mourir ! »
« Ne dis pas ça » souffle Minato, peiné. « Tu as prouvé qu'il y avait du bon en toi. Kakashi a voulu y croire et te laisser une chance de te racheter pour tes erreurs passées. Tu dois profiter de cette opportunité qu'il t'a offerte et arrêter de te punir toi-même. Tu as assez payé toute ta vie. »
Sakura prend doucement la main d'Obito dans la sienne pour l'apaiser. Bien sûr, le mouvement n'échappe pas à l'œil aguerri du Yondaime. Il écarquille les yeux dans un premier temps avant qu'un sourire mutin ne se glisse sur ses lèvres.
« Alors c'est comme ça » il dit en riant.
La rose tente de retirer sa main mais Obito la retient. Il a encore besoin de ce contact.
« Prends bien soin d'Obito en plus de mon fils » demande le blond à Sakura avec un clin d'œil complice et un sourire chaleureux. « Je te fais confiance. »
Sakura hoche timidement la tête.
« Papa ! » intervient Naruto en bondissant à leurs côtés.
« Bonne chance pour la suite » conclut Minato en posant une main sur l'épaule de son élève.
Obito remercie une dernière fois son sensei avant de s'en aller plus loin avec Sakura pour lui laisser un peu d'intimité avec Naruto.
Père et fils se regardent dans le blanc des yeux un moment. Ils sont à la fois heureux et tristes. Ils se retrouvent à peine après le tumulte des batailles qu'ils doivent déjà se quitter à nouveau.
« Tu as tellement grandi Naruto » sourit le Yondaime avec tendresse.
« Ouais ! » s'exclame le plus jeune avec fierté. « Tu as vu comme je suis devenu fort ? » demande-t-il à son père en levant le poing.
« Oui, j'ai vu ça. Tu es vraiment devenu plus fort que moi. Tu sauras protéger le village. »
« Compte sur moi ! »
« Nous n'appartenons malheureusement plus au même univers » murmure Minato, la gorge nouée. « Il est temps que je m'en aille. »
« Je suppose que oui » répond Naruto avec un sourire résigné.
« Je raconterai tout à Kushina » assure le père tandis que son enveloppe commence à s'effriter.
« Oui, surtout insiste bien sur combien je suis devenu fort ! » s'enthousiasme Naruto avec un énorme sourire dont il a le secret.
« Je n'y manquerai pas. »
L'écho de sa voix disparait en même temps que son corps.
Naruto se met à pleurer. Il a deux grosses larmes sur chacune de ses joues. Mais son sourire est beau et lumineux. Il sait que ses parents sont ensembles et qu'ils sont en paix.
Obito observe le corps à ses pieds. Son regard pourrait être méprisant, coléreux, ou même haineux. Mais il n'y transparait qu'une grande pitié. Oui, vraiment, cet homme à ses pieds, celui qui fut jadis le légendaire Madara Uchiha, a vraiment l'air pitoyable sur son lit de mort. Le visage encore plus marqué qu'à l'accoutumée, des cernes violacées sous ses yeux, les joues creusées, des coulures de sang au menton, les cheveux éparpillés autour de sa tête, le teint cireux. Il n'en a plus pour longtemps.
« C'est une fin assez misérable » assène-t-il à son ancien mentor en s'agenouillant près de lui. « Très peu digne de toi. »
« Tu dois jubiler » raille Madara d'une voix faible.
« Je pourrais » confirme Obito. « Mais étonnamment, rien de ce genre ne me ferait plaisir. Je suis sans doute celui qui t'as le mieux connu ces dernières années. La preuve, j'avais décidé de te suivre. Alors je ne vais pas me moquer de toi maintenant alors que j'étais à deux doigts de suivre le même chemin. »
« Mais tu es du côté des gentils, maintenant. Tu t'es rattrapé » fait le Légendaire en claquant sèchement la langue.
« Oh, mais je suis loin de m'être rattrapé » corrige Obito. « Ça prendra du temps. Ça n'arrivera peut-être même jamais. Mon avenir est encore bien incertain. »
« Le rôle de martyr te sied à merveille » ironise Madara avant de cracher une gerbe de sang.
Obito essuie le liquide carmin qui macule sa bouche.
« Arrête ça ! » lui ordonne le plus âgé, énervé.
« Je ne te déteste pas » affirme Obito une fois sa besogne achevée.
« Tu es encore plus stupide que je le pensais. »
« Même si tu n'étais peut-être pas la meilleure personne à suivre, tu m'as sauvé la vie et tu m'as permis de me remettre de mes blessures. Tu m'as entrainé, et tu as fait de moi quelqu'un de fort. Tu m'as aussi donné des objectifs. »
« Tuer des gens ? Détruire le monde ? Te fous pas de moi. »
« J'expose simplement les faits. Tu as agis avec moi presque comme l'aurait fait un père. »
Madara aurait éclaté de rire s'il l'avait pu. Au lieu de ça il n'y a qu'un simple rire étouffé qui parvient à franchir la barrière de ses lèvres en secouant douloureusement son torse.
« Tu peux bien rire » sourit Obito, embarrassé. « Je ne me sens pas très à l'aise en disant ça. Mais c'est la vérité. »
Le visage de l'aîné est plus lisse et détendu. Il a moins l'air de souffrir, comme ça.
« De toute façon, tu vas mourir, alors je peux dire tout ce que je veux. »
« Je suppose que oui » murmure Madara tandis que son sourire s'élargit.
Il pivote difficilement sa tête en grimaçant, osant enfin regarder celui qui fut son apprenti dans les yeux. Il n'y a plus de pitié dans ses prunelles, mais quelque chose d'indéfinissable – que Madara ne tient pas vraiment à connaitre. Ce gamin évoque déjà assez de sentiments niaiseux en lui pour cela.
En regardant au loin, il aperçoit la fille aux cheveux roses, restée en retrait. Il reste fixé sur elle quelques secondes.
« C'est Sakura » indique simplement Obito en suivant le regard de son mentor.
« Sakura » murmure ce dernier.
Les inflexions de son prénom roulent sur sa langue avec fluidité ça lui laisse un arrière-goût doux et frais. Un peu comme elle. Comme…
« Tôka… »
Obito darde des prunelles interrogatives sur Madara.
« Je me souviens maintenant. »
« Qui est-ce ? »
« Une femme que j'ai voulu oublié. J'ai presque réussi d'ailleurs. »
Le silence prend place un moment, Madara semblant se replonger dans son passé.
« C'était une Senjû. Une cousine à Hashirama. Une très bonne guerrière. Un peu comme la tienne. »
Obito regarde Sakura au loin avec tendresse.
« Mais c'était aussi une fleur, qui pouvait se montrer très douce et sensible. »
« Tu l'as aimé ? »
« C'est la seule que j'ai jamais pu aimer. »
« Elle le savait ? »
« Elle m'a dit qu'elle m'aimait. C'était juste avant de partir combattre Hashirama pour la dernière fois. »
« Et ? »
« Je ne lui ai jamais répondu. »
« Ça ne m'étonne même pas » ricane Obito.
Madara fait claquer sa langue bien qu'un léger sourire fleurit sur ses lèvres. Ironique qu'ils ne parviennent à partager un moment aussi complice qu'au moment de sa mort.
« Une fleur, c'est fragile, même si ça veut paraître forte. »
« Très peu dignes de toi, ces paroles » se moque Obito.
« Si j'ai été presque comme un père par le passé, je vais maintenant agir comme si j'en étais vraiment un : prends soin de cette fille. Elle peut t'offrir une seconde chance. Tu as répété beaucoup de mes erreurs. Mais je ne voudrais pas que tu répètes celle-ci. »
« Je ferais de mon mieux. Mais bon, j'ai passé beaucoup de temps avec un homme appelé Madara qui n'était que très peu doué avec les femmes, alors ça va être difficile. »
« Si je le pouvais, je t'arracherais la tête. »
Obito rit de bon cœur.
Madara est pris une quinte de toux si forte que son corps se met à convulser.
« Je vais… m'en aller… je crois » balbutie-t-il, la voix hachée par sa respiration haletante.
« Tu vas rejoindre ton petit frère » sourit Obito.
« Entre autre. Ne me… rejoins pas…trop tôt.»
Obito hoche la tête et ose poser sa main sur celle de Madara.
Arès une dernière expiration, le légendaire Uchiha cesse de respirer à jamais, le visage apaisé.
La guerre est finie.
Voilà, voilà ! Quelle fin tout de même ~ (Pas trop niaiseux ces adieux ?)
Sinon, je ne pense pas que l'identité de la personne mourue vous choque, si ? Vous vous y attendiez ?
Je suis vraiment désolée d'avoir fait mourir Kakashi, moi-même je me suis sentie super mal quand j'ai écrit ça (T.T) Mais une histoire sans mort, c'est une utopie. Et ce n'est pas vraiment ce que je voulais écrire. Il ne pouvait pas y avoir de miracle sorti de nulle part ou Sakura qui arriverait à soigner tout le monde. C'était impossible.
Bref, j'essaie encore de m'en remettre :')
Sinon, comme je suis en vacances, je pense publier rapidement la suite (ou du moins vais-je essayer…) Si je ne change pas encore d'avis entre temps, il me reste un chapitre + un épilogue. Peut-être un bonus mais je me tâte encore.
Brefons encore; à bientôt tout le monde ! :-D
