Bonsoir tout le monde!
Voici le neuvième chapitre ~ Contrairement au dernier chapitre dont le rythme des évènements était très rapide, celui-ci traine plus en longueur, mais le contexte est différent: c'est maintenant l'après-guerre qui se dessine et toutes les conséquences qui en découle...
Bonne lecture!
Quand ils doivent se soumettre aux règles
Ce monde est cruel.
C'est une réflexion universellement reconnue au sein du monde ninja.
« A chaque époque ses maux » a un jour dit Hashirama Senju, feu le Shodaime Hokage. Qu'importe le nombre d'obstacles rencontrés et d'épreuves traversées, il y aura toujours d'autres obstacles à franchir, et d'autres épreuves à surmonter.
Oh, bien sûr, on pourrait dire que le monde à progresser ces cinq dernières décennies. Après tout, les shinobis sont passés des guerres sanglantes infinies entre clans rivaux au système pacifique des villages cachés où tous cohabitent selon la même éthique.
Pourtant, le shinobi n'a jamais su tirer de leçons fondamentales de son histoire. S'il n'y a plus directement de clans rivaux, il y a des villages rivaux à qui s'attaquer. Le shinobi va prendre soin de sa famille, de ses amis, de ses camarades ninjas parce qu'ils vivent au sein d'une même communauté et qu'il trouve ça moral d'agir ainsi. Parallèlement, il trouve ça tout aussi moral de s'en prendre aux autres sociétés parce qu'elles sont différentes de lui et qu'il n'en côtoie pas les habitants.
Détruire son prochain, c'est le propre de l'homme. A croire que la nature a fait en sorte qu'il ne puisse pas vivre sans répandre le mal. Comme un instinct. Une pulsion. Une force dont il est incapable de se défaire – et par laquelle il a appris à se laisser volontiers porter.
On finit une guerre, puis on en commence une autre. Qu'importe à quelle échelle, les conflits se perpétuent à l'infini. A quoi bon former des ninjas dès leur plus jeune âge si on ne peut même pas trouver une bonne occasion pour les utiliser ?
Ce monde est cruel.
C'est une pensée qui tourmente Sakura depuis le retour de la guerre.
Peut-elle-même simplement se permettre d'affirmer que la guerre est terminée ? Il y a encore des centaines de shinobis par-delà la sécurité des villages et des camps qui s'activent à faire le ménage. Le ménage de l'après-guerre ; décimer les dernières copies de Zetsu qui ont pu survivre, tuer les derniers partisans de Madara et de Kabuto qui ont commis des crimes de guerre, et arrêter tous ceux qui ont pu collaborer dans la logistique du plan Œil de la Lune, de près ou de loin. Ceux-là auront droit à un procès, car pas directement impliqués dans des crimes contre l'humanité. Ceux-là auront droit de croupir en prison – sauf cas exceptionnel d'obéissance par contrainte qui devra alors être très clairement justifié et prouvé.
On parle de l'avant-guerre, puis on fait la guerre. Mais souvent, on oublie aussi qu'il y a un après-guerre.
La guerre n'est pas encore finie.
Il en demeurera des stigmates pendant des mois, voire des années. La fragilité des cinq nations après avoir essuyé le plus difficile combat connu de l'Histoire des shinobis instaure un climat propice au soulèvement des petites nations qui se sentent écrasées par le poids des cinq grands villages ninjas, et aux rébellions des brigands qui vont en profiter pour piller à tour de bras. Certains mêmes sont susceptibles de devenir de dangereux ennemis souhaitant prendre la relève de celui qui a échoué.
Les shinobis ont fait face à une crise titanesque – et ont réussi à en sortir. Blessés et mutilés, mais indéniablement vivants. Ils peuvent maintenant souffler et se reposer un peu. Mais juste un peu. Parce que la paix n'est toujours pas à leurs portes.
Le monde est trop cruel pour ça.
Après la neutralisation de Kaguya qui a amené à la défaite de Madara et au retour de l'équipe 7 et d'Obito, les combats ont officiellement cessé. Le Rikudou Sennin a pris congé de ce monde pour retourner veiller dans les cieux, les défunts Hokage ramenés par le biais de l'Edo Tensei s'en sont allés le rejoindre, l'âme en paix, et les neufs Bijuus sont tous partis dans une direction différente pour refaire leur vie comme ils l'entendent, à l'état sauvage en non plus en tant que démon scellé dans un corps.
Peu de temps après, l'illusion créée par la lune rouge s'est entièrement dissipée, et la technique Mokuton de Madara a pris fin afin de libérer tous les hommes pris au piège.
Le premier réflexe a été de crier à la victoire.
La foule de shinobis a poussé un hurlement de joie à l'unisson poings levés pour certains, à grands renforts d'embrassades pour d'autres. Les Kage se sont autorisés à détendre leurs épaules et à soupirer de soulagement. (Il a même semblé à Sakura que le Raikage a pris Tsunade par les épaules dans une étreinte virile.) Les Chûnins de la promotion de l'équipe 7 se sont empressés de rejoindre Naruto, Sasuke et Sakura pour les féliciter et partager leur joie d'être en vie. Obito, lui, a préféré s'éloigner, bien qu'il ait senti le regard de sa rose le brûler à mesure qu'il s'éloignait. Il n'est pas parti, non. Il a décidé de prendre ses responsabilités et de faire face au monde ninja au regard des crimes qu'il a commis. Il a juste pris du recul pour embrasser le tableau dans son ensemble. Il ne voulait pas gêner les amis du trio, et il ne voulait pas non plus provoquer d'esclandre en cet instant fugitif de joie et d'harmonie.
Il ne savait que trop bien qu'il n'était qu'éphémère.
Après ce moment d'oubli, la réalité est revenue frapper durement l'assemblée. Il fallait se charger des blessés porter les plus touchés aux camps médicaux et soigner les plus légers sur place. Il fallait aussi rassembler les morts et bruler leurs corps. Ils étaient bien trop nombreux pour être ramenés à leur village respectif et bénéficier d'un enterrement classique. Il n'y aurait de toute façon pas assez de place dans les cimetières.
Les Kage ont dû se hâter de rejoindre les camps stratégiques afin de se restaurer physiquement tout en organisant la prise en charge des ninjas. Après cela, ils ont rejoint leurs villages afin de planifier l'après-guerre au sein de leur population. Il fallait rapatrier tous les shinobis, continuer à prodiguer des soins à l'hôpital, tenir le registre des morts au combat, compter le nombre de portés disparus, reprendre contact avec les autres dirigeants pour discuter du futur du monde ninja.
Surtout, rassurer la population. Confirmer la fin des combats, la victoire des Alliés, le retour des shinobis dans leurs familles. Affirmer que les blessés sont pris en charge avec toute la compétence des médics disponibles. Que les disparus sont déjà recherchés activement afin de pouvoir donner des nouvelles au plus vite. Que les morts ne sont pas morts en vain, et que leurs noms seront inscrits sans faute et sans exception sur la stèle des héros du village.
La cérémonie officielle aura lieu une semaine après la fin de la guerre dans tous les villages – le temps de se ressourcer quelque peu, mais pas assez tard pour rouvrir des plaies à vif. Les Kage savent qu'il faut procéder pendant que les blessures sont encore fraiches, afin que les familles et les shinobis puissent faire leur deuil et commencer à se reconstruire après cela.
Dans toute cette agitation, Obito aurait presque pu passer inaperçu. Mais le cas d'Obito Uchiha ne peut être négligé, et nombre de shinobis se sont mis à le pointer du doigt. A la demande des autres Kage, c'est Tsunade qui a tranché. Puisqu'il a fait partie de la Feuille, c'est là-bas qu'il sera reconduit, les fers au poignet, en attendant que son cas soit traité. Il sera mis en garde à vue pour une durée indéterminée. Bien qu'il ait grandement participé à la réussite de cette guerre, son passé ne pouvait être pris à la légère et effacé par ses bonnes actions. Il devra y avoir un procès.
Obito a accepté son sort sans rechigner, regardant la princesse aux limaces droit dans les yeux quand celle-ci s'est plantée devant lui pour annoncer son sort. Il a juste hoché la tête, et il a tendu ses mains devant lui. Un Jounin encore en état lui a enserré les poignets avec des chaînes conçues pour stopper le flux de chakra, et il a été ramené en priorité en village – « pour écarter tout danger. »
Coïncidence troublante, la cérémonie funéraire à la mémoire des shinobis de la Feuille morts sur le champ de bataille a lieu le vingt-huit mars, date d'anniversaire de Sakura. A l'orée du printemps, annonçant la fin de l'hiver, la guerre s'est terminée. C'est une date qui restera longemps dans les mémoires, dont on se souviendra avec amertume et tristesse en se remémorant les proches perdus à jamais.
La cérémonie est longue, mais peu de paroles sont prononcées. Il y a surtout un lourd silence qui embaume l'air et lui donne la saveur piquante des regrets, comme un milier d'aiguilles qui se plantent dans le cœur de chaque personne pré se recueille, certains pleurent à chaudes larmes, d'autres éclatent en sanglots, parfois même les plus sensibles finissent par lâcher prise et s'évanouir. La plupart des shinobis présents restent droits et fiers, regardant la mort en face tandis qu'ils rendent hommage à leurs coéquipiers qui ont perdu la vie avec bravoure.
Sakura, coincée entre Naruto et Sasuke – celui-ci ayant finalement été réintegré sans accrocs malgré ses différends avec les Kage -, fait partie à la fois des fragiles civils et des forts shinobis. Elle ne pleure pas, elle ne sanglote pas, et elle ne s'évanouit pas non plus, mais elle ne peut se résoudre à rester droite pour autant. Les épaules voutées et la tête baissée, son visage lisse de toute émotion reflète en réalité tout son désarroi. Elle ne peut pas craquer, parce que les codes ninjas l'en enmpêche, parce que ses codes moraux le lui interdisent, parce que l'avenir est encore bien trop incertain pour s'y autoriser.
Caressant du bout des doigts le dos de la main de Naruto, celui-ci comprend le message et serre la main blanche de son amie dans la sienne. Les mains du blond sont grandes et chaudes, et définitivement rassurantes. Sasuke, qui note le léger mouvement à sa gauche, frôle subtilement la hanche de la jeune femme de son bras. Il peut dire ou faire ce qu'il veut, il ne souhaite pas être laissé en reste. Mais Sakura est encore trop méfiante à son sujet pour lui accorder la même intimité qu'à Naruto. Elle se contente de lui rendre la caresse et de reprendre sa place.
Elle ne sait quoi ressentir alors qu'elle a tant pleuré sur le champ de bataille quand son sensei est mort. Parce qu'elle est naturellement pleine d'empathie, elle se sent profondément attristée par le sort de tous ces ninjas dont il ne reste plus qu'un nom gravé sur une pierre, quand bien même cela veuille symboliquement dire que ce sont des héros. Le décès prématuré de Kakashi la fait encore diablement soufrir, mais plus de cette douleur atroce qui l'a assaillie d'un coup et a jailli sans crier gare. C'est une souffrance qui sera à jamais ancrée en elle, tantôt lancinante, tantôt atténuée, marquant son cœur au fer rouge. C'est la première fois qu'elle fait face au chagrin de la mort d'un être cher, et c'est une expérience qu'elle ne saurait oublier. Elle l'endurcira, c'est certain, mais à quel prix ?
Sans compter que Sakura sait qu'Obito est là queqlue part dans le cimetière. Elle sent son regard.
Durant la semaine qui s'est écoulée, des tas de choses ont eu le temps de se produire ; au sein du village, à l'extérieur, au niveau diplomatique, au niveau judiciaire. Ainsi, le procès d'Obito a pu se frayer une place au quatrième jour après l'annoncement de la fin de la guerre. S'agissant d'un nukenin jugé pour les méfaits qu'il a commis aux quatres coins du continent, il a été décidé qu'il devait être jugé par les réprésentants de tous les villages cachés les grandes puissances comme les petites nations.
Tous les Kage ont donc répondu présent. Ne pouvant cependant pas abandonner leurs villages après un tel évènement, un jutsu de retransmission a été utilisé. Tous les dirigeants étaient installés aux côtés de la Godaime Hokage dans la salle d'audience sous forme d'hologrammes chakraïques. Il y avait, par ordre d'importance, un représentant de Konoha, de Kumo, de Kiri, d'Iwa, de Suna, d'Ame, de Taki, d'Oto et de Kusa. A eux neufs, ils ont eu la responsabilité de juger Obito Uchiha, à la fois un jeune genin supposément décédé, devenu en réalité un traître à la solde de Madara, avant de s'illustrer finalement comme une figure importante de la guerre.
Les faits ont été exposés par Ibiki Morino et Inoichi Yamanaka, tous deux à la tête du service de renseignement de la Feuille. Obito a ensuite été questionné pour confirmer certaines zones encore sombres du dossier, comme le moyen par lequel il a miraculeusement survécu et la nécessité de clarifier les nombreuses identités qu'il a pu emprunter. Quelques shinobis ont demandé à témoigner pour sa défense. Entre autres, Sakura en tête, bien entendu, qui a raconté tout ce qu'elle a vu d'Obito depuis le début de la guerre et la manière dont il a œuvré pour se soulever contre son mentor et finalement se ranger du côté des Alliés – en omettant par mégarde la période d'avant-guerre et quelques détails ayant eu lieu dans l'intimité d'une autre dimension.
C'est ensuite Naruto qui est venu à la barre, un allié de taille pour Obito sachant que le blond est devenu le héros par excellence du monde shinobi dans son intégralité. Il a beaucoup appuyé le fait qu'Obito a employé ses forces pour lui sauver la vie, et que sans lui, la guerre aurait sans doute été perdue. Très étonamment, Sasuke s'est également présenté au procès. Il ne s'est pas éternisé, balayant seulement quelques points cruciaux dont le moment où Obito a fouillé chaque dimension de Kaguya pour le retrouver.
Enfin, une dernière personne, beaucoup plus inattendue que Sasuke, a demandé à témoigner : Shikamaru Nara. Il ne connaissait pas Obito, pas du tout même. Mais en bon Nara qu'il est, il l'a beaucoup observé sur le champ de bataille et son cerveau a naturellement recoupé ce qu'on sait de son passé et ce qu'il a fait durant la guerre. Après analyse, Shikamaru a déduit que oui, Obito est indubitablement un criminel. Ou du moins, il l'a été. Ca ne s'effacera pas, mais ça peut s'atténuer. Les ninjas ont foi en la rédemption, c'est une croyance commune. On est obligé d'y croire pour survivre dans ce monde. C'est pourquoi Obito, parce qu'il a brillé durant la Quatrième Grande Guerre et a été un élément vital pour la gagner, ne mérite ni la peine capitale, ni l'emprisonnement à vie. S'il doit tout de même être puni ou non, la décision revient aux jurés.
Au dénouement du procès, il y a eu une voix pour la peine de mort émise sans trop de surprises par Kusa, le plus jeune – et faible – des villages cachés. Oto, toujours sous l'influence d'un Orochimaru profondément déçu par l'Akatsuki, a voté pour l'emprisonnement à perpétuité. Taki, considérant qu'il n'a jamais eu à faire à cet homme ou son organisation bien que le nukenin Kakuzu soit issu du village, a décidé de rester neutre et de laisser le jugement aux autres dirigeants. Ame, encore sâli par la réputation de l'Akatsuki, a déclaré qu'il n'était pas à même de juger Obito Uchiha alors qu'il a soutenu Nagato par le passé. Kiri, bien qu'ayant un passé douloureux avec la manipulation du Quatrième Mizukage par Obito, a étonnament déclaré que des travaux d'intérêt général pour aider à la reconstruction du continent ainsi que des mesures de sécurité à l'intérieur du village seraient suffisants et adéquats – après tout, Kiri croit plus qu'aucun autre à la rédemption depuis que la Mizukage a laissé derrière elle les tristes années de la Brume Sanglante. Dans la continuité, Suna a approuvé, Iwa également malgré les différends du Tsuchikage avec feu Madara, et Kumo y a consenti après avoir longuement jaugé l'accusé du regard – c'est un homme solide, puissant, une aide non négligeable.
Tsunade, grande inquisitrice de ce procès, et après avoir écouté attentivement le jugement de chacun, a tranché sur une sanction : condamnation à des travaux d'intérêt général au sein du village et à l'extérieur à la demande des autres Kage, dix ans d'emprisonnement avec sursis – le moindre faux pas serait fatal -, interdiction de participer à une mission avant nouvel ordre, et surveillance permananente par l'anbu jusqu'à nouvel ordre également.
Ainsi, Obito a été acquitté, une paire de bracelets régulateurs de chakra aux poignets, et tout de même forcé à habiter isolé aux abords du village dans un premier temps cela facilite la surveillance et permet au village de s'aclimater. La réintégration doit se faire progressivement. Si la plupart des civils ignorent qui est cet homme censé être mort des années auparavant ou n'ont pas su reconnaitre en lui le jeune Obito d'alors, tous les shinobis sans exception connaissent son identité et son rôle dans la geurre. Si certains acceptent de le voir en héros en lui laissant une chance de se repentir, d'autres ont encore l'amertume de la mort au fond de la gorge et du cœur et ne peuvent se résoudre à l'accueillir au sein du village.
Cependant, en ce vingt-huit mars, soit trois jours après son procès, il a décidé, avec l'accord de la Godaime, d'assister à la cérémonie funéraire. Perché sur une branche d'arbre à l'arrière-plan, il domine la masse sombre des personnages endeuillés. Il sent la présence d'au moins trois anbus aux alentours. Le cœur lourd, il prie lui aussi pour la paix de toutes ces âmes défuntes, il prie pour que les kamis lui accordent la rédemption et le pardon. Fixant la chevelure rose dans les premiers rangs, il prie aussi pour l'avenir.
Au lendemain à peine, c'est l'heure des révélations. Une suite de de face-à-face auxquels Sakura ne se sent pas prête. Mais le serait-elle un jour ?
Quand Tsunade la fait convoquer dans son bureau de bonne heure, elle sait déjà que ce n'est pas pour la couvrir d'éloges. Son maître a toujours eu le don de tout savoir sur sa vie – ou de très bons espions à sa solde.
« C'est un très bon plaidoyer que tu nous as offert au tribunal, Sakura » assène Tsunade en guise d'introduction tandis qu'elle fait mine de trier des papiers.
Son visage impassible intimide quelque peu Sakura, mal à l'aise sur ses deux jambes au centre de la pièce. Généralement, elle se place juste devant le bureau de son maître. Aujourd'hui, elle n'ose étrangement pas s'aventurer aussi loin.
« Eh bien, je me devais de rétablir la vérité. Obito a été d'une grande aide et… » commence-t-elle.
« Pas de ça avec moi » claque la blonde en relevant la tête, le regard acéré.
Sakura soupire profondément, se préparant psychologiquement au pire. Mais la suite ne vient pas. La Kage se contente de la regarder droit dans les yeux, suspendue dans son mouvement, impressionante ainsi exposée à contre-jour.
« Qu'attendez-vous de moi exactement, Tsunade-sama ? » ose demander la rose d'une voix fatiguée.
« De l'honnêteté », répond-elle. « La vérité. »
Elle pose les documents sur le bureau et croise ses mains sous son menton, coudes appuyés sur le bois, dardant toujours ses pupilles noisette sur sa jeune élève.
« A quel sujet ? »
« Obito Uchiha. »
« Je ne vois toujours pas. »
L'insubordination dont elle fait preuve pour la première fois depuis qu'elle l'a prise sous son aile ne la choque même pas. Tsunade ne relève pas non plus.
« Aurais-tu oublié que Katsuyu est mon invocation avant d'être la tienne ? »
« Non, je n'ai pas oublié, Maître. C'est vous qui m'avez appris cette technique. »
« Tu n'es donc pas surprise qu'elle m'ait tout raconté sur ce qui s'est passé sur le champ de bataille ? »
« Pas le moins du monde. »
« Tu sais, je suis fière que tu aies réussi à l'invoquer à un moment aussi critique et que tu aies su éveiller le Byakugou et la technique de soin à longue distance. Vraiment. »
« Merci, Tsunade-sama. »
« Mais j'ai besoin que tu éclaircisses un point pour moi » déclare la Hokage avec plus de sérieux qu'elle n'en a jamais fait preuve envers Sakura.
Cette dernière garde le silence, sachant déjà à quoi s'attendre.
« Comment se fait-il que Katsuyu m'ait informée qur tu as soigné Obito Uchiha alors qu'il était mourrant ? »
« Il a été prouvé lors du procès qu'Obito Uchiha s'est rangé de notre côté. »
Le poing de la Godaime frappant sur le bois du bureau résonne dans toute la pièce.
« Pourquoi l'as-tu soigné avant même qu'il décide de se battre à nos côtés ?! »
Sakura ne répond pas, le regard résolu malgré la culpabilité qui enserre son cœur.
« Si tu ne l'avais pas fait, il serait mort, et bien des chsoes auraient pu être évitées ! Il était encore l'ennemi, bon sang ! Est-ce que tu en as au moins conscience ? »
« Oui, Tsunade-sama. J'en avais conscience. Mais Obito ne méritait pas de mourir. Nous en avons la preuve aujourd'hui. »
La Godaime toise encore longuement son élève de son regard sévère avant de se mettre à soupirer face au manque de réaction de la rose. Le fait est qu'elle comprend ses résolutions. Elle comprend tout. Tout ce qui relève de cet acte.
« Je… » la Godaime se mord nerveusement la lèvre inférieure avant de pousser un profond soupir.
Le masque tombe.
« Je ne suis pas sûre de pouvoir te juger sur ça, tu sais. J'ai moi-même été longtemps amoureuse d'Orochimaru, et encore bien après qu'il ait déserté le village pour devenir cet être si détestable. »
« J'étais prête à assumer les conséquences de tout ce que j'ai pu faire en son intérêt » affirme simplement Sakura, avouant ainsi que soigner Obito n'ait pas la seule chose qu'elle ait fait malgré son statut de shinobi.
Tsunade pose ses prunelles tristes sur son élève, mais ne cherche pas à savoir quelles sont ces choses qu'elle lui cache.
« Tu en es sûre ? » demande-t-elle juste.
« Oui. »
Bref et assuré.
« J'avais bien senti à l'époque où je t'ai prise comme disciple que nous étions vraiment pareilles, toi et moi » soupire une énième fois la plus âgée avant de sortir une bouteille de sake de sous son bureau, accompagné de deux verres.
Elle verse un fond d'alcool dans chacun des contenants.
« Tsunade-sama » amorce Sakura, hésitante. « Est-ce que vous m'en voulez ? Est-ce que je vous ai…déçue ? »
La blonde prend les deux verres en main et en tend un à la rose. Le regard gixé au fond du sien, elle répond : « Non, je ne t'en veux pas. J'ai aimé un homme bon qui a plongé dans les ténèbres pour ne plus en sortir. Toi, tu fais le chemin inverse : tu aimes un homme au passé sombre qui cherche à présent la lumière. Nous sommes pareilles, toutes les deux attirées par les mauvais garçons. Alors non, je ne peux décemment pas t'en vouloir. »
Elle rit avec un mélange de nostalgie et d'amertume, et Sakura s'autorise un léger sourire.
« Tu ne m'as pas déçue non plus. J'ai toujours su que tu étais comme moi, mais je n'ai jamais cherché à te faire changer pour autant. J'ai juste espéré que tu aies plus de chance que moi. Apparemment, c'est le cas. »
La rose baisse légèrement la tête, les joues rosissantes, tandis qu'elle fait tournoyer l'alcool dans son verre.
« Obito Uchiha est un homme sincère, c'est indéniable. Tout le monde l'a vu lors du procès. Je suis sûre qu'avec ton aide en plus, il pourra redevenir un citoyen de Konoha à part entière, aussi difficile le chemin sera-t-il. »
Avec un sourire de connivence, elle lève son verre devant son visage, et s'exclame : « A tes amours, Sakura ! »
Toujours embarrassée mais heureuse d'être comprise par son maître, sa seconde mère, Sakura fait cogner son verre contre celui de Tsunade. Tandis que le bruit aigu qui en résulte résonne autour d'elles, le maître et son élève descendent le sake cul-sec avant de reposer bruyamment leurs verres sur le bois dans un grand claquement.
Alors, elles éclatent de rire.
La première personne que Sakura croise en sortant du bâtiment du Hokage, c'est Shikamaru. Adossé contre un mur à proximité, il arbore son air blasé de mise. Il doit sans doute attendre son père.
Lorsqu'elle croise son regard ennuyé, la rose décèle un éclat vif qu'elle n'a pas l'habitude de trouver chez lui. Une chaleur brulante causée par une grande dose d'amusement et la fièreté d'avoir découvert quelque chose d'intéressant. Sakura devine presque immédiatement qu'il sait tout. Tout. Avec son esprit affuté et le procès qui a eu lieu, son cerveau a du faire toutes les connexions et rassembler les morceaux du puzzle.
Avec son sourire en coin emprunt d'espièglerie et d'une pointe de douceur – ils sont amis après tout -, il hoche la tête à l'intention de Sakura avec un clin d'œil mutin qu'il accorde rarement aux gens. La rose hoche la tête à son tour pour le remercier pour le témoignage et pour accepter d'être le gardien de son secret pour le moment.
En continuant son chemin, ses pas l'amènent d'eux-mêmes vers la seule destination où elle est susceptible de trouver son meilleur ami alors qu'il se fait bientôt midi : Ichiraku. Soulevant les pans de tissus au nom de l'enseigne, la rose trouve Naruto en train de s'enfiler son premier bol de ramen – elle a de la chance, il en a encore pour un moment. Profitant qu'il boive bruyamment le bouillon, elle s'assoit discrètement à ses côtés.
« Sakura-chan ! » s'exclame-t-il alors en reposant son bol, ses beaux yeux bleus agrandis par la surprise.
« Bonjour, Naruto » lance simplement la rose avec douceur, amusée.
Elle s'installe confortablement et elle commande un bol de ramen au poulet.
« Alors » il commence avec plus de sérieux « tu vas bien ? »
Naruto n'a pas besoin de prendre de pincettes avec elle. Tout est naturel entre eux, y compris la compréhension de l'état d'esprit de l'autre. L'allusion à feu leur sensei ne lui échappe pas en ce lendemain de cérémonie.
« Ca va mieux, on va dire » répond Sakura. « C'est toujours douloureux, bien sûr, et ça le restera sans doute, mais je crois que j'ai déjà évacué le plus gros quand j'ai pleuré comme une madeleine. »
Il sourit légèrement, le regard voilé. Lui aussi a mal, bien qu'il reste le joyeux luron habituel. Sakura pose une main amicale sur la sienne et la caresse du pouce. Elle fixe ses prunelles dans les siennes, et ils partagent tout dans ce regard : la peine, la douleur, l'amour fraternel et le soutien mutuel.
« Je ne parlais pas que de Kakashi-sensei, tu sais » reprend le blond, toujours rivé sur son amie.
Une petite lueur de malice brille au fond de ses orbes aux couleurs de l'océan. Sakura aurait pu s'y perdre si elle n'avait pas compris l'allusion de Naruto – malheureusemnt bien plus intelligent et perspicace qu'il n'y parait.
« Avec le procès qui a eu lieu et les mesures qui ont été prises contre lui, même s'il aurait pu écoper de bien pire, tu as dû être plutôt nerveuse, ces derniers jours, non ? »
« Un peu » avoue la rose en soupirant, euphémisant quelque peu son estomac tordu et ses violentes nausées juste avant que le jugement final ne soit prononcé. « Mais je suppose que tout va aller mieux maintenant » poursuit-elle presque comme une question, pour que son ami lui confirme que oui, tout va aller mieux à présent.
Naruto se penche vers Sakura afin de déposer un baiser sur son front. Il la regarde encore quelques instants, le regard doux, avant de faire face à son deuxième bol de ramen et de séparer joyeusement ses baguettes, l'air de rien.
« Tu sais, je n'ai rien contre Obito, moi » rassure-t-il son amie avant de porter les nouilles à sa bouche.
La rose remercie Teuchi qui vient de déposer sa commande devant elle.
« Il est plutôt cool et il m'a sauvé la vie, alors je pense qu'on va vite pouvoir devenir pote lui et moi. Tant qu'il ne veut pas devenir Hokage à ma place, bien sûr ! »
Sakura lui tape gentiment l'épaule.
« Tu n'es vraiment pas croyable ! »
Le blond éclate de rire, rapidement suivi par la rose.
« Et puis, j'aime bien le reagrd qu'il a quand tu es dans les parages » taquine le jeune homme avec un sourire qui en dit long.
Rougissant soudainement, Sakura le menace cette fois réellement de son poing en le sermonant.
« C'est toujours aussi bruyan,t ici » intervient une voix grave depuis le fond du restaurant.
Tenant Naruto par le col, Sakura se retourne en même temps que lui pour apercevoir Sasuke, un sourcil relevé dans une expression à la fois hautaine et étonnament amusée.
« Salut mec ! » s'exclame Naruto en souriant de toutes ses dents.
Sakura hoche la tête en souriant doucement avant de consentir à lâcher le blond. Sasuke vient prendre un siège de l'autre côté de la rose.
« De quoi est-ce que vous parliez ? » demande-t-il alors, curieux de connaitre la raison d'un tel engouement.
« Je demandais juste des nouvelles de Naruto » répond Sakura sans ciller, sachant que Naruto la suivrait dans son mesnonge de toute façon.
En effet, le blond ne relève pas et se contente de continuer de sourire.
« D'ailleurs, tu ne m'as pas encore répondu. Comment ça va de ton côté ? »
« Pas mal, je reprends l'entraînement » il répond, la bouche pleine.
« Encore ? » demande Sakura, exaspérée. « Tu te trouves pas encore assez fort ? »
« Il n'est pas encore aussi fort que moi, c'est pour ça » explique Sasuke, suffisant.
« Dans tes rêves, Sasuke-teme ! J'optimise juste mes chances d'être le futur Hokage » fait Naruto avec un clin d'œil en direction de Sakura.
« Ne te fais pas tuer par l'effort, abruti » le sermonne-t-elle en lui pinçant une joue.
« Ce serait le comble » ajoute Sasuke.
« Je ne suis pas fragile comme toi » assène Naruto en tirant la langue à son rival.
Sakura soupire faussement, prise entre deux feux, tandis que le blond et le noiraud disputent une joute verbale. En réalité, elle est heureuse d'être avec eux et de les voir à nouveau comme avant.
« Merde ! » s'exclame le blond au bout d'un moment. « Je vais être en retard ! »
Vidant d'un traite son bol, il remet son éternel veste orange à la va-vite, farfouille dans ses poches avant d'en extirper quelques pièces et de les poser sur le comptoir.
« A plus, Chef ! Sakura-chan, Sasuke ! »
Après un dernier sourire, il court jusqu'à la sortie et s'engoufre dans les rues de Konoha.
Encore éberluée, Sakura demande : « Il a rendez-vous ? »
Elle se tourne vers Sasuke.
« Avec une fille de Kumo, je crois » répond nonchalament l'Uchiha.
« Il ne me l'avait pas dit, ça » murmure Sakura, irritée, promettant intérieurement mille souffrances au blond.
Quand Sakura a fini son déjeuner, et Sasuke le sien, ce dernier donne galament de quoi payer leurs deux repas au chef, surprenant la rose par la même occasion.
Après cela, il propose même de la raccompagner chez elle, et Sakura comprend alors qu'il souhaite lui parler.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demande-t-elle abruptement, fatiguée que Sasuke n'ose pas briser la glace par lui-même.
« Parler d'Obito. »
Bien entendu.
Sakura continue simplement son chemin, attendant cette fois-ci qu'il parle en premier.
Mais Sasuke n'a pas l'air de trouver les mots, et il est trop fier pour juste demander de l'aide. Alors ils restent silencieux, et Sakura finit par arriver devant chez elle sans qu'ils aient discuté de quoi que ce soit.
« Eh bien, a une prochaine, Sasuke » elle dit simplement en se présentant devant la porte de sa résidence.
Finalement embarrassée et irritée à la fois contre Sasuke et sa faiblesse d'esprit, elle revient sur ses pas et lâche avec ce qu'elle peut de gentillesse : « Merci d'avoir témoigné pour Obito. »
Elle lui a tendu la perche, a lui de la saisir.
Sasuke darde des prunelles insondables sur elle, tête inclinée vers l'avant, renforçant ainsi leur différence de taille. Pour la première fois depuis qu'il est parti du village à l'âge de treize ans, la rose se sent démunie face à lui. Elle se maudit intérieurement de constater qu'il a toujours une certaine emprise sur elle malgré ses résolutions.
« Pourquoi est-ce que tu es aussi excécrable envers moi ? » elle finit par demander en soutenant son regard tandis qu'il n'a toujours pas décroché un mot.
« A cause de lui. »
« Mais parle bon sang ! » s'écrie Sakura en perdant son sang froid. « J'aurais pu te laisser en plan mais j'ai décidé de te laisser une chance de parler, alors exprime-toi ! C'est quoi ton problème avec lui ? Avec moi ? J'en ai marre de tes phrases qu ne veulent rien dire ! »
« Je… » il hésite. « Je n'approuve pas. »
« Tu n'approuves pas quoi ? »
« Que tu aies ce genre de realtion avec ce genre de type. »
« Si tu es venu pour me critiquer encore et critiqur Obito, tu peux t'en aller, merci » crache la rose d'une voix glaciale en faisant volte-face.
Sasuke la retient durement par le poignet.
« Non, tu restes » ordonne-t-il, une lueur de colère au fond du regard. « Je m'exprime. »
Sakura consent à se retrouner, des larmes d'agacement et de frustation au coin des yeux. Se défaisant de l'étreinte, elle croise les bras sur sa poitrine. D'un mouvement sec du menton, elle l'invite à continuer.
« Obito n'est pas quelqu'un pour toi. »
« Et qu'est-ce que tu en sais exactement ? »
« C'est lui qui m'a révélé la verité sur Itachi pour me convaincre de rejoindre l'Akatsuki et détruire le village à l'époque où il se présentait encore comme étant Madara. Je l'ai cotoyé de beaucoup plus près que toi à cet instant et il n'avait rien d'un enfant de choeur. C'est un homme calculateur, manipulateur et plein de haine. Il ne peut pas changer en un claquement de doigts ! »
« Et toi ? Tu as eu droit à ta deuxième chance malgré ça, non ? » rétorque Sakura, les larmes perlant silencieusment le long de ses joues rougies.
Sasuke garde le silence, touché, les yeux fuyant.
« Tu es en train de me dire que tu n'as pas changé ? Que tu es toujours un vengeur haineux et méprisant ? »
« Non. »
Il relève la tête.
« Non quoi ? »
« Je ne suis plus comme ça. »
Sakura hausse un sourcil suspicieux.
« Peut-être juste encore un peu méprisant » il souffle, vaincu.
« Très méprisant. » Après un silence, elle ajoute : « C'est quoi ton problème, exactement ? Je sais que ce n'est pas vraiment ça. »
Sasuke a été capable d'exprimer sa colère, mais il semble incapable d'exposer ses doutes et ses inquiétudes.
« C'est parce que je ne t'aime plus, n'est-ce pas ? Ça te terrifie. »
Elle a capté l'essence du problème, alors elle raconte pour lui.
« Depuis le jour où tu as déserté, tu as gardé en toi l'image d'une petite fille lourde et faible irrémédiablement amoureuse de toi. Tu as toujours cru que quoi qu'il puisse arriver, je serais toujours là à t'attendre et à t'aimer. Et quand tu t'es pris la réalité en pleine face, tu n'as pas supporté. Tu as peur de ne plus avoir de point d'ancrage parce que je ne te suis plus dévoué. Mais c'est pas ça la vie, Sasuke. Tu vas pas t'arrêter et m'entrainer avec toi sous prétexte que tu as besoin de mon amour. C'est faux. »
« Je… » commence-t-il.
Mais Sakura l'interrompt en posant un doigt sur ses lèvres.
« Tu as détesté, haï et tué pendant des années à la recherche de puissance et de destruction. Quoi que tu puisses dire, tu es brisé. Tu as besoin d'amour. Simplement pas du mien. »
L'incompréhension qui se reflète dans son regard le rend presque attendrissant tant il lui donne un air vulnérable. Sakura se penche pour lui déposer un baiser sur la joue.
« Ce sera tout, Sasuke » elle conclut en se reculant pour rentrer chez elle. « Pense-y et reviens me voir quand tu auras médité sur tout ça. »
Sa voix se perd dans l'horizon tandis qu'elle a refermé la porte derrière elle, laissant Sasuke seul – et perdu. Il enfonce les mains dans ses proches avant de partir déambuler dans les rues, les paroles de la rose trouvant encore écho dans son esprit.
Voilà, voilà, c'est tout pour aujourd'hui ~
Vous devez probablement être déçus, vu qu'il n'y a quasiment rien sur Obito et Sakura, mais ça ne saurait tarder! Je me suis rendue compte que ce chapitre serait un peu trop long et indigeste si je continuais sur ma lancée, et j'ai donc décidé de l'arrêter sur ces mises au point afin de consacrer quasiment tout un chapitre à celle entre Obito/Sakura. Donc, vous aurez la dose d'incertitudes et de romance au prochain chapitre ;-)
Il y a aussi moyen que la dixième partie soit la dernière, la fin agissant comme un épilogue. Mais je ne suis encore sûre de rien :-/
Bref, à la prochaine!
