Chers lecteurs,
Avec un peu de retard, voici le nouveau chapitre.
Merci pour vos nombreux commentaires, et bienvenue aux nouveaux lecteurs! Par manque de temps, je n'ai pas encore répondu à tous vos commentaires, mais je promets de le faire rapidement.
Le chapitre précédent a visiblement beaucoup plu, j'espère que celui-ci ne vous décevra pas.
Petite précision au passage:
- Oui, il y a bien du Destiel dans cette fic (je ne pouvais pas m'en empêcher!)
- J'ai vu tous les épisodes en VO non sous-titrée. J'ai donc un peu de mal avec les termes français, et malheureusement ai dû faire quelques anglicismes. J'espère que ça ne gênera pas les personnes qui ont vu la série en VF.
Pour finir... Bonne lecture à tous!
«**»
Gabriel commanda le même brunch que Castiel et Dean et fut servi très rapidement.
_ Au fait, commença Sam, où passes-tu tes nuits ? Tu as une chambre de motel aussi ?
_ Non, rien de ce genre. Pourquoi ? répondit Gabriel en versant une quantité phénoménale de miel sur le bagel, la pomme, et pratiquement tout le reste de l'assiette
_ Rien, juste comme ça, répondit le Winchester en haussant les épaules.
_ Tu veux me rendre visite cette nuit ? demanda Gabriel avec son plus large sourire.
Sam faillit s'étouffer sur son bagel tandis que Dean tourna brusquement la tête vers l'archange qui se découpait un morceau de pain, l'innocence placardée sur le visage.
_ Mec, commença Dean.
_ Huuuuum ! Fameux ! le coupa Gabriel sans vergogne. Le miel est tout simplement excellent ! Bon choix pour un petit-déj !
Sam se tourna vers Dean et secoua vivement la tête, ce à quoi son frère répondit en fronçant les sourcils et lui lança un « C'est quoi ça ?! » silencieux, aggravant l'air surpris de Sam.
Dans son coin, Castiel ne souffla mot, observant la réaction des trois protagonistes mais prenant grand soin à ne surtout pas faire remarquer sa présence. Cependant, il ne put s'empêcher de fixer Dean, que ce dernier remarqua immédiatement. Pour se donner une contenance, pour une fois gêné par le regard vert émeraude qui se posait sur lui, il plongea le bout de sa fourchette dans le miel et la porta à ses lèvres. En fin connaisseur, il ne put qu'être du même avis que Gabriel. Le miel était succulent.
Dean, devant cette scène surréaliste, finit par abandonner. Il réitéra son attaque sur les œufs brouillés et le bacon, puis reprit la parole.
_ Voici ce qu'on va faire aujourd'hui. On rentre à la chambre, on prend nos armes et on prépare les pieux. Ensuite, on emmène Cas à la maison qui va rechercher toute trace d'invocation, et tout le bataclan. Si c'est confirmé, on récupère le Commi…
Il s'arrêta net dans sa phrase et jeta un regard autour de lui.
_ Le Commissaire, reprit-il à voix basse.
_ On avait compris, soupira Sam.
_ Bref, on le choppe, on le saigne, et on brise l'invocation.
_ Et, tu veux l'emmener où, petit malin ? Dans la chambre de motel ? lança Gabriel en croquant dans sa pomme, son assiette quasiment vide.
_ Il y a un entrepôt désaffecté à quelques dizaines de kilomètres, répondit Sam. On l'a trouvé ce matin en faisant des recherches avec Cas.
Tous les yeux se braquèrent vers l'ange qui ne leva pas le nez de son assiette, concentré sur quelques miettes de bagel qui se battaient en duel.
_ Bien vu les gars, les félicita Dean. Donc, on l'emmène là-bas et on enclenche le rituel. En cas de grabuge, Gabriel et Cas, vous intervenez.
_ Dean… commença Gabriel d'un air exceptionnellement sérieux.
_ Oui, j'ai compris. Cas, si le ou les Trickster se pointent, tu les occupes, tu les emmènes loin le temps qu'on finisse le ménage. D'accord ?
Castiel hocha la tête en signe de compréhension, toujours absorbé par les vagues traces de miel dans son assiette, ce qui provoqua un roulement d'yeux de Dean.
_ Gabriel, tu…
_ Je gère la situation, comme d'habitude très cher !
_ Ouais, on va dire ça. Surtout, préviens-nous si tu ressens la moindre présence de Renart ou Ysengrin.
_ Chef, oui Chef ! se moqua Gabriel en mimant le salut militaire.
Sam se pinça les lèvres, se forçant à ne pas sourire. Voir Dean ainsi gentiment malmené par Gabriel était tout simplement exquis.
Puis, ils fignolèrent les détails du plan et achevèrent leur repas. Gabriel et Dean hésitèrent à reprendre la même chose, juste pour être sûr d'avoir assez d'énergie pour la journée, mais le regard blasé de Sam les força à faire une croix sur le double-petit-déj. Dean finit par payer, puis ils quittèrent le Dinner, prenant la direction du motel qui n'était distant que d'une centaine de mètres.
Profitant que Sam et Gabriel les devançaient de quelques pas, Dean ralentit jusqu'à marcher à hauteur de Castiel.
_ Hé, mec. C'est quoi ça ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
_ Je ne comprends pas ce que tu veux dire, Dean. De quoi parles-tu ?
_ Tu le sais très bien. Tu n'as pas moufté durant tout le repas ! Dès que Gabe est arrivé, on aurait dit le Chaperon rouge devant le grand méchant loup !
_ Je ne porte pas de capuche rouge, Dean.
_ Cas… soupira Dean. Pourquoi es-tu comme ça devant Gabriel ?
L'ange s'arrêta de marcher pour fixer le Winchester.
_ Dean, Gabriel est un Archange, expliqua-t-il d'une voix grave, le visage fermé.
_ Oui, c'est pas nouveau. Et ?
_ Non Dean. Tu ne comprends pas. C'est un Archange. Il est assez fort pour tous nous annihiler d'un claquement de doigts. Et… avec mes crimes…
_ Cas, on en a discuté hier ! fit Dean en prenant Castiel par les épaules et le secouant légèrement.
_ Oui. Mais je préfère ne pas me faire remarquer tant que je n'ai pas eu une conversation franche avec lui. Je ne veux pas qu'il décide de t'envoyer dans un labyrinthe toi aussi pour nous punir. Ou plutôt me punir.
_ Cas…
Dean chercha le regard de Castiel qui était resté fuyant jusqu'à présent. Il l'accrocha enfin et ne détourna pas les yeux.
_ Cas, reprit-il. Ce labyrinthe était horrible à ce point-là ?
_ Il était désagréable et a mis mes capacités à rude épreuve.
_ Bon, l'essentiel, c'est que tu en es sorti, ok ? Ne te torture pas les méninges. On a du pain sur la planche alors, il faut qu'on reste tous concentrés. D'accord ?
_ D'accord… de quelle planche parles-tu ?
_ Cas… grogna Dean.
Voyant enfin la vraie personnalité de l'ange refaire surface, Dean était légèrement rassuré. Il finit par lâcher Castiel mais lui donna tout de même une petite tape virile sur l'épaule. Ils se remirent en route au pas de course pour rattraper Sam et Gabriel qui ne s'étaient même pas rendus compte de l'absence de leurs comparses.
Arrivés à hauteur du Lavomatic, Dean commença à récupérer ses affaires.
_ Quoi ? lança Gabriel. On attend que Monsieur finisse ses petites affaires avant d'aller bosser ? Bravo les Winchester !
_ C'est une question de minute, le rassura Sam.
_ Ouais…
Gabriel fit une petite moue, sourcils froncés.
_ Hmmmm…
_ Quoi ?
_ En fait, Cas et moi, on va vous attendre au motel. A toute !
Sans attendre une quelconque réaction, Gabriel attrapa le bras de Castiel qui patientait sagement à proximité de la vitrine puis disparurent tous les deux. Sam sursauta, jura puis bondit dans l'établissement.
_ Dean ! Gabe s'est zappé avec Cas ! lança-t-il à son frère qui enfournait ses vêtements dans des sacs en plastique.
_ Quoi ?
_ Il s'est…
_ J'ai compris ! Où ils sont allés ?
_ Au motel.
_ Merde ! Bordel de… Sammy, va les rejoindre, je te suis !
S'en suivit une course effrénée jusqu'à la chambre du motel. Sam arriva le premier et ouvrit la porte d'un geste brusque. Dean arriva quelques secondes plus tard, les bras chargés de ses vêtements fraîchement lavés et pliés.
_ Fais chier ! jura Dean en balançant les sacs sur les lits. Où ils sont passés ?!
_ Gabriel ! Cas ! appela Sam.
Il n'obtint aucune réponse.
«**»
Les cheveux de Castiel et Gabriel virevoltaient sous la puissance du vent, l'imperméable de l'ange flottant légèrement derrière lui.
_ Où sommes-nous ? demanda Castiel en avisant l'immense étendue bleue qui s'étendait devant eux.
_ Oh, je ne sais pas trop, répondit vaguement Gabriel. Sur une falaise en Angleterre je crois.
L'immense muraille blanche tombait abrupte dans ce que Castiel identifiait comme la Manche. Autour d'eux, pas âme qui vive. Ils se tenaient debout au bord de cette falaise, les pieds dans les hautes herbes vertes.
_ Cas, reprit Gabriel en faisant face à son frère. Je crois qu'on a quelques petites choses à se dire.
_ En effet, confirma Castiel sans bouger d'un pouce.
L'archange fit quelques pas en direction de Castiel. Il ne prononça aucune parole, se contentant de fixer les yeux bleus de son frère. Seul le hurlement du vent et le bruit des vagues qui se brisaient sur la falaise venaient rompre le silence pesant qui s'était installé..
_ Gabriel, commença Castiel lorsqu'il ne supporta plus le mutisme de l'archange. Je suis désolé. Je ne voulais pas… tout ce qui s'est passé est ma faute… J'ai pêché par orgueil. Je voulais tant stopper l'Apocalypse, que Raphaël ne sorte ni Lucifer et Michaël de la cage… Tous les moyens étaient bons pour arriver à mes fins.
Castiel se passa la langue sur ses lèvres sèches. Il n'avait jamais été doué pour les discours, alors exprimer ses sentiments et expliquer ses actes était encore pire. Son regard se perdait sur la lande verdoyante.
_ J'ai commis des crimes innommables, poursuivit-il poussé par le silence de Gabriel. Le Paradis… notre foyer est dévasté. Par ma faute.
Il déglutit difficilement puis tourna son regard vers son grand frère.
_ Je mérite ta punition, finit-il par dire en serrant les poings.
Gabriel, toujours silencieux, s'approcha jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de lui puis leva lentement sa main droite et la posa sur la joue de Castiel, sous le regard terrifié de ce dernier, sentant au plus profond de son être que sa dernière heure était proche. Mais aucune douleur ne suivit. Tout au contraire, une douce chaleur prit possession de lui tandis que Gabriel plongeait son regard dans le sien. Il pouvait sentir son frère fouiller les tréfonds de son âme, lire en lui comme dans un livre ouvert. Ils restèrent ainsi quelques secondes à peine, puis Gabriel rompit le lien spirituel. Il ferma les yeux. Sa main toujours sur la joue de Castiel, il le força à incliner sa tête vers lui jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. Toujours enveloppés dans l'aura de Gabriel, ils ne bougèrent pas d'un pouce.
_ Cas… murmura Gabriel en brisant le lien après quelques minutes.
_ Je suis tellement désolé, Gabriel… reprit Castiel, les yeux légèrement brillants.
_ Je sais.
Gabriel finit par se racler la gorge pour se donner une contenance.
_ Ce que tu as fait, Cas, tu devras en subir les conséquences, reprit-il d'une voix plus forte.
_ Oui, souffla Castiel.
_ C'est ta responsabilité. Tu devras un jour ou l'autre retourner au Paradis, que tu le veuilles ou non. Tu devras réparer les dégâts que tu as commis et y mettre toute ton âme.
_ Oui, répéta-t-il dans un chuchotement.
_ Je ne suis ni juge ni bourreau, Castiel. Ce n'est pas à moi de juger de tes actes mais à notre famille qui est restée là-haut.
_ Je comprends très bien…
_ C'est à toi de remettre de l'ordre dans tout ce bazar que tu as causé…
_ Oui…
_ Quand tu seras prêt, acheva Gabriel. Tu sais, pour le labyrinthe où je t'ai enfermé… je n'ai pas pu me retenir. J'étais tellement en colère en te voyant aux côtés des Winchester, comme si de rien n'était. C'était avant que je me rende compte à quel point tu es… brisé… Cas.
Il pencha la tête légèrement de côté en reculant de quelques pas tandis que Castiel gardait son regard fixé au sol.
_ Tu voulais rester au Purgatoire, pas vrai ? Tu voulais y purger ta peine jusqu'à ta mort.
_ Je voulais faire pénitence, expliqua Castiel.
_ Mais ils t'ont sortis de là-bas…
_ Ils ? demanda Castiel. Qui m'a fait sortir ?
Gabriel ouvrit la bouche, surpris de la question, mais se ravisa.
_ Tu es vraiment étrange, Castiel. Tu es un ange, tu es mon frère, mais pourtant, il y a quelque chose en toi différent de tous les autres. Je ne m'en étais jamais vraiment rendu compte. Qu'est-ce qui a changé chez toi ? Ou as-tu toujours été ainsi ?
_ Je… Je ne sais pas… avoua Castiel. Je ne me sens pas différent.
_ Hmm, fit simplement l'archange en plissant des yeux. Bref, tu restes un mystère. A moins que ce ne soit les Winchester qui t'aient changé ?
_ Ils m'ont en effet montré qu'il existait une autre voie. Que nous ne sommes pas obligés de suivre le chemin tracé.
Gabriel ne put s'empêcher de sourire.
_ Oui, ils ont cet effet sur les gens… sur nous en particulier je dirais, dit-il en ricanant.
Castiel ne put qu'acquiescer lentement, esquissant vaguement le début d'un sourire..
_ Gabriel, fit-il après quelques secondes de silence. Je ferai tout pour réparer mes erreurs. Mes crimes sont impardonnables, mais je veux…
_ Je sais Castiel. Je le sais bien.
Gabriel poussa un petit soupir en voyant l'air aussi misérable que déterminé qu'arborait son frère. Il avait sondé son âme et n'y avait pas trouvé trace de maléfice ou de malhonnêteté. Il comprenait parfaitement ce que Castiel avait vécu, l'ayant expérimenté lui-même à divers degrés il y a fort longtemps. Il avait gouté à la liberté et dans une volonté de bien faire s'y était brûlé les ailes. C'était bien connu : l'Enfer est pavé de bonnes intentions. Il avait voulu venger la mort de ses frères, mais regrettait presque son geste, voyant Castiel ainsi, portant cette souffrance infinie en lui.
_ Viens Cas, si je ne ramène pas rapidement auprès de Dean, il va râler pendant des heures. Je l'entends d'ici ! Ou pire, tenter de me frire à l'huile sainte !
Castiel hocha la tête.
_ Au fait, reprit Gabriel en posant sa main sur l'épaule de son frère, il faudra un jour que Dean et toi régliez vos tensions. Ou ça va te mener à ta perte, crois-moi !
_ Ma perte ? Je ne comprends pas…
_ Ouais… c'est ce que je craignais… Bref ! s'exclama-t-il. On y va !
L'instant d'après, Gabriel et Castiel réapparurent dans la petite chambre du motel.
«**»
_ Cas ! s'exclama Dean en voyant les anges apparaitre à quelques centimètres de lui.
_ Hey, lança Gabriel avec un sourire. On a prit un peu plus de temps que prévu. Alors, on en est où des préparatifs ?
Sam lança un regard étonné vers son frère avant de prendre la parole.
_ On a nettoyé nos armes, en gros, on est prêts à rendre une petite visite au Commissaire…
Castiel hocha la tête en direction de Dean puis passa devant lui, se dirigeant directement vers Sam qui se tenait debout à côté de la table et commença à discuter de la marche à suivre. Dean ouvrit grand ses bras, ne comprenant pas pourquoi il avait été royalement ignoré par Castiel. Il se retourna vers Gabriel.
_ Vous étiez où ?! lança-t-il avec un regard dur.
_ Du calme, on a juste papoté. Rattrapé le retard entre frères, tu vois ?
_ Tu as… commença Dean.
_ Relaaaaax, le coupa Gabriel en sentant la tension émaner du Winchester. C'est cool, tout va bien. On a juste discuté. Je te l'ai rendu en un seul morceau, n'est-ce pas ? Je ne peux pas faire plus pour te prouver ma bonne foi.
Gabriel fixa Dean quelques secondes, le temps pour le hunter d'assimiler toutes les informations, puis il reprit la parole d'une voix plus fort.
_ Bon, vous êtes prêts ? On y va ?
Dean serra les dents, mais il savait que ce n'était absolument pas le moment de se déconcentrer de la mission. Castiel était revenu, et c'était bien là l'essentiel.
_ On y va maintenant ! lança Dean d'une voix forte.
Tous acquiescèrent puis les Winchester s'armèrent de diverses armes, et enfin tous quittèrent le motel. Dean en tête, ils se dirigèrent vers la voiture.
_ Où est l'Impala ? demanda Castiel en voyant l'espèce de tas de ferraille dans lequel Sam venait de monter.
_ Elle est… Elle est à la police… c'est pas le moment ! s'énerva-t-il. Monte !
Castiel obtempéra, préférant ignorer le mouvement d'humeur du Winchester.
_ Dean… souffla Sam lorsque son frère fut enfin à bord. Ca ne sert à rien de t'énerver sur Cas…
_ Oh, mon bébé me manque… gémit doucement Dean en secouant la tête sans remarquer la grimace de Gabriel.
Ils firent le trajet silencieusement, Gabriel assit à l'arrière aux côtés de Castiel. Sam se contentait de tourner les pages d'un ancien livre. Lorsqu'ils furent arrivés à destination, Dean prit soin de se garer à distance raisonnable pour ne pas éveiller les soupçons du voisinage. Ils notèrent qu'une fois de plus, les grilles de la demeure du Commissaire étaient fermées. Les rideaux étaient tirés et aucun signe d'activité ne filtrait.
_ Ok, Cas, fit Dean en se retournant vers l'ange après avoir coupé le contact, tu sais ce que tu as à faire alors…
_ Oui Dean, bien sûr.
_ Gabriel, tu ressens un Trickster ?
_ Hummm… non, rien du tout. La voie est libre.
Castiel hocha lentement la tête puis disparut dans un bruissement d'ailes.
_ Et maintenant, commenta Dean, on attend tranquillement sans se faire remarquer.
_ C'est sûr que trois gars dans une voiture pourrie dans ce quartier, c'est particulièrement discret ! ironisa Gabriel.
_ Il marque un point, remarqua Sam en se tournant vers son frère.
_ Ok ! Mais vous voulez que je fasse quoi ? Voler une autre voiture ? On ne sait même pas combien de temps il faudra à Cas pour trouver l'autel d'invocation !
_ Je peux arranger ça, annonça Gabriel avec un large sourire.
_ Comment ça ? Tu ne peux pas aller dans la maison !
_ Non, je parle de la voiture ! Tu préfères quoi ? Mustang ? Chrysler ? Porsche ?
Dean cessa de fixer Gabriel dans son rétroviseur et se retourna brusquement vers lui, un large sourire aux lèvres.
_ C'est vrai ? Tu peux faire ça ?
_ Evidemment !
_ Ce serait…
_ Stop ! le coupa Sam. Tu ne vas pas changer l'apparence de cette voiture en plein jour ! C'est encore moins discret que tout le reste
_ Je suis de retour, annonça simplement Castiel avec un objet recouvert d'un linge sur les genoux.
_ Cas !
Tous firent un bond monumental, Sam se cogna la tête au plafond de la voiture tandis que Dean attrapait son arme.
_ C'était rapide… dit-il en rengainant son colt.
_ Je suis un ange, Dean, rappela Castiel d'une voix légèrement vexée.
_ Oui oui, tu as trouvé quoi ?
Castiel souleva le linge, révélant un bol probablement en or contenant rigoureusement tous les ingrédients dans un parfait état de conservation.
_ Wow ! L'invocation n'a pas été faite il y a dix ans ? s'étonna Sam.
_ Ca arrive, expliqua Gabriel. Le temps est … heu… comment expliquer ça simplement… figé. Ce n'est pas très étonnant.
_ Ok, fit Dean, légèrement sceptique. Au fait, Cas, pourquoi tu as tout pris plutôt qu'un seul ingrédient ?
_ C'est plus facile à transporter, répondit l'ange en toute simplicité.
_ Oui, c'est pas faux… au fait, tu as trouvé le Commissaire ?
_ Non, il n'est pas là.
_ Bon… Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Sam.
_ Si Cas a trouvé ça chez lui, c'est que c'est lui qui a fait l'invocation. Donc, il faut qu'on obtienne de son sang pour annuler le sortilège.
_ Très malin, Dean, mais comment on fait s'il est protégé par Renart, répliqua Gabriel.
_ Ne me dis pas que deux anges, dont un Archange, sont moins fort qu'un Trickster ? rétorqua Dean en appuyant volontairement sur le terme archange.
Gabriel plissa les yeux et lança un regard vexé à l'aîné Winchester.
_ Tu sais très bien que…
_ Oui oui, le coupa Dean. On le sait tous.
_ On sait quoi ? demanda Castiel.
_ Que Gabriel ne veut pas affronter son ex, c'est tout ! lança Dean d'une voix emplie de sarcasme.
L'archange lança un regard irrité à Dean, puis à Castiel, lèvres pincées.
_ On peut essayer de lui prendre du sang sans le kidnapper, non ? suggéra Sam.
_ Et comment comptes-tu faire, grand malin ? lança Dean en regardant son frère.
_ Heu… on se déguise en collecte de sang ? tenta-t-il.
Ils se turent quelques secondes.
_ C'est nul… commenta Gabriel.
_ D'accord avec lui, approuva Dean.
_ J'essaie de trouver une solution ! Si vous n'êtes pas contents, faites tourner vos méninges !
_ Ca sera plus rapide si on le tue directement, fit Gabriel en haussant les épaules.
_ On ne tue pas d'humains ! s'exclama Sam en se retournant brusquement vers le Trickster, provoquant moult grincements de la voiture.
Gabriel poussa un long soupir exaspéré.
_ C'est vrai, vous êtes irréprochables ! Heureusement que vous n'avez pas provoqué l'Apocalypse sinon ça sonnerait faux !
_ Gabe, ça suffit, on ne tue pas, point, rétorqua Sam d'une voix sèche ce qui étonna à la fois Dean et Gabriel, peu habitués à une démonstration d'autorité aussi forte de sa part.
_ Sammy, on doit trouver quelque chose, reprit Dean.
_ On trouvera, répondit Sam plus doucement.
Il jeta un coup d'œil aux maisons alentours.
_ Je ne veux pas vous alerter, mais je crois qu'on a été repéré.
Derrière l'un des rideaux, très mal cachée, se tenait une femme d'un certain âge, un téléphone dans une main, fixant le quatuor depuis le premier étage de sa maison.
_ On file.
Dean remit le contact et après plusieurs essais, finit par faire démarrer la voiture. Suivant les indications de Sam et après un commun accord, ils se rendirent dans l'entrepôt désaffecté qui se trouvait effectivement à quelques kilomètres seulement en dehors de la ville.
Les lieux étaient abandonnés depuis une quinzaine d'années au minimum. Un ancien plateau de production prenait la majorité de la place. Tout autour, quelques tables, chaises et armoires. Ca et là trainaient de vieux outils et fournitures de bureaux. Le temps avait fini par avoir raison des quelques baies vitrées qui faisaient office de toit, laissant le champ libre à une dizaine de pigeons. Finalement, l'endroit était parfait pour une invocation en bonne et due forme en toute tranquillité.
Sam et Gabriel entreprirent de rassembler les ingrédients pour la contre-invocation tandis que Castiel et Dean préparaient les tables et protégeaient l'endroit contre d'éventuels démons et autres créatures surnaturelles.
_ Cas, commença Dean lorsqu'ils furent assez éloignés de Sam et Gabriel, tout va bien ?
_ Oui Dean, répondit l'ange en achevant de tagger une fenêtre.
_ Je veux dire… avec Gabriel, vous avez disparu un bout de temps… une bonne quinzaine de minutes… ça fait long…
L'ange acheva le tracé d'un sceau, referma la bombe rouge avec son capuchon et se tourna vers le Winchester.
_ J'ai clarifié la situation avec mon frère, expliqua-t-il en relevant les yeux vers Dean. Je lui ai promis d'assumer la conséquence de mes actes, donc, je peux te certifier que tout va bien.
_ Attends, fit Dean en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que tu veux dire par « assumer la conséquence » ?
_ Je dois réparer mes erreurs, dit doucement Castiel, et, même si je ne pourrais jamais m'absoudre de mes crimes, je me dois d'essayer de sauver le Paradis.
_ Oh… ok… il ne va plus essayer de t'envoyer dans le Triangle des Bermudes alors ?
_ Non Dean. Mais je ne vois pas pourquoi Gabriel m'enverrait dans les Bahamas. C'est, si j'en crois les affiches dans plusieurs villes, le rêve de chaque américain pour des vacances réussies. Je ne suis pas un humain, Dean. Je n'ai pas besoin de vacances.
Dean se pinça les lèvres, s'empêchant de lâcher un éclat de rire.
_ Cas, finit-il par dire, parfois je me dis que des vacances te feraient du bien de temps en temps.
_ Dean… commença Castiel en secouant lentement la tête.
_ Laisse tomber. Je voulais parler du labyrinthe dans lequel il t'avait enfermé…
_ Non, il ne compte pas m'y renvoyer. Du moins, je ne pense pas, soupira-t-il.
_ Bien, c'est un bon progrès ! lança Dean, rassuré.
_ Dean… Gabriel m'a dit autre chose…
Castiel marqua une légèrement hésitation. Il leva sa main droite comme s'il allait la poser comme à son habitude sur l'épaule de Dean, mais se ravisa au dernier moment.
_ Quoi donc ? demanda Dean en notant parfaitement le geste manqué de l'ange.
_ Que nous devons régler nos problèmes avant qu'ils n'empirent.
_ Nos quoi ? Nos problèmes ? s'étonna le Winchester. Quels problèmes ?
Avant que Castiel n'ai pu répondre, Sam passa la tête dans le bureau.
_ Hey, on a fini de notre côté. Vous en êtes où ?
_ Toutes les fenêtres sont recouvertes de pentacles. Dès que Gabriel sortira de l'entrepôt, nous complèterons les protections contre les Trickster, répondit Castiel diligemment.
_ Ok, super.
Sentant que l'instant s'était envolé, Dean ne reprit pas la conversation. Il suivit son frère et observa l'autel d'invocation concocté.
_ Sérieusement, ça me donne faim, fit-il en voyant les ingrédients dans le bol.
_ Même les plumes de corbeau ?
_ Sauf ça… quoique, un corbeau, c'est un peu comme un petit poulet, non ?
_ Dean…
_ Quoi ?!
Gabriel eut un petit rire devant la chamaillerie fraternelle. Il se rappelait les millénaires passés au Paradis, à se chicaner avec Lucifer à propos de banalités. Il ne put empêcher une certaine nostalgie de s'installer dans son cœur. Etre avec les Winchester lui faisait finalement beaucoup de bien. Il sentait qu'il s'adoucissait et retrouvait ses valeurs qu'il avait oubliées avec le temps.
Castiel les rejoignit quelques secondes plus tard. Ils décidèrent de partir à la recherche du Commissaire, mais ne s'étaient pas encore mis d'accord sur la marche à suivre. Gabriel soutenait mordicus qu'ils devraient l'assassiner et que ça ne serait pas une grande perte, tandis que Sam et Dean refusaient catégoriquement mais sans réussir à proposer de solution alternative.
_ Je peux l'endormir et vous pourrez en profiter pour prendre de son sang, finit par suggérer Castiel.
_ Ca ne fonctionnera que si Renart n'est pas à proximité, expliqua Gabriel.
_ Dans ce cas, faisons une diversion, fit Sam.
_ Et tu veux t'y prendre comment, Légolas ? lança Dean, provoquant un regard de travers de son frère.
_ Gabriel peut appeler Renart et l'occuper assez longtemps pour qu'on s'occupe du Commissaire.
_ Je pense qu'une trentaine de secondes seront suffisantes pour obtenir la quantité de sang nécessaire, estima Castiel.
_ On peut essayer, confirma Dean.
_ Heu, je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée, fit Gabriel. Je vous rappelle que j'ai fini à moitié grillé la dernière fois ! Et absolument rien ne nous confirme qu'il va venir si je l'appelle !
_ Tu pourrais y mettre un peu du tien, lança Dean en jetant un regard de travers à l'archange.
_ Mais qu'est-ce que tu veux que je dise pour l'appâter ? Je te rappelle que je ne voulais même qu'il me trouve !
_ Oui ben, grâce à ta discrétion, c'est raté. Alors foutu pour foutu, soit un homme et trouve un moyen de l'éloigner assez longtemps pour qu'on agisse !
_ Dis-lui que tu es désolé, suggéra Sam.
_ Désolé ?! Désolé de quoi ? lança Gabriel, sourcils froncés.
_ Tu as forcément fait quelque chose de travers, répondit le Winchester en haussant les épaules.
_ Je n'ai rien fait de mal ! protesta vivement l'archange.
_ Dis-lui que tu es désolé de l'avoir abandonné, proposa Dean.
_ Que tu es désolé de ne pas avoir été à ses côtés et de ne pas l'avoir soutenu, poursuivit Sam.
_ Que tu as pris peur mais que tu le regrettes, reprit Dean.
_ Que tu aimerais qu'il n'y ait plus cette distance entre vous, conclut Sam.
Gabriel, bouche bée, regarda tour à tour Dean puis Sam. Les Winchester semblaient très fiers de leurs suggestions. Sam, comme toujours, gardait un visage angélique tandis que Dean retenait un sourire aux coins des lèvres.
_ Ou alors, tu peux raconter une blague, lâcha Castiel d'un ton très sérieux. J'en connais une hilarante.
Dean et Sam ne purent s'empêcher de grimacer en attendant la suite. Gabriel se contentait de froncer les sourcils, franchement alarmé par les conseils qu'il recevait.
_ Qu'est-ce qui est religieux et se trouve dans la forêt ? poursuivit Castiel en retenant un petit rire. Un Rabbin des bois ! Ce qui est absolument hilarant car dans les Anciens Temps, Hillel, qui était l'un des rares à avoir traduit la parole de notre Père, était bucheron. Il vivait donc dans les bois !
Il pouffa doucement, visiblement très fier de son jeu de mots.
_ Vous ne comprenez pas ? s'étonna-t-il devant le regard désabusé de ses comparses. C'est simple, la Torah…
_ Ok ! l'interrompit Dean en levant haut sa main droite pour couper court au monologue. Hilarant, en effet, merci Cas. Gabriel tu devrais l'utiliser, ça va surement détendre l'atmosphère !
Il se tourna vers l'archange et lui sourit de toutes ses dents.
_ Tu as de quoi tenir une petite conversation d'une trentaine de secondes, pas vrai ? reprit-il en haussant les sourcils.
_ Je vous assure qu'il y a peu de chances que ça marche, fit Gabriel en secouant la tête. Je peux essayer, mais…
_ Trente secondes, c'est tout ce qu'il nous faut.
_ Je peux tenter…
_ Sam, tu as des seringues prêtes ? demanda Dean.
_ Oui, aucun problème.
_ Bon, maintenant, il faut qu'on le repère. Il n'était pas chez lui, donc, c'est qu'il est sorti ! annonça-t-il en se frottant les mains.
_ Bravo Sherlock, lança Gabriel devant la platitude de Dean.
_ Ce que je veux dire, c'est que vous les génies ailés, vous devriez pouvoir le repérer facilement, rétorqua Dean face à la petite attaque de l'archange.
_ Très malin, mais faux ! rétorqua Gabriel. S'il est sous l'influence d'un Trickster, je ne pourrais pas le repérer. Et je doute que Cas y arrive si Renart y met toute sa puissance.
_ Vous pouvez tout de même essayer… s'il vous plaît ? demanda Sam doucement.
Gabriel poussa un petit soupir en regardant Sam. A ses côtés, Castiel ferma les yeux.
_ On n'a pas sondé son aura, ça va être difficile ! expliqua-t-il une nouvelle fois.
_ Je l'ai trouvé, dit Castiel en rouvrant ses paupières. Il est au centre-ville, dans un restaurant je crois.
_ Déjà ?! s'exclama Gabriel. Sérieusement ?
_ Alors, on a pris un coup de vieux ? fit Dean, tout sourire, en tendant le menton vers l'archange.
_ Dépêchons-nous, fit Sam. Il faut que nous…
Avant qu'il n'ait pu finir sa phrase, Castiel les avait zappés dans une ruelle étroite, face au restaurant.
_ … soyons fins prêts… acheva Sam. Cas !
_ Sérieusement, Cas ! fit Dean.
_ Nous nous sommes rapprochés de l'objectif, expliqua Castiel. Il faut agir vite.
_ Franchement Cas, râla Dean. Tu pourrais nous laisser le temps de nous préparer ! Sam, seringue ?
_ Une seule, répondit-il en levant l'unique qu'il avait gardé en main. Les autres sont restés sur la table.
_ Gabe ?
_ Ok ok, je suis prêt à l'appeler dès que vous serez en position.
_ D'accord. Cas, est-ce que tu pourrais nous…
Une nouvelle fois, Castiel les avait téléportés ailleurs.
_ … emmener… sans déconner ?! lança Dean. Dans des toilettes ?! Vraiment Cas ? Tu n'as pas trouvé meilleur endroit ?
Ils se trouvaient effectivement dans des toilettes au style très particulier, mélangeant Art Nouveau et Rococo. Le carrelage bicolore noir et blanc du sol tranchait avec les murs qui tendaient vers le rose bonbon. Deux lavabos surplombés d'un immense miroir, une pissotière et deux cabines achevaient le décor. Ici et là quelques dorures passées laissaient penser que les lieux avaient connus un désastre ornemental bien pire.
Tandis que Dean fulminait et que Sam tentait de le calmer, Castiel leva une main et se rendit à la porte d'entrée des toilettes. Il l'entrouvrit, jeta un regard rapide dans la salle puis revint se poster face aux Winchester.
_ Cas, tu as de la chance que ce soient les toilettes pour hommes où tu nous as zappé, sinon je t'aurai étranglé avec ta cravate !
Castiel fronça légèrement les sourcils.
_ Dean, tu ne peux pas… Oh… J'ai compris… je vous ai mis dans une situation inconfortable en vous emmenant dans ce lieu ? Pourtant, c'est l'endroit le plus logique compte tenu de l'âge et de la corpulence du Commissaire. Il devra se rendre…
_ Cas, grogna Dean, pas maintenant…
Castiel poussa un soupir exaspéré.
_ J'essaie d'aider, dit-il de sa voix la plus grave.
_ On sait, Cas… merci, fit Sam pour calmer la situation.
_ Gabriel est prêt ? demanda Dean.
Castiel se porta l'index sur la tempe, sourcils froncés.
_ Oui, dit-il. Il appelle Renart. Je m'occupe de ramener le Commissaire ici.
Aussitôt, il disparut. Les Winchester se regardèrent, un peu dépassés par les évènements. Dean secouait lentement la tête tandis que Sam lui répondait silencieusement qu'il ne comprenait pas plus le comportement de Castiel. C'est alors qu'ils entendirent un bruit de verre qui se brise, suivi d'un juron. Au timbre grave de la voix, il s'agissait du Commissaire. Castiel réapparut devant eux.
_ Il arrive, annonça-t-il.
Quelques secondes à peine plus tard, le Commissaire entra dans les toilettes et tomba nez à nez avec les trois hommes qui le fixaient d'un regard dur. Une large tâche rosâtre courait sur sa chemise blanche.
_ Messieurs, leur lança-t-il d'un air soupçonneux.
Aussitôt, Castiel lui posa deux doigts sur la tempe, le faisant sombrer dans un profond sommeil. Il s'affala de toute sa masse sur le sol. Sans perdre un instant de plus, Sam s'agenouilla à ses côtés et releva une manche de la chemise. Il mit quelques secondes à trouver une veine puis finit par y planter la seringue qu'il remplit à ras-bord.
_ C'est bon, dit-il en rebouchant l'aiguille.
_ Cas !
L'ange porta une main à sa tempe puis hocha la tête.
_ J'ai prévenu Gabriel. On y va !
Il attrapa les bras des Winchester et tous se retrouvèrent dans l'entrepôt. Ils furent rejoins par Gabriel une seconde plus tard.
_ Vous avez le sang ? demanda-t-il en s'approchant de l'autel.
_ Oui, tout est là.
Sam arrosa le bol en or et dès qu'il n'en resta plus une seule goutte, se mit à réciter les paroles apprises par cœur.
_ ... et jurantes per dominum meum.
Les quatre comparses retinrent leur souffle lorsque Sam acheva l'incantation.
_ Ca a marché ? demanda Dean après plusieurs secondes où absolument rien ne se passa.
_ Heu… hésita Gabriel.
_ Il est censé se passer quoi ? fit Sam.
_ Je ne ressens rien, finit par dire l'archange. Tu es sûr que tu ne t'es pas trompé de réceptacle, Cas ?
Le regard oblique que lui lança son frère fit office de réponse.
_ Sam ?
_ Non, tu as bien entendu.
_ Alors, c'est que ça n'a pas marché, conclut Gabriel en se passant une main sur le visage.
_ Merci, on s'en est rendu compte, grogna Dean.
_ Dean, si l'invocation n'a pas fonctionné, il n'y a que peu de raisons pour. Soit Renart a été libéré, mais j'ai un gros doute. Soit Castiel n'a pas pris le bon récipient… Arrête de me fixer Cas, tu ne t'es pas trompé, c'est uniquement pour expliquer les possibilités. Soit le sang n'est pas le bon.
_ C'était bien celui du Commissaire, confirma Sam.
_ Alors ce n'est pas lui qui a initié l'invocation, acheva Gabriel. C'est quelqu'un d'autre.
_ Pourquoi l'avoir gardé chez lui si ce n'est pas lui qui l'a fait ? s'exclama Dean. Ce n'est absolument pas logique !
_ C'est vrai, vous autres les humains, vous êtes toujours si logique, lança l'archange. Non, ça doit être quelqu'un d'autre, et qui fait très attention à masquer ses traces. Le problème, c'est que ça peut être n'importe qui…
Une vague d'abattement tomba lentement mais sûrement sur les quatre acolytes.
_ Renart ne t'a rien dit, ou donné un indice, lorsque tu l'as appelé ? demanda Castiel en se tournant vers Gabriel.
_ Non, du tout. Il n'est pas venu, et ne m'a pas répondu…
_ Quoi ? Tu l'as appelé pourtant, fit Dean.
_ Oui, mais il n'est pas venu. Je vous l'ai dit que ça n'était pas assuré.
_ Pourquoi tu ne nous l'as pas dit plus tôt ?
_ Vous ne m'avez pas vraiment laissé le temps de faire un compte-rendu détaillé !
_ Bon bref, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Ils haussèrent les épaules, à l'exception de Castiel qui fixait Dean dans l'attente du moindre geste de sa part.
_ On reprend les cherches, conclut-il.
«**»
_ Non.
_ C'est notre meilleure piste, justifia Dean.
_ Non, un point c'est tout, répéta Gabriel, bras croisés.
_ On pourrait au moins lui poser quelques questions. Il doit avoir plus d'infos que nous !
_ Non, je n'appellerai pas Ysengrin ! Je vous l'ai déjà expliqué, il est violent, irréfléchi, brutal, et sans Renart pour le calmer, il est encore pire qu'avant ! Et même moi, je ne suis pas sûr de garantir notre sécurité.
_ Tu te défiles… commenta Dean, un sourcil relevé.
_ Il se défile, approuva Sam.
_ Je ne me défile pas !
_ Errrr… je confirme que tu préfères éviter toute confrontation avec Ysengrin, fit Castiel.
Dean ne put s'empêcher de sourire à Castiel en hochant la tête. Sam, qui se tenait à quelques centimètres de Gabriel, tenta de le raisonner.
_ Si on veut arrêter les meurtres, c'est le plus simple. On partage nos informations, et voilà !
_ Non, tu ne comprends pas. Un rien l'énerve. Je l'ai vu en action, crois-moi, je n'avais que ça à faire durant des années ! N'oubliez pas que vous avez à faire à un demi-Dieu. Et de toute façon, je ne vous donnerai pas l'incantation, donc on en reste là.
Sam se tourna vers Dean, les bras écartés.
_ Ecoute, reprit Dean. On est tous du même avis.
_ Pas moi !
_ Oui Gabe, on a compris. Mais Sam et moi pensons qu'il peut nous aider… plus vite on libère Renart, plus vite ils repartent, non ? Cas, tu en penses quoi ?
_ Je suis d'accord avec Dean.
_ Fayot, grogna Gabriel.
Dean ouvrit grand les bras, petit sourire aux lèvres.
_ On est tous d'accord !
_ Tu ne me forceras pas à l'invoquer ! répliqua Gabriel, en faisant un pas vers le Winchester.
_ Qui a dit que tu l'invoqueras ? On va la faire à l'ancienne ! Les gars, tenez-vous prêt en cas de grabuge !
_ Pardon ? hésita Gabriel.
_ YSENGRIN ! hurla alors Dean à pleins poumons. YSENGRIN SI TU M'ENTENDS FAIS UN SIGNE !
_ YSENGRIN, imita Sam. YSENGRIN ! NOUS AVONS DES INFOS SUR RENART !
_ Vous êtes complètement malades ! s'exclama Gabriel. Vous allez vous faire massacrer ! Je ne veux pas être mêlé à ça ! Débrouillez-vous, bande de tarés !
Gabriel disparut immédiatement, laissant Castiel, Sam et Dean seuls maîtres à bord. L'ange ferma les yeux, tentant de repérer la présence de son frère mais n'y parvint pas. Il secoua la tête en regardant Dean.
_ Et merde, grogna Dean. Tant pis, on fera sans. YSENGRIN ! HEY ESPECE DE BOUFFON TU NOUS ENTENDS ?!
_ Bouffon, vraiment Dean ? Tu tiens tant que ça à l'énerver ?
_ Tout ira bien Sammy. Je gère !
Sam ne put s'empêcher de lancer un regard de détresse à Castiel qui se contenta de hausser les épaules en secouant la tête.
_ HEY ! TRICKSTER !
Soudain, ils ressentirent la présence, écrasante. Bien sûr, ce n'était qu'une impression, mais même Castiel semblait en ressentir les effets. Il s'était saisi de son épée tandis que Sam et Dean avaient empoigné le couteau de Ruby et le colt 45. Le sol se mit à trembler sous leurs pieds et un sifflement aigu se mit à résonner dans tout l'entrepôt, les forçant à se couvrir les oreilles dans une grimace de douleur. Aussi brusquement qu'elles étaient apparues, les manifestations stoppèrent net. A côté d'eux, un petit feu follet verdoyant apparu.
D'abord hésitant, Dean regarda Castiel et Sam qui restèrent figés, n'osant approcher plus près. Finalement, l'ainé Winchester prit les choses en main. Il avança lentement vers la flammèche qui ne se trouvait qu'à quelques centimètres du sol. Il se pencha pour l'observer. Celle-ci grandit brutalement jusqu'à atteindre quasiment le plafond de l'entrepôt et s'étendre sur plusieurs mètres de diamètre. Ils reculèrent tous de quelques pas.
_ Qu'est-ce que c'est que cette merde ! lâcha Dean en se protégeant les yeux.
Etrangement, aucune chaleur ne se dégageait du feu qui virait au rouge sombre. Ils purent alors deviner une forme au milieu. D'abord floue, elle se précisait de plus en plus. Sam et Dean déglutirent difficilement en distinguant le costume noir sur mesure, les cheveux bruns foncés, la barbe parfaitement taillée et la silhouette légèrement rondouillarde.
_ Hello boys, lança Crowley en sortant des flammes.
_ Nom de…
_ Crowley ! s'écria Sam en tenant fermement son couteau de la main droite.
_ Non… fit Castiel, les yeux plissés. Pas Crowley… ce n'est pas un démon. C'est un Trickster.
_ Ysengrin ? tenta Dean.
_ Ah, ça n'a pas duré longtemps, fit Crowley en soupirant. Mais avec un ange, c'est de la triche !
Le Trickster fit un vague geste de la main droite et quasi-instantanément, un immense trône apparut derrière lui, tout en dorures et arabesques. Il s'assit de façon théâtrale, gardant une main levée à mi-hauteur, les yeux rivés sur les Winchester.
_ Bon, reprit la copie conforme de Crowley, on n'a pas toute l'éternité ! Enfin… moi si, vous non. Qu'est-ce que vous voulez ?
_ Tu… heu… tu es bien Ysengrin ? demanda Dean d'une voix hésitante.
_ Non, je suis le Pape et j'attends ma sœur.
Devant l'absence totale de réaction de la part de Sam, Dean et Castiel, Ysengrin roula des yeux en poussant un long soupir.
_ Sérieusement ? La Cité de la Peur ? Non ? Ok, je vois à qui j'ai à faire… eh beh…
_ Heu… ok, d'accord, fit Dean dans une nouvelle tentative. Est-ce que tu… enfin... tu connais Renart, n'est-ce pas ?
_ Viens-en au but. Tu m'as appelé ici pour une raison précise, je l'attends…
La voix d'Ysengrin était devenue plus gutturale. Sam aurait d'ailleurs juré entendre le grognement sourd d'un loup lorsqu'il parlait. Le Trickster émanait une puissance contenue. Dean sentait la menace sous-jacente. Il n'en fallait pas plus pour laisser ses instincts reprendre le dessus. Toute trace d'hésitation disparut lorsqu'il reprit la parole.
_ Des meurtres ont été commis dans cette ville. On sait que Renart les commet sur les ordres de quelqu'un. Il a été invoqué et lié…
Le grognement sourd et vaguement distant se transforma brusquement en un aboiement agressif que probablement aucun chien n'aurait pu produire.
_ … à quelqu'un d'influent. Nous voulons que les meurtres s'arrêtent. Mais pour ça, on doit savoir qui a invoqué Renart et briser le lien.
Dean ne s'était pas laissé impressionner. Certes l'arrivée en fanfare du Trickster l'avait soufflé durant quelques instants, mais en ce moment précis, il avait à faire à une créature surnaturelle païenne. Après Lucifer, l'Apocalypse, les Leviathan et le Purgatoire, ce n'était plus un demi-Dieu qui le troublerait dans son boulot.
_ Et tu as besoin de mon aide…
L'imitation de Crowley était presque trop parfaite. Le sourire qu'il jeta aux Winchester, mêlant orgueil et dédain, ne fit qu'affirmer l'assurance de Sam et Dean.
_ J'ai besoin du nom du maître de Renart, fit le Winchester.
L'aboiement reprit de plus belle, surgissant d'un passé lointain et oublié, où les ombres et le moindre craquement inspiraient la terreur au plus profond des entrailles.
_ Renart n'a pas de maître ! Un humain a osé usurper ses pouvoirs ! Mais je vais le libérer ! Quitte à éliminer ces enfoirés les uns après les autres.
_ Non ! s'exclama Sam. Pas de morts, il y en a trop eu ! Si tu nous dis qui a lié Renart, nous pourrons le libérer ! Et vous pourrez repartir libres, tous les deux !
Ysengrin tourna brusquement son regard vers Sam. Il se tut une poignée de secondes.
_ Il y a quelque chose en toi… dans ton sang…
_ Son nom, fit soudainement Castiel qui était resté à l'écart jusque là.
_ Un ange n'a pas sa place dans le monde physique, répliqua Ysengrin, les yeux toujours rivés sur Sam.
_ Je t'assure que nous pourrons briser l'enchantement, reprit Sam en s'avançant de quelques pas.
Ysengrin releva un sourcil et esquissa un léger mouvement de tête.
_ Et comment comptes-tu t'y prendre ?
Le regard de Crowley se détacha de Sam pour se tourner vers Dean puis vers Castiel avant de se braquer sur la table qui faisait office d'autel.
_ Vous avez… osé… invoquer… Renart, vous aussi ?!
Très lentement, avec des gestes calculés, Ysengrin se releva du trône. Autour de lui, quelques flammes apparurent tandis qu'un vent se levait tout autour d'eux, soufflant de plus en plus fort. L'image de Crowley se troubla l'espace d'un battement de cil. Sam jura qu'il vit une bête velue, aux yeux rouges, de la bave aux babines, se tenir devant lui. Le grognement s'amplifia.
_ Vous, misérables humains, avez invoqué Renart ! Pour le soumettre à votre volonté !
_ Et merde, lâcha Dean en mettant son colt en position de tir. Ca ne peut jamais bien se passer pour une fois ?
_ SILENCE ! rugit Crowley
D'un revers de la main, Ysengrin balaya Dean qui alla rouler plusieurs mètres plus loin. Sam saisit l'opportunité pour se ruer sur le Trickster et planter profondément son couteau entre deux côtes, provoquant un hurlement de douleur. Ysengrin empoigna Sam par le cou, plongeant ses doigts devenues griffes dans sa chair. De sa main libre, il retira le poignard et l'envoya glisser au loin.
_ Tu regretteras ton geste, démon !
Sam tentait désespérément de se libérer, incapable de respirer, sentant sa gorge se remplir de son propre sang.
_ SAM ! hurla Castiel en se précipitant sur Ysengrin.
Il lui assena un coup de poing massif directement dans l'estomac, ce qui permit à Sam de se libérer. Il s'effondra au sol dans un borborygme, des flots de sang s'écoulant de ses plaies. Dans la confusion, personne ne remarqua Gabriel qui s'agenouilla aux côtés de Sam et le soigna immédiatement, le sauvant d'une morte lente et douloureuse.
Castiel n'en était pas resté là. Il esquivait habilement les attaques d'Ysengrin qui lui tenait facilement tête. Il tenta de lui planter son glaive dans le ventre mais son adversaire réussit à parer l'attaque sans difficulté. Sentant que la victoire allait lui échapper, Castiel concentra son énergie dans ses poings et envoya un crochet du droit directement dans la mâchoire de Crowley ce qui lui fit perdre ses repères assez longtemps pour que l'ange appose sa main sur le crâne légèrement dégarni. La Grâce de Castiel commença à se diffuser alors qu'il s'apprêtait à châtier Ysengrin.
_ CASTIEL ! STOP ! s'écria Gabriel en posant une main sur l'avant-bras de son frère.
_ Il…
_ Arrête… ça suffit…
Se pliant à l'ordre de Gabriel, Castiel relâcha Ysengrin. Sa Grâce s'estompa alors rapidement.
_ Loki, grogna Ysengrin en reprenant son souffle. Tu es avec eux.
_ C'est moi qui leur ai demandé de m'aider.
Gabriel se plaça stratégiquement entre Castiel et Ysengrin.
_ Mais… pourquoi ? Tu sais qu'on ne peut…
_ Je sais. Mais, tout ne s'applique pas à moi…
_ Alors c'est vrai, tu es un ange…
Le Trickster avait presque craché le mot. Il plissa des yeux et pencha sa tête légèrement en avant.
_ Pas un ange, rectifia Gabriel. Un Archange. Gabriel, c'est mon vrai nom.
_ Tu n'es pas Loki !
_ Si, c'est bien moi… juste, je ne suis pas entièrement un Trickster. Juste partiellement.
Ysengrin renifla bruyamment et jetant un regard dégoûté vers l'archange.
_ Finissons-en, Ysengrin. Pour Renart, dis-nous qui l'a invoqué.
_ Le Commissaire, répondit Ysengrin. C'est lui qui tire les ficelles.
_ Non, ça n'a pas fonctionné. Ce n'est pas lui…
_ Je t'assure… je lui ai suggéré qu'il y avait des traîtres dans son cercle très fermé… ça n'a pas traîné ! Il a donné l'ordre à Renart de les tuer un par un…
_ Sauf le juge, n'est-ce pas ? fit Gabriel avec un demi-sourire.
_ Sauf le juge, c'était mon cadeau personnel… pour dire à Renart que je suis là et que je vais le tirer de là.
_ Ben voyons… c'est quoi ton plan au départ ? Qu'ils s'entre-tuent tous jusqu'à ce que Renart soit libéré ? s'exclama Gabriel en faisant un grand geste.
_ Ca a plutôt pas trop mal fonctionné jusqu'à présent, rétorqua Ysengrin en s'époussetant le revers de la veste.
_ Ton plan est nul ! Et il attire l'attention !
_ Tu en as un meilleur ?
_ Evidemment ! Je te rappelle que je vous ai tout appris ! Je suis le maître en la matière.
Ysengrin lâcha un rire sonore au nez de Gabriel.
_ Tu as été vite dépassé. Renart m'a maintes fois raconté comment il te bottait les fesses !
_ Quoi ? Mais jamais de la vie !
_ Et que tu partais la queue entre les jambes pleurer dans la barbe de Papa Odin.
_ C'est insensé ! Renart a dit ça ? Oh le saligaud ! Il n'a jamais accepté ses défaites ! C'est un mauvais perdant !
_ Oui, ça, je sais.
_ Tu vois ? Ce n'est pas pour rien que je suis le Trickster le plus célèbre !
_ Célèbre ? Tu parles, c'est juste à cause de quelques bouts de papiers et films, rien de plus !
_ Je suis mondialement connu et vénéré !
_ Tout le monde t'aurait oublié sans ces blockbusters !
_ Dites, intervint Castiel en levant les mains entre les deux Trickster, vos querelles sont-elles plus importantes que la libération de Renart ?
Ysengrin, imité par Gabriel, fit une grimace.
_ Dis-moi le nom des membres de cette association, reprit l'archange. On s'occupe du reste, toi tu restes en dehors.
Ysengrin jeta un regard mauvais à Castiel, sentant qu'il avait réchappé de peu à la damnation éternelle.
_ Il n'en reste que deux. Les autres sont insignifiants, ils ne savent même pas qui négocie les contrats…
_ Nous t'écoutons, l'encouragea Castiel d'un geste de la tête.
_ Le maire de la ville : Eugène Ford. Et une bibliothécaire. Alice Ward si je me souviens bien. Ce sont les seuls qui ont pu être là durant l'invocation.
Il tourna son regard vers Gabriel.
_ Merci, fit ce dernier. Laisse-nous faire, je te promets que Renart sera bientôt libre.
_ Tu as trop bon cœur avec ces humains, Loki. A ta place, je les aurai déjà tous éliminés.
_ Les gens changent ! s'esclaffa Gabriel avec un sourire qui ressemblait plus à une grimace.
_ Je suivrai tes mouvements… fit Ysengrin en détachant volontaire chaque syllabe. Et ceux de tes pantins.
Il baissa légèrement la tête en fixant Gabriel droit dans les yeux.
_ J'ai compris.
Ysengrin hocha la tête puis s'évapora littéralement dans les airs. Gabriel poussa alors un long, très long soupir de soulagement.
_ Eh ben, on s'en est pas trop mal tirés, pas vrai ?! s'exclama-t-il en se tournant vers les Winchester, bras grands ouverts et large sourire aux lèvres.
Dean, qui avait fini par reprendre connaissance, s'était glissé jusqu'à son frère. Il grogna en direction de Gabriel, se tenant l'avant-bras gauche. Sam soutenait Dean par les épaules mais n'avait absolument pas perdu une seule seconde de l'échange.
_ Dean, lâcha Castiel lorsqu'il se rendit compte qu'il était blessé.
Il se rendit immédiatement vers lui et s'accroupit. Il prit délicatement l'avant-bras entre ses mains et constata qu'il était fêlé. Sans perdre une minute de plus, il le guérit.
_ Merci Cas, fit simplement Dean en évitant soigneusement le regard de l'ange.
Sentir Castiel si proche, le geste si doux, et surtout la présence de Sam et Gabriel le mirent brusquement mal à l'aise. Il sentit des centaines de générations de hunter hurler dans ses oreilles que ce n'était qu'une égratignure et qu'il était la honte de la profession. Cédant à cette gêne aussi soudaine qu'inhabituelle, il se remit debout, imité par Sam puis par Castiel.
_ Merci Gabe ! lança Sam. Je crois que j'allais finir en boudin sans ton aide.
_ Ouais… je vous l'avais dit ! s'exclama Gabriel. Que toute cette histoire allait tourner en eau de boudin !
_ Elle est nulle, rétorqua Sam, sourcils baissés et air renfrogné.
_ Ah non, pas d'accord, intervint Dean. Je la trouve plutôt pas mal !
_ Oh bon sang… gémit Sam.
_ Oui, c'est le cas de le dire ! fit Gabriel d'un air fier.
Dean ne put retenir un ricanement.
_ Bien vu, bien vu ! dit-il en riant.
_ Heu… Dean, l'interrompit Castiel, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
_ Maintenant ? On traque le Maire et la Bibliothécaire. Une objection ?
Tous secouèrent la tête avec plus ou moins d'enthousiasme.
_ C'est parti alors.
_ Je vous avais bien dit qu'il ne fallait pas l'appeler, rappela Gabriel d'une petite voix.
