NDLA : Coucou
- Knut
Disclaimer: One Piece et tous ses personnages appartiennent à Eiichiro Oda, rien ne m'appartient.
Les Yeux du Chasseur - Chapitre 1
– Une ginger beer, s'il-vous-plaît.
Quelques rires accompagnèrent la commande. Le barman sortit une petite bouteille de la face cachée du comptoir et l'ouvrit tout en affichant son meilleur sourire désolé. Il ne put s'empêcher de remarquer que les joues du jeune homme avaient viré au rose.
– Ignore-les, dit-il tandis qu'il versait la boisson non-alcoolisée dans un verre étonnamment sale.
La poussière, qui jusqu'ici avait parue fixée à l'intérieur, colora progressivement le liquide blanc d'un gris brunâtre. Le jeune homme y jeta un regard hésitant. Après quelques secondes d'indécision, il haussa finalement les épaules et attrapa sa boisson avec détermination ; mais son enthousiasme soudain fut arrêté net lorsqu'il sentit la crasse coller ses doigts aux parois extérieures du verre. Il dirigea son regard vers sa main, horrifié, alors que des éclats de rires résonnèrent à nouveau dans son dos.
– C'est pas un peu fort pour toi, morveux ? cracha une voix dénuée de finesse. Tu voudrais pas plutôt boire du lait ? A moins que tu l'préfères directement des loches de ta môman ?
Bien qu'il fût hors de sa vue, le jeune homme devinait avec aisance les gestes obscènes que le pirate faisait dans son dos et qui, à en croire les réactions, parvenaient sans peine à créer l'hilarité parmi l'équipage. La victime des moqueries ne bougea pas. Quand il pût enfin arracher son attention de sa boisson, il leva les yeux vers le barman et lâcha, non sans une certaine réticence dans la voix :
– T'as le droit de te foutre de moi aussi, tu sais.
Il tourna la tête et observa le groupe de pirates. Lorsque ses yeux croisèrent ceux du plus gros d'entre eux, il détourna le regard. Il redirigea son attention vers son interlocuteur.
– Ils se gênent pas eux, pourquoi tu devrais ?
Il rit doucement tout en levant son verre juste au dessous de son nez.
– Je commence à avoir l'habitude, de toute façon.
Il prit une gorgée pleine de détermination, et son visage fut illuminé par le regret. Malgré l'effort évident qu'il fournissait afin de cacher son dégoût, ses yeux étaient écarquillés et il fut pris d'un violent haut-le-cœur. Le barman fit comme s'il n'avait pas remarqué la vague de frisson qui avait parcouru les bras et le cou du jeune homme et se pencha pour s'appuyer sur le comptoir.
– Tu vas payer pour ça ? demanda-t-il en pointant le verre du doigt.
Pendant quelques secondes, le client sembla sincèrement se demander s'il allait payer pour la boisson. Mais il secoua la tête dans un soupir et enfouit sa main dans la poche de son cardigan. Il en sortit un billet froissé qu'il donna au barman. Ce dernier le tint juste au dessous de son nez et pris une longue inspiration, sans oublier de fermer les yeux pour l'effet dramatique.
– Tu vois, mon chou, tu pourrais commander du sang humain pour autant que je sache, tant que je peux sentir l'odeur exquise de ton argent dans mes main, ça me va, lança-t-il avec un râle de satisfaction.
Il plia le billet avant de le glisser dans son jeans, puis attrapa un torchon et entreprit de nettoyer le comptoir. Mais, alors qu'il s'éloignait, son visage fut teinté de doute qui le poussa à se retourner vers le jeune homme. Il le pointa du doigt avec méfiance et ajouta après une courte pause :
– Ne commande pas de sang humain.
Son avertissement fut accueilli par un rire sincère.
– Promis, je commanderai pas de sang humain, répondit le jeune client d'un ton amusé. Il marqua une pause et posa un regard adouci sur le barman. Je m'appelle Bastian. Toi ?
L'intéressé sembla hésiter. Après quelques secondes, il poussa un soupir résigné.
– Barman, grommela le barman.
Un silence gêné suivit sa réponse. Bastian avait l'air déçu.
– C'est pas grave si tu veux pas me dire ton nom, je voulais juste, je sais pas, faire la conversation...
– Mon nom est Barman.
Le silence qui suivit cette réponse fut légèrement plus long que le précédent. Le jeune homme affichait une mine confuse.
– Tu t'appelles Barman, répéta-t-il, incrédule.
Son interlocuteur gonfla la poitrine. Il expliqua :
– En l'honneur du barman qui a aidé ma mère a accoucher du petit bébé moi il y a trente-quatre ans, sur cette table, là.
Il montra le groupe de pirate d'un geste de la tête, puis redirigea son regard vers le jeune homme :
– Tu peux m'appeler « Barry ».
Il ponctua la fin de sa phrase avec un clin d'œil charmeur. Bastien hocha la tête et répondit sur un ton similaire :
– Dans ce cas, merci pour le verre, Barry.
Il leva le bras qui tenait la boisson et rendit son clin d'œil au barman, qui rétorqua avec un sourire :
– Merci pour l'argent. Et de ne pas être aussi bête et bourru que nos amis.
Il jeta un regard dédaigneux à la table de pirates dont le niveau sonore avait dépassé la limite de la bienséance depuis longtemps. Le jeune homme pivota sur son tabouret pour faire face à l'équipage. Lorsque le pirate qui semblait dominer le groupe remarqua son intérêt, son sourire cruel fut remplacé par un rictus agacé. Tout en ignorant ses camarades, qui noyaient la réalité de leur vie dans la picole et les blagues douteuses, il se dressa, dévoilant torse nu musclé couvert par des douzaines de cicatrices. On aurait dit qu'un message s'y trouvait, un avertissement pour ses ennemis. C'était lui qui survivait.
Il jeta son épée sur la table derrière lui et fit un pas en direction de Bastian qui, du haut de son mètre soixante-dix, était dominé par la bête.
– Qu'est-c'tu regardes ? cracha le capitaine.
Bastian ne répondit pas. Le pirate inclina sa tête et examina la ginger beer qui était presque intacte sur le comptoir.
– Ma fille boit des trucs plus fort que ça, lâcha-t-il. Elle a quatre ans.
Bastian renifla avec dédain.
– Cool, ta fille va devenir aussi bête et inutile que son père, dit le jeune homme sans réfléchir.
Un cri de surprise horrifiée résonna dans la pièce. Tout à coup, tout le monde dans le bar semblait intéressé par le morveux irrespectueux et la brute dont la jugulaire menaçait d'exploser à tout moment. Réalisant son erreur, Bastian eut un mouvement de recul. Il ouvrit la bouche mais fut stoppé dans sa tentative de se rattraper. Le pirate attrapa le malheureux par le col et le souleva cinquante centimètres au dessus du sol avec une facilité déconcertante. Le jeune homme posa des mains tremblantes sur le bras du pirate alors que celui-ci approcha son visage crispé vers celui de sa victime. Il demanda, sur un ton qui n'était pas celui d'une question :
– Qu'est-c'tu viens de dire, connard ?
La rage avait injecté de sang ses yeux ridés. Bastian déglutit et dit d'une voix inaudible :
– P...pardon...
– Hein ? dit le pirate en avançant son oreille vers la bouche du jeune inconscient, comme s'il s'apprêtait à entendre un secret.
– Pardon, répéta Bastian, plus fort cette fois-ci. S'il-vous-plaît, me tuez pas.
Un sourire cruel déforma le visage de la brute.
– Ne pas te tuer ? demanda-t-il en feignant la surprise. J'crois qu'ça va être compliqué, morveux...
Son visage était si près désormais que leurs nez se touchaient, malgré les efforts évidents que faisait Bastian pour garder sa tête la plus éloignée possible, au point d'en faire ressortir les veines de son cou.
– ...Tu vois, j'ai vraiment envie de te tuer, repris-t-il. Il marqua une pause. Donc tu vas devoir être plus convaincant.
Le capitaine leva le bras qui ne tenait pas Bastian à sa merci au niveau de sa ceinture et en sortit un revolver si petit qu'on aurait dit un jouet d'enfant dans la main d'un géant. Il arma le pistolet et enfonça le canon sous le menton du jeune homme, se délectant de chaque signe de terreur qu'il pouvait lire dans ses yeux. Le géant posa lentement Bastian sur ses pieds, avec une douceur qui paraissait grotesque dans cette situation, tout en ne lui épargnant pas la menace de l'arme à feu.
– A genoux, ordonna-t-il, impassible.
Bastian obéît.
– Redis-le.
Personne dans le bar ne prenait de plaisir à observer la scène, mais personne n'était assez courageux pour venir au secours du désespéré. Alors, lorsque le pirate frappa brutalement Bastian au niveau de la temps, encore et encore, jusqu'à ce qu'une large flaque de sang vienne tremper le tapis poussiéreux, tout le monde regarda sans bouger.
– J'ai dit répète, putain ! cria-t-il.
– S'il-vous-plaît, répéta Bastian.
Il était encore allongé par terre. Le goût de son propre sang ne faisait qu'empirer la douleur lancinante dans son crâne. Des larmes commençaient à se former dans ses yeux. Un insoutenable sentiment de honte l'avait comme cloué au sol. Mais le pirate n'en avait pas eu assez :
– Je suis pas sûr qu'ils aient entendu, dit-il, en pointant du doigt une table au fond du bar. Ils t'ont pas entendu.
Sa voix était calme maintenant, et d'une certaine manière, encore plus effrayante.
– Plus fort.
Bastian ferma les yeux, comme s'il essayait d'empêcher le peu de dignité qu'il lui restait de s'enfuir avec ses larmes. Il retint un sanglot. La douleur le fit grimacer. Le pirate, visiblement insatisfait par son silence, le frappa violemment à l'estomac, ce qui lui fit cracher un mélange de sang et du peu de ginger beer qu'il avait réussi à avaler.
– S'il-vous-plaît ! hurla le jeune homme. Il sanglotait. L'une de ses mains tenait son estomac pendant que l'autre s'accrochait désespérément au tapis. Le capitaine fit un pas en arrière.
– Tu vois, c'était pas si dur.
La tension dans le bar retomba aussitôt. Il rangea son revolver dans sa ceinture et fit mine de retourner vers son équipage sous les regards approbateurs et admirateurs de ses hommes. Cependant, il ne s'assit pas à sa place. Au lieu de cela, il s'arrêta devant la table, prit d'une main ferme l'épée qu'il y avait jeté un peu plus tôt et assena, sans émotion dans la voix :
– Mais c'est toujours pas assez.
Il se retourna et enfonça l'extrémité de sa lame à la base du cou de Bastian, suffisamment pour qu'un filet de sang vienne couler le long de sa poitrine. Le jeune ferma les yeux, la mâchoire serrée. Alors que le pirate s'apprêtait à mettre ses menaces à exécution, un « clic » résonna dans son oreille. Il se figea.
– Des morts dans mon bar, ça fait mauvais genre, lança Barry.
Il tenait le canon de son fusil à un centimètre de la tête du pirate.
– C'est pas bon pour les affaires. Je suggère donc que tu en restes là, et que tu rentres chez toi sans avoir à porter le haut de ta tête dans un seau.
Le pirate se tourna vers le barman et lui jeta un regard teinté de rage et de peur. Mais plus il hésitait, plus la certitude de Barry qu'il avait gagné grandissait. Après vingt bonnes secondes d'un duel de regard inégal, le pirate remis son épée dans son fourreau à contrecœur et cracha sur Bastian, qui était toujours couché face au sol, comme s'il espérait disparaître, avalé dans le tapis. Le groupe de hors-la-loi quitta le bar, non sans engloutir ce qui leur restait de bière avant de jeter négligemment leurs verres par terre. Le son du verre qui explose parvint aux oreilles de Bastian, qui ne bougea pas. Il entendit la porte de l'établissement claquer, suivi de la rumeur des voix qui résonna dans la pièce, chacun y allant de son petit commentaire. Cependant, il n'ouvrit les yeux que lorsqu'une main bienveillante vint toucher son épaule, la caressant dans un geste rassurant. Il reconnut la peau bronzée du barman et se détendit un peu. Celui-ci l'aida à se relever doucement et fit passer son bras droit par dessus son épaule afin de le maintenir sur ses pieds. Il balaya son bar du regard avec un air désapprobateur.
– Quoi ? demanda-t-il, agacé. C'est la première fois que vous voyez des gens se battre ?
Quelques clients parurent questionner le choix de mots du barman, mais aucun ne se permit de partager ses doutes. Le brouhaha habituel reprit pendant que Barry se dirigea vers la porte derrière le comptoir, supportant tout le poids du jeune homme sur ses épaules larges.
Passer la porte de l'arrière boutique donnait l'impression de pénétrer dans un autre monde. La lumière conviviale et la chaleur créée par le mélange des corps qui régnaient dans le bar laissaient place à l'obscurité et le silence. Barry traversa la pièce déserte et ouvrit une autre porte qui paraissait presque cachée au milieu des bouteilles et des cartons. Il tâtonna sur le mur à sa gauche à la recherche de l'interrupteur. Quand il l'eut trouvé, la lumière dévoila une petite chambre, décorée d'un simple lit et d'une table de chevet sur laquelle reposait un livre coupé au quart par un marque-page abîmé. Une odeur de bois vieilli parvint au nez de Bastian et une chaleur rassurante se répandit dans sa poitrine. Il se sentait en sécurité dans les bras du barman. Celui-ci l'escorta jusqu'au lit. Un craquement fit écho dans la petite pièce lorsque Bastian se laissa tomber de tout son poids sur le matelas vert.
Barry s'agenouilla devant sa table de chevet pour en ouvrir le tiroir et en sortit une petite trousse violette couverte de tâche écarlates. Il imbiba une compresse de désinfectant et l'appliqua sur la plaie de Bastian qui se crispa sous la douleur.
– Tu n'as pas peur des aiguilles, j'espère ? dit le barman avant de montrer la tempe du jeune homme d'un signe de tête. Parce que cette petite aura besoin de points de suture.
Sans lui laisser le temps de répondre, il désinfecta une aiguille à couture sous les yeux nerveux de l'intéressé, puis dût s'y reprendre à trois fois pour faire passer le fil dans l'extrémité. Le jeune homme serra la mâchoire et retint sa respiration, incapable de quitter la main de Barry du regard, visiblement en proie à une légère détresse. Il ne put retenir un petit cri de douleur lorsque l'aiguille transperça la peau et frôla la chair à vif, mais resta immobile tout au long de l'opération.
– Terminé, déclara Barry en prenant du recul pour admirer son œuvre.
Bastian s'autorisa à respirer à nouveau. Son sauveur le regarda d'un air étonné.
– Je me trompe peut-être mais je dirais que ce n'est pas la première fois que ça t'arrive, observa-t-il.
Bastian laissa s'échapper un petit rire.
– De quoi ? Me faire tabasser ou me faire recoudre ? lâcha-t-il.
– Peut-on vraiment dissocier les deux ? rétorqua le barman sur un ton amusé.
Barry se leva et se dirigea vers la petite salle de bain à droite de la table de chevet, s'empara d'une serviette sale et ouvrit le robinet.
– Alors ? Première fois ? lança-t-il en haussant la voix pour couvrir le son de l'eau qui s'échappait violemment du robinet.
– Non, répondit Bastian. Pas la première fois.
Barry réapparut avec une serviette trempée et la tendit au jeune homme qui ne put s'empêcher de remarquer les nombreuses tâches de sang qui la décoraient. Le barman lui fit signe de s'essuyer le visage.
– Et les cheveux aussi. C'est dommage de salir de si belles mèches brunes.
Le garçon s'exécuta.
– Donc, pas la première fois, repris le barman. Pourtant, tu dois peser soixante kilos tout mouillé, et de ce que j'ai pu observer, te servir de tes poings n'est pas vraiment ton point fort.
– Me servir de mes mots non plus, répliqua Bastian en secouant la tête. Faut vraiment que j'apprenne à la fermer.
– Tu m'ôtes les mots de la bouche, dit Barry avec un sourire affectueux.
Bastian lui rendit son sourire. Lorsqu'il eut fini d'essuyer les dernières traces de sang sur son visage, il tendit la serviette au barman.
– On dirait que c'est pas la première fois pour toi non plus, dit-il en pointant du doigt les tâches qui précédaient celles qu'il venait d'y laisser. C'est ton sang, ou celui d'autres blaireaux comme moi ?
– Les deux. C'est un monde violent, celui dans lequel on vit.
Bastian acquiesça avec un soupir, puis entreprit de se lever avec peine. Une fois debout, il posa une main sur l'épaule du barman.
– Merci. Vraiment, merci. Tu m'as carrément sauvé la vie, là.
L'intéressé haussa les épaules avec désinvolture.
– Fais attention à toi ce soir, prévint-il. Même s'il risque de ne pas terroriser l'île très longtemps, ton ami va certainement essayer de finir ce qu'il a commencé.
Bastian acquiesça, les yeux sombres mais dénués de peur. Cependant, une partie de la phrase l'avait interpellé :
– Comment ça « il risque de ne pas terroriser l'île très longtemps » ? Si je me souviens bien, le log pose met un mois à recharger ici.
Barry leva son index devant le visage du jeune homme, jeta la serviette sur le lit et sortit de la chambre pour s'enfouir dans l'obscurité de l'arrière-boutique. Alors qu'il fouillait un tas de papier posés entre deux caisses de vin, il lança :
– Sais-tu qui est l'homme qui t'a agressé ?
Bastian répondit par la négative. Barry continua :
– Kungen, quatre-vingt-sept millions de berrys. Il a beau être un gros bourrin, c'est un gros bourrin avec de la force et de la cruauté à revendre. Il ne m'a pas attaqué parce que l'île est sous la protection de Barbe Blanche, mais il n'aurait eu aucun mal à me tuer, moi et tous ceux qui auraient eu le malheur de poser les yeux sur lui, et je suis prêt à parier qu'il en aurait rêvé la nuit, et que ça n'aurait pas été un cauchemar.
– Ok, donc c'est un fou furieux, jusque là tout va bien, mais c'est quoi le rapport avec ce que t'as dit ?
Barry réapparut sur le seuil de la porte, tenant un journal dans la main qu'il jeta à Bastian.
– « Mizu Mizu Journal », lit ce dernier à voix haute. Le journal de Water seven ?
Avec un hochement de tête, Barry l'invita à lire la suite.
– « Le Chasseur aux Yeux Bleus a récidivé », continua Bastian. Hein ?
– Le Chasseur aux Yeux Bleus, répéta Barry. Tu n'as jamais entendu parler de lui ? C'est un chasseur de prime venant de North Blue.
Le jeune homme fit « non » de la tête, l'air confus, puis tendit le journal au barman, qui poursuivit son explication :
– Il était à Water Seven il y a deux semaines, puis il est réapparu sur l'archipel de Sabaody. J'ai étudié les articles de journaux dans lesquels il était mentionné, puis j'ai remarqué quelque chose. Kungen était lui aussi à Water Seven il y a deux semaines. Et il était sur trois des îles visitées par le Chasseur. J'ai aussi lu les articles concernant sa dernière cible, Gustav. Pareil, même schéma. Il suivait Gustav, et maintenant, il suit Kungen. Tu vois où je veux en venir ?
Bastian commençait à comprendre, et cela devait se voir sur son visage, car Barry eut un sourire amusé. Il posa la main sur l'épaule du jeune homme, savourant chaque instant de la révélation qui ne semblait pourtant fasciner que lui-même. Après avoir pris une longue inspiration, il lâcha avec une excitation certaine dans la voix :
– Il est sur l'île.
