NDLA : Dire que j'ai terminé le chapitre 2 plus vite que prévu serait l'euphémisme du siècle. Sans déconner, je tablais sur du deux semaines et je l'ai fini en deux jours, j'espère que je réussirai à garder un rythme rapide comme ça (même si faut se rendre à l'évidence que ça sera pas le cas, je ferai de mon mieux). Merci à tous ceux qui ont lu/favorité/followé/reviewé, c'est la meilleure motivation qui soit ! Brefouille j'espère que vous allez aimer ce chapitre, et puis bah bonne lecture!

- Knut

Disclaimer: One Piece et tous ses personnages appartiennent à Eiichiro Oda, rien ne m'appartient.

Les Yeux du Chasseur - Chapitre 2

Le calme régnait dans la petite chambre de l'arrière-boutique. Les deux hommes se tenaient debout l'un face à l'autre, se jetant des regards interrogateurs, dans l'attente que l'un d'entre eux daigne briser le silence. Barry, visiblement enthousiasmé par la potentielle présence du chasseur de prime anonyme, faisait peser un regard insistant sur Bastian, qui céda sous la pression :

– Il est sûr l'île, répéta-t-il. T'en es sûr à combien de pourcents ?

– Environ soixante-dix pourcents, répondit Barry, sans cacher sa déception face à l'absence de réaction de son interlocuteur. Tout indique que cette île est sa prochaine destination, mais il y a toujours la possibilité qu'il change sa route. Ce ne sont que des suppositions, après tout.

Bastian ne put retenir un sourire amusé suite à la soudaine baisse d'enthousiasme du barman.

– T'as vraiment envie qu'il soit là, non ? demanda-t-il, bien qu'il connaissait déjà la réponse.

Il haussa les épaules.

– C'est un peu une légende, cet homme, répondit le barman.

Puis, avec un sourire en coin et un regard coupable, il ajouta :

– Et je suis sûr qu'il est beau.

L'aveu arracha un rire à Bastian. Il s'apprêtait à répliquer lorsqu'un qu'un lourd bruit de verre brisé résonna en provenance du bar. La surprise fit sursauter les deux hommes et Barry se retourna abruptement avant d'aboyer un « hé ! » d'une voix gutturale faisant contraste avec le ton doux qu'il avait employé jusqu'ici. Il se précipita hors de la petite chambre, laissant derrière lui un Bastian penaud.

Qu'est-ce qu'il se passe, ici ?!

La furie du barman résonnait à travers tout le bâtiment. Vaincu par sa curiosité, Bastian décida de rejoindre la pièce principale pour assister à l'action. Il éteignit la lumière de la chambre derrière lui et referma la porte, puis avança à l'aveugle à travers les cartons et les bouteilles plongés dans le noir. Lorsqu'il atteignit le bout de l'arrière-boutique et qu'il ouvrit la porte donnant sur le bar, la première chose qu'il remarqua fut la petite serveuse réfugiée derrière le comptoir, observant avec une frayeur non-dissimulée son patron se défouler sur un malheureux client. Il s'approcha d'elle doucement, la questionnant du regard. Elle déglutit.

– U...une dispute a éclaté, expliqua-t-elle sans lâcher la scène des yeux. Celui qui est par terre a voulu attraper son ami par le col au dessus de la table, et il a renversé un verre au passage...

Ça vous a pas suffit, qu'une personne passe à deux doigts de mourir dans mon bar aujourd'hui ?! Vous aviez besoin de menacer quelqu'un d'autre ?!

Le barman maintenait sa victime au sol, lui assenant une claque à chaque fin de phrase, pendant que les amis du pauvre homme observaient, sous le choc. Il ne le frappait pas assez fort pour le blesser plus loin que dans son ego, mais la colère noire du patron de bar était suffisante pour que l'homme reste paralysé et encaisse les coups. Sa seule défense était la main hésitante qu'il avait posé sur celle qui le tenait au col.

Pourquoi les hommes ont-ils toujours recours à la violence ?!

Une autre claque tomba. Barry s'arrêta une seconde pour reprendre son souffle et posa les yeux sur le malheureux qui à ce point-là se contentait de lui jeter des regards effrayés. Il lâcha sa chemise sans délicatesse et se releva en pointant la porte du bar de la main gauche.

– Sortez, ordonna-t-il d'une voix plus calme. Tous, sortez.

Les quatre amis qui occupaient la table se levèrent lentement et prirent par le bras l'homme qui s'était alors relevé dans l'espoir de retrouver un peu de dignité. Alors qu'ils se dirigèrent vers la sortie, Barry se retourna et posa son regard sur la jeune serveuse qui tremblait toujours à côté de Bastian. Il passa la main sur son crâne rasé comme pour retirer les dernières traces d'agressivité de son corps et s'approcha de son employée. Il lui prit les épaules dans un geste rassurant et lui demanda, avec la même voix qu'il avait eue un peu plus tôt avec Bastian :

– Sarah, ma puce, tout va bien ?

L'intéressée répondit par un hochement de tête affirmatif accompagné d'un petit sourire timide. Barry lui rendit son sourire et tapota gentiment sur ses cheveux blonds. Après avoir pris une grande inspiration qu'elle expira d'un coup comme pour évacuer tout le stress des dernières minutes, la jeune fille s'empara d'un balai et lança :

– Je vais nettoyer le verre cassé.

Barry acquiesça et la regarda contourner le comptoir avec tendresse.

– Après la journée d'aujourd'hui, je lui dois bien une augmentation, lâcha-t-il dans un soupir.

Il sortit un verre de derrière le comptoir et se servit un shot d'un liquide rougeâtre, qu'il engloutit sans même le regarder.

– Moi aussi, je me dois bien une augmentation. Et des vacances.

Il fit signe à Bastian de s'asseoir en face de lui de l'autre côté du comptoir, puis servit un autre verre et le lui tendit. Celui-ci refusa poliment. Barry précisa que c'était offert par la maison, mais lorsqu'il vit que le jeune homme ne changeait pas d'avis, il haussa les épaules et l'avala aussi rapidement que le premier. Bastian attendit que l'atmosphère de la pièce retombe, puis il se pencha vers le barman qui avait le regard rivé sur le fond du verre qu'il venait de vider et demanda :

– Donc, on disait. Ce chasseur, qu'est-ce qu'il a de si spécial ?

La question avait récupéré l'attention de Barry.

– Tu n'as vraiment pas du tout entendu parler de lui ? demanda ce dernier, sceptique. Il a fait la une des journaux, pourtant.

Bastian fit « non » de la tête, avant de préciser qu'il ne lisait pas les journaux. Barry soupira et continua :

– Qu'est-ce qu'il a de si spécial, tu dis ? Tu vois, chéri, ce qu'il a de si spécial, c'est qu'on ne sait presque rien de lui. On sait que depuis qu'il est en activité, des pirates ont commencé à se rendre à la marine de leur propre chef—certes, il les accompagnait, mais ils n'avaient aucune arme pointée sur eux, ni aucune trace de coup, et pas de menottes non plus—ils auraient pu partir en courant à chaque instant. Mais ils ne l'ont pas fait et je ne parle pas de petits criminels de quartier qui auraient pu se laisser intimider, non. Il s'agissait à chaque fois de grosses primes, toutes au delà de cinquante millions. En dehors de ces cas-là, les rares fois où son nom a été mentionné dans les journaux étaient quand il utilisait sa réputation pour faire fuir des petits bandits de bas étage qui s'en prenaient à des civils, sinon il n'apparaît nulle part. Et comme si le mystère n'était pas assez grand, non seulement il ne prononce quasiment jamais un mot, mais il porte à chaque fois une tenue noire avec une capuche et un masque, qui ne laisse apparaître que ses yeux. C'est pour ça qu'on l'appelle le Chasseur aux Yeux Bleus, ou Yeux-Bleus. Tu sais combien de personnes ont les yeux bleus, Bastian ? Non ? Moi non plus, parce qu'il y en a beaucoup trop ! Il pourrait être n'importe qui ça pourrait être toi pour autant que je sache. Personne ne sait rien.

La voix du barman était devenue plus aiguë et son débit plus rapide au fur et à mesure que l'enthousiasme prenait le dessus sur ses pensées. A la fin, il dût se souvenir de reprendre sa respiration. Il avait visiblement passé du temps à faire des recherches sur le chasseur de prime et avait développé une affection particulière pour le personnage. La simple idée que Bastian pouvait ne pas avoir entendu parler de lui le dépassait, mais le fait qu'il ait pu lui introduire le Chasseur et partager sa fascination pour le mystère qui l'entourait le rendait presque plus joyeux même que lorsqu'il avait reçu le journal de Water Seven. Bastian essaya d'encaisser toutes les informations, en commençant par peut-être la plus futile.

– Yeux-Bleus ? demanda-t-il. C'est pas un peu pourri, comme surnom ?

Le barman le regarda fixement.

– Tu as le don pour casser mon enthousiasme, tu le sais, ça ?

Bastian lui lança un regard désolé et tenta de se rattraper :

– Donc, ce chasseur, s'il est sur l'île—et je ne doute pas de la validité de ta théorie—on devrait pas plutôt en avoir peur ? Au lieu d'être content ? Enfin je veux dire, s'il peut mater des pirates de ce calibre, qui sait ce qu'il pourrait nous faire à nous.

– Bien sûr que non, répliqua Barry avec un rire condescendant. C'est un chasseur de prime. Tu n'es pas mis à prix ?

Bastian fit non de la tête.

– Alors t'as pas à en avoir peur. Au contraire, sois heureux qu'il soit là pour te débarrasser de ton bourreau ! s'exclama le barman. Il faut fêter ça !

Dans un élan d'enthousiasme, il versa un nouveau verre, que Bastian refusa à nouveau et qu'il engloutit encore une fois. Néanmoins, Bastian demanda un peu d'eau, mais se rétracta lorsqu'il aperçut le verre que Barry sortit du comptoir. Il pouvait presque goûter la ginger beer qu'il avait bue un peu plus tôt à la simple vue du récipient. La douleur dans son crâne se réveilla soudainement et il se sentit nauséeux. Comprenant l'origine de sa détresse, le barman sortit une bouteille d'eau de source du réfrigérateur et la lui tendit, puis l'observa sans cacher son inquiétude pendant qu'il la vidait de moitié.

– Ça va aller ? s'enquit-il.

Bastian hocha la tête après une courte hésitation. Il reposa la bouteille sur le comptoir et s'apprêta à sortir un billet de sa poche, mais Barry l'arrêta dans son geste en levant une main pour lui indiquer qu'il ne voulait pas de son argent. Bastian, gêné, le remercia d'un signe de tête avant de boire le reste de la bouteille. Il lâcha un soupir de satisfaction, puis il retourna son attention vers le barman. Il ne voulait pas être un fardeau pour l'homme qui avait été si bon avec lui, alors il décida de le relancer sur le sujet qui, à en croire l'étendue de son savoir, le passionnait :

– Et du coup, si tu le rencontres, ton chasseur sexy et mystérieux, tu vas faire quoi ?

Barry lui jeta un regard faussement offensé qui se teinta rapidement de malice. Tout accédant distraitement aux demandes des autres clients, il répondit avec zèle à la question du jeune homme, qui l'écouta avec attention.

Quelques heures étaient passées et la nuit était tombée sur la petite île. Les portes de l'hôtel où séjournait Bastian restaient ouvertes jusque tard le soir pour ses nombreux résidents qui finissaient leur journée à se noyer dans l'alcool du bar. Bastian avait souhaité bonne nuit à son nouvel ami qui avait répondu qu'il ne dormirait certainement pas beaucoup ce soir-là. Bastian avait posé une main compatissante sur son épaule puis s'était levé, avait dit au revoir à la serveuse d'un geste de la main et avait quitté le bar. Lorsqu'il arriva à la sortie du port, Bastian dépassa le panneau qui indiquait que l'île était sous la protection de Barbe Blanche et continua sa route en direction du repos qu'il avait plus que mérité. La plaie sur sa tempe le faisait toujours souffrir mais il avait appris à l'ignorer. Il scrutait les alentours avec appréhension, examinait chaque coin de rue avant d'y tourner, car il savait que si Kungen le retrouvait maintenant, la nuit perdrait de sa douceur. Malgré sa nervosité, son inspection des rues lui permettait d'admirer l'île lorsqu'elle était plongée dans l'obscurité, avec pour seule lumière celle douce et bienveillante de la pleine lune. Il y avait quelque chose de beau dans ces bâtiments qui perdaient leurs couleurs aussitôt que le soleil disparaissait. La nuit, tout se ressemblait ; les pelouses vertes et les rideaux rouges aux fenêtres se teintaient d'un bleu foncé, les manteaux et les chapeaux devenaient des monstres bien moins effrayants que ceux qui terrorisaient le jour, les ombres se confondaient aux hommes et le silence était une chanson à leurs oreilles ; le monde entier se retrouvait comme enfoui dans les profondeurs de l'océan et attendait que le soleil vienne troubler son sommeil. C'était un gâchis de dormir la nuit, pensait Bastian.

Il dépassa une série de maisons qui l'observaient tout autant que lui les observait, et s'arrêta devant celle qui avait un étage de plus que les autres. Il poussa les portes de l'hôtel sans regarder derrière lui, car il savait que bientôt, il serait en sécurité. Il lança un « bonsoir » timide à la réceptionniste qui ne prit même pas la peine de lever les yeux et entreprit de monter les marches deux par deux jusqu'au premier étage. Lorsqu'il arriva enfin devant la porte de sa chambre, il poussa un soupir de soulagement et enfonça la clé dans la serrure un léger « clic » résonna et la porte se déverrouilla. Bastian jeta les clés sur le lit et se précipita vers la salle de bain sans prendre la peine d'allumer la lumière derrière lui.

Il ouvrit la petite porte à la gauche de la chambre, se rua vers les toilettes et chercha à tâtons la cuvette. Lorsque ses mains entrèrent en contact avec la faïence glacée, il s'agenouilla et vomit tout ce qu'il avait eu le malheur d'ingérer dans la journée. Il attendit quelques secondes dans cette position. Il était à genoux pour la deuxième fois de la journée, remarqua-t-il avec amertume. De grosses gouttes de sueur coulaient sur son front, malgré la faible température qui englobait la chambre, et ses mains tremblaient, fermement agrippées au bord des toilettes. Il prit son temps pour se calmer et s'assurer que la nausée ait bien disparu avant d'appuyer sur le bouton de la chasse d'eau et de se relever laborieusement. Il tituba un instant, pour finalement prendre appui sur l'évier, face au miroir. Il se rinça le visage négligemment puis, avec un soupir d'appréhension, il appuya sur l'interrupteur à sa droite et une lumière froide éclaira les murs verts de la petite salle de bain. Il leva les yeux pour observer sa réflexion et tressailli à la vue de la plaie sur sa tempe. Elle n'était pas profonde, mais elle était large et de légers filets de sang avaient coulé et avaient séché sur son visage. Le tout lui donnait le look de l'aventurier qu'il n'était pas. Il était juste un homme en recherche de justice, c'était le mot qu'il se répétait chaque jour.

Il arracha un long morceau de papier toilette qu'il trempa sous l'eau et appliqua sur sa joue pour retirer les traces de sang, avant de le jeter dans la petite poubelle à côté de la douche. Il ouvrit le placard au dessus de l'évier et en sortit deux petits flacons—l'un blanc, l'autre jaune—dont il dévissa le bouchon et versa le contenu dans sa main. Il posa des yeux résignés sur les petites pilules jaunes et bleues qui le narguaient, puis en prit deux de chaque et remit le reste dans leurs conteneurs respectifs. Sans hésiter, il enfourna les quatre comprimés dans sa bouche, remplit le verre à brosse à dent d'eau, et avala le tout. Il pouvait sentir les médicaments descendre dans sa gorge un frisson parcourut son dos, lui faisant resserrer l'étreinte de ses mains sur l'évier. Une fois son traitement passé, il releva la tête et observa son reflet. Il savait ce qu'il aurait à faire le lendemain, et une boule de stress commença à se former dans son ventre. Il repensa à la dernière phrase du barman et se dit que lui non plus n'allait sûrement pas beaucoup dormir cette nuit. Il laissa le temps à son estomac de finir de se nouer pendant qu'il examinait longuement les yeux bleus qui le fixaient dans le miroir. Ils contrastaient avec sa peau mate et ses cheveux bruns et parvenaient presque à rendre beau le visage difforme qu'il avait toujours haï. Il avait bien essayé de cacher la misère avec une barbe, mais il n'avait jamais réussi à en faire pousser une digne de ce nom, alors il s'était résigner à arborer ce que sa femme avait affectueusement appelé « le terrain de golf ». Il passa une main sur les poils ras qui poussaient sur son menton puis secoua la tête et éteignit la lumière de la salle de bain.

Il se dirigea vers son lit, s'assit du côté gauche et alluma la lampe de chevet. Une lumière plus chaude et douce que celle de la salle de bain se diffusa dans la pièce. Les murs blancs immaculés et les sols beiges la faisait dangereusement ressembler à une chambre d'hôpital. Pour dire vrai, si ce n'était pour les draps fleuris qui recouvraient le lit et l'absence de matériel médical, il n'aurait pas été surprenant d'apprendre qu'il s'agissait en réalité effectivement d'une chambre d'hôpital. Même l'odeur de désinfectant et de plastique qui régnait rappelait celles d'un institut médical. Portant son attention sur la petite valise qui lui faisait face, Bastian en sortit un pyjama gris et se déshabilla, puis enfouit ses vêtements sales dans un sac poubelle. Il jeta un regard coupable vers la salle de bain ; la douche le toisait avec un air de reproche, mais après cette journée, il n'en avait pas la force. Alors il se contenta d'enfiler son t-shirt et son pantalon, sortit une grande pochette jaunâtre de son bagage et se coucha sur le lit. Il hésita un instant avant de l'ouvrir, mais s'exécuta finalement, dévoilant une série de photos. Sur la première, l'homme qui l'avait presque tué un peu plus tôt dans la journée souriait de toutes ses dents, portant une petite fille sur ses épaules comme si rien au monde n'était plus léger qu'elle. Les quelques photos qui suivaient étaient du même ordre. on pouvait apercevoir sur certaines d'entre elles une femme au bras du pirate ; elle était belle, plus belle que la moyenne, pensait Bastian. La petite fille lui ressemblait beaucoup. Il eut un pincement au cœur lorsqu'il aperçut le petit pull rose qu'elle portait sur la troisième photo, et ne put s'empêcher de jeter un œil coupable en direction de sa valise. Après un moment, il secoua la tête et alla directement à la derrière image de la pochette. Il caressa tendrement le visage de la femme qui souriait avec espièglerie à l'objectif. La tristesse et la colère qui se répandirent dans son corps lui firent oublier toutes les émotions qu'il avait eues jusqu'à cet instant. Il referma lentement la pochette et la rangea entre ses vêtement propres et bien pliés. Alors qu'il s'apprêtait à éteindre la lumière, il toussa violemment et une tâche de sang fut projetée sur la paume de sa main droite. Il serra la mâchoire, puis se leva en direction de la salle de bain et ouvrit le robinet. Il finit de se laver les mains et retourna dans sa chambre, se coucha et, avant d'appuyer sur l'interrupteur de la lampe de chevet, il posa des yeux fatigués sur la veste à capuche noire et le bout de tissu de la même couleur qui reposaient sur la petite chaise de bureau. Après quelques secondes, il plongea la chambre dans la pénombre, se tourna sur le côté et ferma les yeux dans l'espoir d'un sommeil sans rêve.