I Tauwght I Taw A Putty Tat !

Auteur : Angeltread. Lien dans mon profil.

Traductrice : Ours en Peluche.

Etat de la fic : 14/16. On approche de la fin !

Merci à tous pour vos messages :) J'espère que ce chapitre vous plaira !

Chapitre 14

"Draco ?"

Draco sentit sa gorge se serrer alors que deux yeux aussi brillants que les émeraudes rencontraient son regard. Respire, Draco, respire, se répéta-t-il silencieusement. Allez, tu as fait ça toute ta vie, c'est pas si compliqué...

"H-hey," bégaya-t-il. Depuis quand est-ce que je bégaye ?

"Hey. Euh...écoute...je ne sais pas ce qu'il s'est passé, et tout est un peu flou, mais peut-être que tu pourrais te pousser un peu maintenant..."

Draco eut le sentiment qu'une main lui broyait le coeur, mais resta impassible. "Ouais," dit-il en sortant du canapé. Il s'assit sur une chaise et surveilla le brun aux yeux émeraude alors que celui-ci se redressait. Il portait un pantalon lâche noir et...et n'avait pas de tee-shirt. Dieu...

Draco secoua la tête. Ce genre de pensées ne lui apporterait rien de bon.

"Hum..." dit Harry, se frottant la nuque sous l'embarras. "Tu ne saurais pas où se trouvent mes lunettes, par hasard ?"

"Ouais. Sev-Snape m'a confié tes affaires le jour de...l'incident. Elles sont dans ma malle, je vais aller les chercher..."

Il sortit précipitamment de la pièce, inquiet de la réaction d'Harry, manquant ainsi complètement le regard empli de désir d'une certaine paire de yeux émeraude.


Remus tressaillit, blotti contre la chose chaude, douce et pourtant ferme à côté de lui. La chose gloussa, les vibrations se faisant doucement ressentir.

"Ca a l'air confortable, on dirait ?" dit chaudement une voix vaguement familière.

"Mmm..."

"J'oublie toujours que tu n'es pas le plus bavard le matin."

"Mm."

Un autre rire. "Je ne peux pas dire que ça me dérange de me réveiller comme ça, en réalité. Ca fait longtemps que je ne t'ai pas vu aussi détendu, Re."

"Mm."

"Tu as déjà pensé à étendre ton vocabulaire ?"

"Non."

"Il parle !" taquina la voix familière.

Remus tira la langue, qui rencontra alors la chose. Cette dernière frissonna. "D'accord, j'arrête de te taquiner. Allez...regarde-moi, Re."

Remus leva les yeux et la compréhension (et l'horreur) remplaça le brouillard matinal.

Il bondit hors du lit, trébuchant dans le vide, et se tourna rapidement pour faire face à Sirius. "E-Euh, Sirius, je ne savais pas...désolé, je..euh...tu..."

Sirius eut un petit rire et se redressa, les couvertures glissant sur sa taille, révélant l'élastique d'un boxer noir. Sa poitrine musclée et bronzée, depuis sa sortie d'Azkaban, luisait dans la lumière du soleil.

"Trébucher hors du lit et buter sur les mots. C'est comme ça tous les matins, avec toi ?"

Il se leva et s'avança vers un Remus positivement terrifié.

"Qu'est-ce qui ne vas, Rem ? De quoi as-tu peur ?"

"De ce que je désire," murmura Remus, horrifié, avant d'attraper une robe et de s'enfuir.


Harry prit les lunettes rondes que Draco lui tendaient et hocha la tête en remerciement. Il soupira de soulagement alors que tout devenait clair derrière les verres.

"Maintenant," commença-t-il, se tournant vers Draco, "J'ai...euh...quelque chose à dire."

Draco leva une main. "Moi aussi, et j'ai finalement les tripes pour le dire alors interromps-moi et je lâche Pansy sur toi."

Il vit Harry pâlir avec une certaine satisfaction.

"Ecoute. Je n'ai pas demandé à ce que ça arrive, mais c'est arrivé. Et ce qui est arrivé c'est que je suis tombé amoureux de toi. Enfin," continua-t-il, plus rapidement, "Je crois que c'est de l'amour, mais je ne sais pas vraiment, tu sais ? Je veux dire, il y a l'amour, et puis il y a l'attachement aussi, et il y a aussi juste l'attraction, ou même le béguin, je ne sais pas. Je veux dire, on a quoi, seize ans ? Comment est-ce qu'on est supposé savoir qu'on aime quelqu'un ? Mais," dit-il, prenant une grande inspiration, "Je crois que je le suis. Amoureux de toi, je veux dire."

Il n'y eut que le son du silence pendant un moment, Draco fixant résolument le sol en pierre comme si c'était la chose la plus intéressante qu'il aie jamais vu, et Harry fixant Draco, les yeux tendres.

Il y eut un bruit feutré de pas et des pieds bronzés entrèrent dans le champ de vision de Draco. Il leva les yeux, rencontrant ceux de Harry et refusant de s'en détacher.

"Moi aussi je suis perdu, idiot. Bon sang, j'étais un chat. Mais...tout ça me tenait à coeur...depuis très longtemps. Et peut-être que ce n'était pas juste - parce que je connaissais un peu la télépathie - qu'après l'établissement du lien chaton-mère, j'utilise des petits jeux d'esprit pour transformer le lien et le renforcer...mais je n'aurais pas pu le faire si tu ne l'avais pas voulu. Je le sais."

"Ca fait longtemps que je pense à toi. Très, très longtemps. Mais j'avais peur, trop pour me révéler et subir les conséquences. En plus ma maison est pleine d'homophobes, à part quelques uns. Mais la transformation était une aubaine pour moi, et je devais la saisir, parce que personne ne pouvait me tenir responsable pour mes actions. Du coup...basiquement, Draco...je crois que je le suis, aussi. Amoureux de toi, je veux dire," le taquina-t-il gentiment, posant la main sur l'épaule de Draco.


Ils ne parlèrent pas...beaucoup...après ça.


Sirius grimpa encore un autre escalier animé. Il n'avait pas pu trouver (ni invoquer, d'ailleurs) la Carte des Marauders, alors il était obligé de chercher lui-même.

Il chercha littéralement de bas en haut, en commençant par les donjons. Aucune pièce ne fut ignorée (il se souvenait avoir eu un sourire coquin en se trouvant face à une certaine scène impliquant un certain Serpentard et un certain Griffondor dans une certaine salle commune). Vint ensuite l'étage principal. Pas dans la Grande Salle, ni dans le Hall, ni dans les placards à balais. Rien non plus entre le troisième et le dix-huitième étage.

Ses pieds étaient en feu.

Enfin, le choix se réduit à deux options : la Forêt Interdite, ou la Tour d'Astronomie.

L'endroit favori de Remus dans le château.

En rétrospective, c'était vraiment stupide de ne pas être allé voir là-bas en premier.

Et donc il gravit les escaliers en colimaçon qui menait à la Tour, arrivant devant une solide porte en bois de chêne qu'il poussa silencieusement.

Le soleil était maintenant apparu à la lisière des arbres de la Forêt Interdite, de grandes ombres se dessinant sur la pelouse des terres du château. Le lac brillait d'un étrange mélange de vert, bleu et argent, avec une forme sombre au milieu dont Sirius était sûr qu'il s'agissait du Calamar Géant.

Les nuages étaient tintés de rose, de rouge et d'un indigo étrange, le ciel matinal était bleu céruléen. Ces couleurs se peignaient sur la silhouette solitaire, assise sur le rebord des remparts comme la première fois que Sirius l'avait vu ici, lorsqu'ils n'avaient tous deux que treize ans.

Le temps n'avait pas de prise sur Remus à ce moment précis, pensa Sirius. Oui, un peu plus grand, oui, un peu plus d'argent mêlé dans les cheveux caramel, mais est-ce que ça comptait ?

Il continua de le sonder silencieusement un moment.

Son profil était grand et droit, fier et fort. Sirius sourit. Sa peau semblait briller dans la lueur du soleil, ses cheveux radieux, ébouriffés par le vent. Sa gorge se serra alors qu'il le rejoignait.

"J'ai toujours peur que tu tombes, tu sais," dit-il doucement, comme un écho du fantôme de ses treize ans.

"Je sais," répondit Remus, encore treize ans pendant un moment.

"Tu peux descendre ?"

"Non."

C'était drôle comme l'histoire se répétait toujours. Vraiment.

Sirius soupira, comme il l'avait fait. "Pour moi ?"

Et Remus dévia des échos du passé. "Pas cette fois, Siri. Pas cette fois."

"Re...Lunard...Rem...Remus !" gronda finalement Sirius. "Regarde-moi !"

Il se mordit la lèvre alors que Remus tournait la tête.

Il pleurait à treize ans, aussi.

Il effleura les gouttes d'argent liquide. "Rem, pourquoi tu t'es enfui ?"

Remus éloigna impatiemment la main. "Parce que je le fais encore."

"Tu fais encore quoi ?"

"Vouloir quelque chose que je ne peux pas avoir !" claqua-t-il. "Et je ne pourrai jamais l'avoir parce qu'il est inatteignable ! Surtout par moi. Parce que nous sommes amis, et parce que je suis différent, et à cause de ce que je suis, et à cause de mon apparence...mon dieu, c'est sans espoir ! Et ça fait tellement longtemps que je le veux, mais il y a eu trop de choses qui se sont passées, et je suis juste fatigué de tourner autour du pot ! Sirius, cette 'chose' c'est toi !"

Sirius se gela sur place.

"Ca a toujours été toi, Sirius, et je n'ai aucun espoir, parce que je vieillis et je suis un monstre et tu es horriblement, douloureusement hétéro, pas vrai ? Satisfait maintenant ?"

Sirius lui prit la main et le regarda droit dans les yeux.

"Qui a dit que j'étais hétéro ?"

°~~A Suivre~~°

Prochaine parution : The Beginning to the Beginning, chapitre 19.

Merci d'avoir lu :)