Gomen, gomen ! Je sais que ça fait plus d'une semaine que je n'ai pas posté mais j'avais un examen cette semaine, donc le week-end dernier, je l'ai passé à réviser et puis les reste de la semaine, j'ai pas eu le temps ni l'envie. Mais j'ai commencé cet OS mercredi après-midi, je l'ai continué hier et je l'ai fini aujourd'hui. En même temps celui-ci est vachement plus long que les précédents.

Ceci est une demande Jaena, qui voulait un "cas social", c'est à dire un Matthew paumé et en échec scolaire et un Ivan grosse brute. Bon, je tiens à vous prévenir, autant j'aime bine le début, autant la fin, je trouve qu'elle est un peu bâclée, mais, je vous l'assure, puisque c'est prévu, il y aura une suite à cet OS. J'aime bien l'idée et j'aimerai travailler sur leur relation qui évolue d'amis à amant.

Jaena : Voila ! Cet OS est pour toi, j'espère qui te plaira. Et comme dit, je ferais une suite pour faire évoluer leur relation. Ça restera guimauve parce que c'est ce que je préfère. Ça te dérange pas ?

Paixdelesprit : Merci ! Moi non plus, je ne suis pas fan de USUK du tout. Mais je sais pas pourquoi, en plein cours de religion (oui, en Alsace, on a des cours de religion à l'école malgré qu'on soit dans un pays laïque) j'ai eu l'idée de faire une fic fermier/gentleman est ce couple m'est venu comme une évidence. Et puis, j'avais lu un scan comme ça, alors voila. Merci d'avoir aimé en tout cas !


One-shot 12 : Student!Matthew x Bad boy !Ivan

T pour violence envers miroir et mots grossiers

Il était hypnotisé par le fabuleux ciel bleu, à peine entaché de quelques nuages d'un blanc laiteux. Le soleil brillait fort sans pour autant brûlé au travers de la vitre. Comme il aurait préféré être dehors plutôt qu'enfermer dans cette salle de classe. Il s'imaginer bien, allongé dans l'herbe verdoyante du parc du lycée, à l'ombre du grand chêne. Il aurait les bruits des oiseaux, du bruissement des feuilles dans les arbres, des rires des autres lycéens dans les oreilles. Flâner toute l'après-midi, quel bonheur !

Mais au lieu de ça, il était coincé ici, avec ce prof chiant qui leur parlait d'il ne savait quel théorème inutile. Bon sang, mais pourquoi les profs s'obstinaient à lui apprendre des trucs desquels il n'avait rien à faire.

Il baîlla soudainement, étirant sa mâchoire et ne prit même pas la peine de mettre sa main devant la bouche, qu'il se fit soudain réprimander :

- Mr. Williams ! Excusez-moi si mon cours vous ennuie, mais je vous prierai de bien vouloir suivre tout de même ! Tenez, pouvez-vous répondre à ma question, par hasard ? Quelles sont les formules du théorème d'Al Kashi ?

Matthew, penaud de s'être fait prendre et de se faire gronder de la sorte, rentra sa tête dans ses épaules et murmura un petit :

- Je ne sais pas, Mr !

Tous les regards étaient dirigés vers lui et il se mit à rougir violemment d'être le centre de l'attention de la classe à moitié endormie quelques instants avant encore. Heureusement, lorsque le prof repris, tout le monde se détourna de lui pour pouvoir « écouter » le cours. Le jeune Canadien tenta de faire de même, prenant distraitement quelques notes de temps en temps, mais il abandonna vite l'idée quand il comprit qu'il ne pouvait pas écouter plus de cinq minutes sans décrocher complètement. De toute façon, qu'est-ce que ça changeait qu'il prenne des notes ou non ? Dans tous les cas, il aurait une mauvaise note.

Finalement, la sonnerie retentit, sortant Matthew de son enfer. Il ne restait plus que deux heures avant la fin des cours, se disait le jeune blond tandis qu'il traversait les couloirs pour se rendre en philosophie. Encore un autre cours chiant où il n'allait rien écouter du tout.

Dans les couloirs, il entendit soudain une voix forte s'élevait d'un groupe d'élèves agglutinaient devant des casiers. Des filles et des garçons riaient à ce qui devait sans doute être une blague du garçon au centre. Matthew eut un léger pincement au cœur quand il reconnut la personne au centre : son frère, Alfred. Lui si populaire, aimé des élèves et des professeurs, doué en sport et qui cumule les bonnes notes. Alors que lui, il n'avait rien de quelqu'un de populaire, il était le pauvre petit paumé sans amis du lycée. Il n'était ni doué en sport, ni dans quelconque matière que ce soit. Il ne ramener que des copies vierges de réponses et des notes toutes plus catastrophiques les unes que les autres.

D'ailleurs, leurs parents n'arrêtaient pas de le lui répéter, qu'il fallait qu'il travaille davantage, qu'il se donne plus de mal. Qu'il fallait prendre exemple sur son frère, si bon à tout. Son jumeau, il suffisait qu'il touche à n'importe quoi pour que ça se transforme en or. Alors que lui... Mais c'était plus fort que lui, il n'y comprenait rien, quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse. Était-ce sa faute ? Il n'était simplement pas fait pour les études.

Et il en avait marre qu'on lui dise sans cesse que son frère était plus doué, plus fort, plus charismatique, plus amusant, plus beau, plus ceci, plus cela… Mais bon sang, quand cela allait-il arrêter ? Il en avait vraiment assez d'être encore et toujours comparé à son frère qui était TELLEMENT mieux que lui !

Ne pouvait-il pas être simplement la personne qu'il était ? Personne ne pouvait-il l'aimer avec ses défauts, comme tout le monde ? Chaque jour, qui passait, il avait envie de chialer en songeant à la journée de merde qu'il allait passer à l'avance. Une journée de plus dans l'ombre de son resplendissant frère, aux cheveux aussi dorés que le soleil et aux yeux aussi bleus que l'océan. Alors que lui, ses cheveux blonds semblaient fanés tant ils n'avaient pas de couleur, et ses yeux étaient aussi ternes que sa personnalité. Il n'attirait personne, personne ne voulait de lui, ne le voyait. Il était invisible aux yeux du monde parce que son frère était là. Alfred était le soleil, lui était la nuit. Ils étaient d'exacts opposés, et, pour qu'Alfred soit aussi aimé, lui devait être détesté.

Les larmes aux yeux, il se dépêcha de s'en aller, ne supportant plus la vue de son aîné. Il courut jusqu'aux toilettes, vérifia qu'ils soient vides avant de se laisser aller à pleurer un peu. Ses larmes tombaient dans le lavabo tandis que le miroir lui renvoyé une piètre image de lui. Ses yeux étaient rougis et bouffis, des sillons de larmes marqués ses joues rosies, ses cheveux tombaient en cascade, se collant à son visage humide. Il ferma les yeux pour ne plus voir son reflet, il les ferma si fort que lorsqu'il les rouvrit, des étoiles dansaient devant ses yeux. Il n'avait aucun moyen de ressembler à Alfred, il n'était pas lui et ne le serait jamais. Il n'était que son ombre, son double raté, son jumeau maudit.

Une sourde colère se mêla à sa tristesse, une boule se forma dans son ventre, et il la sentait remontait doucement jusqu'en haut, comme du magma en fusion prête en exploser à tout moment. Mû par son inconscience et guidé par cette boule de lave, il resserra son poing, fort, jusqu'à s'en blanchir les phalanges, à faire craquer ses doigts. Son poing bougea de lui-même et rencontra la surface lisse et transparente, faisant voler en millier de morceaux le miroir sali par les années. Dans un bruit de fracas cristallin, les bouts de vitre s'écrasèrent dans les lavabos, certains tombèrent en sol, se brisant encore davantage.

Lorsqu'il prit conscience de ce qu'il venait de faire, il prit peur. Tout d'abord, il pensa aux remontrances par rapport à son acte, puis, à ses parents que penseraient-ils de leur fils après ça ? Ensuite, il s'en voulut énormément de penser ce genre de chose de son frère, d'en être aussi jaloux. Mais enfin, lorsque toute sa lucidité revint, qu'il put penser clairement, plus aveuglé par sa colère ou sa tristesse, une terrible douleur lui monta au cerveau. Quand il eut compris d'où elle provenait, il remonta lentement sa main à son visage, celle-ci saigna abondamment. Des morceaux de verre avaient élu domicile au travers de sa peau mutilée, ses phalanges, de blanches, étaient devenues rouges et son épiderme avait littéralement explosé, du sang coulait en filet sur sa main avant de serpenter sur son avant-bras et imbibait sa manche de rouge. Sa main le brûlait, le piquait, le lançait à tel point que sous le coup de la douleur soudaine, d'autres larmes lui vinrent aux yeux et il se retint de hurler sa souffrance.

- Waouh ! Bah toi alors, tu fais pas les choses à moitié !

Matthew se retourna brusquement vers cette voix derrière lui, juste devant la porte des toilettes, se tenait un grand jeune homme. Ses cheveux étaient blonds, tirant sur le blanc, ses yeux étaient violets comme les améthystes et il portait l'uniforme du lycée avec une écharpe rose autour du cou, bien qu'on soit au printemps.

Le Canadien paniqua, la peur que cet étudiant le dénonce le prit aux tripes et il tenta de se justifier, mais sachant que ça ne servirait à rien, ouvrit et ferma la bouche automatiquement. Les yeux du garçon s'attardèrent soudain sous la main meurtrie du blond à bouclette.

- Ta main… ?

Mattie ne le laissa pas parler que déjà, il se précipita à l'extérieur, mais pour sortir, il devait passer devant l'autre jeune homme. Il espérait qu'il ne le retiendrait pas, heureusement, l'autre ne le fit pas ne l'attrapa pas, ne l'interpella pas. Matthew put donc sortir sans souci mais il eut juste le temps d'entendre l'autre blond lui dire quelque chose à propos de l'infirmerie avant qu'il ne s'engage déjà dans le long couloir du lycée.

Il prit la direction de son cours de philosophie, malgré qu'il soit en retard il espérait simplement qu'on ne le remarquerait pas quand il entrerait. Il comptait sur son pouvoir d'invisibilité pour passer sans encombre. C'était sans compter sur sa malchance qui lui collait à la peau, car c'était bien évidemment quand il avait le plus besoin de ne pas être vu, qu'il l'était.

C'est pourquoi lorsque la porte de la salle de classe s'ouvrit sur lui que tous les regards convergèrent vers lui. Il rougit face à tous ces regards posés sur sa personne. Et bien sûr, cela n'échappa pas au professeur qui s'arrêta dans son cours pour à son tour se concentrait sur le nouvel arrivant.

- Mr. Williams ! Comme c'est aimable à vous de bien vouloir nous honorer de votre présence !

Ce ton sarcastique, les rires discrets mais narquois des élèves, son frère, ses parents, sa vie de merde… Et Matthew en eut assez, c'était la goutte d'eau qui faisait d'aborder le vase. Sa colère, la même qu'il y avait quelques minutes, celle qu'il pensait être passé, revint tel un boulet de canon et une rage sans nom le poussa à agir. A crier au monde que : Merde, il était là lui aussi ! Et qu'il en avait marre, marre de tout, marre de son frère, de sa célébrité, de ses bons résultats, de ces comparaisons avec lui qu'on ne cessait de lui faire. Il en avait putain de marre !

- VOS GUEULES ! Fermez tous vos putains de gueules, ok ?! Et vous, d'où vous osez me parler comme ça ! Y a pas marqué « Pigeon » sur mon front, merde ! Alors lâchez-moi maintenant, connard !

Le blanc qui suivit ses paroles fut assourdissant tant les mots avaient claqué. Il le fut d'autant lorsque le Canadien réalisa ce qu'il venait de dire. Il se couvrit brusquement la bouche de sa main et ses yeux s'écarquillèrent. Putain, mais qu'est-ce qui venait de se passer ?!

- Très bien, Mr. Williams ! Je pense que trois heures de colle plus une entrevue avec vos parents devraient peut-être vous faire réfléchir à ce que vous venez de dire !

Et merde !

.

- Franchement, je sais pas ce qui t'est passé par la tête ? Tu me déçois vraiment, Matthew ? Cria la voix de son père anglais.

- Ça me fend le cœur de dire ça, mais Daddy a raison, chéri ! Qu'est-ce qui t'arrive ces derniers temps ? On ne te reconnaît pas ! Tu peux tout nous dire, tu le sais ça ? Faisait celle de son autre père.

Matthew ne prit même pas la peine de répondre. Il n'en avait ni l'envie ni la force. Ses parents ne comprendraient jamais. Comment pouvaient-ils comprendre ? Il n'était pas du genre à ne pas écouter ses parents, d'habitude, mais aujourd'hui, il était lassé. Il ne pouvait plus les entendre sans avoir envie de leur coller son poing dans la gueule. Alors il tourna simplement les talons à ses vieux, sans plus les écouter déblatérer.

En passant devant le salon, il y vit son frère aîné qui, au vu de la Nintendo dans ses mains devait y jouer quelques secondes plus tôt encore, mais s'était arrêté en entendant son frère se faire engueuler. Leurs regards se croisèrent, et Alfred vit pour la première fois de sa vie, le plus sombre des regards de la part de son cadet. Jamais un regard aussi haineux ne lui fut attribué, encore moins de la part de son frère, et cela lui tira des frissons dans le dos.

Matthew ignora ses deux pères lui criant de revenir et monta à l'étage, il s'enferma ensuite dans sa chambre.

Ils rentraient tous les trois de la convocation avec le prof de philo ainsi que son prof principal. Ces deux-là n'avaient pas lésiné sur les moyens de le rabaisser tout y était passé. Ses notes catastrophiques, son manque d'attention en cours, son incapacité à faire preuve de rigueur… Et on n'avait pas hésité, encore une fois, à le comparer à son frère et disant combien il était génial, intelligent, talentueux, tandis que lui, était une vraie plaie. Oui, ce furent leurs mots. Même ses parents s'y étaient mis, ses propres parents. Ils ont été incapables de le soutenir, alors oui, il y avait de raison pour qu'il soit en colère.

Son cœur lui faisait mal. Il n'avait personne auquel se raccrocher, parce que personne ne l'aimait. Ni sa famille de laquelle il s'éloignait petit à petit, ni amis parce qu'il n'en avait pas. Il était seul, encore et toujours. Il n'aurait jamais dû voir le jour, il n'était qu'une erreur de la nature. Personne ne se souciait de lui, alors à quoi bon vivre.

Des larmes amères coulaient sur ses joues. Il regarda sa main bandée. La veille, lorsqu'il s'était blessé avec le miroir, malgré quelques réticences, il était tout de même allait voir l'infirmière. Après avoir insulté le prof, il s'était rendu compte que sa main saignait toujours abondamment. En plus, après sa gaffe, il avait voulu trouver un endroit tranquille. C'était donc tout naturellement qu'il avait couru jusqu'à l'infirmerie, ou la jeune auxiliaire l'avait accueillie et soigner sans lui poser la moindre question.

Sa main le lançait toujours, mais grâce aux médicaments, la douleur s'en était trouvé atténuée. Bien sûr, le lendemain, lorsqu'il était retourné en cours, on n'avait pas mis longtemps avant de faire le lien entre sa main bandée et le miroir brisé aux toilettes. Du coup, de trois, ses heures de colle sont passées à cinq. Ça promettait de lui faire un splendide après-midi. Foutue vie de merde !

.

- Assis ! Et que je ne vous entende pas !

Le professeur referma la porte derrière lui et Matthew se retrouva à présent seul dans la salle de classe pour ses heures de colle. Enfin, seul n'était pas le bon mot. Au fond de la classe était assis un autre élève, collé sans doute lui aussi, qui regardait par la fenêtre. Mais il s'était retourné lorsqu'il avait entendu la porte s'ouvrir.

Le Canadien reconnut le jeune homme de l'autre jour, celui qui l'avait vu dans les toilettes. Aussi étrange que cela puisse paraître, il portait toujours son écharpe rose malgré le début de chaleur de la saison. Matthew en fut interpellé.

Un drôle de sourire prit soudain place sur les lèvres de l'autre garçon et il dit soudain :

- Mais dis-moi, ne serait-ce pas le garçon qui n'aime pas trop les miroirs ?!

Matthew, penaud, lui répondit :

- S-Si… c'est moi !

Le jeune homme remarqua pour la première fois l'accent étranger de l'autre étudiant, mais il ne s'attarda pas à répondre et prit place sur une chaise au premier rang. Il était un peu anxieux, pas tellement parce que c'était sa première fois en colle et qu'il ne savait pas trop quoi faire, mais surtout parce que l'autre étudiant collé lui foutait un peu la trouille. Même si jusqu'à présent, il ne s'était pas montré hostile envers lui. Mais leur première rencontre était un peu insolite.

Ne sachant pas trop quoi faire, il décida de s'avancer dans ses devoirs et sortit donc sa trousse, son agenda et sa dissertation. Si déjà il était là pour cinq heures, autant faire quelque chose d'utile.

Plongé dans son sujet de « l'estime de soi », il ne fit pas plus attention au garçon derrière lui. Il faut dire qu'il avait beaucoup de choses à dire sur le sujet en question. Les dissertations, paragraphes argumentés et rédactions étaient les seuls moyens qu'il avait pour se défouler un peu, dire ce qu'il ressentait vraiment au travers des mots. Il avait pendant longtemps voulu avoir un carnet, pour pouvoir dire tout ce qu'il avait à dire, mais son frère lui avait clairement fait comprendre que « Les journaux intimes, c'est pour les filles, Mattie ! ». Alors pour ne pas qu'il se moque de lui, Matthew n'en avait pas acheté. Bien que maintenant, il le regrettait vraiment.

A peine un quart d'heure plus tard, le jeune homme avait fini son long devoir et renferma son stylo avec un sourire fier. Il savait que d'ordinaire, son travail était loin d'être glorieux, mais les dissertations, mises à part les quelques fautes qu'il savait persistantes dans ses textes, c'était son truc. C'était bien la seule chose d'ailleurs.

Il rangea donc ses copies dans son sac et regarda dans son agenda le prochain devoir, mais perdit son sourire lorsqu'il vit qu'il s'agissait de maths. Il n'avait pas envie de le faire et de toute façon, il savait que même s'il essayait de comprendre les exercices, ça ne servirait à rien, il finirait tout de même par les bâcler.

Il s'adossa donc contre sa chaise et croisa les bras. Il n'avait plus rien envie de faire et préférant méditer sur le pourquoi du comment. Mais l'autre garçon dû remarquer qu'il ne faisait plus rien puisqu'il engagea la conversation.

- En fait, t'es là pour quoi ?

Matthew se tourna vers l'autre garçon et malgré une certaine méfiance vis-à-vis du blond cendré (s'il était en colle, c'était pour une raison, non ?) lui répondit tout de même, avec cependant une certaine honte clairement visible.

- Bah, j'ai insulté un prof ! Et en plus, comme tu le sais sûrement, j'ai brisé le miroir des toilettes.

L'étudiant rit doucement. Matthew fut surpris d'entendre un tel rire, il aurait pensé qu'une personne comme lui ait un rire bruyant, comme son frère. Mais son rire était doux, presque comme un souffle. De plus, le Canadien eut du mal à l'admettre, mais c'était grâce à lui (ou à cause de lui) qu'il riait. Cela lui arracha un petit sourire heureux. Il n'avait jamais fait rire personne de sa vie, ça, c'était le rôle d'Alfred.

- Ouais, j'ai cru comprendre que les miroirs, c'était pas ton truc. Même si je sais pas ce qu'il t'a fait, la pauvre, pour te mettre autant en colère.

Matthew eut une grimace.

- Alors tu as tout vu ?

L'autre parut soudain gêné.

- Ouais. Je voulais aller aux toilettes, mais quand je suis rentré, je t'ai entendu pleurer. Alors je savais pas trop ou me mettre. Si fallait que je vienne vers toi et que je fasse machine arrière. Alors j'ai juste attendu que tu me remarques. Mais finalement, t'as fini par péter le miroir avec ton poing. J'étais impressionné. J'ai jamais vu quelqu'un faire exploser aussi facilement un miroir. Après, ma phrase est sortie toute seule. Je savais pas quoi dire.

- Désolé ! Fit Matthew, un peu embarrassé.

- T'as pas à t'excuser. Tout le monde à ses problèmes. Après, chacun a sa façon de se défouler. Moi, je préfère taper dans des sacs de frappe que dans des miroirs, ça fait moins mal.

Le Canadien explosa de rire à cette phrase, entraînant l'autre dans son fou rire. Il n'avait plus rit ainsi depuis si longtemps, ça faisait du bien. Un bien fou. Finalement, ils se calmèrent un peu, bien que pour Matthew, ce fut de peur que le prof se ramène.

- En fait, je m'appelle Ivan Braginski. Et toi ?

- Moi… moi, c'est… Matthew. Matthew Williams.

- Enchanté, Matthew !

- De même !

Un silence suivit. Mais il n'était en rien pesant ou stressant. Juste calme et apaisant. Matthew, analysant le fait qu'il n'avait rien à perdre, rangea ses affaires dans son sac et mit celui-ci sur son dos avant de s'avancer de quelques rangs vers Ivan et de s'asseoir à la chaise devant lui. Ainsi, ils débutèrent une véritable conversation dans laquelle ils parlèrent de tout et de rien. Une certaine confiance naissait entre eux deux, ils échangeaient leur avis, leur façon de voir les choses et ils se découvrirent certains points communs, comme des points contraires. Ils parlèrent d'abord de leur scolarité, catastrophique toutes les deux. Autant Matthew faisant ce qu'il pouvait, mais n'y arrivait pas, autant Ivan savait depuis longtemps qu'il lui était inutile d'essayer quoi que ce soit. Puis, ce dernier lui raconta pourquoi il était ici, il dit que faire un doigt d'honneur au prof n'avait pas été sa meilleure idée, mais de toute façon, il était un cancre, alors il s'en fichait bien.

C'est à ce moment-là que Matthew se rappela de lui. Il était un rival bien connu de son frère. Ils ne pouvaient pas se blairer. Le Canadien se disait bien l'avoir déjà vu quelque part. Dans des bagarres avec Alfred principalement. Mais Ivan, malgré ses dehors de grosse brute, était en fait un cœur tendre qui ne cherchait que des amis, tout comme Mattie.

Puis, malheureusement pour Matthew, la conversation dévia donc vers la famille et il finit par raconter, à un presque parfait étranger, ce qui le tourmenter le plus au monde.

- Et j'en ai tellement marre d'être comparé à mon frère. Pourquoi je ne peux être simplement celui que je suis sans qu'on me compare à lui. Lui, il est tellement intelligent, talentueux, sportif, charismatique… Putain, j'en ai ma claque !

Ivan lui sourit sincèrement et posa sa main sur celle de Matthew en signe de compassion. Le jeune homme lui rendit son sourire.

- En fait, comment s'appelle ton frère ?

- Bah, je suis sûre que tu le connais. C'est Alfred F. Jones !

Ivan eut une expression grimaçante.

- Oh ! Je comprends mieux pourquoi t'en a marre d'être comparé à lui ! Ce mec est un vrai crétin sous son apparence d'homme parfait.

Matthew eut un petit rire amusé, c'était la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui n'adulait pas son aîné.

- Mais j'ignorais que vous étiez frère. En fait, je savais même pas qu'il en avait un.

Cette fois, le Canadien fit une moue triste. Bien sûr, personne ne le connaissait. Qui pourrait penser que le beau, le talentueux Alfred avait un frère aussi stupide et banal que lui ?

Le Russe comprit bien vite qu'il avait dit une connerie et il tenta de se rattraper.

- Ce que je veux dire, c'est que tu es mille fois mieux que lui. Toi, tu n'es ni bruyant, ni égoïste, ni vantard. Pas comme ton frère. En fait, tout le monde le dit rayonnant et tout, mais il est juste chiant. Alors que toi, tu es modeste, gentil et tu as un rire et un sourire absolument fabuleux. Tu es tellement mieux que Jones. Toi, tu es naturel.

Matthew, sous ces compliments qui le touchaient droit au cœur, eut les larmes aux yeux de bonheur. Personne ne lui avait jamais dit de telles choses. Ses joues rosirent agréablement et son cœur se mit à battre la chamade dans sa poitrine.

Ivan paniqua soudain en voyant le garçon face à lui se mettre à pleurer.

- Non, attends ! C'est pas ce que je voulais dire… enfin, si… mais… mais…

- C'est pas ça ! fit l'autre en s'essuyant les joues. C'est juste que… personne ne m'avait encore dit ce genre de chose et… et ça me touche vraiment.

A la grande surprise de Matthew, le grand blond lui attrapa les mains et les serra dans une douce étreinte. Ils se regardèrent dans les yeux et ils surent qu'ils deviendraient bientôt inséparables.


La suite de l'OS est pour bientôt ! Je crois. Bisou à vous tous ! Je vous adore !