Ouais, ça fait un bout de temps ! Le lycée n'est pas aussi simple que je le pensais et j'ai vraiment des horaires de merde ! M'enfin, c'est les vacances et je compte bien en profiter !

Voici une demande de UKCan de Cyrielle ! C'est pour toi, très chère !

Merci à toutes (tous) celles (ceux) qui m'ont laissé des reviews aux drabbles 22 et 23.


24. Lord!Arthur x Butler!Matthew

Matthew empêcha un soupir d'agacement de franchir ses lèvres lorsque la clochette du bureau de Lord Kirkland se mit à tinter de nouveau. Il versa en vitesse de l'Earl Grey dans une tasse en porcelaine au motif fleuri avant de la poser sur le plateau comportant déjà une part de crumble aux pommes sur une assiette finement ouvragée, un petit pot de coulis de framboise, une petite cuillère en argent et maintenant une tasse de thé. Il souleva le plateau du plan de travail et se dirigea rapidement, mais non sans une certaine précaution jusqu'au bureau de son maître.

Lord Kirkland était un noble anglais, particulièrement affectionné par la reine Victoria qui lui confiait volontiers des missions délicates d'enquêtes que seul lui pouvait résoudre. Car oui, Matthew devait bien l'admettre, même si son maître avait un caractère en tout point exécrable – sauf en présence de la reine elle-même – il était aussi un être doué d'une intelligence et d'une logique que beaucoup lui enviaient. C'était l'une des raisons pour laquelle Lord Kirkland était une personne dont la mort était aussi souhaitait que son esprit vif.

Matthew, jeune homme d'une vingtaine d'années tout au plus, n'était que son humble majordome malgré son jeune âge. Il était souvent maladroit – rare n'était pas les fois où il avait renversé une tasse de thé brûlante sur son maître – il avait une fâcheuse tendance à dire tout ce qui lui passait à l'esprit, même lorsque cela s'avérait être une insulte pour son Lord et était affreusement timide, au point de ne pouvoir tenir une conversation correcte avec qui que ce soit. Pourtant, et à son plus grand étonnement, son maître ne l'avait à ce jour – soit 5 ans après son embauche – toujours pas renvoyé, preuve en était que le petit blond n'était pas aussi mauvais qu'il le croyait. On bien son maître le gardait pour une toute autre raison que Matthew ne connaissait alors.

Ce dernier arriva d'ailleurs devant les deux grandes portes en chêne du bureau du noble, sans même avoir reversé une goutte du breuvage – un miracle, se dit-il – et entra en poussant la porte avec son dos. Son maître avait été fort gentil de laisser la porte entrouverte pour ne pas que Matthew ait besoin de tourner la poignée. Il entra dans la pièce, plateau en main.

- Votre goûter, My Lord !

Il vint déposer le plateau sur une petite table à côté de l'imposant bureau de son Lord et s'éloigna un peu. Le noble ne daignait pas même relever les yeux. Matthew se racla la gorge :

« Monsieur, votre thé va refroidir si vous attendez si longtemps. »

Il ne pouvait s'en empêcher, il fallait toujours qu'il dise ce qu'il pensait. Le Lord releva la tête et à nouveau, le jeune majordome eut le souffle coupé de croiser ses émeraudes scintillantes des éclairs qu'il lui lançait. Matthew était à chaque fois émerveillé du physique si avantageux de son maître. Ses yeux, comme dit, avaient la couleur des émeraudes lumineuses au soleil, ses cheveux blonds ne pouvant être domptés étaient laissés tel quel, dans une tignasse blonde peu courante, sa peau était claire et blanche comme la porcelaine des tasses. Même ses épais sourcils noirs pouvaient être séduisants lorsqu'il ne les fronçait pas. Oui, Arthur Kirkland était définitivement un bel homme s'il n'était pas sans cesse contrarié.

Mais Matthew savait aussi qu'il avait déjà une fiancée du nom d'Emily Jones et qu'il était impossible que son beau maître pose un jour un regard qui ne soit pas teinté de mépris sur lui.

Le beau Lord attrapa sa tasse et en but une gorgée tout en fermant les yeux, avant d'avaler une bouchée du crumble. Il se retint de justesse de laisser échapper un gémissement de bonheur. Son majordome avait beau être la personne la plus maladroite du monde, il n'en restait pas moins qu'il était l'un des meilleurs cuisiniers qu'il ait rencontré. Il lui avait expliqué que sa mère, une Française appelée Marianne, était une extraordinaire cuisinière et elle lui avait appris dès sa plus jeune enfance à confectionner plats et desserts.

- Tu peux disposer ! Claqua le Lord à son majordome.

Il voulait être seul lors de son goûter pour profiter pleinement du goût exquis de celui-ci. Il ne pouvait se laisser aller en public, même si ce n'était que devant son majordome. Cependant, lorsque ce dernier tourna les talons pour repartir à ses tâches, le regard d'Arthur s'attarda un peu trop sur son arrière-train. Oui, Arthur était un Lord, espion de la reine, fiancée à une superbe américaine qu'il avait dans l'intention d'épouser d'ici peu, pourtant, il était fortement et désespérément attiré par les hommes, dont un en particulier qui vivait sous le même toit que lui. Eh bien, pour quelle raison croyez-vous que le Lord ait gardé si longtemps un incompétent pareil autre que pour ses plats délicieux ? Il poussa un soupir défaitiste alors qu'il attrapa entre ses dents un gros morceau de pomme.

Arthur avait terminé de remplir toute cette paperasse qu'il détestait tant et vagabondait à présent sans but précis un peu partout dans son domaine. Enfin, en vérité si, il était à la recherche de son majordome. L'heure du dîner approchant, Arthur pensa le trouver dans la cuisine. Il vit juste. Il n'avait jamais vu Matthew préparait le dîner, il n'avait jamais pris le temps de le faire. Mais il ne voulait pas lui faire savoir sa présence, il resta donc cacher derrière l'encadrement de la porte, dans l'ombre du couloir, à l'abri de son regard.

Et la danse débuta. A partir de cet instant, il put observer Matthew dans son élément : la cuisine. Il le vit patiner d'un plan de travail à l'autre, jongler avec les fruits et les légumes, découper en quelques secondes et avec une vitesse prodigieuse chacun d'eux, danser autour de la casserole en cuivre, y rajoutant à chaque fois une touche de plus, nappé un gâteau d'un simple mouvement… On aurait dit un danseur tant l'agilité et la rapidité à laquelle il effectuait ses mouvements étaient d'une grâce sans pareille.

Arthur continua de le regarder, les yeux écarquillés et la bouche béante. Jamais rien n'eut été aussi beau à ses yeux que voir son majordome virevoltait d'un bout à l'autre de la cuisine avec une telle élégance que ses mouvements paraissaient presque inhumains.

Finalement, le dîner fut prêt et le Lord se décida à se retirer avec que Matthew ne le voit. Ainsi, il regagna son bureau, la tête encore pleine de la performance du jeune homme pour qui il avait de l'affection.

La nuit était tombée et Matthew se rendait à présent dans la chambre de son maître afin de le vêtir pour la nuit. Il ne s'attendait pas à le retrouver debout devant la fenêtre, l'air pensif.

- Maître ?

Lord Kirkland se retourna et bien que le regard qu'il posa sur Matthew ne s'était pas départi de son habituel mépris, le jeune homme sentait que quelque chose dans l'attitude de son Lord avait irrémédiablement changé.

Sans un mot, le noble se dirigea vers son lit et demanda à son majordome de s'approcher, ce que s'empressa de faire celui-ci.

- Déshabille-moi ! Ordonna-t-il lorsqu'il fut juste devant lui.

Sans poser une seule question, Matthew s'exécuta. Il déboutonna sa redingote, puis sa chemise avant de les faire tomber le long de ses épaules, puis il le débarrassa de son pantalon et de son sous-vêtement. Mais il était tellement perturbé par le comportement de son maître qu'il avait jusqu'à oublier la prochaine étape. Un blanc perdura un moment.

- Touche-moi ! S'écria Lord Kirkland.

- Je v-vous d-demande pardon… maître !

- Es-tu stupide ? Je t'ai dit de me toucher !

Les mains tremblantes, Matthew les déposa lentement sur le torse fin mais musclé de son maître qui laissa échapper un gémissement en rejetant sa tête en arrière. D'autres mains vinrent se déposer sur celle du majordome dont le cerveau semblait avoir grillé après avoir entendu pareil son de celui qu'il aimait. Les mains du Lord promenèrent les siennes sur son propre torse avant d'enrouler les bras du jeune homme blond autour de son cou à lui. Il vint murmurer au creux de l'oreille de son cher majordome :

- Si tu savais depuis quand je rêve de cela ! Matthew, que ressens-tu pour ton maître ?

- Je… euh…

- Dis-moi ce que tu ressens en me voyant, en me déshabillant tous les jours, en me lavant chaque soir, en me suivant à chacun de mes déplacements…

- M-Maître…

Toutes tentatives pour prendre la parole furent anéanties lorsque ses lèvres furent violemment prises en otage contre celles du noble. Matthew osait à peine songer à sa chance, mais finit par répondre avec la même ardeur. Lorsqu'ils se séparèrent, la réponse tant attendue par Arthur fut prononcée :

- Je crois que… je vous aime !