Drabble 28 : Sick!Francis x Businessman!Arthur

T car mention de mort et de maladie

Francis sentit un désagréable pincement au cœur alors qu'il lisait les quelques mots qui passaient sous ses yeux. Pourtant, il avait eu un doute, il en était presque sûr. Maintenant, son intuition se révélait vraie. Il en était presque attristé si ça n'avait pas été aussi prévisible. La seule chose qui l'embêtait un peu s'était qu'il allait devoir l'annoncer à l'ensemble de sa famille et de ses proches.

Il jeta un coup d'œil à la montre murale : 19h28. Son amant ne devait plus tarder. Arthur, car tel était le nom de celui-ci, était un riche homme d'affaires. Ils s'étaient tous d'eux rencontrés des années auparavant et vivaient ensemble. Ils avaient convenu qu'Arthur ramènerait l'argent à la maison et que Francis s'occuperait de l'entretien de leur demeure. Ils s'aimaient, du moins Francis l'aimait à la folie. Pour Arthur, il n'en savait trop rien. Il ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait. Pourtant, il était persuadé qu'il tenait à lui tout de même.

Alors le français avait l'intention de l'annoncer en premier à son amant, puisqu'il était sa plus proche famille. Ses parents habitaient en France tandis que lui s'était installé à Londres avec son petit-ami et ses différents frères habitait un peu partout, au Canada, en Belgique, en Italie, en Espagne… alors il était un peu compliqué de les joindre. D'autant que chacun avait sa propre petite famille et ses propres soucis.

Tout à coup, Francis entendit la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer Arthur était de retour. Alors pour ne pas l'inquiéter, le blond sourit. Il savait son sourire faux, mais c'était tout ce qu'il pouvait faire pour ne pas inquiéter son petit-ami avant qu'il n'ait le courage de lui annoncer ce que renfermait la lettre qu'il avait reçu. Il alla accueillir son amant comme une bonne petite femme, feindre le bonheur à ses côtés et quand le moment sera venu, il lui annoncerait la nouvelle.

- Salut, mon lapin ! Comment vas-tu ? Ta journée s'est-elle bien passée ? Débuta-t-il, son sourire toujours en place à l'adresse de son cher homme qui entrait dans le salon.

Celui-ci soupira avant de s'affaler dans le canapé.

- Ah ! Quelle journée épuisante ! Je n'en peux plus ! Dis-moi, tu n'as pas encore préparé le dîner.

- Ah non ! J'allais m'y mettre.

Alors comme chaque soir, Francis se dirigea dans la cuisine, préparer un de ses succulents repas, pour mieux faire avaler à son amant ce qu'il comptait lui dire durant le repas. Et il coupa quelques légumes, fit cuire la viande, cassa du chocolat tout en se retenant de pleurer. Il ne voulait pas craquer maintenant, pas encore. Pas avant qu'Arthur ne le fasse d'abord.

Et lorsqu'il servit le repas, le papier de son malheur dans la poche, il le fit sans se départir de son sourire. Tous deux mangèrent dans le silence. Aucun ne semblait vouloir le briser. Pourtant, Francis tentait de trouver en lui le courage nécessaire pour le lui annoncer, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge sans pouvoir sortir.

- Arthur, je dois te dire quelque chose… Commença-t-il au bout de plusieurs tentatives.

- Moi aussi ! Mais vas-y !

- Non, non ! Toi d'abord !

- Je pars demain au Japon, pour affaire !

Francis sentit son visage se décomposait.

- Ah ? Pour combien de temps ?

- Un mois. C'est une grosse affaire avec une boîte japonaise cotée.

Cette fois, il perdit définitivement son sourire. Il ne pouvait plus feindre la joie.

- Un… un mois. C'est… c'est très long, non ?

Son regard fuyait et il chassait les quelques larmes qui menaçaient de tomber. Il ne pouvait plus le lui annoncer. S'il le faisait, Arthur ne partirait pas, préférant sans doute rester avec lui, alors que son travail comptait tant pour lui. Il ne pouvait pas lui faire ça, c'était une grosse affaire et il n'avait pas le droit de tout foutre en l'air.

- Je… je suis content pour toi.

Cette nuit-là, Francis insista pour faire l'amour avec lui, au moins une dernière fois, mais cela, seul lui, le savait.

Le lendemain, Arthur partit dans le premier avion, à l'aube, délaissant son amant dans leur couche, en direction tout droit vers le Japon dont il ne reviendrait qu'un mois plus tard, du moins d'après ses projets.

Francis passa donc deux semaines sans Arthur, mais il avait l'habitude. Son amant était un homme d'affaires, il partait souvent à l'autre bout du monde. La plus longue absence d'Arthur avait déjà était de plus de trois mois.

La troisième semaine, sans prévenir, il tomba sur le plancher de sa cuisine et ce fut sa sœur, au téléphone avec lui quelques secondes avant qui, n'entendant plus personne à l'autre bout de la ligne, qui appela une ambulance.

C'est deux jours plus tard que Bella, la fameuse sœur de Francis, appela Arthur pour lui raconter ce qu'il s'était passé, et 12h plus tard qu'Arthur était de retour à Londres, avait foncé à l'hôpital où se trouvait son amant. Son cœur se brisa lorsqu'il découvrit le corps si pâle, sans vie de Francis.

Bella avait omis de lui dire de quoi souffrait Francis, ou peut-être l'avait-elle fait exprès. Lorsqu'il pénétra dans la chambre, il s'écroula aux côtés de son aimé, pleurant à chaudes larmes, et demanda à l'infirmière dans la pièce de quoi il souffrait.

- Quoi ? Ne vous l'a-t-il pas dit ? Il est en phase terminale de cancer. Répondit-elle, étonnée.

- Quoi ?

Sa question n'avait été qu'un murmure douloureux. L'infirmière, comprenant son erreur, s'en alla sur-le-champ. Arthur se retourna vers Francis. Il avait ouvert ses yeux et le fixait tristement.

- F… Francis ? Mais pourquoi ? Pourquoi m'avoir caché une telle chose.

Le souffrant ne répondit pas tout de suite, se contentant d'observer encore une fois les traits parfaits de celui qu'il avait aimé et qu'il continuera d'aimer même après la mort. Puis, avec difficulté, il prit la parole, voyant les larmes coulaient le long des joues de l'anglais :

- Il y a trois mois, j'ai commençais à me sentir mal. J'avais beau prendre des médicaments… rien n'y faisait, ma douleur ne partait pas. Je suis donc allé voir un médecin, nous avons fait des tests. J'ai eu le résultat la veille de ton départ pour Tokyo. Je m'en été douté… mais je voulais avoir confirmation avant de te l'annoncer. Et puis, tu m'as dit que tu partais pour Tokyo pour affaire. Je ne voulais pas tout faire foirer. Je sais à quel point tu aimes ton travail. Je voulais te le dire à ton retour. Visiblement… la maladie m'a rattrapé avant toi.

Francis tenta de rire, mais cela se solda en une quinte de toux déchirante.

- Oh, Francis ! Stupid Frog ! Comment as-tu pu me cacher une chose pareille ? Idiot !

Francis comprit son erreur en voyant la douleur d'Arthur. S'il le lui avait dit, l'anglais aurait annulé pour rester avec lui jusqu'à sa mort. A présent, il allait mourir ici, dans cet hôpital. Le français pleura à son tour.

Il mourra deux semaines plus tard, dans les bras d'un Arthur détruit. Mais même après sa mort, jamais Francis ne quitta les côtés de son amour, y restant jusqu'à ce que, à son tour, l'anglais meurt après un tragique accident de la route, dans lequel il se fit percuter par un camion, un soir après sa sortie d'un bar où il avait pris l'habitude d'aller boire pour oublier la mort de son français. Ils s'étaient finalement retrouvés dans la mort.