30. Civil!Alfred x Traversti!Francis (+ Buisnessman!Ivan)
Prenant son courage à deux mains, il frappa à la porte et attendit qu'on vienne lui ouvrir. Il avait mis du temps, mais il était prêt à affronter l'amant de son amour pour qu'il puisse le récupérer. Lui aussi, avait droit à son heure de bonheur, et si pour cela il devait l'arracher à un autre, alors il le ferait sans scrupule.
Mais il ne put empêcher les tremblements de son corps lorsqu'il vit la porte se rabattre doucement. Il fallait dire que ce fameux « Ivan » était vraiment immense. Un poids se retira de sa poitrine lorsqu'il vit que c'était Francis qui lui avait ouvert. Les yeux de ce dernier s'écarquillèrent lorsqu'il vit qui était sur le pas de sa porte.
- A-Alfred !
- Salut…
Le Français se mit à tourner sa tête en toutes directions avant d'agripper le bras d'Alfred et le tira vers l'intérieur. Il ferma rapidement la porte et se tourna vers l'Américain, une certaine colère mêlée de peur dans ses yeux.
- Alfred ! Non mais ça ne va pas ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Je t'avais dit de t'en aller !
- Je suis désolé, Francis ! Mais ce n'était pas possible ! Je tiens trop à toi, je ne peux pas me résoudre à repartir en Amérique sans toi !
- Mais enfin ! Ma place est ici en France ! Et je suis avec Ivan maintenant ! Je te l'ai dit que je l'aime !
- Je sais ! Mais moi aussi je t'aime !
- ARRETES ! C'est toi qui es parti à toutes jambes il y a six ans, lorsque tu as découvert que j'étais un homme. C'est toi qui m'as hurlé toutes ces insanités. Est-ce que tu as la moindre idée du temps que ça m'a pris pour me reconstituer ? Pour réapprendre à vivre après ce que tu m'as dit…
- Je sais… Je sais que j'ai été un parfait connard… Je m'en veux tellement, si tu savais… mais moi non plus… moi aussi j'ai eu du mal à me reconstruire après m'être enfui. Je n'arrive pas à passer à autre chose ! J'ai besoin de toi à mes côtés…
- Alfred… Souffla Francis en se reculant.
Alfred avait l'impression que le Français était énervé contre lui, et il le comprenait parfaitement, mais il ne pouvait pas imaginer repartir de là sans avoir reconquit le cœur de son âme sœur.
- Je t'en prie, Francis ! Je ne pourrais pas repartir sans toi… ou alors, je préfère mourir.
- Arrête tes bêtises, Alfred ! Grandis un peu et essaye de passer à autre chose, comme moi !
- Je ne peux pas…
Soudain, Francis releva la tête comme s'il venait d'entendre quelque chose de particulièrement inquiétant.
- Oh, c'est pas vrai ! Ivan est là ! Vite Alfred, cache-toi !
Mais ils n'eurent pas le temps de bouger que la porte d'entrée s'ouvrit pour révéler un homme qui semblait encore plus grand que dans les souvenirs d'Alfred. Le géant se planta à l'entrée et son regard tomba sur les deux hommes dans le hall d'entrée.
- Francis… Qui est ce jeune homme ? Demanda-t-il de sa grosse voix qui fit trembler l'Américain de peur.
S'il venait à énerver ce mastodonte, sans doute n'en ressortirait-il pas vivant.
- I-Ivan… C'est… euh…. U-un ami... Alfred...
- Un ami, hein ? Ne serais-tu pas plutôt le jeune homme ayant fait du gringue à mon mari il y a quelques années ?!
Son visage renfrogné donna l'impression à Alfred qu'il allait se faire tuer à, sur ce vieux carrelage s'il ne trouvait pas un moyen de s'enfuir rapidement.
- Je… Je… Monsieur… Je-je suis v-vraiment… désolé… je-Je vais m'en aller de ce pas et…
- Mais non, mais non ! Reste donc, je crois que nous avons des choses à nous dire !
Le visage du géant se transforma alors et devint joyeux et souriant. Alfred ne fut pas le seul interloqué, Francis regardait son mari comme s'il voyait un autre homme devant lui.
- Venez, tous les deux ! Allons au salon ! Il y a certains points que nous allons éclaircir ensemble !
Il prit Alfred par l'épaule, qui se retrouva écrasé contre la côte d'Ivan, pressé par un bras puissant.
- Tu sais, Alfred, je ne suis pas d'un naturel très jaloux. Je peux concevoir le partage, tant qu'il se fait dans le respect et le consentement mutuel…
Et à partir de là, Alfred eut du mal à trop savoir ce qui lui arrivait, mais il comprenait qu'Ivan avait accepté le fait que son mari soit encore partiellement amoureux d'un jeune homme de son passé, qu'il savait être lui-même, et que pour le bonheur de son mari, une cohabitation à trois était envisageable. Alfred ne rechigna pas, et accepta, bien qu'il ne sache trop comment réagir.
10 ans plus tard
- Al, tu rentres, chéri ? On va bientôt se mettre à table.
Alfred, de dix ans plus vieux se retourna vers son amant plus âgé, magnifique dans sa jolie petite robe verte, et il lui sourit amoureusement. Il quitta le jardin de vue pour rentrer à la suite de Francis dans la véranda où la table avait été mise et où Ivan attendait déjà que son repas lui soit servi.
- Ivan, tu pourrais te lever pour nous m'aider, à la fin ! Je t'ai déjà dit que je n'étais pas la bonne à tout faire. Alors faire la cuisine, c'est une chose, mais j'aimerai plus d'aide de ta part. Regarde, prend exemple sur Alfred, lui va naturellement chercher les plats pour me donner un coup de main. S'écria Francis, un peu énervé.
Alfred sourit. Cette scène était devenue quotidienne avec le temps. Mais il n'aimait pas moins voir ses deux amants se chamaillaient comme un vieux couple.
- Mais trésor, je t'ai déjà dit que tu étais très sexy quand tu joues à la gentille petite femme au foyer.
- Arrête avec ça, hein ? S'écria le Français.
Alfred ne put s'empêcher d'éclater de rire. Ses deux amants se tournèrent vers lui.
- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?
- Vous ! Vous êtes très amusants à regarder. Répondit Alfred avec un grand sourire.
Francis et Ivan s'échangèrent alors un sourire complice. Tous deux se levèrent et se dirigèrent vers Alfred. Il fut interloqué, mais heureux quand ses deux amants vinrent déposer de doux baisers sur son visage en le prenant dans leurs bras chaleureux. Alfred n'aurait jamais imaginé vivre une vie aussi paradisiaque lorsqu'il revenait d'Amérique pour trouver Francis. Non seulement avait-il regagné le cœur de son amour, mais il en avait gagné un deuxième, une maison parfaite et une situation plus qu'agréable.
