CHAPITRE 6 : Hero (Skillet)

« Si tu savais ce que je voudrais que tu te la ferme, mais on a pas toujours ce qu'on veut dans la vie. »

Toujours à jacasser pour ne rien dire. Les femmes, y en avait jamais une pour rattraper l'autre. A la limite, y avait que Carol qui ne me tapait pas sur le nerfs constamment, et encore, son petit jeu avec moi, bien que j'avais fini par m'y faire, me faisait encore grimacer assez souvent. Mais bon, parfois c'était agréable.

« C'est charmant, vraiment ! » entendais-je grommeler derrière moi.

Depuis tout ce temps à tenter de survivre avec le groupe, je m'étais fais à la présence de chaque membre de cette communauté, malgré le fait que bien souvent, j'avais ce besoin de me retrouver seul, loin de tout le boucan de la prison. C'était dangereux de sortir, mais c'était ça où devenir dingue, et puis, il fallait bien ramener à bouffer.

A choisir, je préférais encore tomber de temps en temps sur un groupe de rôdeurs.

Carol avait raison. Depuis qu'on avait commencer l'opération sauvetage, je commençais à avoir la quotte comme elle me le disait assez souvent – trop à mon goût. Et même si je grimaçais à cette idée et envoyais mon amie balader quand elle me le faisais remarquer, c'était pas pour me déplaire.

Moi qui avait toujours eu un rôle de sale connard, ça changeait un peu, et puis ça me donnait l'impression d'être utile et de faire enfin quelque chose de bien de ma vie !

Il avait fallu que le monde parte en couille pour que je trouve ma place quelque part ! Quelle merdier quand même !

Quand l'autre nuit Baylee nous était tombée littéralement dessus, il m'avait fallu un moment pour la reconnaître. Pourtant, il était rare que j'oublie un visage, même si je ne l'avais pas vu depuis pas mal d'années.

La petite ado en pyjama planquée dans l'escalier que j'avais rencontrer n'existait plus et je devais avouer que la femme qu'elle était devenue avait tendance à faire vibrer une corde assez sensible en moi.

J'étais un crétin à l'époque où je l'avais vue pour la première fois – et même les fois suivantes ! Merle m'en faisait baver grave, et ma vie étaient un ramassis de merde !

La petite sœur de mon pote Brody. Putain ! J'en croyais toujours pas mes yeux !

Je croyais pas en Dieu et en toutes ces conneries, mais tomber sur elle, alors qu'on était en plein apocalypse, était peut-être un signe ! Un signe de quoi, j'en savais foutre rien, mais elle était là, elle avait survécu.

Un bout de mon passé avait survécu.

J'aurais pu tomber sur n'importe qui d'autre, elle aurait pu être morte depuis des lustres ou transformée en rôdeur, mais non, il avait fallu que ce soit elle et depuis son apparition, j'étais légèrement paumé !

Je savais pas pourquoi ça me faisait un truc pareil, et je ne cherchais pas vraiment à le savoir. Tout ce que je savais, c'était qu'un truc me poussait vers elle, j'avais cette sale impression de devoir m'occuper d'elle.

Je croyais pas non plus en l'existence des fantômes, pourtant en la voyant sur la route, pointant sa flèche droit sur ma caboche, j'avais eu l'impression de voir Brody !

« Il était mort depuis longtemps ce con, il aurait pas pu être sur la route ! » Me dis-je à moi-même.

« Dis, tu compte embrocher tout les écureuils du coin ? »

Ça faisait la cinquième bestiole que j'accrochais à ma ceinture et ça ne m'empêchais pas de ne pas penser.

Pfff je m'étais jamais sentis aussi débile de ma vie ! Mais au moins, il fallait reconnaître que Bee n'était pas gênante.

Parfois il lui arrivait de faire aller un peu trop sa grande gueule, mais je devais avouer que sa présence près de moi ne m'étais pas inconfortable comparer à d'autres. Pour ça, elle avait changée, jamais je l'avais autant entendu parler !

Bee savait rester à sa place. Elle avait toujours été comme ça. Discrète à chaque occasion. Les rares moments que nous avions partager ensemble dans le passé m'avait démontrer qu'avec Bee, tout était toujours facile.

Elle était dans son coin, moi dans le mien, et parler n'avait jamais été un truc qu'on avait fait. C'était ces moments que j'avais le plus apprécier à l'époque.

Ça ne faisait que quelques jours qu'elle était là, mais j'étais assez fortiche pour sonder les gens. Elle avait survécu seule durant plusieurs mois, dans les bois et dans un sens, ça m'impressionnais, car jamais je n'aurais imaginer la ptite intello pouvoir s'en sortir dans le monde de merde où on vivais.

Je me demandais bien, d'ailleurs, ce qui avait pu lui arriver dans sa vie pour faire un virage à 360 degrés comme ça.

« Répond pas surtout » lançai elle d'un ton impatient.

« Écoute l'intello, on rentrera quand JE l'aurais décider ! OK ? Ta cas faire pareil, au moins tu restera pas là à me suivre comme un toutou ! » avais-je répondu, malgré tout moins agacer par son jacassement que par mes réflexions mentales.

« Sérieux Daryl, arrête de prendre cette attitude de Maitre Yoda, ça me fait flipper ! Tuer de l'écureuil tu feras ! A Maître Dixon tu obéira ! Nianiania ! » répliqua t elle, les points sur les hanches en grimaçant.

Je soupirais de désespoir, peut-être avais-je parler trop vite tout compte fait !

Je continuais mon chemin à travers bois, Baylee à ma suite, en tentant de trouver une piste qui m'amènerait à dégommer autre chose que des foutus rongeurs. C'était pas quelques écureuils qui allait nourrir tout le putain de monde qui s'agglutinait dans la prison !

« Mon frère me disait toujours qu'un jour quand je serais grande, je f'rais quelque chose de bien de ma vie, mais il s'imaginait certainement pas que ça serait en zigouillant des écureuils... »

Des craquements se firent entendre au loin, ça avait au moins eu le mérite de faire taire ma coéquipière. A l'affût de mouvements suspects, je tournais sur moi-même en pointant mon arbalète, près à tirer au moindre signe d'un éventuel de danger.

« ou des morts-vivants! » lança Bee sur un ton qui ne valait rien qui vaille

Je me retournais dans sa direction, j'aperçus les macchabées à quelques dizaines de mètres de nous, zigzagant entre les arbres tout en grommelant des sons gutturaux à vomir.

« Putain, on peut jamais être tranquille ! » ronchonnais-je.

J'empoignais le bras de Bee et l'entraînais derrière un gros tronc d'arbre. Prise au dépourvu, elle atterrit sur mon torse, cognant sa poitrine contre mon corps.

Je baissais les yeux sur elle, son visage à quelques centimètres du mien. La peau de ses joues étaient légèrement rosées et son regard fuyant...

« Putain Daryl, c'est pas le moment ! »

C'était pourtant pas la première fois depuis le retour de Bee dans ma vie qu'elle se retrouvait collée à moi. Mais là, c'était pas la même situation.

« Il faut qu'on dégage d'ici » murmurais-je, tentant à peine de dissimuler l'effet de dingue qu'elle produisait sur mon corps.

« On s'y prend comment ? » murmura t elle à son tour en se retournant afin d'essayer d'apercevoir les rôdeurs.

Son dos contre mon torse, mes yeux atterrirent sur le haut de sa tête, descendant en suivant la cascade châtain clair aux reflets cuivrés, je tombais sur ses reins. Ça faisait déjà plusieurs fois en quelques jours que cette partie de son corps avait éveiller mon intérêt.

Dans la bibliothèque, il m'avait fallu me contrôler plus que d'ordinaire pour ne pas que des images viennent m'envahir dans une flopée de pensées réellement pas catho du tout.

Bien qu'emmêler dans un amas de nœuds, ses cheveux lâcher, tombant dans son dos avaient un parfum de fraîcheur et je ne pu m'empêcher de fermer les yeux quand j'en respirais l'odeur.

Quelle petite conne n'empêche ! N'importe quel rôdeur aurait déjà pu s'y accrocher et dévorée sa chair toute fraîche.

« Alors ? On s'y prend comment ? » répéta elle en murmurant sans même se rendre compte que ma concentration avait été déviée de son but.

« Ils marchent en direction de la route ! » remarquais-je « Merde ! »

« Ils sont pas nombreux, neuf on dirait, on peu se les faire ! » avança Bee, sur d'elle.

« Ça serait du suicide, ils sont trop nombreux !»

Mais ma réflexion n'eut pas l'effet voulu. Je la sentis se décoller de mon dos et dans un mouvement fluide et discret, sans un bruit, elle se détacha de moi et allait se positionner derrière un autre arbre à proximité.

« Putain, tu fou quoi là ? » m'emportais-je en essayant de ne pas me faire remarquer.

« Je vais me suicider, mais ta cas rester là si ça te chante pas ! » me lança t elle avec un sourire et une lueur espiègle dans le regard.

« Elle est folle, ma parole !? »

On avait aucune chance de s'en sortir.

S'en que je ne m'y attende, Baylee sortit de sa cachette pour se cacher derrière un autre tronc d'arbre. Je l'observais silencieusement et légèrement en panique.

Qu'est-ce qui m'avait prit de l'emmener en expédition, bordel de merde !? Elle allait nous faire tuer et apparemment, elle se croyait assez maligne que pour affronter une mini-horde de rôdeurs en s'en tirant indemne.

J'avais vu pire et je m'en étais sortie quand même. On avait traverser bien plus rude que neuf rôdeurs jusqu'ici, et Baylee m'avait déjà montrer qu'elle savait y faire pour dégommer ces saletés de cadavres putrides.

Malgré tout, nous en avions déjà affronter 6, marcher plusieurs kilomètres dans la foret et la fatigue commençait à se faire ressentir.

J'observais les alentours, les rôdeurs n'étaient pas rapide pour un clou et les prendre à revers seraient notre seule chance de les dégager l'un après l'autre sans trop de dégâts.

Je sifflais pour attirer l'attention de Baylee qui les observait toujours. Elle me jeta un coup d'œil et j'en profitais pour lui donner les instructions en silence. Elle me fit un signe de tête pour m'informer qu'elle avait compris ce que je tentais de lui dire en langage des signes.

Nous avançâmes chacun de notre coté en nous dissimulant derrière des arbres, contournant ainsi le groupe de rôdeurs afin de les prendre par derrière et par surprise.

Baylee banda son arc et nous décochâmes nos flèches en même temps. Deux rôdeurs d'éliminer pour le prix d'un.

Entendant les deux cadavres tomber lourdement sur le sol, deux d'entre eux se retournèrent à cause du bruit. Deux autres flèches atteignirent leur but, réduisant leur rang au nombre de cinq. Un nombre déjà plus rassurant si nous voulions nous en sortir vivant !

Silencieusement Baylee sorti de sa cachette et fonça directement sur le dos d'un rôdeur, lui enfonçant une lame par le bas du crâne, le tuant instantanément. J'en fis de même. Mais nous furent vite remarquer, les trois derniers se retournèrent d'un même mouvement et nous foncèrent dessus.

Bee et moi nous lançâmes un regard, j'aurais voulu lui crier de courir, de se mettre en l'abri, mais je vis cette foutu étincelle éclairée à nouveau son regard.

Un sourire narquois naissait sur ses lèvres et je me maudit encore une fois d'avoir eu la merveilleuse idée de l'embarquer avec moi.

Je n'avais aucune envie de jouer les héros aujourd'hui, mais à en croire le comportement de la folle qui me faisait office de coéquipière, je n'avais pas tellement le choix.

Je soupirais et me lançais dans la bataille.

D'un coup, j'entendis un cris qui me glaça instantanément le sang. Tout en me débattant contre une grosse merde dégueulasse de rôdeur qui tentait de m'arracher le bras à coup de dents, je jetais un bref regard dans la direction de Baylee.

Les deux salopards s'étaient jeter sur elle, son couteau au sol à deux mètres d'elle et étendue dans la boue, elle tentait de se défendre, envoyant des coups de pieds dans les deux monstres qui apparemment ne sentaient rien.

Dans un élan d'adrénaline, mon poignard atterrit dans la gorge de la créature qui me lâchait instantanément. Le temps que je fonce sur Baylee, elle avait réussi à en éloigner un, que j'attrapais et décapitait d'un seul coup tellement son corps était en décomposition. Sur ce temps, le dernier fini par tomber à son tour.

Le silence de la foret revint rapidement. J'étais essoufflé. Putain, ces conneries, c'était plus de mon age ! La colère monta et je me retournais vers Baylee

« Pourquoi ta fais ça bordel de merde ? » m'énervais-je en balançant mon sac à dos au sol.

Elle était toujours allongée dans la boue, le regard au loin vers la cime des arbres, sa poitrine montant et descendant alors qu'elle tentait de reprendre son souffle.

D'un coup, elle se mit à rire. Complètement paumé, je restais là à l'observer. Nom de Dieu, est-ce que tout ce merdier avait fini par la rendre complètement cinglée ?

Bee fini par se relever. Elle se frotta le visage, ce qui n'avait pas été une bonne idée étant donné ses mains pleines de boue et de sang. Une trace d'un brun rougeâtre barrait son joli visage déjà en sueur et couvert de taches de sang.

« A cause de ce que ta dis tout à l'heur. En faite, à cause de trois choses que ta dis. » Répondit elle alors qu'un bruit horrible se fit entendre quand elle arracha une de ses flèches plantée dans un rôdeur.

« Quoi ? » répliquais-je en grimaçant, tout en récupérant l'une de mes flèches plantée dans l'œil d'un macchabée.

« Alors, de un, je sais viser ! » me dit elle en me menaçant faussement avec sa flèche ensanglantée. « De deux, je suis pas une intello ! » continua t elle juste avant de mettre violemment un coup de talon dans la tête d'un cadavre qui gigotait encore.

« Tu te fou de moi là ? » répliquais-je, n'en croyant pas mes oreilles.

« Pas du tout mon cher ! » lança t elle du tac-o-tac.

« Ta jouer les kamikazes juste pour ça ? Putain, j'y crois pas ! » lançais-je en levant les bras au ciel.

« Kamikaze ?! Mhm nan, je préfère être une ninja ! » sourit elle soudainement, rendant son visage ensanglanté carrément flippant à voir.

« C'est quoi le troisième points ? » lui demandais simplement en me rendant à l'évidence... Cette fille avait définitivement virer cinglée!

« Ta dis que je ne mourrais pas aujourd'hui ! » répondit elle en haussant des épaules, comme si c'était la seule raison valable au fait de se jeter dans une horde de corps pourrit assoiffer de sang et de chairs.

J'étais carrément en colère contre Baylee, mais une partie de moi, que je tentais véritablement d'ignorer, avait quant à elle, décider de me trahir.

Putain, cette gonzesse m'excitait !

Je lui fonçais dessus à grandes enjambées

« Me refais jamais un coup pareil ! T'a piger ? » lui crachais-je au visage, en proie à mes émotions.

Là sur le moment, tout ce que je voulais, c'était la palpée pour vérifier si elle était blessée, et ça me foutait royalement en rogne !

Comme si j'avais pas autre chose à penser et à faire que de m'inquiéter pour cette gonzesse complètement inconsciente.

Je ne compris pas ce qui m'arrivait, l'avoir vu aux prisent de deux rôdeurs m'avait rendu fou.

Mon corps réagit sans que je ne réfléchisse, je me jetais sur ses lèvres sans comprendre la faim qui me tiraillait les entrailles. Dans un acte incontrôlable, immisçais ma langue entre ses dents, sans forcer. Elle se laissa faire, accentuant le baiser à son tour.

Y a des années de ça, j'avais déjà goûté à ses lèvres. Mais le baiser du passé n'avait rien de comparable avec celui-ci. Ce n'était pas un genre de baiser doux et romantique.

Et puis merde, je n'avais rien d'un mec doux et romantique ! Même à l'époque, je ne l'étais pas.

Là, c'était comme le besoin de respirer, de la sentir vivante, de me sentir vivant.

A l'instant, nous nous dévorions mutuellement. J'allaitais, j'avais envie d'elle, j'avais envie de la plaquer au sol et de la prendre sans aucune délicatesse. Un mélange de colère et d'excitation m'enveloppait et je ne comprenais pas d'où cela venait.

Une petit voix commençait à souffler à mon oreille, me persuadant qu'elle aurait aimer ça. Je la mangeais goulûment et elle répondait à mon ardeur avec autant de sauvagerie qu'une louve affamée.

N'en pouvant plus, je la fis reculer contre un arbre. Plaçant mes jambes de chaque côté des siennes, ma bouche lui dévorant maintenant le menton, puis la clavicule, je continuai ma descente vers sa poitrine ronde et ferme.

Bon sang, qu'elle m'excitait !

Sa tête s'adossa à l'arbre contre lequel je la plaquai littéralement et un gémissement s'échappa de ses lèvres. Mes mains entreprirent un voyage, une découverte de son corps, descendant sur son flan jusqu'à la base de ses fesses que j'empoignais violemment.

J'étais comme fou . Je la goûtais, la suçotais, la caressais, je la voulais… Je voulais qu'elle me désire autant que je la désirais en ce moment.

Quand dans une lueur de lucidité mon esprit fut un peu moins embrumer et que je réalisais ce que j'étais entrain de faire et où mes pensées m'embarquais, je la repoussais sans crier gare.

Dans ce monde où l'on pouvait mourir à tout moment, ce n'était foutrement pas l'instant idéal pour se laisser aller... et puis putain, ça faisait même pas une semaine qu'elle était réapparut dans ma vie.

Bordel de merde !

« Je ne te dirais pas de ne plus jamais me refaire un coup pareil. Juste, préviens la prochaine fois ! » lâcha t elle après s'être raclée la gorge, d'un air faussement détacher de la situation tout en essayant de remettre ses vêtements crasseux en place.

Après avoir ramasser nos affaires, et les quelques écureuils qui s'étaient échapper de ma ceinture durant l'affrontement, nous prîmes le chemin inverse dans un silence de mort, un silence, cette fois, oppressant.

La journée avait passer trop rapidement, au point où je ne m'étais même pas aperçu que bientôt le soleil quitterait le ciel.

Il devait être au alentour de dix-huit heure et après tout ce qu'il s'était passer, il était temps de reprendre la route vers la prison, sans quoi, j'étais persuader qu'on partirait à notre recherche, et il était hors de question que qui que ce soit se mette en danger par ma faute !

Putain mec, qu'est-ce qui t'arrive ? Songeais-je.

Décidément, cette journée était vraiment merdique !