CHAPITRE 7 : Not Gonna Die Tonight (Skillet)
Rebrousser chemin alors que le soleil se couchait n'était pas une mince affaire. Ses rayons passaient par dessus la cime des arbres et plongeait la nature dans l'obscurité. Bien que le printemps était là, le soir, il faisait encore vite sombre.
La foret était assez dense et malgré les deux lampes torches, on n'y voyait pratiquement que dalle à moins de dix mètres.
Malgré mon sens de l'orientation, je n'étais même pas certain que nous soyons sur le bon chemin et bien entendu Baylee avait fait en sorte de me le signaler à plusieurs reprises.
J'avais eu envie de lui dire de se la fermer plusieurs fois, mais à quoi bon ? Elle n'en ferait de toute façon qu'à sa tête, en répondant des absurdités pleines de cynismes, comme à chaque fois.
J'en étais encore à me demander ce qui était arriver à la gentille et discrète Baylee que j'avais connu. Cette femme là était bien loin de la jeune intello qui avait, malgré moi, éveiller mes premiers sentiments amoureux.
« Non mais tu t'entend parler, bougre d'imbécile ? Voila que tu cause d'amour maintenant ! Tu sais même pas ce que c'est, crétin ! »
Je ne m'étais pas rendu compte que nous avions parcourut autant de kilomètres. Il fallait vraiment que je me remette les idées en place parce qu'avec cette brume constante dans mon cerveau depuis quatre jours, on allait finir par y passer réellement.
Je m'étais laisser aller, et je me maudissais pour ne pas avoir réussi à me contrôler. C'était pas moi ça ! J'étais pas le genre de gars à se laisser contrôler par ses pulsions ! Pas depuis le début de cette foutu épidémie en tout cas ! Il fallait survivre avant tout !
Putain, reprend toi mec ! Songeais-je.
Nous marchions depuis environs trois heures, alors que nous n'avions pas mit autant de temps pour l'aller et ça commençait à sévèrement me foutre vraiment en boule !
Par chance, aucuns rôdeurs ne nous étaient tomber dessus, et même si je croyais pas en ce foutu Dieu, je priais pour qu'on arrive à retrouver la route avant qu'une autre troupeau de merde de cadavres ne nous retombe dessus.
« On est paumés, Daryl, admet-le ! » lança Baylee derrière moi, ce qui eu le don de me foutre encore plus les nerfs en pelote.
« Mais tu va la fermer bordel ? » répliquais-je, à bout de ses jacassements, en me retournant sur elle, braquant ma lampe de poche dans sa direction.
« T'aurais pas oublier de prendre tes pilules ce matin ? Ça t'arrive de pas être un sale con de temps en temps ? » Cracha t elle avant de me dépasser et de recommencer à marcher.
Super ! Mademoiselle est vexée à présent ! Manquait plus que ça...
Peut-être qu'à partir de maintenant, elle allait enfin me foutre la paix.
Mais je me ravisais aussitôt, au fond, je me traitais d'imbécile. Après tout, je m'en prenais à elle car y avait personne d'autre à qui s'en prendre, ce n'était pas de sa faute si j'avais merder.
J'avais l'impression que nous tournions en rond et ça me rendait foutrement nerveux.
La nuit, dans la foret, tout se ressemblait et j'aurais du prévoir le coup. Je soupirais de frustration. Ça ne servait à rien de continuer à marcher, car tout ce que l'on faisait, c'était nous mettre encore plus dans la merde.
« On devrais trouver un abri plus sûr qu'ici pour la nuit, ensuite on rentrera » lâchais-je alors que je rattrapais Bee qui avait prit de l'avance.
« Ce serait bien oui. Parce que "La nuit des morts-vivants" ça finit mal ! » répliqua t elle un sourire dans la voix.
Est-ce qu'un jour je m'y habituerais ?
« J'en sais rien, je l'ai pas vu ! » lançais-je comme si sa réplique n'était pas destinée à me faire péter un câble.
« Nan sérieux ? » répliqua Bee sur un ton moqueur.
« La ferme, Bee ! »
Malgré moi, je souris à ma réflexion. C'était plus fort qu'elle, il fallait qu'elle ajoute toujours une pièce et je me demandais si c'était vraiment si dur que ça pour elle de garder le silence plus de cinq minutes. Ou alors elle avait vraiment décider de me faire chier jusqu'au bout.
« Daryl ? » lança Baylee après quelques instants de silence qui me parurent trop court.
« Quoi encore ? » soupirais-je en fermant les yeux pour rester calme.
« Y a une maison là-bas. » dit-elle calmement en braquant sa lampe de poche dans la direction d'une cabane.
J'observais dans la direction où Bee braquait sa lampe torche.
Comment avait-elle fait pour voir cette cabane dans cet obscurité ? Je du plisser des yeux pour apercevoir le bâtiment, bien cacher parmi les arbres et l'amas de plantes qui recouvrait une partie de l'habitation, qui avait du servir d'abris pour chasseurs.
« On y va. » lançais-je sans hésitation en lui passant devant sans même lui accorder un regard.
« Mais pas de quoi Dixon, je t'en prie » grommela sarcastiquement Baylee derrière moi.
A proximité du bâtiment, nous avançâmes en silence. Il valait mieux s'abriter plutôt que de passer la nuit à tourner en rond dans cette foutu foret. Ce n'était pas le plan, mais au moins, nous ne passerions pas la nuit à découvert.
J'espérais néanmoins que personne à la prison ne prendrait le risque de partir à notre recherche. Une fois le soleil lever, nous retrouverions notre chemin et pourrions enfin rentrer sans trop de dégâts, du moins c'est ce que j'espérais.
Je remarquais alors que lorsque les choses se compliquaient ou que la situation demandait de la concentration et du sérieux, Baylee devenait une toute autre personne.
Dans la nuit, je ne pouvais pas voir les traits de son visage, mais tout dans son comportement, dans sa manière de bouger, indiquait qu'elle avait activer le mode survie. Ça aussi ça me plaisait.
Lorsque je l'avais ramassée sur le sol de la salle de douche le soir de son arrivée, et les trois nuits qui avaient suivit, j'avais eu un petit être fragile dans les bras.
A ce moment là, dans la douche, si Maggie n'avait pas été présente, je n'aurais pas su quoi faire. Je n'étais pas vraiment habituer à ce genre de choses. Ça me mettait mal à l'aise.
Mais voir Baylee, passer de la survivante forte et austère que j'avais rencontrer dans la foret à une petite poupée de chiffon en pleine crise de panique m'avait couper le souffle.
Les trois dernières nuits avaient également été un supplice pour moi.
Allongé dans mon lit, dans ma petite cellule, voisine de celle de Baylee, j'avais entendu ses sanglots, et ça m'avait glacer le sang.
Ça avait été plus fort que moi ! Il avait fallu que je m'occupe d'elle, même si j'avais détaller comme un lâche avant le lever du soleil.
Je savais qu'elle était en sécurité, je savais qu'elle était calmée, que ses cauchemars ne reviendraient pas la hantée durant la journée, alors j'avais pris mes jambes à mon cou et nous n'en avions jamais parler.
Je ne comprenais pas pourquoi cette femme me faisait cet effet. Je ne comprenais pas pourquoi j'avais ce besoin de prendre soin d'elle, d'être là à ses cotés pour la protéger, je ne comprenais pas ce qui me poussais à agir ainsi, mais je le faisais quand même. C'était plus fort que moi.
Peut-être étais-ce parce que Brody avait été mon seul ami durant une période merdique de ma vie pourrie et que j'avais l'impression de bien lui devoir ça.
J'avais du abattre mon propre frère, je ne pouvais que comprendre la sensation de solitude quand on perd sa chair et son sang.
Un mois et demi s'était écouler depuis la mort de Merle, et je pensais que jamais je ne pourrais me remettre de cet épisode. Merle était un connard, il avait toujours été un connard, mais c'était mon frère.
Baylee en avait vue des vertes et des pas mures avec Brody pendant longtemps, et lui aussi était mort.
Peut-être que c'était la raison pour laquelle j'avais cette attirance envers Bee. Elle était comme moi. Seule dans ce monde de merde, sans personne à qui s'attacher !
Discrètement, je montais les deux marches du péron, qui grincèrent sous mes pas. Bee resta à attendre, à l'affût du moindre mouvement alors que je me dirigeais vers la première petite fenêtre près de la porte d'entrée.
Les vitres étaient foutrement sales et avec ma manche je frottais doucement le carreau pour tenter de regarder à l'intérieur. Il faisait complètement noir à l'intérieur et je du braquer ma lampe torche vers l'intérieur de la cabane pour y voir clair.
Ça devait faire une éternité que plus personne de vivant n'avait du s'abriter dans cet endroit car tout avait été laisser en plan, et heureusement la lumière de ma lampe n'éclaira aucun rôdeur. La voie était libre.
Je fis signe à Baylee de me rejoindre et nous rentrâmes par la porte, qui avait été laissée ouverte.
La petite cabane n'était pas bien grande, juste une pièce d'environs trente mètres carré, où était installer un lit de camp, une table, un divan et deux grandes armoires qui croulaient sous les ustensiles de cuisine et du matériel de camping.
L'odeur de renfermer n'était pas insupportable et quand bien même elle l'aurait été que ça n'aurait rien changer.
Tomber sur un abris sur était un luxe que nous avions rarement lors des expéditions et j'étais bien content d'être tomber dessus, alors même si ça puait le vieux et la poussière, je remerciait le ciel de nous avoir épargner une nuit à la belle étoile.
Par mesure de précaution et en tentant de faire le moins de bruit possible, je fis glisser l'une des armoires devant la porte d'entrée, après avoir fermer le verrou. On était jamais trop prudent !
Sous le lit de camp, Bee découvrit des couvertures en laine, qui n'étaient pas de toute première fraîcheur, mais c'était mieux que rien. Dans un coin de la pièce avait été construit une cheminée et aux trois petites fenêtres pendaient de grosses tentures.
« On va pouvoir se faire un festin » lança Bee de l'autre coté de la pièce avec, dans ses mains, plusieurs boites de conserves.
« Dépose ça et ferme les tentures, je vais allumer un feu » marmonnais-je.
« Tu sais qu'un s'il te plais, ça te tuera pas ? » répliqua t elle en s'affairant à fermer la première tenture.
Je restais silencieux face à cette réflexion.
C'est vrai que parfois – souvent – je pouvais être un vrai connard, mais elle finirait par s'y habituer, comme moi, je finirais certainement par m'habituer à sa langue bien pendue et ses répliques sarcastiques.
Je me passais la main sur le visage et pris une inspiration par le nez. La fatigue me rattrapait et je me serais bien mis une claque pour que mes yeux restent ouverts.
Pour concentrer mon attention sur quelque chose, je m'affairais à remplir la cheminée de quelques bûches qui avaient été soigneusement rangées près de l'âtre. Le feu ne tarda pas à réchauffer la pièce et je restais un moment, accroupit devant les flammes, à les contempler.
Le silence régnait dans la pièce et seul le crépitement du feu venait troubler ce silence si apaisant.
Je me relevais et réchauffais mes mains quelque secondes avant de repenser à Bee ce silence n'était pas normal. Je me retournais et la vit, recroqueviller sur le canapé poussiéreux, les yeux fermés.
Sa respiration était calme et je pouvais voir sa poitrine se soulever doucement. Elle s'était endormie comme une souche et j'aurais aimer pouvoir en faire de même, mais il fallait bien que l'un de nous monte la garde au cas où.
Je déposais mon arbalète et saisie l'une des couvertures en laine que je venais doucement déposer sur elle pour ne pas la réveillée, et m'installais à l'autre bout du canapé, avec mon arbalète et mon sac à dos posé à mes pieds.
La nuit allait être longue...
Je commençais à fouiller mon sac, il devait bien se trouver là ! Je le trouvais enfin après avoir vider tout le contenu du sac sur le sol... Merde, ce foutu paquet de cigarette était vide ! Bordel ! Putain, j'avais foutrement envie d'une clope ! Je broyais le paquet vide dans mes mains et le balançait dans les flammes. Je soupirais d'exaspération. J'étais crever...
Je me rappelais des fardes de cigarettes récupérées à la station service et cherchais le sac à dos de Baylee des yeux. J'avais aucune envie de me lever.
Fuck ! Tant pis ! Songeais-je.
Je me laissais tomber dans le fond du canapé en grognant, ce qui eu pour effet de le faire trembler. Baylee gémit, et durant un instant, je l'observais. Son visage avait l'air si serein quand elle dormait.
Je l'avais déjà observée la nuit dernière, et celle d'avant aussi, en essayant de comprendre. J'avais été qu'un crétin ! Pourquoi je lui avait sauter dessus comme ça ? Je me reconnaissais pas !
« Pourquoi tu m'observe comme ça ? » murmura Baylee
D'un coup, je détournais le regard et préférais braquer les yeux sur les flammes qui crépitaient dans la cheminée.
Après quelques instants dans un silence trop lourd, je risquais un regard sans même tourner la tête. Baylee avait les yeux grands ouverts et m'observait à son tour. Putain !
« Je me demandais » fini t elle par dire, brisant ainsi le silence. « Avec Brody, vous étiez amis. Pas vrais ? »
Sa question me mit mal à l'aise. Le souvenir de cette période de ma vie était douloureux pour moi.
«Ouais » murmurais-je simplement
«Comment vous êtes devenu amis ? Je veux dire... Je sais que vous vous êtes rencontrer au garage de mon père... mais, j'ai jamais su ... »
« Brody, c'était un gars bien ! Merle, il en avait rien à foutre. Tout ce qui comptait pour lui, et ce qui a toujours compter c'était Merle... sa came, l'alcool et les gonzesses. Brody, lui, il voulait juste s'éclater un peu, décompresser, tu vois ? » déblatérais-je d'une traite sans même reprendre ma respiration.
« Décompresser de quoi au juste ? » me demanda Bee, en se redressant. « Il était pas très bavard à son sujet à cet époque, il me disait jamais rien!» continua t elle d'un ton triste.
« Ton frère il voulait juste que tu t'inquiète pas, que t'aille à l'école, que t'sois bien, qu't'ai une vie normale. Il me parlait souvent de toi...»
Cette révélation eu pour effet de faire revenir le silence dans la pièce. Quand je risquais un regard vers Bee, ses yeux étaient plonger dans les flammes. Peut-être en avais-je trop dit ?! Les ombres dansaient sur son visage, rendant ses traits plus durs qu'ils ne l'étaient en réalité.
Au plus je l'observais, au plus je me disais que cette femme avait quelque chose que peu avaient, même dans ce foutu monde plein de pourritures de cadavres ; elle était forte et fière, un putain de caractère de merde et une langue bien pendue, trop parfois.
Au fond, Baylee Anderson était aussi une putain de dur à cuir, comme l'avait été Brody. Sous ses airs d'intello discrète, elle l'avait toujours été. Moi j'avais du le devenir par la force des choses, avant même que l'apocalypse nous tombe sur le coin de la gueule, et chaque personne dans cette saloperie de monde avaient du devenir comme ça pour survivre, mais chez Baylee, c'était comme encrer, comme si elle était née avec cette force.
Brody avait du élever sa sœur seul, et pendant que les autres mecs de son age s'envoyaient en l'air ou picolait dur, lui il avait du subvenir aux besoins de Baylee. J'avais admirer ça chez lui.
Jusqu'au jour où il avait rencontrer Merle et qu'il avait lâcher l'affaire.
Malgré ça, Baylee, c'était comme la femme de sa vie, c'était sa petite sœur et il en était fière de sa « p'tite Bee ».
Il m'en parlait tellement souvent que j'avais eu l'impression de la connaître aussi bien que lui et que pour la première fois de ma vie, j'avais eu envie de m'intéresser à quelqu'un d'autre qu'à Merle ou à ma p'tite personne.
C'était pas un truc de mec ! Ça c'était sur ! J'avais moi aussi connu ça, la fraternité, à la différence que Merle, lui, était un vrai enfoiré et que c'était sa gueule avant la mienne.
« C'est grâce à lui si je suis toujours vivante aujourd'hui. Après la mort de nos parents, il m'a apprit tout ça. Il m'a apprit tellement de choses. » murmura t elle. « Et je suis certaine que si y a un Paradis, cet enfoiré est installer dans son hamac avec un casier de bière et qu'il se marre bien en nous regardant essayer de survivre ! »
Baylee tourna son regard vers moi et je n'arrivais pas à décrocher mes yeux d'elle. Elle me sourit, et après un moment se leva du canapé sans un mot de plus.
Je la suivis du regard. Elle récupéra son sac, fouilla deux secondes dedans avant de m'envoyer une farde de cigarettes dans les mains et de récupérer les quelques boites de conserves qu'elle avait laisser sur la petite table.
« Ta faim ? » lança t elle en me décrochant un grands sourire sincère.
« J'ai la dalle ! » répliquais-je
Elle revient s'asseoir sur le canapé et déposait les boites entre nous sur le sol. Nous commençâmes à manger les haricots sans prendre la peine de les chauffer.
« Merde, c'est carrément dégueulasse !» s'exclama Baylee en riant après sa première bouchée, mais elle ne s'arrêta pas de manger pour autant.
Les quatre boites de conserve furent engloutie à une vitesse record. Les boites vides au sol, je déballais un paquet de cigarette. La clope d'après manger, c'était sacré !
Je balançais le paquet entre Bee et moi et me laissais retomber dans le canapé en recrachant ma première bouffée. Sans même la regarder se servir dans le paquet, je lui tendais mon briquet et actionnait la flamme. Elle me remercia et s'installa à son tour.
Ça avait comme un goût de déjà-vu.
Malgré les circonstances, c'était plutôt agréable de me retrouver là, dans un canapé, à fumer une clope et j'étais assez reconnaissant envers Baylee de ne pas revenir sur ce qui s'était passer dans la foret. Ma perte de contrôle me foutait déjà assez mal à l'aise et en rogne contre moi-même.
Nous restâmes ainsi, dans le silence, à déguster chaque bouffée durant quelques minutes. La fatigue me rattrapait de plus en plus, et manger dans un état comme ça, n'avait fait qu'accentuer le processus.
« Tu devrais dormir, je monte la garde » lançais-je alors qu'elle luttait contre le sommeil depuis quelques minutes.
Elle ne répondit rien, se recroquevilla sous la couverture en laine.
« Réveille moi dans deux heures, je prendrais le relais » murmura t elle.
Bee n'avait pas tarder à sombrer dans un sommeil profond. Je l'enviais. J'avais jamais vraiment réussi à dormir d'un sommeil de plomb depuis que tout ce merdier avait commencer, et c'était pire depuis que Baylee avait refait surface.
Je restais là, à cogiter dans mon lit et en tendant l'oreille pour essayer de percevoir le moindre son venant de la cellule d'à coté.
Je me levais discrètement et réapprovisionnait le feu en bûches, les nuits étaient encore fraîches malgré le retour du printemps et la chaleur assommante en journée.
C'était ça la Géorgie ! Des moustiques à longueur d'année, et maintenant des putains de monstres partout, morts ou vivants.
Les minutes passaient et j'avais l'impression que le temps s'allongeait de plus en plus. Je restais assis dans ce canapé à attendre que le temps passe. Mes yeux me piquaient, et je devais de plus en plus lutter pour les garder ouverts. Je m'affaissais petit à petit, et sans m'en rendre compte, je sombrais moi aussi dans le sommeil.
Je me réveillais doucement dans une chaleur étouffante. L'esprit encore dans le brouillard, je me rendis compte que mes bras encerclaient le corps endormit de Baylee. Son corps chaud était blottit contre le mien, ses jambes enlaçant les miennes...
Putain de merde !
Je voulu me dégager discrètement mais un râle sortit de sa bouche, et me fit paniquer comme un gamin. Comment on avait fait pour se retrouver dans cette position, nom de Dieu !?
Merde, merde, merde !
Putain, il manquait plus que ça...
