CHAPITRE 8 : Start Again.
« Putain bouge toi » grommela Daryl alors que j'ouvrais à peine les yeux.
Beaucoup trop violent comme réveil.
Il me poussa et s'assit sur le bord du divan, les deux mains sur le visage à se masser les yeux énergiquement, puis il prit une grande inspiration et se leva.
Je restais étendue sur le canapé, sans trop savoir quoi dire, quoi faire, aussi tendue que la corde de mon arc.
« Faut qu'on bouge, magne toi ! » fini t il par dire sans même me lancer un regard.
Tandis qu'il s'affairait à remettre les cigarettes dans son sac à dos et à récupérer les quelques boites de conserves restantes, je me levais et entrepris d'en faire de même, dans un silence des plus total.
Les dernières vingt-quatre heures avaient été pleines de rebondissements. Les moments passer en la compagnie de mon nouveau coéquipier avaient été des plus particuliers, voir même très particuliers !
J'étais légèrement dans le flou quand à savoir quoi penser de cette aventure et surtout de Lui.
Je marchais aux cotés de Daryl sans dire un mot, tout cela trottant dans ma tête. J'essayais de me refaire une rétrospective des événements en me demandant où les choses avaient commencer à déraper.
J'aurais sans doute pu lui poser directement la question mais bizarrement, je restais muette.
Une espèce d'intimité très bizarre et mystérieuse était née sans même que ma conscience ne s'en aperçoive réellement. Certes, il y avait eu l'épisode de la douche et les trois nuits dans ma cellule, mais dans mon esprit, tout cela n'avait été que des actes spontanés et mécaniques d'un survivant envers un autre survivant.
Et puis, le groupe paraissait si soudé, comme une famille, que ce genre de chose devait certainement être courant entre eux. Se réconforter, s'épauler et s'aider les uns les autres, c'était leur truc !
Je me demandais ce qui était passer par la tête de Daryl pour me sauter littéralement dessus. Encore mieux, je me demandais comment j'avais fais pour atterrir allongée à moitié sur lui au petit matin. Surtout, comment cela avait été possible de dormir aussi profondément dans une situation aussi particulière que celle de la nuit dernière.
Néanmoins, je devais avouer qu'il me semblait que ça faisait une éternité que je n'avais pas dormi d'un sommeil de plomb de la sorte.
L'adrénaline ? Une solitude extrême trop prolongée ? Le fait qu'il soit, en quelque sorte, une partie de mon passé ? Ou qu'il ai été, jadis, le premier homme à hanter mes fantasmes, voir plus ? Ou peut-être tout en même temps...
Tout en continuant d'arpenter la foret en direction de la route – du moins je l'espérais – je l'observais du coin de l'œil.
Sous ses airs d'homme des cavernes devait certainement rester quelques brides du jeune homme timide que je n'avais pas vraiment si bien connu que ça et qui pourtant m'avait fait l'effet d'une bombe durant des mois.
« Pourquoi tu m'observe comme ça ? » lança Daryl de sa voix rauque, sans même me jeter un regard.
Un partout, pensais-je, mais je restais cloîtrée dans le silence, marchant comme si de rien était.
Environs deux heures après un réveil plus qu'embarrassant et une ambiance quelque peut tendue, nous arrivions enfin devant la moto, toujours dissimulée derrière la haie de feuillage où Daryl l'avait laissée la veille.
Je me sentais soulagée.
J'allais retrouvée les murs solides de la prison et surtout, j'allais pouvoir m'isoler pour tenter de comprendre tout ce qui se passait, même si, j'étais fortement tentée de laisser tout cela dans le flou en me disant que ça avait juste du être un acte sans importance suite aux circonstances.
Commencer à penser à ce genre de chose alors que le monde continuait de sombrer dans de l'ectoplasme me paraissait plus que déplacer.
Mais surtout, ça m'avais plus, et malgré ça, je savais pertinemment que les histoires de ce genre tournaient généralement mal.
Alors, je me disais qu'il était peut-être préférable de planquer ce qui était arriver dans un tiroir et de ne plus y penser du tout, sauf que c'était plus facile de le penser que de le faire.
Voila huit années que je n'avais plus revu ses yeux bleus et son air constamment coupable. Malgré moi, ça me chamboulait plus que je ne l'aurais voulu.
Daryl et moi n'avions jamais partager plus que quelques instants volés.
Je ne savais même pas dire de quel genre de relation il s'agissait alors. Quand bien même si à l'époque, mon cœur ne battait que pour lui, j'avais à peine 18 ans. J'étais jeune et stupide.
Brody et Merle n'en faisait tout deux qu'à leur tête, et il était arriver bien souvent que Daryl et moi nous retrouvions seuls dans ma cuisine, ou sur le perron de ma maison.
Après des mois de ce petit manège, lors d'une soirée trop arrosée, nous avions partager un baiser, et je ne l'avais plus jamais revu par la suite. Malgré tout, ça avait été un moment magique... Un moment magique que j'avais fini par bannir de ma mémoire avec le temps.
Je secouais la tête pour faire disparaître mes pensées et les images qui m'assaillaient.
J'avais l'impression de faire un retour en arrière et de me retrouver à nouveau dans la peau de la jeune fille que j'étais alors, et bien que cette époque des plus normale n'était pourtant pas si lointaine de celle que nous vivions actuellement, je me devais de me rendre à l'évidence c'était une époque révolue pour toujours !
Dans la foret, cela n'avait été qu'un agréable moment de perte de contrôle. Rien que ça !
Je rejoignis Daryl sur la moto après qu'il ai fait gronder le moteur, en hésitant à poser mes mains autour de sa taille. Ce rapprochement avait, à présent, une tout autre connotation à mes yeux, me replongeant malgré moi dans un souvenir du passé.
Le biker tourna légèrement la tête vers moi, alors que j'observais ses épaules raidies depuis que j'avais hésiter à le toucher.
« A propos de ce qui ... » commença t il de sa voix rauque.
« C'était rien, rentrons maintenant. » répliquais-je, sans attendre d'entendre le genre de tirades aux quelles j'étais déjà si habituée avant que le monde devienne cinglé et que les morts reviennent à la vie.
La tirade du genre : « T'es une bonne copine, alors je veux pas gâcher ça ! »
Je n'étais plus une ado, le monde n'était plus ce qu'il était, les années avaient passées, et rien ne serait plus comme avant.
J'avais déjà assez perdu de gens que j'aimais dans ma vie antérieur et revivre l'expérience de la perte ne m'enchantais vraiment pas, alors il fallait coûte que coûte que je chasse cette satanée boule qui naissait à présent dans mon fort intérieur.
Devenir orpheline alors qu'on est même pas totalement sortie de l'enfance, avec comme seul exemple parental un grand frère paumé avait suffit. Certes, il s'en étaient bien sortit durant les quelques années où nous avions vécu ensemble, malgré ses pétages de plombs existentiels et ses relations peu fréquentables.
Alors, après sa mort, j'avais été comme vaccinée des gens. Au plus ils étaient loin de moi, au mieux je me portais.
Me retrouver seule à devoir survivre n'avait, sommes toute, pas été très différent de devoir grandir sans parents, sans beaucoup de revenus, et sans plus d'attaches après le décès de Brody. La vie était déjà un combat constant, à la différence près, qu'à ce moment là, les morts ne s'étaient pas encore relever de la tombe pour anéantir le monde, bien sur !
La solitaire et anti-social que j'étais revenait au galop. Les quatre jours à vivre en communauté et à réapprendre à communiquer avec des êtres humains paraissaient soudainement loin après ces dernières vingt-quatre heures.
Malgré tout, je me réjouissait quand même de retrouver un semblant de civilisation et les quelques personnes qui, à présent, faisait partie de ma vie.
Je n'étais peut-être pas si irrécupérable que ça tout compte fait.
Après un moment de route qui me paru interminable et où nous n'avions échanger aucune parole, j'aperçus enfin les grilles en métal et les tours de garde de mon nouveau chez-moi. J'en fus plus que soulagée.
Carl et Blondie ouvrirent le grillage afin de nous laisser entrer dans l'enceinte et Daryl remonta l'allée de graviers à une allure soudainement moins soutenue.
Au plus nous arrivions près de la cour, au plus son dos me paraissait tendu, mais je tentais de ne pas me focaliser sur l'attitude soudainement étrange du biker, même si j'imaginais bien, qu'à l'instar de moi, Daryl avait certainement du, lui aussi, pas mal cogiter durant le trajet qui nous ramenais à la maison.
Avais-je été trop dur ? Avais-je manquée de tact ? Aurait-il souhaiter sincèrement discuter de ce qui s'était passé pour je-ne-sais-quelle raison obscure ou simplement me certifier que tout cela n'avait aucune importance ? Si ça avait été son intention, j'avais certainement du le prendre de cours.
Alors que Daryl coupait à peine le moteur de sa moto, Maggie, Carol, Glenn et le grand gars du nom de Tyresse arrivaient déjà sur nous en courant.
« Nom de dieu, qu'est-ce qui vous est arriver ? » lança Carol en proie à une colère non dissimulée.
« On était super inquiet » renchérit à son tour Glenn
Je descendais de la moto en tentant de me faire le plus petite possible. J'attendais de Daryl qu'il prenne les choses en main afin de s'expliquer avec les membres de son groupe.
Après tout, c'était sa faute ! C'est lui qui avait décider de cette petite excursion improvisée, juste pour voir ce que je « valais sur le terrain » !
« On s'est r'trouver coincé. Pas le choix d'attendre le matin pour rentrer.» dit-il simplement en descendant à son tour de son destrier, comme si cette simple phrase possédait toutes les explications que ses compagnons attendaient.
Je me sentais encore une fois mal à l'aise. Décidément ça devenait un état permanent !
Maggie, qui jusqu'ici n'avait pas bronché, se tourna vers moi. Je regardais le sol, comme une enfant s'étant fait prendre à piquer des cookies avant le dîner.
Percevant mon malaise, la grande brune vient vers moi et me prit dans une accolade dont je n'étais absolument pas habituée. Je restais plantée là, les bras ballants, ne sachant comment réagir.
« Je me suis super inquiéter ! » me murmura Maggie sans me lâcher pour autant.
« Faites en pas un plat. » grommela alors Daryl sur un ton agacé, ce qui eu le mérite de faire froncer les sourcils de Carol.
Encore un peu, j'aurais parié qu'elle l'aurait attraper par l'oreille pour lui mettre une correction. Malgré moi, cette idée me fit sourire.
Maggie dénoua enfin ses bras d'autour de moi et se retourna en lançant un regard mauvais à son ami avant de s'éloigner. Glenn la suivit, ainsi que Tyresse.
Je décidais de suivre le troupeau. Après tout, je n'allais pas rester là à attendre la neige.
En m'éloignant en direction du bâtiment, j'entendis Carol et Daryl commencer à parler, mais étant déjà trop loin, je ne perçu que quelques mots vagues.
Après avoir traverser la prison, je laissais enfin tomber le drap qui servait de rempart entre le reste du monde et moi. Je jetais mon sac et tout mon attirail dans un coin de ma petite cellule et m'asseyais sur mon lit.
C'était réconfortant de me retrouver enfin dans ce qui, à présent, devait être devenu ma chambre. Je regardais les murs gris, en pensant qu'un brin de décoration n'aurait pas été du superflu, cela rendrait la minuscule pièce un peu plus agréable à vivre. Quelques livres également seraient les bienvenus.
Je retirais mes chaussures, et ensuite mes vêtements, qui avaient grandement besoin d'être relaver après les derniers événements. Ils étaient à nouveau plein de sang, de terre et couvert d'autres substances indescriptibles.
C'était devenu une routine. Le sang, la terre, la transpiration et les fluides corporels puants. Je soupirais. C'était ça la vie maintenant. Bien que cela faisait déjà des mois que nous étions tous plonger dans ce chaos, un espoir était toujours enfuit en moi. Peut-être qu'un jour, tout cela se terminerait. Mais après avoir vécu l'apocalypse, réussirions-nous seulement à retrouver des vies un tant soit peu normal ? Je l'espérais encore, malgré qu'une petite voix me soufflait de l'intérieur qu'il ne fallait pas trop rêver.
Toute mes affaires en boule au pied du lit, je m'affairais à me débarbouiller du mieux possible avec un linge et un reste d'eau dans une bassine, mais prendre une douche était sérieusement plus qu'envisageable. Néanmoins, je n'avais pas vraiment envie de sortir de mon cocon, alors je reportais à plus tard.
Je ne pouvais m'arrêter de réfléchir, de penser. A aucun moment Daryl n'avait quitter mon esprit, rendant les questionnements à son sujet de plus en plus nombreux et persistant.
Il était à présent ma dernière attache à un passé révolu. Je m'étais crue seule, et je l'avais malgré tout été, mais maintenant ? Qu'en était-il ? Comment devais-je le considérer ?
J'imaginais trois scénarios possible le premier étant de reprendre un comportement normal, en tant que coéquipier de fortune, le mettre sur le même piédestal que Maggie, Glenn et tout les autres, si tout du moins cela était possible. Le second, faire ma vie comme si il n'existait pas. Le troisième...
Je me mettais une claque mental à l'idée de laisser des sentiments m'atteindre. Définitivement, seulement deux options s'offraient à moi, et je décidais qu'il ne pouvait en être autrement.
C'était stupide de croire qu'un nouveau départ était possible entre nous. Certes, j'avais été follement amoureuse du biker, mais les années avaient passé, je n'étais définitivement plus la même, et Lui, n'avait plus grand chose avoir avec le jeune homme que j'avais connu.
L'après-midi qui suivit notre retour, je l'avais passer à laver mes vêtements dégueulasses, ensuite dans la bibliothèque, à choisir les livres que j'allais emprunter puis à les disposer dans ma cellules. J'avais également aider à l'entretien du potager, sous un soleil de plomb.
J'avais réellement besoin de m'occuper l'esprit, alors je m'étais mise à la tâche, en essayant de ne plus penser à autre chose qu'au moment présent. Le ici et maintenant, c'est tout ce qui existait et tout ce qui était important.
Carl et Rick – surtout Rick en fait – y passait le plus clair de son temps. C'était une activité plus qu'agréable, si on arrivait à faire abstraction des râles et grognements divers de ces saloperies de cadavres ambulants qui s'amassaient le long de nos grilles.
« Comment tu arrive à les oublier ceux là ? » demandais-je à Rick en pointant les macchabées du pouce derrière moi.
« On s'y fait à la longue ! Et puis, j'ai ça aussi. »
L'ancien chef du groupe sorti le lecteur mp3 de sa poche arrière en me lançant un sourire en coin.
« Oh . Mon . Dieu ! Il fonctionne vraiment ? » m'exclamais-je en ouvrant des yeux comme des soucoupes et en souriant de toutes mes dents.
De la musique ! Je n'en croyais pas mes yeux ! Cela faisait si longtemps que des notes n'étaient pas entrées dans mes oreilles.
Pour l'inconditionnelle que j'étais, posséder un lecteur en bon état et fonctionnel s'apparentait à être en possession d'un trésor inestimable.
Les livres et la musique avait toujours fait partie de ma vie, et avant que tout ne parte en sucette dans le monde, il ne passait pas un jour, pas une heure sans que de la musique ne tourne dans mes oreilles. C'était une drogue !
N'était-ce pas ce bon vieux Platon qui avait dit « la musique donne une âme à nos cœur et des ailes à la pensée » ?
« Bien sur ! Tu veux écouter ? » me demanda le grand brun, alors qu'il m'observait d'un œil taquin.
Rick me tendit l'appareil et je ne me fis pas prier pour enfoncer les écouteurs et de suite cliquer sur le bouton « play ».
Une espèce d'euphorie sublime me monta de l'estomac alors que les premières notes de guitare électrique arrivèrent à mon cerveau ! Bordel de merde, ce que c'était bon !
Je fermais les yeux et ne pu m'empêcher de dodeliner de la tête alors que le vieux son rock me réchauffait le cœur, et l'âme.
Quelques minutes s'écoulèrent et quand vint la fin de la chanson, c'est avec un sourire à m'en faire péter les zygomatiques que je retirais les écouteurs de mes oreilles.
« Merci ! Tu ne te rend pas compte du cadeau que tu viens de me faire, Rick ! » articulais-je en tentant de ne pas laisser paraître l'émotion qui me montait aux yeux.
Le grand brun me lança un sourire en coin et reprit le lecteur que je lui tendais.
« Réclame le quand tu veux. Si ça te donne un tel sourire, je ne te priverais pas de ce bonheur. » répliqua l'ancien chef de groupe.
Je le remerciais d'un hochement de tête et me remis à la désherber la parcelle de légume envahie de mauvais herbes.
« Papa ? » interpella Carl. « Patrick et moi, on va nourrir Violette »
« Je t'ai déjà dis de ne pas leur donner de prénom ! » s'égosilla Rick, apparemment agacé.
« Violette ? » m'étonnais-je, un sourcil arquer en proie à un fou-rire.
« Ouais, c'est n'importe quoi d'appeler un cochon Violette »
Je ne pu m'empêcher de glousser face à l'air dépité qu'arborait le grand brun.
Quelques heures plus tard, alors que le soleil était sur le point de commencer sa descente dans le ciel bleu de Géorgie, c'est en riant à gorge déployée que Rick et moi remontâmes du potager.
J'aimais bien l'ancien chef de groupe. Malgré sa réticence à prendre part à la gestion du groupe, les autres le considéraient toujours comme leur chef à part entière, et bien souvent l'un ou l'autre venait lui demander conseil. Gentiment mais sûrement, il les envoyait sur les roses, mais j'avais pu capter à certain moment une étincelle dans son regard.
Depuis que j'étais arrivée dans la communauté carcérale, j'avais appris tout le parcourt qui avait amener le groupe jusqu'à cet instant où j'y avais moi-même pénétrer.
Rick portait une grande affection aux membres de sa famille. Cet homme avait été détruit par la mort de sa femme, mais j'avais pu déceler que sous cette carapace, un leader sommeillait, même si le grand brun se refusait à l'admettre.
Alors que je riais, j'aperçus au loin Daryl, assis sur un banc. Ses prunelles bleues me sondaient et je me sentis de suite complètement nue sous se regard de braise. Je continuais à marcher, mais Rick s'aperçut de mon malaise
« Tu sais, quand on le connais un peu, il est pas si désagréable que ça »
« Je sais »
« C'est vrai. J'avais oublier que vous vous connaissiez déjà.» me rétorqua Rick en souriant.
« Ça remonte à trop loin pour pouvoir affirmer que c'est toujours le cas. »
Rick et moi nous séparâmes.
Je marchais en direction de l'entrée et passait devant le biker sans lui adresser un coup d'œil, baisant la tête pour éviter de laisser paraître le tourment qui commençait à poindre le bout de son nez. Je sentis malgré tout son regard peser lourd sur moi, et tandis que j'accélérerais le pas. J'entendis des pas de courses me rejoindre
« On peut parler ? » me lança Daryl en se mettant à ma hauteur.
« Si tu veux » répondis-je simplement, en haussant des épaules.
Assise sur la grande table de la bibliothèque, je serrais les poings nerveusement. Daryl faisait les cent pas devant moi, tout aussi nerveusement. La pièce était silencieuse, seule le son de ses pas venait perturber le malaise qui s'installait de plus en plus et aucun de nous eux n'avait l'air de vouloir entamer cette discussion...
« J'suis désolé » murmura Daryl, me faisant relever les yeux vers lui.
Il s'était adosser à l'une des étagères remplies de livres, à quelques pas de moi. Je l'observais silencieusement. Son regard cacher par ses cheveux était braquer sur ses pieds. Il y avait des choses qui ne changeraient jamais, même en plein chaos apocalyptique.
« C'est rien, je t'ai dis » répliquais-je en soupirant.
« Nan c'est pas rien. Je t'ai mis en danger » répliqua t il d'une voix pleine de culpabilité.
« Qu'est-ce que tu raconte ? » m'étonnais-je.
« J'aurais pas du t'emmener avec moi. Et... j'aurais pas du me comporter... comme je l'ai fais »
« Putain Daryl, ta pas à t'excuser. » lançais-je en sautant sur mes pieds. « J'y ai pas vraiment mit du mien pour que tout se passe bien... et je t'ai pas repousser non plus. »
Silence... Comme si, pour lui aussi cela était une révélation, il releva les yeux sur moi, surpris de m'entendre avouer qu'il n'étais certainement pas le seul coupable dans l'histoire et dans la perte de contrôle survenue dans les bois.
« On a passer l'age de ces conneries, tu crois pas ? »
« Mhm » acquiesça t il.
« T'es le dernier vestige de mon passé, Daryl. J'aurais pu passer le reste de cette vie de merde seule, mais maintenant, je suis là... tu es là... »
« Et ? » me lança t il en braquant son regard interrogateur dans le mien.
« Je veux que ça se passe bien. C'est tout. » soupirais-je en détournant les yeux.
« Brody à été comme un frère pour moi, tu sais.» murmura t il après un long silence.
« Pourquoi alors ? » demandais-je.
Je n'avais pu m'empêcher de poser la question muette, qui dans mon esprit avait tournée en boucle bien trop souvent à mon goût. Du jour au lendemain, Daryl avait disparu de ma vie, et de celle de Brody par la même occasion. Mon frère avait dés lors refuser de parler des frères Dixon, comme si, le sujet, après des mois, était devenu soudainement tabou.
A l'époque, je n'avais pas compris la tournure des choses, et à l'instant, j'avais comme le besoin de savoir pourquoi il était sortit de ma vie. Bien qu'alors j'avais passer des jours, et des nuits, à me poser cette simple question, j'avais fini par oublier et passer à autre chose...
« J'étais pas le même qu'aujourd'hui. Et tout ça, c'était devenu trop bizarre.»
Ça sonnait comme des excuses. Des excuses, qui fut un temps m'auraient certainement briser le cœur. Néanmoins, ça ne répondait pas à la question, quoi qu'il en soit, le temps avait passer et le passé était le passé...
« Je comprends. Alors, aujourd'hui, on peut tout recommencer. »
Ses yeux devinrent plus sombre, son regard devint plus sombre, tandis qu'il gardait le silence. J'aurais tout donné à l'instant pour pouvoir lire dans l'esprit torturer de Daryl Dixon. Il était une énigme à lui seul. Le mystère le plus compliquer à élucider.
« Écoute, on a changer, tout ça nous a changer. T'es plus le même et je suis plus la même non plus. Je veux dire, on peut être amis, non ? »
« On a jamais été amis » soupira t il.
« Il est jamais trop tard pour commencer.» répliquais-je en souriant.
