Salut à tous, bienvenue chez Ozymandyas, qui a repris l'écriture et qui est de retour de vacances ! Je vais tenter pour cette nouvelle année de paraître aussi souvent que possible, même si je ne garantis pas de tenir mes promesse ! (vous savez, moi et les promesses…)
Enjoy !
Chapitre XIII : La bibliothèque du septième étage
9 novembre 1991
C'était le dimanche précédant la rentrée. La journée avait été occupée majoritairement par le retour massif des élèves, créant un chaos difficilement descriptible. Depuis leur arrivée, à 18h, tous en même temps, les couloirs étaient envahis de camarades cherchant leurs amis, de bousculades et de bouchons aux entrées des salles communes. Le château était en effervescence et l'ambiance étouffante. Les professeurs peinaient à faire régner l'ordre, et Peeves en avait profité pour semer la pagaille sans en porter les conséquences. Il avait balancé des bombabouses sur un groupe de cinquième année qui venait de rentrer dans le hall principal. Il avait fallut une bonne heure à Rusard pour réparer les dégâts et l'entrée avait été bouchée durant tout le nettoyage.
Draco Malefoy errait dans les couloirs, en attendant le banquet de rentrée, moins garni que celui de septembre, mais tout de même honorable. Il errait au septième étage, dans un couloir délaissé des élèves. Il ne savait comment, mais ses parents avaient renoncé à l'envoyer à Durmstrang, et évitaient même le sujet. Il avait passé le reste des vacances à récupérer de sa ''Crise de Samhain''. Cela faisait depuis sa naissance qu'il la subissait. Alors âgé de presque six mois, il s'était mis à gémir de douleur dans les bras de sa mère, et tous ses efforts furent vains pour le calmer. Ses parents s'étaient résignés à attendre la fin de la crise. Cependant, l'année suivante, sa crise était à nouveau survenue. Il avait alors été amené à un guérisseur magique, sans qu'il ne puisse rien faire. Il étaient allés partout, avaient fréquenté les personnes les moins recommandables du monde sorcier pour trouver une solution à ce ''problème'', mais sans succès. Tous leur conseillait d'attendre que la crise passe, car ils ne pouvaient rien y faire. L'un d'entre eux alla même jusqu'à suggérer que Draco était possédé par une entité maléfique qui se révélait à la Samhain, mais l'idée semblait tellement ridicule qu'elle fut écartée immédiatement. Les crises se poursuivaient et devenaient de plus en plus fréquentes, passant de l'annuel au mensuel en deux ans, obnubilant sa vie. C'était d'ailleurs une crise qui était son premier souvenir. Sa mère penchée sur lui, des lumières sombres, et la douleur intense qui lui traversait le front, accompagnés de sifflements, comme des murmures, des voix terrifiantes et incompréhensibles pour son âge.
Souvent, ces crises mensuelles se déclaraient après une situation de stress intense ou une émotion très forte et elles étaient incontrôlables. Plus il les retenait, plus elles étaient fortes. Elles se manifestaient toujours sous des formes différentes, mais le plus souvent, il était sujet à des crises de folie où il frappait tout ce qui passait à sa portée si il en avait l'occasion, des crises où il extériorisait toutes les émotions qu'il avait enfermé en lui, le menant parfois au bord d'une folie durable.
Draco cherchait le calme, car il n'était pas complètement remis de sa crise de Samhain. De couloir en couloir, il y avait toujours quelques personnes qui troublaient son isolement. Il parcourait les couloirs et finit par arriver dans un corridor vide. A coté de lui, il y avait un vase immense en métal, probablement de l'étain, et il faisait face à une gigantesque tapisserie. Elle représentait un homme dans une position ridicule, entouré de trolls visiblement sidérés par le danseur ou prêts à l'attaquer. « La Leçon de danse aux trolls de Barnabas le Follet, » se dit le serpentard, « une histoire bien connue des sorciers sur les dangers de l'action sans la réflexion. »
Personne dans le couloir, enfin. Il allait enfin pouvoir être au calme. Mais alors qu'il commençait enfin à se détendre, des bruits de discussions lui parvinrent. Il soupira et s'avança vers l'autre bout du couloir dans l'espoir d'y trouver une sortie ou un endroit calme. Il avait fait la moitié du chemin vers son extrémité lorsqu'il s'aperçut que le couloir était un cul de sac, illuminé par une unique fenêtre. Il allait se retourner lorsqu'il entendit un bruit. Il venait du mur qui faisait face à la tapisserie du Follet. Il pivota et vit devant lui une porte, qui n'était pas là auparavant. « J'étais pourtant sûr qu'il n'y avait pas de porte sur ce mur ! » se dit-il. Il abaissa le loquet et poussa la porte. Devant lui se trouvait une salle de taille modeste, avec une bibliothèque et un canapé et plusieurs fauteuils. « C'est exactement ce que j'aurais voulu ! » Draco entra et la porte se referma derrière lui. Il s'avança vers la bibliothèque et pris un livre au hasard. « L'Encyclopédie des Goules ? Qui aurait envie de lire un livre sur ces créatures ? » Il l'ouvrit néanmoins et, s'asseyant sur un fauteuil, se mit à lire.
Il adorait lire. Quel que soit le livre, son sujet, son style, poésie, romans, livres d'histoires, grimoires de magie, il lisait et dévorait tout. Il avait appris à lire dès ses trois ans et dévorait tout ce qui lui passait par la main : livres de contes, recettes de cuisine, même les comptes que tenait son père. Tant pis si il ne comprenait pas tout, il fallait qu'il lise, ce qui lui avait permis très tôt de se tourner vers l'apprentissage. À ses 8 ans, il avait lu les livres de première année de Poudlard et dès ses 10 ans, il avait fini le programme de 3ème année et possédait une connaissance théorique très importante pour son âge. Mais il était maintenant face à une problématique : Il n'avait plus rien à lire. Il avait dévoré la bibliothèque familiale (exception faite des livres dont son père lui avait interdit la lecture, mais qu'il lirait à un moment ou à un autre), il avait tout lu des ''Contes et Légendes d'Angleterre'', des ''Poèmes de l'Esprit'' et des ''Recueils de nouvelles fantaisistes'', il avait terminé la section enfant de la librairie Fleury et Bott et peinait à trouver de nouvelles lectures, aussi, cette bibliothèque mystère était une aubaine, enfin il pourrait découvrir de nouvelles œuvres !
Le vert et argent n'arrêta sa lecture que lorsqu'il entendit un ''Hum hum'' provenir d'un coin de la pièce. Il releva le nez de son livre, alors qu'il lisait un chapitre qu'il trouvait passionnant sur les origines des goules et, comme il ne voyait personne, il lança un : « Est-ce qu'il y a quelqu'un ? » dans le vide.
« Je suis assez impressionné que tu aies trouvé cette salle. »
La voix venait de l'entrée. Draco tenta de déceler de qui il s'agissait, mais celle-ci devait se cacher dans l'ombre, car il n'arrivait pas à la voir. Une silhouette se détachait dans l'ombre, mais sans qu'il parvienne exactement à l'identifier. Sa voix lui était également inconnue. Et pourtant…
« Le banquet va bientôt être servit. Tu ferais mieux de rejoindre la Grande Salle. »
La vision de Draco se troubla et le monde sembla tourner autour de lui. Il ferma les yeux, presque machinalement. Lorsqu'il les rouvrit, il était dans un couloir adjacent à la Grande Salle. Il était vaseux et ne tenait que difficilement sur ses jambes. Réussissant presque miraculeusement à se maintenir debout, il observa autour de lui tout en tentant de comprendre ce qui lui était arrivé. Son père lui avait pourtant assuré que les portoloins et le transplanage ne fonctionnaient pas dans l'enceinte de Poudlard ! De plus, il avait pris de nombreuses fois le portoloin, mais jamais il n'avait ressenti ce genre de sensations ! Tout ceci était confus, et l'événement lui semblait si irréel qu'il pensa avoir rêvé. Ce n'est qu'au moment où il rejoignit la masse d'élèves passant les portes de l'immense salle à manger qu'il s'aperçut qu'il avait encore le livre sur les goules dans la main.
Sa conversation l'ennuyait profondément. Visiblement, les enfants sangs-purs avaient reçu l'ordre de leurs parents de sympathiser avec lui et ils leurs obéissaient sans discuter. Et c'est ainsi qu'il s'était retrouvé dans une conversation à un seul sens avec Pansy Parkinson, horrible jeune fille colportant les ragots avec passion et hargne. Lui songeait à son aventure au septième étage. Il faudra qu'il y retourne. Définitivement. « Draco, tu te rends compte ! Ursula Dawson ! Ursula Dawson ! Elle n'est même pas de famille noble ! … Dis Draco, tu m'écoutes ? »
Draco leva la tête de son assiette. Pansy le regardait avec attention, comme si elle attendait une réponse. « Euh…. Je ne sais pas ? Excuse moi, mais de quoi tu parles ? »
Sa réponse ne dut pas plaire à sa camarade, car elle renifla dédaigneusement, une capacité propre aux Parkinson qui se la transmettaient de génération en génération. Draco, interloqué, regarda le vide quelques secondes, tentant de comprendre la situation, avant de replonger dans ses pensées et son assiette. Malgré ses cogitations, il ne parvenait pas à comprendre ce qui lui était arrivé. En désespoir de cause, il reporta son attention sur la salle. Tous les élèves n'étaient pas encore arrivés et la Grande Salle se remplissait graduellement. Son regard se baladait sur les bancs d'élèves et sur l'entrée. Il cherchait des yeux deux personnes, qui n'étaient pas encore arrivées. Le premier était Neville Longdubat. Neville était quelqu'un d'intéressant. Il paraissait faible, autant magiquement que physiquement, presque cracmol à toute personne ne le connaissant que peu, mais une fois cette barrière passée, ce qui n'était pas une mince affaire, même après plusieurs mois d'amitié, Draco avait découvert quelqu'un d'intéressé, curieux, possédant de grandes connaissances théoriques pour son âge et surtout, absolument pas cracmol. Il devait d'ailleurs être d'une grande puissance magique, car il semblait se freiner lorsqu'il lançait un sortilège, pour s'empêcher d'en créer un trop puissant. Neville Longdubat, le serpentard surprise, qui était devenu son ami le plus proche, malgré les réprimandes de ses parents et les railleries des autres serpentards. Il aurait du être leur Prince, il n'était que leur Bouffon. Même ses deux acolytes gardes du corps, Crabbe et Goyle, l'avaient abandonné quelques semaines après la rentrée, à cause de ses liens avec le ''Griffon Espion''. Il avait reçu de nombreuses réprimandes de ses parents pour ses liaisons, ceux-ci préférant le voir avec de ''véritables sang-purs'', mais peu lui importait.
L'autre était bien évidemment Harry Potter, la plus grande énigme de Poudlard. Se pourrait-il que ce soit lui, l'homme qui l'avait trouvé au septième étage ? Il était si loin de ce physique que s'en serait aberrant ! Il arriva après tout le monde, mais personne ne le remarqua. Tous étaient concentrés sur leurs assiettes et mangeaient en discutant bruyamment avec leurs voisins. Il se déplaçait discrètement, comme une ombre, sans que quiconque le remarque et s'assit à côté de Draco et de Neville, qui se dévisagèrent : visiblement, leur camarade était sur le point de leur parler de quelque chose. Dumbledore prononça un discours de bienvenue largement ignoré par la plupart des élèves et fit un ample geste du bras. Les plats tant attendus apparurent sur les tables et tous se mirent à manger. Neville et Draco attendaient toujours un signe de leur camarade (ils ne pouvaient toujours pas se permettre de l'appeler ''ami''), mais celui-ci s'empara du plat de pommes de terre et se servit, les ignorant de manière flagrante. Pendant de longues minutes, aucun des trois ne parla. Le Survivant mangeait et les deux autres attendaient, mais sans savoir quoi exactement.
Les tables des maisons mangeaient tous gaiement ignorant totalement la tension montante entre trois premières années. Les serpentards discutaient de choses et d'autres, principalement de rumeurs et d'histoires de familles, en se vantant entre eux de leurs vacances ou de leurs dernières acquisitions, les serdaigles lisaient presque tous des livres ou des parchemins, les pouffsouffles bavardaient bruyamment tout en se faisant de nombreuses blagues, mais les plus représentatifs de leur maison étaient sans aucun doute les gryffondor : de leurs tables émanaient un brouhaha indescriptible et cacophonique, un chaos de blagues, d'éclats de voix et de rires. Même les pouffsouffles, pourtant réputés sympathiques et bon vivants ne parvenaient qu'avec difficulté à faire abstraction de leurs voisins envahissants. Le dîner se termina après trois quarts d'heure sans un mot de la part de Draco, Neville et du Survivant. Les deux premiers n'avaient pas mangé, mais curieusement n'avaient pas faim. Ils attendaient.
Lorsque les premiers élèves quittèrent la table, Harry Potter se leva silencieusement et quitta discrètement la Grande Salle, immédiatement suivi des deux serpentards complices. Les deux élèves, en suivant leur camarade, quittèrent le chemin qui les mènerait aux cachots et à la salle commune de Serpentard. Il suivirent Harry à travers les couloirs de l'école, sans tenter de se manifester. Ils prirent les escaliers, qui les menèrent au septième étage. Draco ne réagit pas lorsqu'il comprit où ils allaient, mais n'en cogitait pas moins. Ce serait donc lui, finalement, l'homme ? Mais pourquoi les mener à une bibliothèque ? Il observa attentivement son ami Neville, pour voir une réaction. Celui-ci semblait inspecter et enregistrer chaque recoin du parcours qu'ils effectuaient, afin sans doute de pouvoir retrouver l'endroit où ils allaient plus tard. Ils prirent plusieurs couloirs dérobés, correspondants à chaque fois à ceux que Draco avaient pris pour aller à sa bibliothèque. Enfin, ils atteignirent le couloir cul-de-sac. Draco posa immédiatement les yeux là où devrait se tenir une porte de bois relativement simple, voire rustique, mais à sa place il ne vit rien. Le serpentard était de plus en plus perdu. À coté de lui, son camarade ne semblait pas en mener plus large. Leur guide se retourna vers eux. Il tendit la main vers le mur, et sourit. Le mur sembla s'écarter sur une solide porte de chêne, bien différente de celle que Draco avait vu. Ce dernier était abasourdi, tout comme son camarade. Ce qu'ils allaient découvrir, il le pressentait, était quelque chose que tout sorcier ne voyait pas tout les jours. Comme si ils répondaient à un ordre, Draco et son ami se dirigèrent vers la porte que leur tendait Harry Potter. Draco poussa la porte et pénétra dans ce qu'il croyait être une bibliothèque. Ce n'en était pas une.
Et voici ! Désolé du temps d'attente, mais bon, les vacances, tout ça, tout ça… Merci beaucoup pour vos reviews ! C'est ce qui me motive de continuer !
Sur ce :
luffynette : J'espère tenir sur la durée et mériter ce génial pour la suite !
Le Poussin Fou : Certains mystères seront révélés, mais pas tout de suite… comment créer une ambiance sombre sans zones d'ombre ?
Sabrina-visiteur : Merci:) Pour la Samhain, je trouvais ça étonnant qu'Halloween soit basiquement la version moldue de la fête. C'est la fête des esprits et des morts tout d'abord, alors il fallait que ça change ! Draco sera révélé (en partie) par la suite, mais pas immédiatement. Avant de résoudre certains points de l'histoire, il faut d'abord la mettre en place.
Angelyoru : J'adore laisser des zones d'ombre dans mes histoires (même si je sais exactement e qui se cache derrière), c'est l'intérêt principal d'une histoire. J'aime les mystères. C'est bien les mystères. Quand aux Dursleys… eh bien tu verras !
Et voici qui conclut ce chapitre 13 ! Merci d'être de plus en plus nombreux à me lire ! J'espère ne pas vous avoir trop manqué !
Ozymandyas
