Bonjour tout le monde! (Ou bonsoir ^^) Eh oui vous ne rêvez pas! Voici enfin la deuxième part de ce two shot!

J'espère qu'il vous plaira! Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis à la prochaine

(Eh oui je me tais déjà comme quoi, les miracles se produisent X) )


Partie 2 - Harry

Je regarde les nuages à travers mon hublot alors que mon avion s'envole pour Londres. Et je stresse déjà. Je suis également très excité et heureux de revoir Hermione. Je ne l'ai pas vu depuis les dernières vacances d'été où elle était venue avec ses parents comme chaque année depuis nos six ans. Cependant, c'est mon premier voyage en terre anglaise et j'avoue être très fébrile pour ça. J'aurais seulement préféré qu'il n'y ait que ça… Qu'une visite à une très chère amie…

Essayant de me détendre, je prends le livre que j'ai pris en prévision pour faire passer le voyage plus vite et je tente de me concentrer dessus.

Pour voir qu'à la fin du vol, au moment d'atterrir, j'ai à peine lu un chapitre. Je suis incapable de dire de quoi cela parlait et ma voisine qui à l'air d'avoir plus ou moins mon âge s'en ai rendu compte et me lance des petits regards moqueurs.

Je pousse un soupir, passant mes mains dans mes cheveux déjà en désordre et range mes affaires pour être prêt à descendre.

Valise à la main, je regarde l'aéroport. Tout le monde se presse et se bouscule pour pouvoir avancer. Je me mets un peu de côté le temps que la foule se disperse avant de chercher mon amie du regard.

Je repère rapidement Hermione, facilement identifiable par sa tignasse épaisse et bouclée et son débardeur léger d'un rouge qui attire l'attention.

Elle a sacrément changé depuis notre première rencontre. La puberté et la maturité l'ont faites passer de rat de bibliothèque et Miss Je-Sais-Tout de service à jeune femme épanouie et sûre d'elle. Sublime. Mais elle reste une grande fervente de livres et de connaissances.

Je m'empresse de la rejoindre, la prenant dans mes bras et nous rendant mutuellement notre « câlin de retrouvaille » comme on dit.

_ Hermione ! Je suis tellement content de te voir. Merci de m'avoir invité et de m'aider. Comment ça va ?

_ Très bien Harry, merci. Et je t'en prie, ça me fait plaisir de t'aider. Les amis sont faits pour ça non ? Et toi comment vas-tu ?

_ Oui, c'est vrai mais je te remercie quand même. Bah écoute, ça va super.

Elle me sourit et m'attrape par le bras pour me diriger et m'entraîner hors de l'aéroport.

_ Je t'épargne pour aujourd'hui le métro, le bus et la marche parce qu'avec ta valise se serait pas pratique, j'ai pris ma voiture pour venir te chercher. Mais comme j'habite pour ainsi dire dans le centre ville, je ne l'utilise que rarement.

_ Ne t'en fais pas, ça me va. Je préfère marcher, tu le sais.

_ Oui, comme ça tu peux t'arrêter et prendre des photos. Je me demande pourquoi j'ai pensé que tu allais râler, rigole-t-elle. Je crois que j'ai trop l'habitude d'entendre Pansy et Ron râler.

_ Tes amis n'aiment pas se promener ? Je demande en m'arrêtant alors que nous arrivons à la voiture.

Hermione ouvre le coffre, j'y dépose ma valise et nous nous installons dans la voiture avant qu'elle ne me réponde.

_ Ce n'est pas qu'ils n'aiment pas, c'est surtout que ce sont des pures feignasses ! Tout est bon pour éviter de marcher plus de trois pas. Ils préfèrent la tranquillité d'un café aux merveilles d'une promenade. Mais il faut dire qu'ils ronchonnent pendant deux minutes et puis après ils profitent autant que nous. C'est surtout pour le principe.

Je rigole en hochant la tête. Daddy est comme ça aussi. Malgré ses quarante ans, il se met à bougonner comme un gamin dès que Papa et moi lui proposons d'aller nous promener en bord de mer ou en centre ville. Mais il finit toujours par retrouver sa bonne humeur et nous faire tourner en bourrique à aller et venir comme un fou avec Paddy, notre labrador. Un vrai gamin !

0o0o

Je baisse mon appareil photo et me tourne vers Hermione qui a un sourire amusé sur les lèvres.

_ C'est bon ? On peut y aller ? Me demande-t-elle.

Je rougis un peu mais acquiesce, retournant à ses côtés pour la suivre jusqu'au point de rencontre.

_ C'est bien la première fois que je serais en retard, encore plus quand c'est moi qui donne rendez-vous au groupe. Je vais surement en entendre parler pendant des plombes.

_ Excuse moi… Je…

_ Tu ne pouvais pas t'en empêcher. Je le sais Harry, c'est bien pour ça que tu es si doué, c'est parce qu'en plus d'avoir un don, tu travailles dur pour réussir. Ne t'en fais pas.

Ah, la logique d'Hermione. Mais j'avoue que j'apprécie ce genre de chose. Peu de personnes comprennent mon besoin de prendre des photos comme ça. Les seuls se sont Daddy, Papa, Neville et donc Hermione. Peu de gens avec qui je peux être moi-même mais… Il vaut mieux peu d'amis sincères et compréhensifs qu'énormément d'amis idiots et ne se fiant qu'aux apparences.

Alors que je range mon appareil photo dans mon sac, nous arrivons devant un café qui à l'air très sympathique.

_.... Je lis. Ça à l'air très cosy.

_ Oui, accorde sans problème Hermione. C'est notre point de ralliement depuis le lycée. Ils font des gâteaux au chocolat à tomber. Vient, tout le monde doit nous attendre.

A peine nous entrons et nous approchons d'une table où six personnes sont déjà installées que des exclamations s'élèvent.

_ Ah bas enfin ! S'écrie un jeune homme à la peau chocolat tout sourire. C'est bien la première fois que tu es en retard, surtout quand c'est toi qui donne rendez-vous.

_ Désolée, je faisais visiter le coin à Harry, s'excuse Mione en se décalant pour me rendre visible.

Je regarde un peu les personnes autour de la table en leur faisant un petit sourire, incertain de comment ils vont m'accueillir et d'un signe de la main comme première salutation.

_ Tout le monde, je vous présente Harry, reprend-elle en s'asseyant et m'invitant à l'imiter. Harry est un ami que j'ai rencontré en France il y a plusieurs années et où j'y passe un mois chaque été. Nous nous y retrouvions à chaque fois et nous sommes devenus très amis, gardant le contact même en dehors des vacances, tout le long de l'année. Je lui ai proposé un séjour en Angleterre afin de lui faire visiter mon pays pour une fois.

_ Ça va être compliqué de communiquer, tout le monde n'est pas bilingue, remarque un rouquin plein de tâches de rousseurs et avec des yeux bleus incroyables.

En le voyant, ma main me démange de prendre mon appareil photo et de faire une séance de shoot pour réussir à trouver la bonne lumière, le bon angle, le bon endroit pour capturer cette joie de vivre toute simple qui émane de lui.

_ Il n'y aura pas de problème, Harry est lui-même bilingue et parle très bien anglais, assure Mione avant de se tourner vers moi, me permettant de me concentrer sur autre chose que mon envie de photographie. Harry, je te présente Ron, sa sœur Ginny, Pansy, Blaise, Théo et enfin Draco.

Après chaque prénom, la personne concernée me dit un bonjour que je retourne sauf pour le dernier qui ne me fait qu'un signe de tête un peu sec et agacé. Je ne lui retourne qu'un simple signe de tête incertain avec un petit bonjour.

_ Ne fais pas attention à Dray, Harry. Il veut juste faire part de sa mauvaise humeur à tout le monde, m'assure Mione en français, le faisant grogner.

J'acquiesce doucement en me disant que ça a surement à voir avec le fait qu'elle l'ait menacé pour qu'il sorte de chez lui, même si je ne sais pas exactement ce qu'elle lui a dit. Je n'ai entendu que des bribes plus ou moins compréhensibles de leur conversation.

Dans tous les cas, je suis plutôt content qu'il soit venu. Tous les amis d'Hermione ont chacun leur petit truc qui attire un peu l'attention et qui me donne envie de faire quelques photos. Lui par contre… Il a une beauté froide et distante, sans parler de sa mauvaise humeur actuelle qui le rend inaccessible et follement attirant. Je crois que je pourrais passer des jours à le suivre pour pouvoir capturer toutes ses expressions, immortaliser toutes les émotions qui passent de minuscules instants sur son visage et dans ses yeux.

_ Je suis ravi de vous rencontrer, je souris pour détourner l'attention de mon cerveau. Merci de m'avoir accueilli, j'espère que ça ne vous embête pas que je vienne ainsi sans vous avoir prévenu…

_ Bien sûr que non, Harry ! S'écrie Ginny -si je ne me trompe pas- avec un grand sourire. Combien de temps restes-tu ici ? Il y a tellement de choses à visiter !

_ Oh… Eh bien… Ce n'est pas vraiment… J'avais pensé à deux semaines mais j'ai la possibilité de rallonger un peu mon séjour.

En voyant mon hésitation et mon air un peu triste, Hermione serre brièvement ma cuisse sous la table pour me témoigner son soutien. Du coin de l'œil, je vois le sourcil de Draco se relever un peu. Visiblement il a bien compris qu'il y avait quelque chose d'autre… Hermione avait raison, il est très perspicace.

_C'est la première fois que tu viens en Angleterre ? Me demande Théo.

_ Oui, en effet. Hermione m'en a beaucoup parlé, tout comme elle m'a beaucoup parlé de vous. Et puis elle connait ma ville et mes propres amis, alors c'est mon tour de découvrir son environnement. Et puis qui ne souhaiterait pas visiter Londres quand on lui en donne la possibilité ?

Tout le monde à la table hoche fervemment la tête en guise d'assentiment. Visiblement, ils sont amoureux de leur ville. Mon séjour sera sans aucun doute absolument génial parmi eux, j'en suis sûr.

La conversation se poursuit, vive et enthousiaste, chacun me posant des questions. Les plus exubérants sont Blaise et Ginny. Ron n'est pas loin derrière avec Pansy mais Draco et Théo sont, sans conteste, des personnes calmes et réfléchis. Même s'ils suivent les délires de leurs amis sans vraiment d'hésitations.

0o0o

Ces dix derniers jours sont passés à une vitesse folle. Ginny et Pansy se sont faites un plaisir de me trainer partout à travers la capitale pour me faire visiter. Tout y est passé, aussi bien les monuments historiques que les coins un peu moins connus, leurs endroits préférés et bien entendu, les magasins. Blaise et Ron quant à eux se sont amusés à me raconter des anecdotes sur chaque endroit que nous visitions et faisaient les idiots quand ils décrétaient qu'on avait trop marché, s'asseyant n'importe où pour pouvoir reposer « leurs pauvres pieds endoloris ». Théo et Draco, eux par contre, étaient plus centrés sur le contexte historique liés aux lieux que j'ai découvert.

Nous n'avons pas fait que des visites, nous nous sommes parfois posés dans un parc pour manger le midi, nous avons fait des soirées canapés-télé absolument hilarantes avec Ginny, Pansy, Ron et Blaise refaisant les scènes de films dans une imitation parfaite et à la seconde prés. Et bien sûr, sous l'impulsion des deux filles, des sorties boite de nuit, à mon plus grand désarroi au vu de mon incapacité à danser en rythme. Mais contre toute attente, j'ai autant apprécié ces soirées là que celles plus tranquilles devant un marathon film.

Je n'ai cependant pas oublié le pourquoi « initial » de ma présence en Angleterre. Des réponses à mes questions.

Grâce à Hermione j'avais pu faire des recherches un peu plus poussées que lorsque j'étais en France. Elle avait même pu m'emmener à Poudlard. Mais l'école étant fermé pendant l'été, nous n'avions pas pu aller plus loin que le hall d'entrée et de toute façon, personne à part le personnel n'a accès au registre de passage. Même pour une recherche aussi simple que la vérité sur ses parents biologiques…

Après tout ce temps sans un seul indice, je me dis que je ferais mieux d'abandonner. Et peut-être demander aux premiers concernés…

0o0o

J'ai annoncé en début de semaine que je repartais dimanche après-midi. J'ai déjà fait durer mon séjour plus que de raison et je pense qu'il est temps que j'affronte Daddy et Papa pour avoir mes réponses. Sans parler de mes cours qui recommencent un peu plus tôt que dans la plupart des écoles et que j'ai encore des petites choses à régler pour mon appartement entre détails barbants et administratifs.

C'est en parlant de mes cours que le reste du groupe a compris que ma passion pour les photos n'était pas que cela. Et après exigence d'Hermione pour que je leur montre mes clichés, ils se sont extasiés dessus pendant près de deux heures. J'ai dû leur montrer des photos de mon séjour, celle que j'ai prise pour mes cours, pour mes examens, mon book et surtout celles de ma vie de tous les jours sur Neville et mes autres amis, et de mes parents. Ça n'a que duré deux heures parce que j'ai fini par les stopper, étant donné que je n'avais pas beaucoup de photos sur moi.

Ils m'ont tous encensé pendant un sacré moment mais surtout, Draco en avait profité pour m'inviter à une exposition, me disant que les autres ne pouvaient pas venir. Quand j'ai parlé de ça avec Hermione, elle m'a juste fait un sourire avec un clin d'œil entendu et ce regard « je sais quelque chose que tu ne sais pas encore », sa spécialité, avant de me répondre un simple « non, déjà occupée ».

Je me retrouve donc ce vendredi soir avec Draco à mes côtés, m'extasiant sur les photographies exposées. Je fais en sorte de ne pas trop y prêter attention, mais je me sens un peu en marge parmi tous ces aristocrates anglais, habillés classe et le visage figé dans un sourire faussement amical de circonstance. J'ai l'impression d'être le seul à être venu ici pour vraiment voir une exposition de photos.

Mais je fais en sorte de ne pas leur jeter le moindre regard, me focalisant sur l'exposition et sur Draco qui me regarde avec un petit sourire moqueur.

_ Tu ne trouves pas cette photo magnifique Draco ? Je demande en français.

Je me tourne vers lui et pose ma main sur son bras pour attirer son attention. Il me sourit et me répond en français également. J'adore l'entendre parler français, entendre ce léger accent anglais dans sa voix. Nous avons pris l'habitude de parler ma langue maternelle -tout du moins l'une d'elle- quand nous parlons ensemble. Des discussions qui peuvent durer des heures… Et qui font toujours râler Ron et Pansy puisqu'à part Hermione et Draco personne ne parle couramment français dans leur groupe, même si Théo a quelques notions et apprend très vite.

_ Si, elle est belle, je veux bien l'avouer mais pourquoi autant s'extasier sur une simple photo de couché de soleil ? On en a tous les soirs.

Je ne peux empêcher ma bouche de s'entrouvrir, à la fois d'indignation et de surprise avant qu'elle ne s'étire dans un sourire. Je sais qu'il ne fait que me taquiner, il adore ça. De ce qu'Hermione m'a dit, à part leur groupe, les gens prennent aussitôt la mouche face à son sourire en coin moqueur et ses sarcasmes. Sans parler du fait que peu de monde a la répartie nécessaire pour le moucher à son tour. Mais avec Daddy à la maison, j'ai vite appris à répliquer et j'ai moi-même une langue plutôt acérée quand le besoin se fait sentir. Et que je ne suis pas trop envahi par mes émotions.

_ Tu n'es pas obligé de te moquer de moi et de mon enthousiasme Draco Malfoy. Je vois que tu apprécies cette photo et que tu n'as rajouté la fin de ta phrase que pour m'embêter.

Et puis je dois avouer que j'adore voir ce petit sourire en coin sur ses lèvres…

_ Draco, mon chéri, je ne savais pas que tu venais ce soir. Tu aurais pu me le dire…

Je me tourne un peu vers la femme qui vient d'arriver. Elle est très belle, très aristocratique. Elle a le port altier de ce genre de personne qui sait qu'elle peut vous faire tomber à genoux devant elle pour lui baiser le bout de ses chaussures ou alors vous faire vous sentir à sa place à ses côtés, tout cela selon son bon vouloir. Daddy l'a aussi quand une personne le met vraiment en colère, son éducation d'aristo ressort.

A côté de moi, Draco lui fait un sourire discret mais tendre alors qu'il lui répond :

_ Mère, je suis désolé. J'ai été plutôt occupé ces derniers temps et j'ai proposé à un ami de m'accompagner. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur…

_ Un ami ? Répète-elle surprise en haussant un sourcil alors que Draco m'attrape par le bras pour me rapprocher de lui et me placer juste à ses côtés, nos épaules se frôlant.

_ Oui. Mère, je vous présente Harry Black. C'est un ami français d'Hermione qui est venu lui rendre visite et découvrir un peu Londres par la même occasion. Il doit cependant repartir dimanche après-midi. Harry, je te présente ma mère, Narcissa Malfoy.

_ Enchanté, Madame Malfoy, je salue en prenant délicatement la main que sa mère tend comme Sirius me l'a appris alors qu'elle me regarde en fronçant les sourcils avant de faire un grand sourire.

_ Moi de même Monsieur Black. Vous avez l'air de bien parler anglais…

_ Oui, je suis bilingue. En fait, mes parents sont d'origine anglaise et m'ont toujours parlé anglais à la maison.

_ Ah ! C'est fantastique ! J'ai moi-même quelques notions de français mais je suis loin du niveau de mon fils ou d'Hermione. L'exposition vous plait-elle ?

_ Beaucoup, je souris. Les photos sont absolument magnifiques.

_ Harry fait des études de photographie, Mère, ajoute Draco, récoltant un regard noir de ma part.

Il sait que j'ai horreur d'être mis en avant même si ce n'est pas exactement ça ici mais il a l'air tellement fier en disant ça que je ne dis rien.

_ Formidable ! Peut être qu'un jour vous serez la personne exposée…

_ Un jour peut-être, j'accorde en priant intérieurement.

C'est ce genre de rêve qui me porte vers l'avant. Etre exposé, en France ou ici serait l'apothéose de ma carrière si un jour elle vient à exister.

_ Narcissa ! Excuse nous de te déranger mais…

Et à cet instant, c'est comme si le temps se gèle.

Sans réfléchir, ma main agrippe le bras de Draco alors que je me crispe. Je sens un froid et une stupeur s'étendre en moi alors que je regarde le couple s'arrêter à côté de Mme Malfoy.

Eux-mêmes se stoppent en me voyant. D'abord la surprise passe dans leurs yeux. Puis sur ce visage identique au mien se peint un agacement et une colère redoutable, alors que ces émeraudes que je vois tous les jours en me regardant dans le miroir se teintent d'incrédulité et d'impuissance, comme si se retrouver face à moi lui faisait complètement perdre ses moyens.

_ Qu'est-ce que…

_ James, Lily ! Je me disais justement que ce jeune homme vous ressemble, vous ne trouvez pas ? Sourit la mère de mon blond.

Mais je vois dans ce sourire à quel point le couple l'insupporte en cet instant. Un sourire très loin de celui si joyeusement sincère qu'elle m'a fait en me saluant.

_ Mais il ne peut pas être votre fils, n'est-ce pas ? Continue-t-elle l'air de rien. Puisque Lily a eu un mort-né il y a 21 ans et qu'elle a mis des années avant de pouvoir ne serait-ce que supporter d'essayer d'avoir un nouvel enfant.

_Mort-né ? Je gémis en français, m'accrochant encore plus désespérément au bras de Draco.

Ils n'ont pas pu… Ce n'est pas possible… Ils n'ont pas pu…

_ Vous avez préféré faire croire à ma mort plutôt que de me garder ? Je reprends, en anglais cette fois. Je n'étais pas assez bien pour vous ? Vous avez préféré effacer mon existence de votre vie et me refiler au couple homo qui vous considérait comme leur famille. Vous vous êtes débarrassez de moi ! Je finis en criant, attirant par la même quelques regards interrogateurs que James Potter voit parfaitement.

Mais je m'en fiche. Je me fous des regards ! Mon cœur est en train de s'effondrer alors que mes espoirs d'excuses et simples explications de l'ordre de « Nous ne pouvions pas nous permettre de nous occuper de toi, nous avons fait ça pour ton bonheur ! » sont réduites à néant et sont remplacé par un horrible « Nous ne voulions pas de toi, tu n'étais qu'un poids pour nous ».

_ Ce n'est ni l'endroit ni le moment pour parler de ça jeune homme, réplique mon père d'une voix grave, dur et affreusement neutre.

_ Jeune homme ? Jeune homme ? Je suis votre fils ! Je me récrie alors que des larmes coulent de plus bel sur mes joues avant de soupirer en détournant les yeux. Neville avait raison, les liens du sang ne sont absolument rien pour vous, ils n'ont aucune valeur à vos yeux et comme un idiot j'ai espéré. J'ai espéré jusqu'au bout vous voir un peu, juste un peu heureux de me rencontrer et d'apprendre que j'ai grandi heureux et épanoui avec des parents aimants.

_ Harry… Nous étions trop jeunes… Essaie la femme en tendant une main vers moi mais je m'en éloigne brusquement.

Comment espère-t-elle pouvoir me toucher après ce qu'il vient de se passer et ces excuses pitoyables ?

_ Trop jeune ? Je ricane, désabusé en fixant mes orbes émeraude dans ceux de celle qui me les a donnés. Et Sirius et Remus ils avaient quel âge quand vous vous êtes dépêchés de vous débarrasser de moi dans leur bras ? 45 ans peut-être ? Vous étiez de la même année, ils avaient le même âge que vous. Ils étaient vos amis. Et je ne les remercierais jamais assez de m'avoir donné l'amour inconditionnel d'une famille.

Passant rageusement ma main sur ma joue pour essuyer inutilement des larmes qui ne cessent de couler, je les bouscule violemment et sort rapidement de la galerie sans un regard pour personne. J'ai mal au cœur… Tellement mal.

Dans la rue, je me stoppe en plein milieu du trottoir désert. Une pluie fine tombe, euphémisme face à la tempête qui me déchire de l'intérieur.

Je voulais des réponses… Simplement des réponses pour comprendre leur geste. Je ne leur en voulais pas, vraiment. Mais je voulais juste les voir, rien qu'une fois pour qu'ils puissent m'expliquer pourquoi ils ne m'avaient pas gardé… Mais je ne m'attendais pas à un rejet aussi extrême de leur part…

_ Harry ?

J'entends à peine la voix de Draco. J'ai l'impression que plus rien ne pourra me faire réagir pour l'instant. La tempête que ces gens ont provoquée en moi avec un simple mot est en train de tout balayer sur son passage. J'ai l'impression qu'elle ne s'arrêtera jamais et qu'elle ne laissera rien de moi.

Mais alors, j'entends des bruits de pas précipités venir vers moi et je sens des bras qui m'enserrent dans une douce chaleur réconfortante jusqu'à ce qu'ils s'éloignent quelques secondes plus tard. Je ne fais attention à rien autour de moi si ce n'est la chaleur de cette main autour de la mienne qui vient et repart.

Ce n'est qu'en entendant la porte claquer et l'odeur qui m'est devenue si rapidement familière -malgré les rares visites en ces lieux- de l'appartement de Draco qui me font sortir de moi-même et me font m'effondrer à genoux, mes jambes tremblantes ne me portant plus. Et à peine ai-je éclaté en sanglot que des bras me serre et me font retrouver cette chaleur de tout à l'heure.

_ Ils ont préféré me faire passer pour mort plutôt que de s'occuper de moi… Je voulais tellement… Je voulais juste comprendre… Pourquoi ? Je voulais qu'ils soient heureux pour moi…

_ Je sais Harry. Ça va aller. Ils ne te méritent pas.

Je pleure de plus bel. Après le vide, j'ai l'impression que je suis trop rempli et que je ne pourrais jamais m'arrêter de pleurer.

Je ne sais pas combien de temps a passé. Mais Draco ne bouge pas et me garde gentiment contre lui. Et je crois que c'est grâce à cette douce odeur de menthe et de lavande et des battements calmes et réguliers de son cœur qui résonnent sous mon oreille que j'arrive à m'endormir. Peut être aussi à cause du trop plein d'émotions et de la fatigue relative aux récents événements.

0o0o

Calfeutré dans le canapé d'Hermione, ma tête sur ses genoux et mon visage contre son ventre, je n'arrive pas à retenir mes larmes alors que je lui raconte tout ce qu'il s'est passé hier soir et ce matin.

_ Ça va aller Harry… me murmure-t-elle en passant sa main dans mes cheveux. Ces personnes ne comptent pas. Elles t'ont donné la vie, oui mais ce sont Sirius et Remus qui t'ont élevé et aimé. Et cela de tout leur cœur. Ce sont eux ta famille.

_ Je sais Hermione mais ça fait quand même mal… Ils m'ont rejeté si fort qu'ils ont préféré me faire passer pour mort-né. Ils ont rayé mon existence sans une once de remord, sans réfléchir au fait que peut être, ils pourraient m'élever… Tu aurais vu ce rejet dans les yeux de cet homme… Et puis, ils ne voulaient pas de moi, mais ils ont quand même eût un autre enfant… Ils ont quand même eût, de façon consciente et voulu, un autre bébé.

Je me tais quelques secondes et ajoute distraitement.

_ J'espère vraiment qu'ils l'auront aimé autant que moi je l'ai été par Daddy et Papa.

_ Je l'espère aussi Harry. Je l'espère pour lui…

0o0o

Mon cœur se serre alors que mon avion décolle, me ramenant chez moi.

Hier soir, nous avons fait une dernière soirée tous ensemble. J'ai pris des photos avec chacun d'entre eux. Et alors que je prenais celle avec Draco, que nous étions tous les deux, il m'a pris dans ses bras. Il m'a serré contre lui, sans rien dire. Et je crois que c'est le remontant le plus efficace que j'ai pu avoir jusqu'ici dans ma vie. Cette chaleur me manquera.

Tout à l'heure avant de partir je n'ai pas pu m'empêcher de le serrer un peu plus longtemps que les autres et en dernier pour profiter de cette chaleur encore un peu. La garder sur moi et en mémoire le plus longtemps possible alors que je serais seul dans cet avion…

oooo

A peine ai-je mis un pied dans la maison de mon enfance que Daddy me saute dessus et me serre contre lui et, sautant tout autour de nous, Paddy me fait la fête.

_ Daddy… Moi aussi je suis content de te voir mais j'aimerais respirer un peu… Je ne peux m'empêcher de rigoler.

_ Tu m'as tellement manqué pendant ces trois semaines Harry, me sourit-il en se décalant mais me tenant toujours par les épaules. J'espère que tu as passé un bon séjour ! Et que tu as pris des photos ! Je veux tout savoir ! Absolument tout ! Les amis d'Hermione ont été gentils j'espère ! Et…

_ Sirius… Intervient Papa en arrivant doucement dans l'entrée de la maison. Laisse-lui au moins le temps de poser ses valises. Je suis certain qu'Harry se fera un plaisir de tout te raconter de son séjour après s'être un peu installé.

_ Mais euh ! Rem' ! J'ai à peine pu le voir un mois avant qu'il ne parte ! Déjà qu'il n'habite plus à la maison…

Je rigole et me baisse pour caresser notre chien alors que Daddy chouine auprès de Papa, comme d'habitude.

_ Je vais monter mes affaires et descendre avec mon ordi et mon appareil photo pour que je puisse vous montrer tout ça.

Papa me fait un sourire et acquiesce.

_ Bien sûr, prend ton temps. Je vais nous préparer des verres de limonade et coller ton père sur sa chaise pour qu'il ne t'embête pas avant que tu redescendes. Nous t'attendons dans le salon, d'accord ?

Je hoche la tête et monte les marches jusqu'à ma chambre. J'y dépose rapidement mes valises, je profite du calme pour envoyer un sms à tout le monde avant de redescendre avec, comme promis, mon appareil photo et mon ordinateur.

Sur le pas de la porte, je me plante et les regarde tous les deux installés. Daddy a passé un bras autour des hanches de Papa, se parlant doucement, celui-ci debout à côté du canapé. Je prends une grande inspiration pour me donner du courage et entre dans la pièce.

En me voyant revenir, Daddy lâche Papa et commence à sautiller d'excitation dans le canapé. Mais en avisant ma mine sérieuse et douloureuse il se stoppe immédiatement, son enthousiasme redescendant dans la seconde alors que Papa me lance un regard inquiet.

_ Ça ne va pas Harry ?

_ Si… Je… Il… Il faut qu'on parle, je lâche en m'assaillant dans mon fauteuil préféré en face du canapé.

Papa rejoint Daddy et tous deux me regardent attendant que je me lance.

_ Voilà… Je…

_ Qu'y a-t-il Harry ? Ton séjour s'est mal passé ? Me demande doucement Papa, en me voyant hésiter.

_ Non, c'est pas ça… Enfin pas entièrement. Les amis d'Hermione ont été géniaux. Ils m'ont fait visiter tout Londres et quelques villes environnantes. Ils sont tous extrêmement gentils et ils me manquent déjà pour tout avouer. Non, je… Ce n'est pas ça.

Je reste silencieux quelques secondes avant de reprendre.

_ En fait, je ne vous ai pas dit toute la vérité. Si je suis parti en Angleterre, ce n'était pas que pour faire du tourisme.

_ C'était pour trouver tes parents biologiques, assure Daddy en me regardant dans les yeux.

Je les baisse presque aussitôt alors que je hoche la tête. Malgré ses gamineries, Daddy a toujours été très attentif et observateur, il voit toujours quand quelque chose ne va pas et, très perspicace, il comment rapidement pourquoi.

Je l'entends pousser un soupir et redresse la tête pour le voir se passer les mains sur son visage et dans ses cheveux alors que Papa a détourné les yeux et pince les lèvres.

_ J'aurais du m'en douter… Quand as-tu découvert la vérité à propos de Lily et James ?

_ Il y a six mois environ, je réponds. Je… Je suis désolé de ne vous avoir rien… De ne pas vous en avoir parlé avant de me mettre à leur recherche…

_ Ce n'est pas grave Harry, m'assure gentiment Papa, en me faisant un petit sourire.

_ Les as-tu retrouvés ?

_ Par hasard… J'avoue. Je… Quand je l'ai découvert en trouvant des photos dans une boite du grenier, j'en ai parlé à Hermione et Neville.

_ Bien sûr, tes Inséparables… Commente Daddy. Forcément que tu allais leur en parler.

_ Laisse le raconter Sirius, le réprimande Papa. Vas-y Harry. Tu en as parlé à Hermione et Neville. Et qu'avez-vous fait ?

_ J'ai cherché un peu mais comme je n'avais pas de nom ni rien je n'ai absolument rien trouvé sur eux. Alors Hermione m'a proposé de venir en Angleterre, puisque la seule chose dont je me doutais c'est que c'est de là-bas qu'ils venaient. La photo… Enfin l'une d'elles vous montrait à Poudlard… Alors je suis allé en Angleterre. J'ai passé trois semaines à les chercher, Hermione m'a même emmené jusqu'à Poudlard mais nous n'avons pas pu aller plus loin que le hall d'entrée et seulement parce qu'elle en est une ancienne élève. Alors… J'avais fini par me dire que je ne les retrouverais pas… Que je ferais mieux de laisser tomber et de vous demander des réponses à mon retour.

_ Mais ?

_ Mais… Je les ai rencontrés par hasard à une exposition où Dray m'a emmené vendredi.

Daddy hausse un sourcil en entendant le surnom et je ne peux m'empêcher de rosir légèrement, me dépêchant de continuer.

_ Ils… La rencontre ne s'est pas faite comme je l'espérais… Je…

_ Oh Harry…

Papa s'empresse de se lever et de me serrer contre lui alors que je repars une nouvelle fois à pleurer à l'évocation de ces personnes.

_ Nous aurions peut être dû t'en parler plus tôt… Parle doucement Papa caressant lentement mes cheveux. Mais… Pour nous aussi c'est une période compliquée de nos vies et plutôt douloureuse. Nous avions décidé de ne rien te dire pour éviter ce genre de moment. Nous pensions que tu n'avais pas besoin de connaitre des personnes qui t'avais rejeté avant même ta naissance. Nous pensions que nous suffisions.

_ Et vous suffisiez ! Ça me suffisait ce que Daddy m'avait dit ! Je m'écrie en me détachant de Papa. Mais il a fallu que je tombe sur cette boite, sur ces photos. Sur tes carnets.

_ Tu as lu mes carnets ? Blanchit Papa.

_ Oui je les ai lus. Au moins quatre fois chacun, parce que je n'arrivais pas à assimiler qu'avant même ma naissance mes parents rejetaient totalement mon existence, je réponds, amère.

_ Ce ne sont pas tes parents, intervient Daddy d'une voix dure avant de se mettre brusquement sur ses pieds. Ces gens, Harry, ne sont pas tes parents ! Remus et moi sommes tes parents ! Nous t'avons aimé, bercé quand tu n'avais que quelques semaines parce que c'était dans nos bras que tu t'endormais le plus sereinement. Nous t'avons dorloté lorsque tu étais malade, rassuré quand tu faisais des cauchemars ! Ces salopards ne sont pas tes parents !

Daddy se tait quelques secondes avant de reprendre d'une voix venimeuse alors que moi et Papa le fixons éberlués.

_ J'ai connu James quand il portait encore des couches. Nos parents étaient amis et je le considérais comme mon frère, mon jumeau même. Je pensais qu'il était le seul à me comprendre et à m'aimer pour ce que j'étais. Je ne faisais jamais les choses assez bien pour mes parents mais James et ses parents étaient là pour moi. Alors à 16 ans, après avoir passé toutes ces années avec lui, je lui ai avoué que je préférais les hommes et que j'étais tombé amoureux de Remus. Ce garçon si intelligent et calme avec qui nous partagions notre dortoir depuis plus de 5 cinq ans. J'avais confiance en lui et je me disais que James ne pourrait pas me rejeter pour ça mais ce mouvement de recul quand je lui ai dit et ce regard qu'il m'a lancé m'ont détruit. Il ne s'est pas éloigné de moi aussitôt mais je savais, je sentais que quelque chose s'était brisé entre nous, que ce n'était plus pareil. Je le voyais plus distant avec moi et Remus. Et puis Lily est arrivée et j'ai pensé que ça allait mieux. Nous avons finit l'école, nous avons été chacun dans la branche qui nous correspondait, continuant nos études, mais on se voyait aussi souvent que l'on pouvait. On allait à des soirées où l'on se réveillait vaseux et avec des maux de tête insupportables. Nous faisions la fête, profitions de notre jeunesse et de l'argent de nos parents qui nous payaient absolument tout, surtout James. Et puis nous avons appris que Lily était enceinte. Qu'il était trop tard pour qu'elle avorte parce qu'elle avait fait un déni de grossesse et en était presque à son cinquième mois. Elle voulait se débarrasser de toi mais ne le pouvait pas alors elle t'a haï et James t'as détesté. Ils avaient la chance de pouvoir construire une famille, d'avoir des enfants alors que nous, nous allions devoir galérer pendant des années pour avoir cela, pour avoir ce simple droit. Je lui en ai voulu. Vraiment. Lily ne supportait pas de voir son corps se déformer, sa liberté de jeune femme être prise. Ils avaient prévu de profiter de leur vie étudiante et de leur jeunesse jusqu'au bout, jusqu'à la fin de leurs études et voila que tu arrivais et détruisais tout leurs plans de fête et de débauche. Tu n'étais qu'un horrible contre temps. Quand Lily a eu ses premières contractions à un peu plus de huit mois et demi, j'étais avec elle. Je l'ai emmené à la maternité et quand James a craché qu'il était hors de question qu'il assiste à la naissance de la chose, c'est moi qui ai tenu la main de Lily pendant qu'elle hurlait de douleur pour te faire sortir. Elle ne voulait pas de césarienne parce qu'elle ne voulait pas de trace indélébile de ton passage sur son corps. Tu l'avais assez déformé comme ça. Le travail à duré dix heures trente. Et puis tu es arrivé. Tu as pleuré tout doucement, comme si tu avais peur de déranger en criant trop fort. Lily a refusé de te prendre contre elle alors je l'ai fait à sa place. Les sages-femmes ne comprenaient pas trop -ou au contraire trop bien- ce qu'il se passait. Tu étais si petit et si calme. Le plus beau des bébés. C'est moi qui t'ai donné ton premier biberon. Et James t'as vu pour la seule et unique fois à ce moment là. Remus était avec moi également et te couvait du regard. Quand James nous a vu faire ça, il nous a montré les papiers que les parents remplissent habituellement pour reconnaitre l'enfant. Il les a posés devant nous en faisant une grimace en te regardant avant de déclarer que tu étais à nous. Que je n'avais qu'à te reconnaitre à sa place et mettre sur les papiers que sa mère ne le reconnaissait pas. Que nous devrions partir de Londres, qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec un couple de sale pédés et d'un indésirable. Tu ne peux pas imaginer à qu'elle point il m'a blessé en disant ça. Alors j'ai rempli les papiers, et après que les sages-femmes se soient assurés que tu allais bien et que je les ai rassuré en disant que tu étais mon fils, mentant à propos d'une histoire montée de toutes pièces mais à la fois tellement vrai de coucheries non protégé, de délais dépassé et de maternité non voulue, elles m'ont laissé partir avec toi. Je pense que l'influence de la famille de James a bien joué aussi. Nous sommes donc partis avec toi. Nous avons quitté l'Angleterre, nous sommes venus nous installer en France avec notre promesse de t'aimer comme eux ne pourraient jamais le faire.

A bout de souffle, Daddy se tait et me prend délicatement dans ses bras, essuyant les torrents de larmes qui dévalent mes joues depuis le début de ses explications avant de me serrer fort contre son torse.

_ Je m'étais promis que jamais tu n'aurais à connaitre ce rejet, reprend-il en chuchotant à mon oreille. Parce que tu es quelqu'un de tellement doux et aimant. Tu es parfois tellement sensible que je refuse qu'on te fasse du mal. Je comprends que je t'en ai fait en te cachant la vérité mais je te promets que je ne pensais qu'à ton bien en faisant cela. Tu es mon fils Harry, pas le leur. Jamais. Moi, je t'aime. Je suis ton père. Et Remus est ta maman. Eux ne comptent pas. Ils ne sont rien. Absolument rien.

Je ne peux m'empêcher de rigoler à la comparaison de Papa et me serre contre Daddy. Il m'embrasse le sommet du crâne alors que Papa nous rejoint dans notre câlin. Nous restons longtemps ainsi et ça fait du bien. J'ai l'impression que le soleil a laissé la place à la tempête.

Daddy finit par me détacher et me fait un sourire en coin.

_ Et sinon ce voyage ? Qui est ce Dray dont tu as parlé tout à l'heure ?

Je rougis furieusement alors que Daddy éclate de rire et que Papa passe sa main dans mes cheveux avec un grand sourire.

0o0o

Assis à la terrasse d'un café que nous aimons beaucoup Neville et moi, je sirote distraitement ma limonade. Neville doit me rejoindre pour que nous puissions parler de mon séjour.

Je suis rentré avant-hier et déjà l'Angleterre et ce groupe aussi disparate que soudé me manque. En fait, pour tout avouer, je m'attends presque à voir Blaise et Ron débarquer en disant des bêtises et faisant les kékés devant les demoiselles assises un peu plus loin, Ginny et Pansy les suivant juste derrière, lunettes de soleil sur le nez alors qu'elles matent les mecs qui passent dans la rue en leur donnant des notes, Théo et Hermione a côté parlant de la culture française et de la date de la construction de la Tour Eiffel malgré qu'on en soit bien loin. Et Draco. Draco les suivant derrière de son pas sûr et conquérant, comme si l'endroit lui appartient alors qu'il me lance l'un de ses sourires que j'aime tant.

_ Je ne sais pas à qui tu penses mais il te fait sacrément d'effet, rigole une voix en face de moi.

Surpris, je sursaute et regarde Neville en clignant des yeux avant de faire un immense sourire.

_ Neville ! Tu m'as tellement manqué ! Comment ça va depuis tout ce temps ?

_ Ça va très bien, ça fait juste trois semaines qu'on ne s'est pas vu Harry, rigole mon ami. Mais tu n'as pas répondu à ma question. A qui pensais-tu pour rosir de plaisir comme ça ?

_A Draco, j'avoue en rougissant un peu.

Ca ne sert à rien que je lui cache puisque de toute façon il sait lire en moi comme dans un livre ouvert.

_ Eh bien, tu as trouvé bien plus que des réponses pendant ton séjour en Angleterre. Je devrais peut être y faire un tour, qui sait, je trouverais peut être un chéri aussi.

_ Ce n'est pas mon chéri, je rétorque.

_ Pas encore, assure Neville avant de passer commande à un serveur puis de reprendre quand il s'éloigne. Alors ces vacances ? Outre la découverte de… Ces gens et d'un futur chéri ?

_ Incroyable, je souris en prenant ma sacoche.

J'en sors une enveloppe avec une quarantaine de photos.

_J'en ai imprimé. Je me suis dis que ce serait plus simple que de trimbaler mon ordinateur, j'explique en la lui tendant.

Je décale ma chaise pour me mettre à côté de lui alors que le serveur revient avec la commande de Neville. Aussitôt qu'il repart, nous nous plongeons dans mes souvenirs.

A chacune d'elle je lui donne une anecdote ou une explication. La pile se finit par une photo de groupe faite pendant notre dernier soir tous ensembles. Et Neville remarque aussitôt le bras de Draco passé autour de ma taille.

_ Eh bien, ton blondinet à l'air de beaucoup t'apprécier aussi.

_ Nous nous entendons très bien. Nous avons beaucoup de points communs et… Et j'avoue qu'il me plait énormément.

_ Eh bien ? Lance-toi.

_ Ce n'est pas aussi simple…

_ Mais si c'est simple Harry. Me rétorque-t-il en me prenant une gorgée de limonade, nous en sommes accro l'un comme l'autre. Il te plait, tu lui plais, vous vous entendez plus que bien. Tente ta chance. Je suis certain qu'il répondra plus que favorablement à ton assaut si tu te jettes sur lui pour l'embrasser.

_ Nev' ! Tu sais très bien que je ne suis pas comme ça et je te dis que ce n'est pas aussi simple. Si tu ne l'as pas remarqué nous n'habitons pas dans le même pays et avec une mer d'écart.

_ Eh bien… Ramène-le en France. Ou va en Angleterre. Ou bien commencez une relation et voyez comment ça se passe avant que l'un ou l'autre ne change de pays.

Je regarde Neville avec des yeux ronds.

_ C'est ce que tu ferais à ma place ?

_ Changer de pays ? Eh bien pourquoi pas ? Mais il faudrait vraiment que je l'aime et sois sûre de moi pour partir mais oui, je pense que je le ferais. La botanique est la même partout en Europe. Et puis comme je parle très bien anglais, ça ne serait pas vraiment un problème.

_ Je ne suis clairement pas aussi… relax que toi, je me désole.

Il rigole avant de me répondre.

_ Non, je ne le suis pas mais je ne l'ai pas toujours été non plus. C'est grâce à Sirius si je peux prendre les choses aussi calmement. Et puis pour ma part ce n'est qu'une supposition étant donné que je ne connais pas d'anglais.

_ Tu crois que je ne t'ai pas vu rester plus longtemps sur la photo où je suis avec Théo ? Je ricane alors que Neville rosit un peu. Mais oui, c'est sur que tu n'étais pas comme ça quand nous étions plus petit.

Neville était quelqu'un d'incroyablement timide. Nous nous connaissons depuis la maternelle et tout comme Hermione a muri, Neville à changer grâce à un peu de prise de confiance et conscience… Et Daddy. Après un énième problème au lycée, Daddy a décidé de faire bouger Neville. Et ça a plutôt bien fonctionné. Même très bien. Neville est devenu quelqu'un de sûr de lui -encore plus quand il s'agit de ses chères plantes- et qui peut rembarrer les trous du cul du lycée qui se croient meilleurs que les autres.

0o0o

Plongé dans mes photos pour l'un de mes cours, faisant quelques retouches ici et là, la sonnerie de mon portable me fait sursauter.

En voyant le numéro venant d'Angleterre, je hausse un sourcil mais décroche quand même, faisant attention de saluer en anglais.

_ Allo ?

_ Bonjour… Euh… Pardonnez-moi de vous déranger… C'est bien le numéro de Harry Black ?

_ Oui c'est moi. Je peux vous aider ?

_ Oui… Je… Je suis... (Grande inspiration) Je m'appelle Angel Potter… Je suis votre frère.

_ Pardon ?

Mon frère ? C'est… Le fils désiré du couple Potter ?

_ Je suis désolé de vous déranger… Je… Je voulais absolument vous parler au moins une fois… Je… Je sais que vous ne voulez avoir aucun lien avec ma famille. Avec mes parents. Mais vos amis m'ont laissé vous appelez… Je dois vous avouez que j'ai eu énormément de mal à vous retrouver et encore plus à convaincre vos amis…

_ Mes amis ?

_ Oui… Euh… Mlle Granger et Mr Malfoy…

_ Comment as-tu su pour moi ? Qu'est-ce que tu me veux ? Je demande sur mes gardes.

_ L'un de mes amis était là, à l'exposition de photographie… Je ne savais pas… Enfin il a entendu votre… Conversation et il m'a appelé. Il s'appelle Elwin Nott, c'est le petit frère de Théo… Je… Je n'attends absolument rien de vous… Je veux dire je sais à quel point mes parents vous on fait du mal… Je veux seulement connaitre mon frère…

_ Est-ce qu'ils vous ont aimé ? Je demande d'une voix blanche, le coupant dans sa lancée.

_ Pardon ?

Sa voix est incertaine.

_ Est-ce qu'ils vous aiment ? Est-ce qu'ils vous aiment comme le devraient des parents ?

_ Je… Ils m'aiment certainement, m'avoue-t-il lentement… Mais… Mais surement pas comme un fils. Ils ont conscience que je suis un membre de leur famille mais… Mais… Surement pas comme leur fils.

_ D'accord.

_ Je vous promets que si vous ne voulez rien avoir… Attendez quoi ?

_ Je suis d'accord pour apprendre à te connaitre Angel. Mais je te préviens tout de suite. Autant je suis très heureux de pouvoir connaître mon frère autant je ne veux absolument rien avoir à faire avec James et Lily. Et si tu tentes la moindre chose contre moi, crois moi que tu le regretteras, mes parents sont très protecteurs. Mais je pense que ça ira… Si Draco et Hermione t'ont laissé m'approcher, enfin m'appeler, c'est que tu es sincère. Et j'ai confiance en leur jugement. Je serais heureux d'apprendre à te connaitre Angel.

_ Merci ! Merci Harry ! Je te promets que je ne veux rien d'autre qu'un grand frère.

Je souris doucement face à l'émotion dans sa voix. Oh oui, il est sincère. Et en manque d'amour.

J'aurais pensé qu'ils auraient aimé l'enfant qu'ils avaient désiré mais visiblement pas… Je crois qu'être simplement parents n'est pas fait pour eux…

0o0o

Les semaines qui ont suivit ont compté d'innombrables discussions. Avec Hermione, avec Draco, avec Angel.

J'ai découvert en Angel Potter un adolescent de seize ans qui ne demande qu'un peu de considération et l'amour d'une famille. Un adolescent calme et très intelligent, attentif mais aussi espiègle et rusé, enregistrant absolument toutes les informations que je peux lui donner sur moi et les écoutants insatiablement. Il m'a parlé de sa vie de tous les jours, de son meilleur ami Elwin, de ses parents, présents sans vraiment l'être.

J'ai été profondément triste pour lui. Et ça ne fait que me conforter dans ma décision de prendre soin de lui et de lui donner tout ce que ces « connards », comme dirait Daddy, n'ont pas été capable de lui donner.

Hermione et Draco m'ont parlé de leur rencontre avec lui et tous deux m'ont dit la même chose : un enfant qui recherche l'affection d'un grand frère puisqu'il n'a pas pu l'avoir auprès de ses parents.

Avec Hermione, nous avons repris nos conversations skype comme d'habitude, parlant de nos cours et de nos vies.

Et avec Draco… Je ne compte plus le nombre de conversations skype, sms, Messenger que nous avons faites. Et plus le temps passe, plus il me manque. Avec Facebook, je garde contact avec les autres du groupe mais ce n'est pas comparable à ce qu'il se passe avec Draco…

Draco… Eh bien… J'en suis devenu accro. Accro à nos conversations, accro à ses petits sourires en coin, accro à ses sarcasmes et sa langue agile. J'en suis tombé amoureux… Et tous mes proches n'en peuvent plus de m'entendre parler de lui… Mais je ne peux pas m'en empêcher. Il me manque…

0o0o

Alors que je suis tranquillement installé dans mon lit, mon PC sur mes genoux en train de surfer sur internet, le tintement d'un appel skype manque de me faire sursauter.

_ Bonjour Hermione, je souris quand le visage de mon amie se met sur l'écran.

_ Salut Harry. Attends deux secondes, je rajoute Neville. J'ai un truc à vous proposer à tous les deux.

Je hoche la tête attendant sagement que tout le monde soit là.

_ Bien ! S'écrie Hermione après que Neville nous ai salué et que les demandes d'usages soient passées. Vous faites quoi pour le nouvel an ?

_ Eh bien… Rien de spécial, répond Neville après avoir réfléchis deux secondes. Pourquoi ?

_ Je suis en train de préparer le nouvel an pour le passer tous ensemble. Venez le passer avec nous en Angleterre.

_ Mais Hermione… Je commence. Ça a beau être les vacances nous ne pouvons pas…

_ Ce n'était une question Harry, me coupe-t-elle brusquement, un sourire innocent sur les lèvres et les yeux promettant mille tortures si je ne me range pas de son côté. Vous venez tous les deux fêter le Nouvel An avec nous en Angleterre. Ce sera chez moi et j'ai déjà des lits de prêt pour vous accueillir le temps de votre séjour. A vous de voir si vous voulez venir quelques jours avant ou non.

_ Ça aurait été avec plaisir de te kidnapper pour me faire visiter mais je ne pourrais pas arriver avant le 28 au moins. J'ai un compte rendu à terminer et des plantes à surveiller pour l'un de mes projets, répond Neville, acceptant apparemment sans problème l'ordre de notre amie.

_ Bon très bien, accepte Hermione. Et toi Harry ?

Je pousse un soupir en levant les yeux au ciel mais répond tout même.

_ Je peux arriver le 27.

_ Super ! Tu n'auras qu'à me redire pour ton arrivée et je viendrais te chercher. Bon je vais vous laisser, j'ai plein de choses à terminer entre Noël et le Nouvel An. A plus les gars !

Et sans plus elle se retire de la conversation.

_ Je vois qu'elle est toujours aussi directive, rigole Neville après quelques secondes de silence.

_ Eh bien c'est Hermione…

_ Mmm. Je suis désolé mais je vais te laisser aussi. J'ai plusieurs trucs à faire également et un voyage à préparer en plus maintenant. Désolé.

_ T'en fais pas, je souris. J'ai un livre, un plaid et un fauteuil qui n'attendent que moi pour le reste de la journée.

_ Je me disais bien… Rigole de nouveau Neville. A plus Harry.

_ A plus Nev'.

Je rigole doucement en levant les yeux au ciel alors que j'éteins Skype puis mon ordinateur après avoir réserver mes billets.

_ Bon bin plus qu'à prévenir Papa et Daddy que je repars en Angleterre pour quelques jours de vacances, je soupire.

0o0o

Je regarde la sonnette comme si elle pouvait me manger. Je respire un bon coup, resserrant ma main sur la poignée de ma valise alors que j'appuie sur le petit bouton sans réfléchir et avant que mon cerveau ne me persuade de faire demi-tour.

La porte s'ouvre brusquement sur Draco et mon cœur se met à battre un peu plus. Il se stoppe dans son entrée et plusieurs émotions se peignent tour à tour sur son visage. D'abord l'agacement, sûrement pour avoir été dérangé avec ses lèvres ouvertes très probablement avec une bonne réplique glacée sur leurs bouts, puis la surprise de me voir sur le pas de sa porte et ses yeux qui clignent plusieurs fois comme pour vérifier si je suis une illusion ou non.

_ Harry ? Qu'est-ce que… Balbutie-t-il.

_ Salut Draco. Je… Je peux entrer ? Je demande doucement.

A l'intérieur, je suis ravie d'avoir réussi à le surprendre pour une fois mais aussi inquiet de la suite.

_ Oui, bien sûr ! S'empresse-t-il d'accepter, adoptant le français surement par habitude.

Quelque peu hébété, il me regarde empoigner ma valise, entrer et me poster dans le salon, ma valise de nouveau posée à côté de moi alors que je me tourne vers lui.

_ Que fais-tu ici ? Et cette valise ? Il demande en me rejoignant.

_ Je viens d'arriver de France. Je suis là pour le reste de vacances, Hermione voulait absolument que je revienne fêter le nouvel an avec vous. Elle a même invité Neville. Si j'ai toujours ma valise et bien c'est parce que….

Je me stoppe, incertain de quoi dire par la suite. « Fonce » m'a dit Neville, « Jette toi sur lui pour l'embrasser et tu verras ! ». A cette pensée, je ne peux m'empêcher de sourire mais prends ma décision et garde mes yeux fixés dans les siens

_ Parce que je voulais te voir et que je n'ai pas pu patienter et passer chez Mione d'abord. Je suis directement venu te voir dès que j'ai atterrit.

A peine ai-je finis mon explication, que Draco se déplace subitement et fond sur moi pour emprisonner ma bouche, noyant mon gémissement de surprise dans la sienne.

Je me reprends vite pourtant et pose l'une de mes mains sur mon cou et enfouit l'autre dans ses cheveux, me délectant de leur douceur. J'avais toujours voulu passer mes mains dedans. Le baiser que nous partageons nous laisse essoufflés, les joues légèrement roses. Et enfin à notre place. Mon cœur bat la chamade et je suis aux anges alors qu'il pose son front contre le mien et me murmure :

_ Tu m'as tellement manqué pendant ces derniers mois, Harry.

_ Toi aussi Dray. Si tu savais comme j'aurais aimé que tu sois là Dray… Je suis tombé amoureux de toi. Je crois que je t'ai aimé à partir du moment où je t'ai vu.

_ Harry… Moi aussi je t'aime. Je crois que tes grands yeux émeraude m'ont capturé au moment où ils se sont posés sur moi.

Je frissonne de plaisir et m'empare de nouveau de ses lèvres. Ces vacances m'offrent de nouvelles magnifiques réponses… J'ai bien fait d'obéir à Hermione…

0o0o

Debout devant la fenêtre, je finis par me décider et empreinte l'ordinateur de Draco. Entrant rapidement mon identifiant et mon code, je m'empresse d'appeler Daddy. A peine son visage apparait devant le mien que mon agacement ressurgi et lui hurle dessus.

_ Non mais ça ne va pas d'avoir donné des photos pareil à Angel ?! Il n'a que seize ans pour l'amour du ciel ! Que tu lui donnes des photos avec son père la tête dans la cuvette je veux bien mais pas le corps emmêlé avec des inconnues ! Comment peux-tu être aussi insouciant et inconscient ?!

M'entendant lui hurler dessus en français, Daddy fait une grimace en comprenant par la mon niveau de colère. Derrière lui, Papa lui jette un coup d'œil signifiant clairement un « Je t'avais prévenu » suivit d'un « Débrouille-toi tout seul » quand il se tourne vers lui avant de revenir à moi, Papa restant non loin, surement pour écouter notre dispute et jubiler d'avoir raison.

_ Harry…

_ Il n'y a pas de Harry qui tienne ! Je te connais pourtant ! J'aurais dû m'en douter, je me désole en levant les bras au ciel. Il n'a que seize ans ! Il n'a même pas fini le lycée. Tu croyais vraiment que cachée parmi les autres je n'allais pas la voir ? Voir les quelques autres que tu as disséminé ici et là ? Tu en as mise une d'un club de strip-tease, Sirius ! Avec une femme plus nue qu'habillée qui est sur les genoux de son père !

_ Oh je l'ai pas vu celle là, s'élève la voix de Draco depuis le canapé.

_ Explique moi comment tu as pu te dire que mettre ces photo étaient une bonne idée, hein ? Je reprends sans tenir compte de la remarque de Dray. Comment tu as pu penser que je n'allais pas m'énerver. Vas-y ! J'attends !

_ Harry… Commence doucement Daddy. C'est un grand garçon, il peut bien avoir connaissance de ce qu'à fait James.

_ Oh oui il peut le savoir ! Mais tu n'avais pas besoin des photos aussi compromettantes et extrêmes. Il est encore au lycée ! Il aurait été majeur, je dis pas…

_ Tu les as enlevé, n'est-ce pas… Soupire Daddy sans pouvoir cacher sa déception.

Mais je vois qu'il est soulagé de me voir passer à l'anglais.

_ Bien sûr que je les ai enlevé. Je les lui redonnerais quand il sera majeur et aura finit le lycée. Tu as de la chance que je ne sois pas en France…

_ Je vais m'occuper de le punir, Harry, intervient Papa avec un sourire. Profite de ton chéri et de ton long weekend en Angleterre.

Et Papa coupe la communication. Je pousse un soupire lasse avant de passer une main dans mes cheveux. Deux mains fines se posent sur mes épaules et les pressent doucement avant qu'une bouche embrasse mes cheveux.

_ Angel est un grand garçon Harry. Il a déjà seize et est parfaitement capable de se protéger tout seul. Ne t'inquiète pas pour lui. Je ne pense pas que ces photos auraient pu le choqué…

_ Je sais mais ça reste son père quand même. Et même si il est très mature pour son âge, je refuse qu'il voit James de cette façon avant d'être majeur.

_ Dis moi… Murmure Dray en se penchant sur mon cou après quelques minutes. Ça te dirait qu'on fasse ces choses pour les plus de 18 ans ?

Je ne peux m'empêcher de frissonner alors que Dray embrasse mon cou et me fait un gros suçon pendant que je bégaie.

_ Oui… Je… Je pense que... Que ça me dirait…

0o0o

Je me tourne dans le lit avec l'idée de me coller contre mon compagnon pour ne trouver que du vide. J'ouvre doucement les yeux et regarde autour de moi pour trouver la chambre vide.

Etonné, je me redresse dans le lit. Le drap glisse de mon torse alors que je me frotte un œil puis les cheveux. La chambre est dans une semi pénombre grâce aux rideaux, cachant le soleil de ce dimanche matin du mois de Mai.

_ Draco ? J'appelle doucement sans bouger du lit, n'en ayant pas l'envie ni le courage.

N'obtenant pas de réponse, je me penche sur le côté pour attraper mon portable et regarder l'heure.

_ Dix heures… Je murmure pour moi-même. Etonnant que Dray soit déjà levée…

_ Ah, tu es réveillé ?

Je me tourne vers Draco qui passe la porte habillé d'un simple pantalon de jogging et torse nu. Tenant dans ses mains un super plateau repas qu'il pose sur mes genoux avant de se pencher pour poser un chaste baiser sur mes lèvres.

_ Bonjour Amour.

_ Bonjour, Dray.

Le plateau est bien présenté, avec ma tasse de chocolat chaud et le mug de thé de mon blond, une assiette de croissants et même un vase élancé avec une rose blanche, mes préférées.

_ Merci Dray. C'est gentil.

Je lui fais un autre baiser sur la joue alors qu'il s'assoit à côté de moi sur le lit. Mais alors que je tends la main pour prendre mon grand mug de chocolat chaud, une petite boite carrée en velours vert attire mon regard.

Alors que je la prends entre mes doigts, je ne peux empêcher mon cœur de rater un battement.

_ Dray… Qu'est-ce que…

Je me tourne vers mon blond qui me regarde d'un air si sérieux que mon rythme cardiaque s'accélère.

_ Harry, ça fait plus de six ans que nous sommes en couple, trois que nous habitons ensemble. Et je veux passer le reste de ma vie à tes côtés. Je veux que le monde entier voit que tu n'appartiens qu'à moi et à moi seul. Harry Orion Black, veux-tu bien m'épouser et faire de moi l'homme le plus heureux et chanceux du monde ?

Sans quitter mes yeux, il ouvre la petite boite et me présente une bague d'argent toute simple avec à l'intérieur quelques mots de gravés que j'arrive à déchiffrer.

« Tu es le bonheur de ma vie »

Je porte ma main à ma bouche alors que je n'arrive à retenir mes larmes.

_ Oh mon Dieu… Je chevrote. Oui… Mille fois oui Draco.

Je me retiens au dernier moment de me jeter sur lui en me souvenant du plateau sur mes genoux que Dray s'empresse de retirer avant de prendre délicatement la bague et de la passer à mon doigt qu'il embrasse doucement.

Laissant ma main, il pose la sienne sur ma joue et m'emporte dans un baiser renversant. M'allongeant sur le lit, il passe au dessus de moi et murmure doucement, sa voix vibrante d'émotions

_ Tu es le bonheur de ma vie.