Bonsoir à vous !

Avant de vous laisser sur la suite, je tenais à vous remercier, vous avez été un peu plus de 400 à me lire Dimanche dernier et en 4 jours seulement vous avez été 931 venant de 19 pays différents ! C'est énorme pour moi donc voilà, merci beaucoup 3.

J'espère que cette suite vous plaira… Il y aura encore un autre chapitre et peut-être un épilogue.


J'attends dans ma voiture. J'attends de me réchauffer et de me reposer. Je jette un coup d'oeil à l'heure, ça fait une demi-heure que je suis là sans avoir bougé d'un pouce. Je soupir, attache ma ceinture et fais une marche arrière. Je roule longuement pour retrouver mon chemin et atteindre la maison de Rosalie et Emmett.

Je me gare sur leur petit parking au milieu d'un endroit perdu. Je vois les lumières de la maison et des silhouettes marcher, gesticuler. J'éteins le contact, me détache et sors de la voiture. A pas lent, je me dirige vers la porte d'entrée et sonne. Jacob ouvre la porte à la volée et m'étreins. Je suis tellement fatiguée et secouée que je reste ainsi avec lui. Je ferme les yeux et respire le parfum de celui que j'ai aimé pendant tellement d'année. Un autre corps chaud m'étreins de l'autre côté, l'odeur est celle de Rosalie. Puis je sens que d'autre corps se rajoute à notre câlin. Certainement Alice, Emmett, Jasper et Edward. Même si j'en doute. Nous restons tous quelques dizaines de secondes ainsi, puis, petit à petit mes amis repartent à l'intérieur. Jacob me serre encore dans ses bras et me dis simplement :

"Rentrons…"

Il me prends doucement la main et me ramène au coin du feu. Alors que je connais cette maison, je n'imprime pas les pièces par laquelle nous venons de passer, tellement épuisée par cette journée éprouvante. Nous nous asseyons sur le canapé proche de la source de chaleur et je reste à regarder les flammes danser sans décrocher un mot. Il ne dit rien. Il attend. Mais je le connais, il est impatient. Il ouvre la bouche pour parler et je me rapproche pour me coucher sur ses genoux. C'est certainement la dernière soirée que je passe avec celui que j'ai aimé pendant 5 ans. Jacob pose sa main sur mes cheveux et je tourne la tête pour embrasser sa main. La douleur m'assaille. Les regrets, les remords. Je replie lentement mes jambes près de ma poitrine et les larmes coulent sans que je ne contrôle rien. Je sanglote sans m'arrêter en regardant son visage. Il caresse mon visage tandis que ma vision se brouille, que je suis secouée de sanglots incontrôlable. Et puis, je sens une larme tomber sur ma joue et je sais que ce n'est pas la mienne. J'attrape un pan de sa chemise et m'accroche comme une rescapée à une bouée de sauvetage, j'enfouis mon visage dans son torse en continuant de pleurer. Au fur et à mesure, je me laisse bercer par mes larmes, mon cerveau s'en va et je m'endors lentement.

Je renifle et ouvre doucement les yeux. Une petite lumière est encore allumée et je distingue la chambre d'ami où j'ai si souvent dormi après des soirées bien trop arrosées. Je me relève et vois mon "fiancé" endormi sur le fauteuil à côté. Il ouvre les yeux à son tour et croise mon regard. Il s'étire et me demande d'une voix claire :

"Tu es reposée ?"

J'acquiesce de la tête et me déplace dans le lit pour me rapprocher de lui.

"Tu te sens d'avoir une discussion ?"

J'acquiesce de nouveau.

"Même s'il est 2:40 ?"

Je souris tristement et lui réponds :

"Oui."

Je vois qu'il ne sait pas par où commencer, il cherche quoi dire, sans me faire mal. Mais quoi qu'il dise, ça me blessera. Et vice-versa. Alors autant en finir au plus vite :

"Je crois que tout est allé trop vite Jacob… Se marier à 22 ans était une erreur. Te dire oui encore plus. Je l'ai fait pour ne pas culpabiliser. J'aurais dû te dire que je ne voulais pas."

Je cherche mes mots, l'esprit encore embrumé par la tristesse et mon réveil récent. Alors, il prend la suite :

"C'était stupide de te demander en mariage pour me déculpabiliser du fait que… Que je… J'aim…

- Angela. Je le sais… Je vous ai entendu. Ça fait combien de temps ? Que tu l'aimes ?

- Je voulais me persuader du contraire mais je n'y suis pas arrivé.

- S'il te plaît… Répond moi.

- Bientôt deux ans. Et toi avec Edward ?

- Ne me dis pas que vous vous voyez depuis deux ans. Je t'en supplie ne me dis pas que ça fait deux ans que tu me caches ça…

- Bella. Combien de temps avec lui ?"

Je sens l'impatience monter chez lui. Moi, je suis dans un état secondaire. J'encaisse le choc. Je ne pensais pas que cela faisait aussi longtemps. Il n'a pas répondu et je sais ce que ça veut dire. La colère grandit au creux de ma poitrine. Doucement, sinueusement, elle se répand dans mon sang. Me bloque la gorge d'une étreinte de fer mais je parle quand même.

"Depuis deux ans tu me prends pour une conne et je te prouve que tu avais raison en ne m'étant rendu compte de rien.

- Arrête ! Tu sais tout autant que moi que je ne te voulais pas de mal !"

- C'EST POUR CA QUE TU COUCHAIS AVEC ELLE ?

- ET TOI ALORS AVEC CE CONNARD ?"

La gifle part tout seule. Je bouillonne littéralement de rage, une larme coulant sur ma joue. Je n'ai pas pu retenir ma main de partir s'abattre sur sa joue. Pourtant, un sourire se dessine sur mes lèvres. Ça soulage tellement de faire ça. J'inspire bruyamment et lui réponds :

"La différence entre ta situation et la mienne, c'est que je n'étais pas au courant de son amour et qu'il n'était pas réciproque. Alors que toi, tu couchais avec elle en plus, en ayant des remords. Tu n'es qu'un abruti fini. Je comprends mieux pourquoi, quand j'étais avec toi, tu n'avais d'yeux que pour moi et d'attentions que pour ta petite amie. Pour arrêter de culpabiliser. Hein ? C'est ça ? Réponds !"

Il s'est levé pendant la conversation et moi aussi. Je le pousse violemment pendant qu'il s'emmure dans un silence blessant. Cette fois, les larmes de rage coulent pour de bon. Le voyant toujours aussi muet, je tourne les talons pour partir de la pièce et retrouver enfin la deuxième personne avec qui je dois avoir une discussion. Pourtant, Jacob m'attrape le poignet et me supplie :

"Laisse moi t'expliquer s'il te plaît…"

Je m'arrache à son étreinte, lui lance un regard noir et crache :

"Une nuit Jacob. Une putain de nuit. Et il n'y a plus rien à expliquer maintenant."

J'insiste sur le dernier mot et je sors de la pièce. Je connais cette maison par cœur, je descends l'escalier et tourne à gauche. La lumière est éclairée et je retrouve, sans surprise, Rosalie et Emmett affalés devant la télé en attendant que leur insomnie passe. Rose' m'aperçoit et lance doucement :

"Hey, Bella ! Viens voir."

Je m'approche d'eux, me plonge dans son regard et lui demande simplement :

"Où sont-ils passés ?"

Elle me sourit et me réponds simplement :

"Partis.

-Où ?

-Alice et Jasper ont pris votre lune de miel, Angela est chez elle et Edward a récupéré la petite maison d'Alice pour cette nuit. Et juste, nous te laissions jusqu'à 9h demain matin avant d'appeler la police."

Je la remercie silencieusement et l'embrasse affectueusement sur la joue. Emmett me regarde et me dit :

"Tu vaux tellement plus que lui… Mais Edward lui, te mérite. C'est un homme bon. Tu vas t'en sortir Bella !"

Je lui souris. C'est la première fois qu'il me témoigne autant de sympathie.

"Hé, Bella !"

Je me retourne et rattrape de justesse les clés de la caisse de Rosalie. Elle avait dû les reprendre quand on m'a emmené dans la chambre. Je lui fais un clin d'oeil en la remerciant et sors dehors. Je m'assois quelques minutes sur les marches du perron pour respirer un peu. Il fait froid et je ne reste finalement pas très longtemps. Je monte dans la voiture et attache ma ceinture de sécurité en démarrant la voiture. Et puis, droit devant moi, je vois Jacob sortir en courant et venir dans ma direction. Il a dû réfléchir à ce que je venais de lui dire. Mais c'est trop tard. Je l'entends crier mon prénom pendant que les pneus crissent sur le gravier. Je fais une marche arrière un peu brusque et m'étonne moi même d'arriver à faire un demi tour aussi rapide pour prendre la route. Je connais la route pour aller chez Alice. J'y suis allée des milliers de fois. Etonnamment je suis très concentrée sur le chemin et j'y arrive rapidement. Bon. J'étais peut-être à un peu plus que 70km/h. Ok. Il se peut que j'ai été à 110km/h sur tout le trajet… Mais il y a urgence. J'arrive enfin à Kirkland et prends la petite allée de chez Alice. Cette chanceuse a un port et une plage rien que pour leur foyer. Je me gare devant la maison, éteins le contact, me détache et sors en claquant la portière. Je marche sur l'allée jusqu'à sa porte d'entrée à laquelle je sonne. Je vois de la lumière provenant du salon. J'attends quelques minutes et re sonne encore. Je sais qu'il ne dort pas. Et puis, au bout de cinq minutes d'attente, je sens mon téléphone vibrer dans ma poche. Je m'arrête net. Comment a-t-il pu survivre après avoir été plongé dans l'eau ? Submergé ? Je crois que ça relève du miracle. Comme pour moi. Je le sors de ma poche et voit 21 appels manqués et 47 SMS non lus. Je tape mon code, il se déverrouille. Je vais dans mes messages le numéro d'Edward apparaître.

De : HédoigtRR

Objet : Viens

Je sais que tu es à la porte, entre, ferme à clef, je suis dans le jacuzzi du jardin.

Je serre mon téléphone dans mes mains et ne regarde aucun autre message. J'ouvre la porte, la referme à clé derrière moi et traverse le salon, la salle à manger avant d'arriver à la baie vitrée du jardin, grande ouverte. En bas de la petite pente, dans la partie de sable, je distingue un corps, la tête contre le rebord du jacuzzi. Je descends rapidement, enlève mes chaussures, ainsi que mes chaussettes une fois en bas de la pente et ressent les grains de sables sur mes pieds, pour la première fois de la journée bien que je sois déjà allée dans l'eau aujourd'hui, enfin, hier maintenant… J'arrive à l'infrastructure et pose mes coudes dessus. Je me gratte la gorge et je vois un sourire se dessiner sur ses lèvres.

"Même sans ton raclement de gorge je savais que tu étais là. Tu devrais entendre le bruit que tu fais !"

Je souris et lui frappe l'épaule. Il rigole en se redressant en position assise. Je lui demande gentiment :

"Tu veux bien qu'on parle s'il te plaît"

Edward acquiesce et me dit simplement :

"Désolé d'être venu alors que je t'aimais."

Je souris encore un peu plus et bats des paupières lourdement, encore fatiguée par tout ça.

"Viens avec moi là dedans, on y est bien…

-Je comptais pas te laisser en profiter seul !"

J'enlève mon t-shirt, le laisse tomber à terre et retire mon jean. J'escalade un peu pour arriver à l'intérieur. L'eau chaude me relaxe immédiatement. Je me laisse glisser dedans jusqu'à la banquette qui nous maintient assis. Je vois un sourire moqueur se peindre sur ses lèvres.

"Quoi ?

-Rien…

-Dis moi, qu'est-ce qu'il y a ? C'est mon visage, il est plein de cerne ou de mascara qui a coulé ?

-Non, je pense que tu n'a plus de mascara depuis quatre heures au moins…

-Bon alors, vas-y dis moi !"

Je lui souris amicalement en lui lançant un regard interrogateur, presque par dessus les lunettes que je n'ai pas.

"Il y avait une échelle juste là…"

Je le vois prendre un fou rire et je regarde la direction qu'il a pointé du doigt. Je fais une petite moue contrarié et lui dit :

"Tu n'aurais pas pu me le dire plus tôt toi !"

Je le frappe encore à l'épaule et il rigole de plus belle. J'hausse les sourcils et lève les yeux au ciel. Je pose ma tête contre le rebord, comme lui un peu plus tôt et je ferme les yeux. Il arrête progressivement de rire et respire un bon coup pour reprendre son sérieux. J'attends quelques minutes et lui dit :

"Tu sais, je crois que c'était la meilleure chose qui me soit arrivé dans ma vie…

- De quoi ?" me demande-t-il sérieusement.

"Ta venu à Seattle.

- Oh. Et pourquoi ça ?

-Ne t'attend pas à ce que je te dise que tu étais le meilleure coup de ma vie. Même si c'est la vérité." je souris et continue "Pour ne rien te cacher, tu m'as ouvert les yeux involontairement, sur tout. Tu avais raison. Jacob te déteste. Et je le déteste aussi." nouvelle pause. "Tu es quelqu'un de bien Edward, tellement bien que tu as essayé de me protéger en me disant que Jacob était avec sa meilleure amie Angela. Sa meilleure amie avec qui il couche. Mais tu voulais me protéger.

- Je suis désolé. Désolé de ne pas t'avoir dit plus tôt et plus brutalement ce qu'il se passait vraiment. Je n'aurais pas dû t'infliger cette douleur.

- Je ne t'aurais pas cru. J'aurais probablement voulu te frapper à mort pour les mots que tu aurais prononcé. Alors, je ne t'en veux pas. Et merci de m'avoir libéré d'une vie dont je ne voulais pas."

Nous échangeons un regard et nous sourions avant de nous remettre en notre position initiale. Sa voix brise le silence qui s'était installé.

"Action ou vérité ?

-Ed', je n'ai pas la tête à jouer…

-Fais moi confiance.

-Bien… Vérité.

- Es-tu heureuse ainsi ? Sans lui.

- Je… Je crois. Enfin non. J'en suis sûr. Je t'avais dit vouloir ne jamais le quitter parce que je l'aimais. Mais la vérité, c'est que j'avais peur de quitter ma zone de confort. Mon train train quotidien bien rangé. Je suis désolée de t'avoir fait du mal

- C'était légitime.

- Je… Action ou vérité ?

- Tu poses réellement la question ?

- Bien. Et si tu allais chercher de l'alcool ?

- Tu sais comment ça va finir cette histoire…

- Oui. Mais je n'y arriverai pas sobre je pense."

J'ouvre les yeux devant ce silence lourd. Il me regarde et sourit tristement, commes si mes paroles l'avaient atteint. Mais je ne comprends pas ce que j'ai fait de mal. Je le regarde et lui demande timidement :

"J'ai dit quelque chose de mal ?

- Tu as simplement confirmé ce que je savais déjà.

- C'est-à-dire ?

- Tu ne voulais pas coucher avec moi l'autre nuit. Tu étais simplement soule..

- Edward ! Tu ne peux pas dire ça après ce qu'il s'est passé entre nous !

- Et que s'est-il passé entre nous alors ?

- J'ai couché avec toi parce que j'en avais envie. Pas seulement parce que j'étais bourrée ! Je te voulais ! Mais tu ne peux pas me demander de te désirer maintenant. Après ce qu'il s'est passé aujourd'hui et hier.

- Bien. Alors allons nous coucher, nous reparlerons de tout ça une autre fois. Un autre jour. Tes cernes en disent long sur ton état."

Notre discussion s'arrête ici. Une larme de frustration coule. Je ne peux pas lui exprimer ce que je souhaite. Il sort du jacuzzi, totalement nu et prends une serviette par terre. Il se sèche et m'attend. Je sors du cocon chaud qui m'entourait. Il fait froid dehors et je m'enroule autour de la deuxième serviette qu'Edward avait prévu pour moi. Nous remontons la pente ensemble sans dire un mot. Je suis comme énervée, épuisée et désespérée. Je respire un grand coup et nous entrons dans la maison chauffée. Je me pose directement près du feu, sur le tapis douillet qui se trouve devant, je m'étends dessus, bien au chaud.

"Tu es sûre de vouloir dormir ici ?

- Oui, merci…

- Alors je vais chercher des couvertures."

Mes yeux se ferment tout seuls. J'entends vaguement Edward revenir mais je sens sa chaleur corporelle non loin et les couettes pèsent sur moi. Je m'endors pour de bon cette fois. Seul mon corps reposé pourra me réveiller.


Je vous remercie encore pour m'avoir lu et j'espère réellement que ce chapitre vous plaira. J'ai mis plus de 8 heures à l'écrire, j'y ai passé tout mon Dimanche mais c'était plaisant !

Pour ceux qui voudrait savoir à quoi ressemble la maison d'Alice, disons que c'est celle qui se situe à 11162 Champagne Point Rd NE Kirkland, Washington. C'est une maison avec un parking devant avec deux véhicules noirs (imaginez qu'ils n'y sont pas).

Sinon, je vous laisse donc là dessus, j'espère vous revoir très bientôt pour la fin ! J'ai d'autre projet d'écriture en ce moment dont un que je traîne depuis 1 ans (je n'ai que 5 chapitres très long…)

Bisous à vous tous et gardez la santé jusqu'à mon retour ;).