Coucou,

Bon voilà le troisième chapitre.

Je crois que les choses vont commencer à être intéressantes…

Bonne lecture !

Merci à Steph pour sa review.

OoOoOoOoO

Assis dans son lit, les jambes bien enfouies sous la couette, Draco lisait à l'abri des regards. Les rideaux de velours verts étaient tirés, signe pour quiconque le connaissait qu'il ne voulait pas être dérangé. Le jeune homme savait donc qu'il avait une soirée de tranquillité devant lui.

Après avoir caressé du bout de ses doigts le cuir abimé du journal, il en ouvrit la première page et laissa ses yeux glisser sur le papier, lisant les lignes présentes.

Juillet 1970.

Alors que je viens de recevoir une marque toute particulière de confiance de notre maitre, je ne peux m'empêcher de coucher ces mots, comme il le fit précédemment, il y a plus de trente ans.

Lors de la dernière réunion, le Seigneur des Ténèbres m'a pris à l'écart et confié un présent précieux : son journal. Les feuilles de papier sont vierges d'écriture mais je le soupçonne assez habile pour pouvoir être le seul à les lire.

Ce livre est une marque de confiance dont je suis fier. C'est pourquoi je voudrais raconter comment j'ai réussi à parvenir à un tel niveau parmi les proches de notre lord.

Ce journal, que j'écris à présent, n'est en aucun cas une confession, il n'est pas destiné à la lecture. Je souhaite simplement mieux appréhender et, surtout, ne jamais oublier ces évènements.

Tout a commencé durant ma cinquième année. Lors du banquet de début d'année,…

« - Gryffondor ! cria le choixpeau.

Le jeune Potter se leva, un grand sourire aux lèvres et fila rejoindre Sirius Black, déjà assis sur le banc des lions.

- Severus Rogue, appela ensuite le professeur Mcgonagall.

Un petit brun chétif s'avança vers le siège, la tête haute, et s'assit. Le choixpeau fut posé sur sa tête et il attendit patiemment. Quelques secondes plus tard, on entendit :

- Serpentard !

Souriant à l'entente du nom de sa future maison, le jeune garçon se leva et vint s'installer dans ses rangs. Il s'assit non loin du nouveau préfet, Lucius Malfoy. Ce dernier se pencha alors et lui dit, sans méchanceté aucune :

- Bienvenue à Serpentard.

Le petit releva la tête de son assiette vide et sourit en remerciement au grand blond qui le regardait avec indulgence.

Deux semaines plus tard, dans la salle commune de Serpentard, le jeune Severus travaillait. Comme depuis le premier jour de la rentrée, il était seul. Dès la première semaine, une première confrontation avec James Potter avait eu lieu. A la fin de celle-ci il s'était retrouvé la tête la première dans son chaudron, ruinant sa réputation avant même qu'elle ne se mette en place. Depuis, plus personne n'osait l'approcher, même dans sa propre maison. Il se contentait donc de sa solitude et de quelques moments passés avec Lily, instants cachés.

Alors qu'il allait se pencher pour récupérer dans son sac un nouveau livre de potion, une personne s'assit avec aisance sur le fauteuil présent à côté de sa table. Etonné, le jeune homme aux cheveux noirs leva le regard et tomba sur les prunelles grises de son préfet.

- Bonjour Severus, dit celui-ci. Comment vas-tu ?

- Bien, répondit faiblement le première année, toujours pas remis de sa surprise.

- Ce début d'école ne fut pas facile, n'est ce pas ? demanda Lucius, croisant ses jambes et reculant son buste contre le dossier de velours. J'ai entendu parler de ta petite entrevue avec Potter. A ce qu'il paraît tu aurais critiqué un peu trop les moldus.

- Potter est un abruti, dit simplement Severus.

Le préfet sourit et hocha la tête.

- Les Gryffondors ont toujours eu tendance à trop défendre les faibles.

Puis, il se pencha en avant et lui murmura :

- Ecoute, on organise une petite soirée dans la classe de divination demain soir, tu sais où elle est, n'est ce pas ?

- Oui, mais ce n'est pas dangereux ? questionna le brun sur le même ton.

- Ne t'inquiète pas, Trewlaney est totalement aveugle au changement de place de ses affaires, de plus Rusard n'ose jamais monter aussi haut. Rejoins nous là bas, je serais ravi de te présenter de vrais sorciers.

Impressionné, Severus acquiesça. Lucius sourit alors, à nouveau, puis se leva.

Ignorant les regards des jeunes filles de sa maison, il se dirigea vers sa petite amie. Narcissa lisait dans un coin, près du feu, les jambes allongées élégamment sur le canapé. Elle leva le regard de ses pages lorsque le blond arriva et se décala pour lui faire de la place. Une fois assis et la jeune fille appuyée contre son torse, ce dernier passa ses bras autour de la taille fine et glissa ses lèvres dans le cou gracile.

- Ca va ?

- Moyen. Mes parents viennent de m'écrire. Le fait que mon cousin ait été pris à Gryffondor leur cause souci.

- Le jeune Sirius, c'est cela ?

- Oui.

- Encore un traitre à son sang. Moi qui croyais que nous nous en étions débarrassés à présent que les Weasleys sont partis…

- Ne dis pas ça ! le rabroua la jeune femme. Il est de ma famille, je suis sûre que cela n'est qu'un écart.

- Il est ami avec Potter, le défendeur des moldus.

- Je sais, soupira-elle alors.

Réconfortant, Lucius laissa courir sa main sur le ventre de Narcissa, la remontant légèrement. Son regard glissant légèrement du cou vers la poitrine, il eut ensuite envie de… »

Fermant d'un coup sec le livre, Draco coupa sa lecture rapidement. Il n'avait absolument aucune envie de lire ce genre de choses.

- Draco ! appela une voix derrière les rideaux.

Rangeant le journal précipitamment sous son oreiller, il grommela :

- Qu'est ce qu'il y a ?

Son rideau de velours vert fut alors ouvert en grand et Blaise apparut.

- Oh ! Je croyais que tu t'adonnais au plaisir en solitaire !

Le noir semblait franchement étonné et le blond soupira en mettant son visage dans sa main.

- Qu'est ce que tu faisais ?

- J'allais me coucher. Tu as une bonne raison de me déranger ?

- Et bien ça va faire bientôt une heure que tu es là derrière alors…

- Il est vingt deux heures, Blaise. C'est l'heure de dormir, donc il est tout à fait normal que je me trouve dans mon lit.

Le ton monta légèrement à la fin de la phrase tandis que Draco fronçait les sourcils.

- Oh, calme toi ! s'exclama le noir, levant les mains en signe d'innocence. Je m'inquiétais juste. Bonne nuit.

Sans attendre de réponse, Blaise fila, se glissa dans ses draps et ferma ses propres rideaux. Draco sortit alors le livre de sous son oreiller et le rangea dans sa table de nuit.

Plongé dans l'obscurité de ses rideaux à nouveau fermés, il laissa sa tête plonger dans son oreiller et ses paupières s'alourdir. Il avait hâte de lire la suite, sans omettre de sauter certains passages, bien sûr.

OoOoO

Le lendemain soir, Draco se trouvait dans sa salle commune, travaillant au milieu de ses amis. La quantité de travail imposée par les professeurs était impressionnante et il se devait d'avoir de bonnes notes. Cette année, il avait décidé de battre Granger dans toutes les matières et, ainsi, de répondre enfin aux attentes de son père.

Autour de lui, Théo travaillait sur la même table tandis que Pansy et Blaise rigolaient un peu plus loin, avachis sur un canapé. Le blond leur jeta un regard désapprobateur en voyant la brune mettre ses chaussures sur le tissu du fauteuil afin de mieux chatouiller le noir.

- Vous ne pouvez pas vous tenir tranquillement ? demanda-t-il, agacé.

- Rabat joie, fit Blaise en se redressant et repoussant la jeune fille.

Il n'eut en réponse qu'un regard noir.

Pansy, elle, se leva et se rapprocha de son ami blond. Entourant sa taille de ses bras féminins, elle lui murmura l'oreille :

- Tu es jaloux ?

Caressant de ses mains le torse au travers de la chemise, elle poursuivit :

- Je peux m'occuper de toi si tu veux…

D'un geste brusque, Draco la repoussa et se leva.

- Non merci. J'y vais, je dois faire ma ronde. Blaise, tu rangeras mes cours, s'il te plait.

Sans attendre de réponse, il quitta ensuite la salle commune et commença à parcourir l'école. N'ayant jamais fait d'escapade dans le château la nuit, il fut étonné de le trouver si calme. Il n'y avait pas un seul élève dans les couloirs. Aucun rire ou cri ne venait troubler la tranquillité de Poudlard.

Draco apprécia ce silence et avança lentement au travers du château. Les torches s'allumaient magiquement au fur et à mesure de sa progression, lui permettant d'admirer les tableaux et sculptures qu'il ne prenait jamais habituellement le temps de regarder.

Mais alors qu'il allait tourner au détour d'un nouveau couloir, il vit que celui-ci était déjà allumé. Sortant sa baguette, il s'avança silencieusement et vit une silhouette marcher lentement, la tête basse.

- Qui est là ? demanda-t-il.

La personne, étonnée, s'arrêta dans sa marche et se retourna. Il s'agissait de Potter. Celui-ci semblait vraiment abattu, il ne releva d'ailleurs même pas la présence du Serpentard. Ce dernier se rapprocha encore du son rival et dit mielleusement :

- On est en dehors de sa tour alors que la nuit est tombée, Potter ? Tu me verras obligé de te retirer des points…

- Je sors de ma retenue chez Ombrage, dit platement le brun.

- Vraiment ? Tu en as une preuve ?

Potter haussa les épaules puis s'apprêta à l'ignorer et poursuivre sa marche. Alors qu'il se tournait, Draco aperçut du sang sur sa main droite, gouttant légèrement au sol. Saisissant d'une main vive le poignet, le blond regarda la blessure, curieux. Le regard auparavant vide du Gryffondor s'anima alors et de la fureur apparut dans ses prunelles. Avec force, il tenta de détacher son poignet de la main du blond.

Cependant, ce dernier tint bon, observant le dos de la main. Du sang la recouvrait totalement, empêchant de voir la blessure. Rapidement, Draco monta sa baguette à la bonne hauteur et jeta un récurvite. Le liquide vital disparut aussitôt et le blond put alors voir une inscription profondément gravée dans la chair :

Je ne dois pas dire de mensonge.

Comme brûlé, le Serpentard lâcha le poignet aussitôt sa lecture terminée. Cachant le trouble qui l'avait envahi, il ricana :

- Et bien, je suppose que j'ai ma preuve.

- De quel droit… !

Ivre de rage, Potter leva son poing et lui envoya directement dans la lèvre. Draco fut bousculé sur le coup, reculant de quelques pas. Il se redressa ensuite en vitesse, fusilla du regard le brun et siffla :

- Trente points en moins pour Gryffondor pour atteinte à un préfet. Maintenant disparais sinon je me verrais obligé de t'en retirer d'autres.

Sa colère retombée, Potter obéit sagement et Draco sourit de satisfaction. Puis, une fois le survivant disparu, ce dernier reprit sa marche, essuyant légèrement le sang qui coulait de sa lèvre.

OoOoO

La fin de la première semaine arriva rapidement. Draco avait réussi à obtenir un optimal pour son premier devoir de défense contre les forces du mal. Si ce dernier avait été de la pratique, il aurait eu plus de mal, mais la théorie, il pouvait la gérer sans problème. Les nouvelles directives du ministère l'avantageaient donc. Il avait hâte d'annoncer la nouvelle à son père.

De plus, comme ce dernier lui avait demandé, il était resté à la fin d'un cours et avait aimablement proposé son aide en tant que préfet à Ombrage. La femme rose avait semblé flattée, lui avait souri et lui avait promis de songer à lui dès que le besoin se ferait ressentir.

Toutes ses tâches demandées par Lucius étaient donc accomplies. Il n'avait plus qu'à attendre le weekend pour pouvoir lui annoncer tout cela.

Lorsque le samedi arriva, il réussit à s'éclipser de sa salle commune, sans être suivi par ses amis, et à se trouver un endroit calme pour poursuivre sa lecture. Les précédents soirs, les devoirs imposés par les professeurs lui avaient pris trop de temps, l'empêchant ainsi de continuer la découverte du journal de son père.

Ce fut donc lors d'un après midi ensoleillé qu'il se cala au pied d'un arbre du parc de Poudlard et ouvrit à nouveau le bouquin en cuir noir. Après avoir vérifié qu'il n'y avait personne dans les alentours, il feuilleta les pages et survola très rapidement l'endroit où il s'était arrêté pour recommencer sa lecture à un endroit intéressant.

Suite à ma petite entrevue avec le très jeune Severus, ce dernier vint à notre soirée. Il impressionna alors beaucoup mes amis…

« - Severus ! appela Lucius en le voyant arriver dans la classe de divination. Viens avec nous.

Le première année hésita quelques secondes à s'approcher du groupe de Serpentards de cinquième année assis sur les coussins. Le regard insistant de son préfet le poussa cependant à le faire. Celui-ci lui sourit une fois qu'il fut à leur niveau et lui désigna les personnes présentes.

- Voici Lucas Goyle, Geoffrey Crabbe, Helena Zabini et John Parkinson. Ce sont mes amis. Tous des sangs purs, bien sûr.

Puis, il se tourna vers le groupe assis et dit :

- Voici le jeune Severus Rogue, un petit nouveau qui a fait sensation auprès des Gryffondor, n'est ce pas ?

La seule fille présente sourit au jeune brun et lui désigna un coussin à côté d'elle. Elle avait la peau très mate et un visage très beau. Severus s'attarda sur ses traits fins quelques secondes, faisant ricaner Lucius :

- Ne la regarde pas trop ! Elle dévore les hommes.

- Exact, rigola Parkinson. Helena est sortie avec une dizaine de garçons depuis le début de notre scolarité, aucun ne s'est remis de la rupture…

- Voyons les garçons ! réprimanda la fille au visage foncé. Vous allez terroriser le pauvre Severus.

Lucius se racla la gorge et le calme revint alors. Se penchant vers son protégé, il lui dit :

- Bien, nous discutions d'une sang de bourbe avant que tu n'arrives. Sophie Wilkins, une Poufsouffle. Elle a des notes tellement médiocres que l'on se demande comment elle réussit à passer d'année en année…

- Et toi, Severus, ronronna Helena en déposant une main gracile sur l'épaule du plus jeune, tu en connais dans ta promotion ?

Le petit brun s'agita brièvement et regarda autour de lui. Les différentes personnes attendaient sa réponse. Sa ronde des yeux se termina sur la jeune black. Encore une fois, il admira sa beauté et se perdit dans les prunelles si noires et profondes qu'elles paraissaient sans fond. Il ouvrit alors la bouche et murmura :

- Une Gryffondor… Lily Evans…

- Vraiment ? releva Lucius. Comment la connais-tu ?

- Nous habitons dans le même village.

- Oh ! C'est ton amie ?

Severus quitta les yeux noirs pour fixer les prunelles grises du préfet.

- Je… Pas vraiment. Je ne peux pas supporter sa sœur. Elle nous traite de monstre.

La main foncée sur son épaule se resserra tandis qu'il voyait Lucius et Parkinson échanger un regard convaincu. Crabbe ouvrit alors pour la première fois la bouche et gronda :

- C'est elle le monstre !

Les autres confirmèrent d'un hochement de tête. Lucius, lui, sourit. Il aimait bien ce nouvel élève. Déjà le regard sombre et la bonne façon de penser. Il s'était renseigné sur lui. Il était un sang mêlé avec une mère sorcière et un père moldu. Malgré l'absence d'éducation adéquate, il réfléchissait de la bonne manière et n'hésitait pas à défendre ses convictions comme l'affaire avec le jeune Potter. De plus, il s'était aussi renseigné au près du professeur Slugorn, le jeune avait déjà de très bonnes notes et performait dans cette matière. »

Un léger bruissement de feuille sortit Draco de sa lecture. Tournant la tête, il vit un écureuil courir sur une branche de son arbre puis disparaître derrière le feuillage d'un autre. Prenant conscience des alentours, le blond vit qu'il n'était plus seul. Des groupes de jeunes étaient assis non loin de là, profitant eux aussi du soleil.

Soupirant, le Serpentard ferma le journal et se releva. Se dirigeant vers le château, il vit du coin de l'œil le trio de Gryffondor revenir de la cabane du géant, l'air préoccupé. Draco sourit en imaginant les malheurs qui auraient pu arriver à leur pseudo professeur. Le regard de Potter tomba alors sur lui et son sourire se fana aussi sec. Ils échangèrent mutuellement un regard noir et haineux puis le préfet se détourna et fila vers Poudlard.

Une fois à l'intérieur, il se dirigea vers la volière. Il y trouva son grand duc, l'attendant sagement. Après l'avoir nourri rapidement, il vint s'asseoir à la petite table où une plume et des feuilles étaient à disposition. Préparant ce qu'il allait écrire, il trempa la plume dans l'encrier.

Père,

Comme vous me l'avez demandé, voici un compte rendu de ma première semaine de cours.

Tout d'abord, sachez que le nouveau professeur de défense contre les forces du mal a des pratiques assez barbares. J'ai surpris Potter qui sortait de sa retenue avec elle. Sa main était en sang et un message y était gravé. Je ne m'inquiète pas de la santé du Survivant et je ne pense pas avoir de retenue moi même au vu de ma dernière note, j'ai obtenu un Optimal, mais j'espère vraiment qu'aucune de ses pratiques ne sera appliquée sur un sang pur.

La raison pour laquelle Potter a obtenu une retenue est parce qu'il a défendu bec et ongles que notre lord était de retour. La fermeté du professeur Ombrage est impressionnante. Elle ne croit vraiment pas en son retour.

Sinon, j'espère que tout va bien pour vous et mère.

Je vous embrasse,

Draco

OoOoOoOoO

Voilà !

Alors, verdict ? Ce journal ? :)

A jeudi.