PS : Si tu cherche de la musique, j'ai écris les parties d'Arthur avec deux-ci. Tu peux les copier-coller, google fais le reste.
watch?v=3vEuKUe4EE4 et watch?v=K9jDlB1gjgw
Spoiler alert : musique très très triste.
Le jeune roi avait à nouveau sombré dans l'inconscience. Son état était très grave et même ces moments ne lui permettaient pas de prendre un peu de repos. Au contraire, il se débattait dans son sommeil contre des rêves guidés par la fièvre et l'angoisse.
C'est alors qu'il entendit un bruit de porte. En un mouvement, il se remit sur ses jambes tremblantes et serra son épée, prêt à se défendre. Tout doucement, la grosse plaque de métal grinça et une silhouette se faufila dans l'embrasure. Il ne pouvait voir de qui il s'agissait mais il reconnu sa voix à la première syllabe.
« Je viens pour vous aider, Arthur ».
Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Les yeux de Merlin étincelaient dans le noir et un très léger halo de lumière semblait se dégager de son corps.
« Tu... »
« Je viens pour vous délivrer Arthur, je refuse de vous laisser mourir dans ces conditions ».
Il n'en croyait pas ses yeux. Était-ce possible ? Se pouvait-il que le sort de Morgane n'ait pas eu l'effet escompté ? Ce pouvait-il qu'il n'ait pas été capable de déceler les preuves que son ami était encore en vie ?
Merlin s'approcha de lui, tout doucement.
« N'ayez pas peur, je suis là pour vous faciliter les choses. N'est-ce pas ce que j'ai toujours fait ? Vous verrez, tout cela sera bientôt fini. Il suffit d'un dernier tout petit effort.»
Arthur ne bougeait pas, hagard au milieu de la pièce baignée dans une lumière irréelle. Il ne fit pas le moindre mouvement non plus quand Merlin posa la main sur la sienne. Très lentement, le magicien souleva le bras au bout duquel pendait Excalibur.
« Faites-moi confiance. C'est bientôt fini. On pourra discuter de tout ça. Je suis désolé d'avoir menti tout ce temps. Encore un tout petit effort ».
Arthur sentit la pointe de son épée couper lentement la peau de son ventre avec la ferme intention d'y entrer. Alors il eu un mouvement de recul et projeta Excalibur de l'autre côté de la pièce. Le son du métal contre la pierre résonna bruyamment et Merlin disparu dans les ténèbres.
Alors qu'il revenait doucement à la réalité, Arthur s'écroula au sol et éclata en sanglots.
Merlin était trop lent, il le savait, chaque instant qui passait augmentait les chances de ne jamais retrouver son ami, ou pire, de le retrouver trop tard. Mais il savait aussi que dans quelques heures, les effets du sort de protection seraient complètement évacués de son organisme, réduisant à néant le lien qui lui permettait de suivre la trace d'Arthur et ses assaillants. Il n'avait d'autre choix que de marcher encore et encore dans la direction qu'il sentait être juste.
Il faisait nuit quand il arriva enfin aux abord du repère de Morgane. Il n'avait pas besoin de s'en assurer, il percevait les vagues de magie noire qui habitaient les lieux.
Il fallait maintenant qu'il trouve un moyen de s'infiltrer dans la maison pour secourir le roi. Il n'était pas mort, Merlin en était certain, il ne pouvait pas être mort, il l'aurait senti.
Il était trop faible pour affronter Morgane et ses hommes. S'il était découvert, il ne serait pas en mesure de se défendre et tout serait perdu. Non, il fallait qu'il établisse un plan. Il allait attendre encore quelques heures que le noir s'abatte complètement, le rendant presque invisible à l'œil nu. D'énormes nuages étouffaient la lumière de la pleine lune, la chance était à ses côtés. Il pourrait alors inspecter les lieux et peut être découvrir l'endroit où Arthur était retenu prisonnier.
Demain, il serait trop tard, la magie qui le liait au roi aurait complètement disparue.
Quand, enfin, la dernière lumière qui s'échappait de la maison disparu, il rampa jusqu'aux fenêtres les plus proches et se releva précautionneusement pour observer l'intérieur. Tout indiquait que la maison avait été abandonnée depuis plusieurs mois. Cela ne devait pas être le repère de la sorcière mais un point de chute idéal pour prendre un peu de repos après les événements récents. Personne n'était visible dans ce qui devait être, à une époque, la pièce de vie. Arthur n'était pas là, il en était certain. Alors il se faufila jusqu'à l'arrière de l'habitation et s'arrêta net quand il vit Morgane. Cette dernière était à quelques mètres de lui. Elle tournait sur elle-même comme une possédée et semblait se repaître de quelconques ondes maléfiques. Elle était bien trop occupée pour avoir aperçu Merlin et celui-ci se jeta derrière un arbre miraculeusement planté à coté du mur. « Elle a complètement perdu la raison » pensa-t-il en l'observant tournoyer dans la nuit. La puissance de la jeune femme était palpable. Elle semblait invincible, presque irréelle. C'est alors qu'il remarqua le passage creusé dans le sol. Il était assez grand pour s'y introduire et semblait être le commencement d'un tunnel souterrain. Arthur devait se trouver là. Cela expliquerait le comportement de Morgane. Peut être était-ce sa façon de savourer sa victoire ? Peut être se nourrissait-elle de la déchéance de son demi-frère ? Tout cela n'avait pas de sens. Mais Merlin avait arrêté depuis longtemps de chercher une raison logique aux agissements de la jeune femme qu'il avait considérée autrefois comme son amie.
Tous ces mensonges et ces secrets avaient fini par la plonger dans une folie profonde dont elle ne semblait s'extirper qu'en se vengeant de tout ceux qui l'avaient trahie.
Finalement, pensa Merlin, Arthur était le seul qui ne lui avait jamais menti. En tout cas pas sur sa vraie nature, puisqu'il n'était au courant de rien. Il l'avait aimée et protégée jusqu'au dernier instant, jusqu'au moment où il avait été obligé de se rendre à l'évidence. Celle qu'il considérait comme sa sœur avait basculé du côté obscur et voulait maintenant son trône et donc sa mort.
Mais tout cela ne comptait pas pour elle, la seule chose qui importait encore était d'anéantir tous les témoins de son ancienne vie afin de pouvoir faire régner la terreur sur Camelot.
Il ne pouvait rien faire pour le moment. Si Morgane le surprenait, il lui suffirait d'un murmure pour le tuer. Sa magie était puissante, sa rage était puissante, mais Merlin savait que la détresse enfuie l'était encore plus. Il ne pouvait détourner les yeux de cette forme qui semblait se soulever de terre durant plusieurs secondes comme portée par une hystérie indescriptible. Soudain, Merlin réalisa que, malgré le fait qu'elle en ait eu la possibilité, elle n'avait pas tué Arthur. Pas encore du moins. Peut être restait-il une part infime de l'amour qu'elle avait ressenti pour lui durant toutes ces années. Sinon pourquoi n'avait elle pas mis fin à ses jours dès qu'elle en avait eu l'occasion ?
La sensation de froid avait disparu. A bien y réfléchir, il ne ressentait plus grand chose. Plus rien n'avait de sens et seul son cerveau malade continuait à divaguer alors que tout son corps attendait déjà la mort. Couché sur le dos au milieu de la pièce, son épée à nouveau dans la main droite, Arthur observait les hallucinations prendre forme sur le plafond. Chaque personne qu'il avait un jour aimé s'était matérialisée sur le plancher au-dessus de lui. Comme si son esprit avait commencé à faire ses adieux au monde. Son père, sa mère, Gwen, plusieurs de ses chevaliers, Gauis, même Morgane ou celle qu'elle était, avant de sombrer. La seule personne qu'il n'avait pas vue était Merlin. Rien depuis ce rêve fiévreux qui l'avait presque poussé à se donner la mort.
Son cœur fatigué refusait de faire face à celui qu'il avait perdu si peu de temps auparavant. Il lui était impossible de dire au revoir à un mensonge. Impossible d'admettre qu'il s'était trompé toutes ces années, qu'il avait traité Merlin comme un simple serviteur, qu'il n'avait pas vu ce qu'il avait devant les yeux depuis si longtemps. Comment avait-il pu être si aveugle ? Pourquoi Merlin ne lui avait-il pas fait confiance ? Il ne parvenait pas à faire ses adieux alors qu'il n'avait pas eu la chance de lui demander pardon pour son comportement, alors qu'il ne se souvenait même pas des derniers mots qu'il lui avait murmurer avant de l'abandonner près de ce rocher.
PPS:
Ce sont de petits chapitres, le prochain sera le dernier, j'espère que ça te plait.
Merci de me lire.
