Bonjour,

Merci à Steph pour sa review !

Bonne lecture à tous !

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L'agitation de la Grande Salle était remarquable. Lorsqu'il avait pénétré dans la pièce, les conversations s'étaient tues un instant, puis elles avaient repris de plus belle.

Beaucoup d'élèves s'étaient levés afin d'aller lui parler. Sans aucun doute, la plupart lui avaient présenté des excuses pour ne pas l'avoir cru, d'autres s'étaient peut être contentés de le regarder de loin, mais le sentiment général était là. Son statut de Survivant lui était attribué avec en supplément celui d'Elu. Il était à nouveau le centre des attentions.

Draco, lui, ne l'avait pas lâché des yeux durant toute son avancée jusqu'à sa table mais, ensuite, il n'avait pas eu la force de rester. Il aurait aimé pouvoir aller le voir, lui aussi, et surtout l'interroger. Mais ceci lui était interdit. D'autant plus qu'à présent tout le monde savait qu'il était le fils d'un mangemort.

Dépité, le préfet avait donc quitté la salle d'un pas pressé, ignorant les regards sur son passage. La seule chose qui le préoccupait était de savoir comment il allait rejoindre sa mère au Manoir avant les autres élèves. Il devait absolument rentrer le plus rapidement possible.

Son seul soutien à Poudlard étant son parrain, il se rendit donc chez lui. Une fois face à la porte de son bureau, il frappa et attendit l'autorisation avant d'entrer. Elle ne tarda pas à arriver.

Le maitre de potions était occupé à corriger des copies, sans aucun doute de BUSEs. Il lui fit signe de s'asseoir puis prit la parole.

- Draco, je me demandais si tu allais venir me voir. J'ai appris pour ton père, je suis vraiment désolé.

- Je veux rentrer dès que possible. Ce soir.

Le professeur Rogue posa sa plume à encre rouge. Il croisa ensuite ses mains.

- Ta mère te l'a demandé ?

- Oui.

- Bien, je vais arranger cela. Reviens ici ce soir, tu passeras sûrement par la cheminée.

- D'accord, merci.

Le blond se leva, n'ayant pas envie de poursuivre la discussion. Celle-ci risquait de dévier sur son père et il n'avait aucune envie d'en parler. Mais le maitre de potions le retint.

- Attends.

Draco se figea.

- Oui ?

- Il faut que nous parlions de la suite.

- Je ne suis pas sûr…

- Si. Ecoute moi juste. Ton père ne sera plus disponible maintenant. Ni pour toi, ni pour lui et celui-ci va se rabattre sur toi. Tu le sais. Je voulais aussi que tu saches que je serai là pour t'aider.

- Je n'ai pas besoin de votre aide, claqua froidement le préfet.

- Tu n'as pas besoin de rentrer ce soir, alors ?

Le blond serra les poings. Mais il se reprit bien vite. Après une grande respiration, il fit :

- Très bien. Je saurai m'en souvenir.

- Parfait. A ce soir.

Sans plus attendre, il abandonna son parrain et sortit de la pièce. N'ayant pas envie de retourner dans sa salle commune, il décida de se rendre en haut de la tour d'astronomie afin d'y réfléchir en paix.

Draco prit donc les escaliers, montant un à un les étages. Mais alors qu'il allait atteindre le sixième, il releva ses yeux qui fixaient depuis un moment le sol et le vit. Celui-ci s'apprêtait à descendre, allant dans le sens inverse à lui.

Les deux garçons s'arrêtèrent dans leur course, se jaugeant du regard. Aucun ne voulait ni baisser le regard ni faire un pas vers l'autre. Chacun attendait une réaction de son vis à vis. Finalement, c'est le brun qui se décida. D'un signe de tête, il désigna les marches menant au septième étage. Le préfet acquiesça silencieusement.

Lentement, ils prirent les escaliers, le préfet suivant le Survivant. Une fois sur place, ce dernier se dirigea vers le couloir de la salle sur demande. Arrivé devant le pan de mur, il passa trois fois devant tandis que l'autre attendait à côté. La porte ne tarda pas à apparaître et, toujours silencieusement, ils pénétrèrent dans la pièce.

La première chose que remarqua Draco fut qu'il n'y avait pas de lit. Elle était, en réalité, vide. Le Gryffondor se plaça en face de lui et le blond se décida alors à parler :

- Alors ? questionna-t-il.

- Alors quoi ?

- Et bien, raconte moi.

- Tu n'es pas au courant ? Ton père y était. Ta tante aussi.

Le ton s'était durci sur la fin de la phrase. Draco fronça les sourcils.

- Mon père est à Azkaban, je n'ai pas eu plus de nouvelles.

- Il est à sa place, dit froidement le brun. Ta tante devrait y être aussi. Le baiser du détraqueur ne serait qu'une douce sentence pour elle.

- Harry, souffla le blond. Arrête.

Doucement, il s'avança vers lui, tendant le bras. Mais celui-ci recula. La main retomba alors et Draco reprit difficilement :

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Tu le sais, non ? Mon parrain est mort ! Ta folle tante l'a tué ! Elle a tué Sirius !

Cette fois-ci, le Survivant criait. Ce fut au tour du préfet de prendre du recul. Son cœur se comprima. En cet instant, il comprit qu'il était trop tard.

- Je… Je suis désolé, murmura-t-il.

- Pourquoi t'excuses-tu ? claqua Harry en se rapprochant. Il est passé à travers le voile ! Il est trop tard !

Sans la moindre délicatesse, il empoigna ensuite les bras du préfet afin de le coller à lui.

- Tu saisis ? Il est parti pour toujours !

Les mains du brun le comprimaient, c'est pourquoi Draco se dégagea. Puis, doucement il vint prendre en coupe le visage en colère de son petit ami, calant sa paume sur la joue.

- Je sais, chuchota-t-il.

Une lueur de tendresse passa dans les prunelles vertes, outrepassant la fureur. Elle donna de l'espoir au blond qui se pencha et embrassa Harry. Celui-ci répondit d'abord au baiser. Il mélangea leurs langues, moula leurs lèvres. Mais bientôt, il le repoussa violemment, trop vite. Sa colère avait de nouveau pris le dessus.

- Non ! On ne peut pas faire ça !

Il s'en alla ensuite, marchant de quelques pas dans la pièce vide.

- Je ne peux pas embrasser le neveu de la meurtrière de mon parrain.

Draco baissa la tête afin de dissimuler ses yeux qui s'humidifiaient. Il le savait, il l'avait compris, mais l'espoir avait été là durant un instant. Pendant ce temps là, le Survivant eut le temps de revenir vers lui, l'air toujours querelleur.

- Je ne comprends pas, Draco. Comment peut-tu rester avec ces gens là ? Ils sont cruels ! Ce sont des meurtriers sans cœur !

- C'est ma famille ! s'outra le blond. Cesse de dire cela, tu ne sais rien sur eux.

- Si je sais ! J'étais là moi, au ministère. Ton père n'a fait que me narguer alors qu'il n'est qu'un chien au pied d'un fou mégalomane !

Le coup partit tout seul. Le blond ne se rendit compte de son geste que lorsque son petit ami fut à terre, une main sur sa joue rouge. Au fond de lui alors, il se sentit coupable. Mais la douleur due aux insultes était plus forte.

- Je t'interdis de critiquer ma famille, Potter ! Comment peux-tu cracher ainsi sur mon père alors qu'il est en prison ? Je suis quoi pour toi ?

Harry se releva bien vite.

- Et moi, hein ? Ton père est le serviteur de celui qui veut ma mort depuis ma naissance ! Et tu prends sa défense en plus !

- C'est mon père ! Si tu en avais un, tu ferais de même !

Cette fois-ci, ce fut Draco qui sentit un poing s'abattre sur sa pommette. Encaissant le coup, il recula de quelques pas. La rage s'empara de lui, le contaminant à son tour.

- Tu n'es qu'un sale égoïste, Potter. Tu ignores ce que je vais devoir subir suite à l'échec de mon père, tu ne sais rien de ce qu'est ma famille sans lui ! Comment peux-tu juger des personnes dont tu ne connais rien ?

- Toi non plus, tu ne me connais pas ! contra le Gryffondor.

D'un coup, le préfet se calma. Un frisson glacial le parcourut au souvenir de sa réflexion de la veille. Il n'avait pas rêvé ce regard de rejet.

- Je sais. Je l'ai bien vu dans le bureau de Ombrage. Mais ce n'est pas nouveau, Harry, c'était sans but.

Le brun le regarda, ne comprenant pas tout à fait où tout cela allait mener. Draco reprit donc :

- Je crois qu'il est temps d'arrêter toute cette mascarade.

- Cette mascarade ? fit faiblement son petit ami.

- Oui. De toute manière, cette relation n'était basée sur rien.

- Etait ? reprit Harry.

Sa colère avait totalement disparu. Draco tenta d'ignorer la tristesse qu'il lisait dans les yeux de son petit ami. Il devait le faire avant de ne plus en avoir la force.

- C'est fini, Harry.

- Quoi ?

Le préfet qui avait commencé à se tourner vers la sortie, s'arrêta à mi chemin. De dos, il fit :

- Ce n'était pas clair ?

- Je… On ne se verra plus ?

- Non.

Draco sentit la main du Survivant agripper son poignet, puis il fut tourné et un bras s'enroula autour de sa taille. Alors que les lèvres tentatrices se rapprochaient des siennes, le préfet se dégagea vivement.

- Arrête, Potter ! Je ne veux plus ! C'est terminé !

Sans attendre, il se dirigea ensuite vers la porte. Lorsqu'il la passa, il entendit cependant :

- Draco, non…

Harry était désespéré mais c'était trop tard. C'est pourquoi, le blond ignora ses propres larmes et claqua la porte derrière lui.

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Après sa rupture avec le Survivant, Draco préféra oublier tout ceci. Chassant ses larmes et ses pensées sombres, il retourna dans sa salle commune. Il devait saluer ses amis avant de quitter l'école.

Ceux-ci étaient comme à leur habitude assis près de la cheminée. Le préfet les rejoignit et ils arrêtèrent alors leur discussion.

- Je m'en vais, annonça le blond.

- On sait, fit Pansy en se levant.

Puis elle se rapprocha de lui afin de le prendre dans ses bras. Tout bas, elle murmura :

- Prends soin de toi.

Draco lui rendit brièvement son étreinte puis la repoussa. Se tournant vers ses autres amis, il annonça :

- Je vous dis à l'année prochaine, cela m'étonnerait que l'on se voit pendant l'été.

Blaise hocha la tête et lui tendit la main avec un sourire amicale.

- A bientôt, alors.

Le préfet lui rendit son sourire et sa poignée de main. Il réserva ensuite le même traitement à Théo.

Après cela, il alla dans sa chambre, réduisit sa valise et vérifia qu'il n'avait rien oublié dans la pièce. Le journal était bien rangé entre deux pulls.

Son parrain l'attendait dans son bureau comme prévu. Ils n'échangèrent que peu de paroles avant que le préfet ne se rende auprès de la cheminée et se saisisse d'une poignée de poudre noire.

Un bref regard de remerciement échangé avec le maitre de potions plus tard, il criait :

- Manoir Malfoy !

Un éclair apparut dans la pièce et il disparut.

Personne n'était présent dans le salon lorsqu'il y arriva. S'époussetant doucement, il appela :

- Mère ?

Des bruits de talons pressés lui répondirent. Narcissa Malfoy apparut.

- Draco, mon chéri.

Elle s'avança vers lui et le prit dans ses bras.

- Tu es là, souffla-t-elle. Merci d'être venu si vite.

Son fils accepta l'accolade et enfouit son visage dans les cheveux de sa mère. Son odeur le tranquillisa. Il lui demanda ensuite :

- Comment va-t-il ?

La femme trembla dans ses bras.

- Il n'est pas au mieux, mais…

Elle se détacha de lui et il put voir ses yeux qui étaient humides.

- Le seigneur des ténèbres va le libérer. Il a d'ailleurs réussi, grâce à ses appuis au ministère, à faire en sorte que le Manoir ne soit pas fouillé. Nous sommes hors de danger.

Draco sourit.

- C'est une bonne nouvelle.

La maitresse de maison hocha la tête puis s'écarta définitivement de lui.

- Bien, tu devrais monter dans ta chambre, te dépoussiérer un peu. Un repas t'y attend. Demain sera une journée chargée. Il vient demain. Il veut te voir.

Sa mère lui offrit un pauvre sourire puis se détourna. Le pas un peu tremblant, elle quitta la pièce. Draco la regarda faire, elle lui semblait si fragile. Poussant un profond soupir, il obéit ensuite à l'ordre.

Manger et prendre un bain lui firent du bien et l'apaisèrent. Pendant ce temps là, un elfe de maison lui avait défait sa valise et rangé ses habits. Heureusement, il avait déjà caché le journal sous son matelas. C'est pourquoi, lorsqu'il fut en pyjama, il put s'allonger dans son lit et ressortir le livre de cuir noir. Il ne lui restait que quelques pages. Il allait pouvoir lire la fin ce soir…

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Voilà, un chapitre plutôt court. La fin de la première partie sera pour mercredi. J'espère que cela vous a plu et que vous n'avez pas trop envie de m'étriper :)

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