- Sherlock ouvre la porte s'il te plait.

Tambourinant depuis maintenant une bonne vingtaine de minutes à la porte de son cadet, le roux regarda encore une fois l'heure sur sa montre. D'ici une heure, il allait devoir partir loin de chez lui, dans cet endroit appelé lycée, ou plutôt nouveau lycée, et cela ne semblait pas être du goût du petit bouclé qui avait décidé de se barricader dans sa chambre en signe de mécontentement.

- Sherlock ouvre la porte s'il plait… Tenta encore une fois Mycroft.

- Non ! Cria le brun à travers la porte en bois.


Les années scolaires s'étaient déroulées à une vitesse alarmante. Personne ne l'avait vu passé. Et comme à son habitude, Sherlock s'ennuyait en classe, laissant alors son esprit observé ses camarades, remarquant certaines choses que personne d'autre que lui, à part son frère, aurait pu remarquer. Et de fil en aiguille, cela était devenu un jeu pour lui. Un amusement. Un passe-temps très passionnant pour le bouclé. Mais chaque don à son lot de dégâts. Ne voyant pas où était le mal, Sherlock disait toujours tout à voix haute et par conséquent révélé des petits secrets dont personne n'aurait voulu entendre parler. Et cela se terminait de la même manière, plus aucune personne, même les enseignants, ne parlaient pas au dernier des Holmes.

Le faite que son frère soit éloigner de lui à cause des cours avait renfermé le petit brun sur lui-même, mais Mycroft le contacté tous les soirs par téléphone pour prendre des nouvelles. Et à chaque soir, dès que les vacances débutaient, Sherlock savait qu'en rentrant de l'école, il trouverait son frère dans la cuisine. Et ces soirs-là, il les attendait avec impatience. Mais pourtant un soir, quelque chose marqua le roux.

Sherlock avait franchi la porte de la cuisine et avait tenté de cacher son visage à son ainé, les yeux rivés sur le carrelage étoilé.

- Sherlock… Commença le roux.

- … Je monte tout de suite. Le coupa le bouclé

Il attrapa une assiette où était un croissant ainsi qu'une pomme et s'enfuit à vive allure, Mycroft le pourchassant à travers les couloirs de la vieille bâtisse.

- Sherlock !

- Laisse-moi tranquille !

Se jetant dans sa chambre, le bouclé tenta de claquer sa porte, mais ayant rattrapé son retard, Mycroft avait réussi à mettre son pied entre la porte et le bord de cette dernière empêchant alors le dit claquage.

Poussant la porte d'un coup de coude, le roux entra et attrapa son cadet qui fuyait vers son lit.

- Sherlock !

- Lâche-moi Mycroft ! S'exclama le brun.

- Pas avant que tu ne m'ait dit ce qui va pas !

- Je n'ai plus personne qui ne me parle à l'école voilà ! Cria le bouclé avant de se retourner pour se blottir contre son frère, de grandes larmes coulent le long de ses joues.

- Sherly…

- Et on m'a traité de taré…

Le cadet leva son visage vers celui de son frère pour lui dévoiler un immense œil au beurre noir, retirant le peu de couleur du visage du roux en voyant la forme sombre.

- Sherlock…

- J'ai essayé de me défendre, mais ils se sont mis plusieurs contre moi et.. Et..

Le bouclé éclata en larmes dans les bras de son ainé qui le prit contre lui, laissant au passage son petit frère se mouchait sur sa chemise hors de prix. Une fois le flux de larmes passé, Sherlock s'endormit dans les bras de Mycroft. Doucement ce dernier le posa sur son lit, tandis que Redbeard se couchait aux pieds de son maitre.

Tirant une chaise près du lit, l'ainé de bientôt quatorze ans renouvela son vœu de veiller sur son cadet quoi qui se passe.

- My… Marmonna Sherlock dans son sommeil.

- Je suis là Sherlock. Je serais toujours là. Répondit le roux en tenant la main du petit de six ans.

Le matin pointa son nez quand Sherlock se réveilla en sursaut. Il tourna la tête vers son frère ainé qui le regardait avec douceur.

- Mycroft…

- Du calme Sherlock. Du calme…

- Je suis désolé de t'avoir dit que je ne voulais pas te voir hier …

- Ce n'est rien du tout voyons… Rien du tout.. Tu sais Sherlock, tu pourrais même m'insulter, jamais je ne t'en voudrais.

- Pourquoi … ?

- Parce que tu es mon petit frère.

Quittant sa chaise pour se mettre au côté de son petit frère, Mycroft commença à lui dire comment frapper si jamais cela recommençait.


Mais là, tout changer. Mycroft ne reviendrait pour des fêtes aussi anodines qu'Halloween ou autres. Il ne reviendrait que pour les grandes vacances. Et cela, Sherlock ne l'accepter pas.

Résigné, le roux cessa de frapper et descendit dans la cour, jetant des coups d'œil à la fenêtre où une petite bouclé était.

- Nous allons être en retard Monsieur.

- Et alors. Répondit sèchement le roux. Vous n'aurez qu'à accélérer.

Montant sur la banquette arrière, le roux poussa un soupir de tristesse avant de se plonger dans un journal que son père laissait trainer quand il était en affaire.

La voiture démarra, voyant l'heure et se souvenant des paroles du jeune adolescent, le chauffeur commença à accélérer sur le chemin.

Quand ça se passa.

Quand tout se brisa.

La voiture percuta quelque chose. Et le chauffeur freina d'un coup.

- Qu'est –ce que.. Commença Mycroft quand un cri le coupa.

Un cri de peur et de douleur. Un cri que tout Londres avait pu entendre. Le roux sorti de la voiture et manqua de se faire renverser par une petite tête bouclée.

- REDBEARD ! Cria une nouvelle fois Sherlock en se précipitant vers son fidèle compagnon qui gisait sur le sol, tandis qu'une flaque de sang se formait sur le gravier.

Prenant le corps encore chaud du chien, le brun appela ce dernier, tout en pleurant dans les longs poils foncés, n'acceptant pas la perte du seul ami qui lui restait.

- Sher.. Tenta le roux quand un regard froid le figea net.

Les yeux habituellement chaleureux du bouclé s'étaient transformés en deux icebergs d'où s'échappaient une haine à l'encontre du futur Gouvernement.

- Dégage. Siffla Sherlock.

Et ce regard serait le seul, auquel Mycroft aurait droit après. Ainsi que le son froid de la voix.

Le jour où Redbeard mourut, Mycroft Holmes venait aussi de perdre l'amour de son petit frère.