Bonjour, bonsoir ! Et voici un nouveau chapitre sur les deux frères Holmes :). En espérant que cela vous plaira.


La pluie tombait à verse sur la capitale. Assis derrière son bureau, le nez plongé dans ses révisions d'été, Mycroft jetait parfois quelques coups d'œil à la porte close de sa chambre, gardant en lui l'espoir de voir la tornade qu'était Sherlock.

Il était arrivé depuis une semaine d'Ecosse et le soir même où il était rentré, Sherlock l'avait ignoré durant tout le repas et au moment où il allait sombrer dans le sommeil, le roux s'était redressé en luttant contre Morphée et s'était rendu à la porte en face de la sienne. Il avait regardé pendant de longues secondes la porte close avant de retourner dans son lit, le visage dépourvu de sentiments.

Les jours qui avaient suivi son arrivé, étaient pour le moins tendu. Sherlock, du haut de ses huit ans, ignorait son frère et courait dans le jardin, restant de longues heures sur la tombe de Redbeard, ignorant les assauts froids du vent malgré le mois de juillet.

Replongeant dans son livre de cours, Mycroft ferma les yeux en se disant qu'il n'y a pas si longtemps de ça, la porte de sa chambre se serait ouverte avec perte et fracas et que Sherlock, déguisé en pirate et accompagné de son fidèle second, lancé l'abordage contre lui ou prenait son vaisseau de guerre, à savoir son lit, en tant que prise de bataille. Le tout dans le rire communicatif du bouclé.

Et comme à son habitude, Mycroft aurait légèrement rouspété le brun avant de se joindre à son jeu, délaissant quelques instants ses cours, et replongeant dans le monde de l'enfance qu'il avait quitté bien trop tôt.

Un soupir échappa des lèvres du celui qui avait quinze ans quand un bruit ressemblant à une chute parvenu à ses oreilles.

Le roux se précipita vers la porte de sa chambre qu'il ouvrit violemment pour voir un Sherlock, face contre parquet et dont la respiration était sifflante. L'ainé ignora les petits mouvements contre lui quand il souleva le brun dans ses bras, le poids du cadet inquiétant grandement Mycroft. Une plume pesait plus lourd. Et de lourds cernes dus à une mauvaise fièvre ainsi qu'une pâleur digne d'un linceul était le visage de Sherlock.

Le plus âgée des deux entra dans la chambre du plus petit et le posa sur son lit avant de se diriger vers le chauffage pour augmenter la température de la pièce. Chose faite, il se précipita vers son cadet qui grelotait faiblement. Mycroft retira rapidement les habits trempés de Sherlock avant de le glisser sous l'épaisse couette, le regard inquiet. Il posa sa main sur le front brûlant du plus jeune, s'assurant de la température de ce dernier qui s'avérait être à approximative de trente-neuf.

Le roux sorti de la pièce pour courir chercher quelques médicaments. A peine eu-t-il le pied hors de la chambre que Sherlock se mit à hurler de peur, se battant contre des choses que la fièvre lui faisait voir et croire.

- Non ! Non ! Reviens ! Reviens ! Hurla le petit bouclé, de grosses gouttes tombant de son front bien trop pâle.

Les médicaments attendraient. L'ainé revenu auprès de son cadet et attrapa l'une des petites mains avec douceur et lui chuchota des mots apaisants.

- Tout va bien Sherlock. Tout va bien, je suis là. Je suis là.

Serrant la main avec les quelques forces qu'il lui restait, le petit bouclé stoppa ses cris et d'ouvrir ses yeux afin de voir son protecteur.

- Mycroft…

La voix plaintive du brun perça la coquille de glace du plus grand qui se mit à genou sur le sol et pencha son visage vers son cadet.

- Repose-toi Sherlock. Je suis là. Je serais toujours là.

- Pourquoi tu es toujours aussi calme avec

La phrase du plus jeune ne connut pas de fin. Morphée l'attrapa dans ses bras juste avant.

Sarah, armée d'un plateau où reposait des médicaments ainsi qu'un bol de lait chaud, entra dans la chambre du dernier des Holmes et sentit son cœur se serrait en voyant Mycroft, les bras croisés sur le lit de Sherlock, sa tête endormie dessus. Même si cela été flagrant aux yeux de tout le monde, Mycroft était un frère très protecteur avec son frère. Et plus les deux enfants grandiraient, plus cette protection sera renforcée.

Les jours se suivirent dans la même routine. Sherlock était malade, et Mycroft resté auprès de son petit frère, se réveillant toutes les heures pour changer la serviette humide sur le front du plus jeune.

Un jour où la pluie tombait violemment sur l'ile britannique, le roux porta son frère jusqu'à un des nombreux salons de la bâtisse et le cala comme il pouvait sur le canapé tout en l'emmitouflant dans de nombreuses couettes.

Il chargea le magnétoscope d'une cassette dont la bande commençait à être bien usée par le nombre d'utilisation. Il retourna auprès de son frère qui arrivait avec peine à se redresser mais ne put s'empêcher de pousser un petit cri de surprise en reconnaissant la musique de La forêt enchantée : La légende des 12 mois.*

Les yeux brillants, le brun ne pipa pas un mot durant les 48 minutes de l'animation. Juste quelques petits cris quand Anna fit la rencontre des 12 mois, ou bien quand la bague se mit à rouler sur le lac.

- « Roule belle bague. Roule très vite auprès de l'esprit du printemps, tout au long de l'été, aux portes de l'automne, au manteau de l'hiver jusqu'au nouvel an. » Chuchota Sherlock, les yeux rivés sur l'héroïne du film animé qui courait sur le lac en récitant la phrase des 12 mois.

Captivé par ce qu'il voyait, Sherlock appuya sa tête sur l'épaule de son frère, habitude qu'il avait pris dès qu'il regardait un film ou bien une série avec Mycroft. Habitude qui lui manquait au fond. Habitude qu'il espérait dès qu'il voyait son frère mais à chaque fois, la mort de son seul ami lui revenait en mémoire, avec violence. Pourtant avec la fièvre, ce souvenir ne pouvait passer la barrière qui s'était instauré entre les souvenirs douloureux et ceux qui inspirent à la joie.

Le film se termina. Un silence s'abattu dans le salon où juste le discret tictac de l'horloge résonnait. Le roux sentit le petit être à ses côtés se déplaçait et affronta le regard d'azur qui s'opposait à lui.

- Merci… Chuchota le bouclé.

En guise de réponse, Mycroft l'attrapa et le serra contre lui, les larmes au coin des yeux. Sherlock était sa faiblesse, sa plus grande faiblesse. Le critiquer sur son poids, son apparence ou même sur son intelligence ne lui ferait jamais rien. Mais le simple fait de savoir que son petit frère allait mal pouvait le rendre totalement hystérique.

L'unique chose au monde qui pouvait l'affecter portait pour nom Sherlock Holmes. Et il savait pertinemment bien qu'être affecter n'était pas un avantage.

Environs deux jours plus tard, le cadet des Holmes ne fut plus malade et s'éloigna de nouveau de son frère en le voyant plongé dans ses livres, cherchant à rattraper son retard dans ses études d'été.


L'heure du départ pour l'internat sonna bien vite.

Rangeant ses habits dans l'armoire qui lui était attribué, Mycroft fronça les sourcils en voyant tombait de la poche de l'un de ses pulls, une sorte de petit sachet en tissu blanc. Il arrêta tout ce qu'il faisait et ouvrit la surprise qui se trouvait dans ses habits. Une fine bague en or roula dans le creux de sa main. Intrigué, il sorti de la pochette une petite carte où une écriture maladroite, enfantine s'affichait.

Roule belle bague. Roule très vite auprès de l'esprit du printemps, tout au long de l'été, aux portes de l'automne, au manteau de l'hiver jusqu'au nouvel an.

Et sous le regard médusé de son compagnon de chambre, Mycroft Holmes fondit en larmes. Pour les autres, cela n'aurait été qu'une simple phrase.

Mais pour lui, cela symbolisait bien plus.


Ce film été l'un de ceux que je regardais le plus enfant sur une bonne vieille VHS. Pour ceux qui ne le connaisse pas, je vous conseille de le regarder :).Il est sur Dailymotion pour les intéresser.

PS : Quelqu'un sait où je pourrais trouver une Bêta ._. ?