Titre original: Prodigal son
Auteur: HeereNotQueer
Traduction: Ally-33
Note de la traductrice: Je rappelle que ce n'est pas la suite de fils prodigue, c'est une réécriture totale.
Attention: ce chapitre contient une scène de torture.
...
Fils prodigue
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Chapitre 3
Dean avait seize ans quand il eut son premier baisé. C'était une jolie blonde qui lui apprenait à jouer de la guitare. Elle avait un an de plus que lui, mais il la dépassait de quelques centimètres. C'était dans le Maine, une nuit d'automne où le couple d'adolescents assistait à un match de foot. Elle s'appelait Luna Marigold; un nom merveilleux pour une fille magnifique, dont le sourire pouvait arrêter le temps. Ses yeux bleus gris se posèrent sur Dean, quand elle lui poussa le bras pour attirer son attention.
"Dean, regard! Garret va marquer un touchdown!" S'exclama-t-elle en pointant le terrain de ses oncles peints en rouge. La veste en cuir de Dean, qu'elle portait, la faisait paraître encore plus petite qu'elle ne l'était déjà.
"Touchdown!" Crièrent-ils joyeusement, les points levés. Dans la chaleur du moment, la jeune fille se tourna vert Dean et l'embrassa profondément. L'adolescent se figea sur le coup, mais après quelques secondes, il se détendit et lui rendit son baiser. Il passa ses bras autour de sa taille, tandis qu'elle enroulait les siens autour de son cou. Ils se regardèrent en souriant, après s'être séparés.
"C'était ton premier baiser?" Demandèrent-ils en même temps. "Quoi?" Continuèrent-ils en riant. "Non!'.
"On va le dire ensemble." Dit Luna. "Prêt? Un... deux... trois."
"Oui." Avouèrent-ils en chœur, le visage rougissant.
Finalement, Luna haussa les épaules et lui proposa de partager ses nachos. Dean accepta volontiers. Il en prit un, le trempa dans le fromage fondu et enfonça le tout dans sa bouche. La jeune fille rigola en lui indiquant qu'il en avait un peu sur le menton. Elle utilisa son doigt pour essuyer le visage de Dean, puis le mit dans sa bouche pour sucer le fromage.
Le reste de la soirée passa beaucoup trop vite au goût de Dean et, avant qu'il ne s'en rende compte, Luna et lui marchaient le long d'une petite route de terre. Ils parlaient, riaient et s'amusaient à se pousser. À un moment, elle enfonça sa main dans la poche de la veste en cuir.
Exactement là où il avait caché sa couverture.
"Hé, qu'est-ce qu'il y a dans ta poche?" Demanda Luna en tirant la petite couverture bleue. Elle la contempla quelques secondes. "Qu'est-ce que c'est?"
L'estomac de Dean se tordit et il sent la panique grimper en lui. "Heu... c'est m-ma... heu-"
"C'est une couverture pour bébé? En tout cas, c'est à ça que ça ressemble." Déclara la jeune fille. "Dean, dit moi la vérité, est-ce que c'est la tienne?"
"O-o-ouais." Avoua Dean dans un murmure, ce qui fit sourire Luna.
"Merci d'avoir été honnête avec moi." Dit-elle. À ces mots, Dean releva la tête, choqué.
"Tu-tu ne tr-trouves p-pas-" Le jeune homme soupira, puis essaya à nouveau. "Tu ne trouves pas ça ridicule?"
"Bien sûr que non." Répondit Luna. "Je suis un peu confuse, c'est vrai. Mais je ne trouve pas ça ridicule, au contraire, c'est plutôt mignon."
Dean rougit, mais roula des yeux. "J'ai l'impression que tout le monde me trouve mignon."
Parce que tu l'es Dean. Et drôles aussi." La jeune fille se mit sur la pointe des pieds pour poser un baiser sur sa joue. "Et sexy." Dean ricana.
"Merci Luna." Dit-il, sourire aux lèvres. "Tu es vraiment incroyable."
"Merci." Répondit la jeune fille en lui rendant son sourire. "Je ne savais pas que tu bégayais. J'ai remarqué que ça arrivait parfois."
"J'ai commencé à parler il y a huit ans à peine."
"Sérieux?"
"C'est... une longue histoire."
"J'ai encore quelques heures devant moi, si tu veux m'en parler." Offrit-elle. "Et je connais aussi l'endroit idéal pour qu'on discute. C'est une sorte de petite scène en plein air, où la lune éclaire comme en plein jour. On peut aller s'y asseoir un moment."
"Ça me parait cool."
Luna prit soin de remettre la petite couverture à sa place et saisit délicatement la main de Dean. Ils marchèrent quelques minutes, avant d'apercevoir la fameuse scène.
"Waw..."
"c'est beau, hein?" Demanda Luna, avec fierté.
"Magnifique." Approuva Dean.
Le jeune couple s'installa sur la scène pour observer la lune dans le ciel.
"Ma mère est morte quand j'étais tout petit." Déclara Dean, après ce qui semblait un long moment. "En fait, elle a été assassiné. C'était un incendie volontaire. Ils ont aussi kidnappé mon petit frère, qui était dans sa berceau."
"Mon Dieu, Dean. C'est tellement affreux. Je suis désolé." dit Luna, visiblement sous le choque.
L'adolescent lâcha un rire amer et sans humour. "Ouais. Et c'est même pas le pire. J'ai vu son corps, celui de ma mère je veux dire. Elle me regardait et me disait de courir. Mais je ne pouvais pas." Dean ne regardait pas la jeune fille. Il semblait perdu dans la contemplation de la lune au-dessus de lui. Il sentit les larmes commencer à lui brûler les yeux.
"J'ai bien failli y rester. Le feu avait commencé, mais je ne l'avais même pas remarqué. J'étais entièrement focalisé sur elle. Je la regardais mourir lentement. Depuis, le feu me terrifie. Je peux encore l'entendre crier. Je n'oublierais jamais ses derniers mots." Sa voix avait été plus distante, durant ses dernières paroles.
"Après ça, je n'ai plus dit un mot pendant des années. J'y arrivais pas, c'était trop dur." Continua-t-il, lentement. "J'avais quatre ans, quand elle est morte et je n'ai plus parlé jusqu'à ce que j'ai presque neuf ans."
"Depuis, je ne me sépare jamais de ma couverture. Peu importe où je vais, je l'emporte toujours avec moi; sois dans ma poche, soit à la main. C'est la dernière chose qu'elle m'ait donnée." Termina Dean, en souriant tristement.
Une larme solitaire lui échappa et roula sur sa joue. Soudain, les bras de Luna Marigold étaient autour de lui. La jeune fille le serrait étroitement contre elle. Dean en resta bouche bée. Il n'avait pas été étreint de cette façon depuis très longtemps. Il hésita une minute, avant de l'enlacer à son tour.
"Tu es vraiment incroyable Dean Winchester." Dit-elle dans le câlin.
"Sérieux?"
"Sérieux."
"Tu es vraiment formidable Luna Marigold." Répondit-il dans ses cheveux.
"Sérieux?"
"Sérieux."
...
Sam avait douze ans quand il tortura quelqu'un pour la première fois. Lucifer lui avait donné un couteau et il y avait un homme suspendu à une portance. Alastair se tenait à côté d'eux, avec un sourire corrompu sur le visage. L'homme était couvert de sang et avait des yeux vides. Sam en était déconcerté.
"Apprends-lui tout ce que tu sais, Alastair." Ordonna Lucifer. "Et rappel-toi bien, s'il se fait mal, même un tout petit peu, Je te torturais, comme tu ne l'as jamais fait à personne. C'est clair?"
"Oui monsieur." Répondit le démon.
"Amuse-toi bien, Sammy." Déclara Lucifer en posant un baiser sur la joue de son fils. "Je reviendrais te chercher dans deux heures. Sois un bon garçon."
"Ok, papa." Sourit Sam. Pourtant, Lucifer voyait bien qu'il était nerveux. "
"Tu vas y arriver, haut la main." Dit-il "Après tout, tu es mon fils." Il frotta la tête de son fils, mélangeant ses cheveux dans le processus. Sam gémit et leva ses mains pour arranger les dégâts, tout en fusillant son père, de ses yeux devenus noirs. Lucifer se moqua et lança un "Adios." en partant.
"Êtes-Vous prêts à commencer, mon prince?" Demanda Alastair. Sam déglutit et hocha la tête. "Bien, tout d'abord, la torture n'est pas un jeu, c'est un art. Un art qui demande de la pratique et de la concentration. Par exemple." Le démon prit une large lame, sur une table taché de sang. Avec une lenteur atroce, il la fit glisser le long du corps de l'homme, de sa tête à ses oreilles; en regardant attentivement la façon dont le corps et les yeux de son souffre-douleur réagissaient à chaque endroit qu'il effleurait. "Observez bien les yeux de votre victime. Ne disent-ils pas que les yeux sont le reflet de l'âme?" Alastair sourit et, d'un coup sec, enfonça sa lame dans la chaire de l'homme pour une longue coupure, de sa hanche à son genou. L'humain poussa un hurlement de douleur. Le sang s'échappait de la blessure, comme de l'eau débordant d'une rivière trop pleine. Sam grimaça et s'éloigna légèrement en détournant la tête.
"Je vous en prie, arrêtez." Supplia l'homme.
"Allons Benny, tu ne trouves pas ça amusant?" Demanda Alastair, sur un ton moqueur. Il saisit un des doigts de Ben et le força hors du poing serré dans lequel il était enfermé, pour le courber vers l'arrière dans un angle douloureux. "Tu n'avais pas arrêté, toi, quand la petite Lucy t'avait demandé, exactement, la même chose." Un craquement écœurant se fit entendre dans l'obscurité du lieu, signe que le doigt de l'homme venait de se briser. Il poussa encore un hurlement déchirant, alors que les larmes coulaient librement sur ses joues.
"Je n'avais pas le choix." S'exclama Ben. "Si je ne l'avaient pas fait, ils m'auraient tué."
"Si tu n'avais pas fait quoi?" Alastair enfonça la lame dans la main de Ben. Un autre hurlement assourdissant lui échappa. "Violé cette petite fille? Tuer sa famille? Valait mieux eux que toi, c'est ça?" Finalement, le démon se tourna vers Sam. "À votre tour, faites-lui ce que vous voulez."
Sam se figea sur place. "M-moi?"
Alastair roula des yeux. "Oui, vous. Vous n'êtes pas là juste pour regarder, vous savez."
Sam regarda l'homme sanglant. Son corps était effroyablement rigide.
"S'il vous plaît, ne faite pas ça." Implora Ben. "Pitié."
Le bruit de la chaire déchiré se fit entendre derrière Sam. Alors, le jeune prince se retourna rapidement, pour voir qu'Alistair s'était entaillé le bras.
"Qu'est-ce que tu fais?" Demanda t-il.
"J'ai pensé que vous auriez besoin d'un peu plus de motivation, pour votre première fois à la portance." Répondit le démon. "Buvez."
Sam saisit le bras d'Alastair, le porta à ses lèvres et but de grandes gorgées. Quand il s'écarta, sa bouche était tachée de sang, mais son visage était tordu dans une grimace de dégoût
"Beurk." S'exclama-t-il. "Ton sang est écœurant."
"Vous vous sentez mieux?" Demanda Alastair en ignorant la plainte de Sam.
Brusquement, l'effet du sang de démon le frappa de plein fouet. Quand il se retourna vers Ben, un sourire mauvais étirait ses lèvres et ses yeux étaient intégralement noirs. C'était comme s'il s'agissait de quelqu'un de totalement différent. Ce fut sans la moindre hésitation qu'il enfonça son couteau dans l'estomac de l'humain et le remonta jusqu'à sa clavicule. Le cri qui suivit contribua, uniquement, à agrandir le sourire de Sam.
"C'est ça, prince Sam!" Alastair lui tapota le dos, un grand sourire aux lèvres. "Vous avez saisi le truc."
Après ça, le temps fila à une vitesse incroyable. L'adrénaline provoquée par le sang d'Alastair était lentement redescendu et, avant même que Sam ne s'en rendent compte, Lucifer était revenu le chercher. Le jeune garçon était recouvert du sang de sa victime.
"Je vois que tu t'es bien amusé." Dit Lucifer.
"Oh papa, c'était génial. Les cris de ce type sonnaient comme de la musique à mes oreilles." S'exclama Sam.
"C'est bien mon grand. Je suis content que tu aies pris plaisir à faire ta leçon." Lucifer lui tapota la tête. "Et si tu sortais t'amuser avec Meg? Je te retrouve à la maison."
"Cool." Sam haussa les épaules et s'en alla.
"Comment ça s'est passé Alastair?" Demanda Lucifer, après le départ de son fils.
"Il était vraiment hésitant, au début, alors je lui ai donné un peu de mon sang. Ça l'a boosté." Expliqua le démon.
"C'est son humanité." Grogna Lucifer en roulant des yeux. Il passa, machinalement, sa main sur son visage et continua. "Je dois m'en débarrasser, d'une façon ou d'une autre."
"Tout instinct humains le quittera en grandissant, monsieur. Ne vous en faites pas trop pour ça." Le rassura Alastair.
"Ouais, tu as probablement raison. J'ai juste peur que Sam ne veuille pas la laisser partir."
"Donnez-lui encore un an ou deux. Ce sera bientôt un adolescent. Et ça sera plus facile, après."
"Ne me le rappelle pas." Lucifer eut un petit sourire. "J'ai du mal à croire qu'il aura bientôt treize ans."
"Vous ne verrez même pas le temps passer et, très vite, il sera prêt à accomplir sa mission." Dit le démon.
"Trop vite." Affirma Lucifer. "Il fera ça très bien, j'en suis sûr. Plus que dix ans." Le roi de l'enfer se tourna pour s'en aller. " À plus tard Alastair."
"Au revoir, mon roi."
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A SUIVRE!
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Merci à tous pour vos gentils commentaires et vos encouragements, ça me fait vraiment plaisir.
