Les trois amis marchaient, discutaient et rigolaient tout en se dirigeant vers la tour. Leurs valises avaient été directement déposées dans leurs dortoirs respectifs comme à chaque rentrée. Hermione semblait heureuse, sa semaine passée au Terrier avait été parfaite, elle était au point dans ses révisions déjà plusieurs mois avant le début des examens, oui tout allait bien. Elle semblait rayonner et c'était réellement le cas. A ses côtés Harry paraissait dans le même état, bien que la question des cours ne l'inquiète pas plus que ça à l'heure actuelle des choses. Ron le regard plus soucieux gardait les mains dans ses poches, assis sur le fauteuil aux côtés de ses amis. Le débat parti sur le match de Quidditch qui approchait. Harry toujours capitaine, attrapeur et Ron gardien soumettaient diverses stratégies en réfutaient certaines et en validaient d'autres.
- Hum, excusez-moi.
- Peter, salut…
- Je ne veux pas vous déranger.
Hermione sourit au jeune homme en face de lui. Châtain clair, yeux noisettes, sourire d'ange, gentillesse à revendre et grande timidité. Un sixième année, un ami de Ginny.
- Ron, est ce que je peux- j'aimerais- juste une minute, te parler.
- Euh oui bien sur.
Ron se leva, le regard interrogateur auprès de ses amis, il se dirigea vers le coin de la salle commune où Peter s'était dirigé. Il s'installa dos à la fenêtre, face au garçon, attendant qu'il parle.
- Je m'excuse, j'ai hésité mais euh- voilà.
- Peter ça va ?
- Oui enfin non pas trop, je n'arrête pas d'y penser. J'ai essayé de faire abstraction de ce que je ressens, mais-
- C'est à propos de ma sœur ? Tu sais elle sort avec Neville et si tu veux des conseils pour essayer de la séduire ou je ne sais quoi… Nev' est un ami, ils sont bien ensemble, alors je suis désolé je ne pourrai pas t'aider.
- Non, non… Peter rougit. Ce n'est pas ça du tout. C'est t-toi.
- Moi ?
- Oh, je suis ridicule. Je n'aurais pas dû venir te voir. Merde.
Le roux resta silencieux, interloqué. Quelqu'un s'intéressait à lui et ce quelqu'un était un garçon. Il n'arrivait même pas à réfléchir correctement.
- Alors tu ne voudras sûrement pas aller avec moi à Pré-au-lard le week-end prochain ? Pourquoi je te pose la question ? c'est logique.
- Je-
- Non, non. Tu n'es sûrement pas intéressé par les hommes. Peu importe ce n'est pas grave. Ça m'apprendra à écouter ta sœur.
- Peter…
- Je- J'y vais.
Ron n'eut même pas le temps de répondre que le jeune Gryffondor avait déjà monté les escaliers pour atteindre son dortoir, tant pis il n'était pas en mesure de répondre. Il se contenta de retrouver ses amis et de s'asseoir de nouveau près d'eux.
- Alors ? Un problème ?
- Non, non. Rien d'important. Un renseignement par rapport à Ginny.
- Il avait l'air gêné.
- Oui, mais rien de grave.
Rapidement le sujet dévia. Hermione se leva quelques minutes plus tard, épuisée, pour rejoindre le dortoir féminin juste après avoir embrassé ses deux amis. Harry suivit peu de temps plus tard alors que Ron lui promit de le rejoindre après avoir fini son devoir en métamorphose. Le finir ? Il l'avait fait la semaine dernière. Il profita simplement de l'excuse pour sortir de la salle commune, courir silencieusement à travers les couloirs avant d'arriver devant la porte en bois de la classe de potions. Sans gêne il y entra, traversa la réserve pour frapper à la porte qui donnait sur l'appartement de son professeur.
- Je ne m'attendais plus à te voir, dit Severus en ouvrant la porte.
- Laisse-moi le temps d'arriver quand même.
Un sourire puis un second avant que le roux ne pénètre dans l'appartement déposant sa veste et sa baguette sur la petite table.
- Tu as remis ta robe noire ?
- Pardon ?
- Ton jean et ton pull à la maison pendant les vacances, c'était bien.
- Ah oui ?
- Ouais.
- Mais ce n'est que hors de Poudlard ou lorsque que je reste dans mes appartements.
- On est chez toi, là.
Severus rit avant d'enlever sa robe noire, dévoilant un pantalon et un pull de la même couleur. Il n'en fallut pas plus à Ron pour s'approcher de l'aîné et glisser ses lèvres sur sa peau.
- Ron…
- Harry va s'interroger sur mon absence mais peut importe.
- Tu veux rester là cette nuit ?
- Et toi ?
Leurs lèvres se percutèrent à nouveau avec un peu plus de passion, leurs corps tombant sur le canapé derrière eux. Ron passa à califourchon sur l'aîné, ses doigts glissant sur le tissu, poussant le pull vers le haut, il voulait sentir sa peau, tellement. Et Severus qui avait déjà défait la chemise du plus jeune, sa langue dessinant un invisible parcours entre chaque tache de rousseur à sa portée.
- Ron…
- Je reste, putain je reste.
Ce fut un murmure, une supplique, un gémissement, et la seconde d'après son dos se retrouvait plaqué contre les coussins, ses yeux bleus regardaient avec envie le torse à présent nu de l'homme le surplombant. Caresses, baisers, gémissements. Encore et encore. Leurs corps s'entrechoquèrent, et Ron sentit l'excitation de son partenaire tout contre sa cuisse, il la sentit comme il sentit la sienne si douloureuse. Il avait mal mais c'était si bon. Et Severus qui faisait frictionner leurs corps, si délicieusement, son pantalon contre son jean, et puis plus fort. Leurs bouches ne se quittaient plus, leurs langues jouaient, ils n'avaient plus de pensées cohérentes, juste cette sensation de plaisir qui augmentait encore et encore. Tellement fort, tellement bon.
- Est-ce que je peux te toucher ? Laisse-moi te toucher… Putain j'ai tellement envie de te toucher.
Ron gémit, acquiesçant dans la pénombre de la pièce. Il le voulait aussi, sentir les mains de son professeur partout sur sa peau. Alors Severus laissa ses lèvres redessiner le torse à sa portée, ses mains détachant avec rapidité les boutons du jean avant de l'ouvrir correctement pour y glisser sa main. Ron gémit bruyamment, son dos s'arcbouta, sa respiration difficile le faisant haleter.
- Severus…
Leurs yeux se trouvèrent, et Ron crut se noyer. Ce regard si sombre, tellement d'envie, ne dévisageait que lui, seul au monde. Il lui souriait, désireux de le mettre en confiance, de le rendre heureux. Leurs lèvres se trouvèrent à nouveau, doucement, délicatement, jusqu'à ce que leurs gestes deviennent plus saccadés, Ron ne résistant plus à son envie et Severus lui répondant avec plus de passion. Le roux gémissait davantage, son bassin s'entrechoquant hargneusement contre celui du brun, dont la main continuait à s'activer par-dessus le boxer à sa portée.
- Sev'… Oh Merlin Severus.
Le professeur grogna. Il en voulait plus. Il voulait plus de Ron. Sa main passa sous le dernier tissu, laissant ses doigts glisser sur la queue dure, tendue et brulante du roux qui gémit plus fort, ses jambes s'enroulant autour du corps de Severus, un étau qu'il ne désirait en aucun cas quitter.
Snape plongea son visage dans le cou de Ron. Ce parfum qui le tuait, si puissant. Sa bouche glissait partout, mordant la peau, léchant la chair. Ron poussait ses hanches, désespérément et délicieusement dans la main l'entourant, il était proche, si proche. Ses gémissements emplissaient la pièce, toujours plus forts, toujours plus désespérés. Il était magnifique, Severus le trouvait magnifique. Il caressa plus vite, plus fort presque maladroitement étant à bout de souffle et ses lèvres marquant encore et encore le cou de Ron, sa mâchoire, ses joues et ses lèvres.
- Laisse-toi aller Ron. Viens… Viens pour moi.
Alors Ron le fit, il cria le nom de son compagnon en se cambrant violemment, Severus mordit sa lèvre et se dit qu'il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi exquis. Les yeux bleus vitreux à demi fermés, la poitrine se soulevant dans un rythme erratique et irrégulier, les mains qui agrippaient encore avec fermeté le canapé, et cette chevelure rousse dans tous les sens, certaines mèches collées à son front. Severus laissa ses lèvres glisser sur la peau en sueur, recouvrant son épaule et sa nuque jusqu'à ce qu'il sente des mains glisser dans son dos puis dans ses cheveux, une bouche dans son cou. Ron calmé mais toujours haletant réclama ses lèvres, son regard à présent brillait, et il lui était impossible de détourner ses yeux du visage de son professeur.
- Ça va ?
- Ou-oui.
Severus rit un instant, il enlaça son élève, leur donnant une position plus confortable dans le canapé. Il embrassa sa nuque laissant ses mains sur ses hanches formant des cercles invisibles. Mais il hoqueta, sursautant presque à la sensation de doigts se glissant entre leur deux bassins, s'attaquant aux boutons de son pantalon. Grognant, Severus resserra sa prise sur les hanches découvertes.
- Ron qu'est ce que tu fais ?
- Tu n'as pas… Tu- alors je…
Il caressa sa joue, embrassa ses lèvres pour finalement repousser doucement le geste du roux.
- J'en ai envie, vraiment, mais tu n'es pas prêt.
- Pourquoi dis-tu toujours ça ? Après ce qui vient de se passer tu penses réellement que je ne suis pas prêt à- à te faire la même chose ?
- Non.
Ron fronça les sourcils avant de se détourner de son professeur et de se lever.
- Où tu vas ? Je pensais que tu dormais ici !
- Tu ne vois pas que j'ai l'air ridicule ?
Le brun soupira. Ce que Ron pouvait être idiot parfois. Il se leva, attrapa le passant du jean pour rapprocher son corps du sien. Il l'embrassa plus durement que les fois précédentes, touchant son corps de partout, et Ron gémit de nouveau, perdant le fil de sa réflexion, le pourquoi de son si soudain énervement.
- Tu n'es pas ridicule d'accord ? Je sais simplement que tu n'es pas prêt, je le sens. Ce n'est pas important, c'est nouveau pour toi. Et si ce n'est pas là, ou même la fois prochaine, ce sera encore après, peu importe.
- J'ai l'impression que tu parles à un enfant. C'est humiliant.
- Ron un jour je te laisserai me faire tout ce que tu veux.
- Ouais… ok.
- Bien, tu souhaites toujours dormir ici, ou préfères-tu retourner auprès de Potter pour ne pas qu'il s'inquiète ?
Ron sourit, relâchant sa chemise qu'il avait attrapée.
- Tu comptes dormir dans ta chambre ?
- Je pensais t'avoir démontré qu'il y avait assez de place pour deux sur ce canapé.
Ils rirent, et retournèrent s'allonger sur le sofa, le dos du roux contre le torse brûlant du brun.
- Par rapport à Potter, que comptes-tu lui dire?
- Que ça ne le regarde pas. Il n'a pas à savoir exactement ce que je fais de mes nuits.
- Arrête, vous êtes si proches qu'à un moment j'ai cru que vous sortiez ensemble. Tu lui dis tout.
- Tu n'en sais rien. Et la preuve que non, je ne lui ai pas dit pour Peter.
Severus ne comprit pas, il chercha un souvenir d'un certain Peter concernant Ron mais rien. Sentant son interrogation, Ron se retourna pour faire face à son aîné, merde il y avait encore tellement de désir dans ces yeux qui parcouraient son corps.
- Peter, un Gryffondor de l'année de Ginny. Tu vois ?
Severus secoua positivement la tête, alors qu'il attendait la suite.
- Il m'a abordé tout à l'heure dans la salle commune.
- Qu'est ce qu'il voulait ?
- M'inviter à sortir à Pré au lard, le week-end qui vient.
- Oh…
- Ouais, marrant non ? Un homme, un ami de Ginny. Il m'aime bien, beaucoup même je crois. Moi, t'imagines ? C'est à se demander s'il ne s'est pas trompé de personne.
Ron riait, Severus non. Comment aurait-il pu ? Ron ne se rendait même pas compte qu'il était désirable, putain de désirable, si beau, si innocent, gentil et drôle et… Comment pouvait-il autant douter de lui ?
- Et que lui as-tu répondu ?
- A vrai dire il ne m'a pas laissé le temps de répondre. Je crois qu'il a paniqué, il s'est excusé et a presque couru jusqu'au dortoir.
- Et tu n'as rien dit à Harry ?
- Non. J'avais autre chose à penser, comme trouver une excuse pour te rejoindre.
Une douce caresse, avant qu'ils ne s'embrassent et que Ron ne vienne déposer sa tête contre le torse pâle du brun. Les yeux sombres étaient fixés sur le plafond. Ron n'avait pas répondu, il n'avait pas eu le temps de donner une réponse. Soulagé ou inquiet ? Il hésitait. Il laissa ses doigts glisser dans la chevelure rousse, comprenant d'un coup que tout ceci n'était qu'éphémère.
Un murmure se propagea à la table des Gryffondors où la bande habituelle était réunie. Deux têtes rousses se faisaient face, une entourée par un brun et une brune. Ron soupirait, portant la fourchette à sa bouche, cherchant désespérément à ne pas écouter tous ces bruits autour de lui. Midi, et pourtant ça continuait encore, depuis ce matin 8h, ça ne s'arrêtait pas.
- Alors ?
- Il n'a toujours rien dit, et je crois qu'il ne dira rien.
- Harry, vous êtes inséparables, tu dois le savoir toi.
- Je te dis que non. Je me suis réveillé il n'était pas là, son lit n'était pas défait comme s'il n'avait pas mis les pieds dans le dortoir cette nuit. Et quand je lui ai demandé, il a simplement haussé les épaules en me disant ce qu'il vous répète à tous. J'ai révisé !
- Je vous rappelle que je suis en face de vous. Je vous entends !
- Mais Ron, pourquoi tu ne veux rien nous dire ? Tu n'as pas révisé, j'en suis sûr, tu n'es pas flippé par tes examens au point de te la jouer insomniaque tête dans les bouquins.
Un nouveau soupir, il avait tellement regretté de quitter les bras de Severus au petit matin pour courir prendre un déjeuner à la salle commune, sachant très bien ce qui l'attendait. Et il n'avait pas eu tort, les questions avaient afflué par dizaine. Un supplice. Son regard se porta sur la table des professeurs, Severus mangeait tranquillement, mordant ses lèvres de temps à autres. Ron avait envie de l'embrasser. Une main passa dans son cou pour gratter le derrière de son oreille. Ron voulait le toucher. Il remit discrètement sa robe noire en place avant de se lever. Ron voulait de nouveau le déshabiller. Leurs regards se croisèrent, un instant, une seconde ou même deux. Ron voulait s'y noyer encore une fois. Mais il le regarda simplement partir, revenant sur terre face aux regards interrogatifs de ses amis, et toujours les mêmes questions.
- Vous me rejoignez en cours ? Vous n'avez pas l'air d'avoir fini de manger.
- Ron !
Mais peu importait, il s'était déjà levé et traversait la salle d'un pas rapide sans prendre la peine pour une fois de saluer la table des Serpentards. La porte claqua derrière lui, et ce fut comme un signal. Il se mit à courir, vite si vite, à travers chaque couloir, chaque escalier, bousculant des élèves sans s'excuser. Sur le coup il s'en foutait, tout ce qu'il voulait c'était arriver plus vite, fuir la grande salle de peur qu'Harry, Hermione ou même sa sœur ne le rattrape. Mais lorsqu'il aperçut la chevelure corbeau un peu plus loin, il sourit.
- Sev' ?
Le professeur se retourna, étonné, il s'arrêta devant la porte de sa classe laissant Ron s'approcher.
- Dure matinée ?
- Plutôt oui. J'ai bien cru que ma tête allait exploser.
- Tu as voulu rester.
- Tu ne voulais pas ?
- Si, bien sûr que si. Sinon je ne te l'aurais pas permis.
Il jeta un coup d'œil sur le couloir, personne. Leurs lèvres se retrouvèrent vite dans un gémissement étouffé et presque désespéré. Ron sourit contre la peau pâle, il aimait tellement être contre lui.
- On se voit ce soir ?
- Je ne peux pas, réunion professorale.
- Oh…
Severus embrassa une dernière fois son élève. Plus de quelques secondes cette fois. Si longtemps qu'ils auraient pu être surpris. Ils se lâchèrent à bout de souffle, le brun sourit face aux joues rouges et aux regards presque sombres de Ron, ses cheveux à présent désordonnés.
- Va-t'en.
- Ouais.
Un sourire et il reprit sa course vers la sortie du château. Cette fois il allait arriver en retard en botanique, il serait incapable de se justifier devant son professeur ou bien même devant ses amis mais peu importait. Il est vrai qu'il aurait dû arriver en avance dans les serres mais se perdre dans Poudlard c'était encore possible non ?
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Parmi les hurlements, les sorts lancés et l'odeur de sang, il y eut un moment de calme. Ron avait tué Greyback, ses yeux s'étaient vidés et son corps s'était écroulé au sol. Puis le silence. Une seconde, deux, trois, quatre, cinq. Et il avait senti une frappe habituelle dans son dos. Fred lui souriait aux côtés de son jumeau. Il riait en le félicitant.
- Je te payerai ta bouteille pour ça plus tard.
- Ouais tu peux…
- Joli coup de maître Ron.
Il se mit à sourire à son tour. Les yeux de Fred semblaient briller de fierté. Il avait toujours été fier de son petit frère de toute façon.
- Tu nous avais manqué frangin.
- Vous m'aviez manqué aussi.
- Content de voir que tu vas bien.
- Tes promesses Fred, elles ont toujours été réelles.
- Je sais petit frère. Je sais.
Il frictionna sa chevelure rousse un instant, avant de s'écarter. Une seconde, deux, trois, quatre, et Fred sembla s'immobiliser dans le temps. Sa main lâcha sa baguette, ses yeux qui fixaient ceux de Ron se vidèrent et à son tour son corps tomba au sol. Une seconde, deux, trois et George hurla. Si fort. Il hurlait et Ron sembla paralysé. Derrière lui un rire qu'il entendit à peine puis plus rien. Harry apparut, les mains tremblantes, les yeux brillants, regardant la scène, impuissant. George continuait de hurler, il devait se réveiller, il devait ouvrir les yeux. Ron recula, rencontrant le mur derrière lui dans lequel il aurait aimé disparaitre. Ses mains tremblaient, sa gorge semblait sèche, et son cœur avait comme disparu. Un semblant de vide qui lui donna la sensation d'être mort. Une seconde, deux, et ses yeux fixèrent le corps de son frère. Fred ne bougeait plus, les yeux ouverts sur un monde qu'il ne foulerait plus jamais. Il eut l'impression d'étouffer de douleur, avant qu'il ne se mette à courir. Fuir. Il devait fuir tout ça. Et quand il reviendrait, Fred serait debout à lui sourire, ses yeux brilleraient et il blaguerait sur sa promesse qu'il avait juré tenir, et qu'il avait tenue. Une seconde, et tout ceci n'aurait été qu'un vaste cauchemar, un vaste souvenir qu'il avait déjà enfermé dans un coin de son cœur, de sa tête.
- Ron, Ron ça va ?!
Le roux sursauta, rouvrant les yeux sur le couloir des cachots, la salle de potion juste en face de lui. Secouant la tête il regarda aux alentours. Severus était à sa gauche, le regard inquiet, alors qu'il s'approchait doucement de lui. Il mit quelques instants à se rappeler de la raison de sa présence ici. Rendez-vous avec son professeur ce soir. Putain oui.
- Ron…
- Je t'attendais, on devait bien se retrouver après ton tour de ronde ?
- Oui bien sûr, mais… Ron tu pleures ?
Un silence s'installa et Ron recula contre le mur. C'était comme si ses sens se mettaient à nouveau en marche, ses joues étaient mouillées, ses yeux le brûlaient et il avait cette impression que son cœur allait imploser. Brutalement il essuya ses larmes avant de passer une main dans ses cheveux.
- Non, non juste une poussière.
- Tu te moques de moi ?
Ron soupira avant de rentrer dans la salle de classe, il la traversa puis la réserve jusqu'à retrouver les appartements de son professeur. Le brun le suivit enlaçant sa taille, embrassant la peau de sa nuque.
- Qu'est ce qui se passe ? Raconte-moi.
- Il ne se passe rien.
- Ron, arrête, je le vois bien. Tu renfermes tellement tout que ta souffrance transpire par toutes les pores de ta peau.
- Tu racontes n'importe quoi !
- Pourquoi tu ne veux rien me dire ?
Lui dire quoi putain ? Ron se retourna brutalement et s'écarta du corps chaud contre lequel il aimait se blottir. Il était énervé, si énervé. Et ce souvenir qui ne cessait de défiler dans sa tête, Fred et ses yeux vides, son corps au sol et la promesse qui s'envolait. Fred mort, il était mort putain et il osait lui demander ce qui n'allait pas ?!
- Qu'est ce que tu viens m'emmerder ? Pourquoi tu me poses ce genre de questions ? Pourquoi tu insistes si je te dis que tout va bien ? Nous ne sommes rien l'un pour l'autre.
- Ron…
- Quoi ? Tu vas me dire le contraire ? S'embrasser comme ça de temps à autres, ou avoir des préliminaires, comme ça juste une fois, c'est avoir une relation ? Putain mais que dalle. Tu t'inquiètes pour moi alors qu'il n'y a rien à t'inquiéter. Je veux que tu me lâches, que t'arrêtes ça.
Ron était haletant, le visage rouge et le regard brillant. Severus le regardait choqué, ne comprenant pas sa réaction. Le roux avait l'air si fragile, si brisé. Il avait l'impression de ressentir sa douleur jusque là.
- Ron… je-
- Non pas de je, ou de phrase essayant de me comprendre ou autre chose. Je vais bien et tu vois, tu m'emmerdes là.
- Tu es énervé, alors arrête.
- Ferme-la, et laisse-moi tranquille, tu comprends ?
- Ecoute-moi bien Weasley. Tu veux jouer l'enfant ? Pas de problème. Tu as voulu que je sorte de ta tête, je l'ai fait. Tu as supplié Mc Gonagall pour qu'elle me reprenne, je suis revenu. Putain je suis revenu.
- Qu-quoi ?
- Je n'ai jamais fait quelque chose contre ta volonté. Jamais. Putain Ron… Alors il suffit que tu me dises de partir, ou bien même que tu veuilles arrêter et je le fais. Alors si tu ne veux plus, on arrête. Dis-moi ce que tu veux !
Il ferma les yeux, son cœur battait rapidement, trop rapidement. Les yeux de Ron lui faisaient mal, ses mots lui faisaient mal. Le roux se recula, se détournant de Severus.
- Ron…
- Oui.
- De quoi oui ?
- On arrête. On ne se voit plus, c'est terminé. De toute façon ce n'est pas comme si ça avait commencé.
- Bien d'accord. Tu… Tu devrais peut-être essayer avec Peter.
- C'est ce que je comptais faire.
- Oh d'accord. Tu connais la sortie ?
Ron acquiesça, attrapa son sac et sortit des appartements. Il ne respira qu'une fois dans le couloir. Sa tête était sur le point d'exploser, ses mains tremblaient, et son souffle si irrégulier lui donnait l'impression d'étouffer. Alors il se mit à courir, cherchant une nouvelle respiration, essayant d'oublier, ne désirant plus penser à rien. Tellement mal. En quelques secondes il se retrouva dans la salle commune, il avait envie de hurler, contre lui, contre le monde entier, contre Fred qu'il détestait mais il fut simplement capable de frapper dans toutes choses à sa portée avant de monter là haut les larmes aux bords des yeux. Harry était éveillé, il le regarda inquiet, chercha à lui parler mais seuls les rideaux de la couchette lui répondirent. Ron s'était enfermé lançant un sort d'intimité avant de s'écrouler sur son oreiller. Si mal…
- Qu'est ce qu'il a ?
- Je ne sais toujours rien.
- Harry, ce n'est pas normal, c'est même inquiétant.
- Putain mais je le sais.
Le brun balança un stylo à travers la pièce. A ce geste Hermione sursauta alors que Ginny prenait sa tête dans ses mains, dépitée. Une semaine que Ron n'était plus vraiment présent parmi eux, un mot par ci, un autre là, les yeux dans le vague, l'esprit ailleurs. Il se levait, allait directement en cours, mangeait, retournait en cours, révisait, mangeait et allait directement se coucher. Ses deux meilleurs amis ne cessaient de l'interroger sur son état sans grand résultat. Et puis dernièrement la rousse avait découvert son frère discutant avec Peter, un ami, au détour d'un couloir. Le plus jeune souriait, parlant avec de grands gestes et Ron avait ri. Aucun d'entre eux n'était capable de lui provoquer cette émotion ces derniers temps, et là il rigolait avec un inconnu.
- Et ce Peter, je ne comprends pas, la dernière fois il est venu pour lui parler. On était tous les trois dans la salle commune.
- Oh je vois…
- Comment ça tu vois Ginny ?
- J'ai- comment dire… Peter craque sur Ron et je lui ai conseillé d'aller lui parler.
- O-kay.
- Mais attends, on a vu la discussion et Ron semblait l'avoir repoussé.
- C'est ce que m'a dit Peter, c'est pour ça je ne comprends pas.
- Il avait l'air si énervé et il paraissait si triste l'autre nuit.
Hermione soupira, alors que le sujet de discussion arrivait, s'installait à la table pour se servir le repas. Ron commença à manger rapidement, écoutant d'une oreille ses amis alors qu'il jetait de temps à autre un regard à la table des professeurs. Severus était là, mais pas un seul regard. Rien. Il se mordit la lèvre, reposa sa fourchette avant de se relever.
- Tu vas où ?
- J'ai mal au ventre, je vais aller faire un tour.
- Mais tu n'as rien mangé !
- Ginny qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le « j'ai mal au ventre »?
- Je…
- Excuse-moi, mais ne t'inquiète pas d'accord ? J'ai juste besoin de prendre l'air.
Il lui sourit à elle et aux autres, essayant de paraître rassurant pour sortir de la grande salle et s'engager dans les escaliers jusqu'à arriver dans un couloir sombre où il se permit de respirer. Sa tête le faisait souffrir et ses lèvres le brûlaient. Tout ça durait depuis une semaine. Les mains qui tremblent, le cœur qui lui semblait avoir été arraché. La douleur l'épuisait. Cette sensation que son corps entier appelait celui de Severus, mais il se retenait, il se forçait à se retenir. Il avait été stupide, tellement stupide, crétin, idiot et il en passait. Mais Ron n'avait jamais réellement été capable de s'excuser. Il ne savait pas trouver les mots, et la honte le tuait plus qu'autre chose. La honte ? Non, surtout l'indifférence de son professeur. Comme si rien ne s'était jamais passé, comme si Ron n'avait jamais été rien d'autre que son élève. Et encore même dans ce statut, il n'existait pas ou plus. Aucune remarque sur ses devoirs bons ou mauvais, aucun point retiré, aucun semblant d'attention. Que dalle, et Ron avait juste l'impression d'étouffer. A chaque fois, il entrait dans la classe en ne fixant que la porte de la réserve qu'il avait envie de passer, et il ressortait de cours le cœur au bord des lèvres, souffrant toujours un peu plus. Ses yeux sombres qu'il ne croisait plus. Il voulait tellement s'y noyer à nouveau. Il voulait ses lèvres et ses mains sur sa peau. Mais c'était terminé. Quel petit con, il avait été.
- Ron ?
- Hey Peter !
- Oui, je t'ai vu sortir de la salle. Tu voulais peut-être te retrouver seul ?
- Non, aucun souci.
Il sourit au cadet, dont les cheveux châtains désordonnés lui donnaient un air sauvage à croquer. Ce garçon était gentil, drôle, intelligent. Mais Ron n'y arrivait pas. Comme si Severus avec ses simples lèvres lui avait volé son cœur, sans le lui rendre. Cela faisait plusieurs jours qu'ils se retrouvaient par hasard dans les couloirs ou dans la salle commune, discutant de choses et d'autres. Ron ayant finalement accepté une sortie à Pré au lard ils avaient tous deux appris à se connaitre, se découvrant une passion commune pour le Quidditch.
- Bonne journée ?
- On fait aller et toi ?
- Ginny m'a parlé de toi, je crois qu'elle s'inquiète. Tu me sembles aller bien quand on est ensemble, mais peut-être que je me trompe, est-ce que tu vas bien ?
- Oui tout va bien. Ginny s'inquiète juste un peu trop depuis la fin de la guerre.
- Oh, oui je comprends.
Ron s'était adossé au mur, une main passant dans ses cheveux alors que Peter s'avançait vers lui les joues rouges et le souffle un peu plus rapide. Il baissa la tête gêné, le roux levant un sourcil interrogateur.
- Peter ?
- Je- J'ai… C'était bien samedi dernier.
- Oui et tu avais raison pour le magasin de Quidditch, de vrais trouvailles et-
- Ron j'ai envie de t'embrasser.
Le concerné sursauta, ouvrant de grands yeux. N'obtenant aucune réponse le plus jeune s'approcha, glissant une main sur la peau couverte de taches de rousseur avant d'y déposer doucement ses lèvres. Ron se tendit davantage contre le mur, totalement perdu. Peter s'approcha encore et laissa ses lèvres prendre possession de la bouche de son vis-à-vis, tout doucement, comme une caresse, comme un geste interdit, puis plus ardemment, sans réellement remarquer la passivité de son partenaire. Un contact charnel, Ron soupira, mais ce n'était pas ces lèvres-là qu'il voulait. Le goût n'y était pas, la douceur non plus. La tendresse inexistante et la passion n'était pas la même. Il n'y avait rien, rien que lui ne voulait. Putain. Et pourtant il se laissait embrasser, totalement paralysé, imaginant des mains plus grandes qui lui caressait la peau, un corps plus masculin et plus viril qui le compressait davantage, des cheveux plus sombres et plus doux qui chatouillaient son front et tant d'autres choses différentes.
- Ron…
- Peter atte-
- 50 points en moins à Gryffondor pour exhibition dans les couloirs de Poudlard.
Peter se recula brutalement à l'entente de la voix d'un de ses professeurs. Il piqua un fard ne sachant plus où se mettre, bredouillant des excuses et cherchant du soutien auprès de Ron qui restait silencieux. Severus était là le regard noir, la baguette à la main donnant l'impression qu'il était à deux doigts de commettre un meurtre. Sa mâchoire crispée laissait passer un souffle rapide et irrégulier, alors qu'il fixait le Septième année. Ron se mordit la lèvre, ses yeux brûlaient de larmes et d'excuses qu'il retenait, gardant en vue les yeux sombres en face de lui qu'il n'avait pas aperçu depuis trop longtemps. Il se sentait mal, il avait envie de vomir. Ce baiser avait été détestable et il avait fallu que Severus les surprenne. Si douloureux, tellement douloureux.
- Hors de ma vue avant que je vous colle pour le restant de l'année.
Peter s'enfuit en courant laissant sans le savoir les deux anciens amants en tête à tête. Ron ouvrit la bouche cherchant à dire un truc avant de la refermer. Severus se contenta de tourner les talons pour continuer son chemin dans les couloirs sombres de l'école. Quelques secondes passèrent avant que le roux ne fasse un pas rentrant aux dortoirs où Harry l'attendait. Cette fois-ci, il se contenta de se poser à côté de lui et de se laisser aller dans ses bras. Oui cette fois si il se contenta de pleurer, pour la première fois et la dernière fois il se le promit.
O.O.O.O.O.
Ron leva la tête de son assiette à l'entente de son prénom. Sa sœur le regardait, inquiète. Il avait des yeux fatigués, une allure à revoir mais il restait surtout silencieux. Des jours qu'il était ainsi. Harry avait essayé de le réconforter et après que son corps n'ait tremblé de ses derniers sanglots il n'avait fait que s'endormir. Aucun mot, aucune explication. Rien. Mais Harry avait été là et maintenant il attendait que son meilleur ami se décide.
- Ron s'il te plaît je m'inquiète.
- Ginny…
Le roux soupira, il en avait tellement assez de toutes ces remarques de toutes ces inquiétudes. Il se leva et chancela presque.
- Ron !
- Je vais faire un tour.
- Mais-
- Je serai de retour ce soir au dortoir, laissez-moi juste prendre l'air.
Harry se leva et embrassa son front avant de le laisser partir. Il ne croisa aucun regard sombre, Severus n'était plus présent à la table des professeurs depuis quelques jours, seul Charlie le fixait tout aussi inquiet que les autres. Il lui sourit, souhaitant le rassurer avant de quitter la grande salle. Il croisa Peter dans un couloir mais ne s'arrêta pas, aucun mot, aucun regard. Ils s'étaient engueulés le lendemain, après le baiser un peu forcé. Peter avait essayé de recommencer et Ron l'avait gentiment repoussé et Peter avait presque pleuré, il ne comprenait pas, il avait crié et Ron avait hurlé encore plus fort. Il n'avait tellement pas besoin de ça et Peter était quelqu'un de bien.
Sans réellement le remarquer ses pas le menèrent jusque dans les cachots. Tous les couloirs étaient déserts et il se positionna devant la porte de la classe de potions. Son ventre se tordait, et son cœur douloureux l'empêchait presque de tenir debout. Ses doigts glissèrent sur le bois et il soupira, humant l'odeur. Il gémit douloureusement avant de rentrer brutalement dans la salle. A grandes enjambées il traversa la classe jusqu'à la réserve pour frapper à la porte des appartements de son professeur. Ses yeux le brûlaient et ses mains tremblaient.
Son état était chronique depuis plusieurs jours. Il n'arrivait pas à lutter contre, c'était comme si l'éloignement de son professeur était en train de le détruire petit à petit. La porte s'ouvrit plusieurs dizaines de secondes plus tard, laissant apparaître un Severus en simple jean. Il n'avait pas pris la peine de remettre le t-shirt qu'il tenait à la main, et Ron ne put continuer de respirer. Son cœur s'emballa à nouveau, ses joues se teintèrent de rouge et il bégaya, incapable de dire un mot. Le regard sombre le toisait, il avait l'impression de s'y noyer. Il passa une main dans sa chevelure rousse, gêné, et Severus se mordit la lèvre.
La seconde d'après Ron avait sauté sur son professeur, écrasant ses lèvres contre les siennes, glissant ses mains sur sa peau pâle, léchant la peau de son cou et la mordillant. Et l'aîné gémit, attrapa le corps du plus jeune contre lui avant de refermer la porte derrière eux.
- Ron…
- Pardon, putain, pardon.
- Arrête-
- Je suis désolé je ne voulais pas.
- Arrête de t'excuser.
Severus glissa ses doigts dans les cheveux roux, regardant son visage, fixant son regard magnifiquement bleu.
- Pourquoi es-tu là ?
- Parce que je veux être là. J'ai besoin d'être là, avec toi.
- Peter-
- Il m'a embrassé, mais il n'y a rien, tu es simplement arrivé au mauvais moment.
Ron déposa sa tête sur l'épaule en face de lui et rapprocha son corps davantage.
- Ron il faut que je te dise…
- Touche-moi, j'ai besoin que tu me touches.
Il effleura sa bouche de ses doigts avant de l'embrasser brusquement, passionnément, lui enlevant son t-shirt pour mettre en contact leur peau pâle. Et Ron grogna, s'agrippant au corps en face de lui.
- Je ne veux pas que tu reviennes pour repartir à nouveau.
- Severus je-
- Oui tu es désolé, mais tu n'as pas à t'excuser. Tu es jeune et les jeunes sont souvent indécis. Tu as découvert des choses avec moi, mais il est possible que tu trouves mieux ailleurs. Je n'ai plus ton âge tu sais. Je pars et je reviens pour toi mais je ne le ferai pas éternellement. Ce n'est pas un jeu tout ça, Ron.
- Je ne joue pas.
Severus laissa ses mains défaire les boutons du pantalon du roux qui haletait, sa bouche s'enfonçant un peu plus dans son cou.
- Je ne- han- voulais pas que tu… ça m'a énervé que toi tu te mettes à t'inquiéter de mon attitude et de mes humeurs. Pas toi. Quand je suis avec toi, je suis bien et là j'avais juste l'impression d'être de nouveau avec Harry, Hermione.
- Tu pleurais Ron, je me suis inquiété simplement.
- Et je te dis de ne pas t'inquiéter pour moi.
Son pantalon avait à présent glissé sur ses jambes, et il le dégagea un peu plus loin. Severus le détailla un peu plus, ses yeux brûlant chaque partie de son corps.
- Touche-moi Sev', se plaignit Ron.
Il grognait, gémissait. Son corps brûlait et l'érection entre ses jambes lui faisait encore plus mal. Severus lui sourit et glissa sa langue doucement sur la peau.
- J'ai tellement envie de toi Ron.
- Severus…
Il pleurait presque, mais cessa de se plaindre quand la bouche de son professeur ravit la sienne. Tous deux gémissaient, se caressant, se touchant, se serrant davantage. Puis Ron cria en sentant une main froide entourer sa verge. Severus avait baissé son boxer et le caressait doucement. Il le mordit au niveau du cou, s'enfonçant un peu plus fortement dans ses doigts.
- Severus… Severus.
- Je suis là Bébé.
- Ce soir je te veux. Je veux que tu-. Je suis prêt. Je te veux tellement en moi, partout, que tu me prennes.
- Putain Ron, grogna-t-il.
Il avait relâché l'étreinte, admirant son corps nu debout devant lui, ses yeux dilatés, sa respiration irrégulière, ses joues rouges, ses cheveux en désordre. Si désirable. Il quitta son jean et prit la main de Ron, l'entraînant à sa suite. Il hoqueta à la vue de la chambre de son professeur. Les couleurs grises et vertes s'accordaient à merveille. Le lit à baldaquin aux draps en soie blanche lui donna des frissons. C'était ce soir, il voulait tellement s'enrouler dans ses draps aux creux de ses bras. Severus poussa doucement Ron sur le matelas, s'allongeant sur lui après avoir retiré son propre boxer. Ron le trouva magnifique, comment pouvait-il cacher un corps pareil derrière des robes noires aussi immondes. Il gémit doucement lorsque dix doigts se mirent à caresser chaque parcelle de sa peau, une langue chatouillant les bouts de chaire sur son torse alors que leur érection se frottait lascivement. La seconde suivante la langue traça un chemin invisible jusqu'à son nombril puis sur son aine et glissa sur son érection. Les draps de soie se froissèrent dans sa main, alors que sa tête se rejetait en arrière.
- Ohmondieu Severus.
Et une bouche rejoignit la langue, glissant plus facilement, plus rapidement jusqu'à relâcher sa convoitise quelques instants. Ses yeux sombres plongèrent dans l'océan bleu alors qu'il déversait un peu de lubrifiant dans ses mains.
- Ron je vais te préparer. Il faut te détendre.
- Hm.
Embrassant son torse et ses abdos, un doigt passa entre les fesses pour aller titiller l'anneau de chair si serré. La seconde d'après il était à l'intérieur de lui, allant et venant alors que Ron crispé essayait tant bien que mal de se détendre. Un second doigt le fît serrer sa mâchoire, puis le troisième quelques minutes plus tard le fît grogner. C'était désagréable, mais pas dans le sens dégueulasse, juste douloureux. Les yeux de Severus le regardait, l'admirait, observant chaque expression. Il avait tellement envie de lui.
- Détends-toi Ron.
Ron rougit, se mordant la lèvre. Putain il essayait de se détendre et petit à petit il y arrivait, la seconde main de son professeur autour de son sexe l'aidant beaucoup. Il soupirait, mordant sa lèvre inférieur pour éviter de gémir ou de grogner, ses propres mains cherchant à cacher son visage et le plaisir qui commençait tout doucement à l'envahir.
- Non. Ne te cache pas, tu es magnifique Ron.
- Severus…
Il vint à nouveau remplir ses lèvres, l'embrassant un peu plus durement alors qu'il lui faisait écarter les jambes pour se placer plus facilement contre lui. Il glissa une main sur sa joue, dans ses cheveux, caressant son torse et son bas ventre, tout en fixant éternellement ses yeux.
- Dis-moi quand arrêter et je le ferai. Je te promets que je le ferai.
Ron hocha la tête puis l'enfouit dans les cheveux corbeaux tombant en cascade. Severus enroula les deux jambes autour de son bassin, embrassant une nouvelle fois ses lèvres avant d'entrer doucement en lui. Ils y étaient, c'étaient maintenant. Yeux dans les yeux, mains dans les mains, peau contre peau, et leur corps liés de la plus belle façon qui soit.
Au petit matin Ron se réveilla seul dans les draps blancs. Il s'y sentait bien, et aurait pu rester toute la journée si Severus avec été à ses côtés mais rien. Du bruit dans la cuisine le fit se lever. Enfilant son boxer et un long t-shirt à son hôte il se leva. Ses doigts passèrent dans ses cheveux pour essayer d'y mettre un peu d'ordre, ses yeux fatigués le dirigeant maladroitement à travers le couloir jusque dans la pièce principale. Il était là, vêtu d'un bas de jogging noir, les cheveux remontés en chignons s'affairant à préparer un petit-déjeuner. Un sourire apparut sur son magnifique visage réveillé lorsqu'il aperçut le roux rentrer.
- Hey…
Ron grogna un truc à peine audible, frottant ses yeux puis tira une chaise haute pour s'asseoir. Merde. Il en descendit rapidement. C'était putain de douloureux. Il grimaça, se massant le postérieur. Heureusement qu'il n'avait pas cours aujourd'hui, il allait pouvoir trouver une excuse pour rester debout toute la journée… Après avoir répondu à toutes leurs interrogations suite à son absence de cette nuit, bien sûr.
Il ferma les yeux à la sensation de deux bras entourant sa taille alors qu'une bouche embrassait son cou.
- Ça va ?
Il savait toute la signification de la question. Et putain ouais il allait bien. Il avait passé une nuit merveilleuse, Severus avait été tendre, attentionné. Il pivota tombant sur le regard sombre, profond et désireux de son professeur et glissa à son tour ses lèvres dans son cou avant de l'embrasser doucement.
- Oui. Oui ça va.
- J'ai fait du café tu en veux ?
- Oui s'il te plaît.
Il lui servit une tasse, puis revint vers lui, sa main lui tendant une petite fiole. Ron leva un sourcil interrogateur.
- Tu te sentiras mieux, ou disons plutôt que tu pourras t'asseoir, après l'avoir bu.
- Oh…
Les joues de Ron s'empourprèrent violemment, ses mains s'accrochèrent au t-shirt qu'il tira davantage comme pour le cacher alors qu'il baissait la tête. Severus rit avant de le prendre contre lui. Si adorable.
- J'aime tellement te voir rougir.
- Severus…
- Hm ?
- Je- merci.
- Je ne vais pas te laisser mourir de faim.
- Non je ne parle pas de ça. Merci pour hier soir, c'était- tu as été… Et enfin je-
Severus avait pris le visage du jeune entre ses mains, embrassant ses lèvres et fixa ses yeux magnifiques.
- Tu peux le dire Ron, c'était parfait.
Il rougit de nouveau et Severus ne put s'empêcher de gémir à cette vue. Ses mains poussèrent le corps pâle contre le meuble de la cuisine avant de plaquer fortement ses lèvres contre celles de Ron. Le monde sembla à nouveau s'arrêter et le maillot bien trop long disparut dans la minute.
- Il faut que je retourne au dortoir au risque de retrouver un avis de recherche me concernant dans la gazette des sorciers.
- Je sais… Severus rit.
Il ne sembla pas vouloir le lâcher et pourtant il s'écarta de lui sans dissimuler son érection avant de se rapprocher de nouveau.
- Allez, va-t'en.
- Je n'ai pas réellement envie de partir.
- Mais il le faut, vite.
- Si tu souhaites tant me voir partir, je m'en vais…
Severus rit de nouveau, embrassant le cou offert.
- Je te vois dans la journée.
Ils s'embrassèrent encore et encore pendant plusieurs secondes qui durèrent des minutes jusqu'à ce qu'ils ne se détachent, se câlinant quelques instant avant que Ron ne renfile son jean et son t-shirt pour quitter les appartements de son professeur et retourner vers sa tour, le t-shirt de Severus à la main.
Son arrivée dans la grande salle se fit remarquer. Ron ne s'était pas changé de la veille, ses yeux pétillaient et il avait ce sourire indescriptible sur le visage. Il s'assit près de ses amis, les saluant, avant d'attraper une pomme et de croquer vigoureusement dedans. Il attendait, et il savait que les questions allaient fuser, alors oui il attendait.
- Harry nous a dit que tu n'étais pas rentré au dortoir hier soir. Est-ce qu'on peut savoir où tu étais ?
Le roux leva les yeux sur sa petite sœur. Elle avait l'air fatigué, déçue, inquiète. Il lui sourit buvant un peu de jus d'orange.
- Sorti.
Elle ouvrit de grands yeux. Est-ce qu'il se moquait d'elle ?
- Est-ce qu'on peut savoir qui c'est ?
- Pardon ? Ron sursauta.
- La personne avec qui tu sors, qui te met dans un état lamentable, puis te redonne le sourire comme personne. Est-ce que tu vas finir par nous faire partager ton bonheur ?
Ron se tut, déposant son regard sur la table des professeurs, avant de reporter son attention sur son meilleur ami dont l'air furieux lui fit de la peine. Mais que pouvait-il lui dire, qu'il sortait avec son professeur –est-ce qu'il sortait réellement ensembles d'ailleurs ?- qu'il venait d'offrir sa virginité à Severus quelques heures plus tôt et que ça avait été le moment le plus dingue de toute sa vie, qu'il avait envie d'être encore dans ses bras là tout de suite maintenant plutôt que de les écouter parler. Non bien sur que non il ne pouvait pas leur parler d'un homme que tout le monde avait détesté par le passé et qui était en plus de ça de vingt ans son aîné. Non vraiment il ne pouvait pas.
- Ron s'il te plait. Tu ne me fais pas assez confiance pour me le dire ? ça peut très bien être un homme ou une femme peu importe. J'irai simplement lui péter la gueule pour t'avoir fait pleurer l'autre soir.
- Ça n'avait rien à voir !
Ron mentait une nouvelle fois. C'était devenu une putain d'habitude depuis quelque temps, il détestait ça. Mais c'était la seule façon de protéger son petit bonheur.
- Si tu le dis. Alors ?
- Vous ne le connaissez pas.
- C'est donc un homme…
- Et alors Ginny ça te pose un problème ?
- Non - bien sûr que non !
Ses petits yeux noisette s'humidifièrent et elle laissa glisser une larme avant de quitter précipitamment la salle.
- Tu fais chier Ron, dit Neville en se levant.
- On peut peut-être apprendre à le connaitre, si tu nous le présentais.
Ron éclata d'un rire franc avant de secouer la table.
- Vous êtes adorables, vraiment.
- Ron…
- Harry, je suis à peine sûr de ce qui se passe entre lui et moi. Et pour d'autres raisons je ne peux pas vous le présenter, pour le moment.
- Alors bientôt ?
- Je ne sais pas.
- On se voit en cours ?
Ron se leva embrassant le front de son meilleur ami avant de quitter la Grande Salle. Il avait besoin d'une douche et de déposer le maillot qu'il avait réduit dans sa poche. Manquerait plus que les autres tombent dessus. Bien qu'il n'était pas inscrit en lettres d'imprimerie le nom du propriétaire. Arrivé dans la salle de bain de son dortoir, il passa une main sur son visage et se déshabilla, une marque rougeâtre au bas de son cou le fit sourire. Il laissa ses doigts glisser sur sa peau, rêveur, avant de filer sous la douche. Ce n'était pas le moment d'arriver en retard en cours, non, il avait eu son compte ces derniers temps.
The come back, héhé.
à bientôt!
