Ce jour là il fit beau. Le soleil avait pointé de bonne heure sans jamais disparaitre de toute la journée. Aucun nuage n'était venu ternir le ciel d'un bleu magnifique. Les oiseaux avaient chanté et Ron avait eut envie de vomir à ce moment là. Le ciel aurait du être gris, il aurait du pleuvoir et ne même pas apercevoir le soleil. Ce ne devait pas un être jour joyeux, ce n'était pas une putain de journée heureuse. Ron frappa dans la chaise à sa portée avant de remettre sa cravate en place. Il détestait ce costume, et il le brulerait après la cérémonie.
- Ron, nous devons y aller.
Il se figea à l'entente de la voix éteinte de sa mère. Maintenant ? Non ça ne pouvait pas être aussi tôt. Ce n'était pas encore possible. Pas tout de suite. Ils devaient attendre, juste encore un peu, un tout petit peu.
- Ron…
- Oui. Oui, j'arrive.
Il avait soupiré et il se maudit pour ça. Il souffla un bon coup avant de se retourner vers sa mère, de noir vêtue, ses yeux brillaient de toutes les larmes qu'elle essayait de retenir. Elle lui sourit faiblement avant qu'ils ne descendent retrouver les autres. Ginny avait la tête baissée, tenant la main de George qui semblait ne plus vivre. A leur côté Charlie, Bill, Percy et leur père se tenaient droit, le visage fatigué et reflétant la plus grande tristesse du monde. Il se trouva minable à côté. Il n'avait pas envie de pleurer, il avait dormi toute la nuit entière, son visage ne reflétait rien. Ils se réunirent tous au milieu de la pièce, joignant leur main. La seconde d'après ils avaient disparus.
Le cimetière était bondé de monde, et Ron aperçut Hermione et Harry se tenant la main, cherchant un peu de force qui pouvait leur resté. Il s'approcha d'eux les saluant, puis se tourna vers le trou qui avait été creusé dans la terre. Le cercueil positionné juste au dessus était en marbre blanc. Il semblait encore plus magnifique par le reflet des rayons du soleil. A la vue de la famille arrivée, l'homme de cérémonie commença à parler, et Ron frissonna à la sensation de la main froide d'Harry prenant la sienne. Le discours fût bientôt couvert par tous le bruit des sanglots, et la main de Ron se mit à trembler. Il ne voulait pas être là putain.
La minute d'après les gens commençaient à s'approcher déposant des roses sur le cercueil avant d'embrasser la famille et de retourner à leur place. La tradition sembla durer des heures, alors que seulement quinze minutes ne furent passées avant que leur tour ne vienne. D'abord ses frères, sa sœur, lui, ses parents et enfin George. George qui s'écroula par terre hurlant une nouvelle fois. Ron avala difficilement voyant sa mère et son père s'approcher de leur fils, alors que Charlie passait les mains autour de la taille de Ginny pour essayer de calmer ses sanglots.
Arthur fît un signe de tête à l'homme de cérémonie qui d'un coup de baguette commença à faire descendre le cercueil dans la tombe. Ron ouvrit des grands yeux, sa main lâcha brutalement celle de son meilleur ami, alors qu'il lui était impossible de respirer. Mais qu'est ce qu'il était entrain de faire ? Il ne pouvait pas faire ça. Non, non, non. Il glissa ses doigts autour de sa gorge cherchant un souffle qu'il ne trouva pas. Il parût suffoquer un instant, alors que les yeux inquiets de ses meilleurs amis, de Bill et Charlie le fixaient.
Où était Fred ? Où allait Fred bordel ? Non, non.
Il recula d'un pas, puis d'un autre, et encore. Jusqu'à se mettre à courir. La voix d'Harry et de ses deux frères ainés l'appelèrent à plusieurs reprises mais il ne s'arrêta pas. Ce jour là il courut jusqu'à ce que le soleil ne disparaisse dans le ciel, il courut jusqu'à ce que la respiration ne vienne à lui manquer, jusqu'à s'écrouler en bordure de champ, jusqu'à ce qu'il ne retrouve un sourire véritable pour rentrer chez lui. Ce jour là il ne répondit à aucunes des questions et il ne parla pas de Fred. Il ne parlerait plus jamais de Fred.
Les lumières étaient tamisés dans la chambre du professeur de potion. La nuit était bien avancée et pourtant deux corps nus bougeaient l'un contre l'autre. Ron à califourchon sur le corps assis de Severus, se mouvait de haut en bas dans une danse frénétique et irrégulière alors que ses doigts écorchait la peau pâle à sa portée. Il gémissait toujours plus fort, alors que Severus mordait son cou et s'enfonçait un peu plus en lui.
- Severus… Oui. Encore.
Le brun lui ravit ses lèvres, glissant ses mains dans la chevelure rousse à sa portée. Leurs yeux se trouvèrent, alors que leur respiration se faisait erratique.
- Ohmerlin… Sev' !
L'ainé lécha la peau à sa portée, ses doigts enserrant fortement les hanches de son amant qui descendait sur lui chaque fois un peu plus durement. Ce corps magnifique le rendait dingue, il était proche si proche. Ron répéta le prénom de son professeur dans une plainte entrecoupée de gémissements, il suppliait presque.
- Putain Ron…
- En moi, vient en moi !
Un coup de rein plus fort et Ron s'arc-bouta, rejetant sa tête en arrière alors qu'il cria. Les convulsions du jeune autour de sa queue le firent venir à son tour, gémissant fortement il mordit la peau pâle du cou offert, alors qu'il resserrait le corps contre lui. Ils restèrent serrer l'un contre l'autre à s'embrasser pendant une dizaine de minutes avant que Severus ne fasse basculer Ron sous lui caressent doucement sa peau.
- Ton corps me rend dingue.
Ron se mit à rire avant de retrouver les lèvres qu'il désirait temps. La seconde d'après il se logea contre le corps brulant de son professeur redessinant la naissance de ses abdos alors qu'il suçotait la peau de son cou.
- A quoi tu penses ?
- C'est Harry il me pose de plus en plus de questions.
- Je vois…
- Il veut savoir et je ne sais plus quoi inventer.
Le silence dura quelques secondes avant que le roux ne soupire.
- Je pense que je vais finir par lui dire.
- Ron, je ne sais pas si c'est une bonne idée.
- Pourquoi ? Il n'a pas son mot à dire sur les personnes avec qui je couche.
Severus rit.
- Ce n'est pas ça Ron. Harry est ton meilleur ami et je n'aimerais pas que tu sois déçu de sa réaction.
- Je ne lui ai rien dit par rapport à Draco.
- Je sais, mais je ne pense pas que ce soit comparable.
Ron grogna avant de fermer les yeux. Les caresses de son professeur le bercèrent jusqu'à ce qu'il ne sente plus rien emporté par un sommeil profond.
Ron sortait de cours avec sa bande d'amis. Il avait eut deux heures de potion qui s'étaient révélées être un supplice. Il avait du se forcer à garder son attention sur son chaudron plutôt que sur son professeur qu'il voulait tant. La seule fois où il releva les yeux il avait croisé le regard brûlant de Severus le fixant et il avait faillit gémir. Harry riait à ses côtés et il embrassa sa tempe. Tous deux avaient retrouvé leur proximité depuis quelque temps et ça le rendait heureux.
- Putain les gars dites-moi que vous avez vu la même chose que moi.
Seamus avait couru vers eux, essoufflé, des larmes encore pleins les yeux tellement il avait rit.
- De quoi tu parles mec ?
- Ron sérieux t'es aveugle ou quoi ? Harry tu as vu n'est ce pas ?
- Je suis aussi ignorant que Ron sur ce coup là, Finnigan.
Le châtain les entraina un peu à l'écart comme s'il ne souhaitait pas que tout le monde entende.
- En cours de potion. Je suis allé chercher un ingrédient et Snape ramassait quelque chose par terre et en se relevant il- enfin j'ai…
Il éclata de rire à nouveau et dû prendre plusieurs secondes pour se calmer et reprendre son sérieux.
- J'ai aperçus deux putains de suçons à la base de son cou.
- Tu plaisantes ?
Harry avait ouvert de grands yeux, hallucinant, alors qu'il demandait plus de détails se retenant de suivre son ami dans son fou rire. Ron n'avait pas dit un mot, figé.
- T'es sur de toi ?
- Oh plus que sure.
- Je n'aurais jamais imaginé ça de lui.
- Non mais sérieusement, le délire. Quelle fille ou mec peut être assez crétin pour coucher avec un gars pareil ! T'imagine. Ce type est un tue l'amour à lui tout seul.
Il y eut deux secondes de silence avant que les deux interlocuteurs n'éclatent d'un rire franc. Ron les dévisagea une de ses mains se crispant sur son pantalon.
- Vous ne le connaissez même pas.
- Oh sérieusement Ron, tu ne peux pas le défendre. Tu l'as vu ? Il terrorise le monde entier, avec son voltage de robe qui sera surement inscrit dans l'histoire de Poudlard. Un antisocial, je ne sais même pas comment il a pu rencontrer quelqu'un.
- Je ne comprends pas comment vous pouvez dire ça de lui, c'est un héro de guerre merde. Ça ne vous donne pas le droit de le descendre après tout ce qu'il a vécu. Toutes ces années n'étaient qu'un mensonge, son attitude tout ça, c'était pour ne pas casser sa couverture.
- Si tu veux, mais ça n'enlève rien à son apparence physique.
Ron avait secoué la tête de droite à gauche. Il désapprouvait, était hors de lui et se retenait surement de ne pas exploser.
- Vous me tuez les gars. Toi Harry qui le vénérait tellement il y a quelque temps.
- Je le respecte.
- Mais tu as vu en quels termes tu parles de lui ?
- Ron, qu'est ce qu'il te prend ? On plaisante là !
- Non, vous ne plaisantez pas. Vous le descendez comme un mal propre, vous vous immiscez dans sa vie privée, le jugez sans rien savoir, c'est juste minable !
- Parce que toi tu le connais mieux peut-être ?
Harry avait parlé d'une manière brutale. Il ne comprenait pas l'énervement si soudain de son meilleur ami. Ron resta silencieux, et soupira. Il ravala tout ce qu'il avait envie de leur crier avant de se détourner pour prendre un chemin différent. Le brun l'observa partir, juste au milieu du couloir. Ses yeux regardèrent la chevelure rousse disparaître et il eut l'impression de perdre une nouvelle fois son frère. Qu'est ce qu'il lui avait prit de prendre la défense de son professeur de potion comme ça. Severus était un héros d'accord, mais ce gars leur en avait bien fait baver. Il passa une main dans ses cheveux réfléchissant, puis brutalement ses yeux s'écarquillèrent. Non, non, il devait surement se tromper.
Ron venait de se poser contre un mur face à la porte de la salle de potion. Celle-ci s'ouvrit quelques minutes plus tard laissant apparaître le maître des lieux, alors le roux sourit.
- Qu'est ce que tu fais ici ? tu devrais être avec tes amis dans la grande salle.
- Je sais.
- Ça va ?
- Je me suis engueulé avec Harry.
Severus ne dit rien, le regarda simplement attendant qu'il en dise d'avantage.
- Avec Seamus ils ont- putain…
L'ainé s'approcha, observa un instant le couloir vide avant de glisser sa main sur la hanche du roux, jusqu'à aller caresser doucement la peau pâle sous le t-shirt. Ron ferma les yeux et il ne mit que quelques secondes à se calmer.
- Ron…
- Ils ne comprennent pas comment quelqu'un peut avoir des relations sexuelles avec toi.
Le Gryffondor avait presque murmuré sa phrase laissant ses doigts caresser les deux marques violacés sur sa peau qu'il lui avait infligé quelques heures plutôt avant de s'endormir.
- Oh je vois…
- Comment ils peuvent dire ça ! Ils ne te connaissent pas, il ne-
- Peu importe Ron, ça ne me touche pas tu sais.
- Moi ça me-
- Ron, est-ce c'est le fait qu'il se moque de moi qui te dérange, ou plutôt qu'il est pitié de la personne qui couche avec moi en d'autres termes toi !
- Non, je déteste qu'ils puissent te juger sans qu'ils te voient comme moi je peux te voir.
Severus sourit et glissa son nez dans le cou du roux pour respirer son odeur. Il adorait la sentir partout dans sa chambre, dans ses bras, sur Ron, partout. Il embrassa la peau offerte avant de remonter jusqu'à ses lèvres. Ron gémit doucement avant de prendre d'avantage part au baiser laissant ses mains retrouver la chevelure corbeau. Un hoquet de surprise les interrompit et Severus se recula brutalement de son élève portant ses yeux sur Harry au bout du couloir qui les regardait choqué. Les joues de Ron s'empourprèrent et il bégaya.
- Harry…
- Tu sais quoi, ça ne m'étonne même pas. Après tout c'est tellement logique quand je mets tout bout à bout.
- Laisse-moi t'expliquer.
- Non, tu vois je ne veux rien savoir. Absolument rien !
- Mais Harry…
- Severus Snape, je comprends maintenant pourquoi tu ne voulais rien me dire. Après tout tu avais peut-être raison.
Il secoua la tête déçu avant de se détourner. Ron était resté figé au milieu du couloir, ses yeux brillaient et ses mains tremblaient. Il brûlait intérieurement, et fût incapable pendant plusieurs secondes de parler ou bien même de bouger. Severus finit par s'approcher de lui, enlaçant sa taille, caressant ses cheveux avant d'embrasser sa tempe.
- Je suis désolé Ron.
- Non, ne dit rien s'il te plait ne dit rien.
Severus se tût et l'embrassa simplement avant de le laisser partir. Ron arriva dans la grande salle, le regard fixé sur ses pieds, ses mains tordant ses manches et fît finalement demi tour lorsqu'il croisa le regard noir de son meilleur ami. Ses pas l'emmenèrent dans sa salle commune où il s'écroula sur le canapé. Sa tête entre ses mains, il soupira. Il n'y avait pas une meilleure façon de lui dire la vérité, non vraiment, bravo Ronald Weasley.
Quelques minutes plus tard les Gryffondors commencèrent à faire leur apparition, et Harry entra aux côté d'Hermione et de Ginny. Il leva les yeux vers lui et passa une main tremblante dans ses cheveux. Putain de putain.
- Harry… Est-ce qu'on peut parler ?
- Vous vous êtes engueulés ?
Les deux filles les regardaient étrangement, ne comprenant pas l'attitude aussi distante du survivant.
- Je n'ai pas envie de te parler. Je n'ai rien envie de savoir sur ça !
Ron crispa les poings. Putain mais c'était quoi son problème.
- Laisse-moi t'expliquer au lieu de juger sans savoir, s'énerva le roux.
- Je t'ai dis que je ne voulais rien savoir, qu'est ce que tu ne comprends pas là dedans ?
Tout le monde les regardait à présent et Ron s'approcha dangereusement surplombant d'une tête son meilleur ami.
- C'est quoi qui te gène là dedans ? Que ce soit un homme ? Ah bah non suis-je bête tu es également gay…
- Depuis combien de temps ça dure ?
- Pardon ?
- Je t'ai demandé depuis quand.
- Je-
Ron soupira, depuis quand ? Qu'allait-il lui dire qu'il avait Severus en tête depuis qu'il avait pour la première fois embrassé ses lèvres. Ça faisait tellement de temps. Harry ne comprendrait pas putain. Mais peut-être qu'il était temps d'arrêter de mentir. Il passa une main dans ses cheveux, embêté.
- Alors !
- Depuis… depuis notre sixième année.
- De quoi ?
Harry avait ouvert de grands yeux se reculant.
- Ron que se passe t-il ?
- Rien Ginny, s'il te plait ne t'en mêle pas…
- Eh bien si Ron dit leur. Il est peut-être temps tu ne crois pas ? Depuis deux putains d'années, et tu n'as rien dit. Comment tu as pu nous mentir à ce point !
- Ron…
Ginny avait les yeux brillants, elle détestait les voir s'engueuler, elle détestait voir son frère dans cette position.
- Ton putain de frère se fait sauter par Severus Snape.
Ron se figea, au milieu de la salle commune alors que des expressions choquées retentissait dans toute la pièce, des murmures se faisant déjà entendre. La rousse sembla ne pas comprendre, elle se retourna vers son frère cherchant un semblant de plaisanterie sur son visage. Hermione elle ne disait rien. Elle restait simplement à l'écart à regarder la scène. Toujours laisser passer la tempête avant de réagir, ça évite de dire des choses que l'on ne pense pas. C'était ce qu'elle répétait à chaque fois.
- Ron… Harry dit n'importe quoi n'est-ce pas ?
Le roux resta silencieux regardant son meilleur ami. Il ne comprenait pas son attitude. Putain il n'avait rien fait de mal non ?
- Bien sur que non je ne blague pas ! Je viens de les surprendre en train de s'embrasser.
- Oh Ron… Maman va, elle va-
- Maman ne saura rien, dit-il brutalement.
- Tu crois quoi, que tu vas leur cacher encore tout ça longtemps ?
- Arrête Harry.
- Non je n'arrêterais pas. Comment tu peux aller avec un gars pareil ?
Ron agrippa le pli de sa veste. Ses yeux le brûlaient et il cherchait désespérément quelque chose pour se calmer.
- Pourquoi tu fais ça ? murmura-t-il.
- Parce Snape est- putain il- il nous a insulté mon père et moi depuis le premier jour où j'ai passé les portes de Poudlard. Je suis même sur qu'il préférerait me voir mort plutôt que de devoir me croiser tous les jours, lui rappelant ses tendres années à Poudlard. Comment peux-tu sortir avec un connard pareil après tout ce qu'il nous a fait endurer ?
Ron ferma un instant les yeux, reculant. Il avait le tournis, tous ces mots lui faisaient tellement mal.
- La déclaration d'amitié que tu m'avais faite semblait si belle la dernière fois. Tu ne m'avais jamais dis tout ça. J'y ai cru, parce que je pense la même chose. Mais là tu- je ne te reconnais pas. Tu dis toutes ces choses que je n'aurais jamais pensé t'entendre dire.
Il inspira fortement avant de se retourner et de s'asseoir sur le rebord du canapé. Tous ces gens les écoutaient et il avait envie de leur hurler de dégager.
- Tu te souviens du jour où tu nous as dit à Hermione et moi que c'était Draco, et pas un autre. Ce jour là putain, j'ai eu envie de te péter la gueule. Je l'aurais fait je crois si Hermione n'avait pas été là. Tu nous as fait mal et tu ne t'en es même pas rendu compte. Il avait fait de notre vie un enfer, toutes ces insultes envers Hermione et moi, toutes ces humiliations. Mais tes yeux brillaient, tu semblais heureux. Enfin après tout ce que tu avais vécu, tu semblais pouvoir vivre réellement. Et je me suis dis que si toi tu étais tombé amoureux de lui, c'est qu'il devait y avoir quelque chose derrière cette chevelure blonde. On a appris à le connaitre, et Draco s'avère être quelqu'un de bien. Hein tu te souviens Harry ? Eh bien tu vois là, tes yeux ils brillent aussi, mais de haine envers moi. Tu n'as même pas une seconde pensé à moi. Tu as pensé à toi, à ce qu'il avait pu te dire, tu n'as même pas essayé d'imaginer ou même de comprendre que… Tu n'essaie même pas de savoir comment ça c'est passé, comment j'ai vécu ça. Tu ne sais rien, tu juges, tu l'insultes, et tu m'humilies devant tout le monde. Tu dévoiles ma vie privée comme ça, comme si de rien n'était, comme si tu en avais le droit.
Il releva son regard plein de larmes vers son meilleur ami. Hermione juste derrière lui souriait, lui réchauffant un peu le cœur.
- Tu ne le connais pas Harry, putain tu ne le connais pas ! Severus est, il est- Non tu vois, je n'ai rien à dire.
Toujours ce silence, et les yeux du roux brillants qui fixait son meilleur ami. Il soupira, reprit son sac en main et quitta la salle commune pour monter dans le dortoir. Là-haut Neville était assis sur son lit, il le salua gentiment puis s'isola sur sa couchette, rideaux fermés et sorts lancés. Il aurait aimé disparaître.
Le lendemain Ron ne quitta pas sa tour. Il n'assista à aucun de ses cours et à aucun des repas. Harry n'avait pas redit un mot. Puis les jours passèrent ainsi jusqu'à ce que Severus qu'il avait fuit depuis déjà une semaine ne le bloque dans un couloir. Ses yeux sombres le fixaient perdu et presque en colère, et Ron dû cesser de respirer pour ne pas perdre pied lorsque l'odeur de son professeur l'entoura.
- Ron…
- Je n'ai pas le temps, il faut que j'aille en cours.
- Tu crois que je vais te laisser fuir à nouveau ?
Le roux ferma les yeux et recula contre le mur.
- Tu peux m'expliquer ce qu'il t'arrive ? Ron qu'est ce qu'il se passe ?
- Il se passe qu'Harry ne me parle plus ! Que ma sœur- putain ma sœur a pleuré, ma mère m'a envoyé une beuglante et tout le monde est au courant de ce qu'il s'est passé entre nous !
- Ron…
- Je veux que tous les murmures, toutes les rumeurs, toutes les discussions cessent. Je veux qu'Harry me reparle. Je veux que Ginny me regarde autrement qu'elle ne le fait maintenant, et je veux que ma mère cesse de m'engueuler !
- Je suis désolé.
- Si tu l'es tant que ça cesse de me courir après.
Severus recula d'un pas ne comprenant pas. Ron semblait fatigué, ses yeux étaient gonflés et fuyants et il était distant. Il ne l'avait pas encore touché une seule fois, pas encore regardé. Comme s'il… comme- merde.
- Attend, qu'est ce que tu es en train de dire là ?
- J'ai besoin d'eux tu peux comprendre ça bordel ?
- Bien sur que je-
- C'est ma famille, c'est Harry, ce sont mes amis. J'ai besoin d'eux… plus que de toi.
Il y eut un silence pesant de plusieurs secondes avant que l'ancien espion ne soupire. Ron ne le regardait toujours pas et la douleur qu'il venait de ressentir sembla se multiplier par 100.
- Je vois…
- Je-
- Tu as fait ton choix et je comprends tout à fait.
- Sev-
- Non, ne dit plus rien. J'ai été bête de penser que- ou de te dire que ce n'était pas un jeu… Nous sommes trop différents. Tu es jeune, tu trouveras quelqu'un de bien, de ton âge.
- Je suis désolé.
- Ne le soit pas.
Severus dû retenir son envie de le prendre contre lui, de caresser sa peau et d'embrasser ses lèvres. Oui il se détourna simplement et laissa Ron seul au milieu du couloir. Une minute, puis deux suivis de cinq autres avant que le roux ne reparte prenant la direction de sa salle commune. Ses mains tremblaient, ses yeux brillaient et il avait cette sensation que son cœur allait exploser. Qu'est ce qu'il venait de faire ? Putain. C'était fini, terminé.
Ron était allongé dans l'herbe, le corps exposé au soleil, ses yeux fixant le ciel bleu alors qu'il respirait doucement. C'étaient les grandes vacances depuis quelques jours et il était le seul à profiter de ce beau temps. En réalité il fuyait tout le monde. Plus personne ne reparlait de l'annonce qu'Harry avait fait quelques mois plus tôt. Ginny avait retrouvé son sourire et l'adoration qu'elle portait à son grand frère, Molly faisait comme si rien ne s'était déroulé, et il avait retrouvé l'amitié d'Harry. Mais à côté il avait tout perdu, il n'avait plus Severus, il n'avait plus rien.
- Ron… ça va ?
Le concerné sursauta ouvrant les yeux sur George qui lui souriait avant de s'asseoir à ses côtés.
- Ça va.
- Tu ne me mentirais pas n'est ce pas ?
- Je vais bien Geo'.
George soupira frictionnant les cheveux de son petit frère.
- Je le savais Ron, j'étais au courant. Depuis les vacances de Noël.
Le roux sursauta ne comprenant pas ce dont son frère parlait.
- Severus, je l'ai entendu monter te rejoindre la nuit de sa venue. Mais je n'ai rien dit, parce que tu es assez grand et que j'avais aperçu ton sourire lorsqu'il était arrivé le matin, et puis tes yeux le lendemain- ça faisait tellement longtemps que je ne les avais pas vu comme ça.
- Est-on réellement obligé de parler de ça ?
Ron baissa un instant la tête, il semblait gêné que son frère aborde le sujet Severus. Mais ça lui faisait surtout mal, il ne voulait plus reparler de son ancien professeur. Maintenant qu'il était diplômé et que Poudlard était terminée, il ne souhaitait plus entendre parler du passé. Il devait oublier.
- J'aime quand tu es à la maison. Tu es le seul qui lorsqu'il me regarde ne semble pas un moment heureux pour ensuite revenir à la réalité.
- George…
- Je sais qu'ils souffrent tous, mais à certains moments je ne supporte plus de leur rappeler ce qu'il a pu se passer. Je ne suis même plus capable de me regarder dans un miroir. Tu sais il m'arrive parfois de le sentir juste à côté de moi, d'entendre sa voix où de sentir son cœur battre juste au creux du mien.
- Je- je suis sur qu'il est là avec toi.
- Ron… Je sais que tu ne veux pas parler de lui, de tout ça. Tu ne prononces jamais son prénom, tu n'essaies jamais d'aborder un souvenir.
- Arrête.
- Je sais à quel point vous étiez proches, je le sais Ron parce qu'on parlait de toi avec Fred. Souvent. Dès qu'il allait te voir, nous avions parlé juste avant. Je n'étais pas comme lui tu sais, j'ai jamais été réellement capable de réconforter les gens, de les apaiser ou de faire des promesses. Lui il savait le faire. Il avait cette chose qui le faisait briller, et il aurait fait n'importe quoi pour vous voir heureux. Moi aussi tu sais, mais pas avec des mots. Ses promesses ont toujours été réelles Ron, tu ne dois pas lui en vouloir pour qu'il t'ait juré que tout irait bien.
- Je ne veux pas parler de ça.
- Ron… C'est à moi que tu dois en vouloir. Les seules promesses que je faisais c'était à lui, et ce jour là je lui avais juré de tout faire pour le protéger. Je n'ai pas réussi. C'est à moi que tu dois en vouloir Ron, pas à Fred. Il aurait fait n'importe quoi pour rester à nos côtés. Je ne peux pas te laisser oublier son sourire, je ne peux pas te laisser le détester ou même t'en vouloir à toi.
Ses mains se mirent à trembler et il sentit son cœur auparavant si insensible s'ouvrir brutalement. C'était comme si toute la douleur qu'il essayait de faire disparaître revenait le frapper de plein fouet. Ses yeux se remplirent de larmes et il étouffa un sanglot.
- Il me manque. C'est horrible.
- Je sais Ron à moi aussi.
- Je n'ai pas le droit de te dire tout ça, parce que c'est ton jumeau et pour toi ça doit être juste insupportable. Alors je ne dois pas penser ça.
- Ron, tu as le droit d'avoir mal. Il me manque tu sais, c'est insupportable comme tu le dis mais je sais qu'à un moment donné la douleur s'apaisera et qu'un jour quand je penserais à lui, ça fera juste un peu mal et je sourirais de tous nos souvenirs. Et je sais, je sais à quel point il m'aimait, il nous aimait. Et je veux le rendre fier de nous.
- Tu ne me laisseras pas toi ?
George sourit avant d'attraper la main de son frère et de le tirer dans ses bras. Il frictionna doucement ses cheveux avant d'embrasser son front.
- Ron tu as le droit d'être heureux.
- Je sais.
- Ne fait pas ta vie en fonction de ce que les autres pensent.
- Cesse de me parler de Severus. C'est terminé, et c'est mieux comme ça.
- Tu n'en penses pas un mot !
Ron respira fortement avant de retomber dans l'herbe fraîche. Est-ce qu'on pouvait le laisser passer à autres choses ? Ils avaient tous voulu que ça s'arrête, il l'avait fait. Alors pourquoi tout le monde venait remettre le sujet sur le tapis. C'était déjà assez douloureux comme ça. Merde Severus lui manquait trop.
- Hey !
Harry venait d'arriver s'allongeant à ses côtés, sa tête contre son épaule. Il lui sourit et commença à triturer doucement entre ses mains quelques mèches brunes. George les laissa et ils se retrouvèrent seuls au milieu du terrain.
- Ron…
- Hm ?
- Je voulais m'excuser.
- Pour ?
Il releva ses yeux bleus vers son meilleur ami qui le regardait à présent sérieusement.
- Je ne l'ai jamais fait et pourtant c'est moi qui a eut tous les tords dans l'histoire. Je t'ai blessé et ce que j'ai dis devant tout le monde… Putain je suis vraiment désolé.
- Harry…
- J'ai tellement honte. Peut-être que si j'avais essayé de comprendre, de t'écouter. Mais je me suis emporté, j'ai dis toutes ces choses horribles simplement parce que le fait que tu m'aies caché des choses m'a blessé. J'ai eu l'impression que tu n'avais pas confiance en moi et pleins d'autres choses, que nous n'étions pas aussi proche que je le pensais et- vraiment Ron pardon.
- Ce n'est pas important. C'est terminé.
- Bien sur que non !
- Harry…
- Raconte-moi. Ce qui s'est passé, ce que tu as ressentis et ce que tu ressens toujours, ça a été et c'est important pour toi. Et toi tu es important pour moi. Alors raconte-moi.
- Je ne veux plus en parler.
- Ron…
Le roux soupira, passant une main dans ses cheveux. Harry attrapa une de ses mains entre les siennes pour l'inciter. Ils se regardèrent quelques secondes et Ron alla embrasser le front de son ami.
- C'était suite à une retenue en sixième année, il m'a embrassé. Je l'ai engueulé, je lui ai demandé de ne plus m'approcher. Il s'est excusé. Je l'entends encore me dire - que quelqu'un d'autre ou moi aurait été la même chose. Puis on s'est retrouvé une fois dans la tour d'astronomie à discuter, puis la semaine d'après et encore la semaine d'après. Jusqu'à la vieille de notre départ. On s'est engueulé. Il disait que nous devions rester ici, je lui ai répondu qu'on ne resterait pas ici à attendre de se faire tuer. Ce soir là il m'a de nouveau embrassé.
Harry écarquilla les yeux. Ce n'était pas le discours de son meilleur ami qui le choquait simplement son regard. Il semblait briller tout en exprimant une tristesse sans nom.
- Le lendemain nous étions partis de Poudlard, j'avais quitté Lavande. Et puis on a finit par aller à la chasse aux Horcruxes. Mais une nuit j'ai- comment t'expliquer, Severus est entré dans ma tête. Il était là et ça m'a fait tellement de bien putain. Sa voix, j'avais besoin de ça. Et chaque nuit, de plus en plus il était là dans ma tête, on se parlait. Pas longtemps mais ça n'avait pas d'importance. Jusqu'à ce que ça me rende dingue. Je ne voulais plus l'entendre je voulais le voir. Mais lui il- Alors je lui ai demandé de me laisser tranquille et il l'a fait.
Ron massa ses tempes de ses mains. Il avait mal de se rappeler. Il avait mal parce que Severus lui manquait. Putain.
- On est revenu à Poudlard et il n'était plus là. Mais je le voulais à l'école moi, alors j'ai finis par m'énerver auprès de Mc Go. Alors il est revenu. J'ai retrouvé ses yeux, sa voix. Il m'a embrassé de nouveau. J'ai une nouvelle fois fuis. Puis j'ai finis par arrêter de fuir, on s'est retrouvé on a discuté, et voilà. Lorsqu'il est venu ici amener Draco, on était déjà ensemble. Au retour des vacances on s'est engueulé, c'est là que j'ai fréquenté Peter. Mais c'était Severus que je voulais. Je suis allé m'excuser et ce soir là on a- on l'a fait, et ça a été- merde ça a été merveilleux. La suite tu la connais, tu nous as surpris et- et voilà. Il n'y a plus rien à dire.
- Tu es amoureux de lui.
- Harry, peut-on parler d'autre chose ?
- Ron ce n'était pas une question. Tes yeux brillent quand tu parles de lui. J'aurais dû le voir ce jour là… Severus te rend heureux, et tu as le droit de l'être. C'est quelqu'un de bien, et j'ai eut tord de m'emporter. Vous devriez peut-être parler.
- Harry, tais-toi s'il te plait.
- Je suis que Severus-
Le brun s'arrêta brutalement de parler. Ses yeux se portèrent sur l'horizon, et un immense sourire éclaira son visage, alors qu'un jeune blond s'élançait vers lui avant de se jeter dans ses bras. Draco venait d'arriver et les deux amants s'embrassaient au milieu du terrain. A cette vision Ron sourit, avant de se figer. Au loin se tenait son ancien professeur. Ses cheveux retenus par un chignon, alors qu'il portait un simple jean et une chemise. Magnifique.
Il ferma un instant les yeux, avant de se lever. Il allait retourner dans sa chambre et s'y enfermer.
- Salut Ron.
- Draco ça va ?
- Oui. Tes parents m'ont permis de venir et ont invité Severus à manger par la même occasion.
- Pardon ?
Severus venait de s'approcher saluant Harry avant de se retourner vers le roux.
- Bonjour Ron.
L'interpellé hocha la tête. Il était en train de rêver ça ne pouvait être que ça. Mais à quoi jouait sa mère bordel ?
- Harry tu diras à maman que je n'ai pas très faim.
- Mais-
Alors que Molly appelait pour les faire venir à table, Ron transplana pour se réfugier dans sa chambre. La seconde d'après il avait fait le nécessaire pour que rien ne puisse venir le déranger. Etre séparé de Severus était assez dure comme ça, alors se retrouver à la même table que lui pour faire comme si rien ne s'était passé, était juste impossible.
Lorsqu'il daigna ouvrir sa porte, la nuit était tombée. Il eut à peine le temps de profiter du silence qui régnait à présent dans le Terrier, qu'il sursauta. Son ancien professeur était là, accoudé au mur le regardant fixement. Torse nu, il se gratta le ventre avant de passer une main dans ses cheveux roux. Il soupira. Pas que la présence de Severus l'ennuyait, bien au contraire, c'était comme s'il n'avait attendu que ça de toute la journée.
- Qu'est ce que tu fais là ?
- Je t'attendais.
- Pour ?
Ron avait répondu froidement. Il se le devait, parce qu'à ce moment la seule chose qu'il désirait faire était de se jeter dans les bras de son professeur et de retrouver son odeur, et ça il ne le devait surtout pas.
- J'aimerais qu'on parle. Est-ce que je peux rentrer ?
Après quelques secondes de réflexions, l'ancien Gryffondor se décala pour laisser libre accès à sa chambre. Severus sourit et entra dans la pièce, suivit de Ron qui referma la porte derrière eux.
- Si mes parents te-
- Ils savent que je suis toujours ici. Ils savent que je désirais te parler.
- Eh bien… Je m'étonne de te voir toujours en vie alors.
Il y eut un bref rire, Ron rougissant sous le regard brûlant de son professeur.
- Tu voulais parler de… ?
Severus inspira fortement avant de se poser contre le bureau, ses mains triturant nerveusement une manche de sa chemise.
- Je ne veux pas que tu sois gêné. Je veux dire- Quand je suis arrivé, tu es parti. Quand tu as su que je restais manger ici, tu n'es pas venu.
- Ce n'est pas…
- Ce qu'il s'est passé entre nous c'est du passé. Je comprends ta décision, je comprends que tu sois passé à autre chose. Je ne suis ici que parce que je suis le parrain de Draco, l'ami de ton frère et de tes parents. Je ne souhaite pas te harceler, ou que tu penses que je te harcèle.
- Severus…
- Mais si tu préfères, je ne viendrais plus. Ou bien quand tu ne seras pas là.
Ron passa une main dans ses cheveux, avant de s'asseoir sur le lit. Il baissa les yeux et souffla.
- Ce que je ne supporte pas c'est d'être près de toi sans réellement l'être.
- Ron... Je t'ai dis que je respectais ta décision. C'est ta famille, tes meilleurs amis. Mais je veux simplement qu'il n'y est plus de gêne entre nous.
- Non, putain, tu ne comprends pas !
Un silence s'installa. Severus semblait perdu, il fronça les sourcils, son regard interrogatif et demandeur de réponse. Ron se leva, venant se placer tout près de son professeur. Il tremblait et ses yeux fatigués étaient sombres. Il posa une main brûlante sur le torse du brun le poussant fortement contre le mur.
- Ron ?
- Tu ne comprends pas ? Tu me manques, tout le temps, à chaque seconde, chaque minute qui passe. Je veux être avec toi, contre toi. Ton odeur, ta peau, ton rire, ton sourire, tes yeux, tous ça me manquent.
- Mais-
- C'est pour ça que je ne dois pas te voir, parce que je te veux et qu'être en ta présence me rend dingue.
Severus grogna. Sa respiration s'était faite moins irrégulière, il posa sa main par-dessus celle de Ron alors qu'il déposait son front contre le sien.
- Comment peuvent-ils croire que c'est aussi facile ? Que tout ça ne me fait pas mal ! Je veux dire, ce n'est pas comme si nous avions couché que quelques fois ensemble. Ce n'est pas du sexe, ce n'est pas- ça dure depuis ma sixième année. Comment arrivent-ils à penser que ne pas être avec toi, ne me fait rien ?
- Je sais Ron…
Le brun glissa une main sur le visage plein de petites taches de rousseur.
- Tu me manques aussi.
Ron soupira fermant les yeux. Ses mains entourèrent la taille de Severus, s'infiltrant sous la chemise blanche alors qu'il déposait sa tête dans son cou.
- Ron je devrais y aller. Tes parents me laissent te voir, te parler. Je ne sais pas ce qu'il pense réellement. Je ne sais pas si leur avis a changé, alors je n'aimerais pas tout gâcher. Même si j'aimerais vraiment rest-
- Je t'aime.
Il y eut un silence. Severus avait ouvert de grands yeux, il ne respirait plus et les derniers mots qu'il désirait dire restaient bloqués. Il ouvrit la bouche puis la referma. Ron le regardait fixement, il était si sérieux. Des jours qu'il ne cessait d'y penser, qu'il étouffait de ce sentiment. Alors à ce moment, la présence de son professeur l'avait juste fait craquer. Il rougit face au regard sombre de son ainé qui s'était à présent rapproché brutalement de lui. Le roux bégaya mais fût bien incapable d'aligner deux mots, la bouche de Severus venait de ravager passionnément la sienne.
Ron se laissa faire prenant par d'avantage au baiser. Ils n'eurent besoin que de quelques secondes avant de se diriger vers le lit, les vêtements volant déjà dans la pièce. Peu importait si demain sa mère lui hurlait après, parce qu'à présent Severus lui léchait, mordillait le cou, embrassant chaque recoin de sa peau. Peu importait si tout s'écroulait de nouveau, il avait tellement envie, besoin de Severus. Tellement.
Il n'y avait que le bruit des oiseaux qui était audible en ce début de journée. Ron était assis sur une fenêtre à l'étage, ses jambes se balançant dans le vide. Le Terrier était calme, et pour une fois c'était agréable. Molly et Arthur s'activaient avec Ginny et Charlie au loin sur le terrain pour construire le chapiteau. Le mariage de Bill et Fleur approchait. Ces derniers étaient partis sur le chemin de Traverse choisir leur alliance.
- Ron !
Le roux releva la tête se tournant vers la cage d'escalier derrière lui. Fred se trouvait en haut de la dernière marche, un immense sourire sur ses lèvres. Le plus jeune se releva quittant la vive lumière du soleil pour rejoindre son frère.
- Hm ?
- Tu ne viendrais pas nous aider par hasard ?
- J'ai toujours dis que je vous étais indispensable.
Ron rit, alors que son frère lui tirait la langue. Il frappa son épaule amusé. George apparut derrière, ses mains chargées de vêtements, leur faisant signe de le suivre.
- Il est temps d'essayer nos costumes, s'exclama-t-il.
- Non mais sérieusement Geo' je t'ai dis que j'en mettrais pas !
- Ron… Moi je m'en fou, mais je ne pense pas que Maman soit d'accord.
- J'ai été traumatisé au bal de noël alors non. Il est hors de question que j'en porte un à nouveau !
Un grincement de porte se fit entendre en bas, suivit de pas dans l'escalier.
- Ronald Bilius Weasley, si tu ne portes pas de costume à ce mariage je ne donne pas cher de ta descendance.
Ron grimaça se raidissant sur le palier, alors que les jumeaux éclataient de rire. Il soupira souriant à sa mère qui attendait une réponse à l'étage du dessous, avant de suivre ses frères dans la chambre de Bill. Mais il eut à peine le temps de faire un pas dans la pièce que deux mains attrapèrent sa taille et qu'il se retrouva contre le torse de son frère. Fred. Il inspira fortement l'odeur qui l'entourait avant de resserrer ses bras autour du dos de son aîné.
- Je serais toujours là Ron, juste là…
Fred déposa sa main sur la poitrine de son frère juste par-dessus son cœur, appuyant un peu plus, alors qu'il embrassait son front. Ron ferma les yeux et soupira doucement.
- Ne l'oublie jamais, Je t'aime petit frère et je serais toujours là quoi qu'il se passe. D'accord ?
Ron acquiesça souriant face aux yeux brillants de son frère. Il embrassa sa joue et l'entraîna avec lui dans la pièce où Percy et George se bâtaient déjà pour avoir le meilleur pantalon.
- Ne cherchez pas les gars, on aura tous l'air de pingouin.
- Bill va nous le payer, grogna George.
Complice les deux jumeaux se regardèrent souriant, l'idée d'une vengeance pointant déjà à leur esprit. Ron s'assit sur le lit, posa sa tête sur ses genoux alors qu'il regardait ses frères commencer à se vêtir. Leur joie sur leur visage respectif lui donna des frissons. Il adorait cette ambiance, il adorait ce sentiment de famille. Il était vrai que la guerre allait arriver mais à ce jour c'était le mariage de son frère et de Fleur le plus important, à côté demain n'existait pas, et le sourire radieux de Fred le lui confirma.
C'est avec le regard de son frère qu'il se réveilla le matin. Il grogna, se retournant sur le matelas pour essayer de se rendormir, mais la rencontre d'un corps chaud l'en empêcha. Il fronça les sourcils, luttant contre la luminosité pour ouvrir les yeux. Oh. Il les referma puis les ouvrit de nouveau, souriant finalement au regard sombre de son ancien professeur qui le fixait.
- Bien dormi ?
Ron hocha la tête avant de nicher sa tête contre le torse nu de Severus. Il lécha sa peau, mordillant son cou. L'odeur de sexe qui était encore présente le fit sourire. Les mains de son aîné glissèrent dans son dos jusqu'à ses fesses pour rapprocher d'avantage leur corps. Le roux gémit et bascula sur le corps de son aîné. Nu l'un contre l'autre, il mordit sa lèvre inférieure et se pencha pour que leurs lèvres se joignent.
- Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée, tu sais ?
Ron rougit, posant sa tête sur l'épaule en face de lui, cherchant presque à se cacher.
- Ça veut dire que- que toi aussi tu- enfin je veux dire…
- Oui, bien sur que oui je t'aime Ron.
Le sourire qu'il afficha sembla illuminer la pièce. Severus rit, passa ses mains sur le visage au dessus de lui avant de l'attirer pour l'embrasser à nouveau. Ron gémit mais réussi à se dégager. Il était déjà tard et ce n'était pas vraiment le moment de remettre ça, même si son corps brulait de laisser son ainé se fondre en lui.
- Severus, je pense qu'il faut qu'on descende.
- Je sais.
Ils se levèrent, attrapant leurs vêtement et au soupire de Severus Ron se retourna.
- Qu'est ce que ?
- Je pensais juste à ce qui va se passer dans les minutes à venir, à ce qu'il va advenir de nous à nouveau.
Le roux s'approcha glissant sa main sur celle du brun et s'enfouit contre son torse.
- S'ils n'acceptent pas, s'ils- je ne pourrais pas rester ici. Je ne pourrais pas de nouveau m'éloigner de toi.
- Ron.
- Je trouverais quelque part où aller, je me débrouillerais.
- Tu n'as même pas besoin de chercher, répliqua l'aîné.
Ron fronça les sourcils, sans comprendre.
- Il y a de la place chez moi. Alors si tu veux, au cas où tes parents- en attendant que tu commences la fac.
Severus passa une main dans ses cheveux, gêné de sa proposition, puis sourit lorsqu'il sentit les lèvres de Ron dans son cou avant qu'il ne murmure un merci. La seconde d'après leurs yeux se croisèrent et Ron inspira fortement et passa la porte de sa chambre suivit de Severus.
Des pas dans l'escalier et ils disparurent derrière la porte de la cuisine, là où toute la famille était réunis.
Le moment était venu. Peu importait aujourd'hui, car même demain ils seraient ensemble.
