— Sor... Sortir ensemble... Oh la la... souffla-t-elle d'une voix troublée, prise dans le tourbillon de ses émotions, réalisant brusquement tout ce que ce que cela impliquait.
— Tu ne veux pas ? s'inquiéta-t-il, se méprenant sur la réaction de la jeune fille.
— Non ! Euh non... Ah ! Mais ! C'est pas ça, c'est pas ça que je voulais dire ! rétorqua-t-elle précipitamment, d'une voix affolée, en levant ses deux mains.
— Alors tu... tu serais d'accord... pour sortir avec moi ? vérifia-t-il, sa voix remplie d'une joie incrédule.
— Évidemment... répondit-elle d'une toute petite voix, si doucement qu'il se demandait s'il l'aurait vraiment entendue, s'il n'avait pas été Chat Noir.
Tout doucement, il se tourna vers elle et, très délicatement, attentif à ses réactions, la prit dans ses bras et la serra contre lui. Ils profitèrent ainsi d'un long moment plein de tendresse, se blotissant l'un contre l'autre, découvrant et savourant le contact l'un de l'autre d'une manière toute nouvelle pour eux, le cœur battant à tout rompre. Puis il se recula légèrement, et posa son front contre celui de la jeune fille.
Ils se devinaient plus qu'ils ne se voyaient, dans la pénombre, et se mirent à regretter de ne pas avoir plus de lumière. Mais très vite, leurs nez se frôlèrent, tandis que leurs souffles s'égaraient sur leurs lèvres respectives, une sensation toute nouvelle et profondément troublante. C'était un instant hors du temps, où désir et timidité se combattaient, entre leurs sentiments très forts et leur inexpérience.
Finalement, attirés l'un par l'autre comme par un aimant, ils finirent par franchir ensemble l'espace qui séparait leurs bouches. Ils commencèrent par s'embrasser un peu maladroitement, explorant les sensations que cela leur procurait, troublés l'un par l'autre et submergés par l'émotion. Sans qu'ils ne le décident consciemment, leurs mains se déplacèrent, osant découvrir par des caresses leurs épaules, leurs dos, leurs cheveux.
Plus ce baiser durait et plus il devenait passionné, accélérant leur rythme cardiaque et leur souffle. Le cœur battant la chamade, les deux jeunes gens finirent par s'éloigner légèrement l'un de l'autre afin de reprendre leur souffle et posèrent à nouveau leurs fronts l'un contre l'autre.
— Oh Adrien, mon Chaton... souffla Marinette avec tendresse tout en lui caressant la joue.
— Marinette, ma Lady, ma Princesse, Buguinette... lui répondit-il avec la même tendresse, tout en tenant le visage de la jeune fille en coupe entre ses mains.
À nouveau, ils s'embrassèrent passionnément, de plus en plus fougueusement.
Un long moment plus tard, tandis qu'ils étaient blottis l'un contre l'autre et qu'il passait ses mains dans les cheveux de la jeune fille, il reprit la parole.
— En fait, j'étais mon propre rival, finalement... glissa-t-il sur un ton pensif.
— Chaton... souffla-t-elle tendrement mais sur un ton coupable. Remarque, reprit-elle d'une voix plus ferme, si j'avais écouté Alya et que je t'avais avoué mes sentiments au collège, tu m'aurais sûrement repoussée en me disant que tu avais des sentiments pour une autre...
— On fait une belle paire d'idiots ! conclut-il en riant. Tu vois, j'avais raison Buguinette, on aurait dû se dévoiler nos identités dès le début, assura-t-il sur un ton provocateur.
— Oui, tu as raison... soupira-t-elle.
— C'est vrai ? Tu trouves que j'ai raison ? s'étonna-t-il, stupéfait qu'elle l'admette aussi facilement.
— Tu ne vas tout de même pas m'obliger à répéter, mon minou ? rétorqua-t-elle sur un ton joueur en posant son doigt contre le nez du jeune homme.
— Je suis é-miaou-rveillé, ma Lady ! Je n'aurais jamais cru t'entendre dire ce genre de choses un jour ! s'écria-t-il d'une voix triomphante.
— Oh toi et tes jeux de mots ! remarqua-t-elle en riant tendrement.
— Tu ne lèves pas les yeux au ciel ? Tu aimes bien mes jeux de mots, finalement ? demanda-t-il d'une voix incrédule.
— Eh bien j'avoue qu'ils sont parfois cat-tastrophiques, mais c'est aussi ce qui fait ton chat-rme ! affirma-t-elle en riant toujours.
— Je savais que tu étais parfaite ! assura-t-il avec ferveur tout en la serrant contre lui.
— Pas plus que toi, mon Chadrien... souffla-t-elle avec conviction.
Profondément émus, submergés par la force de leurs sentiments et de leurs émotions, ils restèrent longuement blottis l'un contre l'autre, avant de recommencer à s'embrasser, d'abord très tendrement, ensuite plus fougueusement.
— Au fait, reprit-elle plus tard en s'éloignant légèrement de lui, je viens de penser que j'aurais sûrement eu encore plus de mal à être Ladybug si j'avais su tout de suite que Chat Noir était Adrien...
— Pourquoi ? s'étonna-t-il, confus.
— Est-ce que tu te rends compte à quel point j'ai été troublée par toi, Adrien, depuis le moment où tu m'as donné ton parapluie ? souffla-t-elle d'une petite voix timide.
Il ne put s'empêcher de grimacer, mal à l'aise d'avoir eu un tel effet sur elle, mais aussi de ne pas s'en être rendu compte.
— Tu vois, si j'avais su que c'était toi derrière ce masque, je n'aurais sûrement pas été aussi à l'aise avec Chat Noir. Et... finalement, ne pas savoir qui tu étais m'a permis de faire vraiment ta connaissance. Enfin, de cet aspect de ta personnalité.
— Mouais... soupira-t-il. Je vois ce que tu veux dire, ma Lady. Mais... Ça aurait peut-être quand même pu se passer autrement, non ? Par exemple, sans nous dévoiler nos identités dès le départ, mais un peu plus tard, quand nous avons commencé à être complices, peut-être ?
— Eh bien... Oui, tu as sans doute raison... C'est vrai que c'est idiot, tout ça, au fond... reconnut-elle. Enfin bon, quoi qu'il en soit, je suis tellement heureuse que ce soit toi, tu sais !
— C'est vrai ? s'exclama-t-il d'une voix joyeuse. Moi aussi, Marinette, je suis vraiment heureux que ce soit toi !
Une fois de plus, ils ne purent s'empêcher de s'embrasser.
— Alors on est d'accord, hein ? reprit-il un peu plus tard. Entre Ladybug et Chat Noir, ça reste strictement platonique, au moins pour l'instant, mais Marinette et Adrien sortent ensemble, hein ?
— Ça te va ? vérifia-t-elle d'une voix brusquement hésitante.
— J'en rêve, Princesse ! souffla-t-il avec conviction. Tu veux bien ?
— Tu sais depuis combien de temps j'en rêve, moi ? répondit-elle dans un rire étranglé.
— Bon, puisque vous avez enfin fini de vous tourner autour, et que vous êtes tous les deux d'accord, vous pourriez penser à nous nourrir, hein ! s'écria une voix grinçante.
— Plagg ! s'exclama une voix flûtée, pleine de reproches. On avait convenu de les laisser tranquilles !
— À ce rythme, Tikki, on est encore là demain, marmonna le kwami. Et moi, j'ai faim !
