— Hein ? Je ne peux pas faire ressortir mon côté Chat Noir quand je suis Adrien ! Que dirait mon père ? rétorqua-t-il, passablement affolé.
— Oh ? Il est au collège avec nous ? ironisa-t-elle tout en levant un sourcil pour le regarder d'un air malicieux.
— Non et tu le sais bien, contra-t-il en lui faisant une grimace puérile. Mais je ne peux pas...
— Chaton, ce qui se passe au collège reste au collège, argumenta-t-elle pour le rassurer. Tiens, tes jeux de mots parfois douteux... tu n'as jamais été tenté d'en faire là-bas ?
— Si, mais...
— Ne me dis pas que tu ne sais en faire que sur le thème des chats, le coupa-t-elle avec emphase, je ne te croirai pas : je t'ai entendu en faire sur tout et n'importe quoi !
Il la contempla un instant bouche bée, avant de lui attraper les mains avec enthousiasme.
— Ladybug me plaisait, Marinette me plaisait, mais alors le mélange des deux, qui ne me repousse plus, et qui n'est plus intimidée par moi, est infiniment plus séduisant, Princesse, et absolument merveilleux ! assura-t-il avec ferveur avant de l'embrasser à nouveau, la jeune fille répondant ardemment à son baiser tout en lui murmurant des mots d'amour en retour.
— Au fait, j'imagine qu'il vaudra mieux que je ne t'appelle pas ma Lady ou Buguinette devant les copains... remarqua-t-il un peu plus tard sur un ton pensif.
— Ah oui, ce ne serait pas prudent... reconnut-elle avec un soupir désolé. Euh... dis, Adrien... tu crois que je peux t'appeler Chaton devant eux ?
— Eh bien... Je ne sais pas... Dis-moi, tu as déjà utilisé ce surnom en public ?
— Mmmh... Je ne crois pas... Ladybug a plutôt eu tendance à garder une distance... hum... professionnelle avec Chat Noir en public, pour éviter que les gens ne tirent des conclusions hâtives... Et... et je n'ai évidemment parlé à personne des quelques visites de Chat Noir chez moi...
— Donc si Marinette appelle Adrien comme ça, il faudra que Ladybug évite d'utiliser ce surnom pour Chat Noir en public, c'est bien ça ? vérifia-t-il en fronçant les sourcils à cette idée.
— Pfiou ! râla-t-elle. C'est pénible, tout ça ! Mais oui, tu as raison, c'est exactement ça, Chaton. Encore que... C'est quand même nettement moins connoté que « ma Lady » ! remarqua-t-elle avec un sourire malicieux.
— Tout à fait ! Et j'aime quand tu m'appelles Chaton, ma Lady chérie, assura-t-il en souriant et en lui caressant la joue.
Elle le regarda en souriant tendrement.
— Bon, sinon, il faut faire quelque chose pour ces photos ! reprit-il sur un ton ferme en désignant ses portraits.
— Oh ! gémit Marinette en se cachant à nouveau la tête entre les mains. Pourquoi je n'ai pas pensé à les cacher ?
— Ah non alors, ne dis pas ça, Princesse ! contra-t-il en lui attrapant délicatement les mains pour dégager son visage. Je t'ai dit que ça me faisait vraiment plaisir. Non, le truc qui ne va pas, c'est que tu n'es pas dessus.
— Hein ?
— Tu ne veux pas avoir une photo de nous deux ensemble ? explicita-t-il.
— Ah ! Euh... Oh ! Si, si, bien sûr !
— Pour mettre dans ce cadre, par exemple ?
— Oh ! Oui ! Bonne idée ! confirma-t-elle d'une voix troublée tout en rougissant.
— Super ! s'exclama-t-il avec un large sourire tout en sortant son téléphone portable de sa poche.
Adrien prit Marinette entre ses bras et s'employa à faire quelques photos d'eux deux, avant de les regarder avec elle sur l'écran. Puis il les lui envoya. La jeune fille les récupéra sur son téléphone et sur son ordinateur, à partir duquel elle en choisit une avec lui pour l'imprimer et la glisser dans le fameux cadre.
— Au fait, tant qu'on y est, on pourrait en faire aussi de Ladybug et Chat Noir ! suggéra-t-il avec un air gourmand.
— Et se balader avec ça sur nos téléphones ? Tu es fou ? s'insurgea-t-elle.
— Hein ?
— Si Alya tombe là-dessus, tu imagines les retombées possibles ?
— Oh ! Oh ! s'exclama-t-il en posant la main sur sa bouche, sidéré. Tu... tu crois que... ?
— Que soit elle comprendra, soit elle nous torturera pour essayer de savoir comment on a eu ces photos... Et crois-moi, tu n'as pas envie de te confronter à une Alya obsédée par Ladybug, précisa-t-elle avec un air sombre.
— Je te crois sur parole, Marinette. Tu as raison, on ne va pas prendre le risque... conclut-il en soupirant, tout en entortillant une des mèches de la jeune fille entre ses doigts. Mais bon, crois-moi, tu n'y couperas pas, je vais afficher l'une des photos de nous deux dans ma chambre ! affirma-t-il fermement avec un large sourire.
Elle écarquilla les yeux sous l'effet de la surprise.
— Il faudra que tu viennes voir, bien sûr. Enfin... je ne pourrai probablement pas te faire venir dans ma chambre aussi souvent que je le voudrais, précisa-t-il en se frottant la nuque, mais au pire, tu pourras toujours faire comme moi ce soir et passer par la fenêtre.
— À ce sujet, Chaton, il ne faudrait pas que l'on s'aperçoive de ton absence, chez toi, remarqua-t-elle avec une inquiétude soudaine.
— À l'heure qu'il est ? Pfff... soupira-t-il sur un ton désabusé. J'ai glissé un oreiller dans mon lit pour faire croire que je dors. Personne n'ira vérifier, ne t'inquiète pas pour ça.
Elle lui caressa la joue avec une tendre sollicitude, avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
— Ce n'est pas que je te chasse... souffla-t-elle en posant son front contre le sien et en passant ses bras autour de sa taille. Honnêtement, Adrien, je n'ai vraiment aucune envie que tu repartes... Mais ce serait peut-être plus raisonnable, non ?
— Ouais, maugréa-t-il tout en glissant ses mains contre les joues de sa petite amie. Pas envie, pas envie du tout de te quitter... mais bon, je ne crois pas que tes parents apprécieraient de me retrouver ici cette nuit, et je me vois mal leur faire croire que j'ai escaladé leur immeuble jusqu'à ta chambre à mains nues...
— En effet, confirma-t-elle avec un sourire amusé à cette idée. Et clairement, mieux vaut qu'ils ignorent nos identités secrètes... Ça ne m'arrangerait pas du tout qu'ils barricadent mes fenêtres !
Adrien grimaça vivement.
— J'espère bien que ça n'arrivera pas ! Bon, je file, Buguinette, soupira-t-il, et je te tiens au courant si j'arrive à négocier un moment de liberté à passer avec toi demain. Sinon... Il y a des chances pour que tu reçoives la visite d'un certain chat de gouttière, termina-t-il avec un clin d'œil et un sourire malicieux.
Ils s'embrassèrent une fois de plus, longuement et presque désespérément, puis il demanda à Plagg de le transformer. La pluie ayant cessé, Marinette l'accompagna jusqu'à sa terrasse. Elle refusa néanmoins de l'embrasser à nouveau, par prudence, ne lui permettant qu'un baise-main. Elle le regarda partir en sautant de toit en toit, le cœur serré. Elle avait tellement hâte de le revoir ! Elle peinait encore un peu à réaliser que non, elle ne rêvait absolument pas, et qu'Adrien Chat Noir Agreste était bel et bien son petit ami.
