Réédition: on m'a fait remarquer une erreur qui pouvait entraîner une incompréhension, ou au moins une difficulté à comprendre et je l'ai corrigée ici. Pour ceux qui ont déjà lu, pas besoin de relire, il n'y a eu qu'un petit changement mineur.
Chapitre 2
Le soleil était brûlant aujourd'hui. Et les hommes cachés dans les bosquets des collines l'avaient vite remarqué à leurs dépens. Link sentait la sueur qui coulait dans son coup et sentait le soleil qui laisserai sans doute des traces rouges bien visibles. Il trouvait tout à coup que la tenue noire qu'il avait enfilée n'était pas une si bonne idée. Mais bon, la discrétion avant tout se dit-il. Le jeune chef jeta un coup d'œil envieux à son voisin, qui lui était habillé d'un léger t-shirt beige et non d'une combinaison complète.
-"Eh ben mon vieux, tu regrettes de pas m'avoir laissé y aller, maintenant?"La voix venait de derrière lui et Link se retourna pour se retrouver face à l'air moqueur de Sheik. Il soupira tout en donnant à son compagnon un regard exaspéré.
-"Sheik, je t'ai déjà donné mes raisons... et je ne reviendrai pas sur ma décision."
-"Oui oui ça va je sais... Je disais pas ça sérieusement..."
Cependant Link savait bien que son meilleur ami venait juste de faire une nouvelle tentative pour le faire changer ses plans. Mais le jeune homme ne ferai cela pour rien au monde.
C'était son idée, son plan, et c'était à lui et à personne d'autre d'en assumer le rôle le plus dangereux. Quand le train s'arrêterait à l'endroit prévu pour le changement de conducteur (après tout le précédent avait bien besoin de repos, car apparement il devait avoir conduit toute la nuit précédente), c'est LUI qui monterait dans le wagon et personne d'autre. Il ne jouait pas au héros, bien au contraire. Il ne voulait simplement pas que ce plan si risqué mette en péril la vie d'autrui. Tout en étant perdu dans ses pensées, il toucha inconsciemment la poche ou était dissimulé son revolver avec silencieux. Mais Sheik, lui, s'en rendit compte.
-"Tu es sûr que ça va aller? Je te trouve tendu... Tu sais on peut toujours...
-Laisser tomber et rentrer? Non, on a planifié ça pendant des semaines, et ce sera notre meilleure chance d'en finir avec lui. Alors hors de question! Tout va très bien se passer."
Link disait cela autant pour montrer sa détermination et motiver les autres que pour se rassurer lui-même. Car la vérité était là, et il en pouvait pas la nier : il avait peur.
Il secoua la tête et se tapa sur les joues pour retrouver ses esprits et sa concentration. Le jeune homme se saisit des jumelles dans son sac à dos et centra sa vision sur son objectif. Dans cette position, il voyait clairement la petite baraque près de la voie ferrée où se trouvait actuellement le chauffeur qui prendrait le relais à l'arrêt du train. Link observa le chemin de fer aussi loin qu'il le pouvait mais ne voyait toujours pas le moindre signe du train. Il consulta sa montre et vit qu'il restait encore normalement une quinzaine de minutes avant son arrivée. Son contact avait été clair : le changement s'effectuerait à une heure précise, en trois minutes exactement. Pour cette raison, il ne fallait absolument pas rater l'heure et être prêt bien en avance.
Il reposa les jumelles et prit une grande inspiration, tout en regardant un à un les membres de son équipe du jour. Le jeune rebelle sentit un regain de confiance l'envahir. Quinze personnes étaient présentes. En qui il avait totalement confiance. Chacun portait sur son épaule droit le symbole de la résistance : la triforce avec en arrière plan un oiseau qui doit représenter un phénix. Car eux ils savaient bien que, même si leur démocratie avait été détruite il y a maintenant dix ans de cela, Hyrule pouvait renaître de ses cendres. Il fallait juste de la volonté pour faire bouger les choses et atteindre un idéal.
C'est ce en quoi ils croyaient : la liberté pour tous, et pas seulement pour ceux qui étaient riches. L'égalité aussi, en permettant à tous d'avoir accès à la technologie et pas seulement aux résidents des grandes villes. Ces Grandes villes où il fallait avoir suffisamment d'argent pour habiter. Pour y entrer même. Et enfin, avoir un pays où l'on pouvait avoir des opinions personnelles et pas seulement celles du souverain.
Link comptait sur chacun des membres de la résistance, et même sur chaque citoyen qui les soutenait, pour faire tout ce qu'ils pouvaient dans le but de rétablir ces valeurs. Et ce rétablissement dépendait en grande partie de la réussite du plan du jour. S'ils échouaient, il n'osait pas imaginer comment ils pourraient continuer la lutte. Il fallait donc que le plan soit efficace et pour cela les quinze personnes présentes avaient un rôle bien déterminé.
Pour commencer, quatre avaient pour mission de faire le guet, aux quatre points cardinaux, pour éviter une intervention extérieure pouvant mettre des "civils" en danger.
Deux autres devaient faire sauter aussi discrètement que possible la voie un peu plus loin pour empêcher le train de repartir, tandis que deux s'occupaient d'immobiliser le conducteur remplaçant. Ils devaient également prendre sa place et celle de son assistant pour montrer dans le train et ainsi empêcher quiconque de pénétrer dans le wagon principal.
Sheik et trois hommes devaient immobiliser les gardes se trouvant dans le wagon avec la marchandise puis piller ladite marchandise. Aucun garde ne devait normalement se trouver dans le wagon du Conseiller.
Le rôle de Link était simple. Passer par la fenêtre numéro trois en face de laquelle la cible serait, se débarrasser du garde du corps s'il était là, puis tirer. Pour tuer la main de droite du tyran.
Link sentit une main sur son épaule et Sheik lui désigna sa montre du doigt. Il restait 5 minutes. Le commandant prit son talkie-walkie et donna l'ordre à ses compagnons de faire sauter la voie. Il entendit une explosion dans la seconde qui suivit. Il demanda aux guetteurs de redoubler de vigilance et aux imposteurs de se préparer à prendre leur place. Les quatre hommes restant vérifièrent le chargement de leurs armes comme ils le faisaient avant chaque opération.
Link aperçut alors le train et entendit le crépitement caractéristique de l'électricité lui permettant de se mouvoir. Il enfila la cagoule qui devait le rendre anonyme. Lui seul serait vu par des êtres en vie.
Tout le monde se tendit au son strident du freinage du train, marquant le début de l'opération. Chacun avait un rôle à jouer, et chacun le remplirait jusqu'au bout. Ils étaient tous plus que jamais déterminés. Le train s'arrêta et l'opération commença.
Le chef, toujours posté à une centaine de mètres de la scene, attendit que tout le monde ait confirmé la réussite de sa partie avant de s'avancer silencieusement vers sa cible. Arrivé à quelques mètres du wagon, il s'accroupit silencieusement; il était prêt. Il vérifia une fois de plus le chargement de son arme et se tendit, prêt à sauter et à faire feu le plus rapidement possible. Sauf qu'il y avait un problème. Le Premier Conseiller parlait d'une voix calme. Et comme généralement on ne parle pas tout seul, cela signifiait qu'il était accompagné. Mais par qui? Personne ne devait se trouver à cet endroit! Link décida d'attendre et se prit finalement à écouter la conversation. Ils parlaient d'un camp... De quoi?! Un camp qui se trouvait dans la forêt, dans la troisième clairière depuis l'entrée nord de ladite forêt? Ils avaient envoyé un groupe armé... D'une vingtaine d'hommes apparemment. Attends... Pour arrêter les résistants! Mais comment est ce qu'ils pouvaient savoir?!
"Quoi?!"
Les deux hommes se retournèrent brusquement en entendant ce vif éclat de voix. Link estima qu'il était temps de se montrer et sauta habilement dans le wagon.
"Bien le bonjour, messieurs." Dit-il en effectuant une petite courbette.
Le jeune homme se régalait étrangement du regard plein de peur des deux hommes. Link se dit qu'il devait dégager une aura de puissance car ils reculèrent précipitamment dans leurs sièges, avant de se rappeler qu'effectivement il était effrayant puisqu'il tenait son revolver à la main. Le résistant se rendit compte qu'un de ses opposants allait crier. Il pointa alors le pistolet sur la tempe du Conseiller. Et posa la question qui lui brûlait les lèvres. A savoir : "Comment savez-vous pour le campement?"
Et voilà! Le deuxième chapitre! Merci beaucoup à celles et ceux qui m'ont laissé des reviews, ça fait toujours plaisir :) Au départ ce chapitre était censé être plus long mais j'ai décidé de le poster maintenant pour moins d'attente. En plus ça laisse un peu de suspense ;)
~Danaud64
