Salut salut ! Eeeeeh oui, je suis encore en vie ! Vive les vacances pour avoir le temps d'écrire... Bon, puisque ça fait si longtemps, peut être qu'il faudrait relire ce qu'il y a avant pour se souvenir de tout. Sinon, si vous avez une mémoire d'éléphant, à vous la suite ! ;)

En ce jour d'anniversaire de ma fic (et ouais, tout pile un an depuis la première publication), on retrouve notre bon vieux Link dans une situation... Plutôt désagréable. Enjoy ;)


Chapitre 8 :

Le retour à la conscience de Link fut plus que douloureux. Il avait l'impression que son corps entier était passé sous un train et que son épaule et sa cuisse étaient littéralement déchirées. Et en plus, le jeune homme n'avait aucune idée d'où il pouvait bien se trouver... Tout ce qu'il savait pour le moment, c'était qu'il était à plat ventre sur une planche de bois recouverte d'une fine couverture mangée aux mites, de laquelle se dégageait une forte odeur de moisissure.

La brume qui entourait les souvenirs de Link disparut petit à petit alors qu'il se remémorait les derniers événements. La mission, l'assassinat du Premier Conseiller dans le train, le deuxième homme... Puis le retour au camp, le combat, le capitaine. Son impuissance face au capitaine.

Après le choc de ce brutal retour à la réalité, le jeune blond se redressa douloureusement, les poings si serrés qu'il ne sentait plus ses doigts, les larmes aux yeux. Il avait honte de lui ; honte de n'avoir rien pu faire, d'avoir échoué devant ses camarades.

Mais le jeune chef était aussi énormément en colère contre lui-même, parce qu'il n'avait pas réussi à les protéger jusqu'au bout ! Étaient-ils au moins en sécurité ? Tout le monde avait-il pu s'en sortir ? Il en doutait fort... En pénétrant dans le camp, Link avait enjambé des corps et il ne pouvait dire, à présent, s'ils étaient amis ou ennemis.

Et enfin, le jeune homme restait encore rongé par la culpabilité. Il avait tué un innocent, quelqu'un qui n'avait rien à voir dans toute cette histoire, bon sang ! Il ne connaissait même pas son nom... Il se prit le visage à deux mains en produisant un son étranglé. Comment cela avait-il pu arriver ?

Le résistant arrêta de s'apitoyer sur son sort lorsqu'il entendit une démarche lourde s'approcher. Une voix bourrue ricana alors :

-"Eh ben gamin ! T'es réveillé, c'est pas trop tôt. À ta place j'ferai semblant d'dormir, ils croivent que t'es le chef des oiseaux là. Tu vas passer un sale quart d'heure hein !"

Link haussa un sourcil dubitatif et répéta lentement :

-"Les oiseaux...? De quoi tu parles ?"

-"Ben t'sais bien les terroristes là... Les fff... d'Hyrule."

-"Tu veux dire les Phoenix d'Hyrule ?!" Reprit le jeune homme en pouffant de rire.

-"Ouais ouais c'est ça." Après une courte pause, il aboya carrément. "Et j'peux savoir qu'est ce qui te fait rire exactement ?"

Mais le rire du rebelle ne s'arrêta pas pour autant.

-"Oh c'est juste que... Moi ?! Faire partie de cette bande de terroristes ? Dis, tu m'as bien regardé avant de parler ?"

Le gardien le jugea de la tête aux pieds avant de secouer la tête, comme s'il trouvait idiot qu'on eût pu arriver à pareille conclusion. Il repartit d'où il venait en bougonnant des choses du genre "J'leur ai bien dit moi. Ils verront... Imbéciles..."

Maintenant remis de sa langueur initiale, Link balaya du regard la pièce sombre et exiguë où il se tenait. Le mur du fond -celui auquel la couchette était fixée- était en pierre et semblait très épais. L'unique fenêtre de la cellule se trouvait au-dessus du lit de fortune et le seul rayon de soleil existant y pointait, savant calcul dans le but d'empêcher les prisonniers de se reposer le jour. Les différentes geôles étaient uniquement séparées de barreaux et le résistant s'aperçut que toutes celles voisines de la sienne étaient occupées.

En les observant tour à tour, il essaya de reconnaître un visage familier mais sans succès. Les autres n'avaient pas l'allure de grands criminels, et Link songea qu'il ne s'agissait probablement que de petits brigands ou de personnes ayant une bouche un peu trop grande au goût des autorités... Et son voisin direct n'avait aucunement les yeux bleus... Rien à voir avec ce qu'il avait cru un instant apercevoir lors de son premier réveil.

Le jeune homme était perturbé par cette vision tenace. Pourtant, tout autour de lui semblait indiquer que cette scène n'avait jamais eu lieu, qu'elle n'était que le fruit de son imagination. Était-ce la douleur, la fièvre qui lui avaient fait imaginer cet homme ? Ou l'avait-on changé de cellule entre temps ? Il n'avait pour l'instant aucune réponse à ces questions. Mais cet homme... Ce regard...

-"Non, ce n'est pas possible." Chuchota-t-il pour lui-même. Il est mort, ajouta-t-il dans sa tête.

Il n'eut cependant guère plus de temps pour réfléchir, car une immense silhouette et un bruit de clés déroutèrent ses pensées.

-"Sors d'ici les mains en l'air !" Ordonna l'homme d'une voix de stentor, en le menaçant d'une arme de poing.

Lorsque Link passa devant lui pour sortir, une main lourde s'abattit sur son épaule et ses poignets furent violemment retournés dans son dos. Puis il fut rudement emmené vers les étages inférieurs, s'enfonçant de plus en plus dans les couloirs sombres et oppressants de la prison.


Aujourd'hui il était de l'autre côté du miroir. Aujourd'hui, c'était lui qui observait silencieusement la pièce contenant un bureau et un fauteuil. LE fauteuil, le cauchemar de tous les prisonniers, celui auquel on pouvait rester enchaîné plusieurs heures durant. Mais cette place confortable qu'il occupait aujourd'hui était bien loin de le rassurer.

Quand il était là, derrière cette vitre à sens unique, il assistait généralement à des horreurs. On faisait pression sur lui comme cela, en faisant souffrir ses anciens compagnons ou encore, des innocents, sous ses yeux. Il avait toujours détesté ces moments-là.

Mais aujourd'hui était bien pire. Pour la simple et bonne raison qu'il avait vu une personne -la seule personne qu'il aurait espéré ne jamais voir ici- se faire traîner de la cellule contiguë à la sienne jusqu'aux étages supérieurs. Son propre fils, blessé, brisé, aux mains de l'ennemi. Il ne supportait plus de ne pas connaître son sort. Et maintenant qu'il était là, devant cette salle pour l'instant vide, Larkins était terrifié. Il n'avait aucun doute quant à l'identité de celui qui pénétrerait bientôt la salle d'interrogatoire. Et pourtant il n'avait jamais autant espéré avoir tort de sa vie.

L'homme aux cheveux grisonnants se retourna précipitamment en entendant la porte derrière lui s'ouvrir, le souffle court. Un homme de deux mètres, habillé d'un costume entièrement noir, venait d'entrer et refermait soigneusement le battant. Un sourire narquois s'étalait sur son visage et il s'adressa d'une voix doucereuse à Larkins qui était plus tendu que jamais:

-"Bonjour mon ami... Ton séjour est toujours aussi plaisant ?" Ricana-t-il. "Détends-toi, aujourd'hui tu n'es pas... L'objet... De cet interrogatoire. Non aujourd'hui je veux que tu assistes à quelque chose de... Spécial. Vois-tu, la résistance a réussi ce que tu n'avais pas fait de ton temps. Ton... Fils a tué mon Premier Conseiller ainsi qu'un... hum... notable. Je voulais que tu assistes aux conséquences de cette réussite. Tu dois être très fier de lui non ? Le problème, c'est qu'ils ont réussi à déjouer notre sécurité. On va donc lui... demander comment il a fait. Et je veux que tu m'aides à trouver."

-"T'aider à entraver la Résistance ? Mais bien sûr ! Et piéger mon propre fils en plus ? Encore mieux. " grogna Larkins entre ses dents.

-"Je crois que tu n'as pas tout saisi. Tu n'as pas vraiment le choix, c'est un ordre. Tu n'aimerais pas qu'il arrive "malheur" à ton fils sous tes yeux non ?"

L'ex résistant serra brutalement ses poings pour se retenir de le frapper. Un sourire satisfait s'étira sur les lèvres du leader du pays avant qu'il ne sorte de la pièce. Malgré la panique maladive et la colère que ressentait Larkins, il éprouvait également une énorme fierté à l'égard de son unique fils. Depuis qu'il fréquentait le tyran, il ne l'avait jamais vu aussi en colère et inquiet à la fois; le sourire narquois qu'il affichait ne suffisait pas à cacher la légère crispation de sa mâchoire qui voulait tout dire...


La pièce dans laquelle Link venait de pénétrer lui faisait froid dans le dos. Il ne put retenir le frémissement soudain qui le secoua à la vue de ce fauteuil, isolé face à l'immense glace qui renvoyait son image. Le jeune homme prit alors conscience de l'état dans lequel il se trouvait : ses cheveux étaient sales et emmêlés, et ses habits déchirés et recouverts de boue et de sang séchés. Rien à voir avec son image habituelle de chef de la Résistance...

Son geôlier le poussa rudement et le fit assoir.

-"On m'a dit de pas t'attacher maintenant...mais reste sage hein ! Tu voudrais pas te mettre le Boss à dos..." Il quitta ensuite la pièce, laissant de nouveau le résistant seul face à ses pensées.

Quelques instants plus tard, Link crut percevoir un mouvement à travers la glace. "Bien sûr, pensa-t-il, ils m'observent sans se montrer..." Puis il lui sembla entendre un léger coup en provenance de cet endroit précis. Un coup très léger. Suivi d'autres, plus ou moins espacés mais toujours aussi faibles. Ils semblaient suivre toujours le même schéma :

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Cependant Link n'eut pas le temps de se concentrer suffisamment pour déchiffrer ce code qui lui paraissait bien familier, car la porte derrière lui se rouvrait déjà. Il tourna la tête si vite qu'il perdit un instant ses repères. Le tyran d'Hyrule. Il se retrouvait face à l'homme qui avait détruit la belle unité entre les peuples, l'homme qui terrorisait les plus pauvres dans le dos des plus aisés, qui eux ignoraient tout. L'homme qui avait fait tuer son père.

Le rebelle se redressa brusquement, le moindre de ses muscles crispé, plus tendu que la corde d'un arc. Colère. Haine. C'était tout ce que lui inspirait cette ordure... Il se mordit violemment la langue pour s'empêcher de le dire tout haut.

-"Allons mon garçon... Détends-toi ! Lança l'homme d'une voix traînante. Je voulais juste parler un peu avec toi."

Le sourire malveillant qui barrait son visage glaça le sang de Link. Il essaya tant bien que mal de réprimer le frisson de peur qui remontait le long de son échine. Sans savoir pourquoi, le jeune homme était tétanisé et ne pouvait émettre le moindre son ; la seule présence de cet homme, de ce monstre, l'empêchait de faire le moindre mouvement.

"Dissimuler, observer, exploiter." Tel était la devise que Link s'était fixée il y avait longtemps déjà. Il était certainement trop tard pour la première partie au vu de l'expression de joie malsaine du dictateur, mais absolument pas pour le reste. Alors quand le géant s'assit silencieusement en époussetant son costume impeccable avec suffisance, Link était prêt.


Zelda avait beau retourner le problème dans sa tête depuis trois jours maintenant, rien n'y faisait. D'un geste rageur, elle envoya valser tous les documents qui se trouvaient sur la table devant elle.

-"Même si j'aime ton idée de réaliser nos deux plans à la fois, Zel, il faut bien se rendre à l'évidence. Jamais on ne sera assez nombreux pour libérer Link et attaquer le gouvernement."

La jeune femme se retourna brusquement vers son frère qui était négligemment appuyé contre le mur, les bras croisés. Devant l'air menaçant de sa jumelle, celui-ci décroisa les bras et s'avança.

-"Écoute, moi aussi ça m'énerve. Tu le sais très bien. Mais il faudrait qu'on soit au moins deux fois plus pour..."

-"Pour réussir, j'ai compris ! Le coupa-t-elle d'un ton cassant. Ça fait trois jours que tu me le répètes sans arrêt. Mais est-ce que tu as trouvé une solution depuis ? Non !"

-"Zelda..."

-"Oui, je sais, ce n'est pas de ta faute si on a perdu une dizaine de personnes, entre les morts et ceux qui se sont échappés on ne sait où. Sans parler de ceux qui ont maintenant peur qu'on nous trouve à nouveau et veulent rester cachés, ce qui nous enlève bien dix personnes de plus, ceux qui sont blessés et ne pourront pas bouger pendant un moment, encore six de moins et puis... ceux qui ne nous font pas vraiment confiance et veulent continuer de leur côté... Je me demande vraiment comment faisait Link. Ça a toujours été comme ça ?"

-"Lui, il dormait. Sans blague, Zel ! Ça fait combien de temps que tu ne t'es pas reposée ? Ça ne sert à rien de continuer à chercher un plan quand tu tiens à peine debout. Il est déjà quatre heures du matin et tu n'as rien mangé de la journée."

La résistante lui lança un regard indigné mais Sheik la devança.

-"Si tu meurs de fatigue ça n'aidera personne, ça c'est sûr aussi."

À ces mots, le masque de rigidité qu'elle affichait jusqu'à présent tomba pour laisser place à une lassitude marquée et ses épaules s'affaissèrent.

-"Parce que tu arrives à dormir toi, peut être ? À chaque fois que je ferme les yeux, je vois l'armée arriver, Link à terre, le camp dévasté et tous nos morts..." Sa voix craqua sur le dernier mot et son frère s'approcha d'elle. "Nous ne sommes plus qu'une vingtaine à vouloir continuer, et on a aucune idée de par où il faut commencer..." Zelda ferma les yeux et soupira lentement, un souffle fragile s'échappant de ses lèvres.

En regardant dans ses yeux, Sheik vit les larmes qui s'y accumulaient et la pris dans ses bras au moment où elle éclatait en sanglots. Il la serra de toutes ses forces, essayant tant bien que mal d'endiguer le flot continu de ses larmes. C'est alors qu'une idée lui vint, à la fois pour réconforter sa sœur et résoudre leur problème.

Le jeune homme se dégagea doucement, lui prit la main et se dirigea vers une trappe dissimulée dans le corridor. Après un moment d'hésitation et un regard sur les dossiers éparpillés au sol, Zelda le suivit docilement. Il l'amenait voir quelqu'un qui les avait toujours aidés, tous les trois. Quelqu'un qui avait toujours de bonnes idées et surtout beaucoup de ressources, ainsi que de la bonne bière pour se remonter le moral. Et qui habitait juste au-dessus du souterrain.

Depuis un angle reculé, Rauru les observait discrètement se diriger vers la taverne de Telma avec un petit sourire.


Et clap, fin du chapitre ! J'espère que ça vous a plu ;)

Au fait, vous avez joué à Breath of the Wild ? Je sais que ça fait un moment qu'il est sorti mais je l'ai eu en février et depuis je ne peux plus le lâcher ! Une des raisons pour laquelle ce chapitre sort si tard d'ailleurs... Sorry -_-'