Coeur de Pirate et coeur à prendre…
Chapitre 3
Le Queen Emeraldas s'amarra dans la station. Tout l'équipage du Karyu, ainsi que Toshirô, se trouvait sur le quai pour accueillir les survivants et la femme pirate. L'émotion était au rendez-vous. Quelques minutes plus tôt, tous avaient pensé que l'équipage du Death Shadow avait péri en même temps que le vaisseau.
— J'ai eu une de ces peurs, avoua l'ingénieur.
— Pardon mon cœur…, fit tendrement la femme pirate.
— Ne t'excuse pas, Emeraldas. Tu as fait ce qu'il fallait. Leur vie à tous était bien plus importante, sourit le petit homme.
— Je t'en dois une, dit Harlock en regardant Emeraldas.
La jeune femme ne répondit pas mais le sourire qu'elle adressa à son vieil ami parlait pour elle.
— Et je suis désolé pour ton vaisseau, Toshirô.
Le ton de la voix du Capitaine pirate était différent qu'à l'accoutumée. Il était plus … décelable. Zero, en retrait jusqu'à maintenant, venait de se rendre compte qu'Harlock ne dissimulait pas tant que cela ses sentiments. Il était clair qu'il culpabilisait pour la perte d'un vaisseau tel que le Death Shadow, et il avait apparemment beaucoup de mal à le cacher.
— C'était un bon vaisseau. Je suis déçu qu'il ait été détruit, affirma l'ingénieur.
Harlock fronça les sourcils et serra les poings. Lui qui avait juré à son meilleur ami de prendre soin de ce vaisseau extraordinaire, avait failli à sa promesse. Il ne se sentait plus à la hauteur de l'amitié que lui donnait Toshirô. Autour de lui, hommes et humanoïdes riaient à présent tous ensemble.
— Hey, les gars ! Venez trinquer avec nous, fit une voix dans le groupe d'hommes présent sur le quai d'amarrage.
C'était l'équipage du Karyu qui invitait leurs amis à les rejoindre. Ils avaient tous besoin de décompresser. Sur le quai d'amarrage de la station, il ne restait que Toshirô, Emeraldas, Miimé, Kei, Tadashi, Zero et Harlock.
— Qu'allons-nous faire ? Nous n'avons même plus d'endroit où vivre, soupira Kei.
— Ne t'inquiète pas. Nous trouverons bien un autre vaisseau, relativisa Tadashi.
— Fais confiance à Harlock, Kei, fit Miimé.
— Tadashi, viens ! entendirent-ils.
Ishikura appelait son nouvel ami pour qu'il les rejoigne. Avec l'approbation de sa petite amie, il accepta volontiers. De son côté, Kei annonça qu'elle allait surveiller le Genzou depuis le poste de commande de la station. Elle se sentait un peu perdue et avait besoin de s'occuper, et puis garder un œil sur Kobayashi était, selon elle, très judicieux. Harlock, la mort dans l'âme, se résolut à quitter lui aussi le quai. Cependant, il partit à l'opposé de ses hommes pour regagner plus rapidement ses quartiers. Miimé voulut le suivre mais elle se ravisa. Près d'elle se trouvait Zero. Il était silencieux depuis un moment.
— Tu devrais le rejoindre, dit-elle.
— Hein ! fit surpris le Commandant de la Flotte Indépendante.
— Il a plus besoin de toi qu'il ne le pense.
— Tu le connais mieux que moi… Je pense, moi, que tu es la mieux placée pour l'aider.
— Tu as tort, sourit-elle. Vas-y.
Miimé laissa Zero à sa réflexion et se rendit au poste de commande pour aider Kei. La jeune femme revisionnait une fois de plus le combat entre le Genzou et le Death Shadow, tout en gardant un œil sur les radars. Elle espérait trouver le point faible de leur ennemi.
Zero n'avait pas bougé lorsque Toshirô se frappa sur le front. Emeraldas et lui le regardèrent, surpris.
— Qu'y a-t-il ? lui demanda amoureusement sa femme.
— Je suis un idiot ! Emeraldas, j'ai besoin que tu m'emmènes quelque part.
— Oui pas de problème. Où veux-tu aller ? l'interrogea-t-elle.
— Je te le dirais en y allant. Dépêchons-nous, ajouta-t-il. Zero, pourras-tu me rejoindre dans deux jours sur Nhoyara avec Harlock et tous ses hommes ? lui demanda-t-il.
— Oui, bien sûr. Mais…
— Pas de question ! Et pas avant deux jours ! Je peux compter sur toi ?
— Très bien Toshirô. Dans deux jours…
— Merci…
Avant de monter à bord du Queen Emeraldas, l'ingénieur appela son ami par la radio. Déjà dans ses quartiers, le pirate put répondre tranquillement. Toshirô lui demanda d'être patient et de ne poser aucune question. Il lui expliqua également qu'il avait chargé Zero de les conduire à lui en temps voulu. Sans plus d'explication, Toshirô coupa la liaison et tous virent le vaisseau de la femme pirate quitter la station.
— Toshirô, qu'as-tu en tête ? murmura Harlock.
Quelqu'un frappa à sa porte. Il invita à entrer la personne qui venait le déranger, sans savoir qui était là. Pour lui, et quelles que soient les circonstances, tous ses hommes pouvaient venir lui parler. Et aujourd'hui, même s'il n'allait pas bien lui-même, il recevrait tous ceux qui le souhaiteraient.
Il se tenait droit, les bras croisés face à la seule fenêtre de la chambre. De là, il pouvait voir l'infinie étendue de la galaxie. Cette vue l'apaisait toujours, du moins souvent. Aujourd'hui pourtant, rien ne réussissait à alléger son âme.
— Tu n'as sans doute pas envie de parler, mais je ne voulais pas te laisser seul. Puis-je rester ? demanda Zero, la voix tremblante.
Harlock se retourna afin de l'observer. Il avait très bien décelé l'hésitation dans la voix de son ami. Zero riva son regard droit dans le sien. D'un coup, il paraissait plus sûr de lui. Le pirate esquissa un léger sourire avant de reprendre sa contemplation de l'univers. Zero resta planté là au milieu de la chambre. De là, il pouvait voir le reflet de son ami dans la vitre. Sa poitrine lui faisait mal. Son cœur rata quelques battements. Une part de lui voulait juste rester là, pour lui montrer son soutien. Mais l'autre voulait s'approcher, le serrer dans ses bras, sentir son odeur. En avait-il le droit ? Harlock le laisserait-il faire ?
Le silence se mêla à eux. Aucun bruit. Aucun mot. A peine entendaient-ils le son de leur propre respiration.
Harlock concentra son regard sur son invité. Il l'observait au travers le reflet de la vitre, tout comme le faisait Zero, d'ailleurs. Depuis quand cet homme lui faisait-il cet effet ? Durant tout le combat, il n'avait cessé de penser à lui. Tout comme depuis la seconde où il était entré. Harlock avait déjà aimé mais n'ayant pu la protéger et après l'avoir perdue à jamais, il s'était juré de ne plus s'attacher à personne. Et puis il avait rencontré Miimé qui était devenue non seulement une amie sincère mais également sa confidente. Plus tard, il avait croisé le chemin de Toshirô et d'Emeraldas et au fur et à mesure une grande amitié les unissait plus fortement chaque jour. Il faisait toujours bien attention à eux, qu'il ne leur arrive rien. Et peu à peu, il retrouva confiance, du moins en l'amitié. C'est comme cela qu'avaient commencé ses amitiés et c'est comme cela, au début, qu'il voyait Zero. Pourtant, au fil du temps et de leurs rencontres il se passa une chose étrange en lui. Il n'était pas stupide, aussi il comprit rapidement que son amitié se transformait en amour. Cet amour qu'il se refusait de recroiser un jour, de peur de ne pouvoir le protéger, comme ce fut déjà le cas. Mais que pouvait-il faire face au destin ?
Harlock fixait toujours discrètement Zero, qui n'avait pas bougé et qui semblait l'espionner de la même manière. Son cœur s'emballa. Mais il refusa de l'écouter. Et puis, Zero se mit à bouger. Il avançait vers lui. Lentement. Hésitant. Il ne pouvait plus rester là, figé à ne rien faire. Il voulait réconforter son ami. Plus qu'un pas, mais il cessa d'avancer. Il voyait Harlock le fixer dans le reflet de la vitre. Son cœur arrêta de battre. Il peina à déglutir. Le regard ténébreux qui le fixait le faisait fondre comme neige au soleil. Ses mains se mirent bêtement à trembler. Et puis, il se souvint du baiser qu'il lui avait donné. Harlock n'avait pas tenté de l'en empêcher, et ne l'avait pas repoussé. Ce souvenir l'enhardit et il fit le pas qui le séparait encore du pirate.
Le balafré ne bougea pas. Il sentait pourtant le souffle chaud de la respiration de Zero sur sa nuque. Quelques unes de ses mèches de cheveux ondulaient à chacune de ses expirations. Cela le chatouillait, un peu. Il s'avoua aimer cette sensation. Dans sa lancée, Zero l'encercla de ses bras. Il hésitait et tremblait toujours, mais ses sentiments le portèrent. Il se cala contre son dos, fin mais puissant et resserra doucement son étreinte. La respiration d'Harlock s'accéléra. Pourtant, il sembla se détendre. Ses muscles se relâchèrent peu à peu. Quelques minutes passèrent. Les deux hommes n'avaient pas bougé. Ce fut Harlock qui fit le premier mouvement. Il venait de laisser partir sa tête en arrière pour venir la poser sur l'épaule de Zero, qui n'en croyait pas ses yeux. Harlock avait-il les mêmes sentiments que lui ? Plus de doute possible, en fait. Si cela n'avait pas été le cas, Harlock ne l'aurait jamais laissé faire. Il sourit tout en resserrant un peu plus encore son étreinte.
Ils restèrent ainsi un long moment. Sans bouger. Sans parler. Leurs respirations calquées l'une sur l'autre tels des amants, semblaient être apaisées. Ils pouvaient ressentir chacun la chaleur de l'autre. Cela les enivrait presque. Le temps s'était arrêté pour eux, et sans l'avouer, ils auraient souhaité que cela dure encore un peu plus. Seulement, une sonnerie retentit dans l'interphone des quartiers du pirate.
— Harlock, je t'apporte ton dîner, fit Miimé.
A contre cœur, Zero desserra son étreinte. Miimé allait entrer d'un moment à l'autre, et il ne souhaitait pas mettre mal à l'aise qui que ce soit. A peine leurs deux corps éloignés, qu'une sensation de froid les prit. A aucun moment leurs yeux ne s'étaient croisés, et en cet instant Zero appréhendait le moment où Harlock accrocherait son regard.
— Je te laisse, fit le Commandant du Karyu, en faisant demi-tour.
En réalité, il ne voulait ni affronter le regard de son amour, ni partir. Evitant de se retrouver en face d'Harlock, Zero prit la direction de la porte. En partant, il laisserait Miimé entrer, espérant qu'elle ne se doute de rien. Il fit un pas puis deux mais il ne put en faire un troisième. Quelque chose lui agrippa le bras et l'empêcha d'avancer plus. Il se retourna pour voir son ami le retenir. Son organe de vie se mit à battre la chamade comme jamais. Harlock l'attira à lui et tout en le retenant, il glissa son autre main derrière la nuque de Zero qui resta pétrifié. Il avait peur que Miimé n'entre et ne se rende compte qu'ils avaient des sentiments l'un pour l'autre.
— Miimé va…
Mais Harlock ne le laissa pas terminer sa phrase. De toute façon, il savait ce qu'allait dire son prétendant et savait que Miimé avait découvert depuis un certain temps qu'ils éprouvaient des sentiments amoureux l'un envers l'autre, et qu'ils ne s'étaient pas déclarés. Et puis, il avait confiance en elle. Il savait qu'elle ne dirait rien, et puis quand bien même…, il s'en fichait. Sa décision était prise. Et pour la première fois depuis des décennies, il allait s'ouvrir à l'amour. Après tout, Zero était un combattant et savait se défendre. Que risquait-il ?
Il riva son regard à celui de Zero. Le pirate sourit. Le Commandant de la Flotte Indépendante peinait à avaler sa salive. Doucement. Lentement, Harlock le rapprocha vers lui. Ses doigts effleuraient la peau de sa nuque. Zero frissonnait, cela lui plaisait. Et puis, tout s'accéléra lorsque les lèvres humides et fines d'Harlock se posèrent sur celles de son ami.
Le baiser aérien se transforma rapidement en un baiser langoureux. Instinctivement et impatients, ils l'avaient approfondi ensemble. Tantôt lent. Tantôt presque brutal. Ils laissaient leurs émotions les guider. Envahis par une myriade de sensations, ils ne se rendirent pas compte que Miimé était rentrée pour poser le plateau repas d'Harlock, avant de les laisser seuls. A bout de souffle, ils se résolurent pourtant à s'éloigner l'un de l'autre.
Ils virent alors que Miimé avait laissé le plateau d'Harlock, mais il y avait tout en double. Elle savait que Zero était là.
— Tu te joins à moi ? demanda le balafré sans lâcher sa prise.
Zero ne sut quoi répondre. Le pirate le traîna vers la table, et ensemble ils dégustèrent le repas déposé par Miimé. Ils ne parlèrent pas. En fait, ils ne savaient pas quoi se dire et Harlock pensait encore à son combat contre Kobayashi.
— Miimé… comment a-t-elle su que j'étais là ? chuchota Zero.
— Ça fait un moment qu'elle sait. Elle sait observer sans juger.
— Je ne l'ai même pas entendue entrer, je suis désolé.
— Ne le soit pas. J'ai confiance en elle, et puis je me fiche de ce que pensent les autres.
Zero accrocha le regard d'Harlock.
— Tu as raison, fit-il simplement.
A peine eut-il fini de parler que Kei appela Harlock par radio.
— Capitaine, j'ai trouvé quelque chose d'intéressant en revisionnant les enregistrements de notre combat contre le Genzou, expliqua-t-elle.
— J'arrive de suite, répondit-il. Zero, viens avec moi. Ça te concerne aussi.
Les deux hommes se rendirent aussi vite que possible à la salle de contrôle. Ils y retrouvèrent Kei, Miimé et Tadashi penchés sur les vidéos.
— Capitaine, fit Kei. Le Genzou a un point faible, annonça-t-elle. Juste là…
Elle stoppa la lecture de la vidéo à l'endroit même où elle s'était aperçue du point faible et tout en montrant les échos radars, elle étoffait sa découverte.
— Bon travail.
— Merci Capitaine.
— Tadashi appelle le Queen Emeraldas, demanda le pirate.
— Très bien. Appel en cours, Capitaine… Connexion, Capitaine, fit le jeune homme quelques secondes plus tard.
— Toshirô, où es-tu ? demanda Harlock.
— Je vais sur la planète Nhoyara, répondit l'ingénieur.
— Il n'y a rien là-bas ! Pourquoi ?
— Tu verras quand Zero et toi viendrez me rejoindre.
Le petit homme regarda malicieusement son vieil ami et lui fit un clin d'œil avant de couper la transmission.
— Je n'en sais pas plus, affirma Zero à Harlock qui semblait l'interroger du regard.
— Soit ! Nous partirons demain soir, fit le balafré. Si tu es d'accord, continua-t-il sans détourner son regard.
— Ok. Je vais faire préparer le Karyu.
— Je continue de garder un œil sur le Genzou, dit Kei. Il n'est plus dans le coin mais il pourrait revenir.
Harlock acquiesça. Que pouvait-il faire de toute façon ? Sans vaisseau, il dépendait des autres… Il laissa Kei prévenir les équipages que le départ serait pour le lendemain soir. Il regagna ses quartiers, seul.
Zero l'observa partir. Il ne pouvait voir la silhouette de son amant, sa cape cachait les mouvements de son corps. Lentement, son esprit dériva dans les méandres de ses fantasmes. Depuis plusieurs mois, il rêvait de pouvoir toucher sa peau ; sentir son odeur ; se caler contre lui et ne plus penser à rien ; lui appartenir corps et âme… Il repensa au moment passé avec Harlock plus tôt. Le baiser qu'ils avaient échangé l'avait chamboulé bien plus qu'il ne l'aurait cru. Encore maintenant, il pouvait sentir sur ses lèvres celles de son amour. Machinalement, il les caressa, retraçant leurs contours lentement. Il avait aimé ce contact. Doux mais puissant. Franc mais hésitant. S'il s'écoutait, il rejoindrait Harlock mais il supposa qu'il souhaitait rester seul. Il soupira…
—
L'attente était une véritable torture pour les deux équipages. Surtout pour les hommes et amis d'Harlock qui n'avaient plus ni maison, ni vaisseau. Pour Harlock, la perte de son vaisseau était bien plus difficile que pour son équipage. Il avait failli à la promesse faite à son ami. Celle de prendre soin du Death Shadow. Où allait-il pouvoir trouver un autre vaisseau aussi exceptionnel ? Qu'allaient devenir ses hommes, ses amis ?
Cela faisait plusieurs heures qu'il ruminait tout cela. Allongé sur son lit, les mains croisées sous sa nuque, il fixait le plafond. Sur la table près de lui, une bouteille de bourbon aux trois-quarts vide et un verre à pied étaient posés. Il avait bu. Plus que de raison. Peut-être grâce à cela trouvera-t-il le sommeil ? Il soupira tout en fermant l'œil. Il se laissa porter par ses songes. Il repensa à son combat contre le Genzou. Quelle erreur avait-il commise pour perdre ainsi son vaisseau ? Il revivait la fin du Death Shadow en serrant les dents. Il s'en voulait, mais le mal était fait et il fallait maintenant avancer…
— Toshirô ! Qu'as-tu en tête ? marmonna-t-il.
Bien plus tard, alors qu'il peinait toujours à trouver le sommeil, Miimé vint le rejoindre. Sans un mot, elle s'installa derrière sa harpe et se mit à jouer un morceau terrien qu'Harlock lui avait appris, il y avait fort longtemps. Une mélodie douce et envoûtante. Après seulement quelques accords, le pirate réussit enfin à se détendre. Il se resservit un verre d'alcool et le but d'un seul coup avant de se rallonger. Il se focalisait sur la musique. Il écoutait et appréciait ce moment. Malgré la présence de Miimé, il se sentit seul. Comme s'il souhaitait partager cet instant avec quelqu'un. Et puis, il repensa à Zero. Le moment qu'ils avaient passé ensemble avant d'être appelé par Kei. Leur étreinte. Chaude. Envoûtante. Troublante. Et puis, le baiser. Il avait encore le goût des lèvres de Zero sur les siennes. Depuis quand n'avait-il pas éprouvé autant d'émotions ? Instinctivement, il posa ses doigts sur ses lippes pour appuyer son souvenir. Miimé l'observait, et sourit.
— Vous sembliez heureux, ensemble, tout à l'heure. Cela m'a fait plaisir de te voir ainsi, dit la jeune femme.
Harlock s'assit sur le bord du lit tout en regardant sa vielle amie.
— Hmmm.
— Je sais très bien que tu ne me diras pas que j'ai raison, affirma-t-elle. Je suis heureuse pour toi et Zero. Vous méritez ce bonheur.
— Ai-je le droit de le mettre en danger ?
— Il pense la même chose que toi.
Le balafré dut reconnaître que Miimé avait sans doute raison.
— Je te laisse. Essaye de dormir un peu, lui dit-elle avant de partir.
Harlock se posta devant sa fenêtre. Il plongea son regard dans l'étendue de la galaxie. Droit et toujours les bras croisés, il ne pensait plus qu'à Zero. Dès qu'il repensait à leur étreinte son cœur s'emballait ; son corps réagissait, le réclamait. Devait-il écouter son cœur, son corps ou sa raison qui souvent lui rappelait que perdre un être cher était douloureux au possible ? Il attrapa sa cape qui traînait négligemment sur le fauteuil près de son lit, et la posa sur ses épaules avant de prendre la bouteille de bourbon toujours aux trois-quarts vide, puis quitta ses quartiers. Il était tard. Pourtant, dans les couloirs de la station résonnaient encore les voix et les chants des équipages qui faisaient la fête. Demain serait un autre jour pour eux. Harlock espéra que Toshirô avait une idée pour remplacer le Death Shadow, mais que pouvait-il bien pouvoir faire en deux jours à peine ?
Le pirate marchait d'un pas ferme mais lent. Il se rendait dans les quartiers de son amour, bouteille à la main. Il n'avait trouvé que cela comme excuse pour aller le voir. Mais en avait-il seulement besoin ? Il frappa à la porte des quartiers de Zero. Il n'avait croisé personne dans cette section de la station, bien qu'il entendait toujours des chansons paillardes au loin.
La porte s'ouvrit sur Zero. Rapidement, Harlock sentit son corps s'échauffer et trembler comme c'était le cas depuis plusieurs mois, dès qu'il se trouvait avec Zero. Son organe de vie accéléra ses battements. Son regard accrocha les orbes de celui qui hantait ses songes. En cet instant, le pirate laissa ses fantasmes prendre le dessus sur sa raison, et il ne lui fallut pas longtemps pour s'imaginer avec lui dans un combat érotique. Il déglutit difficilement. Il devait se reprendre, et vite avant de se laisser aller…
— Je suis venu te payer un verre, fit Harlock en levant sa bouteille.
Zero l'observa. Il était rare que son ami fasse le chemin pour le voir. Il en fut surpris mais heureux.
— Bonne idée ! Entre ! l'invita-t-il.
Le maître des lieux alla prendre deux verres dans le placard non loin de là, et les posa sur la seule table de la chambre. Harlock servit la boisson et ensemble, ils trinquèrent à la liberté et à la vie. Comme toujours, le pirate parlait peu mais Zero en avait pris l'habitude. Cela ne l'ennuyait pas. Le balafré était assis en face de son hôte. Sans vergogne, il le dévisageait. De son unique œil, il redessinait les contours de son corps, de son visage, de ses lèvres… Zero se sentit gêné. Le regard que lui lançait son amour, il ne le lui avait jamais vu. Que voulait-il ? Regrettait-il ce qu'il s'était passé plus tôt ?
Pour la première depuis très longtemps, Harlock avait envie de se donner corps et âme. Et la personne qui lui procurait tant d'envie se trouvait juste devant lui. Zero était troublant, parfois perturbateur, fonceur, tout comme lui d'ailleurs et cela lui plaisait. Sans penser à la suite, il se leva lentement et rejoignit Zero qui était assis en face de lui. Il se pencha vers lui et lui caressa la joue d'une main, alors qu'il posa l'autre sur l'accoudoir du fauteuil, et tout en rivant son regard au sien, l'embrassa à pleine bouche.
Zero qui tenait encore son verre le laissa tomber. Le récipient se fracassa sur le sol. Le liquide qu'il contenait s'éparpilla sur la dalle. Le temps s'arrêta. Mécaniquement, Zero vint entourer de ses bras le cou de son amour. Dans le silence de la chambre, un gémissement se fit entendre. Zero se laissait complètement aller. Il en rêvait depuis des jours, des mois, et bien plus. Il n'avait jamais espéré que ses sentiments soient partagés. Le baiser qu'il lui avait donné plus tôt dans la journée lui avait cependant donné un espoir. Un espoir qui se concrétisait… Harlock s'étonnait lui-même. Il refoulait tellement ses sentiments et émotions depuis des décennies qu'il en avait oublié le goût d'un baiser langoureux, d'une étreinte, d'un lâcher prise… Cet échange passionnel s'éternisa, aucun d'eux ne souhaitait le voir cesser. Les langues se cherchèrent, se frôlèrent avant de s'écarter et de revenir l'une vers l'autre comme une danse sensuelle. Parfois, Harlock laissait sa langue partir à la découverte des lèvres de Zero, en redessinant leurs contours avant de retrouver sa jumelle délaissée. Zero sentait son cœur le lâcher chaque fois. Il aimait cette douce sensation. A bout de souffle, ils s'écartèrent un peu l'un de l'autre. Un peu. Un frisson les prit. Un frisson d'envie. Un frisson d'anticipation. Un frisson…
Toujours les yeux dans les yeux, ils essayaient de reprendre leurs respirations et de reprendre pied. Leurs regards parlaient pour eux. Ils n'étaient pas rassasiés. Ils voulaient plus, beaucoup plus. Lentement, Zero se redressa, obligeant Harlock à en faire de même, et dénoua la cape du balafré qui vint s'échouer sur le sol, près du verre brisé. Puis, Zero s'agrippa au t-shirt de son pirate. Harlock prit délicatement la main qui se tenait à lui et amoureusement la porta à ses lèvres pour lui déposer un doux baiser. Zero rougit pour la première fois, faisant sourire enfin Harlock qui l'attira à lui. Ils se retrouvèrent debout. Face à face. Les pommettes de Zero, toujours rougies, se teintèrent un peu plus. Leurs respirations s'accélèrent. Leurs désirs montèrent un peu plus. Leurs corps se réclamèrent.
Le silence inondait la pièce. L'odeur du bourbon renversé sur le sol se mêlait à celle de leurs eaux de toilette, chatouillant leurs sens. Du bout des doigts, Zero caressa la joue balafrée de son vis-à-vis. Avec son pouce, lentement, il redessina la cicatrice profonde qui barrait le visage d'Harlock. Warrius s'égara dans ses pensées. Il n'était pas là lorsque c'était arrivé, et le regrettait très souvent. Zero accrocha le regard de son amant, l'air triste… Harlock tressaillit. Le regard que lui lançait Zero le perturba. Pourquoi s'en voulait-il pour la marque sur son visage ? Il n'en était pourtant pas responsable… Et puis cela faisait tellement longtemps qu'elle était là qu'elle ne le gênait plus. Le pirate frissonna encore, pourtant il n'avait pas froid. Il frissonnait à cause de la sensualité avec laquelle Zero touchait sa balafre. Un soupir de bien-être s'échappa de sa bouche, ramenant Zero à la réalité.
Zero délaissa enfin la marque sur le visage d'Harlock qui s'empara de ses lèvres. Ce baiser était plus puissant, plus bestial que les précédents. Et alors que leurs langues s'enroulaient et dansaient ensemble, Warrius fit glisser l'une de ses mains sur l'entre-jambe de son futur amant, qui se crispa une seconde devant cet attouchement qu'il n'avait pas vu venir. Harlock se reprit cependant très vite. Brutalement, il prit Zero par la taille pour le rapprocher un peu, obligeant son tortionnaire à cesser sa caresse coquine. Zero lâcha prise mais se vengea en glissant ses mains sous le t-shirt d'Harlock. Sous ses doigts, il pouvait sentir d'autres cicatrices, plus ou moins ancrées dans sa peau. Le pirate gémit alors qu'à bout de souffle, leurs lèvres s'éloignèrent l'une de l'autre.
La chaleur de leurs corps se dispersait dans la chambre du Commandant de la Flotte Indépendante. Les deux hommes avaient chaud, pourtant ils tremblaient. Ce qui allait arriver, ils le voulaient, néanmoins pour chacun d'eux tout cela était nouveau. Ils appréhendaient, tout en étant sereins. Zero poussa son amant vers le lit et le fit s'assoire. Harlock obtempéra. Doucement, Warrius retira le t-shirt de son pirate. Il écarquilla ses orbes de stupeur. Il n'aurait jamais imaginé que son amour ait autant de marques sur le torse, tout comme sur le dos. Zero caressa d'une main délicate, comme pour ne faire lui faire mal, les cicatrices qui marquaient sa peau blême.
— Je… j'ignorais que tu en avais autant, murmura Warrius.
Le pirate ne répondit pas. Il posa une main sur celle de son amant, pour le rassurer. Zero riva de nouveau son regard au sien et, tout en s'agenouillant, entreprit d'ôter les gants et les bottes d'Harlock. Le balafré se pencha alors vers lui et attrapa le haut de son uniforme pour le lui retirer. Le vêtement rejoignit le sien, plus loin sur le sol. Puis, Harlock poussa lentement Zero pour l'allonger sur le sol et se plaça à califourchon au dessus de lui. Leurs respirations accélérèrent. Leurs organes de vie ratèrent plusieurs battements. Leurs chaleurs corporelles prirent encore quelques degrés. Sensuellement, Zero déboutonna le pantalon d'Harlock et lentement, descendit la braguette. Le temps s'arrêta. Un frisson d'anticipation envahit le corps du pirate, alors que celui de Zero tremblait. Aucun d'eux n'avait déjà tenu un autre homme dans ses bras pourtant, en cet instant, ils ne se posaient aucune question.
Zero approcha son bassin de son jumeau et dans un mouvement très lascif – trop lascif pour Harlock – bougea d'avant en arrière. Des gémissements se firent entendre. Warrius mettait leurs libidos au supplice, et il aimait ça. Le pirate agrippa les hanches de son futur amant afin de le faire ralentir dans son mouvement. Doucement, Zero s'approcha du torse offert et y déposa une multitudes de baisers. Sur son chemin, il rencontra une perle de chair avec laquelle il joua avec sa langue avide et curieuse. Il voulait goûter toutes les parcelles de la peau de son amour. Sa langue curieuse délaissa sa prise pour redessiner les contours de la musculature fine qui se donnait à lui. Harlock retint plusieurs complaintes avant de laisser s'échapper un profond soupir de bien-être.
Le balafré lâchait complètement prise et laissait faire son amant, du moins pour le moment. Cela faisait des décennies qu'il n'avait pas ressenti ses émotions, ses sentiments. Il ne regrettait pas. Par moments, il ne reconnaissait plus son corps ; il échappait à tout contrôle. A d'autres, il se surprenait à regretter de n'avoir pas lâcher prise plus tôt. Dans les bras de Zero, il se sentait bien. Il retrouvait un équilibre qu'il avait perdu depuis trop longtemps. A mesure que Zero explorait son corps, il redécouvrait des sensations oubliées. Il sursauta lorsque Warrius effleura sa virilité du bout des lèvres, avant de la choyer comme il se devait. Harlock écarquilla son orbe, avant de le fermer totalement en savourant la douce câlinerie dont il était victime. Mais, il fut temps pour le pirate de se ressaisir et de reprendre le contrôle de leur joute amoureuse. Il ne souhaitait pas laisser Zero gagner la partie. Doucement, il le repoussa. Zero comprit. Il sourit. Harlock le fit basculer afin d'inverser les rôles. Lentement, il déboutonna le pantalon de Zero, et le fit glisser le long de ses jambes avant de le lui retirer. Il en profita pour ôter le sien. Enfin à l'aise, le balafré s'empara des lèvres de son amant pour lui donner un baiser enflammé, alors que l'une de ses mains se perdit sur sa masculinité.
Zero gémit et se cambra un peu plus pour appuyer la caresse de son amant. Mais Harlock commençait à peine l'exploration du corps alangui sous lui et afin de le mettre un peu plus à l'agonie, le balafré délaissa sa proie. Le baiser cessa. Harlock scruta l'homme sous lui. Il ne savait pas vraiment ce qui l'attirait autant chez Zero, mais une chose était sûre : ce soir et pour la vie, il ne sera qu'à lui corps et âme… Le pirate sourit. C'était si rare de le voir ainsi que cela étonna Warrius qui, du bout des doigts redessina le contour de ses lippes. Son geste était tendre et sensuel. Harlock se pencha de nouveau vers son amant. De nouveau, leurs lèvres se scellèrent avant de se séparer. Harlock se tenait à genoux sur le sol, toujours à califourchon au dessus de Zero. Il se maintenait en équilibre sur sa main gauche. L'autre main repartit à la conquête du corps convoité, s'arrêtant sur plusieurs zones sensibles. Il apprenait à décrypter les signaux de contentement de Warrius qui gémissait plus fort à mesure où ses gestes se faisaient plus précis.
Zero perdait le contrôle. Il sentait les caresses d'Harlock partout sur son corps, enfin presque partout. Son cœur battait à tout rompre et s'il se fiait à sa main posée sur le torse de son bourreau, il pouvait en conclure qu'il en était de même pour son pirate. Tout ce que ressentait Harlock passait par son regard à demi-fermé. Il ne disait rien, ne gémissait presque pas. Parfois Zero se demandait s'il était heureux de ce qui se passait entre eux. Néanmoins, il connaissait suffisamment son ami – amant – pour savoir qu'il l'était vraiment. Il soupira d'aise, savourant les caresses qu'Harlock lui donnait amoureusement. Tout à coup, il sursauta. Il ressentit comme un choc électrique. Tout son corps trembla et frissonna, en un instant. Sa respiration accéléra rapidement. Harlock cajolait sa virilité à travers le tissus de son sous-vêtement qu'il portait encore. Du moins plus pour longtemps car le tissus gênait les mouvements du pirate. Presque trop brusquement, Harlock fit glisser le vêtement le long des jambes de Zero et reprit sa caresse.
Chacun d'eux riva son regard à celui de l'autre. Ils transpiraient. Leurs respirations étaient saccadées. Des frissons envahissaient leurs corps moites. Ils ne pensaient à rien, juste à eux et au bonheur qu'ils ressentaient d'être enfin ensemble, comme un couple.
Toujours allongé, Zero plia ses jambes. Dans cette position, il permettait à son amant de s'approprier son antre. Ils n'en pouvaient plus d'attendre. Lentement, Harlock délaissa sa proie et doucement vint titiller l'intimité de Zero qui se cambra afin d'accentuer le contact. Warrius se crispa lorsque le pirate franchit l'anneau de chair avec lequel il jouait depuis plusieurs minutes. Harlock n'était pas vraiment en lui, mais la douleur qu'il ressentait tendait tous ses muscles. Zero se surprit à penser à la suite, lorsqu'il appartiendra à son amant. La douleur qu'il ressentira alors sera plus forte, et il savait que s'il ne se détendait pas, elle n'en serait que plus cuisante. Alors qu'il prenait sur lui, et commençait à se détendre, il sentit une seconde intrusion. Mais Harlock ne fit plus aucun mouvement. Il s'approcha de Zero pour l'embrasser à pleine bouche. Un baiser passionnel et langoureux débuta alors. Le pirate détournait l'attention de son amant. Il n'était pas stupide et se doutait bien que Warrius souffrait. Le baiser s'éternisa et pendant ce temps, le balafré remit en mouvement ses doigts afin de préparer sa venue. Zero se détendait bien que quelques fois la douleur le surprenait.
Warrius entoura ses bras autour du cou de son pirate tout en cessant leur baiser. A bout de souffle, tremblant d'anticipation et moite, il donna l'approbation à Harlock d'aller plus loin. Sans un mot, il acquiesça. Lentement, il délaissa l'intimité de Zero. Il riva son regard à celui de son amant, et doucement entra en lui. La douleur que ressentit Zero en cet instant n'avait rien à voir avec ce qu'il avait ressenti quelques minutes plus tôt. Il crut que son corps se déchiquetait. Harlock était en lui mais il ne bougea pas. Il avait senti tressaillir son amour. Il attendit que Zero s'habitue à sa présence et entreprit de faire un mouvement lent, très lent de va-et-vient. Warrius gémissait de plus en plus, montrant ainsi à Harlock qu'il se détendait à mesure que le temps passait. Ce mouvement lascif mettait à l'agonie les deux hommes. Zero s'agrippa aux hanches de son pirate et commença à se mouvoir sur le même rythme qu'Harlock. Leurs bassins s'éloignèrent pour mieux se retrouver. Harlock soupira d'aise. Le rythme accéléra.
Zero enroula ses jambes autour de la taille de son bourreau qui se tenait uniquement sur les genoux tout en tenant la taille de son amant. Il sentit que sa délivrance était proche, pourtant il stoppa tous mouvements. Il avait du mal à reprendre son souffle pourtant il était heureux. Zero l'interrogea du regard. Harlock sourit tout en reprenant en main la virilité délaissée de son amour en main. Puis, lentement et de plus en plus vite, le balafré reprit sa douce torture en calquant sa cajolerie aux mouvements de son bassin. Les amants étaient à l'agonie. Ils n'en pouvaient plus d'attendre leurs délivrances. La cadence augmenta encore. Harlock et Zero sentirent leur température encore s'accroître. Leurs mains glissaient sur leurs peaux moites. Leurs poitrines les faisaient souffrir tant leurs cœurs battaient la chamade. Ils appartenaient d'ors et déjà à l'autre, mais la délivrance qu'ils attendaient les lierait à jamais.
D'un coup, Harlock serra plus fort les hanches de Zero tout en rejetant sa tête en arrière. Ses muscles se tendirent avant de se relâcher. Il gémit, se mordant la lèvre inférieure. Il tenta de continuer son va-et-vient mais les spasmes qu'il ressentait l'en empêchaient presque, pourtant il refusa de cesser la câlinerie qu'il octroyait à son amour. Il ne voulait pas être le seul à ressentir cela. Il ne fallut pas longtemps à Zero pour se libérer. Il se cambra un peu plus, serrant plus fort les cuisses de son bourreau. Il suffoquait et avait, tout comme Harlock, beaucoup de mal à reprendre le contrôle sur sa respiration. Harlock s'allongea sur son amant, prenant soin de ne pas lui faire mal. Ils restèrent un moment comme ça, profitant de l'autre. Mais le froid fit grelotter Zero.
— On devrait se lever. Le sol est froid, murmura Harlock tout en se retirant de l'antre étroit de Zero.
— Tu as raison…, répondit Warrius en gémissant.
Même s'ils auraient souhaité rester davantage l'un contre l'autre, il n'aurait pas été malin d'attraper froid. A contre-cœur, tous deux se relevèrent. Ils s'observèrent un moment avant de se décider de passer dans la salle de bain, l'un après l'autre.
Zero était passé le premier, en sortant de la salle de bain, il ne portait que son pantalon et un t-shirt à manches courtes. Il avait, pour une fois, quitté son uniforme. Harlock le rejoignit plusieurs minutes plus tard. Il n'avait mis que son pantalon. Le pirate s'installa sur l'un des fauteuils, et scruta Zero.
— Tu regrettes ? lui demanda Warrius.
— Pourquoi tu me demandes ça ?
— Tu ne dis rien, et tu as l'air perdu dans tes pensées.
— Je pensais au Death Shadow et à Toshirô.
— Je comprends…, dit Zero attristé.
Harlock se rendit alors compte qu'il avait esquivé la question de son amant. Il se leva et alla vers lui avant de l'enlacer et de lui voler un baiser langoureux.
— Non, je ne regrette pas. Je n'ai pas pour habitude de faire des choses pour les regretter ensuite. Il y a longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien, avoua le balafré.
— Harlock… je … t'aime, susurra Zero.
Une longue étreinte les réunit une fois de plus. Eloignés l'un de l'autre, ils ressentaient un manque…
— Tu es inquiet à cause du Genzou, n'est-ce-pas ? demanda Warrius.
— Oui… Je n'ai pas envie qu'il t'arrive quelque chose. J'ai déjà perdu mon vaisseau, te perdre n'est pas envisageable.
— Harlock…
— Je ne sais pas ce que Toshirô à en tête, mais j'ai confiance en lui.
— Demain, on met le cap sur Nhoyara et tu seras fixé.
Les deux hommes décidèrent de rester ensemble pour la nuit. Ils souhaitaient profiter le plus possible de l'autre. Dès le lendemain, ils auraient fort à faire. De plus, qui sait quand ils pourront être à nouveau réunis…
A suivre…
