— Luna, tu me passes les racines d'oignon, s'il te plaît ?

Le seul avantage appréciable du nouveau régime à Poudlard était que les Serpentard n'étaient plus jumelés à eux dans aucun de leurs cours. Les trois autres maisons ayant perdu un certain nombre de leurs membres nés-Moldus, elles suivaient la plupart de leurs cours ensemble, alors que Serpentard, toujours à effectif complet, recevait un traitement de faveur du directeur.

Horace Slughorn, l'actuel directeur de Serpentard et professeur de Potions, n'avait rien perdu de son enthousiasme sous le nouveau régime. Il parcourait les rangs avec un sourire jovial à chaque cours et regardait dans les chaudrons avec intérêt.

— Je trouve votre potion un peu verte, O'Keefe. Vous êtes certain qu'elle n'est pas malade ?

Ginny jeta un œil à son propre chaudron, où un épais liquide orange bouillonnait allègrement.

Avec un rire gras, Slughorn traversa l'allée centrale pour se rendre à la table de Luna et Ginny. Il se pencha au-dessus de leur décoction et siffla admirativement.

— Ça m'a l'air très bien commencé, jeunes filles. Très très intéressant.

Il leva ses yeux globuleux vers Ginny.

— Miss Weasley, vous n'avez toujours pas répondu à mon invitation.

Ginny avait effectivement reçu une invitation pour un des fameux soupers du Club de Slug le samedi soir suivant. C'était une chose que le professeur avait refusé de changer mais, pliant à la pression exercée par les Carrow, il devait maintenant inviter les membres hauts placés de la société. Plus qu'un évènement social, Ginny jugeait ces soupers dangereux.

— Oh, je ne sais pas, Professeur, je –
— N'importe quoi, Miss Weasley, vous avez réussi à éviter ma soirée de rentrée, je n'accepterai pas un deuxième refus, rétorqua-t-il d'un ton gai. Dix-neuf heures, dans mes appartements.
— Je –
— Professeur Slughorn ?

Le professeur de potions adressa un clin d'œil à Ginny et s'en fut à l'aide d'O'Keefe, qui avait l'air décidément inquiet par sa potion de la mauvaise couleur. La Gryffondor soupira.

— On ne sait jamais, tu pourrais apprendre des choses intéressantes.

Ginny se tourna vers son amie, qui avait continué à touiller calmement leur potion pendant sa discussion avec le professeur.

— Tu crois ?
— Derrière chaque défi se cache une occasion en or. C'est Rowena Serdaigle qui a dit ça.

Ginny arqua un sourcil. Elle doutait fortement que la citation soit de Serdaigle, mais après tout, Luna n'avait peut-être pas tort. Elle serait en présence de plusieurs acteurs importants du fonctionnement actuel de l'école, il y aurait sûrement moyen de tourner la soirée à son avantage. Si elle n'arrivait à rien apprendre, peut-être réussirait-elle à glisser un laxatif dans la soupe des Carrow. Une semaine sans cours de Forces du Mal, c'était une bonne perspective.

Elle en parlerait à Tom à son retour dans son dortoir, il aurait peut-être des idées.

À cette pensée, elle sursauta si violemment qu'elle envoya son pot d'encre par terre, où il éclata et tapissa le bas de ses pantalons de noir. Toute la classe se tourna vers elle comme un seul homme et elle sentit le rouge lui monter aux joues.

— Ginny, ça va ?
— Je suis maladroite, c'est tout, marmonna-t-elle en s'agenouillant pour nettoyer les dégâts.

Pourquoi avait-elle pensé à Tom ? se demanda-t-elle une fois hors de la vue de ses collègues. Tout raconter à Tom, ça avait été son réflexe cinq ans auparavant, quand elle avait onze ans. Mais maintenant, retombait-elle déjà dans le même cercle vicieux ? Ils s'étaient à peine échangé dix mots, l'autre nuit ! À moins que les évènements de sa première année aient eu plus de conséquences qu'elle ne l'imaginait et qu'elle ne sortirait jamais complètement de l'emprise de Jedusor…

Elle frissonna à cette idée. Mais comme disait Luna, derrière chaque défi se cache une occasion en or. Elle parlerait à Tom, alors, si elle ne pouvait faire autrement. Mais cette fois-ci, ce serait sur ses termes.


Bonsoir, Tom. Comment vas-tu ?

Assise en tailleur sur son lit, le journal ouvert sur ses genoux et une bouteille d'eau à portée de main, Ginny s'était préparée à une longue soirée en compagnie de son « ami » invisible. Elle avait passé l'après-midi à réfléchir à ce qu'elle allait lui demander, avait même songé à en parler à Neville et Luna à l'heure du dîner, mais n'avait finalement rien dit. Pour une raison qu'elle n'arrivait pas tout à fait à s'expliquer, elle sentait que Tom devrait rester à elle, que la communication devrait se faire entre eux deux seulement. Elle n'arriverait pas à expliquer aux autres pourquoi elle avait envie de lui parler, après ce qu'il lui avait fait. Mais elle en avait envie, ça, il n'y avait pas de doute.

Je vais très bien, merci Ginny, et toi ?

Longue journée de cours, rien de spécial.

Harry t'a parlé aujourd'hui ?

Un sourire étira les lèvres de Ginny. Il y avait cinq ans, Tom lui posait cette question au début de chacune de leurs conversations, sachant que c'était le meilleur moyen de la faire parler, l'accès le plus direct à son âme de petite fille. Mais cette fois-ci, elle avait espéré que Tom mette lui-même le sujet sur le tapis, ouvrant la voie pour une de ses propres questions.

Harry n'est pas à Poudlard en ce moment.

Pourtant, il n'a qu'un an de plus que toi. Il devrait être en septième année.

En effet, mais il n'est pas revenu au début de l'année.

Pourquoi ?

Ginny prit quelques secondes pour réfléchir à la formulation de sa réponse. Elle ne devait pas en dire trop.

Quelqu'un menace et terrorise le monde sorcier. Il doit l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

C'est moi ? Enfin, mon moi futur ?

Elle leva les yeux au ciel. Quelle arrogance.

Oui.

Après qu'un moment se soit écoulé sans réponse de Tom – sans doute était-il en train de s'autocongratuler – Ginny écrit une nouvelle ligne.

Tu ne saurais pas ce qu'il est en train de chercher, par hasard ?

Non.

Mais cette fois, la réponse était venue trop rapidement pour être tout à fait honnête. Ginny approcha sa plume de la page pour tenter d'obtenir l'information d'un autre angle, mais des mots se formèrent avant qu'elle ne puisse écrire quoi que ce soit.

La dernière fois qu'on s'est parlé, tu m'as dit que je ne pourrais pas te manipuler à nouveau. Certes – de toute manière, je me souviens bien que ton Harry chéri a tué mon Basilic. Mais ne crois pas que tu peux me soustraire des informations. Je ne suis pas stupide, Ginevra Weasley. Je sais que tu ne me parles pas parce que je suis un bon ami. Garde tes amis près de ton cœur, et tes ennemis encore plus, comme on dit.

Ginny jura à voix haute. Sa mission de recherche d'informations était morte dans l'œuf. Une chance qu'elle n'en avait pas parlé aux autres chefs de l'AD, ils lui en auraient voulu d'avoir été démasquée si facilement, d'avoir échoué sans avoir obtenu même le plus minuscule des indices qui les aiderait.

Quoique…

Ce n'était pas tout à fait vrai : elle était certaine que Tom savait quelque chose sur ce que Voldemort allait faire. Il garderait précieusement cette information, bien sûr, mais rien n'empêchait Ginny de continuer à essayer de lui soutirer. Le garçon à qui elle parlait n'était pas encore Voldemort, après tout. Il avait forcément un point faible. Elle allait le trouver.

J'ai compris.

Changeons de sujet, alors. Qui est directeur de Poudlard ?

Severus Rogue, mais seulement parce qu'il a tué Albus Dumbledore.

Je ne connais pas ce Rogue, mais je ne peux que le féliciter d'avoir débarrassé le monde de ce vieux fatiguant.

Dumbledore était un sorcier admirable, et Rogue n'est rien de plus qu'un traître ! Un de tes chiens de poche.

Je choisis bien mes amis dans le futur, il faut croire.

Ginny était tellement furieuse qu'elle ne vit pas immédiatement la signification de cet échange : Tom ne savait pas que Dumbledore avait été directeur, ne connaissait pas Rogue. Il n'avait donc pas toutes les connaissances qu'avait Voldemort aujourd'hui. Il ne devait même pas savoir la signification qu'avait Harry sur sa vie.

Cette réalisation ne la frapperait que le lendemain matin, quand elle profiterait d'un long et ennuyeux cours d'Histoire de la Magie pour repenser à cette discussion.

Ils discutèrent encore un moment, mais comme chacun se méfiait de l'autre, leur conversation ne menait à rien.

Je te crois maintenant quand tu dis que tu as vieilli.

La phrase de Tom, apparue après un moment de silence, fit rire franchement Ginny.

Pourquoi, avant tu ne me croyais pas ?

Vieilli en âge, oui, par tes phrases je vois que tu n'es plus la petite fille idiote que tu étais avant. Mais je ne savais pas si tu avais mûri mentalement aussi.

Venant de toi, je prends ça comme un compliment.

Tu devrais. Profites-en, mes compliments sont rares.

Ginny rigola en levant les yeux au ciel.

J'ai des devoirs à faire. Je te laisse.

Elle se mordit la lèvre et hésita quelque peu avant d'écrire la suite de sa pensée, mais remit sa plume contre le papier.

À demain ?

À demain. Fais de beaux rêves avec Harry.

Une autre de ses phrases habituelles, mais cette fois-ci, elle laissa un goût amer dans la bouche de Ginny. Harry n'était pas là, et la présence de Tom ne servait qu'à lui remémorer cette absence.

Elle finit par secouer la tête et glisser le journal sous son matelas, ce qui devenait sa place habituelle – ce qui avait été sa place habituelle pendant des mois, cinq ans auparavant. Elle se rendit ensuite à sa chaise, sa plume toujours dans la main, et retrouva l'invitation du Club de Slug, enfouie sous deux chandails sales et une jupe sur laquelle elle avait laissé tomber du jus de citrouille à midi. Elle la relut rapidement, confirmant les informations que Slughorn lui avait données le matin même, et gribouilla rapidement au dos qu'elle serait présente. Elle sortit de son dortoir et se rendit à la volière pour envoyer sa réponse.

Regardant le hibou disparaître par la fenêtre – il n'avait pas un long chemin à parcourir – elle se dit que les dés étaient jetés, elle n'avait plus qu'à en tirer ce qu'elle pouvait.


Les dés étaient jetés du côté de Tom aussi. Une fois le barrage rompu, la première conversation tenue, Ginny trouva qu'il était de plus en plus facile de retomber dans les vieilles habitudes, de papoter avec lui entre son dernier cours de la journée et le repas du soir, où avant de s'endormir. Lui se servait de ces discussions pour se rattraper sur le monde de 1997, le monde qu'il finirait par contrôler ; elle n'avait pas perdu de vue son objectif de lui tirer les vers du nez.

Qui est ministre de la magie en ce moment ?

Pius Thicknesse, un de tes abrutis personnels. Avant c'était Rufus Scrimgeour, mais tu l'as fait tuer.

Et avant ?

Cornelius Fudge, qui s'est fait renvoyer parce qu'il n'a pas cru Harry quand celui-ci a annoncé ton retour.

Et avant ?

Millicent Bagnold.

Une femme ?!

Oui. Tu as un problème avec les femmes de pouvoir, Tommychou ?

Si tu m'appelles Tommychou à nouveau, tu vas le voir de près, mon problème.


Quand tu ne me parles pas, que fais-tu ?

Pour moi, le temps n'a pas vraiment de signification. S'il s'écoule deux heures, deux semaines ou deux ans entre deux discussions, je ne m'en rends pas compte. Je ne déduis le temps qui passe que par les indications que tu me donnes.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Si tu me dis bonjour, je sais qu'il s'est passé un moment depuis la dernière discussion. Même si je n'ai pas vu le temps passer, je sais qu'il s'est écoulé pour toi.

Comment tu fais pour voir ce que je te dis ?

Pourquoi toutes ces questions, tout d'un coup ?

Je suis curieuse.

Je ne peux pas te l'expliquer. Tes mots entrent juste dans mon esprit, et je suis conscient de ce que tu me dis. Mais je ne les vois pas, non.

C'est étrange.

Je suis un être étrange.

Ça va, les chevilles ?


Comment tu as fait pour mettre un morceau de ton âme dans le journal ?

Demande autre chose.


As-tu déjà eu une petite amie ?

Je n'avais pas le temps pour ça. Je n'avais même pas le temps d'avoir des amies, petites ou pas. Je considérais toute relation comme une entrave au pouvoir.

C'est triste comme vie.

Et toi, tu as eu des petits amis ?

Michael en 3e année, Dean à partir de ma 4e, Harry l'an dernier.

Voilà pourquoi tu ne seras jamais aussi puissante que moi.

Tant mieux.


Où est Harry ?

Demande autre chose.


Quand on fait une potion d'invisibilité, il faut tourner trois fois ou quatre fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ?

Je te sers d'aide aux devoirs maintenant ?

On est dans la même année, non ? En plus je me disais que tu ne résisterais pas longtemps à l'idée de me démontrer ton intelligence supérieure.

Tu me poses un sacré dilemme. Si je te réponds, je démontre effectivement que je suis d'une intelligence supérieure à la tienne – ce dont je ne doute pas une seule seconde. Mais tu m'auras manipulé.

J'attends ta décision avec impatience.

… Trois.

Merci !

Ginny ferma le journal et gribouilla une note sur son devoir de Potions. Elle regarda sa montre et jura dans sa barbe en voyant l'heure. Se dépêchant, elle cacha Tom à l'endroit habituel et enfila un pull noir dont le capuchon cachait ses cheveux roux. Elle descendit alors vers la salle commune presque déserte, où Neville et Seamus l'attendaient près du portrait de la Grosse Dame, habillés tout en noir eux aussi et des pots de peinture à la main.

— Prête ? chuchota Seamus en la voyant arriver.

Elle remonta sa capuche.

— Prête.

Le trio sortit de la salle commune en silence. La Grosse Dame grommela de se faire réveiller à cette heure si tardive, comme à son habitude. Cependant, les élèves de Gryffondor étaient certains qu'elle serait toujours à son poste quand ils reviendraient, qu'elle n'irait pas se promener dans un portrait voisin comme elle l'avait parfois fait les années précédentes. Elle n'aimait toujours pas perdre ses heures de sommeil, mais elle ne mettrait pas ses élèves en danger. C'était sa petite façon de protester contre le régime en place.

Seamus, Neville et Ginny n'allèrent pas loin, seulement à quelques couloirs, vers la salle de Métamorphose. Ils s'installèrent devant un long pan de mur obscur, ininterrompu par des lanternes, et posèrent les pots de peinture par terre.

Ginny recevait cette peinture directement de ses frères, Fred et George. Ils l'avaient confectionnée pour vendre dans leur magasin de farces et attrapes, des petits pots de teinture permanente. Avec une petite modification dans la confection, cela faisait de la peinture que Rusard mettrait des semaines à réussir à effacer des murs.

Seamus et Ginny ouvrirent les pots pendant que Neville sortait les pinceaux de son sac. Cette peinture-ci était rouge, elle serait donc bien visible quand viendrait la lumière du jour. Ginny sourit. Parfait.

Chacun des trois prit un pinceau et ils se mirent à l'œuvre, rapidement et silencieusement, peignant des lettres d'un mètre de hauteur qu'il serait impossible de rater le lendemain. Ce n'était pas la première fois qu'ils taguaient les murs ainsi, toujours dans des endroits différents du château, laissant s'écouler des jours ou des semaines entre deux expéditions, si bien que personne ne savait où et quand ils allaient frapper, donc ils n'avaient jamais eu de problème.

Au beau milieu d'un D, Ginny fut frappée par un souvenir violent. Une vision d'une autre fois où elle avait écrit sur un mur. Sauf que cette fois-là, elle avait été seule, et petite, et il y avait eu un chat pétrifié à ses pieds. Ça n'avait pas été de la peinture rouge mais du sang, de coqs qu'elle avait elle-même tués à mains nues.

Cette fois-là, elle n'avait plus répondu à ses propres désirs…

Elle leva la tête et soudain elle était dans le couloir des toilettes des filles du deuxième étage, celles de Mimi, et le message qui se dévoilait sous ses yeux était celui qui annonçait l'ouverture de la Chambre des Secrets. Ennemis de l'héritier, prenez garde.

Elle recula d'un pas et ferma les yeux. Une main se posa sur son avant-bras.

— Ginny, ça va ? murmura Seamus, inquiet.

Elle prit une grande inspiration et rouvrit les yeux. La vision avait disparu, tout était revenu à la normale, et son D n'était pas terminé.

— Ouais, juste fatiguée, répondit-elle à Seamus en souriant.

Il lui lança un regard perplexe mais chacun se remit à son travail.

Moins de dix minutes plus tard, ils lancèrent le sortilège que leur avaient donné les jumeaux pour nettoyer leurs pinceaux, les remirent dans le sac de Neville, et reculèrent pour admirer leur œuvre.

Les lettres étaient flageolantes, les lignes droites ne l'étaient pas vraiment, et la peinture rouge avait dégouliné à plusieurs endroits sous chacune des lettres, donnant une allure brouillonne à toute l'entreprise. Le message restait néanmoins clair :

L'armée de Dumbledore recrute toujours.

En soi, le message ne servait à rien de concret. Ce n'était pas comme s'ils laissaient une carte de visite, les gens qui verraient le message ne pourraient pas simplement se joindre à l'AD comme on rejoint un club de Bavboules. Mais ces quelques mots simples laissaient savoir que la résistance à Poudlard n'était pas morte, que tout le monde ne s'aplatissait pas devant le nouveau régime. Et ce message s'appliquait autant aux élèves qu'à Rogue et aux Carrow.

— C'est bon, dit finalement Neville d'une voix basse. On y va.

Le trio récolta son matériel et, quelques minutes plus tard, réveillait à nouveau la Grosse Dame, qui rouspéta encore une fois.

— Des fois je songe à demander qu'on me remplace, grommela-t-elle en les laissant entrer. Les gardiens des autres maisons ne doivent pas bouger aussi souvent que moi. C'est à croire que les élèves de Gryffondor ne dorment jamais…

Elle se ferma, coupant court à sa tirade et laissant les trois amis dans la salle commune réchauffée par le feu qui ronflait toujours dans la cheminée. Ils se félicitèrent mutuellement pour une autre mission graffiti bien réussie, et montèrent se coucher.