Ndla : Voilà le premier chapitre, je suis toute surexcité à l'idée que vous lisiez. Un peu comme si c'était ma première publication. C'est bizarre, la passion, ça repart et ça revient. Mon cœur bat à mille à l'heure et pourtant ce n'est plus de l'inquiétude mais de la joie. Joie à l'idée que ce projet, d'abord abandonné puis repris grâce aux encouragements que j'ai reçu, dont la trame à été écrite laborieusement, est réellement en train de démarrer avec ce premier chapitre.

Bêta : Vous êtes gâtés, c'est grâce à ChocOlive et Nathdawn que vous avez un magnifique texte, débarrassé de toutes les impuretés qui auraient pu vous piquer les yeux. Je les remercie de tout mon cœur ! Leur travail est formidable. Vous pouvez apprécier l'histoire en toute tranquillité. D'ailleurs, c'est une obligation [Je commence à avoir de l'égo, en tout cas, ça y ressemble. C'est terrifiant. ] !

Attention ! Cette histoire est loin d'être rose. Vous allez plonger dans un univers qui deviendra de plus en plus sombre. Ce n'est que le début, si vous n'aimez pas, ne venez pas vous plaindre.

Bonne lecture !


Chapitre 1

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Une voix s'éleva, si chargée en colère, emplie d'une telle envie de meurtre, qu'elle aurait dû mettre, pas seulement une puce à l'oreille de l'interlocuteur mais toute une colonie de ces vermines.

― Bordel marimo ! Continue et à ce train-là, tu vas nourrir les poissons !

Le destinataire de cette menace aurait dû se taire. N'importe qui aurait fait profil bas, marmonné des excuses à la rigueur, en espérant sortir vivant de cet orage dont l'initiateur avait une mèche blonde. Si seulement c'était une personne lambda. Si seulement il n'avait pas levé les yeux avec un air bravache.

Le cuisinier impertinent le regardait de haut, penché à la rambarde avec ce petit air de suffisance que l'autre voulait lui faire ravaler. Ce fut dans ce but qu'il répondit.

― Oh ça va ! Y a pas de quoi en chier une galette, c'est qu'une bouteille !

Cette voix, s'élevant aussi haut dans les cieux que la première, sous-entendait clairement au blondinet en question que c'était à lui de s'écraser. Une part de lui espérait qu'il poursuive cette altercation, qu'elle finisse par aboutir sur une baston. Comme à leur habitude. Ses chances augmentèrent alors qu'il avisait le visage rouge de Sanji, ce qui jurait avec ses cheveux blonds et cet œil bleu.

― Tu sais pas calculer ? Une bouteille, plus une bouteille, plus une bouteille, plus une autre bouteille ça fait…

― Quatre, coupa l'escrimeur.

― Merde alors ! Moi qui pensais que les algues ne savaient pas compter ! ironisa le cuisinier qui enchaîna. La réserve d'alcool est vide alors que je suis allé faire les courses hier ! Tu l'expliques comment ?

― Mais tu sais pas faire les courses ! Dès qu'une nana passe sous ton nez, tu t'empresses de la séduire et t'oublies le reste ! Viens pas te plaindre après, c'est de ta faute.

Cette fois, la proposition était trop tentante. Il aperçut la lueur mauvaise dans l'œil de Sanji. Celle qu'il reconnaissait pour l'avoir déjà vue. Le cuistot venait d'avoir une idée et il se délectait d'avance de l'état dans lequel allait se retrouver l'escrimeur.

Zoro attrapa la liasse de billets que lui jeta son rival, l'observant avec suspicion.

― Puisque je ne sais pas faire… Voilà ton budget. Démerde-toi, gros malin !

Sur ce, Sanji tourna les talons et referma la porte de la cuisine derrière lui. Le sabreur serra entre ses doigts les billets et eut un petit sourire satisfait. Formidable ! S'il lui donnait du fric à chaque fois qu'il insultait sa manière de faire les courses, Zoro allait le faire plus souvent. Il mit cette idée dans un coin de sa tête, rangea les billets dans sa poche et sauta sur la terre ferme. Il comptait sur le cuistot pour dire aux autres où il allait. Qu'ils le sachent ou pas, cela ne faisait pas grande différence à ses yeux.

Il n'avait qu'à traverser cette immense forêt et hop ! Si ses souvenirs étaient bons, d'après la carte que Nami avait récupérée à leur dernière escale, la ville la plus proche était non loin. Il suffisait d'aller tout droit.

Ce fut donc sans inquiétude, sans même une once d'hésitation qu'il s'enfonça dans la forêt.

― Sanji-kun, tu sais où est Zoro ?

Le cuisinier se tourna vers elle, surpris par cette question. De la part de la navigatrice, c'était incongru.

― Nami-san ! Tu es bien adorable de te préoccuper d'un tel rustre ! Je serais presque jaloux si tu n'étais pas auprès de moi, à me faire profiter de cette aura de sensualité et de douceur qui se dégage de t…

― Merci Sanji, coupa-t-elle, mais j'aimerais la version courte.

Ça avait le mérite d'être clair. Le jeune homme ne fit pas attention, il avait trop l'habitude. Et puis, c'était sa Nami-san. Il l'adorait quand elle était aussi tranchante, inflexible…

Il se reprit et, enfin, fournit une réponse à la question de sa tendre navigatrice.

― Il est parti faire les courses. Il n'aimait pas ma façon de faire alors j'ai…

― Tu as quoi ?

Sanji fronça les sourcils, le cheminement vers l'inévitable conséquence de cette décision commençait à se faire dans son esprit. Une boulette, oui, mais une boulette semi-volontaire. Il ressentait une joie assez malsaine en imaginant la galère dans laquelle était le sabreur. Il fallait dire les choses telles qu'elles étaient, il était à peu près sûr qu'il s'était paumé. Aller tout droit, il ne savait pas faire. Suivre un chemin, encore moins.

― Ne t'en fais pas, Nami-san. Cet imbécile sait se débrouiller. Il n'a pas de sens de l'orientation, c'est vrai, mais il ne risque pas grand-chose.

― Il va mettre des mois et tu le sais ! explosa la navigatrice. En plus, je suppose que tu lui as donné de l'argent pour ces courses…

― Seulement le mien.

Il ajouta en quatrième vitesse en croisant la fureur dans les prunelles de la belle rousse.

― Je sais que c'est toi qui gère notre argent de poche, s'il perd l'argent, je me débrouillerai comme je pourrai, je ne te demanderai rien. Ne t'en fais pas Nami, je gère la situation.

Son interlocutrice ne décolérait pas, ses lèvres pincées, ses sourcils arqués, ses poings plaqués sur ses hanches, ces signes indiquaient qu'au contraire, il allait avoir droit à ses foudres. Cela allait être très désagréable pour lui. Il s'attendait au pire, et il avait raison, malheureusement.

― Cela fait trois heures qu'il est parti. Je te laisse encore une heure avant de t'envoyer le chercher. Vous aurez tout intérêt à revenir avant le lever du soleil. Je ne me fais pas d'illusions, le temps que tu trouves Zoro et que tu le ramènes, il fera déjà nuit. Si vous n'êtes pas là quand le soleil se lève, je triple votre dette.

Celle-là, il ne l'avait pas vue venir. Il s'attendait à ce qu'elle lui demande d'aller le chercher mais un tel ultimatum… Mission impossible, il allait devoir se trouver un vrai job pour la rembourser. Parce que être pirate, c'était bien, un pirate qui ne pillait pas les villages et qui avait des principes, encore mieux, mais ce n'était pas de cette manière qu'on devenait riche.

― Bien sûr Nami-swan ! répondit-il pour sauver les apparences.

Pas dupe, la navigatrice eut un petit rictus satisfait et sortit de la cuisine. Sanji fit volte-face, à présent devant son plan de travail, et eut un coup d'œil vers l'horloge. Une heure. Il avait tout juste le temps de faire à manger. Il ferait dîner l'équipage et il partirait à la recherche de cette boussole complètement tordue. Finalement, son idée pour avoir enfin la paix se retournait contre lui. Il aurait dû s'en douter, ce débile ne lui causait que des ennuis.

Il était amer. Non seulement, il avait fâché Nami-san mais il allait aussi devoir supporter tête de cactus pendant un moment qui promettait d'être long. Et douloureux.

Sanji regarda une quarantaine de fois l'horloge durant trois quart d'heure. Presque une fois toutes les minutes, lui qui s'en souciait si peu quand il ne s'agissait pas de surveiller la préparation d'un de ses plats. Il sortit de la cuisine pour se griller une clope. Il avait encore quelques minutes devant lui avant d'appeler les autres. En descendant sur le pont, il croisa Usopp accoudé au bastingage, les yeux rivés vers la forêt.

― Elle va pas te sauter dessus, fit remarquer Sanji.

Le canonnier sursauta puis bomba le torse avec fierté.

― J'ai pas peur ! Je te rappelle que c'est tout de même le Capitaine Usopp qui a rasé toutes les forêts d'Alabasta, raison pour laquelle à présent c'est un immense désert. Je m'y connais mieux en forêt que…

― J'ai compris, déclara d'un ton tranchant le cuisinier. Alors, elle te dérange en quoi cette forêt ?

― J'ai jeté un coup d'œil à la carte.

Sanji laissa échapper une bouffée de fumée de sa cigarette, croisant les bras. Il attendait la suite qui ne venait pas. Il l'encouragea, sa curiosité écartant son agacement.

― Et donc ?

― Endless Forest.

L'exaspération revint par le ton craintif d'Usopp. Sanji leva les yeux au ciel.

― Zut alors ! On est foutus, elle se nomme Endless Forest ! Ça fout les chocottes, effectivement ! lâcha-t-il avec un ton pseudo-dramatique.

― Sois un peu sérieux Sanji. Y a pas un bout de côte qui soit épargné, je suis certain qu'elle s'étale sur toute l'île, cette forêt !

― Je vais prévenir Chopper que tu deviens hylophobe*.

― Je la trouve malsaine, c'est tout.

Sanji se fit pensif, ses yeux suivant le regard de son compagnon de voyage. Il finit par tapoter l'épaule gauche d'Usopp et décida d'en finir avec cette conversation qui était ridicule.

― Le repas est prêt, va prévenir les autres au lieu de te faire peur. C'est moi qui dois y aller. Pas toi.

Usopp eut une grimace, compatissant. Zoro n'était pas revenu et à chaque fois, c'était à Sanji que revenait la corvée de le ramener. Il n'y avait que lui pour ça. Il avait la patience, le courage, la force mentale aussi. Toutes les qualités qui étaient indispensables pour cette mission. Le canonnier repartit pour annoncer la nouvelle à l'équipage. Sanji, lui, ne bougea pas d'un pouce. Il observait avec une étrange fascination la forêt. Il sentait une mystérieuse angoisse lui nouer la gorge et l'estomac. L'appréhension s'empara de lui l'espace d'une seconde. Son corps eut un frisson et il se secoua vivement pour se débarrasser de ces sentiments qu'il ne comprenait pas, qui n'avaient pas raison d'être. Si la maladie du je-ne-veux-pas-aller-sur-cette-île d'Usopp était contagieuse, Sanji avait du mouron à se faire. Autant demander à Chopper de chercher un remède tout de suite.

N'empêche, cette forêt était tellement calme, tellement sinistre.

Il était emballé à l'idée d'y entrer et de prouver qu'elle n'était pas aussi flippante qu'elle en avait l'air. Les apparences étaient toujours trompeuses.

Le cuisinier se pencha en avant, ses coudes plantés au garde-fou, et le nom de cette forêt s'imposa à lui.

―Endless Forest hein ? dit-il à haute voix. Je sens que ça va me plaire…

Il était sarcastique à ses moments perdus. Un léger sourire flotta quelques secondes à ses lèvres. Oui, il allait galérer, cela allait être un calvaire de supporter le marimo mais au moins, il allait s'aérer l'esprit. Une bonne balade en forêt, le temps de se calmer, de formuler ses futurs reproches envers l'escrimeur.

Un quart d'heure plus tard, il sauta d'un bond du Vogue Merry avec la ferme intention de retrouver cette abrutie d'algue. Les mains dans les poches, il fit un petit récapitulatif dans sa tête, pour être certain qu'il n'avait rien oublié. Il avait pris avec lui un sac dans lequel il avait mis l'essentiel : quatre paquets de cigarette, quelques vivres, des bouteilles d'eau, une carte de l'île et une lampe torche. Nami avait réussi à en vol… prendre un double. Dans sa bonté d'âme, elle la lui avait confiée tout en lui rappelant qu'il y avait plutôt intérêt à ce qu'il se dépêche.

Sanji avait ravalé sa langue pour éviter de lui faire remarquer que cette île faisait 6,23 km2 de superficie et que ce serait déjà un petit miracle s'il trouvait ce fichu sabreur. Il pardonnait sa Nami-san, au fond, elle le faisait parce qu'elle s'inquiétait pour lui. Evidemment ! Pour quelle autre raison sinon ? L'argent ? Non, pas sa Nami-swan.

Ce fut d'un pas serein qu'il pénétra dans la forêt, mains dans les poches.

Vite ennuyé par la marche, ses pieds fixés sur le chemin tout tracé dans la terre, laissé à l'abandon à la vue des timides herbes folles et des branches de ronces qui traînaient paresseusement, Sanji se fit la réflexion qu'il y avait peu de chance qu'il trouve Zoro grâce à cette route. Le connaissant, il l'avait très vite quittée en songeant qu'il pouvait trouver le moyen d'arriver en ville sans elle.

Quelle idée de partir sans boussole et sans carte aussi ! Il avait compté sur Sanji pour le lui dire ? Il n'était pas sa mère et c'était fort heureux ! Le destin était parfois sadique. Endless Forest ? Sérieusement ? Combiné ce nom avec le sens de l'orientation de Zoro, c'était un parfait combo.

Plus il avançait, plus la constatation prenait de la place, envahissante, tournant en boucle dans sa tête. Il était trop calme ce bois. Trop silencieux. Pas un cri de chouette pour signifier que tout allait bien. Rien.

Les sons de la mer s'estompaient peu à peu, au fur et à mesure qu'il s'éloignait des côtes. Ce bruit-là était rassurant et en être privé renforçait cette tension qui devenait palpable. Il ne voyait déjà plus le Vogue Merry en jetant un œil derrière lui. Comme si la forêt s'était refermée derrière lui à la manière d'une porte. Avec un peu d'imagination, les craquements du bois ressemblaient à un claquement.

Il n'y avait pas une brise pour agiter les arbres aux troncs noircis par les ténèbres. Sanji était contraint de faire de grandes enjambées pour passer au-dessus d'un arbre abattu, d'un rocher. Il apercevait de temps en temps les souches et s'attardait peu sur le point de rupture. Les troncs n'avaient aucune trace de coupe nette. Comme si on avait foncé dedans jusqu'à ce que le bois cède. Et vue la hauteur, ce n'était pas un petit animal.

Du revers de la main, Sanji essuya une goutte de sueur sur son front. L'air était chaud et il arrivait à frissonner.

Il ne cessait de monter. Le cuisinier avait beau être endurant, il commençait à se demander quand la route allait devenir horizontale. Ça l'arrangerait.

Normalement, il aurait dû appeler Zoro. C'était ce qu'on était sensé faire lorsqu'on cherchait quelqu'un, non ? Du genre « si il y a une algue ici, qu'elle se manifeste ! » ou « Marimo ! Ramène tes fesses avant que je te trouve et t'envoie dans ton habitat naturel ! »

Mais là… Il avait l'impression que s'il révélait sa propre présence, il y aurait des trucs pas très souhaitables pour sa pomme qui allaient se produire. Et zut, le syndrome Usopp… J'aurais dû demander à Chopper de me donner des… des… Est-ce que ça se soigne ça ? J'espère…

Sanji scrutait la pénombre, s'attendant à chaque instant à voir la silhouette de son rival. Il tendait l'oreille, se disant que Zoro allait forcément ronchonner dans sa barbe imaginaire.

Il eut un petit soupir de soulagement lorsqu'il arriva en haut de… quoi en fait ? Une petite montagne ? Probable.

Le jeune homme s'assit sur un rocher, prenant une petite pause dans sa recherche. C'était peut-être peine perdue, vue la superficie.

À bien y réfléchir, Zoro était une sorte de boomerang. Il partait mais on savait qu'il allait finir par revenir. C'était douloureux pour les gens au passage néanmoins l'essentiel, c'était qu'il rentre au bercail.

Sanji n'avait pas l'intention de rester là toute la nuit. Nuit qui était en train de s'installer. Il sortit sa lampe torche de son sac.

Il entendit le froissement typique d'une feuille de papier. Intrigué, Sanji souleva son pied et son regard chût sur un carnet à la couverture bleue tachetée de rouge. De la peinture sans doute… Quel cliché miteux ! songea le jeune homme. Piqué par la curiosité, il alluma sa lampe et, ouvrant le carnet, la braqua sur la première page.

― « Dr Caega, île de Seede, Endless Forest », lut-il à haute voix.

Mince, c'était l'endroit où il se trouvait. Quelqu'un vivait ici ? Pas sûr vu que ce carnet était abandonné là. Il poursuivit sa lecture, intérieurement satisfait que le vent se soit enfin levé. La fraîcheur balayait la chaleur cuisante de son visage. Il crut qu'il provoquait les bruissements venant des buissons. Son malaise gagna en intensité lorsqu'il lut les dernières lignes de la page.

« Parce que si vous avez trouvé mon cahier, c'est que vous aussi, vous êtes ici. Avec moi. »

Il referma le carnet, soudainement inquiet.

― J'espère que ce foutu marimo ne s'est pas attiré d'ennuis, marmonna le cuisinier.

Il devait vite repartir à sa recherche. Il le sentait pas là, l'atmosphère commençait à lui déplaire. Cela devenait malsain. On ne mettait pas un carnet là par hasard, il n'était même pas humide ni taché de boue.

― Te voilà, sale petite pute… entendit-il derrière lui.

Sanji bondit sur ses pieds et se retourna. La lumière parcellaire de sa lampe révéla une monstruosité. Une de celle qui vous pétrifiait sur place. Tout son corps lui disait de se barrer devant ces dents serrées, cette bouche sans lèvres, ces petits yeux porcins. Impossible de rebrousser chemin, il était devant lui. Même son instinct lui hurlait de ne pas s'attarder ici, c'est dire.

Il se prit la droite du nouveau venu en pleine mâchoire. Il lâcha le carnet et la lampe, plaqué contre terre. Ignorant la douleur tant bien que mal, il posa ses mains au sol et fit une roulade arrière pour éviter un second coup de poing. Poing qui faisait la taille de sa tête, soit dit en passant. L'inconnu lui assena un coup de pied, visant le visage. Sanji se trouva au sol une seconde fois, sonné. Il sentit sur son cou la poigne de ce qui ressemblait vaguement à une main d'homme qui la resserra et le souleva, regardant le cuisinier se débattre et tenter de se défaire de son emprise.

Il avait ses pieds et une assez bonne allonge. Ça devait le faire. Même sans élan, sa puissance était non négligeable. Le problème était la distance, il ne savait pas si le corps de son ennemi était à sa portée. La lampe au sol n'illuminait que ses pieds. Ceux de Sanji devaient être au niveau de son ventre mais c'était tout ce qu'il savait. Il devait faire vite, il suffoquait. Le jeune homme tâta le bras de l'inconnu et s'aperçut que le coude était plié. C'était bien suffisant.

Il balança son pied vers l'arrière et le lança contre l'abdomen de son ennemi… qui ne broncha pas, à sa plus grande surprise. Il retenta une deuxième puis une troisième fois. Peine perdue. Il repoussa le sentiment de panique qui allait lui faire perdre toute raison et se mit en tête de frapper l'épaule. Avec un peu de chance, il la déboîterait et sous le coup de la douleur, il le lâcherait.

Avant qu'il n'ait le temps d'essayer, le colosse l'approcha pour le jeter face à lui. Le dos de Sanji heurta un rocher et, le souffle coupé, il dévala une pente sur plus d'une dizaine de mètres, sans réussir à freiner. Finalement, il plongea dans un cours d'eau. L'eau froide lui permit de reprendre ses esprits. Il s'accrocha à la rive et se hissa péniblement sur la berge. Son corps était douloureux, malmené par les rochers qu'il avait rencontrés.

Un ennemi qui résistait à ses coups… Une seule question tournait dans son esprit. Pourquoi est-ce que cela lui arrivait ? C'était une situation inédite !

Il entendit un bruit de chaîne accompagné de pas lourds. Grelottant, Sanji sonda l'obscurité. Où était-il maintenant ?

― Me voilà, ma petite !

Sanji sursauta et fit demi-tour. Comment il avait fait ? Ils étaient plusieurs ?

Le poing qui rencontra ses côtes lui indiqua que non. Un autre coup à l'arrière de son crâne suffit à lui faire perdre conscience.

Deux mots lui vinrent à l'esprit juste avant qu'il ne sombre.

Foutu… Marimo…

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A suivre…


*peur des forêts.

Pour le visuel, l'île ressemble à celle de Queimada Grande. On y met plus de forêt, six bon petits kilomètres de superficie mais c'est ça. J'aime bien avoir l'image de l'île qui va être le théâtre de l'aventure en tête. Comme Oda nous donne toujours les plans des îles...

J'ai déjà presque tout dit au début alors j'espère simplement que tu as apprécié ce chapitre, cher lecteur. Le seul moyen de m'en assurer, c'est de me laisser une review.

A très bientôt et, d'ici là, portez-vous bien !