Le Poudlard Express avait quitté la gare de Pré-au-Lard depuis un peu plus d'une heure. Ginny, Luna, Neville et Seamus jouaient aux cartes dans un compartiment, laissant calmement passer le temps avant d'arriver à la plate-forme 9 ¾. Chacun avait hâte de retrouver sa famille, mais Ginny savait que la fête de Noël ne serait pas pareille, cette année, sans Ron ni Harry. Toute la famille ne pourrait s'empêcher de s'inquiéter, même s'ils feraient tout leur possible pour que tout soit comme avant. Seule peut-être la tante Muriel n'aurait pas changé. Pour une fois, ses remarques désagréables habituelles seraient les bienvenues.

Soudain, le train s'arrêta brusquement. Ginny regarda par la fenêtre, mais elle ne vit rien qui sortait de l'ordinaire. Ils étaient au milieu d'un champ, entourés de larges étendues de neige vierge.

— Oh, pas encore, maugréa Neville. Ils pensent peut-être que Harry a décidé de monter sur le train avec nous à Pré-au-Lard ? Mais ils sont idiots ou quoi ?

Ginny ouvrit la bouche pour répondre mais la noirceur tomba sur le wagon. Elle fronça les sourcils et regarda vers la fenêtre. Ce n'était que le début de l'après-midi, le soleil était encore haut dans le ciel, mais elle ne voyait rien, même pas l'ombre de la fenêtre. Elle pensa un instant aux Détraqueurs qui avaient envahi le train au début de sa deuxième année, mais ça ne semblait pas être le cas cette fois-ci. Elle ne sentait pas de froid ni de désespoir. De toute façon, se dit-elle en serrant son poing sur sa baguette, cette fois-ci, elle saurait se défendre.

— Ginny ? lui parvint la voix de Neville à sa droite. Luna, Seamus ? Tout va bien ?
— Ouais.
— Lumos, dit Seamus.

Rien ne se passa, aucune lumière ne vint illuminer l'intérieur du compartiment. Les trois autres essayèrent à leur tour, et ils entendaient, à travers la porte, leurs voisins de wagon tenter le même sortilège sans succès.

— Neville ? Tu as une idée de ce qui se passe ?

Ginny sentit son voisin hausser les épaules et l'entendit se lever, suivant à tâtons le mur du compartiment vers la porte, qu'il fit glisser.

Ils entendirent alors tous les autres élèves du wagon, tout aussi perplexes qu'eux, se demander ce qui se passait.

— Lavande, Parvati, Padma, vous êtes là ? appela Neville par-dessus le vacarme.
— Ouais, avec Michael et Terry, répondit la voix de Lavande, à l'autre bout du wagon. Les Poufsouffle sont dans le compartiment d'en face.
— Sortez donc vos baguettes.

Certains autres élèves, qui ne faisaient pas partie de l'AD, lâchèrent des petits cris et Ginny entendit de grands fracas alors qu'ils tombaient certainement l'un par-dessus l'autre pour s'éloigner le plus possible du fou qui avait demandé à ce qu'on sorte ses baguettes.

Ginny, la sienne dans la main depuis un moment, s'avança dans le compartiment, sa main libre tendue devant elle, jusqu'à ce qu'elle sente le bras de Neville. Elle se plaça à côté de lui et lui demanda d'une voix basse :

— Tu crois que c'est qui ? Des Mangemorts ou des Rafleurs ?
— Ça ne peut pas être des Rafleurs, ils savent bien qu'un né-Moldu aurait immédiatement été découvert et renvoyé par les Carrow. Non, ça doit être les Mangemorts.
— Qui est-ce qu'ils veulent ?

Neville haussa les épaules puis, réalisant que son amie ne pouvait pas le voir, dit à voix haute :

— Je ne sais pas.

À ce moment, ils entendirent distinctement la porte du wagon s'ouvrir.

— Qui êtes-vous ? demanda Neville d'une voix forte. Vous n'avez pas le droit d'envahir le train comme ça, et nous —

Une explosion se fit entendre, et Ginny fut projetée contre le mur, ses oreilles bourdonnant.

— Neville ! hurla-t-elle, ignorant la douleur de son épaule qui avait heurté le chambranle de la porte. Neville !
— Ça... ça va, toussa le jeune homme. Je n'ai rien.

Ginny sentit plusieurs formes passer à côté d'elle. Elle leva sa baguette, mais dans cette noirceur, elle ne savait pas où viser, qui était ennemi et qui ne l'était pas. Puis elle entendit un hurlement à sa gauche.

— Luna ! crièrent simultanément Neville, Ginny et Seamus.

Une main attrapa la manche de Ginny et la jeune Gryffondor s'agrippa au bras, tentant de tirer Luna vers elle, mais elle reçut un violent coup à la tempe et tomba contre la banquette, inconsciente.


Quand elle ouvrit les yeux, la lumière était revenue et les deux garçons de septième année étaient devant elle. Derrière eux, elle voyait Cormac, Lavande, Parvati et Michael. Autour de la porte du compartiment s'agglutinaient ce qui semblait être tous les autres membres de l'AD, voire tous les occupants du wagon. Elle cligna des yeux plusieurs fois, confuse, puis les évènements qui venaient de se dérouler lui revinrent. Elle se redressa abruptement, ignorant la douleur qui surgit dans sa tête au mouvement brusque, et fixa ses yeux sur ceux de Neville.

— Luna ? demanda-t-elle.
— Elle a disparu.
— Quoi ? Qui ? Pourquoi ?

Neville et Seamus se débarrassèrent de tous les élèves qui s'entassaient à la porte, curieux. Après quelques minutes pendant lesquelles ils durent répéter qu'ils ne savaient pas plus qu'eux ce qui s'était passé et que Ginny allait bien mais avait besoin de respirer, ils réussirent à fermer la porte. Seuls Cormac et Lavande étaient restés dans le compartiment. Ils avaient sorti un sac de glace de Merlin sait où et l'avaient donné à Ginny, qui le pressait maintenant contre sa temps, le froid soulageant la douleur sourde. Les garçons de septième année s'assirent en face d'elle. Les cartes auxquelles ils jouaient avant l'attaque avaient volé partout dans le compartiment, certaines reposaient sur les banquettes, d'autres tapissaient le sol, mais pour l'instant, personne ne s'en préoccupait, ils voulaient juste savoir ce qui était arrivé à Luna.

— On ne sait toujours pas qui c'était, ni pourquoi ils ont pris Luna et personne d'autre.

Cormac et Lavande aussi étaient pendus aux lèvres de Neville. Ils n'avaient pas été dans le compartiment quand Luna avait été enlevée, et voulaient donc autant que Ginny savoir ce qui s'était passé.

— On peut présumer sans trop de risques que c'était des Mangemorts, je suppose, continua le jeune homme.
— Peut-être veulent-ils faire pression sur Xenophilius ? intervint Seamus.

Chacun contempla ce que cette possibilité impliquait. Cela voulait peut-être dire qu'il n'y aurait plus de Chicaneur, pendant un moment au moins, peut-être jusqu'à la fin de la guerre. Ce n'était pas une perspective joyeuse ; le journal, qui auparavant avait été ridiculisé par tout le monde, était aujourd'hui une des seules sources fiables d'informations sur la guerre. Il ne fallait plus compter sur la Gazette, qui était sous le contrôle du ministère et publiait uniquement ce qui les avantageait d'une façon ou d'une autre.

Ils ne pouvaient qu'espérer que les Lovegood étaient sains et saufs, Luna comme Xenophilius.

— S'ils ont enlevé Luna pour faire pression sur son père, c'est qu'ils ont besoin de lui, donc il doit être toujours vivant, tenta de les rassurer Cormac. Et ils ne feront pas de mal à Luna tant qu'ils auront besoin de Xenophilius.

Les autres hochèrent la tête, se raccrochant à ce maigre espoir.

Neville et Seamus sortirent alors du compartiment pour aller parler aux autres membres de l'AD — surtout aux autres Serdaigle, qui s'inquiétaient sans doute du sort de leur collègue. Lavande s'appuya sur Cormac, quelques larmes coulant sur ses joues. Le garçon passa un bras autour de ses épaules et la serra contre elle, murmurant que tout allait se terminer un jour.

Ginny s'approcha de la fenêtre et posa son front — du côté qui n'était pas blessé — dessus, observant d'un œil absent le paysage qui défilait sous son regard. Son esprit, lui, était ailleurs. Elle aurait voulu tirer sa malle vers elle, en sortir le journal de Jedusor et lui déballer toutes ses doléances, mais elle ne pouvait pas faire ça avant d'être chez elle, seule dans sa chambre. Il faudrait qu'elle fasse particulièrement attention à son père : s'il la voyait avec le cahier de Tom, elle n'aurait même pas le temps de dire « Jedusor » qu'il l'aurait jeté au feu.

Il lui semblait qu'elle perdait tous ses amis, un à un. Hermione, Ron et Harry, d'abord. Dean, Colin. Maintenant, Luna. À quand le tour de Neville, de Seamus, des autres ? Ou peut-être serait-ce elle la prochaine. Après tout, il y avait beaucoup de membres de sa famille qu'ils pourraient faire chanter en la kidnappant. Ça l'étonnait même qu'ils n'aient pas déjà essayé.

Elle ferma les yeux, s'efforçant de ne pas pleurer. Dans tout ce maelström, il ne restait que Tom. C'était certes étrange de se dire que le passé de Voldemort était son ami, aujourd'hui, mais c'était le cas. Tom n'était pas Voldemort et Voldemort n'était pas Tom. Mais Tom deviendrait Voldemort. Peut-être Ginny aurait-elle le temps de trouver le cœur qui se cachait dans le jeune homme, qu'il avait perdu depuis si longtemps.

Quand Neville et Seamus réapparurent dans le compartiment, près d'une heure plus tard, Ginny s'était endormie contre la fenêtre et Lavande contre Cormac. Les trois garçons discutèrent un moment à voix basse, afin de ne pas réveiller leurs amies, mais chacun finit par se replonger dans ses pensées et le voyage vers la gare de King's Cross se termina dans un silence pesant.


Ginny fut réveillée par l'arrêt du train. Par la fenêtre, elle voyait maintenant l'intérieur de la gare, où des armées de parents inquiets attendaient leurs enfants. Il y avait moins d'élèves qu'avant, on se serait attendu à ce qu'il y ait aussi moins de parents, mais le contraire semblait se produire : tous les membres de la famille voulaient venir chercher leurs rejetons à la gare, s'assurer de leurs propres yeux qu'ils étaient encore vivants et en bonne santé. Le cœur de Ginny plongea. Pour un père et sa fille, ce Noël, il n'y aurait pas de réunion heureuse.

Les autres occupants du compartiment avaient déjà récupéré leurs malles. Ils regardaient d'un air incertain celle de Luna, toujours dans le panier.

— On peut la prendre, vous croyez ?

Neville secoua la tête.

— Je vais trouver un gardien sur le quai, lui dire que la malle de Luna est toujours là.

Dépités, les trois Gryffondor rejoignirent le flot d'élèves qui descendait sur le quai. Après la mésaventure du début du trajet, un peu de bonne humeur semblait être revenu. La plupart des élèves étaient heureux de retrouver leurs parents et leurs maisons pour Noël, et d'échapper au régime des Carrow pendant quelques jours. Seuls les quelques membres de l'AD qu'ils croisèrent avaient toujours le visage triste. Ils semblaient presque en deuil. « Mais elle n'est pas morte ! » avait envie de crier Ginny. « Luna n'est pas morte ! »

— Ginny ! Ginny !

La jeune fille eut à peine le temps de se retourner avant de se faire emprisonner par les bras chauds et maternels. Elle se laissa fondre un instant dans l'embrassade de sa mère, savourant elle aussi un instant le plaisir d'être de retour chez elle. Avant de se laisser aller complètement et d'éclater en sanglots, elle recula.

— Salut, maman. Ça —
— Qu'est-ce qui est arrivé à ton visage ? s'exclama Molly en prenant le menton de sa fille pour tirer sa tête vers elle.
— Molly, tu lui fais mal, dit Arthur en embrassant à son tour son unique fille.
— Papa, ils ont enlevé Luna.

Arthur fronça les sourcils.

— Qui ? Les Mangemorts ?
— On suppose, mais on n'a rien vu. Ils avaient... je ne sais pas... c'est comme s'ils avaient aspiré toute la lumière.
— On en parlera à la maison. Viens.

Ginny prit quelques minutes pour embrasser Neville et Seamus et leur souhaiter un joyeux Noël.

— Promettez-moi qu'on se reverra l'an prochain, tous les deux, dit Ginny, ne blaguant seulement qu'à moitié.

En sortant de la gare, elle vit Cormac et Lavande, qui se présentaient l'un l'autre à leurs parents respectifs. Ginny sourit. Au moins une bonne chose serait à célébrer cette année.

— Vous avez vu Xenophilius ? demanda Ginny après qu'ils eurent passé le mur de la gare 9 ¾ alors qu'ils se dirigeaient vers le stationnement. Il est venu chercher Luna ?
— Non, maintenant que tu le dis, il n'était pas là, répondit Molly en fronçant les sourcils. Il y avait beaucoup de gens, c'est vrai, mais tu le connais, il est difficile à manquer, même dans une foule...

Sa poigne se resserra sur le bras de sa fille.

— Tu crois qu'il savait que Luna –
— À la maison ! coupa Arthur d'une voix sèche.

Ginny échangea un coup d'œil avec sa mère et elles hochèrent la tête. Elles s'étaient bien comprises.


Ce fut avec un véritable soulagement que Ginny vit sa maison se dessiner contre le ciel au détour d'une rue. Arthur arrêta la vieille voiture – une de celles qu'il avait retapées, pas celle qui volait – dans la cour, semant la panique dans le poulailler, et sortit la malle de Ginny du coffre pendant que sa femme et sa fille se dirigeaient vers la maison. Ginny constata avec un sourire que la boucle était accrochée à la porte, comme elle l'était toutes les années précédentes, et entra dans la maison pour se trouver nez à nez avec une baguette. Son cœur ne fit qu'un tour, mais elle vit que c'était Charlie qui la tenait. Les jumeaux se tenaient derrière lui, l'air ennuyé.

Charlie dirigea sa baguette vers Molly en adressant à peine un coup d'œil à Ginny.

— L'âge où j'ai eu la varicelle ?
— Trois ans. La couleur de la crème que je te mettais pour te soulager ?
— Verte.

Charlie baissa sa baguette et embrassa sa mère. Les jumeaux sautèrent sur leur sœur, faisant des commentaires admiratifs sur le bleu qui commençait à naître sur sa tempe.

— Tu t'es battue, sœurette ?
— Dis-nous que c'était avec Malefoy.
— Et qu'il est aussi amoché que toi.
— Laissez-la respirer un peu, dit Arthur en entrant derrière eux, traînant la lourde malle de sa fille. Et rendez-vous utiles, montez ça dans sa chambre.

Pendant que Fred et George faisaient léviter sa malle jusqu'au haut de l'escalier, Ginny jeta un œil à l'horloge du salon, celle où chaque aiguille portait le visage d'un des membres de la famille. Comme la dernière fois qu'elle avait été à la maison, chacune d'entre elles était pointée sur « En danger de mort ». Ginny s'apprêta à se détourner, mais remarqua quelque chose. Elle s'approcha de l'horloge.

— Il y a des nouvelles aiguilles ? demanda-t-elle à sa mère, qui venait d'entrer dans le salon avec une assiette de petits fours.
— Eh bien, il y a Fleur, mais tu étais encore là quand je l'ai rajoutée. Ça devait être son cadeau de noces, mais vu les circonstances… Et le mois dernier, j'en ai fait pour Harry et Hermione.

Ces deux-là étaient aussi en danger de mort, bien sûr, mais Ginny trouvait quelque chose de rassurant de les voir là. Déjà, ils n'étaient pas sur la case « Mort ». Elle eut soudain envie de voir tous ses amis là. Dont Luna. Surtout Luna.

Les Weasley finirent par s'installer dans le salon, où Molly avait installé le sapin de Noël. Ginny se cala contre l'épaule de Charlie, les jumeaux tassés de l'autre côté d'elle sur le fauteuil, et pour la première fois depuis des mois elle se sentit véritablement en sécurité. Pendant une dizaine de minutes, ils parlèrent de tout et de rien. Ginny demanda des nouvelles de Bill et de Fleur, et apprit qu'ils ne viendraient pas passer le réveillon et le jour de Noël avec eux. Ils avaient envoyé un mot la semaine précédente pour dire qu'ils voulaient passer Noël seuls, pour leurs premières fêtes en tant que couple marié. Molly avait été déçue, évidemment, mais avait compris. Après tout, elle avait regretté d'avoir passé Noël avec sa propre mère l'année où elle avait épousé Arthur. Fred et George s'informèrent du bien-être de Rusard et de Miss Teigne, et semblèrent déçus quand leur sœur les informa que tous deux se portaient à merveille.

Puis Arthur demanda à Ginny de raconter ce qui s'était passé dans le train. Celle-ci narra tout l'épisode de l'attaque, de l'arrêt du train et la tombée mystérieuse de l'obscurité au coup qu'elle avait reçu sur la tempe.

— Neville m'a dit que j'ai été inconsciente seulement quelques minutes, finit-elle. Mais pendant ce temps-là, la lumière est revenue et Luna a disparu.

La famille discuta des évènements, mais ils ne vinrent à aucune conclusion différente de ce que Ginny et ses amis avaient déduit dans le train. L'absence de Xenophilius de la gare de King's Cross, cette journée-là, lui qui allait toujours chercher sa fille unique à la gare, semblait seulement confirmer que la disparition de la Serdaigle avait quelque chose à voir avec lui.

— Vous avez des nouvelles de Harry ? demanda Ginny sans grand espoir — s'il y en avait, ils l'auraient su par la radio, et elle l'aurait entendue aussi.

Ils secouèrent la tête. Personne ne savait rien, à part qu'ils n'étaient pas morts. Avec le nombre de gens qui le cherchait, toutes les fois où ils parlaient de lui dans la Gazette ou à la radio, Ginny ne doutait pas qu'elle en entendrait parler à la seconde où il était attrapé. Elle ne pouvait qu'espérer que ça serait sur Potterveille qu'elle entendrait son nom en premier.

Ginny passa un long moment à leur parler de Poudlard. Les lettres étant surveillées, elle ne pouvait pas tout écrire quand elle écrivait à sa famille, une fois par semaine. Charlie la serra dans ses bras quand elle raconta les cours de Forces du Mal où Amycus Carrow tentait de les obliger à torturer de jeunes élèves. Molly couvrit sa bouche avec une expression d'horreur quand Ginny raconta sa retenue avec Alecto. Fred et George applaudirent quand elle relata les progrès de l'AD et leurs efforts de rébellion.

De son côté, elle apprit que Remus était retourné vivre avec Tonks – dont la grossesse se passait à merveille, à ce qu'en disaient ses parents.

— C'est pour bientôt, dit Molly avec un sourire. Un petit garçon.
— On prend des paris sur sa couleur de cheveux à la naissance, dit Fred. J'ai mis trois Gallions sur orange.
— Kingsley est en fuite, dit aussi Arthur.
— Oui, Bill l'a dit à Nigel le mois dernier, mais elle n'a pas eu le temps de lui dire pourquoi, ils ont failli se faire voir par Rogue.
— Il avait brisé le Tabou, expliqua Charlie. Il a failli se faire attraper, mais a réussi à s'échapper.
— Il doit y avoir plus de sorciers en fuite que de gens encore chez eux, ces temps-ci.

Ginny sourit, mais George avait peut-être raison. Il lui semblait que tous les jours, une nouvelle de ses connaissances devait se mettre à fuir. Enfin, mieux vaut en fuite que mort, se dit-elle.

La conversation vira rapidement vers des contrées plus légères. Ginny était rentrée saine et sauve, toute la famille allait bien, c'était presque Noël, ils n'allaient tout de même pas passer la soirée à se morfondre.

Plusieurs heures plus tard, après un dîner copieux préparé par Molly, Ginny monta se coucher en bâillant. Rassasiée, fatiguée et heureuse d'une bonne soirée passée en compagnie de sa famille qui l'aimait, elle ne songea même pas à ouvrir le journal de Tom. Elle s'endormit au moment où sa tête toucha l'oreiller.