Remerciement : Mes deux bêtas qui magnifient de leur aide cette fanfiction. Non, jamais je n'oserais exagérer !

Je sais que tu dois me détester, oui toi, le lecteur derrière ton écran. La fin du précédent chapitre a dû te donner l'envie de me tuer. Puis tu t'es dis que si tu le faisais, tu n'aurais pas la fin. Bravo, tu es quelqu'un de sage. Ou rationnel. On est fait pour s'entendre !

Comme dit précédemment, je ne compte pas arrêter cette manie du minutieux découpage parce qu'après tout... C'est de cette manière que je peux m'assurer que vous reviendrez !

Bonne lecture !


Chapitre 8

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Plus tôt...

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Zoro jurait, pestait, maudissait à voix basse, les yeux collés à la carte que le cuistot lui avait jeté à la figure avant de le planter là. Ce n'est pas comme s'il l'avait prévu toutefois. Avec ce fichu Cook, il n'était jamais sûr de rien.

Impatient, il devait se contraindre à marcher. Il était tendu comme un arc, prêt à décharger sa fureur sur le premier venu. L'état de Sanji lui faisait redouter le pire. S'il avait vaincu l'une des enflures qui rôdaient dans cet endroit, le sabreur en aurait entendu parler dès que le love-cook l'aurait libéré. Il fallait absolument qu'il récupère ses sabres. Il se sentirait mieux une fois que ses armes seraient entre ses mains. Il aurait la maîtrise de la situation.

Il comptait bien faire un carnage.

L'épéiste s'arrêta net, son regard balayant ce qui se présentait dans son champ de vision. Il avait la désagréable sensation d'être observé. Son instinct de chasseur savait reconnaître cette impression et un frisson le secoua. Il reprit la marche, exceptionnellement consciencieux dans sa lecture du plan. Il ne fallait pas qu'il foire son coup, c'était tout de même de ses sabres dont il était question !

Ce fut long. Ce fut ennuyeux. A tel point que la possibilité que le point d'arrivée soit piégé devint une évidence lorsqu'il se retrouva devant la porte derrière laquelle devait se trouver ses katanas. Il plaça la carte sous son haramaki, préférant garder les deux mains libres pour pouvoir se défendre efficacement.

Il posa la main sur la poignée, calmement, prenant exagérément son temps. Tout ce qu'il avait à faire était de prendre ses sabres et de se tirer pour trouver Sanji. S'il n'y avait rien, il l'attendrait là pour être certain de le croiser.

Zoro poussa le battant, le laissant expressément ouvert, et s'empressa d'allumer la lumière. Son regard ne savait où se poser. Il était tombé dans une armurerie ou quoi ? Les murs étaient couverts d'armes à feu de toutes catégories, d'épées, de sabres. Il y avait quelque chose d'anxiogène à voir cet étalage d'instruments meurtriers. Il déglutit péniblement, gardant cet air impassible qui le caractérisait alors que son estomac se nouait. Il repéra ses trois sabres et eut un soupir de soulagement en les accrochant à sa hanche. Bon sang ! Cette sensation qu'on lui donnait le droit de décider de la vie et de la mort d'autrui était grisante.

Alors que le sabreur allait repartir, il avisa une table couverte de paperasse. Il crut reconnaître des avis de recherches et, poussé par son instinct, il s'y dirigea et écarta quelques feuillets avant de prendre celle dont la photo lui était familière.

C'était... Noix-de-Coco ? Lui, il avait été un pirate ? Gaston* McCormick... Même son vrai prénom est pourri. Ses parents le détestaient ou quoi ? 20 000 000 de berry, c'est généreux pour un tel plouc.

Cela voulait donc dire que... Toutes ces personnes ici étaient d'anciens pirates ? Étrange fixette du proprio des lieux. Il lâcha l'affiche avec une mine de dégoût et vit sa propre figure. Il se saisit du bout de papier. 60 000 000 de berry...Je vaux mieux que ça !

Il en vit un autre, dont la prime était semblable à la sienne. Il approcha sa main et...

― C'est ce que je valais avant.

Une voix assurée, moqueuse, lui fit stopper son geste. Le regard de Zoro s'aiguisa, devenant celui d'un prédateur, et il tenta de jeter un œil derrière lui pour connaître l'identité de cette voix. Sa main gauche était près de la garde de ses sabres. Il n'avait qu'à s'approcher de quelques millimètres et il pourrait empoigner l'un d'entre eux. Pas de geste brusque.

― Je suppose que vous valez plus que ce qui est écrit, n'est-ce pas ? poursuivit l'inconnu.

― Les numéros en dessous de cent millions n'ont jamais eu de signification pour moi.

Il entendit l'homme rire. Un rire enfantin, plein de joie. Pourtant, la voix devint maussade lorsque son interlocuteur lui répondit.

― Qu'est-ce que des primes après tout... Des numéros mis bout à bout. La force n'est pas résumée à ça. Elle évolue constamment.

Zoro l'entendit marcher. Il fit volte-face pour l'avoir dans son champ de vision, prêt à dégainer pour parer la moindre attaque. Il fut surpris par l'apparence de son ennemi.

Dans cette chambre où il avait passé pas mal de temps enfermé, il avait vu passer bon nombre de ses geôliers. S'ils avaient tous la carrure d'un gorille, ce type était aussi mince qu'un brin de paille. Cette silhouette ressemblait à celle du cook. Il avait des cheveux blonds, coupés court, de la même teinte que ce crétin de cuistot. Ces sourcils étaient normaux eux. Par contre, ce regard... ces yeux bleus qui plongeaient dans les tréfonds de son âme en se plantant dans les siens. Un sentiment de malaise envahit Zoro.

Il ne correspondait plus du tout à la photo qui était sur sa prime.

― Vous avez l'air troublé.

A bien écouter, même ce timbre y ressemblait. C'était parce qu'elle était légèrement trop aiguë que le sabreur avait su qu'il ne s'agissait pas de son compagnon.

Immédiatement, il s'en voulu de s'être abîmé dans la contemplation de cet homme. D'accord, il ressemblait presque trait pour trait à l'autre débile et alors ? L'épéiste trouvait cela malsain.

Son regard s'abaissa vers la ceinture de son interlocuteur, dirigé vers le fourreau d'un stylet. Son maître lui avait appris qu'il suffisait d'un coup d'œil vers la lame pour connaître le style de combat de son adversaire. Un stylet avait une courte lame d'une rare finesse et d'une surprenante robustesse. S'il savait s'en servir, cet homme était donc agile et rapide. Son point faible devait être la force de ses attaques. Sa stratégie serait évidente : il allait fatiguer son adversaire pour l'achever. Un combat sur la durée.

Zoro émergea de ses pensées.

― Tu me rappelles une certaine tête à claque.

A nouveau, l'inconnu eut un rire léger. Sa voix était éraillée par moment.

― Vous voulez sans doute parler de ce... Sanji, n'est-ce pas ? Je suis ce qu'on appelle une création ratée. Le Docteur Caega a d'abord cherché un moyen de substitution pour avoir son guerrier parfait. Cela n'a pas très bien marché. Je ne suis pas terminé. Il a abandonné.

Il pointa du doigt ses guibolles.

― Avant, mes jambes étaient dotées d'une force exceptionnelle. A présent, elles ne peuvent pas supporter un effort conséquent très longtemps.

― Tu ne devrais pas dire ce genre de chose à ton adversaire.

Le sourire de l'inconnu s'agrandit.

― Ne vous en faites pas pour ça, Roronoa-san.

L'homme porta sa main sur la garde de son stylet. Mu par son instinct, Zoro bondit sur le côté, se couchant au sol. Bien lui en prit car un bruit de fracas se fit entendre derrière lui. Il leva la tête pour constater les dégâts. Son adversaire n'avait pas bougé mais les traces du passage d'une lame avait bel et bien marqué le mur.

― Je suis pourvu d'une force hors du commun.

… Voilà un adversaire plutôt original. Le sabreur se releva, un grand sourire aux lèvres.

― Tu t'appelles Franz, c'est ça ?

― C'était mon ancien prénom. A présent, je suis simplement 845.

― J'vais t'appeler Franz, c'est plus court.

845 lui rendit son sourire, aussi impatient que lui. Ils le sentaient grâce à cette tension familière, cette envie de se jeter à corps perdu dans un combat, sans chercher d'intérêt autre que la preuve de sa propre supériorité sur l'autre.

― Décidément, vous êtes une personne peu commune.

Zoro était en train de porter sa main au tissu vert sombre lorsqu'un cri se fit entendre.

― NON !

Cette voix ! « Bordel Sanji ! », songea Zoro, intérieurement éberlué. Il n'était pas loin. Il devait être dans une très mauvaise posture. Vu dans quel état il l'avait laissé, le sabreur s'en voulut d'avoir oublié ses priorités pour se battre contre cet énergumène qui éveillait son intérêt. 845 eut une grimace, contrarié.

― Rider est encore en train de s'amuser... Il va falloir que cet abruti comprenne que le sujet numéro 900 est au Docteur Caega. S'il l'abîme, on va tous en faire les frais.

Intérieurement, Zoro sentit monter un sentiment de révolte. Un sujet ? Il était son rival, son compagnon de route, le meilleur ennemi qu'il n'avait jamais eu. Pas un vulgaire sujet d'expérience ! Ils étaient complètement cinglés tous autant qu'ils étaient.

― Allez tous vous faire foutre ! souffla-t-il entre ses dents.

Ni une ni deux, il s'empara d'un de ses sabres, frappa le mur à côté de lui et fila par l'ouverture qu'il venait de créer sous les yeux stupéfaits de son adversaire. Il ne voulait pas se battre finalement ? Il fronça les sourcils et, soudainement pensif, baissa sa tête vers sa lame qui lui renvoyait son reflet.

― C'est donc ça la solidarité... Je me demande si j'ai connu ça un jour. Quand j'étais encore « Franz ».

Zoro courrait, écoutant les éclats de voix. Le cuistot n'était pas loin. L'épéiste devait faire vite. Pas le temps de trouver une façon d'intervenir pour ménager la fierté du cuistot. Tant pis s'il râlait.

Son regard allait de droite à gauche, longeant un couloir, guettant le moindre rapprochement des bruits de lutte.

Enfin, il le retrouva.

Une rage sourde monta en lui. Il ne voyait pas le bâtiment, Sanji qui tentait de se dégager avec énergie. Il n'avait d'yeux que pour ce colosse qui se croyait tout-puissant. L'épéiste allait lui faire redescendre les pieds sur terre, le faire déchoir de son petit piédestal, lui rappeler qu'il était tout aussi mortel que tous les êtres vivants.

Le sabreur vit cette main ignominieuse dans le pantalon de son compagnon. Il crut voir rouge à cet instant. Il n'aurait pas dû être témoin d'un acte aussi dégradant. Cette chose qu'il ne voyait pas comme un être humain n'avait pas le droit de dégrader l'image qu'il avait de Sanji. Il avait l'impression qu'on leur arrachait leur fierté à tous les deux, qu'on avilissait leur image d'homme fort et valeureux. Cette unique pensée lui était intolérable. Il eut la sensation de suffoquer avec lui. L'escrimeur se sentit si proche de lui à cet instant. Il pouvait presque s'imaginer à sa place si ce dégénéré avait réussi à le coincer avant qu'il ne reprenne ses sabres.

Son cerveau était bloqué sur cette scène puis le déclic survint enfin par ce cri.

― ZORO !

L'intéressé eut un sursaut. Non, le cook ne l'avait pas vu. Le sabreur comprit qu'il voulait le prévenir. Qu'ils n'étaient peut-être pas seul dans les parages. Là n'était pas sa priorité pour le moment. Zoro bondit en avant, courant aussi vite qu'il le pouvait, serrant entre ses doigts son sabre. Il était prêt à frapper, prêt à retirer à cet homme sa fierté et sa dignité. Il ne le laisserait pas anéantir son rival sous ses yeux. Zoro avait trop d'estime à son égard pour le regarder sans rien faire. Il ne laisserait pas cette monstruosité le briser.

Il eut malgré lui un sourire.

― Je suis pas devenu sourd, Sanji.

Promesse de mort, sa lame se redressa et s'abattit sur le bras de son adversaire. Le sang gicla, aspergeant les deux pirates. L'espèce de gorille chauve jeta un regard surpris vers celui qui venait de le priver de son membre et de la liberté d'agir à sa guise. Il avait sciemment tranché cette main aux intentions parfaitement exécrables comme pour rayer de leur mémoire toute hypothèse sur ce qui aurait pu se passer si l'escrimeur n'était pas intervenu. Zoro se fit menaçant.

― Tu as tout intérêt à le lâcher si tu veux que ton autre bras reste en place.

Sans essayer de résister, le colosse lâcha Sanji qui chut au sol. Mission accomplie !

Le cuistot repérerait le double sens de ce qu'il avait dit juste avant. Zoro avait conscience de l'état critique de leur situation. Il ne comptait pas partir sans lui.

L'autre lâche battit en retraite. L'escrimeur s'en foutait éperdument. Sa priorité était ailleurs.

Il tendit la main vers son rival qui avait l'air perdu, son cerveau réalisant qu'il l'avait échappé belle. Tout s'était passé si vite. Trop vite. Zoro n'avait pas la prétention que sa présence auprès du love-cook allait arranger les choses mais il se sentait soulagé d'avoir pu être là au bon moment.

Il voulait tout de même s'en assurer.

― Tout va bien, Cook ?

Ce regard se planta dans le sien. Il lui prit la main. Oui, tout allait bien. Il était aussi déterminé que lui. Il n'avait rien perdu.

― … Ouais, lui répondit Sanji pour s'assurer que le message était bien passé.

Il le releva en quelques secondes, ces jambes frêles étaient bien stables. Seule cette foutue douleur l'empêchait de se mouvoir mais Sanji était trop fier pour le lui dire. C'est pourquoi Zoro se tenait prêt à le réceptionner. Ils devaient avancer, ce que le sabreur fit pour que son ami aille de l'avant. Au propre comme au figuré. Avait-il réussi son coup ? Il n'allait pas s'en prendre une dès que le cuistot en aurait l'occasion ?

― Hé marimo !

L'épéiste s'était arrêté, un fin sourire sur ses lèvres. Il connaissait la suite. Pas de débordement d'affection, ce surnom qui parvenait à décrire leur relation suffisait amplement. Rien n'avait changé.

― Merci.

C'était à ce moment là que Zoro lui avait sorti ce prétexte bidon. Sanji avait joué le jeu, soulagé de savoir que rien n'avait changé. Pas d'un iota. Cigarette au bec, il était toujours le même. Imbu de lui-même. Pas seulement parce que le sabreur le lui avait permis à travers son intervention. La force de sa détermination, de sa volonté à se battre jusqu'au bout y était pour quelque chose.

Zoro avait dû saisir le premier prétexte qui lui tombait sous la main pour expliquer pourquoi il l'aidait. Il n'en avait pas terminé avec cet endroit, à cause des foutus principes du cuistot. Le sabreur ressentait quand même de l'apaisement, cette fois encore. Ses principes régissaient encore sa vie, tout comme les siens traçaient sa voie. Il avait eu ce lourd soupir pour lui faire comprendre qu'il était quand même un peu casse-couille.

Il pouvait pas en avoir d'autres de principes?

Puis ils avaient eu cette pseudo-conversation. Plaisante parce qu'elle leur rappelait leurs habituels duels verbaux. Oui, tout allait marcher comme sur des roulettes maintenant, parce qu'ils n'avaient rien perdu.

Ce fut la dernière pensée qui traversa l'esprit de Zoro avant que ce sécateur ne fasse de même avec son corps.

Ils en étaient là, à présent. Zoro se tenait debout par miracle. Un seul coup de vent semblait amplement suffisant pour le faire tomber. Sanji, dos au mur, avait les yeux écarquillés. La bouche entrouverte, la cigarette tombée au sol, le cuisinier était dans le même état de stupéfaction que le sabreur.

Le corps de Zoro tentait d'assimiler l'information, de réagir contre cette douleur, de passer outre. Il avait été tellement pris au dépourvu qu'il n'arrivait pas à bouger. Il avait l'impression que si il bougeait, il allait s'évanouir et il était hors de question qu'il laisse tomber le cook ! Pas après ce qui venait de se produire !

Ce fut sans aucun doute pour cette raison qu'il opta pour un autre moyen.

― Crétin de... cuistot.

Ces trois mots, prononcés d'une voix basse et chargée d'une douleur réprimée, eurent l'effet escompté. Son compagnon de voyage émergea de cette contemplation morbide. Son cerveau à lui venait de digérer l'information, bien que déplaisante.

― Retire... ce truc.

En d'autres circonstances, il lui aurait balancé un « fais-le toi-même, tête de poireau ! » d'un ton pas piqué des vers mais il n'était pas assez stupide pour répondre ainsi.

― J'arrive, assura-t-il.

Il s'aida du mur pour se relever, prenant sur lui pour oublier la douleur qui provenait de son corps. Il claudiqua vers Zoro, une main sur le mur pour garder son équilibre. Il baissa le regard vers les lames du sécateur. Elles étaient plantées dans son flanc, si Sanji les retirait, Zoro allait mourir à petit feu. C'était sûr et certain.

― Qu'est-ce... Qu'est-ce que t'attends ? demanda Zoro entre ses dents, impatient.

Silencieux, Sanji se saisit de sa manche découpée plus tôt par le docteur Caega et l'arracha. Avec empressement, la seconde connut le même sort devant les yeux éberlués de l'épéiste. L'une de ses précieuses chemises... Il venait de faire une croix sur ses maigres chances de la remettre en état. Installant le tissu sur son épaule, le maître-coq posa sa main blessée sur l'épaule de Zoro et l'autre sur l'un des manches de l'instrument.

― Prêt ?

― … Quand tu veux.

Sanji prit une profonde inspiration et tira sur le manche d'un coup pour extraire les lames. Zoro ferma les yeux et eut un cri étouffé suivi d'un long gémissement alors que la douleur montait d'un cran. Sa main s'agrippa à la première chose qu'il trouva. Le cuisinier, jetant le sécateur au loin, ne fit aucun commentaire sur les doigts de l'escrimeur qui serraient sa chemise. Il était une bouée de sauvetage dans cet océan de souffrance. Il avait besoin de lui pour rester connecté à la vie, à cette bribe de conscience qui menaçait de foutre le camp.

Concentrés, aucun des deux n'entendit le cliquetis suspect qui provint des murs.

Les genoux de Zoro lui firent défaut. Il leur était trop difficile de supporter cela plus longtemps. Chutant vers l'arrière, il embarqua Sanji avec lui. Le cuisinier s'étala contre le torse du sabreur qui l'avait ramené contre lui, seule et unique initiative que l'escrimeur réussit à prendre pour lui éviter d'autres blessures.

― Bougre de con ! Fallait le dire que tu pouvais plus tenir..., pesta Sanji entre ses dents après s'être redressé.

Il attrapa les bouts de tissu et, écartant le haramaki et le haut imbibé de sang, il les pressa contre les quatre plaies. Ces malheureuses étoffes n'allaient pas suffire, il chercha des yeux quelque chose qui pourrait faire stopper l'hémorragie.

― Alors c'est ça... la solidarité.

Le corps de Sanji se tendit. Il connaissait cette voix ! C'était celle qui avait arrêté Rider juste à temps, alors que le maître-coq était prisonnier sur ce fauteuil roulant, complètement amorphe. Il leva les yeux et vit un homme dont l'apparence avait d'étranges similitudes avec la sienne. C'était presque comme si Sanji voyait son reflet dans un miroir. A la différence près qu'il n'avait aucune mèche devant l'œil. Le cuisinier fronça les sourcils en le voyant enfiler un masque à gaz.

Son attention se redirigea vers Zoro, ses doigts teintés de rouge pressant le tissu déjà saturé de sang. Il vit le sabreur entrouvrir les yeux. La main de l'escrimeur s'abattit sur son poignet.

― Tire-toi.

― Ta gueule, algue avariée ! Je ne te laisse pas là.

― Il a raison, il n'y a aucun intérêt à s'occuper d'un mort en sursis.

Sanji décocha un regard furibond vers cet homme venu de nulle part. Ils s'étaient passés le mot ou quoi ? Ils jouaient à qui serait le plus chiant ?

Cette colère, pour une raison qui lui échappait, diminua jusqu'à disparaître. La pression de ses doigts se fit de moins en moins forte, les paupières puis sa tête se firent de plus en plus lourdes. Il plaqua sa main sur sa bouche et son nez mais il était trop tard.

― Je vous avais bien dit de partir, fit remarquer 845 avec un soupir.

Il observa Sanji qui se remit sur pied tant bien que mal, titubant, puis s'agenouilla. 845 attendit patiemment qu'il soit complètement endormi pour marcher vers lui à pas tranquille. Il jeta un coup d'œil curieux vers le bretteur dont le souffle était rauque et erratique. Il eut un sourire.

― La douleur vous tient éveillé, je suis impressionné. J'espère que vous survivrez, surtout pour que nous ayons enfin notre affrontement, sinon tant pis. Je dirai que vous m'empêchiez de récupérer le numéro 900.

Bordel de merde... Cook...

Zoro avait échoué. Il ne pouvait rien faire d'autre que tendre le bras vers ce salopard qui, entourant la taille de Sanji d'un bras, souleva son compagnon comme s'il était aussi léger qu'une plume. L'escrimeur n'effleurait même pas 845 qui s'éloignait, pressant un bouton sur le boîtier de commande dans sa main libre.

Il s'arrêta et se tourna une dernière fois vers Zoro.

― N'espérez pas revoir votre ami. Vous l'avez bel et bien perdu.

Enfoiré ! Reviens tout de suite ! Rend-moi mon rival !

Les deux hommes s'évanouirent dans les ténèbres juste avant que Zoro ne perde conscience. Il eut une dernière pensée.

Lâche rien, fichu cuistot...

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à suivre...


* Je ne partage pas l'avis de Zoro sur ce prénom... Quoique. Mon avis est peut-être influencé par le Disney la Belle et la Bête... Oui, il fallait que je fasse une petite touche d'humour là-dessus.

Oui, je sais. L'envie de meurtre te reprend cher lecteur. Mais ai-je dis une seule fois que j'étais gentille ? Je ne m'en souviens pas. Vous n'êtes pas au bout de vos peines !

En tout cas, merci à vous tous de me suivre. J'ai frôlé la crise cardiaque en voyant le compteur arriver au mille vues au mois de mars. C'est juste dingue. Je crois que le site a eu un souci et a eu un bug. Ouais, ça doit être ça.

En tout cas, au départ, je n'ai pas songé un seul instant que cette histoire aurait autant de succès. C'est bien la première fois [en terme de vitesse].

Laissez une review, cela m'aide beaucoup pour que je me bouge dans l'écriture.