Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Il est vrai que je n'ai pas écrit en toutes lettres qu'il s'agissait de la suite du Secret de Slytherin mais je vais corriger le problème très vite !
Je suis heureuse de voir que celles et ceux qui ont aimé la première partie apprécient cette suite.
Je vous laisse à votre lecture.
Gros bizoux
Crystal of Shadow

Relations acceptées ou controversées

Vladimir Romanov déposa le Daily Prophet sur la causeuse à ses côtés. Les attaques de Voldemort faisaient régulièrement la une du journal et cela ne plaisait guère au Vampire.

Lui aussi avait examiné les souvenirs d'Harry concernant son kidnapping au cimetière et il était certain que l'autoproclamé lord était mort. Or, dès l'été suivant, il avait prouvé le contraire en déclenchant une bataille dans l'enceinte même du Ministère de la Magie. Et depuis, il ne cessait de mettre à feu et à sang l'Angleterre Sorcière. Suite au Tournoi des Trois Sorciers, Harry avait dû subir une campagne de diffamation de la part du ministre de la magie mais toute la Famille pouvait reconnaître la patte de Dumbledore derrière ces actions.

Les sept dernières années n'avaient guère été clémentes pour le Gang et leur Famille. Plus d'une fois, il avait dû recueillir en catastrophe l'un des enfants en pleine crise, pour des raisons plus ou moins graves. Mais depuis qu'ils avaient quitté Hogwarts, ils venaient plus souvent pour se relaxer et discuter avec lui. Mais ces rencontres se faisaient de plus en plus rares, à cause des attaques de leurs principaux ennemis. Et il n'y avait pas que Voldemort dans le lot.

La dernière attaque avait eu lieu dans une école primaire Moldue. La mort d'une centaine d'enfants et de leurs enseignants avait été déplorée. Le Vampire ne savait pas comment le Ministère de la Magie justifiait ses tueries mais connaissant son efficacité coutumière, cela devait être cousu de fils blancs.

-Seigneur Romanov, s'inclina Anastasia.

-Entre, très chère, soupira Vladimir.

-J'ai reçu des certaines lettres de nos contacts en Europe, déclara Anastasia en lui tendant une pile d'enveloppes.

-Où se trouvent Nolan et Lorelei ? demanda Vladimir

-Le seigneur Nolan parcourt vos terres, renseigna Anastasia. Et dame Lorelei visite quelques clans en Europe.

-En Angleterre ? s'inquiéta Vladimir

-Pas à ma connaissance, réfléchit Anastasia.

Tous les quatre travaillaient en étroite collaboration avec leurs contacts en Europe. La montée en puissance de Voldemort alors que sa mort était avérée leur avait fait comprendre qu'il était temps de prendre part à cette lutte car si l'un des protagonistes gagnait, des peuples entiers allaient être exterminés. Même Elias, l'ami Elfe de Vladimir, avait été convaincu et les aidait de temps à autre.

Vladimir consulta rapidement les documents avant de les laisser de côté.

-Qu'une équipe se tienne prête, ordonna Vladimir.

-Monseigneur ? interrogea Anastasia

-Les Lestranges sont partis en mission, révéla Vladimir. Et vu leur place dans l'organisation de Voldemort, ils doivent avoir des informations très intéressantes.

-Bien, seigneur Vladimir, s'inclina Anastasia.

-Dès que Lorelei ou Nolan seront de retour, je veux que tu me les envoies, fit Vladimir.

-Oui, monseigneur, répondit Anastasia.

-Tu peux y aller, congédia Vladimir.

Le maître Spirituel s'en alla aussitôt, laissant le seigneur Vampirique se plonger dans ses pensées.

Voldemort envoyait de plus en plus de ses Death Eaters aux quatre coins de l'Europe pour recruter de nouveaux adeptes. Les émissaires ramassaient la plupart du temps des paumés mais il était clair que la population visée, les enfants Sang Pur et de familles Sorcières aisées, étaient très loin d'adhérer à son idéologie. Cela n'empêchait pas les rangs de Voldemort de grossir à vue d'œil. Enfin, c'était l'impression que ça donnait.

-Les Lestranges sont de sortie, vraiment ? fit une voix

-Sors de ma tête, Lorelei, grogna Vladimir sans se retourner.

-Où serait l'amusement ? sourit la Vampire en prenant place à ses côtés

-Tu étais où ? demanda Vladimir

-Pays-Bas, renseigna Lorelei. Visite d'agrément.

-J'espère que ça t'a été utile, grommela Vladimir.

-Très, assura Lorelei. Tu ne t'es jamais intéressé aux Lestranges. Pourquoi maintenant ?

-Une supposition, avoua Vladimir. J'ai pu retracer leur parcours et j'ai appris récemment que Bellatrix avait disparu pendant plus de six mois, ce qui m'a été confirmé par Severus et Lucius. Je veux savoir pourquoi.

-Je ne vois pas le problème, fronça des sourcils Lorelei.

-C'est le fait que Voldemort soit allé la chercher lui-même qui m'intrigue, déclara Vladimir. Oui, il prenait la tête de certaines attaques mais une mission de sauvetage, et seul ? Non. Il n'a jamais fait dans la finesse.

-Tu sais que tu te décarcasses pour pas grand-chose ? souligna Lorelei

-Voldemort ne fait jamais rien sans une bonne raison, assura Vladimir. Il devait vraiment tenir à Bellatrix pour aller la sauver. Et elle seule pourra me dire pourquoi.

-On la dit folle, rappela Lorelei.

-C'est pour cela que tu es là, non ? papillonna Vladimir

-Va au diable, gronda Lorelei. Qu'est-ce que j'y gagne ?

-Assez d'informations pour trouver une solution définitive pour nos problèmes, déclara Vladimir.

-Ça marche, soupira Lorelei. Qui as-tu désigné pour la traquer ?

-J'attends Nolan pour ça, répondit Vladimir. C'est une Black et ils ont vraiment l'esprit tordu.

-Pourtant, Sirius est un ange, railla Lorelei.

-C'est ça, grinça Vladimir, qui avait été victime de plusieurs de ses blagues.

-On se voit ce soir avec Nolan pour en discuter ? proposa Lorelei

-Faisons comme ça, capitula Vladimir.

§§§§§

Le nouveau manoir Potter était une splendeur. Dès son quinzième anniversaire, Harry avait décidé de faire restaurer la demeure que son père avait abandonnée après la fin de ses études, comme elle avait essuyé une attaque qui avait coûté la vie de Margareth Potter, la mère de James.

Harry travaillait tranquillement à son bureau. Il avait officiellement investi les lieux le lendemain de sa remise de diplôme, quittant définitivement la protection de Sirius pour s'envoler de ses propres ailes. C'était là qu'il recevait ses principaux associés financiers et qu'il organisait les fameuses soirées mondaines pour asseoir sa position dans la société Sorcière.

Mais ce n'était pas là où il vivait, loin de là.

Suite à plusieurs événements, le Gang avait imaginé se construire un réseau de domaines à travers le pays pour se cacher au cas où Voldemort s'en prendrait à eux. Certes, les garçons pouvaient toujours compter sur les châteaux ancestraux de leurs familles respectives en ultime recours mais ils ne voulaient surtout pas que leurs ennemis en viennent à se douter de leur existence. L'idée des Tours de Garde, comme ils avaient surnommé ces maisons de repli, leur était venue avec le manoir Potter et Godric's Hollow. Lily et James Potter vivaient à Godric's Hollow mais James ne se montrait qu'au manoir Potter. Seuls les plus proches amis du couple connaissaient cet arrangement, dont les Maraudeurs. Ils avaient réglé le problème épineux de ceux qui seraient dans le secret – la confiance avait du bon, mais pas aussi aveugle que celle de Maraudeurs, surtout quand on voyait comment ça s'était terminé – et avaient décidé de ces lieux stratégiques.

-Tu devrais te reposer un peu, fit une voix dans l'encadrement de la porte.

-Je devrais, concéda Harry. Mais les affaires n'attendent pas, tu sais.

Esther sourit en s'installant sur les genoux d'Harry et l'embrassa tendrement.

La jeune Sorcière était native du Cap Vert car ses parents Anglais étaient tombés amoureux de ce pays et s'y étaient installés. Elle était revenue sa majorité atteinte en Angleterre et y avait rencontré Harry lors de l'une des soirées du Ministère. Et depuis deux ans, ils ne se quittaient plus. Les journaux attendaient même avec impatience le moment où le jeune lord Potter demanderait la main d'Esther Cole, issue d'une longue lignée de Sorciers.

-Le bal des Greengrass arrive, rappela Esther.

-Et donc ? fit Harry

-Je dois me préparer en conséquence, sourit Esther, enjôleuse.

-Je connais Daphnée, déclara Harry. C'est une bonne amie à moi.

Esther devint sombre.

-Tu ne devrais pas être vu avec elle, fit Esther. Ça pourrait être mauvais pour ta réputation.

-J'ai des affaires avec Daphnée, soutint Harry. Je ne peux pas tout arrêter comme ça.

-Fais-le pour moi, fit Esther.

-Il va te falloir plus d'arguments pour me convaincre, rit Harry.

-Je ne sais pas trop … fit Esther en glissant une main coquine sous sa chemise.

-Je vois que tu as les idées très bien placées, constata Harry en lui volant un baiser.

-Est-ce que tu les partages ? demanda Esther

-Bien évidemment, assura Harry. Et si nous les mettions en pratique ?

Sur un éclat de rire, le couple se rendit dans la chambre adjacente pour aller s'amuser.

§§§§§

Hermione fit tomber la dernière goutte de son ingrédient dans la fiole avant de la refermer et de la secouer vivement et de la reposer sur la paillasse.

La Sorcière ne tenait pas à ce que la potion qu'elle venait de confectionner ne soit irrémédiablement perdue donc elle la mit en lieu sûr avant de ranger tout ce qu'elle avait utilisé.

-Tu as terminé ? fit Xénia

-A l'instant, soupira Hermione. Rappelez-moi pourquoi vous n'avez pas demandé à Severus de la confectionner ?

-Manque de temps, sourit Xénia. Et puis, je te rappelle qu'il travaille encore à Hogwarts. Il aurait été autre part, crois-moi que je le lui aurais tout de suite demandé. Mais il a refusé et il m'a dirigé vers toi. Et je suis entièrement satisfaite.

-Merci, rosit Hermione.

Malgré les événements atroces qui s'étaient déroulés au rez-de-chaussée cinq ans auparavant, Hermione avait investi la maison de ses parents pour en faire une Tour de Garde fantôme. La maison était réservée aux Sorciers et était faite pour les mettre mal à l'aise. Personne n'ignorait ce qui s'y était passé et elle renforçait l'image solitaire de la jeune femme.

Ce dont se foutait royalement Xénia Lovegood.

Ce jour-là, dans le sous-sol qu'elle avait aménagé en laboratoire de potions, Hermione confectionnait une potion particulière à la demande de Xénia. Et elle venait maintenant de la terminer.

-J'ai préparé du thé, sourit Xénia.

-Morgane merci, soupira Hermione. Je viens.

Toutes les deux montèrent dans le salon où un service de thé fumant les attendait. Elles se servirent et savourèrent le breuvage.

-A quoi va servir cette potion ? demanda finalement Hermione. Soit, les instructions étaient claires mais il y avait beaucoup trop de mélange pour que je comprenne exactement pour quoi elle est …

-Ne t'inquiète pas, c'est Severus qui l'a mise au point, sourit Xénia. Il s'agit de la toute nouvelle potion de vérité.

-Du Veritaserum ? s'étonna Hermione. Rien ne correspond, pourtant !

-Ce n'est pas du Veritaserum, corrigea Xénia. Tu sais que nous avons Rockwood ?

-Oui, fit Hermione.

-Nous soupçonnons qu'il soit envoûté, avoua Xénia. Nous savons tous que Voldemort est mort donc lui seul peut nous dire ce qui se passe vraiment.

-Les informations de Severus et Lucius ne sont pas suffisantes ? comprit Hermione

-Voldemort semble se méfier de tout le monde, répondit Xénia. Et un peu plus d'eux, car ils étaient restés proches de Dumbledore et du Ministère. Mais Rockwood s'est fait discret donc on a joué un coup de poker.

-Et la potion ? recentra Hermione

-Elle permettrait de rendre un esprit plus clair, expliqua Xénia. En fait, si on sait qu'une personne est sous Imperium depuis un bon moment, la potion la ferait réagir comme si elle n'avait jamais été sous ce sort.

-Impressionnant … souffla Hermione.

-Elle est inspirée de celle qui est en train de soigner Franck Longbottom, renseigna Xénia. Elle n'est pas encore au point mais c'est la plus aboutie.

-Quand allez-vous la tester ? demanda Hermione

-Dès demain, assura Xénia. Personne ne veut perdre de temps.

-J'espère que ça va vous aider, fit Hermione.

-On l'espère aussi, soupira Xénia. Notre monde sombre de plus en plus dans le chaos. Il faut que nous le sauvions à tout prix.

-Vous avez raison, sourit Hermione en buvant une autre gorgée de thé.

§§§§§

Augusta aimait se rendre dans le quartier Sorcier, notamment pour y rencontrer les partenaires financiers du clan Longbottom. Bien que Neville ait repris les affaires de la famille, certains pans restaient à la charge d'Augusta qui ne s'en plaignait pas. Elle avait toujours été une Sorcière d'action et la retraite n'était pas faite pour elle.

Cependant, si elle était à Londres ce jour-là, c'était pour commencer les préparatifs du mariage de Neville avec Luna. Quand son petit-fils lui avait annoncé ses intentions, la matrone avait décidé de ne pas faire les mêmes erreurs qu'avec Alice, la mère de Neville. Elle avait soumis Luna à un certain nombre de tests pour qu'elle puisse prouver qu'elle était digne de devenir la prochaine lady Longbottom. La blonde avait parfaitement réussi et il était temps de déclarer au monde Sorcier que lord Longbottom n'était plus sur le marché.

Plusieurs visites plus tard, Augusta s'installa dans un salon de thé pour se prendre un rafraîchissement. Oubliant totalement de s'entourer d'une bulle d'Intimité, elle surprit une conversation de l'alcôve voisine.

-… rumeur court comme quoi la Cole serait la future lady Potter, fit une voix.

-Elle en a de la chance, cette garce, siffla l'autre voix. Avec un passé pareil, tomber sur un si bon parti !

-Je n'arrive pas à croire qu'il ne sache pas ce qu'on dit sur sa fiancée, reprit la première voix.

-Si ta cousine ne l'avait pas connue pendant cet échange entre la France et le Cap Vert, personne ne l'aurait su, souligna la seconde voix.

-Personne en Angleterre, corrigea la première voix. Le directeur Dumbledore a toujours parlé en bien d'elle.

-C'est quoi son lien avec le directeur ? demanda la seconde voix

-Il a été son tuteur magique, à la mort de ses parents, répondit la première voix. Elle avait douze ans à l'époque mais le directeur a dû penser qu'il serait plus sûr de la laisser à l'abri. On y va ?

Tandis que les deux jeunes filles s'en allaient, Augusta masqua son sourire.

Ecouter aux portes n'avait jamais été aussi savoureux.

§§§§§

-Draco ! Repose-moi tout de suite ! ordonna la jeune fille

-Draco, repose ma sœur tout de suite ! rugit une autre voix

-Mais Daphnée ! protesta Draco

-Astoria n'est pas un jouet ! grinça Daphnée

Boudeur, Draco obéit.

Depuis la première garden party de Narcissa, Daphnée s'était rapprochée du Gang jusqu'à en devenir une bonne amie, mais pas au point d'être dans leurs secrets comme Luna. Bien que le souhait de ses parents et surtout de son père soit de la voir épouser Draco, cette dernière n'avait jamais voulu s'unir au blond. Comme tous les deux avaient des caractères forts et imposants, elle savait que la colocation aurait été très difficile. Ça et le fait que pendant très longtemps, elle avait cru que l'héritier Malfoy était amoureux de son meilleur ami Harry Potter. Mais elle avait cessé d'y croire quand ce dernier avait commencé à s'afficher régulièrement avec Esther Cole.

Et quand Draco s'était mis à flirter avec sa sœur Astoria.

Ça avait fait sifflé Daphnée de fureur mais quand elle avait eu le fin mot de l'histoire – le blond était la couverture et le garde du corps d'Astoria quand elle allait voir son réel petit ami – elle s'était calmée et les avait laissé faire. Mais elle devait quand même les tempérer pour ne pas que ses parents se fassent des idées et entament les négociations avec Narcissa et Lucius pour un éventuel mariage.

-Est-ce qu'Harry va venir ? demanda Daphnée

-Il ne manquerait ta soirée pour rien au monde, assura Draco.

-Même avec sa copine ? renifla Daphnée

-Je sais que c'est tout une histoire d'amour avec Cole, ricana Draco.

Pour toute réponse, Daphnée lui balança un coussin en pleine figure.

Quand elle avait commencé à sortir officiellement avec Harry, Esther avait pris la grosse tête et s'était montrée hautaine avec les amies filles d'Harry. Vraisemblablement, elle croyait qu'Harry allait la soutenir contre ses amis. Peine perdue, Esther s'était faite remettre à sa place, surtout par les Slytherin avec à leur tête Daphnée. Elle avait voulu ensuite s'en prendre à Harry pour ne pas l'avoir défendue mais le brun lui avait sèchement rappelé qu'elle s'était mise dans la situation toute seule et qu'elle était assez grande pour se défendre toute seule. Le regard noir qu'il lui avait en même temps lancé l'avait suffisamment terrorisée pour qu'elle ne cherche plus son compagnon sur ce sujet. Donc, comme Esther ne pouvait en vouloir à Harry, elle en voulait à Daphnée.

Complètement puéril.

-Tu es sûr qu'il viendra ? redemanda Daphnée

-A quand remonte la dernière fois qu'il n'est pas venu ? fit Draco

-Jamais, avoua Daphnée.

-Alors pas la peine de stresser, sourit Draco.

-Pendant que tu es là, fit Daphnée à sa sœur, tu peux me dire quand ton Don Juan va se décider à être présenté officiellement ?

-Il a peur de Draco et toi, souffla Astoria.

-On ne mange personne, que je sache, s'étonna Draco.

-Il connait le Gang de Bronze, souligna Astoria. Il connait ta réputation, Daphnée. Et il sait que s'il fait un pas de travers, vous allez lui tomber dessus.

-Il en fait déjà un en ne voulant pas venir à la maison, grogna Daphnée. Et je ne sais même pas qui c'est.

-Il n'est pas Sang Pur, avoua Astoria dans un souffle.

-Draco ? demanda Daphnée

-Tu veux quel point de vue ? répondit Draco. Celui de l'héritier, de l'ami ou du membre du Gang ?

-Dis toujours, soupira Daphnée.

-Il ne fait clairement pas parti de notre monde mais il peut facilement s'adapter, répondit Draco. Il a une puissance magique correcte, ce qui n'est pas facile à trouver de nos jours.

-Que dit l'ami ? demanda Astoria

-C'est un bon gars qui a assez peur de nous pour ne pas mal se conduire avec toi, déclara Draco. Il a l'air droit et il pourrait te rendre heureuse.

-Et le membre du Gang ? sourit Daphnée. C'est celui-là qui m'intéresse le plus.

-Tu me connais, on a fait une petite enquête, sourit Draco. Rien de vraiment répréhensible qui pourrait porter préjudice à Astoria comme aux Greengrass. Caractère calme, un atout pour ta famille, surtout pour leurs enfants …

-Eh ! rougit Astoria

-Autant en parler tout de suite, haussa des épaules Draco. Avec les membres du Gang, on a découvert que les unions entre Sang Pur et Nés Moldus engendraient des enfants plus puissants qu'entre Sang Purs.

-C'est un bon parti ? demanda Daphnée

-Oui, assura Draco.

-Il vient, ordonna Daphnée.

-Mais … protesta Astoria.

-Je ne te donne pas le choix, coupa Daphnée. Mère est de moins en moins présente et Père a dans l'idée de te marier au plus vite.

Alors que la plus jeune protestait encore, Draco fronça des sourcils. Depuis quelques temps, la mère des deux jeunes femmes était de plus en plus faible et perdait du terrain par rapport à son mari. Ce dernier, galvanisé par la montée en puissance de son maître, louchait de plus en plus sur les trésors qu'étaient ses filles. Mais le contrat de mariage avec sa femme était tel qu'en l'absence de Miranda Greengrass, ce serait Daphnée qui aurait la mainmise sur le patrimoine Greengrass, car la mère avait amené l'argent qui avait cruellement fait défaut au père. Et comme Daphnée tenait vraiment de sa mère et qu'elle s'était rendue rapidement indépendante grâce aux magouilles de sa mère, lord Greengrass marchait littéralement sur des œufs avec sa première fille. Mais il semblait prendre de plus en plus d'assurance.

-Tu n'as plus besoin de moi ? demanda Draco

-Non, merci, fit Daphnée en se détournant de la dispute qu'elle avait avec sa sœur. Par contre, si le petit ami fantôme d'Astoria ne se pointe pas, je te charge de le faire venir de gré ou de force.

-Daphnée ! pesta Astoria

-Elle a raison, abonda Draco. Tu es un très bon parti et celui qui tiendra tête à Daphnée n'est vraiment pas né. Par contre, Astoria, tu parais beaucoup plus modelable qu'elle et on louche de plus en plus sur toi pour une union avantageuse. Te voir casée serait plus sûr pour ta tranquillité d'esprit.

-D'accord, capitula Astoria.

Conscient de ne plus être utile, Draco salua les deux sœurs avant de quitter le domaine. Il se rendit chez ses parents pour prendre le thé. Narcissa l'accueillit avec les bras grands ouverts.

-Tu m'as l'air préoccupé, constata Lucius après qu'ils se soient installés.

-Je reviens de chez Daphnée, répondit Draco. Et on a parlé du petit ami d'Astoria.

-Jonas songe à la marier, fit Lucius.

-Je m'en doutais, soupira Draco. Astoria est bien plus calme que Daphnée et semble bien plus malléable. Par contre, tout le monde sait que Daphnée ferait tout pour Astoria. Peut-être qu'il voudra jouer sur ça.

-Ce n'est pas impossible, concéda Lucius. Mais ça reste une bonne idée de la retirer du marché.

-Tu parles d'elle comme si elle n'était que de la marchandise, fit Narcissa.

-Pour son père, elle n'est que ça, se défendit Lucius. Si tu l'entendais parler d'elle …

-Elle a donc un petit ami, nota Narcissa. Qui est-ce ?

-Même Daphnée ne sait pas qui c'est, sourit Draco.

-Pourquoi ? s'étonna Narcissa

-Il n'est pas Sang Pur, avoua Draco.

-Comment l'a-t-elle rencontré ? fronça des sourcils Lucius

-Ça m'avait l'air assez flou … avoua Draco avant de s'arrêter.

-Draco ? s'inquiéta Narcissa

-Un doute raisonnable, déclara Draco. Qui m'arrive alors que je viens de le vendre à Daphnée. Je vais aller faire quelques vérifications avant le bal.

Et il ne voulut rien dire de plus. Conscient qu'ils ne parviendraient pas à lui tirer un mot là-dessus pour l'instant, les Malfoy laissèrent tomber sur le sujet.

-Je crois qu'il serait temps de te trouver quelqu'un, fit Narcissa.

Draco grimaça. Au contraire des autres membres du Gang, lui était célibataire et fier de l'être. Mais il savait que tôt ou tard, cela reviendrait sur la table.

-Dumbledore commence à loucher vers nous, fit Lucius. Depuis que sa loi sur les mariages est tombée à l'eau, il n'a pas arrêté de s'intéresser à nos unions.

Narcissa avait mis des années pour contrer cette tentative. Heureusement qu'elle s'était entourée de Xénia Lovegood, d'Amelia Bones et d'Augusta Longbottom pour se porter devant le Magenmagot et leur rappeler les très mauvais côtés de cette loi, le plus important étant que le Ministère, en se positionnant en tant que famille, n'avait pas de magie propre et plongerait en moins de deux générations les magies des familles Sang Pur dans le négatif et les forcerait à disparaître. Heureusement qu'ils avaient fait en sorte que Dumbledore ait un petit souci à régler – Sirius s'était fait une joie de créer et de lancer une jolie malédiction sur la demeure personnelle du directeur – et qu'Amelia Bones avait pu mener la réunion sans qu'on puisse se douter qu'elle était au courant de toute la manipulation en cours. Et le vieil homme n'avait pu que se désoler de découvrir que même ses alliés s'étaient retournés contre lui à l'entente des avantages ET des inconvénients de la loi qu'il comptait faire passer. Pour l'une des très rares fois depuis sa création, toute l'assemblée avait rejeté unanimement la loi.

Belle défaite pour Dumbledore.

Mais qui n'avait pas arrêté ses recherches, d'après leurs espions.

-Les seules personnes avec qui j'envisagerai de m'unir sont Hermione, Daphnée et Luna, fit Draco. Et aucune d'entre elles n'accepterait.

-Pourquoi ? s'étonna Narcissa. Tu restes l'un des meilleurs partis du pays !

-Essaie de convaincre Hermione avec ça, ricana Draco.

Les Malfoy durent en convenir. La brune aurait été très loin d'être impressionnée par cet argument.

-Luna est casée et Daphnée tient à sa liberté et son indépendance, continua Draco. Et nous ne connaissons pas les autres filles pour savoir si elles ne sont pas des marionnettes de Dumbledore ou de Voldemort.

Lucius concéda ce point à son fils.

-Il n'empêche, fit Lucius. Il faut que tu te retires du marché.

-Je m'arrangerai, capitula Draco. Maintenant, si vous le permettez, des affaires m'attendent.

-Sois prudent, demanda Narcissa.

-Toujours, assura Draco en embrassant ses parents avant de s'en aller.

§§§§§

-Cross ! fit Harry

-Maître Harry a appelé Cross ? fit l'Elfe de maison

Cross était le chef des Elfes de maison du manoir Potter. Il était également leur seul à pouvoir être vu par les visiteurs, notamment Esther. D'ailleurs, elle avait poussé des hauts cris quand elle avait découvert qu'Harry n'avait qu'un seul Elfe de maison à sa disposition.

-J'étais absent aujourd'hui, rappela Harry. Est-ce qu'il y a eu quelque chose ?

-Esther Cole Madame est venue, répondit Cross. Elle est entrée dans votre "bureau". Elle y est restée plusieurs heures avant de repartir.

-Nous sommes tous les deux au courant que mon "bureau" possède des protections, déclara Harry. Alors ?

-Elle avait un artefact qui annulait les sorts sur une zone précise, répondit Cross.

-Donc très puissant et sûrement pas un héritage familial, constata Harry. As-tu reconnu une signature magique ?

-Il y en avait une qui n'était clairement pas celle d'Esther Cole Madame, répondit Cross.

-Fais des recherches, ordonna Harry. Bien que j'ai une petite idée de qui se cache derrière cet artefact.

-Bien, maître Harry, s'inclina Cross.

-As-tu le bilan que je t'ai demandé ? demanda Harry

-Le voici, fit Cross en faisant apparaître un grand grimoire. Tout y est consigné.

-Merci, sourit Harry. Tu peux y aller, je n'ai plus besoin de toi.

-Bien, maître Harry, s'inclina Cross avant de s'en aller.

Harry se redressa avant d'activer de nouvelles protections du manoir. Sans son autorisation, personne, pas même les membres de la Famille, ne pouvait pénétrer le manoir. Cross savait que si ces protections s'élevaient, il devait impérativement faire évacuer le manoir de toute présence de vie. L'un des Elfes de maison de la famille avait trop traîné et avait été retrouvé mort à leur retour. Et depuis, il faisait toujours très attention.

Harry ferma le bureau et descendit dans le deuxième sous-sol. C'était là que se trouvait le cœur magique du manoir. Il vérifia qu'il n'y avait plus âme qui vive dans les environs avant de se rendre dans une nouvelle salle cachée bien plus profondément.

Devant lui se trouvait une sphère de magie sombre qui flottait au-dessus d'un socle de pierre. Harry s'en approcha et la sphère se logea dans sa main, caressante.

Elias avait travaillé d'arrache-pied sur le cas d'Harry. Trouver un Horcruxe vivant et plus encore, ayant survécu aussi longtemps, était un miracle de la magie. Les premiers temps, Elias avait envisagé de le retirer de l'adolescent mais il s'était rendu compte qu'il ne pouvait pas le faire, et pas pour la raison qu'il avait envisagée.

En vérité, l'Elfe avait découvert beaucoup de choses. Notamment que le soir où Voldemort avait tenté de tuer Harry, il avait transmis de nombreux pouvoirs à l'enfant, mais aussi et surtout une très grande partie de sa magie. Disposant de trop de pouvoirs pour un si jeune corps, Dumbledore avait placé des blocs de magie, comme la Famille l'avait découvert lors de sa première visite à Vladimir Romanov. Bien que les blocs aient sûrement sauvé la vie d'Harry, le sort de transfert découvert avec avait également menacé de le tuer tout aussi sûrement. La magie prise étant plus élevée que celle que pouvait produire Harry, celle-ci avait décidé de pallier ce manque en transformant la magie étrangère en la sienne propre.

Harry avait été très surpris d'apprendre que sa magie pouvait filtrer la magie noire qui parasitait celle de Voldemort.

Elias avait compris que si la magie de Voldemort restait encore dans le corps d'Harry, ce dernier mourrait par la trop grande concentration de magie maléfique que cette magie étrangère contenait. Donc le soir de ses quinze ans, l'Elfe avait effectué un rituel de magie pour extraire toute la magie de Voldemort ainsi qu'un échantillon de celle d'Harry pour que cette dernière puisse purifier la magie noire sans mettre en danger son porteur.

Ce qu'elle faisait depuis sept ans maintenant.

L'Elfe avait concédé que ce serait une mauvaise idée que le brun récupère la magie purifiée donc elle était intégrée aux protections du manoir. Il en avait également profité pour retirer l'Horcruxe pour le débarrasser totalement de Voldemort.

Harry regarda pensivement la sphère de magie. L'Elfe lui avait déclaré que la purification durerait plusieurs années. Mais avec la quantité qui restait, cela prendrait toute une vie. Heureusement qu'elle était soigneusement cachée dans le manoir et celui-ci plus que protégé sinon, il en était certain, Dumbledore serait venu chercher cette source de pouvoir.

Vérifiant une nouvelle fois que les boucliers étaient bien en place, il referma soigneusement la salle et remonta, préférant se plonger dans ses pensées avant de retourner travailler.

Une fois la magie de Voldemort et son Horcruxe retirés, Harry avait découvert qu'il possédait une puissance magique largement au-dessus de la moyenne, mais pas autant qu'on ne l'aurait cru. Les différents blocs de magie retirés pendant sa scolarité lui avait fait maîtriser sa puissance bien plus tôt qu'il ne lui aurait été demandé et il était maintenant un Sorcier à ne pas venir embêter. Avec ce que la Famille avait soupçonné depuis que Severus l'avait récupéré, il savait parfaitement se battre, aussi bien avec sa baguette, ses poings ou des mots.

Harry soupira. Il avait un problème plus urgent à régler.

Bien qu'ils forment un couple parfait dès qu'ils sortaient, Esther était très loin d'être la femme idéale pour Harry. Il y a deux ans, quand la jeune femme avait abordé le brun lors d'une soirée mondaine, ce dernier avait compris que la rencontre n'était pas fortuite. Et après qu'il ait utilisé les contacts de son père pour mener une enquête préliminaire sur elle, le nom d'Albus Dumbledore était apparu en lettres de feu sur son dossier. La manœuvre était grossière et évidente mais Harry avait décidé de se laisser prendre, autant pour détourner l'attention d'Hermione qui avait disparue des radars Sorciers que pour soutirer des informations à Esther.

A son corps défendant, la Sorcière était assez douée et n'avait pas utilisé des techniques aussi vulgaires que Clotilde McGregor qui avait poursuivi Sirius pendant plusieurs années. Elle était satisfaisante sexuellement parlant et avait des manières exquises. En clair, elle se présentait comme une parfaite épouse Sang Pur.

Traduction, une excellente garce prête à tout pour obtenir la renommée et la richesse.

Et qui le pressait de plus en plus de lui passer la bague au doigt. Mais ça, ça ne risquait pas d'arriver.

Pop !

-Maître Harry, fit Cross. Un émissaire du Ministère demande à vous voir. Il m'a dit de vous donner cette lettre.

-Merci, Cross, fit Harry.

Les Elfes de maison à son service avaient reçu des consignes très spécifiques et l'une de celles concernant son courrier voulait que tout soit neutralisé avant qu'il ne lui parvienne. Mais cela n'empêchait pas qu'il ne fasse ses propres vérifications.

Avec ennui, il ouvrit la missive et découvrit qu'il était invité à une énième soirée mondaine du Ministère. Mais la présence de l'émissaire lui semblait assez redondante. Donc, on voulait vraiment qu'il reçoive la lettre et qu'il accepte immédiatement.

-Fais-le entrer au Miroir, ordonna Harry. Je m'y rends.

-Bien, maître Harry, s'inclina Cross avant de partir.

Harry mit en ordre son bureau avant de prendre le chemin du Miroir. Tout comme Hermione, Harry avait installé une Tour de Garde Fantôme. Mais alors qu'Hermione avait fait semblant de s'installer dans la maison où ses propres parents avaient été tués, Harry, lui, avait tout simplement construit un faux manoir Potter. C'était là qu'il recevait tous les Sorciers qui n'appartenaient pas à la Famille, et surtout Esther Cole. Le vrai manoir se trouvait bien plus loin sur le terrain et était tellement bardé de protections qu'il fallait vraiment être chanceux pour tomber dessus.

Le brun se rendit donc au Miroir et s'avança vers le salon où avait été installé l'émissaire.

-Lord Potter, s'inclina l'émissaire. Quinn Chosa, du Ministère de la Magie.

-Enchanté, fit Harry en l'invitant à s'asseoir et en prenant place à son tour. Que puis-je pour vous ?

-Je voulais savoir si vous aviez bien reçu la missive que j'ai remise à votre Elfe de maison, déclara Quinn.

-Je l'ai bien eue, confirma Harry. Mais je suis curieux. Un hibou aurait très bien pu se charger de ce message. Alors, pourquoi être venu ?

-J'ai reçu des ordres, s'agita Quinn.

Harry étrécit imperceptiblement les yeux. Cela cachait visiblement quelque chose. Et il ne tenait pas à se faire avoir. Donc, sans scrupule, il décida d'entrer dans l'esprit de l'émissaire. Il croisa donc son regard et plongea dans sa tête.

Tout à sa mission, l'esprit de Quinn était tourné intégralement vers celle-ci. Harry apprit donc que le ministre tenait à ce que les nouvelles ladies et les nouveaux lords du Magenmagot soient présents. Les annonces qui allaient être faites les concernaient directement. Mais n'étant qu'une petite main, Quinn ne savait pas grand-chose. Il fallait qu'il cherche les informations autre part. Il récolta les noms de ses supérieurs avant de se retirer tranquillement.

Pour Quinn, il lui avait semblé avoir une légère absence.

Les deux Sorciers se dirent quelques banalités avant de se séparer, non sans qu'Harry ait assuré qu'il enverrait sa réponse dans les brefs délais.

Dès que l'émissaire eut quitté le domaine, Harry retourna dans le manoir Potter et s'empressa d'écrire plusieurs lettres. Depuis le temps, la Famille et le Gang avaient établi un réseau de renseignements très efficace. Et avec les générations d'élèves ayant perdu tout estime pour le directeur d'Hogwarts, les plus jeunes étaient plus que prêts à les aider.

§§§§§

Minerva soupira longuement. Enfin, le week-end était arrivé et elle pouvait rentrer chez elle.

Les changements opérés à Hogwarts n'avaient pas concernés que les élèves. Les professeurs s'étaient élevés pour réclamer un peu plus de libertés et avaient obtenu d'avoir leurs week-ends de libre à condition qu'il y ait un nombre suffisant de professeurs restant sur place. Ainsi, les préfets en chef avaient eu plus de responsabilités en fin de semaine et cela allégeait le programme des professeurs.

L'Elfe de maison de Minerva s'empara de sa cape et fit déposer un service de thé. La Sorcière en prit une tasse et la savoura très longuement.

-Bonsoir, ma chérie, fit une voix qui s'installa face à Minerva.

-Bonsoir, sourit Minerva. Tu as pu te libérer.

-C'est à toi que je devrais dire ça, rit l'autre. Cela fait des années que je te vois que quelques mois dans l'année. J'ai failli croire que je n'étais pas marié.

-C'est pourtant la meilleure chose qui me soit arrivé, Abe, fit Minerva.

Le dit Abe sourit avant de tremper ses lèvres dans sa propre tasse.

Adolescente en 7e année, Minerva était tombée sous le charme de son jeune professeur de Métamorphose, un certain Albus Dumbledore. Une admiration qui s'était transformée en béguin plus sérieux lorsqu'elle avait fait ses premier pas en tant que nouveau professeur de Métamorphoses quand le Sorcier était devenu le nouveau directeur d'Hogwarts.

C'était là que les ennuis avaient commencé.

Minerva, jeune Sorcière croyant encore en l'amour, avait très vite déchanté en voyant le Sorcier qu'elle aimait revêtir un masque dur et ne pas s'intéresser à elle. Elle avait remarqué qu'il la traitait moins bien qu'un professeur lambda et la différence était là. Comprenant qu'elle n'avait rien à attendre de lui, Minerva avait décidé d'abandonner et de se trouver quelqu'un d'autre. Mais ce n'était pas de l'avis d'Albus qui ne tenait pas à perdre cette groupie et plus souvent qu'à son tour, il avait gâché toute tentative de Minerva de se trouver un homme à aimer. A bout de force, elle s'était réfugiée dans un bar sombre d'Hogmeade pour noyer sa peine dans l'alcool.

C'est là qu'elle l'avait rencontré.

Pour la première fois, quelqu'un l'écoutait vraiment, et pas seulement pour être poli. Au fur et à mesure de ses visites, elle avait appris à connaître cet homme qui avait volontairement choisi de travailler là. En apprenant son nom, cependant, elle avait eu un moment de recul puis s'était littéralement enfuie pendant près d'un mois avant de revenir s'excuser et lui expliquer ses raisons. Cet événement avait consolidé leur relation et trois ans plus tard, il lui avait demandé sa main. Elle avait été plus qu'heureuse de s'unir à lui et ça avait été un miracle que personne n'ait su la nouvelle. Seule chose qu'elle lui avait demandé, c'était qu'elle ne porte pas son nom.

Ça aurait fait très mauvais genre qu'on l'appelle Minerva Dumbledore. Mais pour rien au monde, elle n'aurait renoncé à Abelforth.

-Mon frère a un plan en marche, souffla Abelforth.

-Il en a toujours un en marche, soupira Minerva. Reste à savoir lequel.

-Je me renseigne, assura Abe. Comment vont les enfants ?

-Lesquels ? demanda Minerva

-Le Gang, bien sûr, sourit Abe.

Le couple se remémora le moment où le Gang avait appris qui était le mari de Minerva.

Flash-Back

Les membres étaient âgés d'environ quatorze ans et s'apprêtaient à entrer en 4e année. Ils avaient été surpris d'être invités chez le professeur de Métamorphoses mais encore plus de la savoir mariée. La Famille avait déjà eu l'occasion de rencontrer le Sorcier mystère et c'était à leur tour de le faire.

La maison du professeur McGonagall était une ode à la culture écossaise. Sans être trop lourd, il était rappelé subtilement les origines de la maîtresse des lieux et gare à vous de les oublier. La maison était familiale et spacieuse et si des enfants avaient vécu ici, ils avaient dû être assez heureux. Le plus sur le gâteau, la silhouette d'Hogwarts se dessinait au loin.

-Bonjour les enfants, sourit Minerva.

-Professeur McGonagall, saluèrent Hermione, Harry, Draco et Neville.

-Pas de professeur ici, sourit Minerva. Appelez-moi Minerva.

-Oui madame, hésitèrent les enfants.

Elle ne les poussa pas plus loin. Elle savait qu'il leur serait difficile de faire la différence pour le moment. Elle les conduisit dans la véranda où un homme s'y était installé.

-Je vous présente mon mari Abelforth, présenta Minerva.

Le Gang fut choqué.

Abelforth ressemblait beaucoup trop à Albus pour qu'on puisse nier qu'ils avaient un lien de parenté. Mais en même temps, il n'avait pas l'air de papy gâteau qu'arborait comme un masque Albus. Non, Abelforth avait les traits durs du Sorcier qui s'était battu pour obtenir ce qu'il voulait malgré l'ombre de son grand frère.

-Un Dumbledore ! ne put s'empêcher de cracher Draco en tirant sa baguette, suivi de Neville et d'Hermione

Mais Harry ne les suivait pas. Il fixait le Sorcier. Contrairement à Albus, Abelforth ne réveillait pas sa magie. Et puis, il ne lui semblait pas inconnu.

-Vous m'avez sauvé, déclara Harry, à la surprise de tous.

Le sourire d'Abe l'enjoignit à continuer.

-J'avais six ans, poursuivit Harry. La classe était sortie dans les bois à côté de la ville. Dudley m'avait poussé dans un ravin. Je m'étais cogné la tête. J'ai appris plus tard que l'institutrice ne connaissait pas encore tous ses élèves et qu'elle ne s'était pas aperçue de ma disparition. Quand je me suis réveillé, la nuit était largement tombée. J'avais froid, j'avais faim, j'avais peur. Je ne sentais plus l'une de mes jambes et le sang coulait beaucoup de mon côté. En plus, j'avais cassé mes lunettes, même si elles n'étaient pas à ma vue, j'avais l'avantage de voir le monde un peu moins flou. J'ai compté trois nuits avant de me sentir partir. Je crois que j'étais en train de délirer. C'est ce que je me suis toujours dit parce que les seuls souvenirs que j'avais c'était que je me sentais flotter dans les airs et arriver dans les bras d'un homme. Il m'a soigné du mieux qu'il pouvait pendant un long moment avant que je ne me réveille dans le parc à côté de chez les Dursley, complètement guéri et en pleine forme. Ma magie vous reconnait. C'était vous.

-Exact, confirma Abe. J'étais en train de chercher quelques herbes quand je suis tombé sur toi. J'ai su exactement qui tu étais mais quand j'ai vu ton état, j'étais outré que personne ne se soit inquiété, et encore plus mon frère qui pourtant fondait de gros projets pour toi. Je t'ai soigné et quand j'ai été sûr que tu irais mieux, je t'ai laissé dans un endroit que tu connaissais.

-Tu connaissais l'adresse d'Harry ? s'étonna Minerva

-Les sorts de mon frère n'ont jamais eu beaucoup d'effets sur moi, railla Abe. Et j'ai gardé le secret, autant du fait que je ne pouvais pas entrer dans le périmètre de sécurité qu'il avait établi que pour garder ce petit bonhomme en sécurité. J'ai mis près de deux ans pour abattre cette barrière. Quatre mois plus tard, vous veniez pour récupérer Harry.

-Les cadeaux dans le jardin, c'était vous ? demanda Harry. Les nouvelles affaires d'école, les livres ?

-J'ai fait du mieux que j'ai pu, sourit pauvrement Abe. Même si je ne pouvais pas t'approcher en personne, je pouvais m'apercevoir du traitement affreux dont tu faisais l'objet. Les chouettes t'ont apporté ces cadeaux pour que tu aies un peu d'espoir. Sache que si Severus et Lucius n'étaient pas venus, ce serait moi qui serais venu. Personne ne doit vivre cet enfer.

-J'aurais aimé vous voir, fit Harry.

-J'aurais aimé aussi, se désola Abe. Mais outre la barrière magique, tu étais étroitement surveillé par l'une de tes voisines, sous les ordres d'Albus.

-Qui ? s'étonna Harry

-Arabella Figg, répondit Abe.

-La dame aux chats ? s'étonna Harry

-Aux Fléreurs, tu veux dire, grogna Abe. Rien de magique ne devait t'approcher. C'était les ordres d'Albus. Mais que tu sois maltraité ne la gênait absolument pas.

-C'est elle qui me gardait que les Dursley sortaient, expliqua Harry.

-Je sais, fit Abe. Mais je ne préfère pas parler d'elle.

Harry hésita un long moment avant de faire quelques pas pour se rapprocher d'Abe.

-Merci de m'avoir sauvé, déclara Harry d'une petite voix.

-Ne me remercie pas, refusa Abe. Tout ce que j'ai besoin, c'est de te savoir heureux et en bonne santé.

Ces mots achevèrent de détendre l'atmosphère.

Fin Flash-Back

Le couple discuta une bonne heure avant qu'Abe ne se lève.

-C'est l'heure que j'aille au bar, s'excusa Abe.

-Je n'arrive toujours pas comprendre pourquoi tu tiens tellement à rester, sourit Minerva.

-Les gens ont besoin d'endroits pour se détendre, répliqua Abe. N'est-ce pas ce que tu cherchais en entrant à la Tête de Sanglier il y a de nombreuses années ?

-J'y ai surtout rencontré le plus beau cadeau de ma vie, fit Minerva alors qu'Abe l'embrassait avant de s'en aller.