Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je me doute que vous devez être impatient d'attendre la suite de cette fic et de la vie du Gang de Bronze ! Pardonnez-moi pour le retard mais j'ai complètement prise par la publication - et l'écriture - de mes deux autres fics.
J'arrête de m'étaler et je vous souhaite une bonne lecture !
Gros bizoux
Crystal of Shadow
De l'autre côté du miroir
Voldemort s'observait dans un miroir. Il en avait marre d'avoir cette apparence hideuse mais il se devait d'être terrifiant pour que ses laquais ne songent pas à le quitter. Avec un lourd soupir, il prit quelque chose d'invisible de sa tête et le déposa sur la causeuse tout à côté. Tout doucement, ses traits se brouillèrent. D'un humanoïde à la peau pâle et translucide à l'aspect reptilien, sans nez et écailleuse, il passa à un roux d'une trentaine d'années.
-Grâce à toi, je suis le plus intelligent, le meilleur dans tout ce que je fais, susurra le roux en caressant l'objet qu'il venait d'ôter, un cercle d'or serti de pierres précieuses.
Le diadème de Rowena Ravenclaw était une merveille d'orfèvrerie à la base. Mais quand la jeune femme l'avait acquise, l'objet avait pris une valeur inestimable. Plaçant la connaissance en très haute estime, elle avait enchanté l'objet pour qu'il soit un catalyseur pour lui permettre de mieux se concentrer et de retrouver les informations qu'elle voulait, ayant paradoxalement beaucoup de mal à pratiquer l'Occlumencie.
Le roux ôta ses vêtements et se rendit dans la salle de bain. Cependant, il s'arrêta devant le grand miroir et s'observa avec une grimace de dégoût. Il détestait son corps habituel, vu qu'il devait se trimbaler une malformation horrible et particulièrement lourde. Sa jambe atrophiée et sa colonne vertébrale déformée pour former une immense bosse n'était pas pour attirer les regards de manière positive. Passant sous la douche, il songea à comment il en était arrivé à cet état.
Miracle de la consanguinité, sa mère avait couché avec la personne qui ne fallait pas et était tombée enceinte. Elle avait pu cacher sa grossesse et l'avait mis au monde avec les malformations qu'il connaissait. Il savait qu'elle aurait pu le tuer dès la naissance mais elle ne l'avait pas fait et avait confié son éducation à quelqu'un de confiance. Elle venait régulièrement le voir et là, il allait à l'une de ces rencontres.
Il se vêtit correctement puis se rendit dans une petite maison sans que les Death Eaters ne le voient. Il n'attendit pas longtemps avant que la porte d'entrée ne claque violemment.
-Bonjour mon chéri, fit une petite femme replète.
-Mère, salua le Sorcier.
-Allons, raconte-moi ta semaine, ordonna la Sorcière.
Pendant qu'il inventait une semaine typique, l'autre moitié du cerveau du Sorcier pensait à autre chose. Sa mère était une personne qui se pensait formidable mais qui cumulait les défauts. Elle vivait totalement dans son monde et gare à celui ou celle qui essaierait de lui montrer la vérité ! Seules les apparences comptaient pour elle ce qui expliquait le fait qu'elle l'ait abandonné dès la naissance pour faire croire qu'elle n'était pas mère lorsque viendrait le moment pour elle de se marier. Pendant les premières années, il avait jalousé ses nombreux demi-frères et s'était surpris à les espionner pour voir comment ils avaient tout l'amour de leur mère. Mais à sa plus grande surprise, il s'était aperçu qu'elle négligeait ses enfants, jusqu'à ce que ses deux derniers naissent. Même leur père, qui travaillait du matin au soir, s'occupait plus d'eux qu'elle ! Et ce n'était pas le pire. Quand son protecteur s'était intéressé à la famille Potter, il était devenu évident que Ron et Ginny devaient impérativement intégrer le cercle de l'héritier Potter, encore plus au détriment du reste de la famille.
Oui, Molly Prewett avait tout de la mère indigne.
-Roland, un problème ? demanda Molly
-J'étais perdu dans mes pensées, s'excusa Roland.
Il ne savait pas pourquoi sa mère lui rendait toujours aussi régulièrement visite mais il était convaincu que c'était un ordre de son protecteur Albus Dumbledore. Et le sac de Galions qui apparaissait un peu avant son arrivée et qui attendait sagement dans le salon ne devait pas y être étranger non plus. Parce que sa grimace de dégoût qui éclairait son visage les premiers instants où elle le voyait ne trompait personne. Si elle le pouvait, elle ne serait jamais venue le voir. Seulement, son reniement de la famille Weasley lui avait fait réviser certaines priorités et si elle devait visiter son premier-né handicapé pour garder son train de vie alors elle le ferait.
On pouvait donc ajouter à la liste des qualités de Molly Prewett à la suite de mère indigne, vénale. Roland n'aimait pas sa mère, c'était clair et surtout, c'était réciproque. Mais l'un et l'autre n'avaient pas le choix, ils devaient se fréquenter pour garder leur liberté d'action.
Molly babilla environ une heure avant de décider de partir, non sans prétexter un passage aux toilettes pour récupérer de manière qu'elle pensait discrète le sac de Galions qui l'attendait. Le roux attendit une bonne vingtaine de minutes avant de s'emparer de sa cape et de sortir à son tour. Le jeu préféré de Roland, à part celui d'endosser le rôle de Voldemort et de torturer ses Death Eaters, était d'espionner la famille de sa mère. Il s'était très souvent rendu au Burrow mais quand la maison avait été détruite, il s'était rabattu sur le minable appartement que sa mère avait pu trouver pour se loger avec ses deux derniers enfants.
Appartement qui était sa prochaine destination.
Depuis le temps qu'il venait, il avait pris ses marques. L'appartement au-dessus était donc devenu sa propriété et le sort de Miroir sans teint était heureusement à sa portée. Une fois à l'intérieur – et pour une fois, il était content que sa véritable apparence soit si efficace pour éloigner les opportuns de son espace vital – il s'enfonça dans un confortable fauteuil et lança le sort.
L'appartement était exiguë et dans un état déplorable. Chaque membre de la famille ne se préoccupait guère de leur lieu de vie et étant habitué à ce que ce soit un autre qui fasse les tâches ménagères – Molly avait réussi à cacher à Arthur qu'elle avait gardé un Elfe de maison de sa famille Prewett – le résultat était là.
-Je suis rentrée ! fit Molly
Mais personne ne lui répondait. Curieux, Roland se tourna vers la partie nuit de l'appartement. Chacun avait sa chambre mais comme ils étaient très proches de Moldus, ils ne pouvaient user de la magie de manière flagrante. Donc les chambres ne contenaient à peine qu'un lit et une commode. Ginny se trouvait dans la sienne, visiblement en train de lire un magazine avec autour d'elle un sort de Silence. Sinon, elle aurait très bien pu s'insurger de ce qui se passait dans la chambre voisine dont le mur était aussi fin que du papier à musique … C'est-à-dire son frère Ronald en train de réagir bruyamment à une fille en train de le sucer.
Roland sourit d'anticipation en voyant Molly ouvrir une à une toutes les portes de l'appartement. Elle ouvrit la porte de sa fille mais la voyant calme, elle décida de la laisser tranquille, puis ouvrit celle de son fils.
-RONALD ! rugit Molly. On peut savoir ce que tu fais ?
-Maman ! protesta Ron en faisant reculer violemment la fille qui s'occupait de lui. Tu ne vois pas que tu gênes !
-Elle ne reste pas ! ordonna Molly
-Dès qu'elle aura fini ! tempêta Ron en claquant la porte
Il empoigna la chevelure de la fille et enfourna d'autorité sa queue dans sa bouche. Et sans lui laisser le temps de respirer, il imprima un va et vient brutal, passant sa rage dans le mouvement, jusqu'à en jouir. Il la relâcha finalement et elle toussa violemment jusqu'à en cracher du sang.
-Casses-toi, cracha Ron.
La fille n'attendit pas son reste et déguerpit aussitôt.
Roland se surprit à l'observer. Son cadet et lui avaient curieusement des goûts très proches en matière de filles. Ron et lui les aimaient à peine formées, limite androgynes. Plus une fille était plate, aussi bien au niveau de la poitrine qu'au niveau des fesses, plus elles attiraient l'œil des deux demi-frères. Et Roland devait l'avouer, Ron n'avait pas choisi la plus belle. Visiblement, elle n'était là que pour satisfaire ses besoins primaires.
Rageusement, Ronald se rhabilla correctement avant de rejoindre sa mère avec laquelle se trouvait sa sœur.
-C'est l'heure de l'argent de poche ? demanda Ron en apercevant le sac de Galions
-Pour ce que tu en fais, renifla Ginny. J'ai besoin d'une nouvelle robe, maman !
-Du calme, les enfants ! tonna Molly. Laissez-moi compter.
Sous les yeux avides de ses enfants, la matrone compta rapidement ce qu'il y avait dans le sac. Mais un air circonspect apparut sur son visage quand elle commença à retirer la somme pour le loyer puis le budget pour la nourriture de la semaine.
-Qu'est-ce qui se passe ? fit Ron
-Il y en a moins que d'habitude, répondit Molly.
-Comment on va faire ? se plaignit Ginny
-Vous aurez simplement moins d'argent que d'habitude, trancha Molly.
Elle sépara la somme restante en trois tas, en gardant toutefois une grosse partie. Les enfants ne protestèrent pas, puisque la seule fois qu'ils l'avaient fait, leur mère leur avait tellement hurlé dessus qu'ils n'étaient pas prêts de recommencer.
Roland supposa aisément ce que tous allaient faire avec ces Galions. Molly allait dépenser tout en frivolités qu'elle allait soigneusement cacher à ses enfants, Ginny de même et Ron allait rembourser les prostituées qu'il s'était offertes.
D'après les échos qu'il avait eus, Roland avait longtemps pensé que ce serait Ginny qui aurait sombré. Mais contre toute attente, c'était Ron qui montrait les pires côtés de la nature humaine. Ce dernier n'avait pas eu ses ASPIC et habitué à la rente que lui fournissait sa mère, n'avait pas cherché à gagner sa vie et en avait profité pour approfondir ses relations avec le quartier dans lequel il vivait depuis deux années. La population aux alentours était pauvre et malheureusement, avait une criminalité assez élevée pour s'adonner à tous les vices. Ron avait donc découvert les joies d'une sexualité bien plus mature et adorait se payer des filles qui très souvent, n'avaient que leur corps à vendre. Molly ne disait pas grand-chose, comme d'habitude, ayant toujours passé tous les caprices de son fils.
Roland avait cru que Ginny, sa seule demi-sœur connue, serait aussi dépravée que son frère mais il en avait été tout autrement. La rousse avait été un modèle de droiture et malgré des résultats très moyens et ses ASPIC de justesse, restait le plus souvent dans sa chambre. Bien sûr, lors de ses rares sorties, elle attirait les regards et était souvent abordée. Mais jamais elle n'y répondait, malgré sa réputation à Hogwarts d'être ouverte à toute proposition. Mais depuis qu'elle avait quitté l'école, rien. Roland avait mis beaucoup de temps avant de comprendre que la jeune fille était régulièrement soumise à l'Imperium et avait interdiction de se « souiller ». Pourquoi, le mystère avait été entier jusqu'à récemment. Il avait assisté à un entretien entre Molly et son protecteur Albus Dumbledore qui voulait absolument que Ginny soit irréprochable pour un prochain richissime mariage. Dommage que son reniement et son nom soit un frein à une telle éventualité. En visitant les esprits des Death Eaters qui avaient fait leurs études en même temps qu'elle grâce au diadème de Ravenclaw, il en était venu à la conclusion que la rousse avait été mise sous Imperium dès sa rentrée à l'école. Passer d'harceleuse en puissance en discrète groupie était un changement trop radical pour être normal, surtout qu'elle avait entretenu soigneusement la rumeur qu'elle serait la future lady Potter, alors qu'elle avait cessé de rechercher la compagnie d'Harry Potter.
Conscient qu'il n'en apprendrait pas plus sur la vie minable de Molly, Ginny et Ron Prewett, Roland prit ses affaires et rentra chez lui.
Il avait le monde Sorcier à terroriser.
§§§§§
Albus Dumbledore regardait son domaine privé depuis la fenêtre de son bureau.
Il était fier d'être arrivé à au poste de directeur d'Hogwarts car ça avait son but toute sa vie. Quand il avait rencontré Gellert Grindelwald, ce dernier lui avait fait comprendre beaucoup de choses. Dont la signification pratique de l'adage Moldu « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ». C'était pour cela qu'il avait dû s'élever contre son ancien amant quand il avait été sur le point de s'emparer de la Grande-Bretagne avec l'aide des troupes du Troisième Reich sous le contrôle de son Fürhrer, Adolphe Hitler. Aux yeux d'Albus, Gellert allait bien trop vite pour les Sorciers d'Europe pour que ces derniers lui laissent le champ libre pour ses expérimentations sur les magies occultes. Tous les deux étant descendants de Sorciers mais pas assez prestigieux pour faire partie des Sang Pur, ils avaient toujours haï cette aristocratie qui retenait volontairement une partie des enseignements de la Magie, notamment les plus intéressantes, les plus puissantes et les plus controversées, les magies occultes. Gellert était fasciné par la nécromancie, Albus par les arts de l'esprit, mais aucun n'avait les contacts nécessaires pour consulter les derniers écrits sur ces magies. La quête de Gellert avait également signé sa perte et pour ne pas qu'on ne regarde d'un peu trop près ce qu'il faisait de son côté, Albus avait décidé de le confronter et de l'enfermer dans un endroit où personne ne viendrait le chercher. La prison de Nuremberg avait tout été trouvée.
-Je trouve que tu réfléchis trop, fit une voix.
Albus se tourna de moitié pour avoir dans son champ de vision un Miroir à Double Sens de grande taille. L'objet reflétait le visage d'une personne assez chère au directeur. Un Sorcier condamné avec pertes et fracas.
Gellert Grindelwald.
-Je médite, corrigea Albus. Je croyais que tu aménageais ta maison ?
-C'est fait, assura Gellert. Mais il fallait que je fasse un tour à la prison, comme c'est l'heure de ma visite hebdomadaire. J'ai décidé de faire une pause et de t'appeler.
-Très aimable de ta part, grinça Albus. Que puis-je pour toi ?
-Les journaux parlent, rappela Gellert. Et cette Gange révèle certains de tes secrets un peu trop spontanément. Tu es sûr que tu ne la connais pas ?
-Toute personne qui en connait un tant soit peu sur moi est sous mon contrôle, rétorqua Albus.
-Il y en a au moins une qui ne l'est pas, appuya Gellert. On commence à me poser des questions. Tu me connais, j'ai esquivé mais ils ne vont pas tarder à faire un plus un et comprendre qu'elle dit la vérité depuis le début.
-Je vais m'en occuper, déclara sombrement Albus.
-C'est ce que tu me dis depuis plus d'un an, répliqua Gellert. Je vais finir par sortir le faire moi-même.
-Surtout pas ! gronda Albus. Tes liens ne tiendront pas et je ne pourrais plus garantir ta survie ! J'ai déjà eu du mal à les falsifier alors ne fais pas cette erreur !
-Je sais, fit Gellert. Mais cela nous gêne, dans tes plans comme dans les miens.
-Je le sais, grinça Albus.
-En parlant de plans, qu'en est-il du jeune Potter ? demanda Gellert
-J'ai demandé à Esther de lui mettre la pression pour qu'il l'épouse, souffla Albus. Ou qu'elle tombe rapidement enceinte.
-Avec Sirius Black comme parrain, je ne suis pas sûr que cette éventualité marche, souligna Gellert.
Albus ne put que grimacer. Effectivement, avec toutes les filles qu'il avait mises dans les pattes de l'héritier Black, pas une seule n'avait réussi à se faire engrosser. Ce n'était qu'à la fin de ses études qu'il avait appris le fin mot de l'histoire. Dès qu'il avait été pubère, il avait commencé à prendre de lui-même en secret une potion empêchant toute conception pour éviter ce genre d'accident. Et ça avait continué après sa sortie de prison. En clair, il s'était rendu stérile.
-J'ai besoin d'avoir accès au patrimoine Potter, soupira Albus.
-Tu as besoin de ton arme, sourit Gellert. Celle que tu avais savamment forgée. Mais qui t'a échappée des mains …
-Je le sais que trop bien ! rugit Albus. Je ne sais pas quand ça a cessé de fonctionner.
-Du calme, tempéra Gellert. Trouve une solution.
-Je ne peux pas m'attaquer à Longbottom et Malfoy, grommela Albus.
-Et la dernière, Granger ? demanda Gellert
-Elle a disparu, déclara Albus. Je n'arrive pas à lui mettre la main dessus. Elle s'est réfugiée dans le monde Moldu et je n'ai pas beaucoup de contact qui sache bien s'y débrouiller.
-Et Snape ? s'étonna Gellert
-Il poserait trop de questions, grogna Albus.
-Mais tu n'as pas le choix, souligna Gellert. Si tu tiens tant à avoir cette fille pour avoir le dessus sur Potter, alors vas-y.
-Mais je ne pourrais pas la garder nulle part, fit remarquer Albus.
-Alors tu n'auras qu'à me l'envoyer, haussa des épaules Gellert. Ça fait longtemps que je n'ai pas eu de compagnie. Ou de cobaye, au choix.
Albus envisagea cette option. Oui, effectivement, il n'avait pas trop le choix. Il fallait trouver Granger pour avoir une chance de faire plier Potter. Il avait déjà assisté aux liens puissants qui unissaient les membres du Gang. Il savait parfaitement que si l'un des leurs avait des problèmes, les autres seraient toujours là pour l'aider. Ça avait été le cas quand la maison des Granger avait été attaquée. Albus avait été étonné de voir cette maison Moldue lourdement protégée de manière magique mais heureusement, Gellert avait pu lui fournir un artefact de sa famille qui annulerait lesdites protections, sûrement gracieusement offertes par Augusta Longbottom ou peut-être même Lucius Malfoy. Avec une équipe soigneusement choisie et l'artefact, le directeur avait fait tomber les barrières des Granger et avait fait massacrer les parents. Le viol de la petite Granger n'était pas prévu mais il avait été satisfait du résultat obtenu. Il avait tenté de prendre l'avantage en réclamant la tutelle de la jeune fille mais celle-ci avait été plus aux faits des lois Sorcières et l'avait retourné à son avantage. Ou plutôt, avait gagné le temps qu'il fallait pour arriver à sa majorité Sorcière, à son plus grand mécontentement. Elle avait même eu l'audace de ne pas faire le début de sa sixième année et de réapparaître comme une fleur peu après la nouvelle année. Ses espions n'avaient pas réussi à savoir où elle avait fait son deuil et quand elle était revenue, ce n'était plus une jeune fille plus ou moins naïve mais une femme qui n'allait pas se faire marcher sur les pieds et qui vouait une haine farouche à celui qui avait voulu la manipuler dans une période de grande détresse, Albus Dumbledore.
Oui, Hermione Granger serait une Sorcière très difficile à capturer. Snape pourrait bien être la seule personne à pouvoir la retrouver.
-Je vais ordonner à Snape de la retrouver, décida Albus.
-Sage décision, sourit Gellert. Envoies-la moi, je suis curieux de la voir.
-Avec plaisir, grinça Albus. Elle a besoin qu'on lui rappelle certaines choses …
§§§§§
La femme marchait à vive allure. Sa longue chevelure virevoltait dans tous les sens mais personne n'osait l'approcher. Elle s'avança vers le comptoir au fond de la pièce et le frappa violemment. L'homme derrière eut le mérite de ne pas sourciller.
-Madame, vous désirez ? fit le Sorcier
-Je viens de revenir de mon hôtel, siffla la femme. Et j'apprends que vous n'avez pas payé ma suite ! Je peux savoir pourquoi ?
-Nous allons vous conduire dans l'un de nos bureaux, proposa le réceptionniste.
-NON ! rugit la femme. Je veux savoir tout de suite !
L'homme agita sa baguette et un long parchemin arriva dans ses mains.
-Mademoiselle Cole, je suis au regret de vous annoncer que vous n'avez pas assez d'argent pour pouvoir vous payer cette luxueuse suite, annonça dédaigneusement l'homme.
Il savoura comme il se devait la mine défaite de cette petite intrigante. Esther Cole s'était toujours crue au-dessus de sa condition parce qu'elle était la protégée d'Albus Dumbledore. Mais elle n'avait jamais su – ou plutôt elle devait ne pas en tenir compte – que si ses parents avaient quitté la Grande Bretagne, ce n'était pas parce qu'ils avaient aimé le Cap Vert mais parce qu'ils avaient arnaqué bon nombre de Sorciers principalement en Irlande et qu'ils étaient recherchés par les Aurors. Depuis qu'elle avait accédé aux avoirs de ses parents voilà plusieurs années, Esther Cole était particulièrement déplaisante avec le personnel de la banque Sorcière du Cap Vert. Et maintenant qu'elle était avec lord Harrison Potter, c'était à la limite si elle ne se sentit plus péter.
Mais là, elle venait de revenir sur terre.
-Comment est-ce possible ? tonna Esther
-Votre coffre est vide, répliqua sèchement l'homme. Et comme vous ne travaillez pas …
Il se retint de dire que puisqu'elle ne comptait rien faire de ses dix doigts, l'argent n'allait pas tomber du ciel.
Esther, quant à elle, devint blanche. Elle n'avait plus d'argent ! Comment allait-elle faire ?
-Ne puis-je pas obtenir un prêt ? demanda Esther, mielleuse
-Nous ne pouvons vous l'accorder sans assurance que nous reverrons notre argent, déclara l'homme fermement.
Esther était bien embêtée.
-Je vous conseille de revoir vos priorités à la baisse, fit l'homme. En occupant une chambre moins luxueuse, vous pourriez être logée encore un moment. Avec votre train de vie actuel, vous n'aurez plus rien dans trois semaines.
Esther tourna des talons et quitta la banque sans même saluer qui que ce soit sous les rires discrets des clients présents. Elle se rendit immédiatement à la demeure d'Albus Dumbledore, son ancien tuteur, certaine qu'il pourrait l'aider.
Esther avait grandi sans parents depuis l'âge de douze ans. Elle avait toujours été étonnée de parler anglais alors que ses parents et elle vivaient dans un archipel au large de l'Afrique de l'Ouest. Ses parents n'avaient jamais voulu qu'elle apprenne le portugais, la langue locale, et à leur mort, Albus Dumbledore son nouveau tuteur, n'avait pas tenu qu'elle le fasse. Ce dernier avait préféré la laisser sur place à cause des événements graves qui se déroulaient dans son pays d'origine et ce fut de loin qu'elle avait suivi la seconde guerre contre Voldemort. Mais elle n'avait été laissée dans l'ignorance. Albus Dumbledore lui avait donné de très nombreuses nouvelles, dont celles du principal héros de l'histoire, Harry Potter. Le vieil homme lui avait fourni tous les éléments de sa vie à sa disposition et quand elle avait débarqué en Angleterre, elle était persuadée de connaître quasiment tout de la vie du jeune homme. Comme il semblait être le prince charmant parfait, Esther s'était convaincue qu'il serait l'époux parfait. Avec l'aide de son tuteur, elle avait investi toutes les soirées mondaines où Harry Potter était susceptible de faire une apparition jusqu'à attirer finalement son attention.
Elle avait pensé qu'elle avait fait la partie la plus difficile. Elle ne pouvait pas avoir plus tort.
Après plusieurs rendez-vous – et quelques nuits de folies où elle avait découvert qu'Harry était un très bon amant – Esther avait fini par rencontrer sa famille. A sa plus grande honte, elle s'était presque retrouvée à baver devant lord Sirius Black. On ne pouvait même pas croire que le Sorcier avait passé plus de dix ans dans la terrible prison d'Azkaban quand on le voyait dix ans plus tard. Albus l'avait bien évidemment briefé mais elle ne pouvait croire que sa santé d'esprit ait été altérée par son séjour forcé avec les Dementor. Il était tout aussi séduisant qu'Harry et on se posait vraiment la question de savoir pourquoi il était toujours célibataire à ce jour. Pour gagner des points, elle avait dégainé son sourire le plus charmeur.
Échec complet.
L'humiliation avait été encore pire lorsque lord Seth Prince, le parrain honoraire d'Harry, avait également fait son apparition. Le Sorcier l'avait littéralement snobé quand elle avait tenté de le charmer et avait été à la limite du dédain. Si Harry ne lui avait pas expliqué que c'était son comportement naturel, elle l'aurait remis à sa place comme il le fallait. Elle l'avait même dit à son compagnon mais la seule réponse qu'elle avait eue était un sourire assez mystérieux. Bien entendu, Ester avait été mis en garde par Albus de la personnalité ombrageuse de lord Prince, semblable à celle du professeur de Défense d'Hogwarts et maître de Potions, Severus Snape, vraisemblablement de la même famille.
Mais la descente aux enfers ne s'arrêta pas là. Esther avait également rencontré lady Augusta Longbottom, lady Narcissa et lord Lucius Malfoy, où durant tout l'entretien il lui sembla ressembler à un cafard indigne de respirer le même air qu'eux. N'ayant jamais eu réellement à faire avec l'aristocratie Sang Pur – lord Black et lord Prince n'ayant pas semblé faire grand cas de sa méconnaissance des manières de leur rang – elle avait cru se sentir comme une moins que rien quand les trois aristocrates avaient relevé sans discrétion chaque manquement à l'étiquette. Pour l'une des premières fois de sa vie, la jeune Sorcière avait maudit son tuteur qui lui avait décrété que les cours d'étiquette étaient inutiles.
Lors des soirées mondaines, Esther avait découvert la plupart des amis d'Harry, appartenant pour la plupart aux cercles Sang Pur ou, si ce n'était pas le cas, en connaissaient suffisamment pour ne pas faire tâche. Seulement, ils avaient tous plus ou moins son âge et ils lui avaient parfaitement comprendre qu'il fallait qu'elle fasse ses preuves avant de pouvoir intégrer leur groupe. Esther avait donc décidé d'attaquer de front celle qu'elle avait supposé être leur chef, Daphnée Greengrass. Elle s'était heurtée à une résistance inattendue et s'était retrouvée désappointée quand elle avait compris que le soutien de son petit-ami ne lui était certainement pas acquis devant ses amis et qu'elle devrait mener ses batailles seules. Elle avait dû serrer les dents devant les moqueries qui avaient alors fusé et s'était promis de se venger.
Mais les pires d'entre tous restaient les membres du Gang.
Esther pensait qu'après avoir rencontré leurs chefs de famille et avoir été briefée par Albus Dumbledore, elle aurait su comment manœuvrer avec eux.
Grave erreur. Très grave erreur.
Neville Longbottom avait été très méfiant dès qu'elle avait ouvert la bouche. C'était lui qui avait lancé l'interrogatoire et ses questions avaient surtout porté sur ses convictions et ses positions politiques. Ses réponses avaient dû lui convenir puisqu'il avait eu un rictus satisfait avant d'embrayer sur sa passion, la botanique. Malheureusement pour lui, elle était très loin d'avoir la main verte et elle avait horreur de gâcher sa manucure et son teint de porcelaine et elle ne s'en cachait pas. Quand il avait parlé de sa fiancée, Luna Lovegood, elle avait été fière d'avoir dissimulé ce qu'elle pensait de cette fille. Albus lui avait raconté que la jeune fille était un souffre-douleur permanent et que si Neville s'était rapproché d'elle, c'était uniquement par pitié. Le directeur ne voulait pas qu'Esther sache que si la jeune Lovegood était près du Gang, c'était parce qu'elle avait défendu bec et ongles ses membres après la campagne de diffamation qu'il avait lancé contre Harry Potter pour faire croire à tout le monde qu'il avait menti concernant les véritables événements survenus à la fin de la troisième épreuve du Tournoi des Trois Sorciers.
Draco Malfoy avait été très sarcastique et particulièrement irritant. Doté d'une langue acérée, il adorait faire des phrases à double sens et la critiquer de manière à peine voilée sur tous les points possibles et inimaginables. Plus d'une fois, elle s'était retenue de lui cracher ses quatre vérités à ce petit con. Elle ne pouvait même pas lui répondre car elle ne comprenait ce qu'il lui disait qu'après coup. A son corps défendant, elle avait été séduite par son corps d'apollon blond et son air inaccessible mais elle était certaine qu'il n'avait pas vu son trouble. Comme ses parents, il avait noté et appuyé le fait qu'elle n'avait pas de bonnes manières et ses lacunes abyssales – pour ne pas parler d'ignorance totale – concernant les us et coutumes Sang Pur n'étaient pas en sa faveur. Il avait même critiqué son sens de la mode ! Pourtant, elle portait une robe Sorcière qui lui avait coûté une fortune !
Esther ne savait pas comment elle allait réagir devant Hermione Granger. Cette Née Moldue avait réussi l'exploit de sortir de sa médiocrité et de ses bas-fonds – c'est ainsi qu'Esther qualifiait le monde Moldu – pour devenir l'une des alliées les plus incontournables de trois des plus grandes fortunes d'Angleterre. Et elle se tenait comme leur égale aux côtés de Neville Longbottom, Draco Malfoy et d'Harry Potter. Malgré le fait qu'Albus tenait la Granger comme quantité négligeable, Esther avait compris la leçon d'avec Daphnée Greengrass et n'avait pas l'intention de se la mettre à dos. Elle avait donc prit le contrôle de la conversation et avait littéralement parlé chiffons, étant une fille comme elle. Lors de la première rencontre, Esther avait vraiment cru qu'elle s'en était faite une amie et une alliée de taille … jusqu'à ce qu'elle découvre qu'Hermione avait libre accès à toutes les demeures et coffres d'Harry et pas elle. Elle s'était donc surprise à la jalouser et même à la haïr car il était clair que tant qu'elle serait dans les parages, Esther ne serait pas la première femme dans la vie de lord Potter.
Esther avait toute confiance en son tuteur Albus Dumbledore qui lui avait fortement conseillé de se rapprocher du Gang et de leurs alliés. Mais après les avoir tous rencontrés, elle en était venue à tous plus ou moins jalouser. Mais son objectif avait été atteint, elle avait réussi à mettre le grappin sur le célébrissime Harry Potter et seul ce dernier semblait être en sa faveur. Ou du moins, pas totalement contre elle. Elle était entré dans son lit, apparaissait ouvertement à son bras dans les soirées mondaines comme lors de sorties plus privées et était régulièrement invitée chez lui, jusqu'à avoir un accès à sa demeure principale. Mais Harry avait posé certaines limites claires qu'il n'était pas question de transgresser allègrement. Elle avait douloureusement appris que si elle s'attaquait à des personnes auxquelles il tenait, elle devrait se sortir seule du pétrin dans lequel elle se fourrait, comme elle l'avait compris avec Greengrass. Elle ne pouvait se rendre dans le manoir Potter uniquement si elle y était attendue. Une seule fois, elle avait voulu faire une surprise à Harry en y allant pour l'y attendre en petite tenue affriolante mais quand elle était descendue en entendant quelqu'un arriver, elle avait été surprise de tomber sur lord Prince en lieu et place d'Harry. Elle s'était retirée rapidement et avait sincèrement pensé qu'il ne dirait rien mais une heure plus tard, il était arrivé dans ses appartements où elle l'attendait et lui avait froidement asséné que ce genre de fantaisie ne serait pas tolérée une nouvelle fois et qu'il la contacterait quand il aurait décoléré. C'était également la première fois qu'elle avait autant tremblé pour sa relation car Harry ne l'avait rappelé que deux mois plus tard. Et la plus importante de toutes, elle n'avait pas intérêt à se prendre pour ce qu'elle n'était pas. Harry n'avait pas hésité à la remettre à sa place lors d'une soirée entre amis où elle s'était érigée toute seule comme future lady Potter. Les paroles qu'il lui avait adressées lui avaient tellement fait mal qu'elle en était venue à se réfugier dans la salle d'eau pour pleurer toutes les larmes de son corps. Elle s'était ensuite reprise et rejoints les autres qui n'avaient pas faits de commentaires et étaient passés à un autre sujet.
Malgré cela, Esther ne tenait pas à perdre Harry. Il était son ticket pour entrer dans les cercles Sang Pur et si elle parvenait à l'épouser, ce dont elle était certaine d'arriver, alors elle deviendrait l'une des ladies les plus en vues du pays. Et vu sa fortune combinée des clans Potter et Black, elle était persuadée de pouvoir vivre luxueusement jusqu'à la fin de ses jours. Elle savait également que si elle arrivait à porter l'héritier Potter, alors elle entérinerait sa place et ne serait pas facilement expulsée de la famille Potter, qu'importe ce qu'on pense d'elle. Mais malgré une satisfaction sexuelle évidente – et elle avait beaucoup d'expérience – elle ne parvenait pas à tomber enceinte, même avec l'aide de potions de fertilité. Elle avait même tenté de lui en faire prendre mais rien n'y faisait.
Une heure plus tard, Esther Cole sortit de chez Albus Dumbledore, amplement satisfaite. Elle avait des solutions pour son problème de logement.
