Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je sais que j'aurais dû publier depuis longtemps mais j'étais très insatisfaite de ce chapitre que j'ai recommencé de nombreuses fois. De plus, avec toutes les fics que j'écris et que je publie en même temps (oui, je sais, je suis une folle mais j'ai toujours mieux travaillé sur plusieurs choses en même temps), je ne voulais pas faire de bêtises.
Je vous offre aujourd'hui la suite tant attendue et je vous souhaite une bonne lecture.
Gros bizoux
Crystal of Shadow
Rencontres internationales
-Je le sens mal, déclara Luna.
-Tu ne devrais pas, rassura Neville. Et puis, je serais avec Draco et Harry. Je pense qu'à nous trois, en cas de problème, on va trouver des solutions pour nous tirer d'affaire.
-Je sais, soupira Luna. J'aurais préféré qu'Hermione voyage avec vous.
-Tu penses ? sourit Neville. Tu sais parfaitement que c'est elle qui nous aurait plongés dans les problèmes !
-Elle se pose les bonnes questions, elle, renifla Luna. Ne le lui reproche pas.
-Ce n'est pas dans mes intentions, sourit tendrement Neville. Je remarque simplement les faits. Je suis plus inquiet pour toi.
-Ne t'en fais pas, balaya Luna. On n'osera pas s'en prendre à moi. Si tenté qu'on arrive à me trouver aussi.
-Quand même, fit Neville. Sois prudente.
-Toi aussi, sourit Luna en l'embrassant tendrement. Maintenant pars, les gars doivent t'attendre.
-Ils savent que je dis au revoir à la fille la plus merveilleuse qui soit, flatta Neville en lui rendant son baiser.
-Bon voyage, salua Luna.
Sur un dernier signe de la main, Neville quitta la Tour de Garde des Longbottom.
A son quinzième anniversaire, Neville avait ordonné la restauration de la maison de ses parents qui avait été détruite lors de l'attaque qui avait rendu amorphe son père. A sa majorité, il s'y était installé en apparence et toujours en apparence, il y vivait avec Luna en attendant leur mariage prochain. Mais aussitôt que Neville serait parti, la jeune femme se réfugiera en secret dans le manoir Longbottom, là où habite Augusta, la matriarche Longbottom. C'était un ballet bien rôdé auquel chaque membre se livrait sans broncher.
Neville transplana jusqu'au pied à terre des Black à Londres pour rejoindre Harry et Draco. Tous les trois allaient ensuite prendre une cheminée internationale vers le Vatican.
Alors que les trois amis se rendaient à King's Cross, Harry sourit intérieurement. Il avait été très surpris et amusé de savoir que le centre mondial de rencontres des Sorciers se trouvait dans un endroit aussi opposé à la Magie qu'était l'état du Vatican. Le jeune homme s'était plus sérieusement renseigné et avait appris que comme la plupart des lieux de cultes du christianisme, le Vatican avait été construit sur un nœud de Magie, propice à ce que les Moldus considéraient comme des miracles. Les catacombes avaient toujours été le lieu de rencontre privilégié des Sorciers et quand les premiers chrétiens y avaient trouvé refuge, les Sorciers des premiers siècles après Jésus-Christ avaient dû déployer des trésors d'imagination pour ne pas qu'ils ne les découvrent. Comme les protections avaient tenu face à cette horde d'envahisseurs, ils avaient estimé que ça ferait un bon lieu de rassemblement comme un autre. Et depuis trois siècles, le Vatican était devenu l'un des sièges de la Confédération Internationale des Sorciers.
Draco avait trouvé une résidence secondaire en Italie et c'était là que les trois amis avaient décidé de se rendre. Une fois les protections vérifiées et rehaussées et leurs bagages défaits, ils avaient décidés de se relaxer un peu devant un bon feu de cheminée et un digestif.
-Vous savez pourquoi le CIS nous a convoqué ? demanda Harry, un peu inquiet
Les trois amis n'avaient pas pu en discuter avant puisque la lettre était arrivée la veille et ils avaient dû se dépêcher pour être en temps, en heure et en toute discrétion au lieu de rendez-vous.
-J'ai manqué les questions d'Harry ? fit une nouvelle voix
-On commençait tout juste, sourit Draco alors que Neville lui servait un verre.
Hermione déposa son manteau dans un coin et prit place. Elle aussi avait été convoquée.
-Voyons voir, fit Hermione. Tu dois te demander pourquoi ils nous ont convoqués, n'est-ce pas ?
-Je suis un livre ouvert pour toi, s'inclina Harry. Blague à part, vu que nous sommes tous là, j'imagine que la raison doit avoir un rapport avec Hogwarts et Dumbledore.
-Ça me semble logique, concéda Neville. Nous sommes ceux qui ont le plus remué l'école. Et ta plainte contre le directeur en 4e année doit avoir joué aussi.
Harry sourit malicieusement. L'été qui avait suivi leur 4e année avait été très riche. Tout d'abord, Severus avait d'autorité envoyé Harry en Sibérie sans réelles explications. Curieux et ne voulant surtout pas laisser l'adolescent sans soutien, Narcissa l'avait rejoint avec Hermione, Neville et Draco. Augusta, Lucius et Sirius, étant chef de leurs familles respectives, avaient dû rester, surtout avec ce qu'Harry avait déclenché en dévoilant à toute l'Angleterre Sorcière la mort de Voldemort. Sirius avait profité de la plainte pour diffamation pour en ajouter une autre pour mise en danger de mineurs. Vu l'état des champions après chaque épreuve, sans compter la mort de l'un d'entre eux, il était clair que la sécurité n'avait pas été à l'ordre du jour pour les participants, mineurs de surcroît. Jacques Delacour avait appuyé sa plainte, surtout que Gabrielle, sa fille cadette délivrée par Harry, avait mis près d'un an avant de recouvrer totalement la santé et que Fleur, la championne de Beauxbâtons, en additionnant ce qui s'était passé pendant la deuxième épreuve et pendant la troisième, avait dû entrer en soins intensifs pendant plusieurs mois après son retour en France. Le Ministère avait bien tenté de faire traîner l'affaire en longueur mais comme l'affaire était devenue internationale, avec les réclamations des deux directeurs de Dumstrang et de Beauxbâtons, il avait dû organiser un procès. Dumbledore avait bien tenté de convaincre le Magenmagot que tout avait fait pour la sécurité de tous et que la mort du jeune Diggory n'était qu'un regrettable accident mais Sirius, décidé à jouer l'avocat du diable, dressa une liste de toutes les blessures qu'avaient reçu les différents champions après chaque épreuve. Le conseil avait été consterné de voir que chaque champion avait frôlé la mort – voire l'avait reçu pour Cédric Diggory – et plus particulier suite à la deuxième épreuve où les sœurs Delacour, semi Veela, avaient dû rencontrer des Êtres de l'Eau, leurs ennemis héréditaires, alors que le directeur aurait eu amplement le temps de changer l'épreuve, et où Draco et Gabrielle s'étaient réveillés avant d'avoir atteint la surface. A la fin, Dumbledore n'était pas passé loin de perdre son poste de directeur mais s'était vu infliger une lourde amende de plusieurs dizaines de milliers de Galions pour chaque champion et victimes du Tournoi et le double pour Amos Diggory pour la mort de son fils. Mais la décision qui avait fait le plus grand bruit était la venue d'un envoyé du Ministère pour littéralement surveiller Dumbledore. Mais il n'avait pas été le seul à être embêté.
-A moins que le conseil international estime que nous sommes les mieux placés pour parler des dysfonctionnements à l'école, proposa Neville.
-Rien ne nous sert de faire des projets sur la comète, fit Draco. Nous le serons bien assez tôt ce qu'on nous cherche.
-Et nous pourrions profiter sereinement des différents matchs de Quiddicht qui vont se dérouler dans quelques jours, taquina Harry.
-Dommage que la Coupe du Monde n'ait lieu que l'année prochaine, soupira Draco.
-Au lieu de dire des bêtises, nous devrions aller nous coucher, grommela Hermione qui n'aimait toujours pas ce sport Sorcier. Il ne faudrait pas non plus qu'on arrive en retard.
Le Gang discuta encore un moment avant de s'exécuter.
§§§§§
Lorelei détestait de plus en plus l'Angleterre Sorcière.
Depuis qu'elle avait découvert avec Vladimir que les Vampires du pays étaient traqués pour une raison qu'ils ignoraient, elle cherchait activement les réponses. Avec les contacts de la Famille, elle avait eu son accès pour le Ministère mais elle n'avait rien pu trouver de concret. Par contre, elle avait eu des pistes intéressantes à suivre et elle s'était intéressée à l'une des branches les plus secrètes de cette institution, le Département de Recherches. Créé pour contrer la polyvalence et surtout l'indépendance du Département des Mystères, le ministre de l'époque avait fondé un nouveau département. Xénia Lovegood, toujours directrice du Département des Mystères, n'avait elle-même pas ses entrées. Lorelei avait donc décidé de s'en mêler. Mais sa première surprise avait de découvrir autour de ce département secret des protections pour éloigner les Sorciers fouineurs mais également les Vampires à la recherche de réponses. Et d'après toutes les années qu'elle avait passé à errer dans le monde, autant de coïncidences n'étaient jamais dues au hasard.
C'était pour cela qu'elle était en train de se balader à Melbourne.
Depuis le siècle dernier, de nombreux Anglais avaient quitté leur pays pour fuir les persécutions sinueuses de leur terre d'origine, notamment quand un héritage autre que Sorcier apparaissait dans leur famille. Cela expliquait également en partie pourquoi il y avait eu si peu de résistance lors de la première guerre contre Voldemort et encore moins lors de la seconde. Les meneurs naturels avaient choisi leurs batailles et n'avaient pas tenu à se dresser contre un gouvernement aux mains de la corruption et du chacun pour soi. Seuls des Sang Pur ayant su tirer parti de la situation étaient restés et le faisaient payer très chèrement à ces bureaucrates qui ne songeaient qu'à remplir leurs poches. Lorelei avait aidé certaines de ces familles émigrées, dont plusieurs enfants avaient découvert en grandissant des caractéristiques Vampiriques, ce qui les avaient mis en danger. D'ailleurs, elle avait été surprise et n'en avait rien dit à Vladimir et encore moins à Nolan. Toutefois, il semblait bien que ça pouvait avoir un lien avec l'affaire qui la turlupinait depuis maintenant près de sept ans.
-Dame Lorelei, s'inclina la femme qui venait de lui ouvrir. Votre visite n'était pas prévue.
-Effectivement, Susan, concéda Lorelei en entrant après y avoir été invitée. Mais j'aimerai poser quelques questions à Kerry.
-Bien sûr, sourit la femme. Je vais vous mener à elle.
Lorelei se souvenait de sa première rencontre avec Susan et sa famille. La Vampire savait que la Grande Bretagne était une terre assez risquée et que peu des siens s'y rendaient. Mais pourtant, l'une de ses affaires l'avait menée en Irlande du Nord. Près de la frontière, elle était tombée sur cette mère de famille totalement anéantie qui tirait derrière elle son mari et ses trois enfants ainsi qu'un nourrisson de quelques mois à peine. Le bébé l'ayant fortement attiré, elle s'était approchée et avait noté ses yeux totalement rouges, comme ceux d'un Vampire au bord de la soif de sang. Révoltée qu'on ait pu s'en prendre à un enfant aussi jeune, elle les avait menés dans la maison qu'elle louait pour qu'elle puisse en apprendre plus.
L'histoire était pire que ce qu'elle pensait.
La benjamine, Kerry, avait disparu peu avant son entrée à Hogwarts. Ses parents avaient tout fait pour la retrouver mais ils s'étaient heurtés à une opposition surprenante à cause de leurs origines. En effet, Susan et son mari Robert étaient tous les deux Nés Moldus et il avait très vite été clair que ça leur portait préjudice et que les instances en place n'avaient pas l'intention de lever le petit doigt pour eux. Quelques Nés Moldus les avaient bien aidés mais leurs recherches s'étaient arrêtées sur le passage mystérieux d'un Sorcier qui portait des robes semblables à celles des Langues de Plomb tout en étant différentes peu avant la disparition de la petite fille.
Quatre ans plus tard, Susan avait ouvert la porte de sa maison pour aller cherche le pain et avait découvert sa fille dans un sale état et pire que tout, enceinte jusqu'aux yeux. Quinze jours plus après, elle accouchait difficilement et la famille n'était pas passée loin de perdre et la mère adolescente et le nouveau-né. Mais l'horreur ne s'était pas arrêtée là. L'enfant n'était pas très difficile mais très vite, il avait commencé à supporter de moins en moins la lumière et refusait de plus en plus le lait en poudre, sa mère étant trop faible pour le nourrir au sein après sa naissance. Cela avait pris près de deux mois pour que Kerry reprenne des forces et Susan avait émis l'idée pour contrer l'amaigrissement de l'enfant de le nourrir avec du lait maternel. La première tétée s'était très bien passée mais la suivante avait révélé un problème inattendu. Ce n'était pas si étonnant dans le monde Moldu de voir un bébé naître avec une dent mais cette dernière n'était pas assez affûtée pour faire le moindre mal à la mère.
Sauf que là, le bébé avait fait une entaille assez conséquente et avait avalé goulûment le sang qui coulait. C'était la cicatrice fraîche et boursouflée qui avait alerté Susan et dévoilé l'effroyable vérité. L'enfant de Kerry était un Vampire.
Consciente que si les autorités en venaient à l'apprendre, ils les tueraient tous sans sommation, elle avait fait les bagages de toute la famille, avait pris toutes leurs économies et vendu leur maison avant de partir sur les routes pour brouiller les pistes. C'était là que Lorelei les avait trouvés.
En apprenant tout l'histoire, Lorelei avait tenu à examiner le bébé. Ayant roulé sa bosse pendant des siècles, elle comprenait parfaitement pourquoi certaines règles devaient être appliquées dans leur communauté. L'une d'entre elles voulait qu'on ne touche pas aux enfants, que ce soit pour se nourrir comme pour les transformer. Pour être précis, la magie Vampirique repoussait automatiquement toute personne qui n'avait pas atteint sa maturation magique. Alors un né Vampire … c'était une aberration. Les Vampires se reproduisaient par morsure et échange de sangs selon un rituel venant de la nuit des temps et uniquement par cette méthode. Lorelei était perplexe devant cette naissance et avait voulu également examiner la mère. Il avait été clair qu'aucune Vampire ne l'avait revendiquée comme proie ou calice mais son sang avait des traces de sang Vampire, ce qui devait être impossible. La Vampire avait eu beau retourner toutes les bibliothèques Vampires, elle n'avait pas pu trouver un élément de réponse.
-Bonsoir Kerry, salua Lorelei en entrant dans la chambre de la jeune fille.
-Dame Lorelei, salua d'une voix faible la dénommée Kerry.
Lorelei approcha de la chaise et caressa doucement la chevelure de la jeune fille qui appuya sa tête contre sa main.
Kerry avait très mal vécu son absence et encore moins sa grossesse et la naissance de son enfant. Cela pouvait se comprendre car elle avait à peine quinze ans et elle n'avait strictement rien fait pour se retrouver dans cet état. Elle avait fait une dépression après la naissance ce qui n'avait pas aidé pour qu'elle récupère des forces après son absence. Et même quatre mois après l'accouchement, Kerry était encore très faible, surtout parce qu'elle donnait son sang à son enfant.
-Tu n'as pas l'air d'être sortie aujourd'hui, gronda Lorelei.
-Je ne pouvais pas, souffla Kerry.
Lorelei s'inquiéta et observa plus attentivement la jeune fille. Depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu, elle avait perdu encore des couleurs, ce qui n'était pas normal.
-Kerry, fit Lorelei. Je sais que je t'ai promis de ne pas te forcer à me dire ce qui s'est passé pendant toutes ces années. Mais je ne peux plus me permettre d'attendre. Ton fils et toi avaient de plus en plus l'odeur de la mort autour de vous. Et je serais vraiment désolée de devoir vous tuer définitivement.
Car c'était ça qui s'était révélé pendant ses recherches. Quoi qu'il se soit passé pour Kerry, le résultat ne serait pas naturellement Vampirique et qui sait ce qu'ils pouvaient faire une fois morts. Non, dès que les plus anciens auraient appris son existence, ils auraient traqué Kerry et son enfant et se seraient assurés de leur mort définitive.
-Je n'arrive pas à parler, souffla Kerry.
-Je sais, fit Lorelei.
La Vampire avait découvert que la petite Sorcière était sous serment et qu'elle ne pouvait littéralement pas expliquer ce qui s'était passé pendant les quatre dernières années.
-J'aimerai tellement vous aider, déclara Kerry.
-Tu vas le faire, sourit Lorelei. Tu vas devoir me laisser entrer dans ton esprit. J'y prendrai les réponses qu'il me faut. Et si tu le veux bien, j'expliquerai ce qui s'est passé à ta mère et le reste de ta famille.
-Et Jason ? demanda Kerry
-Cela dépendra de ce que je trouverai sur lui, dit doucement Lorelei. Je sais que tu as du mal avec ton bébé, quand bien même il s'agit de ton fils. Mais une fois que je serai sortie de ton esprit, je pense qu'il faudra prendre des décisions radicales.
-Je suis prête, déclara simplement Kerry.
Lorelei prit la jeune fille dans ses bras et la coucha dans son lit. Elle s'assit à ses côtés et la fixa droit dans les yeux.
Dix minutes plus tard, elle se redressa, vibrante de colère.
-Je ne peux pas te laisser mourir, déclara fermement Lorelei. Et encore moins tuer Jason. Mais il est clair que tu ne peux plus rester ici. Je vais prévenir ta mère.
-Pourquoi ? demanda Kerry
-On doit comprendre exactement ce qu'on t'a fait, fit Lorelei. Tu devras passer de nombreux examens. Après, on pourra décider ensemble si tu dois mourir ou pas.
Car Lorelei, en plus de savoir la vérité, avait découvert que Kerry souhaitait ardemment quitter ce monde. D'après les souvenirs qu'elle avait récupérés, la Vampire ne pouvait que comprendre son point de vue. Elle savait les Sorciers capables de tout mais là, c'était au-delà de l'insoutenable.
-Très bien, fit Kerry. J'accepte.
-Prépare tes affaires et celles de Jason, ordonna Lorelei. Je vais prévenir ta mère.
Une heure plus tard, tous les trois avaient quitté la demeure pour une destination inconnue.
§§§§§
-Je suis heureux de vous voir, milord, sourit Jacques Delacour.
-Moi de même, comte, répondit Sirius en le saluant.
-Entrez, installez-vous, je vous prie, fit Jacques.
Le Tournoi des Trois Sorciers avait eu pour conséquence d'ouvrir la Famille à la France et au continent européen. Certes, Vladimir leur avait ouvert le monde entier mais avoir une vision régionale de leur situation pouvait également leur servir. Sirius et Harry avaient fait de très nombreux sauts en Savoie pour prendre des nouvelles des sœurs Delacour. La mère des deux filles avait été très émue que le jeune brun n'ait pas hésité une seconde à aller les voir à l'hôpital, alors que d'autres auraient été gêné d'y aller pour rendre visite à des personnes qu'ils ne connaissaient que très peu. Sirius avait appris à connaître le couple français et depuis, ils gardaient d'excellent contacts.
-Vous m'aviez dit que c'était important, déclara Sirius. Je vous écoute.
-Plus je m'intéresse à cet odieux personnage, plus je me demande comment cela se fait qu'il soit resté aussi longtemps à son poste, déclara sombrement Jacques.
Sirius n'eut pas besoin de demander de qui le comte parlait. Depuis les événements du Tournoi, Jacques Delacour menait une vendetta particulièrement virulente contre Albus Dumbledore.
-Qu'avez-vous découvert ? demanda Sirius
-La preuve formelle qu'il serait à la tête d'une milice, nommée l'Ordre du Phénix, créée pour soi-disant lutter contre Voldemort.
Sirius fronça des sourcils. Effectivement, le but de l'Ordre, auquel il avait fait partie avec le reste des Maraudeurs et Lily pendant la première guerre, était de combattre Voldemort. Quand Dumbledore lui avait « aimablement » proposé de reprendre du service, Sirius avait souri de toutes ses dents et lui avait rétorqué que puisqu'il était instable depuis sa sortie de prison, il serait plus un poids pour l'Ordre qu'autre chose. D'après les quelques instants de surprise qu'il avait pu intercepter, le directeur ne s'était pas attendu à ce que Sirius retourne sa campagne de sape contre lui. Et il s'en était longuement mordu les doigts puisqu'il n'y avait que les pieds à terre Sang Pur qui étaient assez spacieux pour accueillir l'organisation. Or, Sirius était l'un des seuls qui avaient côtoyé Dumbledore assez longtemps pour leur permettre à titre gracieux d'utiliser sa maison comme quartier général.
Mais là, Jacques sous-entendait quelque chose qu'il n'était pas sûr d'aimer.
-Que voulez-vous dire ? demanda Sirius
-Certains de mes contacts ont rencontré quelques-uns de ses membres, répondit Jacques. Ils ont ouvertement clamé leur but mais leurs actions n'allaient pas dans ce sens.
-Vraiment ? railla Sirius
-Vous les connaissez, affirma Jacques, soupçonneux.
-J'ai eu l'occasion d'en faire partie à sa création, concéda Sirius. Mais je n'ai pas tenu à rempiler. A raison, visiblement.
-Je peux reconnaître que faire appel à des voleurs et des escrocs pour obtenir des informations est une idée qui n'est pas dénuée de fondement, fit Jacques. Mais faire appel à eux pour créer des ennuis à des personnes qui n'ont rien à faire dans l'histoire, j'ai du mal.
-Faites-moi rire, demanda Sirius.
-Les demeures de plusieurs Sang Pur ont été visitées, annonça Jacques. Oh, les voleurs n'ont pas réussi à entrer mais c'est inquiétant quand même.
-Comment en êtes-vous arrivés à soupçonner l'Ordre ? demanda Sirius
-Ils ont fait l'immense erreur de se renseigner sur leurs futures victimes, renifla Jacques. Nous n'avons eu qu'à les cueillir. Ils ont avoué assez rapidement et plus ce qu'on voulait. Dont leur lien avec cet Ordre du Phénix et Dumbledore.
-Ils n'avaient pas l'air doués, constata Sirius.
-Des amateurs, assura Jacques. Même la Cour des Mirages s'est penchée sur l'affaire.
-La Cour des Mirages ? répéta doucement Sirius, n'osant en croire ses oreilles
Et pour cause. La Cour des Mirages était nulle autre que le nom donné à l'organisation qui régentait tous les criminels magiques de France ainsi que leurs ramifications. Personne ne les nommait avec légèreté.
-J'ai mes entrées, sourit Jacques. Tout comme vous devez avoir les vôtres avec la Perfide Albion.
Sirius sourit. Les Anglais avaient utilisé à leur avantage le surnom injurieux que les Français donnaient à la Grande Bretagne. Ce surnom était ainsi devenu le nom de la partie criminelle du monde Sorcier. La Perfide Albion était donc l'équivalent britannique de la Cour des Mirages française.
-Je ne dirais rien, fit Sirius. Que dit exactement la Cour ?
-Qu'ils ne doivent pas être des enfants de la Perfide pour s'être fait prendre, déclara Jacques. De toute façon, ils se chargent de connaître leurs intentions avant de les renvoyer dans leur pays d'origine. A leurs frais.
Traduction, Albus Dumbledore n'allait peut-être pas les retrouver en vie. Ce qui n'était pas plus mal. Des pions en moins dans les mains de Dumbledore étaient toujours un avantage pour ses adversaires. Cependant, comme Jacques l'avait souligné, Sirius avait également des contacts avec la Perfide Albion et il était certain d'une chose, c'était que la Perfide était totalement contre Dumbledore. A cause de lui, elle n'avait pas le monopole sur la corruption et le meurtre et toutes les activités illégales étaient remontés vers les sphères du Sorcier moyen. Donc, pas de profit pour la Perfide Albion. Elle n'allait d'ailleurs pas être contente. Dumbledore se créait une organisation souterraine au nez et à la barbe de la Perfide. Ça allait sûrement finir en carnage.
-Mis à part le plaisir de vous rendre visite, quoi d'autre ? demanda Sirius
-Vos Death Eaters ont recruté de plus en plus de morveux de ce côté de la Manche, ricana Jacques. Votre Dark Lord ne fait pas bonne impression, vous savez.
-Je m'en doute, dit Sirius. Mais je vous assure que moi-même, je ne comprends pas ce qu'il veut faire.
-Malheureusement, parmi ces crétins, nous avons des enfants de personnages assez importants de notre gouvernement, soupira Jacques.
-J'ai l'impression que vous allez me dire que vous allez monter une mission de sauvetage, fronça des sourcils Sirius.
-Disons que la Cour des Mirages va être mandatée pour les récupérer en toute discrétion, corrigea Jacques.
-La solution ne vous plait pas, comprit Sirius.
-Si la Cour intervient, il va y avoir conflit avec la Perfide, déclara Jacques. Et je connais l'importance que peut avoir ces deux organisations pour nos deux pays. Leurs extinctions ne seraient pas en notre faveur.
-Effectivement, concéda Sirius. Vous pouvez les faire patienter, le temps que je sonde le terrain ?
-A peine quelques jours, répondit Jacques.
-C'est mieux que rien, fit Sirius.
Les deux Sorciers se saluèrent avant de se quitter.
§§§§§
Nolan marchait très vite. Plus vite qu'un Vampire.
L'équipe que Vladimir avait lancée avait eu beaucoup de mal et par un concours de circonstances, il avait dû les aider à finir leur mission. Il avait eu à déplorer plusieurs pertes définitives mais ils avaient réussi. Enfin.
Nolan ouvrit brusquement la porte et entra dans la pièce où Vladimir avait eu le mérite de ne pas sursauter.
-Je t'ai connu plus délicat, railla Vladimir sans se retourner. Il est clair que tu veux me parler.
Le seigneur Vampirique se retourna et faillit rester bouche bée.
-Par les Ténèbres, mais qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Vladimir. Je croyais que tu devais seulement rappeler à quelqu'un qui était le patron ! Si tu reviens à chaque fois dans cet état, je vais me faire tuer par Lorelei ! Tu sais parfaitement qu'elle n'aime pas qu'on casse ses jouets. Et tu en es un particulièrement satisfaisant. Mes oreilles en teintent encore …
Nolan ne put s'empêcher de sourire. Les pitreries de son ami l'amusaient souvent. Encore plus quand il le traitait d'objet sexuel à mots couverts.
-Je vais vraiment finir par croire que tu es jaloux que je réchauffe régulièrement la couche de Lorelei, fit Nolan.
-Jaloux ?! se rebiffa Vladimir. Cette femelle a autant de couilles que nous. Je ne tiens pas à me faire émasculer à chaque fois que j'ouvre la bouche !
-C'est parce que tu ne sais pas t'y prendre avec elle, sourit malicieusement Nolan.
-Je te la laisse, sans façon, déclara Vladimir. Blague à part, tu es vraiment dans un sale état.
Le moment léger était finalement passé.
-Ma mission a pris de l'ampleur, avoua Nolan. Et voilà une partie du résultat. Je prends une douche, je me change et ensuite, tu vas me suivre.
-Je n'aime pas ça, fronça des sourcils Vladimir.
-Ça vaut le coup d'œil, assura Nolan en se redressant. Disons, dans une heure ?
-Pourtant, Lorelei est dans les parages, cligna de l'œil Vladimir. Tu es sûr que la douche ne va pas devenir plus … torride ?
-Si seulement, soupira Nolan. Non, dès que je serais prêt, nous devons aller voir ça. Préviens Anastasia.
Et dans un demi-tour parfait, Nolan s'en alla, laissant Vladimir dans l'expectative.
Une heure plus tard, donc, Anastasia, Lorelei et Vladimir suivirent Nolan dans les profondeurs du domaine personnel de ce dernier. La seule Sorcière ouvrit grand les yeux car il était extrêmement rare qu'un totalement vivant y mette les pieds, à part pour servir de dîner.
Nolan marchait dans l'obscurité la plus totale et si elle ne se raccrochait pas à l'esprit de Lorelei qui avait senti ses difficultés, Anastasia se serait rétamée de très nombreuses fois. Ils s'enfoncèrent dans les entrailles du domaine jusqu'à arriver dans une caverne aménagée. Un grand balcon faisait le tour de la salle qui était en fait une spacieuse arène de combat. Ils se penchèrent tous pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur.
-Nous les avons dû les séparer, déclara Nolan. On va dire qu'il y avait des conflits d'intérêts …
-Ce n'est pas étonnant, renifla Lorelei. Je ne te pensais pas sur cette affaire, Nolan.
-Je ne l'étais pas, confirma Nolan. Mais ceux à qui je devais « rendre visite » se sont retrouvés mêlés à cette affaire. Je les ai conviés à faire un petit séjour ici.
-A tes frais ? sourit Vladimir
-Bien entendu, sourit Nolan. Tu pourras même t'amuser avec eux.
-Selon l'ampleur de la faute, voyons, sourit Vladimir.
-Nous avons assez de mal à les capturer, avoua Nolan. Ceux que tu avais envoyés n'auraient pas pu s'en tirer aussi facilement. Je n'aurais jamais cru que ce serait aussi compliqué …
-Si tu en viens à le reconnaître, c'est que ça devait être pire que ce que j'avais imaginé, réfléchit Vladimir.
-Je pense que tu étais largement en dessous, fit Nolan. Enfin bref, ils sont sous clé et entièrement à notre disposition.
-Anti-magie, seigneur Nolan ? demanda Anastasia
-Entre autres, confirma Nolan. Je ne tiens pas à les perdre par inadvertance.
-Nous allons mettre toutes les chances de notre côté, décida Vladimir. Je veux les meilleurs pour leur tirer les vers du nez et plus encore. De toutes les façons possibles.
-Ce qui revient à faire venir Hermione ici, souligna Nolan.
-Elle reste en dehors de ça, ordonna Vladimir. Comme tout le Gang. Nous devons avoir des certitudes avant d'en parler à qui que ce soit.
-Comme tu veux, déclara Nolan.
-Tu es sûr de ce que tu fais ? demanda Lorelei
-Maintenant que je les ai sous la main, j'ai la possibilité de connaître et les plans à court terme de ce dégénéré de Voldemort, et pourquoi il a tant tenu à la récupérer en personne …
Dans l'arène, ivres de rage, se trouvaient deux Death Eaters.
Dont celle que le seigneur Vampirique traquait depuis un long moment, Bellatrix Lestranges.
