Quand le sang parle

Harry tapotait nerveusement l'accoudoir de son siège.

Il ne voulait absolument pas se trouver là mais son avocat lui avait certifié que ça lui porterait préjudice donc il avait obtempéré contre son gré.

Mis à part son père Severus, il n'avait prévenu personne de ce qu'il allait faire et visiblement, il avait bien fait.

-Nous avons le testament et il est écrit que vous devez être le nouveau tuteur de cet enfant ! déclara d'un air hautain l'avocat adverse

Harry soupira d'énervement, alertant son avocat Moldu que la limite de la patience de son client allait être très rapidement atteinte.

-Nous l'avons parfaitement compris, fit Myron Math, mais ce que nous ne comprenons pas, c'est pourquoi vous faites appel à nous que maintenant.

Refusant d'écouter à nouveau le dialogue de sourds qui se déroulait une nouvelle fois, Harry se rappela pourquoi il se trouvait là.

Alors qu'il avait à peine fini ses études à Hogwarts, Harry avait appris que Dudley avait quitté le centre correctionnel de Saint Brutus le jour de son dix-huitième anniversaire, ne pouvant pas être légalement emprisonné au-delà de cet âge. Mais le centre n'avait guère changé son caractère, malgré ses neuf années à l'intérieur. Pire, aussitôt les portes passées, le jeune homme s'était rendu coupable de nombreux délits mais comme son père n'était plus là pour couvrir ses frasques, il avait fait de très nombreux séjours en prison pour des vols ou encore des agressions. Moins de deux ans plus tard, il s'est rendu coupable de viol sur mineur. Le procès avait été rapide, tant les preuves étaient accablantes, et il avait été jeté en prison. Seulement, ses nouveaux colocataires n'avaient guère apprécié que ce crétin arrogant se vante d'être un caïd alors qu'il en était rien mais quand tout le monde sut que s'il était en prison, c'était pour le viol d'une enfant de treize ans, alors ses jours furent rapidement comptés. Ainsi, à l'aube de son vingtième anniversaire, Dudley Dursley fut tué au cours d'une bagarre.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais ce ne fut pas le cas.

Harry avait suivi l'histoire d'un œil distrait, plus par curiosité morbide qu'autre chose. Donc il était parfaitement au courant des faits de guerre de son cousin ainsi que de sa fin amplement méritée à son avis. Seulement, sachant que les Dursley étaient les principales marionnettes de Dumbledore dans son plan pour le briser avant d'entrer dans le monde Sorcier, mû par un sombre instinct, il s'était tenu sur ses gardes concernant cette histoire. Et il avait eu raison. Six mois plus tôt, son avocat Moldu lui avait fait part d'une requête particulière qui pourrait attirer son attention. Il semblait que lord Harrison Potter était mentionné dans un testament et qu'il hériterait de plusieurs choses de valeurs. Intrigué par cet héritage Moldu, Harry avait demandé une enquête complète avant de songer à l'éventualité d'une rencontre officielle. Mais dès que le nom des Dursley était apparu, le brun avait diligenté les contacts de son père pour approfondir le tout. Ce qu'ils avaient découvert l'avait choqué mais dans un sens, pas tant que ça.

Du viol dont s'était rendu coupable Dudley était née une petite fille. Lindsay avait maintenant près de trois ans et était une adorable petite fille chouchoutée par ses grands-parents. Mais le cas de sa mère n'avait pas été tout rose et cette dernière avait rapidement sombré dans l'alcool et la drogue avant de mourir d'overdose quelques mois plus tôt. Le plus tragique fut que sa famille la suivit très vite puisque que pendant qu'elle prenait une énième dose de drogue avec quelques-uns de ses amis dans sa chambre, l'un d'entre eux s'était allumé un joint de marijuana et avait mis le feu dans la maison où les parents de la jeune fille dormaient à l'étage. Lindsay avait été retrouvé trois jours plus tard chez l'un des compagnons de drogue de sa mère qui s'était emparé d'elle pour s'enfuir de la maison en feu.

Jusque-là, rien ne sortant du tragique. Mais quand une gamine de dix-sept ans fait un testament à l'insu de ses parents et le place chez un avocat, là l'histoire prend un tournant étrange.

Dans celui-ci, elle donnait le nom du père de son enfant ainsi que ses instructions. Elle tenait absolument que sa fille soit placée chez le cousin du père de son enfant qui, d'après ce qu'il paraissait, était assez riche pour pouvoir s'occuper de son enfant. Une sonnette d'alarme avait été tirée dans l'esprit d'Harry pour plusieurs raisons. Tout d'abord, Pétunia et Vernon n'avaient jamais cru que James Potter était réellement un noble donc qu'il avait beaucoup d'argent. Ensuite, les Sorcier appartenant à l'aristocratie Moldue se faisaient que très rarement connaître dans le monde Moldu et Harry en avait fait de même, ne tenant pas à ce qu'on fasse le lien entre lord Potter et l'affaire d'esclavage moderne qui avait défrayé la chronique des années plus tôt où son anonymat avait été garanti. Et enfin, Harry avait supplié Elias et Vladimir d'ensorceler les Dursley pour qu'ils n'apprennent rien sur lui qui pourrait le raviver à leur mémoire.

L'Elfe et le Vampire avaient été intrigués par cette requête particulière. Quand il était revenu de sa première visite chez les Granger, Harry et Severus avaient longuement discuté de leur cas. Légalement parlant, ils ne pouvaient plus avoir de droit sur le brun mais tous les deux s'étaient quand même méfiés, d'où l'apparition de Sirius. Cependant, et toute la Famille en était consciente, les Dursley avaient bien trop d'emprise psychologiquement parlant sur Harry pour qu'ils puissent rester en liberté sans soucis. Severus et Lucius avaient émis l'idée de les faire disparaître définitivement et le reste des adultes, bien que n'aimant pas du tout la méthode, n'était pas totalement contre. Draco, Neville et Hermione préféraient se concentrer sur Harry au lieu de ces hontes de l'Humanité et Harry ne voulait pas d'une solution aussi définitive car il savait que si Dumbledore en venait à s'intéresser à nouveau à eux pour le faire plier, alors il se rendrait compte qu'on l'avait fait tourner en bourrique depuis le début et le vieux Sorcier ne prendrait pas peut-être pas autant de précautions pour s'en prendre à eux. C'était pour cela que le jeune Sorcier s'était tourné vers Elias et Vladimir. Harry était certain que les trois membres de la famille devaient le maudire jusqu'à la dernière génération donc chaque pensée de malheur devait être tournée vers lui. Or, à part se faire mettre sous Fidelitas, et il n'avait qu'une confiance limité en ce rituel et ça pourrait ne pas être pratique pour les affaires, il ne pouvait empêcher que des informations sur lui n'arrivent jusqu'à eux. C'était pour cela que le jeune garçon avait pris le problème à l'envers. Pourquoi ne pas faire en sorte que les Dursley ne puissent rien savoir de lui au lieu d'ensorceler le monde entier pour qu'il ne dise rien aux Dursley à son sujet ? Les membres du Gang n'avaient pas compris la démarche mais l'Elfe et le Vampire si. Ce qui les avait surtout emballés, c'était la création d'un nouveau rituel qui pouvait être utilisable comme malédiction comme pour une bénédiction. Tous les deux s'étaient mis à faire des recherches, enjoignant le brun à trouver des idées de son côté et ce fut ainsi qu'il trouva son domaine de spécialisation, la création de sorts. Au bout d'un an, ils étaient parvenus à un résultat concluant qu'ils avaient aussitôt lancé sur les Dursley. Et depuis, plus de problème.

Seulement, théoriquement, Dudley ne devait pas savoir qu'Harry était plus que riche. Donc, comment pouvait-il l'avoir dit à une gamine qu'il n'avait vu qu'une seule fois, qui plus est pour la violer ? C'était trop étrange pour être du hasard, d'où l'enquête.

Harry avait déjà songé à l'éventualité que la petite fille ne soit pas une machination contre lui. Malheureusement, son avocat Sorcier avait soulevé plusieurs problèmes. S'il devait devenir son tuteur, elle serait considérée comme une fille Potter et donc, pourrait prétendre à hériter en lieu et place des propres enfants Potter s'il venait à en avoir. Ce qu'Harry se refusait catégoriquement. Il acceptait de prendre soin d'elle, soit, mais aucunement que la fille de Dudley soit dépositaire de son propre héritage. Il ne devait rien à cette famille qui n'en avait que le nom, et encore, ce n'était pas pour que le prochain lord Potter soit un Dursley !

C'était pour cela qu'il était venu en personne. Il fallait absolument qu'il mette la main sur ce testament qui lui semblait de plus en plus faux. D'autant plus qu'il semblerait que la jeune maman ait un secret qui pourrait tourner en sa faveur et qui expliquerait beaucoup de choses.

Harry se redressa, amenant Myron Math à se taire pour le laisser parler.

-Maître, fit Harry. Reprenons depuis le début, voulez-vous ?

L'aura de puissance aidant dans des cas pareils, l'avocat adverse se soumit et perdit un peu de son arrogance.

-Bien entendu, monsieur Potter, susurra l'avocat.

-Lord Potter. Et je ne répéterai pas, déclara fermement Harry.

L'avocat déglutit péniblement. Il n'avait plus devant lui un jeune homme à peine sorti de l'enfance mais bel et bien l'aristocrate au courant de sa puissance et de son poids. Une personne dangereuse en somme.

-Vous avez contacté Me Math, ici présent, pour lui faire part d'un testament déposé dans votre étude que vous avez dû ouvrir suite à la mort du titulaire. Exact ? demanda Harry

-Oui, milord, déclara l'avocat.

-Dans ce testament, mon nom y était indiqué de toutes lettres comme nouveau tuteur de cet enfant, correct ? fit Harry

-Oui, milord, répondit l'avocat.

-Pouvez-vous me dire pourquoi ce n'est pas à la famille du père de cet enfant de s'en occuper ? pointa Harry

L'avocat parut embarrassé. Harry fronça des sourcils. Deux possibilités s'offraient à lui. La première, que l'avocat n'avait pas pensé à cette solution – ou qu'on l'ait forcé à ne pas penser à cette solution – ou la seconde, qu'il faisait partie intégrante de la machination qui visait à faire entrer cette enfant de force dans la famille Potter.

-Toute la famille Dursley se trouve derrière les barreaux, avoua l'avocat. Ils ne peuvent s'occuper d'elle.

-Faux, corrigea Harry. Marjorie Dursley est toujours en vie, que je sache.

Le brun avait parfaitement préparé le terrain avant de venir et il s'était assuré que le déchet qui lui avait servi de tante par alliance était toujours de ce monde.

L'avocat quant à lui sursauta, surpris par cette nouvelle information. Preuve était qu'il semblait de plus en plus évident qu'il avait été manipulé à son insu.

-Je ne savais que cette personne existait, révéla l'avocat.

-Maintenant, vous le savez, fit Harry.

-Mais si elle refuse ? protesta l'avocat

-Mis à part un lien de sang que ma tante a très aimablement renié jusqu'à la dernière goutte, je n'ai rien à voir avec les Dursley, trancha doucereusement Harry. Savez-vous pourquoi ?

-Non, s'étonna l'avocat.

Harry incanta rapidement. Il ne fallait surtout pas que l'information qu'il allait dévoiler ne tombe entre de mauvaises mains. Et avec l'aide d'Elias et de Vladimir, le brun avait pu créer son propre sort de secret. Dommage que le contre sort ne marche qu'avec la magie d'Harry.

-Vous souvenez-vous de cette histoire il y a treize ans sur une famille accusée d'esclavage moderne ? fit Harry

-Très bien, même, fit l'avocat.

Le fait divers, en plus d'avoir pour victime un enfant, avait vu un autre enfant participer à la torture de ce dernier. Tout le Royaume-Uni avait été dégoûté par cette famille.

-Alors vous serez heureux d'apprendre que les accusés étaient les Dursley et que la victime, c'était moi, annonça Harry.

Le cerveau l'avocat s'activa très rapidement avant de comprendre toutes les implications.

-Bon sang … haleta l'avocat. Vous voulez dire que l'enfant qui avait torturé ce garçon était le père de cette gamine ?

-Gamine qui est le fruit d'un viol, rappela ironiquement Harry. Ne me dites pas que vous ignoriez également cette information ?

-Je ne m'étais pas penché dessus, avoua l'avocat.

-Grave faute de votre part, cingla Harry. Que je ne manquerais pas de signaler au barreau.

Même s'il se doutait de plus en plus que son adversaire ait été manipulé dans les grandes largeurs, le brun n'avait pas l'intention de laisser l'acte impuni. Oui, ce n'était pas juste, mais il ne tenait pas à laisser une impression de laxisme dans le monde Moldu.

-Mais … protesta l'avocat avant de se taire, comprenant qu'il n'y avait plus rien à dire.

-Je tiens quand même à rencontrer cet enfant, fit quand même Harry. Et à examiner en personne ce testament hautement irrégulier.

-Comment pouvez-vous … ? se rebella l'avocat

-J'ai aussi quelques notions de droit, railla Harry en lui coupant l'herbe sous le pied. Etre lord ne signifie pas que dépenser de l'argent et faire le beau. Nous nous occupons de nos affaires nous-mêmes, merci. Ce qui comprend d'avoir une formation juridique de base. Me Math, si vous voulez bien convenir d'un rendez-vous avec votre collègue dans le courant de la semaine. Vous connaissez mes disponibilités. Au plaisir de ne plus jamais vous revoir.

Et Harry sortit. Il ne pouvait pas rester sans perdre définitivement son calme. Il sortit de sa poche une sucette aromatisée qu'il déballa pour la mettre dans sa poche. Esther avait tenté de le convaincre de se mettre à la cigarette Moldue – qui n'avait aucun effet négatif sur un Sorcier – mais le jeune homme ne tenait pas à dépendre d'un bâton de nicotine comme sa petite-amie. A la place – et aussi pour la narguer – il avait opté pour des sucettes spécialement confectionnées par Severus à ses parfums préférés. La jeune femme avait déjà tenté de lui en prendre une pour goûter mais il le lui avait sèchement repris en lui signalant qu'elle devait se contenter de sa propre drogue, ce qui avait fait hurler de rire les membres du Gang présents.

Contre toute attente, tout le monde acceptait cette retombée en enfance que représentait cette sucrerie. Severus en avait profité pour y glisser dans certaines des potions destinées aux soins de son fils sous une nouvelle forme. Ainsi, Harry avait par exemple tout un stock sur lui de sucettes au Philtre de Paix qu'il emportait à chaque fois qu'il avait des rendez-vous d'affaire. Mais quand il n'en avait pas besoin, c'était de banales sucettes au sucre Moldues qu'il prenait, surtout pour savoir si on avait trafiqué sa réserve. Il savait qu'Esther essayait régulièrement donc il prenait garde à ce qu'il mettait dans sa bouche.

Myron Math s'approchait.

-Votre rendez-vous, annonça Myron en lui tendant une feuille de papier pliée. Souhaitez-vous que je sois présent ?

-Oui, confirma Harry. Et faites en sorte qu'il y ait également un médecin qui pourra établir un bilan de santé rapide.

-Honnêtement, allez-vous prendre cette enfant sous votre aile ? demanda Myron

-Je ne compte pas devenir son père, certifia Harry. Mais comme je l'ai dit, les Dursley sont capables du pire et Marjorie n'échappe pas à cette règle. Je réfléchis à la question avant de lancer les démarches.

-Bien, lord Potter, s'inclina Myron.

-Avez-vous le testament ? demanda Harry

-Non, répondit Myron. Mais il va l'emmener pour la visite.

-J'aimerai le faire examiner, déclara Harry. Préparez les documents pour qu'il soit transféré temporairement dans votre étude. L'original, de préférence.

-L'original ? sursauta Myron. Ce n'est pas courant.

-C'est ce que je veux, assura Harry. Si cela pose des problèmes, rapportez-moi les conditions. Avant que j'impose les miennes.

Myron savait reconnaître une menace quand il en entendait une. Et il n'avait pas l'intention de ne pas satisfaire son meilleur client. Il avait déjà du mal à comprendre comment un homme aussi riche avait pu le choisir alors qu'il n'avait même pas encore fait ses preuves, ayant eu son diplôme que cinq ans auparavant.

-Ce sera fait, sourit Myron.

-Je vous laisse, fit Harry. Nous disons donc à la prochaine.

-Au revoir, lord Potter, fit Myron.

§§§§§

Hermione se réveilla dans un océan de douceur.

De retour d'une tournée au Chili, la brune n'avait pas voulu retourner dans son appartement toute seule. Oh, elle savait qu'elle aurait pu sortir en boite pour se trouver quelqu'un pour réchauffer son lit pour la nuit mais elle avait besoin de réconfort et ça faisait longtemps qu'elle ne voulait plus de coup d'un soir. Et ce n'était que dans certains endroits qu'elle pouvait le trouver. Il y avait bien les bras d'Anastasia mais cette dernière l'avait prévenue qu'elle était sur un projet important du clan et qu'elle ne pouvait le délaisser sans que Vladimir ne le lui reproche vertement, quand bien même c'était pour Hermione. Donc cette dernière s'était tournée vers les maisons de ses meilleurs amis. Elle savait que Neville était avec Luna et que Draco passait sa soirée hebdomadaire avec ses parents donc il ne restait plus qu'Harry. Ce dernier ne disait jamais non et il savait que même quand il était occupé, elle savait se faire discrète pour ne pas le déranger.

Ce qui était le cas ce soir-là. Hermione avait été un peu surprise de voir le Miroir occupé mais elle savait également ce que ça voulait dire : Esther était présente. Un sourire machiavélique avait alors orné ses lèves avant qu'elle ne prenne sa chambre et qu'elle ne se couche. Elle allait bien profiter de son petit séjour.

Contrairement à ce qu'Esther pensait, Hermione ne l'avait jamais apprécié. La première fois qu'elle avait vu Esther en cercle plus restreint, la brune avait listé toutes les choses qui lui avaient semblé incongrues. Tout d'abord, sa couleur de cheveux. Hermione savait les Sorciers adeptes des couleurs improbables mais Esther s'était tournée vers une couleur à la façon Moldue, ce qui voulait dire qu'au bout de quelques semaines, ses racines foncées se voyaient sur ses cheveux blonds platine. Ensuite, ses tenues. Toutes ses robes Sorcières étaient fabriquées dans des tissus luxueux mais le résultat sur elle avec des accessoires n'était pas si fabuleux que ça. Parfois, elle en venait à ressembler à une gamine qui avait piqué les affaires de sa mère pour s'habiller. Sa position sur les Moldus était également ambigüe. Elle affirmait à voix haute comprendre le monde Moldu et vouloir que les Sorciers s'ouvrent plus à eux mais quand elle parlait, on comprenait par sa façon de parler qu'elle les considérait comme des moins que rien. Et une foule d'autres détails.

Mais ce qui ressortait le plus, c'était qu'Esther était jalouse d'Hermione.

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que la première femme dans la vie d'Harry, c'était Hermione et personne d'autre. La femme qui ravirait le cœur de lord Potter devait avoir des arguments solides pour prétendre à cette place et la garder. Sans le montrer, Hermione défendait bec et ongles cette place et ne comptait pas la laisser à la première venue. Esther avait montré dès le début qu'elle n'en avait qu'après le titre et les comptes en banque d'Harry donc Hermione était tout indiquée pour lui faire comprendre que pour faire partie de la famille Potter, il fallait convaincre le Gang et Hermione en tête qu'on n'avait que le bonheur d'Harry à cœur. Tout le contraire d'Esther, donc.

Esther avait toujours envié l'accès illimité d'Hermione au manoir Potter, donc le Miroir. Suite à sa petite visite où Severus l'avait trouvé en petite tenue, la blonde avait découvert qu'elle ne pouvait accéder à ce qu'elle croyait être le manoir Potter aussi facilement. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que cet accès libre ne lui avait été accordé qu'une seule fois pour voir ce qu'elle en ferait. Depuis ce jour, Esther ne venait que quand elle y était attendue. Et bien des fois, cette dernière avait assisté à des retrouvailles entre Harry et Hermione alors que cette dernière n'était même pas attendue. Ce qui la faisait enrager.

Hermione se leva et se prélassa longuement sous la douche car elle avait encore des courbatures suite à son voyage en avion de la veille. Elle n'hésita que très peu de temps avant d'enfiler un maillot deux pièces puis une chemise d'homme par-dessus. Elle attacha ses cheveux avec un crayon et se rendit dans le petit salon où le petit déjeuner était habituellement servi et où elle était sûre de retrouver Harry.

Ce dernier n'avait jamais réussi à prendre ses petits déjeuners au lit, sauf quand les membres du Gang y étaient ou quand il était malade. De plus, il se levait toujours sur les coups de six heures trente du matin pour commencer sa journée, ce qu'Esther avait reproché de nombreuses fois comme elle adorait littéralement lézarder dans son lit jusqu'au moins onze heures.

Se servant d'une grande tasse de thé, Hermione se cala sur une causeuse en regardant par la fenêtre.

-Harry, tu es déjà … Oh.

-Bonjour Esther, sourit Hermione.

Cette dernière la regarda vraiment. La blonde avait voulu tenter le style saut du lit mais au lieu d'être sensuelle sans être apprêtée, Esther Cole semblait plus que débraillée. Et le maquillage qu'elle croyait naturel était plus que voyant. Esther, quant à elle, était surprise de voir sa véritable rivale au manoir. Parce qu'elle savait parfaitement que dès qu'elle était là, Hermione était l'entière priorité d'Harry. Et Esther était reléguée dans un coin.

-Je ne pensais pas que tu serais là, déclara Esther, l'air mauvais.

-Elle est une invitée permanente ici, tu le sais, intervint une nouvelle voix.

Les deux jeunes femmes se retournèrent pour découvrir Harry Potter dans toute sa splendeur. Le brun approcha la blonde pour lui faire une bise chaste sur la joue puis se tourna vers la brune pour l'embrasser plus longuement sur la bouche.

Ça aussi rendait folle de rage Esther. Hermione et Harry avaient des gestes que de simples amis ne pouvaient pas avoir entre eux. La première fois qu'Esther les avait vus interagir, elle avait vraiment cru que pendant toutes ses années, son tuteur Albus Dumbledore lui avait menti et qu'Hermione Granger et Harry Potter étaient en couple depuis des années. Mais plus tard, elle s'était rendu compte que les membres du Gang avaient une relation presque fusionnelle et que personne dans leur entourage ne s'en offusquait.

-Je pensais que tu ne rentrais que demain, s'étonna Harry en prenant la tasse d'Hermione et en buvant une gorgée.

-J'ai terminé plus tôt, haussa des épaules Hermione. Et comme je n'avais pas envie de me casser la tête en atterrissant …

Ce fut à ce moment-là qu'un détail sauta aux yeux d'Esther.

-Mais c'est une chemise d'Harry ! s'exclama Esther en regardant de plus près celle que portait Hermione

La blonde vit rouge. En deux ans de relation, la blonde n'avait jamais été permise de piocher dans la monstrueuse garde-robe de son petit-ami.

-Effectivement, confirma Harry en souriant. Tu me l'avais empruntée quand, celle-là ?

-Tu sais, je te pique souvent tes affaires, haussa des épaules en riant Hermione. Mais je crois me souvenir que c'était après la soirée du Ministère …

-Laquelle ? haussa des sourcils Harry. C'est limite s'il n'en fait pas toutes les semaines !

-Tu n'as pas tort, concéda Hermione. Celle de septembre dernier, je crois.

-Pour le dernier Ordre de Merlin donné à un de ces Médicomages tellement imbus de leur personne et qui ont juste mis leur nom sur la découverte de l'un de leurs larbins ? compléta Harry

-Tu as une tellement haute opinion du personnel de St Mungo ! pouffa Hermione

-Tellement que je n'y ai jamais mis les pieds et que ce n'est pas prêt d'arriver, répondit Harry.

Ce n'était un secret pour personne que le Médicomage personnel d'Harry Potter ne se trouvait pas à l'hôpital Sorcier au cœur de Londres mais à Black Rose, la clinique privée dont la réputation dépassait les frontières. Esther avait bien essayé de l'y entraîner pour faire un bilan de santé mais elle n'avait pas réussi à le faire plier.

La blonde comprit qu'elle était mise à l'écart mais elle allait se battre.

-Comment elle a atterri sur toi ? demanda méchamment Esther

-La chemise ? fit Hermione. Nous avons fait une after juste après et on est allé au lit.

Est-ce que tu vas tomber dans le piège ? songea Hermione en faisant un décompte mental dans sa tête.

-Tu m'as trompé avec elle ! rugit Esther

-Fais très attention à ce que tu dis, gronda doucereusement Harry.

Esther sut qu'elle s'était fait avoir. Quand on gravitait aussi près du Gang, il y avait des choses qui paraissaient normales pour eux mais qui ne l'étaient pas pour le reste du monde. Les positions et gestes tendancieux en faisaient partie. Draco embrassait également Hermione sur la bouche pour la saluer tandis que Neville le faisait au coin des lèvres. La jeune femme s'installait toujours sur les genoux des garçons, sauf quand Luna squattait ceux de son fiancé.

Et ils dormaient régulièrement dans le même lit dans le plus simple appareil.

Bien des fois, Esther était arrivée un matin et avait découvert le Gang dans la salle du repas avec les vêtements des autres – quand il y en avait et ils étaient très peu nombreux - et l'air totalement débraillé. Et quand elle arrivait à jeter un coup d'œil dans la chambre d'Harry, il était clair qu'il n'avait pas dormi seul. La blonde avait toujours soupçonné que les quatre membres entretenaient une relation plus amicale mais la seule fois qu'elle avait émis cette hypothèse, Harry avait coupé court à ses élucubrations en lui promettant l'enfer si elle revenait sur le sujet. Effectivement, en avoir fait part à un journaliste au détour d'une conversation n'avait pas été fin de sa part.

-Mais … protesta Esther.

-Tu sais parfaitement quand on ne rentre pas chez nous tout de suite, on passe la soirée ensemble, trancha Harry. Le sujet est clos.

-Je suis ta petite-amie ! protesta Esther

-Ce qui ne te donne pas tous les droits, et encore moins celui de pouvoir régenter ma vie ! claqua Harry, commençant doucement à s'échauffer

Furieuse, Esther quitta la pièce sous le regard hilare d'Hermione. Mais aussitôt qu'elle se fut suffisamment éloignée, ils sécurisèrent la pièce.

-Tu y es allée fort, constata Harry.

-Ta greluche m'énerve, grogna Hermione. Ne me reproche pas de vouloir la faire dégager à tout prix.

-Oui, mais … soupira Harry.

-Oui, je sais, comme ça, Dumbledore ne t'en collera pas une autre encore plus conne, termina Hermione. T'inquiète, je l'avais compris.

-J'adore comment tu arrives à la faire sortir de ses gonds, sourit Harry.

-Elle se croit intelligente parce qu'elle croit qu'on ne voit pas clair dans son jeu, renifla Hermione. Comment ce vieux fou a pu penser qu'elle te conviendrait ?

-Il a bien essayé de me coller la Weasley dans les pattes, rappela Harry.

-Que comptes-tu faire ? demanda Hermione. Parce que j'ai l'impression qu'elle prend de plus en plus ses aises.

-Tu n'as pas tort, fit Harry. Elle me fait des sous-entendus comme quoi elle serait encore plus heureuse si elle avait la bague au doigt. Et les lendemains où on couche ensemble, elle vérifie automatiquement si elle n'est pas enceinte.

-Elle est motivée, constata Hermione.

-Et déterminée, assura Harry. Je sais de source sûre qu'elle est sur la paille. Et si elle est enceinte, je devrais obligatoirement l'épouser, ne serait-ce que pour empêcher Dumbledore de mettre la main sur mon enfant.

-Pourquoi elle ne se fait pas engrosser par quelqu'un d'autre ? soupira Hermione. Ça simplifierait tellement les choses !

-Pour que je puisse simplement réfuter la paternité de ce mouflet ? ricana Harry. Malheureusement, elle sait calculer deux plus deux.

-Dommage, grogna Hermione. Tu es sûr que tu ne veux pas t'en débarrasser tout de suite ?

-Non, fit Harry. Et tu sais parfaitement pourquoi.

Hermione soupira. Comme dans tout groupe d'amis, certaines avaient des secrets que les autres ne connaissaient pas. Ce qui était le cas aujourd'hui. Cela peinait Hermione mais elle comprenait pourquoi elle ne pouvait rien dire aux autres.

-D'ailleurs, en parlant de ça, tu devrais faire quelques apparitions en Angleterre, fit Harry. Le vieux est encore plus suspicieux.

-Mais il ne peut pas me lâcher la jambe ? pesta Hermione

-Non parce qu'il sait que tu prépares quelque chose, répondit Harry. Et que ça n'a jamais été bon signe pour ses plans.

-Pas faux, concéda Hermione. Bon, tu te débarrasses de l'autre pimbêche et on y va ?

-Laisse-moi transférer les laisses qu'elle croit avoir placé discrètement, fit Harry. Et si tu pouvais t'habiller un peu mieux pour la faire saliver encore plus de jalousie, ça m'arrangerait.

-Mode Moldue ou Sorcière ? demanda Hermione

-La mode Sorcière n'existe pas en Angleterre, haussa des épaules Harry. Et les tenues Moldues sont tellement plus agréables à regarder, encore plus sur toi …

-Vil flatteur, sourit Hermione. Rattrape-la pour arrondir les angles pour que je puisse la couler comme il se doit.

-Tu traînes trop avec Draco, constata Harry.

-Je ne l'ai pas encore vu, déclara Hermione en lui envoyant un baiser.

§§§§§

Léon ferma la porte de la chambre.

-Alors ? demanda Neville

-Elle est extrêmement fatiguée, déclara Léon. Elle tenait absolument à vous parler mais je l'ai convaincu d'attendre demain matin sous peine qu'elle ne s'endorme en quelques minutes après le début de votre discussion.

Neville hocha de la tête, se rangeant de l'avis du Médicomage loup-garou puis l'escorta jusqu'à la salle de Transports où il lui remit une liste de potions que sa patiente devrait prendre avant de s'en aller. Le jeune homme soupira lourdement et prit place dans le salon pour laisser ses pensées vagabonder.

Cela faisait maintenant une semaine que dans le plus grand secret, le manoir Longbottom avait été attaqué. Les différentes alarmes reliées au lord en fonction avaient fait vibrer Neville jusqu'au plus profond de son âme et il s'était précipité au secours de sa grand-mère et de sa fiancée mais très vite, il s'était rendu compte qu'il était arrivé trop tard. Bien que la façade ne présente aucune trace de ce qui s'était passé, l'intérieur était une toute autre histoire. Le rez-de-chaussée avait été dévasté et plus particulièrement le salon où s'étaient trouvées les deux Sorcières. Le jeune homme les avaient prises en charge et transféré dans un petit cottage reculé de la famille et avait fait venir Léon. Depuis que le Ministère intensifiait sa traque pour faire fermer Black Rose, Juan Locke, le copropriétaire, était surveillé et il n'était pas dans leur intérêt qu'on sache par son biais que la maison Longbottom était au plus bas. Le loup-garou avait été un bon compromis, surtout qu'il avait prouvé à de nombreuses reprises sa loyauté à l'institution et à leurs propriétaires.

-Comment va Luna ? demanda Augusta

-Elle vient à peine de se réveiller, annonça Neville.

Le combat s'était déroulé très vite. Luna s'était jetée devant Augusta pour ne pas qu'elle soit touchée par le sort qui fonçait vers elle et la matriarche n'avait pas attendu que son adversaire revienne de sa surprise pour littéralement le bombarder de sorts. Ce dernier toutefois n'avait pas battu tout de suite en retraite et la vieille Sorcière avait puisé dans la magie de la maison pour le blesser et pour l'expulser hors de la maison. Mais malheureusement, la jeune blonde avait été touchée par une malédiction assez puissante et il avait fallu l'aide de Vladimir pour en venir à bout.

-Te sens-tu prête à parler ? demanda sérieusement Neville

-Si tout le monde peut être réuni, oui, capitula Augusta. Nous devons nous organiser en conséquence. Les informations que je détiens expliquent de nombreuses choses.

Neville hocha simplement la tête avant de sortir. Réunir la Famille demandait maintenant de très nombreuses précautions et avec l'attaque que venait de subir sa grand-mère, rien ne devait être laissé au hasard.

Pour ne pas s'éloigner de Luna, Neville décida d'organiser la réunion sur place. Il fit les aménagements d'intérieur nécessaires avant de se pencher sur les protections magiques. Comme dans tout le patrimoine immobilier des Longbottom depuis une semaine, il les avait revues à la hausse et ne comptait pas qu'un tel drame se reproduise.

Les premiers à arriver furent les Malfoy, parents comme enfant. Ils se saluèrent avec force d'embrassades diverses avant de laisser place à Hermione et Sirius.

-Vous savoir ensemble n'est pas un bon présage, fit Neville en les voyant tous les deux.

-Tu deviens aussi méfiant que Severus, rit Sirius. D'ailleurs, où est-il ?

-Il ne devrait pas tarder, pronostiqua Neville.

Celui-ci apparut alors et salua tout le monde.

-Où se trouve Harry ? demanda tout de suite Severus. Je te pensais chez lui, Hermione.

-Je suis partie hier matin, répondit Hermione.

-Il n'arrive jamais en retard, commenta Draco.

Leur inquiétude s'estompa lorsque le dernier arriva enfin une demi-heure plus tard.

Pour remonter en flèche quand ils s'aperçurent de son état de fureur.

Severus prit les choses en main. Il assit d'autorité Harry et plongea dans son esprit pour comprendre le problème en toute intimité. Dix minutes plus tard, la magie du jeune homme réintégrait son corps pour être plus supportable pour le reste de l'assemblée.

-Le Ministère, soupira Severus.

-Je promets qu'un jour, je raserai cette institution du sol au plafond ! grogna Harry

-Qu'ont-ils fait cette fois ? demanda Lucius

-Quelqu'un aurait déclaré que je ne serais pas franc avec le Ministère, déclara Harry.

-Sur quel sujet ? s'étonna Neville

-Sur ma famille, gronda Harry. Il y aurait une rumeur comme quoi j'aurais eu un enfant hors mariage.

-Dumbledore ? demanda Hermione

-Pas forcément, tempéra Narcissa. Beaucoup rêvent de mettre la main sur la maison Potter. Et quoi de mieux qu'un enfant naturel ?

-La Cole va tirer la gueule si ce n'est pas elle qui rafle le jackpot, ricana Draco.

-Pourquoi maintenant ? demanda Neville

-Parce qu'Harry est assez âgé pour faire ce type d'erreur, expliqua Lucius. Et comme il a une réputation de droiture que les plus anciens et les plus corrompus ont du mal à écorcher, ils tentent de le déstabiliser. Surtout qu'il gagne de plus en plus de poids.

-Qu'est-ce que tu as fait pour les faire taire ? demanda Sirius

-J'ai sorti les principaux scandales des plus importants d'entre eux, sourit machiavéliquement Harry. Et comme il s'agissait la plupart du temps d'adultère, je leur ai rappelé que jusqu'à preuve du contraire, je n'étais pas encore marié donc ce dont on m'accusait sans preuve n'avait aucune conséquence sur les serments du mariage, contrairement à eux. Pas un n'a osé me regarder droit dans les yeux après ça. J'ai préféré partir avant de tous les claquer contre les murs.

-Tu as jeté un coup d'œil dans leurs esprits ? demanda Hermione

-J'ai été tenté, avoua Harry. Mais je ne suis pas sûr qu'ils auraient aimé mon passage.

-Je mènerai mon enquête, promit Severus. Maintenant, peut-on savoir pourquoi nous sommes réunis ?

Tous les regards se tournèrent vers Neville qui soupira lourdement.

-Luna est réveillée, révéla Neville.

Tout le monde fut soulagé. Bien qu'ils ne pouvaient le montrer en public, ils avaient été ébranlés d'apprendre que le manoir Longbottom avait été la cible d'une attaque et ses principales résidentes blessées et plus que tout, de savoir que Luna avait été gravement touchée.

-Je sais qui a participé à l'attaque des Granger, annonça Augusta.

Les yeux d'Hermione flamboyèrent. Bien que la Famille ait parfaitement compris que Dumbledore avait sûrement des intérêts dans cette attaque, personne n'avait pu savoir qui l'avait commandité exactement, ni même qui l'avait exécutée. La jeune femme avait toutefois émis l'hypothèse que celui qui l'avait violé avait été à l'école en même temps que le Gang, assez proche pour croire qu'il avait une idylle avec elle.

-Qui ? gronda Sirius

-Gellert Grindelwald, répondit gravement Augusta.

-Je le croyais emprisonné à Nurmengard, fit remarquer Lucius.

-Sachant que c'est Dumbledore qui l'a fait, j'en viens à douter, avoua Severus. Qu'est-ce qui te fait dire qu'il est impliqué ?

-C'est lui qui a lancé la malédiction sur Luna, annonça Augusta.

Aucun d'entre eux n'avait de raison de douter de la matriarche Longbottom.

-Ça me semblait bizarre que Dumbledore mette en prison son propre amant, nota Harry. S'il est libre, cela expliquerait beaucoup de choses.

Les plus âgés se tournèrent vers le brun.

-Comment ça, ils étaient amants ? s'étonna Narcissa

-Il est vrai que toutes les personnes qui les ont côtoyés pendant leur scolarité ne sont plus nombreuses mais c'est avéré, certifia Harry. Dans les autres pays, Dumbledore n'a pas accès aux archives donc j'ai pu trouver les informations qu'il avait fait disparaître d'Angleterre.

-Abe nous avait pourtant parlé du fait qu'ils se soient battus et qu'Arianna soit morte, songea Hermione.

-Ce n'est pas le moment de faire des suppositions, rappela Neville. Il est facile de savoir si Grindelwald a mis les pieds dans l'un des domaines Longbottom. Mais il y a plus, c'est ça ?

-L'artefact qui a été détecté pour permettre d'entrer dans la maison des parents d'Hermione est le même qui a été utilisé pour entrer chez nous, dévoila Augusta. Luna l'a formellement reconnu.

-Cela remet en cause la sécurité de nos domaines, constata Sirius. Voire, de toutes nos possessions.

-Les Gobelins ne laisseront pas cet objet entrer dans la banque, certifia Lucius. Ils auraient bien trop à perdre.

-Mais il reste des choses qui ne nous sont pas directement liées, ajouta Narcissa. Black Rose par exemple.

Severus se crispa. La clinique privée était dans le collimateur du ministère mais on pouvait également voir la patte de Dumbledore dedans. En effet, la qualité des soins et des potions faisaient concurrence à Saint Mungo, principalement alimenté par des entreprises liées au vieux Sorcier. Et en se soignant à Black Rose, le Sorcier moyen avait accès à une certaine indépendance, puisqu'il avait le choix de se soigner où il voulait.

-Donc nous avons un nouvel ennemi, déclara Draco.

-Non, corrigea Severus. Nous avons identifié tous nos ennemis.

-Vladimir devrait être au courant, proposa Harry. Si nous devons compter avec Grindelwald dans le paysage, ça sera bien plus compliqué. Surtout s'il est censé être en prison.

-Pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas condamné à mort ? s'étonna Hermione. D'autres ont été condamné au baiser du Dementor pour des crimes moins graves que les siens, pourtant !

-A l'époque, personne ne savait comment le tuer, soupira Augusta. A la fin de la guerre, on avait découvert qu'il était très intéressé par la nécromancie.

Un lien terrifiant se fit dans l'esprit d'Harry.

-Je pense que c'est Grindelwald, avec la bénédiction de Dumbledore, qui a créé Voldemort, hésita Harry.

-C'est une accusation très grave, fit Severus. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

-Les Horcruxes de Voldemort, répondit Harry. C'est une forme de nécromancie, non ? Or, on a dû chercher dans les plus vieux ouvrages de magie pour en trouver une mention, tellement le procédé révulsait même les mages les plus sombres. On sait parfaitement que Voldemort n'aurait pas pu tomber par hasard sur cette pratique. Sauf si on l'a patiemment aiguillé.

-C'est une théorie un peu tirée par les cheveux mais malheureusement, elle est plausible, soupira Draco. Ça ne m'étonnerait pas de Dumbledore.

Tous durent en concéder.