Note de l'auteur : Bonjour à tous, comment allez-vous ? On avance, on avance dis donc ! C'est un chapitre assez tranquille que je vous propose ici mais que j'affectionne quand même parce qu'il est plutôt « doux » et c'était important pour moi d'y passer du temps pour montrer le commencement de la relation des deux protagonistes ! Bref, je vous laisse à la lecture, enjoy it et j'attends vos petits retours !

Chapitre 10: Intrusion

Narcissa se réveilla lorsqu'elle entendit Caractacus vomir. Elle avait mal dormi. Elle avait repensé à la journée de la veille. D'abord Sirius, puis sa rencontre avec Lucius qui fut interrompue par Cassiopée et enfin la folie du repas. Elle avait du mal à faire le tri dans ses pensées. L'une des questions qui la torturait le plus était de savoir quel genre de relation avait Malefoy et sa cousine. Elle avait beau essayer de fait divers hypothèses elle n'était jamais totalement convaincue.

Il devait être neuf heure à peu près, la pluie avait cessée mais le temps était toujours menaçant, semblable à l'Angleterre qu'elle connaissait. Elle consentit à se lever du sofa, après tout il n'était même pas confortable. Elle remarqua qu'elle avait une couverture sur elle, probablement une intention de son meilleur ami. Il était un peu plus loin dans la pièce, un seau devant lui. Elle alla lui donner un verre d'eau avec le médicament qu'elle était allée chercher la veille dans sa tente. Il le bu non sans mal, il est vrai qu'il ne s'agissait pas du meilleur médicament au monde mais c'était le prix à payer pour une gueule de bois. Il avait mauvaise mine, il était assez pâle, ses yeux gris étaient fatigués et ses lèvres déshydratées.

- Merci, souffla-t-il en lui rendant le verre.

- Merci à toi pour la couverture, dit-elle en désignant l'objet avec sa tête.

- Ça m'a semblé tout à fait normal étant donné que tu es resté prendre soin de moi, avoua-t-il reconnaissant.

- Je ne suis pas vraiment restée pour ça Caractacus. Ma tente était… comment dire, le témoignage de l'amour entre Bellatrix et Rodolphus, informa-t-elle avec un léger ton de dégoût dans la voix.

- Oh… je vois, visualisa-t-il. Mais c'est bien toi qui m'a raccompagné ici ?

- Tu n'allais jamais y arriver autrement, admit-elle. D'ailleurs qu'est ce qui t'a pris de boire autant ?

- Je ne sais pas vraiment, je crois que tout le monde était assez gaie et qu'une fois l'alcool sur la table c'était encore mieux ! Mais je ne me souviens absolument pas de la fin de la soirée…avoua-t-il, pensif.

- J'imagine… commenta-t-elle, se rappelant de l'état de son ami. Bon je vais retourner à ma tente. On se voit pour manger enfin sauf si tu ne te sens pas bien au quel cas reste ici à te reposer d'accord?

Il fit en signe de tête montrant son accord. D'un coup de baguette, Narcissa remit ses chaussures, son manteau et partie. Une fois devant sa tente elle vit Rodolphus sortir et fut soulagée de savoir qu'elle n'aurait pas à trouver sa sœur et son fiancé dans une situation gênante. Elle entra donc sereinement dans sa tente. Là, elle vit Bellatrix seulement vêtue d'un drap. Elle cherchait visiblement quelque chose.

- Bella ? Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle, avec des yeux ronds en voyant sa sœur vêtue ainsi.

- Ah Cissy ! s'exclama-t-elle lorsqu'elle vit sa petite sœur. Par Merlin mais où étiez-vous donc toute passées ?

- J'ai raccompagné Caractacus à sa tente et en pensant par ici il m'a semblé plus judicieux de vous laisser seuls… informa-t-elle, en baissant la voix concernant la fin de sa phrase.

- Tu as dormi avec Beurk ?! demanda Bellatrix, effarée à l'idée que sa sœur et Caractacus aient pu dormir ensemble mais ne se préoccupant pas le moins du monde de savoir qu'elle aurait pu être interrompue dans son intimité avec son fiancé par sa sœur.

- Non j'ai dormi sur son sofa ! rectifia-t-elle indifférente face au ton presque provocateur de sa sœur.

- Peu importe, et les autres ? sentant qu'elle n'obtiendrait pas ce qu'elle voulait et passant aux deux autres mystères.

Narcissa haussa les épaules. Elle n'avait aucune idée d'où pouvait se trouver Karen quant à Cassiopée, elle avait sûrement passé la nuit dans la tente de soin. Mais elle gardait cette hypothèse pour elle-même. Si Bellatrix savait que leur cousine avait une relation ambiguë avec le presque fiancé de sa sœur, elle en serait folle de rage et Narcissa estima que la situation était déjà assez complexe. Soudain Karen entra, essoufflée, toute ébouriffée, à peine rhabillée et alarmée.

- Oh je suis vraiment désolée mesdemoiselles ! Je me suis endormie et… commença-t-elle réellement stressée par ce que ces maîtresses allaient lui dire.

- Endormie où Karen ? questionna Bellatrix, perplexe.

- Euh... je ne me souviens plus vraiment… dit-elle, de façon confuse.

- Mais où t'ai tu réveillée ? tenta de savoir Narcissa.

- Je n'ai pas fait attention, j'ai directement pensé à vous et je suis partie le plus vite possible pour venir ici, se justifia-t-elle.

- Tu n'aurais pas croisée Cassy en chemin ? demanda à nouveau Bellatrix.

- Non mademoiselle, affirma-t-elle, sûre d'elle.

- Bon ça ira pour cette fois, vient t'occupe de mes cheveux ! ordonna calmement l'aînée des Black.

Elle s'exécuta le plus rapidement et efficacement possible et Narcissa compris qu'elle aussi, cachait quelque chose. Narcissa fit sa toilette habituelle et décida d'aller tenir parole auprès de Malefoy. Elle partit donc en direction de la tente de soin. Lorsqu'elle arriva, Nott n'était pas encore là mais lorsqu'elle elle se dirigea vers le compartiment où se trouvait Lucius, elle vit que son lit était occupé par sa cousine. Cassiopée était profondément endormie et un peu plus loin, de dos, elle vit Lucius, torse nu, qui essayait tant bien que mal de mettre de la pommade sur ses hématomes. Encore une fois Narcissa se sentit entrer dans l'intimité de quelqu'un d'autre, l'intimité d'un couple… cette pensée l'effraya et elle se précipita hors de la tente. Malefoy l'entendit et à quelque pas de la tente il la rattrapa. Il la retint dans sa fuite, en lui prenant le bras, c'était une manie chez lui.

- Ce n'est pas ce que tu crois ! se défendit-il directement.

- Vraiment ? rétorqua-t-elle, ironiquement. Non, dit-elle subitement en secouant la tête, je ne veux pas savoir !

Elle allait repartir quand il se pointa devant elle.

- Il ne sait rien passé, je te jure! continua-t-il, visiblement désemparé.

- Pourquoi ça m'intéresserait de savoir ce qui s'est passé ou non ? Et depuis quand vous me tutoyer?

- Te tutoyer ? Je ... aïe...

Il grimaça, une plaie infectée saignait et Narcissa remarqua qu'il était encore torse nu.

- Mais vous êtes totalement inconscient ! Retournez tout de suite vous soigner ! ordonna-t-elle.

- Que si tu m'accompagnes, insista-t-il toujours grimaçant.

- Ça s'appelle du chantage, s'offusqua-t-elle.

- C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour que tu me laisses enfin te parler, avoua-t-il.

- Très bien, concéda-t-elle. Mais que ce soit clair, on va à la tente, je t'aide à te soigner en attendant le docteur, mais pas un mot ! ordonna-t-elle férocement.

Il accepta n'ayant pas vraiment le choix sentant le froid accentuer sa douleur. Ils firent comme l'avait dit Narcissa. Ils remarquèrent tous les deux que Cassiopée était partie, probablement lorsqu'ils étaient dehors. Narcissa fut soulagée, cela éviter une situation plus qu'étrange et gênante pour tout le monde. Elle lui mit de la pommade à base de larmes de lutin de Cornouaille qui avaient comme propriétés de désinfecter les plaies et les refermer plus vite. Cependant cette pommade n'était pas des plus agréables et Lucius serra les dents à plusieurs reprises. Mais Narcissa soufflait sur la plaie et cela apaisait le jeune homme, il ne pouvait qu'apprécier. En réalité voir cette femme souffler sur son torse était extrêmement troublant. Quelques rayons de soleil montraient parfois le bout de leur nez et Lucius ne pouvait s'empêcher de trouver Narcissa très belle. La lumière claire faisait ressortir ses yeux d'un bleu argentés qui transperçaient le cœur du jeune homme. Sa chevelure d'or illuminait la pièce et le rose de ses joues dû au froid matinal devenait véritablement charmant. Lucius passa une bonne partie du temps à la contempler à son incus, oubliant presque la douleur. En bonne infermière, elle prit ensuite l'initiative d'exercer le sort de d'Episkey. Narcissa avait de très bonnes notions en magie médicale. Une bonne partie de ses livres était à ce propos et elle avait eu l'occasion de s'entraîner sur Caractacus lorsqu'il se blessait à l'atelier de la boutique. Une fois qu'elle eut fait son maximum pour le soigner elle alla s'asseoir en face de lui. Il avait une irrésistible envie de parler, remettre les choses au clair à propos de Cassiopée, ou même tout simplement de faire connaissance avec elle. Mais il restait silencieux, il avait fait un pacte avec elle et il fallait qu'il le respecte s'il ne voulait pas passer pour l'arrogant héritier irrespectueux qu'elle pensait qu'il était. Mais il trouvait son bonheur à la taquiner par ce petit jeu de silence. Il se contentait de la regarder, l'analyser, la scruter. Narcissa était clairement mal à l'aise face à cet homme qui la dévisageait aussi malicieusement. Puis elle prit la situation autrement et fit de même. Elle observa d'abord tous les détails de son visage. La jeune Black devait avouer qu'il avait de très jolis traits, fins mais sans trop et le rendant assez charmant. Il avait un nez grand et fin tout comme sa bouche. Ses yeux étaient petits mais ils dégageaient un sentiment assez étrange. Narcissa plongea dedans. Ils étaient gris. Mais pas un gris comme les nuages peuvent l'être avant un orage, un gris pure, clair, foudroyant. Et si l'on s'attardait trop, on voyait danser dans ses yeux, tout ce qui l'entourait. Au bout de quelques minutes Narcissa se vit elle-même dans cet océan et crut percevoir une partie de son âme même. Elle détourna subitement le regard, arrachant un sourire au jeune homme.

C'était maintenant lui qui la détaillait, encore et encore, il ne s'en laissait pas. Et il devait avouer, qu'elle était l'une des plus belles femmes qu'il est jamais connu. Elle n'avait pas le visage brutal des Black, il était bien plus fin, bien plus élégant, bien plus à son goût. Elle avait pourtant la même perspicacité dans le regard, la même détermination que le siens. Ses yeux étaient d'un bleu très pâle quasiment gris cela dépendait fortement de la lumière, c'était un regard intriguant, mystérieux, avec quelque chose de très pure et envoûtant. Ils étaient bien ouverts et assez expressifs. Un peu plus bas il y avait le bout de son petit nez qui pointait. Et enfin sa bouche, à la fois cruelle et terriblement appétissante. Ses cheveux longs et légèrement ondulés flottaient autour de ce visage quasi angélique. Lucius se disait que s'il devait mourir, il aimerait avoir ce visage comme dernière image. Elle était apaisante et pourtant on sentait une froideur et une indifférence constante, un bataille entre le feu et la glace, entre amour et fureur, une passion dévorante entourait l'aura de cette sorcière qu'il sentit aussi puissante que le reste de sa famille.

Lucius aimait pourtant ce qu'elle dégageait. Il souriait bêtement en l'observant. Il se sentait flotter en la voyant, il se sentait libre et c'était un sentiment extrêmement étrange. Chaque secondes lui semblaient être des instants où tous les miracles étaient possibles. Mais il redescendit, à son grand désespoir, sur terre.

Nott venait d'arriver dans la tente et fut surpris de voir les deux jeunes adultes assis en silence l'un et l'autre à un bout de la tente. Narcissa se leva et alla le saluer, elle lui expliqua aussi les soins qu'elle lui avait prodiguée. Le docteur semblait positivement étonné de son initiative médicale. Et alors qu'elle allait partir il l'interpella.

- Mademoiselle Black, dites-moi, seriez-vous intéressé par un travail ?

- Je vous demande pardon ?

- Ma fidèle infirmière est partie à la retraite il y a peu de temps et depuis je cherche désespérément quelqu'un pour la remplacer. Il me semble que vous êtes la personne qu'il me faut.

Narcissa mit quelques secondes à comprendre la proposition mais son manque de réaction parut aux yeux du vieille homme comme un refus.

- Veuillez m'excuser j'ai pensé que cela vous intéresserait.

- Non, non enfin je veux si, ça m'intéresse mais je dois voir avec mes parents et… s'empressa-t-elle d'ajouter.

- Je comprends, admit-il. Vous n'aurez qu'à venir me voir à Sainte Mangouste quand vous aurez décidé !

Elle fit un signe de tête et partit. Lucius fut outré et déçu qu'elle ne lui dise pas au revoir et il se promit que dès qu'il serait à nouveau en pleine forme il ferait tout pour qu'elle ressente pour lui ce qu'il ressentait pour elle. Il ferait tout pour qu'elle le voit comme le meilleur homme de son monde, qu'il devient l'homme de sa vie.