La Bataille d'Hogwarts
-Je suis vraiment heureuse de vous revoir en ces lieux, sourit Minerva.
-Professeur, c'est toujours un plaisir, s'inclina Draco en déposant un baisemain.
-Suivez-moi, je vous en prie, fit Minerva.
Draco entendit les soupirs énamourés des jeunes filles et même de certains jeunes hommes à son passage mais sentit également le regard noir d'Albus Dumbledore dans son dos. Les rares fois où un membre du Gang était invité à Hogwarts, il se faisait un devoir de venir narguer le directeur devant toute l'école. C'était assez hilarant de le voir se retenir de lui jeter un sort ou deux.
Minerva et Draco quittèrent la Grande Salle et se dirigèrent vers le bureau de cette dernière. Après s'être installés devant une tasse de thé et avoir installé les protections essentielles, ils entrèrent directement dans le vif du sujet.
-Du soutien pour les élèves ? demanda Minerva. Nous n'en avons jamais eu besoin.
-On ne vous en a jamais fait la demande, corrigea Draco. Il existe du tutorat dans toutes les maisons sauf à Gryffindor pour des raisons sur lesquelles nous ne nous étendrons pas.
Minerva soupira. En s'intéressant aux autres maisons lors du passage du Gang, elle s'était aperçue que beaucoup de choses mises en place dans ces dernières avaient disparu dans la sienne. Elle avait mis du temps pour découvrir que lors de son propre passage en tant que directeur de maison, Dumbledore avait instauré des changements qui ne pourraient être annulés à sa mort, et encore. Minerva travaillait dessus pour que Gryffindor ne soit plus loin derrière les autres.
-Mais pourquoi vous ? demanda Minerva
-Pas que moi, corrigea une nouvelle fois Draco. Mon rôle serait de donner des cours particuliers. J'ai eu de très bonnes notes pour mes ASPIC donc on ne pourra pas m'accuser d'usurper un poste dont je ne maîtrise pas les bases.
Minerva reconnut la pique vers Dolores Umbridge. Outre le fait qu'elle ait été imposée par le ministère, officiellement pour pallier au manque de professeur de Défense lors de la cinquième année du Gang, officieusement pour surveiller Dumbledore et faire en sorte d'Harry ne raconte pas à tout va que Voldemort avait tenté de revenir pendant le Tournoi des Trois Sorciers, la Sorcière n'avait même pas eu ses BUSES en Défense mais s'était targué être la meilleure pour enseigner la matière. Son départ fut loin d'être glorieux.
-On pourrait être le lien entre les élèves et les professeurs, une autre figure d'autorité que les préfets, proposa Draco.
-C'est une idée qui ne manque pas d'intérêt, déclara Minerva. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d'engager quatre assistants, si c'est ce que vous suggérez.
Draco plissa les lèvres. Avec la complicité de Filius, Minerva avait réussi à se procurer les livres de comptes de l'école et les avaient fait examiner par les Gobelins. Ils avaient pu ajouter à la longue liste des crimes de Dumbledore le détournement de fonds. Ce qui expliquait également le délabrement général du château et surtout des cachots, lieu de vie des Slytherin, personnages préférées du directeur, ainsi que les salaires particulièrement bas des enseignants.
-Pouvez-vous quand même soumettre l'idée au professeur Dumbledore ? demanda Draco. Et si ma présence lui est horripilante, nous pouvons toujours nous arranger pour trouver des candidats correspondant plus à ses critères.
Il était clair que Dumbledore, depuis l'arrivée d'Harry dans le monde Sorcier, avait refusé que cette génération sache se défendre correctement. Sur les sept professeurs de Défense qu'ils avaient eu, soit ils avaient la pédagogie, soit les connaissances, soit les compétences mais jamais les trois en même temps et deux – Dolorès Umbridge et Gilderoy Lockhart pour ne citer qu'eux – en avaient été totalement dépourvu. Même l'arrivée d'Umbridge aurait pu être évitée car Dumbledore était littéralement le cerveau de Cornelius Fudge. Il était certain qu'il avait eu l'accord du vieux Sorcier pour faire entrer la mégère dans l'école.
-Nous verrons ce que nous pouvons faire, sourit Minerva.
-Bien, fit Draco en se levant. Si vous voulez bien, je vais aller rendre visite à ma maison.
-Je suis au regret de vous dire que vous ne pouvez pas le faire, intervint Minerva.
Le blond se retourna, intrigué.
-Cela n'a jamais gêné qui que ce soit que les visiteurs fassent quelques pas dans l'école, déclara Draco.
-Le professeur Dumbledore a modifié le règlement en ce sens, avoua Minerva. Seules les visites à la famille sont tolérées.
Draco fit aisément la traduction. Dumbledore venait d'interdire à Hermione, Harry et Neville de se balader dans l'école.
-Bien, sourit machiavéliquement Draco. Alors je vais rendre visite à mon parrain. A moins que seule la famille de sang ne soit tolérée ?
-Je pense que l'idée lui a effleurée l'esprit, concéda Minerva.
Après les salutations d'usage, Draco se rendit donc dans les cachots et poussa le vice jusqu'à accompagner Severus dans la Grande Salle pour le déjeuner. Mais dès qu'il fut au-delà des limites du domaine, il savait qu'il allait devoir organiser une réunion de toute urgence.
Dumbledore reprenait confiance et du poil de la bête. Ce n'était pas bon signe du tout.
§§§§§
-Il sait.
Harry ne releva même pas la tête de son courrier. Cela ne gêna pas Neville qui s'installa dans un fauteuil avec Draco et Hermione.
-Tôt ou tard, Dumbledore aurait compris qu'on s'intéressait à lui, soupira Harry. D'où vient la fuite ?
-Vraisemblablement du Conseil International des Sorciers, répondit Draco. Il semblerait qu'il ait encore des supporters.
-Je ne crois pas, fronça des sourcils Hermione. Ses crimes sont trop importants pour cela. Vous ne pensez pas qu'il se doute seulement de quelque chose ?
-Pensons directement au pire, conseilla Neville. Mieux vaut ne pas se faire surprendre.
-Pas faux, concéda Harry.
Le brun reposa sa lettre et se tourna vers ses amis.
-Mes informateurs aux alentours du repaire de Voldemort m'ont dit qu'il s'agitait, annonça Harry.
-Cela confirme mes propres informations, hocha de la tête Draco. Les familles de Death Eaters sont totalement excitées. Quelque chose se prépare.
-Mais quoi ? résuma Neville. Personnellement, je pense que les mouvements de Dumbledore sont en rapport avec les actions contre grand-mère et Luna.
-Et Grindelwald, ajouta Hermione. J'ai fait quelques recherches, au fait. Il a été assez difficile de retrouver les archives nazies. Et encore plus celles qui concernent notre ennemi.
-En si peu de temps, qu'est-ce que tu as pu trouver ? demanda Harry
-Pas grand-chose, avoua Hermione. Les Vampires m'ont aidé pour la localisation mais la plupart des notes sont codées. Je suis en train d'y travailler.
-Pas de chance, soupira Draco. Sinon, j'ai des infos pour Malory.
Les quatre amis se sourirent. Empêcher Astoria de se plonger dans un mariage malheureux avait été particulièrement savoureux. Et si en plus, ils coupaient l'herbe sous les pieds de Dumbledore, c'était tout bénef.
-On l'a capturé et transféré au CIS, annonça Draco. Devant son témoignage, ils ont compris qu'il valait mieux le récupérer avant que Dumbledore ne le fasse disparaître. Ce ne serait pas la première fois …
-Ils ont mis ça sur le dos de qui ? sourit Neville
-Voldemort, je pense, réfléchit Draco. Ce ne serait pas difficile, vu que les Death Eaters sont en train de faire tout et n'importe quoi.
-Je pense qu'il faut qu'on parle d'une autre chose qui ne va pas vous plaire, soupira Hermione.
-On t'écoute, fit Neville.
-Esther, souffla Hermione.
Harry sursauta à peine. Les deux bruns en avaient déjà discuté plusieurs fois.
-Hermione pense qu'il faudrait que je m'en débarrasse, avoua Harry.
-Bien qu'au départ, tu n'aurais jamais dû t'encombrer d'elle, pourquoi maintenant ? demanda Draco
-Elle est aux aguets, expliqua Harry. Elle est sur la paille, bien qu'elle ait eu une entrée d'argent plutôt importante, elle me presse pour que je l'épouse et qu'on ait un enfant ensemble … Ce vieux fou attend des résultats.
-Cela expliquerait le fait qu'Alice cherche à me contacter en ce moment, réfléchit Neville. D'habitude, elle attend mon anniversaire pour me rappeler qu'elle est ma mère et qu'elle n'a que mes intérêts à cœur … Désolant. Papa est bien mieux sans elle.
Les différentes enquêtes sur l'ancienne madame Longbottom avaient révélé qu'elle n'était qu'une naïve gamine qui avait cru au prince charmant avec un maître marionnettiste assez retors. Et les dires de Franck assuraient qu'elle n'avait aucun instinct maternel. Charmante, en somme.
-Et si nous revenions au problème principal, grogna Draco.
Hermione garda son sourire pour elle. Elle avait très bien compris que la liaison entre Esther Cole et Harry dérangeait vraiment le blond.
-Pourquoi s'en débarrasser maintenant ? demanda Neville
-A part qu'elle devient trop gourmande ? renifla Harry. Ses prises de position et le fait qu'on m'associe invariablement à elle. Certains de mes collaborateurs m'ont fait sous-entendre qu'il ne serait pas bon qu'elle devienne la prochaine lady Potter. Elle n'a pas les bonnes manières inhérentes à sa future … fonction.
Si même des non Sang Pur s'en rendaient compte, c'était que la jeune femme ne travaillait plus dans la subtilité.
-Tu te rends compte que si tu largues la Cole, les journaux ne vont pas te lâcher, fit Neville.
-Tu crois réellement qu'ils le feront longtemps si je leur envoie un procès en pleine gueule ? ricana Harry
-Pas faux, concéda Hermione. Tu as une histoire croustillante pour la faire couler ?
-Malheureusement, elle n'a rien fait de répréhensible depuis qu'on est ensemble, avoua Harry.
-On pourrait tenter avec ses parents, proposa Draco.
-Détournements de fonds en Irlande ? se rappela Harry. Un peu trop léger, je trouve.
-Et si on la poussait à la faute ? proposa Neville
-Comment ? demanda Harry
-Sa plus grande rivale, sourit Neville
Tous les regards se tournèrent vers Hermione qui réfléchit.
-Ce n'est pas une mauvaise idée, concéda Hermione. Esther n'a jamais caché ne pas me supporter. En plus, ça permettrait à Dumbledore de se calmer un peu.
-Comment va-t-on faire ça ? fit Draco
-On va lui faire croire que je suis enceinte d'Harry, déclara Hermione.
Les trois garçons sursautèrent.
-C'est extrême, songea Harry. Mais ça peut marcher. En jouant sur les sous-entendus …
-Et en ravivant ses soupçons comme quoi il y aurait plus entre les membres du Gang, ricana Hermione. Ce sera fantastique !
-Aurais-tu quelque chose à nous annoncer, chère Hermione ? susurra Draco
La brune rougit.
-Anastasia et moi nous y songeons depuis quelques temps, avoua Hermione. L'insémination artificielle nous semble la meilleure solution. Dans un monde parfait, j'aurais aimé que notre enfant ait l'un d'entre vous comme père mais il y aurait toujours quelques problèmes.
Les garçons sourirent. Ils étaient tous les trois lords régnants et leurs enfants aînés auraient des fonctions à reprendre une fois adultes. Ils connaissaient tous les envies d'Hermione et voir son enfant grandir entouré de complots n'était pas dans ses projets.
-Nos enfants ne devront pas grandir dans un monde où Voldemort, Dumbledore et leurs idées respectives gouvernent le monde, rappela Neville.
C'était l'un de leurs serments. Dans cette lignée, les mariages aussi mais conscients de la menace qui pesait sur Luna, ils avaient concédé que c'était mieux comme ça.
-Le prochain bal aura lieu dans dix jours, fit Harry. Je pense que ce sera amplement suffisant pour mettre au point ma rupture.
Le Gang se sourit.
§§§§§
L'attaque fut très soudaine.
Minerva, Severus et Filius sursautèrent violemment lorsque toutes les alarmes de l'école retentirent dans toutes les classes. Bien entendu, Albus Dumbledore avait dû s'absenter pour la journée ce qui faisait que la sauvegarde des élèves et du château reposait uniquement sur les professeurs restants. Conscients qu'il ne s'agissait que d'une question d'heures avant qu'Hogwarts ne cède, les élèves furent emmenés dans la Grande Salle où leurs affaires leur furent remises, rassemblées à la hâte.
-La Chambre ? proposa Minerva
-Harry refuse, souffla Severus. Il a dit que lui vivant, personne ne devait en connaître l'emplacement, l'école devait-elle s'effondrer. Il y a trop de secrets à l'intérieur pour laisser des personnes s'y promener.
-La Grande Salle reste la pièce la mieux protégée, signala Pomona.
-Non, assura Filius. Elle est calibrée pour avoir les mêmes protections que le château et elles sont désespérément faibles.
-Nous n'avons pas le choix, grinça Severus. Faites descendre tous les élèves dans les cachots. Nous allons les exfiltrer dans la Forêt Interdite.
Pomona ne put retenir un cri de frayeur.
-Mais avec toutes ces créatures magiques … s'horrifia Pomona.
-Faites-moi confiance, grogna Severus. Fawkes !
Le phénix s'approcha du maître de Potions.
-Préviens-le que l'école est attaquée, ordonna Severus. Ensuite, va au Ministère et montre-leur ce qui est en train de se passer. Avec un peu de chance, ils arriveront avant qu'ils n'aient rasé ce château !
-Nous n'allons pas laisser le château sans défense ! s'exclama un professeur
-Notre priorité restera toujours les élèves ! rugit Severus. Hogwarts peut être reconstruite mais on ne pourra jamais rendre la vie à des enfants morts ! Et nos assaillants – les Death Eaters, appelons un chat un chat – n'ont pas l'air de vouloir faire de distinctions entre ceux qui doivent rester en vie et ceux qui doivent mourir ! Ils cherchent l'anéantissement total, bon sang !
Tous les élèves se turent en l'entendant élever la voix et asséner cette douloureuse vérité. Même ceux dont certaines familles avaient des connections avec les suivants de Voldemort se rendirent compte qu'ils étaient très loin d'avoir été prévenus et qu'il y avait un risque réel qu'ils soient tués en même temps que les autres alors qu'au contraire, ils auraient dû être mis à l'abri, sinon épargnés.
Soudain, les fondations de l'école commencèrent à trembler.
-Nous n'avons plus le temps de tergiverser, gronda Minerva. Pomona, Filius, prenez la tête vers les cachots. Un à deux professeurs avec chaque année ! Première année, et ainsi de suite jusqu'aux plus âgés ! Severus, avec moi !
La procession se mit en branle et fila vers les profondeurs du château. Depuis quelques temps, Minerva, Filius et Severus avaient cherché des moyens pour faire évacuer l'école le plus rapidement possible. Heureusement, le chemin d'évacuation de Slytherin était le plus sûr et permettait de contourner les lieux d'attaques habituels des Death Eaters. Le lieu de repli avait fait l'objet d'âpres discussions et Harry s'était proposé de mettre à disposition l'un de ses manoirs protégés par le Conseil International des Sorciers. Ce dernier avait placé au cœur de la Forêt Interdite un Portkey qui mènerait les élèves dans le refuge en toute sécurité.
Alors que les élèves de sixième année disparaissaient dans le tunnel, Fawkes revint avec plusieurs lettres. La première était celle du Gang qui assurait de leur présence dans les minutes qui suivraient, la deuxième du membre de l'Ordre du Phénix de garde qui avait déclenché l'alerte pour que tous les autres se retrouvent à l'école pour se battre. La dernière signalait que les Aurors avaient été également prévenus.
-L'Ordre ne sera là que d'ici une demi-heure, renifla Severus. Les Aurors dans quarante.
-Donc nous ne devons compter que sur nous-même, comprit Minerva.
-A deux, ça va faire un peu juste, sourit pauvrement Severus.
-A trois, corrigea Filius en apparaissant devant eux.
-Vous étiez censé conduire les élèves, rappela Minerva en indiquant aux élèves de septième année de partir à leur tour.
-Il se trouve que le Moine Gras, la Dame Grise et le Baron Sanglant connaissaient le chemin, sourit Filius. Ce qui m'a permis de confier Pomona à leurs bons soins. Et puis, de toute façon, elle a toujours été bien plus douée pour la protection que pour l'attaque.
Très vite, il ne resta plus personne dans la Grande Salle, mis à part les trois professeurs …
-Je vais finir par croire que tu leur as mis le feu au cul pour qu'ils disparaissent tous aussi vite, fit Harry.
-Personne n'a fait de la résistance ? s'étonna Hermione
-Non, assura Severus. Surtout quand j'ai souligné que si aucune consigne n'avait été donnée par les Death Eaters à leurs enfants, c'était qu'il ne devait avoir aucun survivant …
-Pas faux, concéda Draco.
-A sept, ça va être un peu juste, constata Neville. Même si c'est un chiffre magique puissant.
-Nous n'aurons qu'une heure à tenir, renifla Minerva.
-Le temps de réponse des renforts est pitoyable, renifla Hermione.
-Où sont-ils ? demanda Harry
-Suivez-moi, dit Minerva.
Ils grimpèrent dans son bureau et elle déploya la carte du domaine. De son côté, Harry sortit la Carte des Maraudeurs pour obtenir les noms de ceux qu'ils devaient combattre.
-Une minute, sursauta Neville en se penchant sur la carte des Maraudeurs. Il n'y a pas de Sorciers ?
-Aucun, confirma Minerva. Des géants, des Vampires et des loups garous.
-Des renégats, siffla Hermione.
Le Gang se regarda. Si des Vampires étaient de la partie, la présence de Vladimir aurait été la bienvenue.
-Je m'en charge, fit Harry en quittant la pièce.
-Où va-t-il ? s'étonna Minerva
-Régler un problème, balaya Draco en se penchant sur la deuxième carte. Nous avons mieux à faire, il me semble.
Severus et Filius sourirent. Ils étaient parfaitement au courant des liens du Gang avec le clan Romanov et eux aussi s'étaient demandé si la présence de leur chef ne serait pas requise. Harry aurait la réponse rapidement.
-Heureusement que nous avons placé des pièges ces dernières années, souffla Minerva en en enclenchant certains.
-Ils ne suffiront pas, soupira Filius. Il va falloir nous battre.
-Sans développer toutes nos connaissances, ça va être difficile, railla Neville.
-Mauvaise nouvelle, annonça Harry. On doit capturer Greyback.
-Pourquoi ? s'étonna Draco
-Aucune idée, haussa des épaules Harry. Bon, on est en infériorité numérique, il est temps d'utiliser quelques accessoires.
Le brun sortit de sa sacoche une foule de fioles que Severus s'empressa d'examiner.
-Potions de guerre, comprit Severus. Ça révélera un de nos atouts.
-Pas forcément, réfléchit Draco. Elles ne sont interdites qu'en Angleterre. Or, nous avons voyagé dans toute l'Europe et nous avons démontré que nous n'étions pas des manchots dans cette matière. Ça peut marcher.
-Je vais m'occuper de Greyback, annonça Harry.
-Non ! s'écrièrent tout le Gang
-On n'a pas le choix, cingla Harry. D'après la Carte, il est le seul à être réellement Death Eater. Je pourrais attirer son attention.
-Où ? gronda Hermione
-Dans le château, répondit Harry. Les lieux étroits ne sont jamais à l'avantage des loups garous. Sirius me l'a assuré.
Le château trembla encore plus fort.
-On n'a pas le temps de discuter, trancha Harry. Hermione, tu t'occupes des Vampires. Neville, Draco, vous prenez les autres loups garous. Filius, les géants ne vous dérangent pas ?
-Pas le moindre du monde, sourit machiavéliquement Filius.
-Minerva, Severus, je pense qu'à vous deux, vous pourrez parer à tout imprévu, fit Harry.
-Nous n'avons pas le choix, renifla Severus.
Ils repartirent dans l'étude du terrain. Ils estimèrent que les différentes protections leur permettraient de tenir environ une trentaine de minutes s'ils ne faisaient rien mais tous savaient parfaitement que leur but était d'empêcher la prise de l'école. Le Gang connaissait l'une des solutions possibles dans ce cas de figure et s'ils pouvaient l'éviter, ils le feraient.
-Nous devrions y aller, proposa Neville en indiquant le mur sur lequel les Géants s'acharnaient et qui semblait être sur le point de s'effondrer.
-Et bien sûr, ce vieux fou n'est jamais là où il le faudrait, grommela Minerva.
Ces mots faillirent entraîner tout le monde dans un fou rire nerveux.
§§§§§
Augusta, Narcissa, Lucius et Sirius n'étaient guère en meilleure posture. En visite au ministère, ils avaient été pris au piège pendant l'assaut des Death Eaters. Ils avaient pu se réfugier dans un recoin avant de se faire reconnaître mais ils ne pouvaient se permettre de rester immobiles. Pendant qu'ils essayaient de mettre au point un début de plan, Lucius faisait les cent pas, maudissant Voldemort de ne pas l'avoir mis au courant de ses projets. Mais un origami sortit de nulle part pour enfler et se mettre à parler.
-« Hogwarts est en ce moment en train de se faire attaquer. Le Gang est sur place, ainsi que le Voile. Les élèves ont été évacués. Le Gang a une mission. »
La voix de Luna s'éteignit. Il n'était pas difficile de comprendre qu'outre Hermione, Harry, Draco et Neville, les seuls défenseurs de l'école étaient Severus, Minerva et Filius, surnommés le Voile quand les trois étaient à l'école en tant que professeurs.
-Et comme d'habitude, il va falloir qu'on fasse le boulot des autres, railla Sirius. Quel est le plan, milady ?
Augusta, la plus ancienne, savait que les autres allaient se reposer sur elle pour avoir une ligne de conduite. Elle préférait largement les laisser s'occuper des détails.
-On va descendre voir Xénia et Luna, décida Augusta. Je pense qu'elles auront une vue d'ensemble plus concrète que ce … placard.
Ils acquiescèrent et se faufilèrent dans les couloirs, entendant de temps à autre les échos des combats.
-Ils ont vraiment choisi leur jour, fit Xénia en guise de salutations.
Mis à part Sirius, aucun d'entre eux n'avaient eu l'occasion de se rendre dans le Département des Mystères. Ils ouvrirent grand les yeux mais Augusta fronça rapidement des sourcils.
-Où se trouve Luna ? demanda Augusta
-Elle doit remplir une mission, grogna Xénia. Malheureusement, elle est assez grande pour prendre ses propres décisions.
-Vous ne vouliez pas qu'elle parte, comprit Augusta. Est-ce que c'est vraiment dangereux ?
-Je ne pourrais vraiment pas vous dire, soupira Xénia en relevant la tête de son ouvrage.
-Luna donnera des explications à Neville, coupa Sirius. Est-ce qu'on pourrait savoir ce qui est en train de se passer, à part que les Death Eaters ont décidé d'organiser leur fête ici ?
-Je pense que la majorité des Death Eaters sont ici, annonça Xénia.
-Luna nous a dit qu'Hogwarts était également attaqué, fit Lucius. Si on a tous les chiens de Voldemort, qu'est-ce qui attaque l'école ?
-Les autres troupes de ce fou, comprit Narcissa. Les créatures magiques qu'il cache soigneusement aux Sorciers et qu'il a embrigadées pour asseoir son pouvoir.
-Notre problème n'est pas là-bas mais ici, s'irrita Sirius. Vu l'état du ministère, il est clair que nous n'aurons pas d'aide à attendre, ni même que nous pourrons tout sauver. Xénia, dis-nous ce qui doit être préservé à tout prix.
-Le Département des Mystères, répondit Xénia. Les archives, les anciennes comme les nouvelles. La salle de réunion du Magenmagot. Et bien que ça me dégoûte, le Département de Recherches. La bonne nouvelle, c'est qu'ils se trouvent tous à ce niveau. La mauvaise … c'est qu'ils le savent aussi.
Elle leur indiqua l'immense carte qu'elle étudiait depuis plus d'une heure. Elle avait soigneusement suivi l'avancée des troupes de Voldemort à l'intérieur du Ministère. Dès leur entrée, elles s'étaient scindées en plusieurs groupes dont certains avaient voulu forcer les protections de cet étage.
-Tu en penses quoi ? demanda Sirius en se rapprochant de Xénia
-On pourrait rendre cet étage imprenable, si on n'avait pas cette fichue extension, ragea Xénia.
-Ou on booste les protections, fit une nouvelle voix.
-Ore ! s'exclama Xénia. Tu étais en sécurité !
-Me faire capturer n'est pas dans mes projets, balaya Ore. Rockwood a eu le temps de me trahir avant de disparaître. Je suis l'un des buts de Voldemort en ce moment. Et avant que tu ne me dises que je ne sais pas me défendre, je peux t'assurer que tu ne connais pas tous les secrets du Département des Mystères.
-Si nous pouvions débattre de ce point un peu plus tard, fit Lucius. Madame, vous avez parlé de booster les protections. Comment ?
-Magie du sang, déclara Ore. Malheureusement, ce n'est pas mon domaine de spécialité.
Les deux Black se regardèrent.
-On pourrait peut-être vous aider, fit Sirius. En tant que chefs des deux branches Black, nous sommes initiés à certaines pratiques que … réprouve la société d'aujourd'hui.
-Merde ! cracha Augusta. Des adeptes de la Rigole Noir !
Lucius sursauta. La Rigole Noir était un mouvement Sang Pur qui pratiquait les magies les plus inusitées. Leurs noms étaient particulièrement bien gardés car leur traque était virulente. Il était particulièrement craint de Dumbledore parce qu'il était en quelque sorte le garant d'anciennes valeurs Sang Pur que le vieux Sorcier avait effacées au fur et à mesure de son ascension.
Dont la magie de Sang dont ils avaient actuellement besoin.
-Faites, ordonna Xénia. Autant vous prévenir tout de suite, si nous survivons tous, je ne compte pas vous lâcher de sitôt, les Black …
-Nous verrons, coupa Sirius. Dites-nous simplement où se trouve le creuset.
-Je vais vous y conduire, ce n'est pas loin assura Ore.
La Pythie les mena seulement dans la pièce voisine où elle y dévoila un passage secret. Narcissa et Sirius s'y engouffrèrent et aperçurent rapidement la vasque de pierre brute qu'ils cherchaient. Les deux cousins apposèrent rapidement les protections essentielles à leur projet avant de commencer à incanter. Deux filets de magie sortirent de leurs corps pour s'enrouler l'un à l'autre avant de plonger dans la vasque de pierre qui se remplit miraculeusement d'un liquide inconnu. Sans se concerter, ils incantèrent de concert, et les runes autour d'eux se mirent à réagir. Ils continuèrent ainsi pendant une bonne heure avant de comprendre qu'ils étaient désormais protégés. Prenant appui l'un sur l'autre, ils retournèrent dans la salle où Xénia s'échinait à suivre les combats. Constatant l'état de sa femme, Lucius les fit s'asseoir dans un coin.
-Merci, fit Xénia. Nous allons pouvoir jouer à armes égales maintenant.
Des grincements retentirent dans la salle et ils ne mirent pas très longtemps avant de comprendre qu'il s'agissait des pièges du Département des Mystères qui s'enclenchaient.
-Et mince, grimaça Xénia. J'ai une dizaine de Death Eaters qui sont dans les protections.
-Nous pourrons nous en occuper, sourit Lucius en avisant Augusta. Narcissa ? Sirius ?
-Je suis toujours prêt pour une bonne petite bagarre, ricana Sirius en se redressant.
-Il y a longtemps que je veux leur montrer ce que sait faire une vraie Sang Pur, déclara Narcissa en montrant presque les dents.
-Je ne suis pas sûre … protesta Augusta.
-Nous savons ce que nous faisons, déclara Sirius avec un sourire cruel. Et cet affrontement tombe à point nommé.
-Très bien, soupira Augusta. Je vais rester surveiller vos arrières. Faites en sorte qu'on ne vous reconnaisse pas.
-Pour cela, il faudrait des survivants, fit Narcissa.
Tous les trois s'empressèrent de quitter la pièce, laissant la matriarche pester sur une jeunesse décidément trop empressée.
§§§§§
Le Conseil International des Sorciers ne se réunissait rarement en catastrophe. Mais quand les responsables de la Cellule à l'Enfance tirèrent la sonnette d'alarme, ils valaient mieux obéir. C'était l'une des cellules du conseil les plus indépendantes et quand elle pointait le bout de son nez, c'était uniquement pour des affaires graves.
A cette heure matinale, il était rare de voir tous les fauteuils de l'amphithéâtre occupés.
-Mes chers confrères, pardonnez-moi de vous avoir tiré du lit à cette heure indue mais je ne puis faire autrement, déclara le chef de la cellule de l'Enfance, Clay Newton. Hier soir, aux environs de dix-neuf heures, le Sorcier qui se fait appeler Voldemort a fait attaquer l'école de sorcellerie Hogwarts.
-C'est un problème anglais, renifla quelqu'un dans la salle. Où se trouve Dumbledore ? C'est lui qui devrait nous expliquer ça !
-Albus Dumbledore est actuellement porté disparu, répondit sèchement Clay. Il avait quitté l'école trois heures auparavant et n'y est toujours pas retourné.
La stupéfaction se répandit dans la salle.
-Les protections de l'école n'ont tenu qu'une dizaine de minutes sous les assauts de géants, de loups garous et Vampires renégats, entre autres, sous les ordres de Voldemort, continua Clay. Le directeur n'a répondu à aucun appel des professeurs encore sur place qui ont dû décréter l'évacuation totale. C'est quand les élèves sont arrivés dans une maison protégée par le CIS que nous nous sommes aperçus que la quasi-totalité des liens de protection qu'il y avait entre le CIS et l'école avaient été détruits.
La salle hoqueta d'incrédulité. Les liens de protection permettaient au conseil de venir en aide aux écoles de magie disséminées à travers le monde. Outre une réponse rapide, cela offrait aux établissements une protection supplémentaire qui garantissait leur intégrité en cas de conflit. C'était une procédure assez récente – à peine un siècle – mais avec les guerres Moldues qui s'étaient multipliées à cette époque, ça avait fait ses preuves.
-Peut-être qu'il était occupé, fit une autre voix.
-Ah bon ? susurra Clay. Et où donc ? Sûrement pas au Ministère de la Magie qui a été ravagé au même moment par les Death Eaters. Sa signature magique n'y était même pas. Et pourtant, son aide aurait été la bienvenue puisqu'il y a eu des centaines de morts.
Les murmures s'élevèrent. L'absence d'Albus Dumbledore devenait inquiétante.
-Où sont les enfants ? demanda quelqu'un
-Dans un domaine protégé, répondit Clay. Nous leur avons fait quitter l'Angleterre qui est, je vous rappelle, plongée dans une guerre civile.
-Mais Dumbledore assure que ça se calmerait, fusa une voix.
-Quand ? demanda simplement Clay. Cela fait six ans que Voldemort met le pays à feu et à sang sans que le ministère ou Dumbledore ne lèvent le petit doigt. Durant cette période, combien de familles ont été massacrées au nom de ce fou ? Depuis le retour de Voldemort, Diagon Alley, l'artère Sorcière de Londres, a été attaquée pas moins de quatre fois, et Hogmeade, le village Sorcier au pied de l'école, dix fois. Aujourd'hui, l'école est presque en ruines. Et pas une seule fois, Dumbledore n'a demandé ni l'aide du conseil, ni l'appui des Aurors Internationaux, et encore moins n'a décrété l'état d'urgence dans le pays. Il n'a rien fait ! Je demande devant vous la destitution d'Albus Dumbledore de tous ses titres et de tous ses postes et je porte plainte pour mise en danger d'autrui et de mineurs !
L'amphithéâtre explosa en imprécations. C'était une première dans l'histoire du CIS. Albus Dumbledore était le Grand Manitou de l'Angleterre, son représentant devant le conseil. Le déchoir de tout ce qu'il représentait n'était pas anodin.
Clay regarda distraitement la salle s'emballer. Avec son père, ça faisait des années qu'ils essayaient de mettre à terre le vieux Sorcier. Il était responsable de tellement de crimes, à commencer par l'exécution de sa sœur, à peine âgée de trois ans à l'époque. Toute sa vie, il avait réuni des preuves pour le faire tomber. Mais il n'avait que des suspicions, ou bien les preuves étaient si légères que le doute était permis. Mais un enfant était arrivé. Et avec lui, un dossier gigantesque et le début d'une longue liste d'erreurs pour Dumbledore. Ça avait été une aubaine pour Clay qui avait sauté sur l'occasion. Maintenant qu'il avait lancé son accusation, il pourrait faire venir certains témoins particulièrement bien renseignés. Et l'attaque simultanée de l'école de sorcellerie et du Ministère de la Magie tombait vraiment à pic, combiné à la disparition du grand Manitou.
-Mesdames et messieurs, pria Clay en réclamant le silence, qui n'arriva qu'après de longues minutes. Je sais que ma demande est vraiment inhabituelle, mais des mesures doivent être prises. Séparément, chaque cellule du CIS a noté des dysfonctionnements de plus ou moins grande importance avec l'Angleterre et Albus Dumbledore. L'attaque d'Hogwarts devrait être la sonnette d'alarme pour creuser plus loin. Ouvrons l'enquête et mandatons une équipe dans le respect de la neutralité pour découvrir ce qui se passe réellement dans ce pays. Nous n'avons que des échos de ce qui se passe alors que nos registres magiques déplorent des milliers de morts en six ans sans que nous levions le petit doigt. Nous sommes le Conseil International des Sorciers et notre devoir est de protéger et d'aider tous les Sorciers à travers le monde. Pourquoi sommes-nous en train de nous tourner les pouces alors que l'Angleterre se déchire ? Parce que le Grand Manitou de ce pays, Albus Dumbledore, nous a assuré que ce n'était pas grave. Et pendant ce temps, tous les ressortissants étrangers nous rendent des rapports alarmants. Il serait temps de faire ce pour quoi nous avons été désignés.
Les murmures s'intensifièrent.
-Albus Dumbledore a sûrement des raisons pour avoir agi de cette manière ! se rebiffa quelqu'un. On parle de celui qui a vaincu Gellert Grindelwald !
-Celui qui est dans le quartier de haute sécurité de Nurmengard ? s'étonna Clay. C'est bizarre, il n'y a plus personne depuis des années !
L'information plongea tout le monde dans la stupeur générale.
-Le CIS vérifie régulièrement s'il est toujours dans sa cellule ! cria quelqu'un
-Une fois par mois, confirma Clay. Quel dommage que lorsque je suis allé interroger certains détenus dans cette prison, je suis passé devant sa cellule fermée à double tour et je me suis aperçu qu'il n'y était plus. De plus, je me suis renseigné, et j'ai découvert que les Sorciers désignés pour vérifier sa présence ont tous été désignés par Albus Dumbledore, au détriment de toutes nos procédures. C'est surprenant, n'est-ce pas ?
-Vous mentez ! rugit quelqu'un
-Parce que je remets en cause la mainmise d'Albus Dumbledore ? cingla Clay. J'ai la preuve qu'il s'est rendu coupable de crimes innommables et je veux faire toute la lumière sur cette histoire.
Clay laissa l'assemblée s'exciter avant de reprendre la main et de demander un vote.
Et moins d'une heure plus tard, Albus Dumbledore était déchu de toutes ses fonctions et un mandat d'arrêt avait été émis pour comprendre ce qui se passait exactement en Angleterre.
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Gellert releva la tête de ses recherches lorsqu'un Elfe de maison arriva devant lui.
-Maître Gellert Grindelwald Monsieur ? fit l'Elfe de maison. Une lettre est arrivée pour vous.
-Donne, ordonna Gellert.
L'Elfe de maison eut le mérite de ne pas couiner en faisant apparaître la missive avant de disparaître. Le Sorcier s'en empara et l'ouvrit aussitôt. Mais plus il la parcourait, plus il devenait blême.
Albus venait de se faire découvrir !
Son espion était enfin parvenu à lui transmettre le compte-rendu de la dernière séance du CIS qui s'était déroulé une dizaine de jours auparavant. Le vote de défiance avait été unanime, surtout à cause de la curiosité des membres du conseil à qui Albus leur disait que tout ce qui se passait en Angleterre était mineur. Mais le chef de la Cellule à l'Enfance avait su mettre en avant les questions sans réponses que tout le monde était en droit de se poser avec les bribes d'informations qui arrivaient jusqu'au conseil et les avait convaincu de pousser les investigations. Clay Newton était une véritable épine dans son pied et il fallait qu'il s'en occupe le plus rapidement possible.
Mais plus tard.
Gellert se leva et passa à l'étage de la maison qu'il avait aménagé au fil des années. Avec Albus, ils s'étaient créé une forteresse impénétrable pour y couler des jours heureux. Mais la situation était en train de dégénérer et le domaine devenait de plus en plus le seul endroit où ils pourraient être en sécurité. Il entra dans une chambre et en regarda l'occupant endormi.
Albus Dumbledore avait laissé son apparence de gentil grand-père pour redevenir le Sorcier malade qu'il avait toujours été. Sa peau était cireuse, son cheveu rare et il n'avait que la peau sur les os. Ils s'aimaient depuis le premier jour et leur grand affrontement n'était qu'une phase de leur plan pour le sauver. Le soir des deux batailles simultanées, Albus avait eu une crise et avait dû se réfugier ici pour reprendre des forces.
Et il ne s'était toujours pas réveillé.
Les crises d'Albus devenaient de plus en plus fréquentes au fur et à mesure qu'il avançait en âge et ses temps de récupération étaient de plus en plus longs. Il avait désormais une crise par trimestre et avait dépassé la barre de la semaine de récupération. Et maintenant que le CIS fourrait son nez dans les affaires qui ne le concernait pas, et qu'il avait appris en prime qu'il se pouvait qu'Albus l'ait doublé concernant son emprisonnement, ils allaient devoir être plus que prudents.
Les yeux d'Albus commencèrent à papillonner et Gellert s'approcha pour lui caresser tendrement le visage.
-Combien de temps ? croassa Albus
-Dix jours, mon amour, sourit tendrement Gellert. Repose-toi, nous discuterons plus tard.
Gellert posa un baiser aérien sur ses lèvres puis le borda avant de quitter la chambre.
