Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
J'imagine que beaucoup d'entre vous ont été déçu de ne pas voir de chapitre la semaine dernière mais les voies d'Internet sont impénétrables ...
Trêves de plaisanterie. Aujourd'hui, je dois vous annoncer une mauvaise nouvelle : je suis obligée de mettre Miroir en pause. Je n'arrive toujours pas à coucher sur papier la suite de l'histoire et je peux vous dire que c'est vraiment rageant ! Plutôt que de vous fournir quelque chose de raté, je préfère prendre mon temps.
Sinon, pour contrebalancer cette mauvaise nouvelle, je vais publier une série d'OS sous le nom de Brèves de vie. Il s'agit d'une partie des idées farfelues qui me passent dans la tête et que je ne comptais pas développer. j'espère que ça vous plaira.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Gros bizoux
Crystal of Shadow
Les secrets dévoilés
Harry se redressa doucement. L'examen n'avait pas été intrusif mais avait beaucoup sollicité sa magie.
-Tu peux te rhabiller, sourit Elias.
Environ une fois par an, l'Elfe venait examiner le jeune Sorcier. Même s'il avait retiré l'Horcruxe de son corps, ils préféraient observer attentivement comment le jeune homme s'accoutumait à la perte du morceau d'âme additionnel.
-J'imagine que ce n'est pas uniquement pour ça que vous m'avez fait venir, sourit Harry en s'exécutant.
-Tu as raison, sourit Elias en prenant place.
Le Sorcier vint le rejoindre quelques minutes plus tard.
-La Pythie que tu as rencontré a signalé que tu faisais partie d'une autre prophétie, rappela Elias.
-C'est vrai, se souvint Harry en pensant à Ore.
-C'est une prophétie tellement ancienne que seules les plus vieux peuples magiques pouvaient en avoir gardé une trace, expliqua Elias.
-Vous l'avez ? s'impatienta Harry
-Malheureusement non, soupira Elias. Mais j'ai réussi à réunir quelques éléments dessus.
-Je vous écoute, fit Harry.
-Le terme d'Élu de la Magie est très ancien, révéla Elias. Il date du temps où les peuples magiques vivaient en plus ou moins grande harmonie, il y a peu près deux mille cinq cents ans.
-Si loin ? s'exclama Harry
-Oh oui, soupira Elias. D'après les légendes, à l'époque, cet Élu serait en quelque sorte le souverain de tous les peuples magiques qui les guiderait vers l'âge d'or de la Magie.
-Vous plaisantez, j'espère ? fronça des sourcils Harry
-Pas vraiment, sourit Elias. Rassure-toi, tout Élu de la Magie ou pas, aucun peuple magique accepterait d'avoir un inconnu au-dessus d'eux.
-Merci, j'ai failli avoir peur, souffla Harry. Que pouvez-vous me dire d'autre ?
-Ce ne sont que des suppositions mais l'Elu aurait un lien privilégié avec la Magie et pourrait l'utiliser dans son entièreté.
-Ce n'est pas mon cas, se rassura Harry.
-Et comment appellerais-tu le fait de filtrer une magie gorgée de malfaisance pour la rendre pure ? pointa Elias
-Je pensais que c'était possible, fronça des sourcils Harry. Le détecteur d'Horcruxes ne faisait pas la même chose ?
-Si, concéda Elias. Mais c'est le fruit de centaines et de centaines d'années de recherches. Les Horcruxes sont une magie si sombre mais surtout ancienne. Même si la pratique est dangereuse pour des bénéfices moindres, certains chercheurs se sont quand même penchés dessus. J'ai simplement rassemblé tous les éléments pour les résultats que nous connaissons.
-Honnêtement, Elias, si je suis vraiment cet Élu, qu'est-ce qu'on attend de moi ? demanda Harry
-Ces dernières années, avec Vladimir, nous avons fait le tour des peuples magiques autour du monde, déclara Elias. Pour nous, les principaux dangers sont les Sorciers et les Moldus.
-Est-ce que vous pouvez préciser votre pensée ? demanda Harry
-Je ne t'apprends pas que les Moldus empiètent de plus en plus sur les territoires des créatures et peuples magiques, soupira Elias. De plus, ils polluent les terres ce qui nous empoisonne tous et la Magie en premier. Si personne ne fait rien, la Magie disparaître et avec Elle, à court terme tous les peuples et créatures magiques, les Sorcier en tête, à moyen terme la Terre et les Moldus.
-Je ne pensais pas la situation aussi critique, écarquilla des yeux Harry.
-Et pourtant, ricana sombrement Elias. Ne parlons pas des Sorciers.
-Je pensais que le seul point que vous nous reprochiez était la xénophobie de certains, fit Harry.
-C'est un tout, fit Elias. Si les autres peuples magiques en veulent tellement aux Sorciers, c'est d'abord parce qu'ils se sont appropriés tous les lieux sacrés et pas pour les bonnes raisons. Plus le temps avançait, plus ils niaient notre existence, se pensant au-dessus de tout et de tous. Ce qu'ils ne voulaient pas comprendre, c'est que nous sommes tous égaux devant la Magie et que l'équilibre ne peut être garanti s'ils suppriment purement et simplement tous les autres peuples magiques. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les Nés Moldus sont si mal considérés par les Nés Sorciers car l'égalité est une notion qui est revendiqué avec force depuis quelques siècles.
Harry se renfrogna. Plus il se renseignait, moins il était fier d'être Sorcier !
-Mais je croyais que c'était la situation uniquement en Angleterre, s'étonna Harry.
-L'Angleterre est l'extrême, concéda Elias. Mais elle possède la plus importante ligne de magie du monde qu'elle est en train d'assécher. C'est pour cette raison que je me suis investi dans ton combat. Si ce pays ne change pas rapidement de politique, les autres pays magiques réfractaires ne le feront pas et la Magie disparaîtra.
-Mon rôle sera donc important … souffla Harry.
-Ton rôle sera de montrer la voie, corrigea Elias. Et si les Sorciers ne t'écoutent pas, alors nous partirons.
-Partir ? sursauta Harry
-Oui, partir, répéta Elias. Comme les Dragons Premiers et d'autres peuples magiques encore dont les noms se sont perdus. La Magie est présente partout et pas uniquement dans cette dimension.
-Je pensais que c'était de la science-fiction, s'étonna Harry.
-Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas sur le monde magique, sourit Elias. Et notre refuge dans une autre dimension n'est qu'une rumeur parmi les Sorciers. Il ne tient qu'à toi de ne pas leur dire que c'est une réalité.
-Je suis honoré d'être le dépositaire d'une information aussi importante, s'inclina Harry.
-Trop d'informations pour toi, comprit Elias. Je te laisse réfléchir à tout ce que je t'ai dit. Si tu as une seule question, écris-moi et nous pourrons en parler calmement. D'accord ?
-D'accord, soupira Harry. Bonne journée.
-Bonne journée Harry, répondit Elias.
§§§§§
Fred et Georges Weasley étaient tout simplement ébahis de se retrouver dans le manoir de leur ami Neville. Bien entendu, ils étaient toujours invités aux bals du Gang mais à cause de leur magasin, ils n'avaient jamais eu le temps de s'y rendre. Jusqu'à ce soir-là.
Pour l'occasion, ils avaient investi dans des costumes Moldus aux couleurs déjantées, surtout pour ne pas déroger à leurs traditions. Mais ils avaient oublié pour quelques instants leur attitude fantasque pour admirer les lieux.
Maintenant qu'il n'habitait plus avec sa grand-mère, Neville avait remis à neuf l'une des demeures de sa famille et il avait adroitement réussi.
-Salut les gars !
-Neville, ta baraque est magnifique ! fit Fred
-Je dirais plus, vraiment magnifique ! ajouta Georges
-Merci, rit Neville. Entrez vite, il ne fait pas chaud dehors. Les autres sont à l'intérieur.
-Ils savent que nous sommes là, au moins ? demanda Georges
-Tu penses vraiment que j'aurais pu vous inviter sans les prévenir ? ricana Neville. Si vous y tenez, je tenterai la prochaine fois !
Sur un éclat de rire, les jumeaux roux entrèrent dans la maison. Après s'être délesté de leurs capes respectives, ils tentèrent de repérer leurs amis à travers la foule présente. La plupart des anciens élèves d'Hogwarts étaient heureux de les revoir et les saluèrent tout au long de leur passage. Les jumeaux retrouvèrent le Gang et après les salutations mondaines, ils s'isolèrent.
-Merci d'avoir pu venir, fit Draco.
-Mais à votre service, s'inclina Georges. Que peut-on faire pour vous ?
-J'ai besoin de votre aide, déclara Draco. Pour être plus précis, j'ai besoin que vous me créez quelque chose.
-On t'écoute, fit Georges.
-Il me faudrait une boîte à bijoux améliorée, annonça Draco.
-Des ajouts particuliers ? demanda Fred
-Pas de miroirs parlants, déclara Draco. Je vous laisse le champ libre pour les détails.
-Pour qui est-ce et pour quelle circonstance ? demanda Georges
-Vous connaissez Astoria Greengrass ? fit Draco
Les jumeaux hochèrent de la tête. Qui ne connaissait pas la magnifique blonde ? Elle restait l'une des plus belles filles de leur génération !
-Nous venons de lui éviter un mariage malheureux, résuma Draco. La boîte à bijoux est pour elle.
-Un cadeau de réconfort ? taquina Georges
-Non, une demande de fiançailles, annonça Draco.
Les jumeaux sursautèrent.
-Je croyais que tu ne comptais pas te marier de sitôt, souffla Fred.
-Si j'avais mon mot à dire, j'attendrai encore au moins dix ans, bougonna Draco. Mais certains de mes crétins de cousins font pression sur mon père pour qu'il les désigne comme héritier à ma place. Pour leur fermer le clapet, mon père n'a rien trouvé de mieux que d'organiser mon mariage. Heureusement, j'ai eu le droit de choisir la mariée.
-Astoria est d'accord ? demanda Georges
-Elle n'était pas contre quand je lui en ai parlé, soupira Draco. Autant faire les choses bien, non ?
-On t'aidera, sourit Georges. Prépare-toi à te faire harceler. Ça reste ton cadeau !
-Merci, les gars, sourit Draco.
-Maintenant, nous allons profiter de la fête ! s'exclama Fred
Et les deux roux s'enfoncèrent dans la foule. Draco soupira lourdement.
La nouvelle était tombée la semaine dernière. Lucius en avait été désolé et Draco avait dû s'incliner. Heureusement, comme le jeune blond l'avait souligné, il avait eu voix au chapitre concernant celle qu'il allait épouser. Il en avait longuement discuté avec la jeune femme et ils étaient parvenus à un premier accord.
-Qu'en pense Lionel ? souffla Neville
-Il ne sait pas trop quoi en penser, sourit pauvrement Draco. Il pensait demander la main d'Astoria maintenant qu'elle est libre …
Lionel Nott, le cousin de Théo Nott, était fou amoureux d'Astoria, pourtant d'un an son aîné. Il avait approché Draco pour que ce dernier parle de lui à la jeune femme. Mais le mariage allait briser ses rêves.
-Il n'y rien que tu puisses faire ? demanda Hermione
-Je suis en train de consulter toutes les lois des Malfoy, fit Draco. Pour l'instant, je peux me séparer d'elle une fois qu'elle aura mis au monde l'héritier de la famille.
-Ce qui te donne environ deux ans de mariage, réfléchit Neville.
-Et l'enfant ? demanda Hermione, inquiète
-Malheureusement, il devra obligatoirement être un garçon, avoua Draco. Je ne peux y déroger.
Hermione fronça des sourcils.
-Je sais ce que tu penses, coupa Draco avant qu'elle n'ouvre la bouche. Mais dans le contexte actuel, il serait délicat de chercher à changer cette règle particulière. Quand je serais lord Malfoy, ce sera un possibilité plus concrète mais pas aujourd'hui.
-Très bien, renifla Hermione.
-Mais chez qui cet enfant devra vivre ? demanda Harry
-Je ne compte pas abandonner mon enfant, déclara Draco. Astoria a l'air d'accord pour qu'il soit un pur Malfoy et qu'il n'ait que peu de lien avec les Greengrass. Daphnée va d'ailleurs sonder ses parents pour les détails.
-C'est triste, soupira Harry.
Draco prit doucement la main d'Harry et la serra tendrement.
-Je sais ce que tu ressens, déclara doucement Draco. Ça peut conduire à une famille qui se déchire, qui se met à se haïr les uns les autres … Même s'il s'agit d'un mariage arrangé, j'espère qu'Astoria et moi seront assez matures pour passer le bien-être de notre futur enfant avant une éventuelle hostilité. Pour le moment, elle accepte de me laisser l'entière garde mais jamais je ne l'empêcherai de voir son enfant. Jamais.
-Je n'en doute pas, sourit Harry. Mais, es-tu prêt à avoir un enfant avec Voldemort encore de ce monde ?
-Je n'ai malheureusement pas le choix, rappela Draco. Justement parce que Voldemort est encore là, ma vie et celle de mon père sont particulièrement menacées. Une fois le mariage célébré et dès qu'Astoria sera enceinte, je ferai en sorte qu'elle soit protégée au même titre que notre famille. Dès que l'enfant sera né, personne ne m'en voudra de le faire quitter l'Angleterre …
Le Gang se sourit. Nul doute que Vladimir serait heureux de pouponner les enfants du Gang. De toute façon, Voldemort ne serait pas assez fou pour essayer de s'en prendre aux Romanov.
-Ce n'est pas tout mais nous devons faire acte de présence auprès de nos invités, sourit Neville. Allons les rejoindre, voulez-vous ?
Les quatre amis gagnèrent rapidement la salle de bal.
§§§§§
Anastasia sursauta brusquement en sentant la main de son seigneur se poser sur son épaule.
-Ta contrariété se ressent à l'autre bout du domaine, fit remarquer Vladimir en s'installant en face d'elle. Est-ce qu'il y a un souci avec Hermione ?
-A part qu'elle va donner une bonne leçon à Kenji sous peu ? grommela Anastasia. Non, mais je me serais bien passé de ce que vous m'avez collé entre les pattes !
Vladimir eut un sourire indulgent. Cela faisait des semaines qu'elle travaillait sur le projet en question et devant l'ampleur de la tâche, elle avait dû confier à d'autres ses propres projets.
-Que peux-tu me dire ? demanda Vladimir
-Que la folie peut être prédisposée mais en aucun cas automatique à court comme à long terme, déclara Anastasia.
-Donc Bellatrix n'est pas devenue folle parce que ça devait être son destin, fit Vladimir.
-Narcissa et Sirius ont accepté de se prêter à l'expérience, sourit Anastasia. Ils ne sont pas plus fous que vous et moi. Et pardonnez-moi de vous corriger, Bellatrix n'est pas folle non plus.
-Comment ça, elle n'est pas folle ? fronça des sourcils Vladimir
-Elle n'est pas folle, confirma Anastasia. C'est beaucoup plus subtil que cela.
-Je t'écoute, fit Vladimir.
-Elle associe son bien-être et son bonheur à la torture et à la mort des autres, résuma Anastasia. Ses notions-repères ne sont pas les mêmes que les nôtres.
-Narcissa est sa sœur et je trouve qu'elle a bien tourné, nota Vladimir.
-Ce n'est pas dans son éducation qu'il faut trouver la raison de son comportement mais dans sa vie adulte, fit Anastasia.
-Tu peux dater ça ? demanda Vladimir. Parce que personnellement, je trouve qu'elle a toujours eu ce comportement psychotique !
-Il y a un moment où elle a complètement basculé, assura Anastasia. Environ un an avant la période qui vous avait interpellé.
-Tu as trouvé quelque chose ? pressa Vladimir
-Les sorts qui protégeaient son esprit étaient puissants, avoua Anastasia. Et quand j'ai pu accéder à ses souvenirs, j'ai mis du temps à me rendre compte que certains avaient été modifiés. J'ai pris encore plus de temps pour les restaurer. Je cherche ce qui aurait valu autant de précautions.
-Tu as une idée, comprit Vladimir.
-J'ai besoin d'Hermione pour cela, souffla Anastasia.
-Je ne tiens pas que le Gang y soit mêlé, se renfrogna Vladimir.
-Malheureusement, j'ai besoin de connaître tous les sorts et les potions auxquelles elle a été soumise, soupira Anastasia. Seul un maître de Sang en est capable et Hermione est toute désigné.
-Ce sera un travail de longue haleine, nota Vladimir. Pourquoi ?
-Je crois qu'on a voulu forcer la loyauté de Bellatrix, avoua Anastasia.
Vladimir se figea, interdit.
-Forcer la loyauté ? Comment est-ce possible ? s'exclama Vladimir
-C'est ce que je veux découvrir, déclara Anastasia.
-Pourquoi tu penses que c'est sa loyauté qu'on a voulu forcer ? demanda Vladimir
-Parce qu'elle n'obéira qu'à un seul maître, certifia Anastasia.
-Voldemort ? supposa Vladimir
-C'est ce qu'on voudrait faire croire, sourit méchamment Anastasia.
-Il y a quelqu'un qui aurait voulu manipuler Bellatrix ? s'étonna Vladimir. Mais dans quel but ?
-Pour la même raison pour laquelle on s'arrache les membres de la famille Black, répondit Anastasia. Au-delà de l'apparente folie qui les caractérise, les Black sont très puissants, que ce soit de la famille principale comme de la branche secondaire. Narcissa est assez sollicitée parce qu'elle semble soumise à son mari Lucius, Sirius a visiblement été enfermé à Azkaban pour ne pas donner à Harry un gardien digne de ce nom et surtout, qui serait capable de soulever des montagnes pour le protéger et Bellatrix est crainte des deux camps.
-Je ne me suis jamais penché sur cette famille, songea Vladimir. Les Prince, certes, mais les Black …
-Vous pensez qu'il y a quelque chose de particulier dans cette famille ? demanda Anastasia
-Je rejoins ton avis concernant leur puissance, fit Vladimir. Mais forcer la loyauté de quelqu'un reste extrême. Pourquoi y as-tu pensé ?
-Parce que certains sorts que j'ai démantelés ressemblent à ce que j'ai retiré sur Harry quand il est arrivé ici pour la première fois, déclara Anastasia.
Vladimir écarquilla les yeux, stupéfait.
-Pardon ?! siffla Vladimir. Pourquoi je ne suis pas au courant ?
-Parce que la priorité était de connaître les raisons exactes pour lesquelles il avait survécu au sortilège de mort, rappela Anastasia. Et avant que vous me reprochiez quoi que ce soit, moi-même je n'en savais rien jusqu'à ce que je découvre sur Bellatrix ne me rappelle vaguement quelque chose que j'avais vu sur Harry.
La magie du Vampire commença à emplir la pièce.
-Nous pouvons supposer que ce que tu as découvert sur Harry a pour origine Dumbledore, déclara Vladimir.
-C'est l'hypothèse la plus probable, concéda Anastasia.
-Comment peut-on relier un fidèle lieutenant de Voldemort à ce vieux fou ? grogna Vladimir qui commença à faire les cent pas
Il se figea.
-Monseigneur ? s'inquiéta Anastasia
-Appelle Lorelei et Nolan et dis-leur de me rejoindre à Brocéliande, ordonna Vladimir.
Et le Vampire fila. Anastasia retint un juron avant de s'exécuter.
§§§§§
-Harry, bébé, reste …
Le brun sortit du lit sans un regard en arrière. Esther l'agaçait de plus en plus et malgré un plaisir certain entre ses cuisses, il se retenait de la larguer avec perte et fracas. Avant d'avoir un geste malheureux, il s'enferma dans la salle de bain et se laissa glisser le long de la porte.
Depuis bientôt trois ans, Esther Cole était un dérivatif assez plaisant, même s'il savait qu'elle était à la solde d'Albus Dumbledore. Elle était jolie, avait assez d'imagination dans un lit et connaissait sa place, du moins une fois qu'on lui avait donné les limites à ne pas dépasser. Tant que le statu quo était maintenu avec le directeur, c'était une situation assez sympathique.
Seulement maintenant, Esther était sur la paille, Hogwarts était tombé et Dumbledore était déchu de tous ses titres et activement recherché par le CIS.
L'enchaînement des événements ne lui permettait pas d'agir tête baissée. Le Gang avait prévu de se débarrasser de la jeune femme lors du prochain bal auquel il assisterait mais l'attaque simultanée de l'école de sorcellerie et du Ministère de la Magie avait retardé leurs plans.
Pour Harry, il devenait de plus en plus urgent de se défaire d'Esther. Dès qu'il la rejoignait, elle insistait pour coucher ensemble voire pour avoir la bague au doigt.
Quelqu'un frappa à la porte.
-Harry ? Tu vas bien ?
-J'arrive, soupira Harry.
Il vida sa vessie pour justifier sa présence, se lava les mains puis ouvrit la porte. Dans une pose qui se voulait érotique, à peine couverte d'un drap, Esther était assise sur le lit.
-Bébé … susurra Esther.
-Je vais me coucher, déclara Harry. Je dois me lever tôt demain matin. Bonne nuit.
Et il quitta la chambre. Harry détestait positivement dormir avec quelqu'un dans son lit. La seule exception faite était le Gang. De plus, sa chambre était une zone interdite sauf pour le Gang et leur famille. Esther avait voulu s'y risquer plusieurs fois au début de leur relation mais à la dernière, elle s'était heurtée à un mur de magie qui avait touché son joli minois.
Hermione avait hurlé de rire quand elle avait appris qu'Esther avait eu le nez cassé, trois dents en moins, la mâchoire déboîtée et de nombreuses fractures ainsi qu'une côte qui ressortait de façon ignoble de son dos. La Sorcière avait dû rester près de deux mois cloîtrée dans son lit car ses blessures guérissaient très mal avec les potions et elle avait dû se rabattre sur la médecine Moldue.
Se réfugiant dans ses appartements au Miroir, Harry jeta un regard indécis sur son lit avant d'aviser la petite banquette sous la fenêtre et de s'y installer pour laisser ses pensées vagabonder.
Un mois s'était écoulé depuis qu'Hogwarts était en ruine et trois semaines depuis que Lucius avait annoncé le mariage prochain de Draco. Depuis trois semaines, Harry avait le sommeil agité et de légers cernes alertaient ses amis. Hermione était la seule à connaître les raisons de son état et Harry était sûr que son amie ne dirait rien.
Bien sûr … comment révéler à son meilleur ami qu'il désirait être plus ? Le brun vivait avec ce secret depuis ses seize ans, où le blond avait décidé de tester les limites de son charme. Hermione était tombée par hasard sur l'une des crises de jalousie qu'il avait eue et l'avait aidé à reprendre le contrôle de sa magie. Harry s'était fait une raison et regardait Draco enchaîner conquête sur conquête.
C'était d'ailleurs pour cela qu'il avait décidé de faire d'Esther sa compagne. Si on passait outre sa superficialité, elle avait une beauté froide semblable à celle de Draco et la même arrogance. Mais là s'arrêtaient les similitudes. Là où Draco maniait les mots avec art, Esther était grossière. Là où il était habillé avec classe, elle était vulgaire. Ils étaient aux antipodes l'un de l'autre. Seuls leurs physiques se ressemblaient.
Et elle ne faisait plus illusion maintenant.
Surtout qu'elle devenait particulièrement insistante comme elle était aux abois.
-Harry ? appela Esther. Qu'est-ce qui se passe ?
Le regard d'Harry s'étrécit. D'un geste souple, il se mit debout et ouvrit violemment la porte, baguette en main. L'instant suivant, les affaires d'Esther arrivèrent à ses pieds.
-Tu as dix minutes pour quitter la maison, gronda Harry. Si tu n'es pas capable de respecter le fait que je veuille être seul à certains moments, alors tu n'as rien à faire ici. Je te permettrai de revenir que quand tu l'auras compris. Même si je couche avec toi, tu restes une invitée qui devrait savoir où est sa place. Je ne me répéterai pas.
Et il claqua la porte. Il fila sous la douche pour ne pas entendre le bruit de tambour sur sa porte et se coula sous la pluie bienfaisante. Quand il en sortit, il enfila un peignoir avant d'appeler un Elfe de maison.
-Maître Harry, s'inclina l'Elfe.
-Est-ce que Esther Cole est encore là ? demanda Harry
-La Sorcière Esther Cole a quitté le manoir il y quelques minutes à peine, répondit l'Elfe.
-Merci, fit Harry.
L'Elfe s'en alla. Le brun s'habilla et quitta le Miroir pour le manoir Potter. Il se rendit dans son bureau et s'empara d'un lourd classeur – merci les Moldus ! – pour regarder quels étaient les prochains bals mondains.
Ester Cole allait rapidement quitter sa vie, de gré ou de force.
§§§§§
La couturière engagée par Augusta Longbottom s'affairait autour de Luna qui ne bougeait pas d'un cil. La matriarche surveillait d'un œil de lynx sa future bru car elle n'avait toujours pas totalement récupéré de l'attaque de Grindelwald.
-Deux mariages en même temps, lâcha Luna. Cela ne vous gênera pas ?
-Le vôtre a lieu dans un mois, rappela Augusta. Le prochain vraisemblablement d'ici six mois au minimum.
Luna hocha la tête. Personne n'était encore au courant du futur mariage de l'héritier Malfoy et ce n'était pas elles qui allaient vendre la mèche par inadvertance.
Des éclats de voix les interpellèrent et elles tirèrent discrètement leurs baguettes magiques. Certes, elles savaient se défendre mais elles reconnaissaient leurs faiblesses.
-Madame, je vous en prie … protesta la couturière principale qui était allée voir ce qui se passait.
-Je veux les voir ! rugit une voix
Voix qui fit place à une personne qu'Augusta n'était pas ravie de revoir.
Alice Collins.
La génitrice de Neville.
-Collins, fit sèchement Augusta. Puis-je savoir ce que vous faites ici ?
-Je m'oppose à ce mariage ! gronda Alice
-Sauf que vous n'avez pas votre mot à dire, rappela Augusta. Dois-je me répéter ?
-Pourquoi l'acceptez-vous elle et pas moi ? siffla Alice
-Outre le fait qu'elle n'a pas cherché à prendre le contrôle du patrimoine des Longbottom avant même d'être mariée, la dot que les Lovegood apportent est bien supérieure à ce que votre famille a pu faire.
Luna ne rata pas le sourire narquois d'Augusta alors qu'Alice rageait. Bien que sa famille vive assez simplement, elle restait une famille Sang Pur assez aisée, bien plus que les Collins. Si Augusta lui avait jeté à la figure des considérations bassement financière, c'était pour lui rappeler que si l'ex-femme de Franck avait perdu sa place dans la famille Longbottom et son titre de mère auprès de Neville, c'était à cause de son appât du gain et son dédain de la famille. Ou plutôt, pour être totalement honnête, sa foi inébranlable en Albus Dumbledore qui en avait fait une gentille marionnette consentante en plus.
-Elle ne le soutiendra pas comme une femme devrait le faire ! siffla Alice
-Et que doit faire une épouse pour vous ? intervint Luna. Faire la belle ? Dépenser l'argent de son mari ? Pondre des enfants ? Faire d'eux une poupée vivante et les reléguer dans un coin quand il ne les intéresse pas ? Je ne suis aucunement désolée de vous apprendre que je ne compte pas suivre votre exemple et de faire aussi ouvertement défaut à Neville dans mon rôle d'épouse et de mère comme vous l'avez fait avec le père de Neville. Et si ça vous dérange, personnellement, ça ne me fait ni chaud, ni froid. Vous avez perdu votre voix au chapitre quand vous n'avez pas cherché à revoir votre fils quand Augusta l'a retiré de votre garde et surtout, quand vous avez laissé un parfait étranger, pas même un père, diriger l'éducation de votre propre enfant en dépit de son héritage et de ses prochaines responsabilités.
Alice fut comme frappée alors que Luna semblait grandir à ses mots. Augusta avait un sourire fier. Voilà pourquoi Luna ferait une parfaite lady Longbottom au contraire d'Alice. Luna se battait pour ceux en quoi elle croyait et ne s'écrasait devant personne. Elle écoutait l'avis des autres et elle ne recrachait pas bêtement l'opinion de quelqu'un d'autre.
-Je veux protéger MON fils ! déclara Alice, reprenant du poil de la bête
-Comment ? demanda Augusta
-Je lui ai trouvé un professeur pour qu'il puisse apprendre à se défendre, se redressa Alice. Vous ne faites rien pour qu'il soit gardé en sécurité.
-Et pourquoi devrait-il annoncer au monde entier qu'il sait se défendre en déclarant qu'il prend des cours avec une personne bien définie ? leva un sourcil Augusta. Moins l'ennemi en sait sur nos capacités, plus grand est l'effet de surprise, non ?
-Laissez-moi deviner, renifla Luna. Dumbledore a accepté de donner des cours à Neville et de le convaincre de reconsidérer son mariage avec moi qui est loin d'être « prestigieux » à vos yeux.
La bouche ouverte d'Alice était amplement suffisante comme réponse. La blonde était agacée. Pourquoi voulait-on absolument la séparer de son fiancé ? Oui, elle était fière de ne pas être une copie conforme de toutes les autres héritières Sang Pur et c'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle avait attiré le regard de Neville. Pourquoi ne voulait-on pas le comprendre ?!
-Je suis avec ma future matriarche pour le choix de ma robe, gronda Luna. En aucun cas je ne vous ai invitée à prendre part à cet événement. Vous ne faites plus partie de la famille Longbottom de votre propre fait et il serait complètement déplacé que vous vous imposiez dans les préparatifs du mariage de Neville. Vous avez cessé d'avoir un fils quand vous avez autorisé Dumbledore à élever son héritier en lui. Donc ce n'est pas la peine de venir faire la mère inquiète puisque dans les quinze premières années de sa vie, vous n'avez vu Neville que parce que Dumbledore s'intéressait à lui. Je vous prie donc de sortir d'ici avant que je ne le fasse moi-même.
-Tu n'es qu'une gamine, ricana Alice, peu impressionnée.
Pour toute réponse, Luna leva sa baguette et sans un mot, l'éjecta à travers le magasin pour qu'elle atterrisse dans la rue.
-Joli, félicita Augusta.
-Le prochain qui me dira que je ne suis pas faite pour Neville va comprendre que je n'ai pas que la tête dans la lune, grogna Luna. Ça commence franchement à me les briser !
Tandis que la jeune femme marmonnait dans sa barbe, Augusta retint son amusement. Il était rare de voir Luna perdre son calme et c'était toujours drôle de voir ses adversaires comprendre que pendant tout ce temps, il l'avait sous-estimé. Bon débarras pour Alice.
§§§§§
Severus inspira longuement.
-Sirius ?
-Salut Severus, sourit Sirius en se redressant. Je ne t'attendais pas. Que puis-je pour toi ?
-Nous avons un problème, fit Severus.
-Lequel ? s'étonna Sirius
-Il s'appelle Théodore Remus Lupin-Tonks, annonça Severus.
Sirius se figea.
-Remus a eu un fils ? hoqueta Sirius
-Avec la fille d'Andromeda, ajouta Severus en prenant place.
-Comment ça se fait que tu es au courant avant moi ? demanda Sirius. Andromeda et sa fille sont sous ma responsabilité, pourtant !
-Andromeda ne t'a pas dit que sa fille avait disparu depuis cinq ans ? fit Severus
-Non, avoua Sirius. Elle m'a juste dit que sa fille avait quitté la maison et qu'elle ne donnait que rarement de nouvelles.
-Tu l'as réintégrée dans ta famille ? demanda Severus
-Oui, répondit Sirius. Elle doit doublement l'être si elle a eu un enfant avec Remus.
-N'en sois pas si sûr, prévint Severus.
-Pourquoi ? fit Sirius
-Parce que c'est quand j'ai vidé le bureau de Dumbledore avec Minerva et Filius que nous avons découvert l'existence de cet enfant, annonça Severus. Et Minerva est certaine qu'Andromeda n'est pas au courant.
-Qu'est-ce qui aurait poussé Dumbledore à cacher ça ? s'étonna Sirius
-Je ne sais pas mais il va falloir que tu prennes des précautions, fit Severus. Il est troisième après Draco pour reprendre le titre de lord Black. Or, je te rappelle qu'on essaie de tuer Harry depuis des années et que la campagne de dénigrement des Malfoy n'est pas là pour faire joli. Si le Ministère a son mot à dire, il y a toutes les chances qu'il préférera choisir un enfant élevé par un membre de l'Ordre du Phénix plutôt qu'un fils de Death Eater. Et si l'enfant a été caché par Dumbledore en personne …
-Pas la peine d'en dire plus, grommela Sirius. Manquerait plus que Bellatrix s'y mette et ce serait le pompon !
-Que comptes-tu faire ? demanda Severus
-On va commencer par retrouver Nymphadora, soupira Sirius. Je vais vérifier les tapisseries et les Gobelins pour voir si cet enfant existe réellement. Si c'est le cas, il est hors de question qu'il reste dans un environnement créé par Dumbledore !
Severus ne put qu'acquiescer. S'il n'avait pas trouvé Harry, Dumbledore aurait eu, en plus du poids politique et de la fortune des Potter, un agneau sacrificiel totalement consentant. Le jeune Théodore devait à tout prix être retiré de son environnement sans doute créé par l'ancien directeur.
-Quelqu'un a prévenu Andromeda ? demanda Sirius
-Minerva et Filius étaient d'accord avec moi quand j'ai souligné que c'était ton rôle de le faire, fit Severus.
-Très bien, fit Sirius en se levant. Viens.
Tous les deux se rendirent dans le bureau du chef de la famille Black. Sirius avait très vite abandonné l'ancien bureau pour s'installer dans un autre beaucoup moins chargé. Severus n'avait jamais eu l'occasion d'y entrer donc il en profitait pour observer les alentours. La pièce était différente de celle du manoir Prince mais en avait la même prestance.
Inconscient de ce que faisait le père de son filleul, Sirius se dirigea vers l'immense tapisserie des Black. Il posa un genou à terre pour connaître les derniers descendants de la famille. Il repéra son propre nom, passa un doigt triste sur celui de son frère, mort sous les ordres de Voldemort, et son regard se porta sur ses cousines directes. Andromeda avait retrouvé sa place aux côtés de Narcissa et Bellatrix avait été exclue de la famille mais pas encore reniée.
-Je pensais que tu l'avais reniée, s'étonna Severus.
-Qui ? demanda Sirius
-Bellatrix, répondit Severus.
-Non, avoua Sirius. J'ai été tenté mais je me suis dit que non.
-Pourquoi ? s'étonna Severus
-Si la justice magique ne me satisfaisait pas, celle de la famille pourrait parfaitement faire l'affaire, ricana Sirius.
Severus avoua que pour se débarrasser de Bellatrix, il aurait été prêt à tout, y compris à la laisser continuer à traîner dans la boue le nom de la famille. De toute façon, pour le moment, elle ne faisait plus parler d'elle, ayant disparu depuis maintenant deux mois et demi.
-Voilà Nymphadora, signala Sirius. Je vois qu'elle a un descendant mais je ne vois pas l'enfant. Dumbledore doit l'avoir protégé par d'anciens rituels.
-Tu peux faire quelque chose ? demanda Severus
-Il va falloir que je regarde dans les grimoires de la famille, réfléchit Sirius en se redressant. Il faut les retrouver tous les deux.
-Kingsley Shakelbot était le partenaire de Nymphadora, se rappela Severus. Peut-être qu'il a des informations.
-J'irais le voir, décida Sirius. Personnellement, je t'aurais bien demandé de m'aider mais on ne comprendrait pas ton implication dans l'histoire. Déjà qu'on ne comprend pas que tu sois aussi proche d'Harry …
En reprenant la tutelle d'Harry, Sirius avait décidé d'ouvertement désigner Seth Prince comme le gardien d'Harry Potter, soit un parrain honoraire. Il n'était pas courant d'avoir recours à cette tradition qui datait des guerres du Moyen-Âge Moldu et c'était ce qui avait réellement choqué.
-Je te laisse, fit Severus. On a encore pas mal de boulot avec Minerva et Filius.
-Comment ça se passe avec l'école en ruine ? demanda Sirius
-Honnêtement, tu ne veux pas savoir, sourit doucement Severus en quittant la pièce.
Sirius garda son air rêveur pendant encore une bonne heure.
§§§§§
Octavia Malone n'était pas du tout sereine malgré son escorte.
-La situation ne vous plait guère, nota Lorelei.
-Pas vraiment, avoua Octavia.
-Pourtant, vous avez accepté, rappela Lorelei.
-Luna a autre chose à penser avec son mariage, rappela Octavia. Je préfère vérifier ce qui se passe avant de prévenir les autres.
-Pourquoi moi ? demanda Lorelei
-Il me fait quelqu'un qui puisse vérifier ses intentions, souffla Octavia. Je sais qu'Anastasia est occupée, il est hors de question que je mêle Severus à cette histoire et si Luna n'a pas prévenu le Gang, ce n'est pas moi qui vais le faire. Vous êtes le choix le plus sûr et le plus logique.
-Et si je n'avais pas pu venir ? pointa Lorelei
-Et ne pas voir de vos yeux l'un des pions de Dumbledore ? ricana Octavia
Lorelei capitula. Effectivement, elle était d'une curiosité maladive et rien qu'avec ces mots, elle aurait tout lâché pour observer cette jeune fille.
Car toutes les deux se rendaient dans le centre-ville de Londres, dans un petit salon de thé Moldu. Elles allaient rencontrer nul autre que Ginny Prewett anciennement Weasley. Cette dernière avait pris contact avec Luna pour se sortir de sa situation. Intriguée par cette lettre et ne voulant pas jeter son fiancé et leurs amis dans un piège, elle avait préféré laisser la gestion de l'affaire à Octavia, dont elle connaissait la discrétion. Celle-ci ne tenant pas à se dévoiler – si on découvrait qu'elle était la gouvernante des Prince, qui sait ce qu'elle pouvait subir – et n'oubliant pas qu'elle restait âgée, elle avait décidé de convier quelqu'un qui saurait la protéger. Elle avait tout de suite voulu Lorelei car ayant pu l'observer lors des nombreuses visites de Vladimir et Anastasia Romanov, elle avait une approche de la vie beaucoup moins protocolaire que le Seigneur Vampirique.
Elles arrivèrent à l'adresse indiquée et pendant qu'Octavia admirait quelques vitrines, Lorelei vérifia les environs.
-Rien, souffla la Vampire. Nous pouvons entrer.
Toutes les deux s'exécutèrent et repérèrent rapidement une chevelure rousse caractéristique dans un coin de la salle. Sans un mot, Octavia se dirigea vers elle et lui tendit la lettre que Luna avait écrite à son intention. Lorelei la rejoignit et elles s'installèrent. Pour le rendez-vous, elles avaient toutes les deux changé de physique, au cas où ce serait un piège.
-Pourquoi elle n'est pas venue en personne ? grommela Ginny
-Luna est très occupée avec les préparatifs de son mariage, rétorqua sèchement Octavia. C'est déjà bien qu'elle vous accorde le bénéfice du doute, avec tout ce que les vôtres et vous avez fait subir à ses amis et elle, vous ne croyez pas ?
Ginny rougit violemment. Effectivement, sa sincérité était remise en cause avec le passif qu'elle se trimbalait.
-Pourriez-vous nous isoler s'il vous plait ? demanda Ginny, contrite
-Vous avez une baguette magique, jeune fille, fronça des sourcils Octavia. Pourquoi ne le faites-vous pas ?
-Je vous expliquerai après, promit Ginny.
Assez intriguée, Lorelei accéda à la demande, s'attirant un regard noir de la vielle Sorcière, auquel elle répondit par un sourire malicieux.
-Ma baguette possède toujours la Trace, soupira Ginny. Toute la magie que je fais est répertoriée.
-Quel âge avez-vous ? fit Octavia
-Vingt-et-un ans, madame, répondit Ginny.
-La trace aurait dû disparaître depuis quatre ans déjà, nota Octavia. Comme savez-vous qu'elle existe encore ?
-Parce qu'on l'a réinstallée sous mes yeux, affirma Ginny.
Lorelei fronça des sourcils avant de déposer une fiole sur la table.
-Nous ne pouvons pas nous fier d'emblée à ce qu'elle dit, rappela Lorelei dans sa tête.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda Octavia
-Veritaserum amélioré, fourni par Severus, sourit Lorelei. Efficace et ne laisse aucune trace.
-Sauf si elle est allergique à certains ingrédients, contra Octavia.
-Je m'en charge, fit Lorelei.
La tasse que Ginny avait dans les mains se brisa, coupant le bout de ses doigts. La rousse eut un petit cri de surprise et la serveuse, passant tout près, leur fournit des serviettes pour éponger le sang tandis qu'elle allait chercher de quoi nettoyer les dégâts. La Vampire en profita pour goûter le sang de la jeune fille.
-Alors ? pressa Octavia
Mais Lorelei ne répondit pas. A la place, elle darda son regard sur la rousse.
-Combien de temps avant qu'on ne s'aperçoive de votre absence ? demanda Lorelei
-Si je m'arrange bien, je peux quitter la maison pour quatre jours sans problème, réfléchit Ginny.
-Faisons comme cela alors, annonça Lorelei. Rendez-vous dans une heure ici-même. Autant vous prévenir tout de suite, si vous êtes une menace directe ou indirecte, vous perdrez la vie.
-Pour ce qu'elle est maintenant, je ne perdrai pas au change, ricana sombrement Ginny. Je serais là.
Elle se leva et quitta immédiatement le salon de thé.
-Pourquoi ? demanda Octavia
-Parce que son sang est saturé de potions de contrôle, avoua Lorelei. Je veux en savoir plus.
Les deux femmes payèrent leurs consommations avant de s'en aller à leur tour.
