Bas les masques

Neville pesta lourdement alors qu'il entrait dans le mythique bâtiment. Il salua sèchement les Sorciers qu'ils croisaient avant de s'arrêter devant la porte de la salle où il était convoqué. Et quand elle s'ouvrit, il prit place dans le siège qu'on lui avait indiqué. Sans attendre qu'on l'y invite, il prit la parole.

-Autant vous le dire tout de suite, je me fiche que ce soit une entorse au protocole, siffla Neville. Au cas où vous ne le sauriez pas, je suis à moins de six heures de mon mariage devant la Magie. J'espère que vous avez une bonne raison d'avoir insisté pour me voir !

Toute l'assemblée déglutit. Les mariages devant la Magie étaient parmi les plus puissants et les plus importants rituels de la culture Sorcière. S'y opposer, inconsciemment ou non, pouvait avoir des répercussions catastrophiques.

-Il y a quelques mois, trois de vos amis et vous-même avez été convoqué pour discuter de votre scolarité, déclara l'un des membres du CIS. Nous avons eu l'occasion de lire votre rapport et nous voudrions quelques éclaircissements.

-Pourquoi ne pas avoir demandé à ce qu'Harry vienne ? leva un sourcil Neville. Il me semblait pourtant clair qu'il a été le plus visé pendant nos études.

-Nous voulions un avis … neutre, avoua le Sorcier.

-Neutre ? releva Neville. Dites plutôt que vous n'aviez aucune confiance en une Née Moldue ou en des Sang Pur élevés par des adeptes de Voldemort, si vous devez en croire les dires de Dumbledore.

Le silence qui s'en suivit était éloquent. Neville se retint de lever les yeux au ciel. Qu'importe le pays, Harry et Hermione avaient visiblement raison, les Sorciers avaient peur du changement et étaient prêts à croire n'importe quoi du moment que leurs habitudes ne changeaient pas.

-Pourquoi pensez-vous qu'Albus Dumbledore avait des raisons de se méfier de vos amis ? fit une voix

-Hermione Granger est Née Moldue, expliqua Neville. De ce fait, elle n'a pas été élevée comme tous les Sorciers, elle a une culture totalement à l'opposé de la nôtre. Certaines notions lui sont évidentes alors que pour nous, non. Elle n'a jamais compris pourquoi les gouvernements Sorciers, surtout en Angleterre, ne suivaient pas attentivement la vie des Nés Moldus alors que près de la moitié d'entre eux se retrouvent rejetés par leurs familles. Elle comprend encore moins qu'on fasse tout pour que les enfants Nés Moldus entrent dans le monde Sorcier mais que rien ne soit fait pour les intégrer, que ce soit pendant leurs études ou même après. Elle s'est insurgée à voix haute de ces faits ce qui a remis en cause la suprématie de Dumbledore sur Hogwarts et donc son influence certaine sur les nouvelles générations. Elle est devenue un élément gênant pour qu'il garde la mainmise sur l'Angleterre Sorcière.

Neville invoqua un verre d'eau qu'il but calmement.

-Draco Malfoy est l'héritier de la famille Malfoy qui est, je vous rappelle, la quatrième fortune d'Europe, reprit Neville. C'est une famille dirigée et éduquée dans la plus pure tradition aristocratique. Les Malfoy ont toujours suivi les us et coutumes Sorcières sans se préoccuper des avis des autres, ce qui fait qu'ils sont toujours respectés quoi qu'ils fassent. Ils pratiquent les rituels anciens qui, je tiens à le souligner, quand ils ont été intégrés dans les traditions de la famille, n'étaient pas définis comme appartenant à la magie dite blanche ou dite noire. Dumbledore, de par son influence sur la société Sorcière anglaise, a fait classifier de plus en plus de ces compétences magiques en magie « noire » parce qu'elles n'avaient que la prétention de demander plus d'énergie que les sorts et enchantements basiques. Mes amis et moi en sommes venus à la conclusion que si Dumbledore a dénigré autant les familles Sang Pur adeptes des anciennes magies, c'est pour affaiblir le Sorcier lambda en l'empêchant de suivre la voie de ces familles qui resteront toujours assez puissantes pour s'opposer à son pouvoir. Un Malfoy ne s'inclinera jamais devant un Sorcier et c'est ce qui fait sûrement peur à Dumbledore, d'où sa campagne pour les faire plonger.

-Mais il parait le lord actuel est sous les ordres d'un autre Sorcier, ce Voldemort, railla un membre.

-Nous sommes en train de faire le procès de Lucius Malfoy ou d'Albus Dumbledore ? siffla Neville. Si vous vous renseignez correctement, vous saurez que Lucius Malfoy n'a en vérité que peu participé aux massacres ordonnés par Voldemort. Cela, tout le monde le sait en Angleterre. Par contre, je me poserai des questions sur Dumbledore, aux vues des rapports falsifiés.

-Il suffit, tonna le président de la séance. Continuez, monsieur Longbottom.

-Lord Longbottom, depuis mes seize ans, corrigea Neville.

-Nous ne sommes pas au courant, fronça des sourcils le président.

-Et vous vous basez sur les rapports de Dumbledore, rappela ironiquement Neville.

Le président se tut, honteux.

-Bien, fit Neville. Draco est dangereux pour Dumbledore parce qu'il symbolise ce qu'un Sorcier devrait être s'il n'avait pas mis la société Sorcière anglaise sous sa coupe. Quant à Harry Potter … C'est lui qui a révélé aux Potter que Voldemort voulait les tuer. Comment il en est arrivé à cette conclusion alors qu'il n'avait aucun contact dans le camp adverse est une question qui restera sans réponse, hélas. Il a cependant convaincu Lily Potter, Née Moldue, de se réfugier dans une petite maison qu'il allait protéger au lieu de se rendre au château Potter, dont les protections sont parmi les plus solides. A la mort de Lily et James Potter, Dumbledore ne s'est pas opposé à ce qu'on enferme sans procès le parrain d'Harry. Il a placé sans en référer à quiconque Harry dans une famille Moldue, même s'il s'agissait de celle de la sœur de Lily, alors que tout enfant Sang Pur doit être élevé dans le monde Sorcier. Nous avons découvert que le dossier concernant l'innocence de Sirius Black a longuement été bloqué par Dumbledore. Je ne révélerai pas les griefs personnels qu'il a contre notre ancien directeur et le nombre de fois où il a frôlé la mort par sa faute …

-Harry Potter est un gamin qui joue au grand, persifla un membre.

-Si vous dites ça, c'est parce que vous ne touchez plus les pots de vin que vous versait Dumbledore, railla Neville. Harry a découvert qu'il se servait de son argent pour le faire et a pris les mesures qui s'imposaient.

Les regards noirs plurent sur l'indélicat qui se fit petit.

-Si vous avez des rapports aussi incomplets dans le meilleur des cas voire complètements faux, c'est parce que Dumbledore savait que nous étions trop proches de le renverser, expliqua Neville. Depuis que nous sommes passés à Hogwarts, nous remettons en cause sa suprématie et les générations qui ont fait leurs études en même temps que nous ne regardent plus Dumbledore comme étant la réincarnation de Merlin. Nous avons appris à nos camarades à réfléchir par eux-mêmes et ça le dérangeait puisqu'il ne pouvait plus manipuler leurs esprits.

Neville fit apparaître un service de thé et s'en servit une tasse qu'il savoura longuement.

-Maintenant que les choses ont été mises au point, puis-je savoir pourquoi je suis ici ? fit Neville. Je vous rappelle que je dois aller me marier.

§§§§§

Severus haleta durement alors que Shin restait à terre.

Il avait réussi ! Il avait enfin réussi à battre son maître !

-Excellent ! sourit Shin alors que Barney l'aidait à se relever. Tu as fait des progrès spectaculaires, ce n'est pas trop tôt, tu sais.

Severus se retint de lui balancer quelque chose en pleine tronche.

-Severus ! gronda Barney quand le meuble ne fit que frôler Shin alors qu'il aurait dû se le prendre en pleine poire

En fait non …

-Pas pu m'en empêcher, grommela Severus.

Cela faisait plusieurs heures que Shin et Severus s'affrontaient. Le calice avait sorti toutes les armes à sa disposition et insulter sa famille, notamment Harry, n'était absolument pas passé. Le Sorcier s'était efforcé de garder son calme mais dès l'instant où sa vie n'était plus en danger immédiat, sa magie avait émis le souhait de se venger. Quitter à avoir un Vampire qui l'égorgerait dans la foulée.

-Allons nous rafraîchir avant de discuter, proposa Shin. Disons, dans une heure ?

Pour toute réponse, Severus leva un sourcil circonspect.

-Bon, d'accord, deux heures, pesta Shin.

Le sourcil resta en place.

-A ce soir, trancha Barney en emportant son compagnon dans leurs appartements.

Le Sorcier avisa l'heure. Il était à peine midi et il savait parfaitement que les combats de son calice émoustillaient particulièrement le Vampire. Donc aucune chance de les voir pendant au moins trois heures. Barney avait vu large puisqu'il lui avait donné rendez-vous quasiment au dîner.

Il se rendit dans ses propres appartements, laissant tomber un à un tous ses vêtements et se glissa sous la douche bienfaisante. La sueur et le sang ne faisaient pas bon ménage, sans oublier les courbatures et les blessures diverses. Ils s'étaient donnés corps et âme dans ce combat et c'était une fierté de vaincre un Mage Noir dans toute sa splendeur.

-J'avais raison, j'aurais bien fait de toi mon quatre heures …

Severus bondit sur ses pieds et lança un Avada dans la direction de la voix.

-Du calme, Severus, tempéra la voix.

-Barney ? s'étouffa Severus. Depuis quand tu viens m'espionner sous la douche ?

-Sors de là, je dois te parler, ordonna Barney.

Pestant contre les Vampires autoritaires, Severus sortit difficilement de la douche et entoura ses hanches d'une simple serviette, juste le temps de virer l'intrus.

-Ne me dis pas que tu n'as pas voulu prendre le temps de culbuter ton calice, cracha Severus.

-Ne sois pas vulgaire, leva les yeux au ciel Barney. Shin est en train de se reposer. Tiens.

Il lui tendit une fiole. Severus se figea.

-C'est ton sang, comprit Severus.

-Oui, confirma Barney.

-Pourquoi ? s'étonna Severus

-Tu as tissé un lien avec Shin, puisqu'il est ton maître, expliqua Barney. Ce lien est en train d'entrer en conflit avec le mien.

-Je n'en avais jamais entendu parler, fit Severus.

-Moi non plus, assura Barney. Mais c'est ce que je ressens. Je préfère m'en occuper maintenant avant que je ne te tue pour avoir tenté de voler mon calice.

Severus ne put s'empêcher de déglutir. Dès qu'on menaçait le lien Vampire Calice, il craignait pour sa vie. A juste raison d'ailleurs.

-Donc, cette fiole ? demanda Severus

-En buvant mon sang, tu vas être sous ma protection, déclara Barney. En plus de celle de Vladimir.

-J'avais oublié ça … grommela Severus. Ça ne te gênera pas ?

-Si je te le propose, fit Barney.

-Qu'est-ce que se passera ? demanda Severus

-Je saurais toujours où tu seras, comme pour Shin, sourit Barney. Je ressentirai tes émotions les plus fortes.

-Et dans le monde réel ? ironisa Severus

-Personne ne viendra t'embêter, assura Barney. Mon sang va booster tes défenses immunitaires et accélérer ta guérison en cas de blessures.

-Et pour moi ? demanda Severus

-Tu seras plus sensible à la présence de Vampire, fit Barney. Peut-être des sens plus aiguisés, je ne pourrais pas te le dire.

Severus plongea dans ses pensées mais en voulant prendre une position plus confortable, ses blessures se rappelèrent à lui.

-Je te laisse te soigner, nous en discuterons ce soir, décida Barney en se levant souplement et en déposant la fiole sur la table. Shin se réveille.

Severus fixa longuement la fiole. Pas qu'il ne refuse la protection d'un Vampire – il avait déjà celle d'un Seigneur Vampirique – mais il ne tenait pas à attirer l'attention sur lui. Ce qui le gênait en fait, c'était les réponses évasives de Barney. Que le lien entre un maître et son apprenti soit en conflit avec celui entre un Vampire et son calice était plus que surprenant. Même si ces liens avaient les mêmes bases, elles n'auraient jamais dû entrer en résonance au point de menacer un Vampire.

Soupirant lourdement, il décida de reporter ce choix à plus tard et repartit sous la douche.

§§§§§

Hermione était de mauvaise humeur. Anastasia lui avait littéralement interdit de mettre les pieds dans le domaine des Romanov car sa compagne savait qu'elle irait tuer Kenji sans aucun scrupule. Or, malgré le fait qu'il drague outrageusement le maître Spirituel en sachant pertinemment qu'elle n'était plus libre, Kenji restait un très bon maître de Métamorphoses que Vladimir ne comptait pas abandonner de sitôt.

Donc, à la place, elle se promenait dans les rues de d'Hambourg, en Allemagne. Ces dernières années, elle avait longuement visité le pays car ses recherches sur Dumbledore étaient inévitablement reliées à Gellert Grindelwald. Bien qu'il ait fait ses études en Angleterre, le Sorcier était d'origine germanique et l'exil de sa famille n'était dû qu'à de meilleures opportunités de vie. Comme il était en lien étroit avec Adolphe Hitler, Hermione s'était penchée sur les sites du Troisième Reich pour trouver des caches magiques. Ainsi, elle en avait trouvé certaines mais ce n'était pas suffisant.

Tout cela pour dire qu'elle avait été séduite par la région. Quand elle avait besoin de réfléchir ou même seulement flâner, elle venait ici pour se vider l'esprit.

Ses pas la menèrent inconsciemment vers le cimetière Sorcier. Dans le cadre de sa maîtrise de Sang, elle en était venue à côtoyer des Nécromanciens ainsi que de véritables Médiums, tous en contact avec les Morts. La brune avait apprécié le calme religieux qui régnait et dès que c'était possible, elle y faisait un tour. Elle avait été vraiment déçue de découvrir que ceux d'Angleterre avaient été scellés par les derniers maîtres Nécromanciens pour éviter que Voldemort ne s'empare des cadavres Sorciers. Un Inferi provenant d'un cadavre Moldu restait particulièrement embêtant à réduire à néant, seuls les maîtres Nécromanciens pouvaient se risquer à relever des Sorciers morts pour les contrôler totalement et les rendre à leur repos éternel. Mais Voldemort, dans sa grande arrogance, aurait sûrement tenté le coup et l'Angleterre Sorcière aurait été décimée puisqu'il aurait été incapable de les rendre à la Terre.

Dans ses cours concernant la société Sorcière, Hermione avait appris que les cimetières étaient protégés du vol, de la dégradation et du temps par d'antiques runes et rituels. Il y en avait un par pays et pour les plus grands, comme la Russie, il y en avait plusieurs à égale distance les uns des autres. Tout Sorcier avait une place dans le cimetière Sorcier de son pays d'origine. Hermione savait que les Longbottom, les Malfoy et les Potter avaient chacun un tombeau dans le cimetière Sorcier de Stonehenge, accessible uniquement par les membres de sang reconnus de la famille. Lily et James Potter avaient été enterrés dans le cimetière Moldu de Godric's Hollow sur la demande expresse de Dumbledore et quand ça s'était su, Augusta, Narcissa, Lucius, Severus et Sirius avaient failli le tuer. Ne pas rendre les honneurs à des Sorciers morts, qui plus est Sang Pur, était un crime et ils auraient été la proie de n'importe quel abruti qui voudrait s'essayer à l'art de la nécromancie sans supervision.

Après avoir passé deux heures à flâner parmi les tombes, Hermione quitta finalement le cimetière. La nuit était déjà assez avancée et les habitants fréquentaient déjà les bars et les restaurants. Consciente qu'il était temps pour elle de rentrer, elle se dirige vers le ministère de la magie allemand qui disposait d'un centre de cheminée international. Grâce à ses contacts, elle avait une autorisation permanente pour se rendre en Sibérie, sur le domaine des Romanov, où de là elle prenait une nouvelle cheminée pour rentrer en Angleterre.

Mais un frisson désagréable remonta son échine. En tant que maître, elle était plus sensible aux stimuli extérieurs. Et là, on lui voulait du mal.

Son pas ne changea pas d'un iota et elle continua son chemin, ne voulant pas montrer à ses traqueurs qu'elle les avait repérés. Elle se tâta pour sortir sa baguette mais à la place, elle prit un fin stylet et s'égratigna le doigt. Quitte à devoir se battre, autant qu'elle prévienne quelqu'un qu'il fallait la récupérer. Elle ne savait pas qui la poursuivait mais il était hors de question que son corps traîne on ne sait où … si elle ne devait pas être capturée, cela s'entendait.

Elle prit la direction d'une zone d'entrepôts qui étaient normalement vides la nuit et s'arrêta au milieu d'un terrain vague. Si elle devait se battre, autant qu'elle choisisse le terrain où elle aurait l'avantage.

-Bien, fit Hermione ne se retournant. Maintenant que nous sommes en tête à tête, si vous me disiez ce que vous me voulez ?

Pour toute réponse, elle dût esquiver un sort de mort qui le frôla. Un sourire machiavélique orna alors ses lèvres. Etre éduquée par des Vampires avait quelques avantages, dont celui d'avoir le goût du sang.

Et là, elle avait justement envie de se défouler.

§§§§§

Lorelei inspira un bon coup. Ce n'était pas possible ! Les Sorciers étaient-ils si inconscients ?

-Je sens ta magie depuis ma maison ! fit Nolan en la prenant dans ses bras

Sentant sa magie bouillonner sous sa peau, le Vampire ne s'embarrassa pas de scrupule et la mordit à la gorge. Sa compagne se calma quelque peu mais elle était toujours énervée.

-Tu te souviens de la famille que j'ai récupérée en Irlande et que j'ai envoyée en Australie ? soupira Lorelei

Lorelei mettait très souvent Nolan au courant de ses affaires. Etant l'intendant de Vladimir qui restait leur Seigneur à tous les deux, il ne lui viendrait pas à l'idée de cacher quoi que ce soit. Au moins, si elle venait à disparaître pour une plus ou moins longue période, il y aura toujours quelqu'un pour continuer ses affaires.

-Avec la fille mère ? se souvint Nolan

-Je n'ai pas tout dit, soupira Lorelei. La gamine a accouché d'un Vampire et elle en prend le même chemin.

-Qui oserait ? gronda Nolan

Les Vampire se gardaient bien de mordre les femmes enceintes. Ils tuaient automatiquement leurs victimes, même s'ils ne prenaient qu'une goutte.

-Ce n'est pas le pire, souffla Lorelei. Ils n'ont pas été mordus.

Nolan se figea.

-Comment ? fit Nolan

-Je l'ai découvert que très récemment, avoua Lorelei. L'esprit de cette gamine était protégé par magie. J'ai mis du temps à tout défaire. Des fois, je me dis que je n'aurais pas voulu savoir.

-Alors ? demanda Nolan

-Tu te souviens le Seigneur Vampirique qu'on ne trouvait pas en Grande Bretagne ? soupira Lorelei. Il est enfermé dans les geôles du Ministère dans le Département de Recherche. Les Sorciers font des expériences pour vous s'ils peuvent donner à de simples mortels les avantages des Êtres de la Nuit sans les inconvénients. Ça, je pense que c'est le moins pire.

Nolan ne savait pas s'il devait s'insurger ou prendre peur.

-Ton avis ? demanda Nolan

-Il va falloir qu'on sache si l'Angleterre est le seul à avoir eu une idée aussi tordue, soupira Lorelei. Ensuite, nous devons sortir ce Seigneur Vampirique de là.

-S'il a été enfermé depuis plus d'un siècle, tu sais qu'il lui sera difficile de reprendre son poste, fronça des sourcils Nolan.

-En l'état des choses en Angleterre, ce serait suicidaire de l'y forcer, rappela Lorelei. Il faut d'abord se débarrasser de ce pseudo Voldemort avant tout. Et démanteler ce Département de Recherches depuis l'intérieur du Ministère.

-Faisons ça, sourit Nolan.

§§§§§

La soirée des Vane était splendide.

Le Gang agrandi était arrivé sous les regards envieux de l'assistance. Draco était accompagné d'Astoria Greengrass, que les rumeurs disaient qu'il courtisait, Neville de sa femme Luna et Harry par Hermione. Cette dernière avait failli être en retard mais elle leur avait promis de leur expliquer pourquoi après la fête.

Alors qu'Astoria était partie saluer sa sœur, les cinq amis s'isolèrent.

-Beaucoup se demandent où se trouve ta tendre moitié, ricana Draco.

-Dans le meilleur des cas, en train de faire le pied de grue en pensant que je l'amènerais à cette soirée, haussa des épaules Harry. Au pire … elle ne devrait pas tarder à arriver.

-Elle oserait se pointer ici ? s'étouffa Neville

-Je la sais très amie avec Romilda Vane, de deux ans de moins que nous, dit Harry. Elle se fiche des conventions, du moment qu'elle est satisfaite. C'est elle qui m'a donné des chocolats fourrées au philtre d'amour.

-Tu es sûr de vouloir t'en débarrasser maintenant ? demanda Luna

-Elle m'exaspère, renifla Harry. Et il vaut mieux être seul que mal accompagné. Dumbledore est acculé et il n'y a qu'un pas pour que ses pions se mettent en marche. Ne lui donnons pas de possibilité.

Le Gang hocha de la tête. Le raisonnement du brun était logique, surtout qu'on ne savait pas où se trouvait le vieux Sorcier déchu.

-Bonsoir, fit une voix derrière eux.

Romilda Vane, qui organisait la soirée, venait d'arriver pour les saluer. Mais quand elle avisa la main d'Hermione sur le bras d'Harry, elle fronça des sourcils.

-Je ne vois pas Esther avec vous, nota Romilda. Elle est malade ?

-Non, répondit Harry. J'accompagne Hermione.

Romilda ne masqua pas sa surprise. Harry avait cessé d'accompagner Hermione ou de venir seul depuis qu'il était avec Esther Cole, qui était à son bras à chaque sortie. Mais là …

-Je vous souhaite une bonne soirée, sourit Romilda.

Et leur hôtesse s'en alla. Hermione ne put retenir un ricanement.

-Dix Galions qu'elle est allée prévenir la Cole que tu t'étais pointé sans elle, railla Hermione.

-J'espère surtout qu'elle va nous faire une crise pour que tu puisses t'en débarrasser définitivement, grogna Draco.

Hermione plissa légèrement les yeux. Elle connaissait les sentiments d'Harry pour le blond mais ne s'était jamais intéressé à l'inverse. Du moins, plus en profondeur. Draco s'était toujours montré d'une grande possessivité envers Harry dès que ce dernier s'ouvrait aux autres. C'est pour cela que la bande ne s'inquiétait pas quand le blond se montrait particulièrement impoli face aux nouveaux amis du brun. Il avait d'ailleurs été tout à fait odieux avec Esther Cole, et maintenant qu'elle y pensait, bien plus que ce qui lui était demandé. Cette jalousie ne cacherait-elle pas autre chose ?

-C'est le but, haussa des épaules Harry. Toujours d'accord pour être enceinte de moi ?

-Tu sais que ça paraîtrait étrange, nota Hermione.

-Pas si je l'amène comme je le pense, sourit Harry en l'embrassant sur la tempe.

Mais la légère crispation de la jeune femme le figea et il la tourna vers elle pour la regarder dans les yeux. Les yeux verts s'écarquillèrent quand ils virent au-delà des Glamours les bleus qui la recouvraient.

-Pas ici, murmura Hermione en le prenant dans ses bras.

-Dis-moi que tu l'as tué, gronda Harry.

-Ils sont hors d'état de nuire, répondit doucement Hermione.

Sentant la colère l'envahir, la brune l'enlaça plus étroitement.

-Pas d'esclandre ici, je t'en prie, souffla Hermione.

Harry eut du mal à se calmer mais y arriva après quelques minutes d'efforts.

-Viens, allons danser, proposa Luna en s'emparant de la main d'Harry.

Le brun se laissa traîner tandis que le reste de la bande restait dans un coin.

-Qu'a vu Harry ? demanda Draco à brûle-point

-Quelque chose dont je devais vous parler après la soirée, soupira Hermione. Ne posez pas de question pour le moment, nous devons nous occuper d'Esther.

Neville et Draco hochèrent de la tête. Ils pouvaient bien accorder à Hermione ce moment de répit, surtout si elle avait la situation bien en main.

Astoria revint vers eux et réclama une danse à son fiancé, ce qu'il accepta aussitôt. Un sourire joueur aux lèvres, Neville embarqua Hermione sur la piste de danse ce qui fit que tout le Gang se retrouva au même endroit. Ils échangèrent régulièrement de partenaires au plus grand amusement de tous ce qui donna des idées à d'autres.

-HARRY ! rugit une voix

Le susnommé se retourna et foudroya du regard la personne qu'il l'avait interpellé. Hermione, dans ses bras, lui serra doucement l'épaule pour l'inciter au calme.

-Que veux-tu, Esther ? gronda doucement Harry, cessant de danser

-Je t'ai attendu toute la soirée, cracha Esther.

-Je ne vois pas pourquoi, fit Harry.

-Nous devions aller ensemble à cette réception, siffla Esther.

-Et qui l'a décidé ? rétorqua Harry

Esther se figea.

-Mais … nous y allons toujours ensemble ! protesta Esther

-Visiblement non puisque je suis venu ici sans toi, fit Harry. Et souviens-toi que je te préviens à chaque fois que je dois me rendre à une réception et que je veux que tu viennes avec moi. Comme ce n'était pas le cas ce soir, je ne vois pas pourquoi tu m'aurais attendu.

Une gifle aurait eu le même effet. Soufflée, Esther recula d'un pas.

-Mais nous sommes un couple ! s'écria Esther

-Je n'ai jamais dit le contraire, assura Harry. Par contre, il me semble t'avoir dit que j'avais horreur des scènes en public.

Esther serra les dents. Harry se montrait particulièrement peu coopératif.

-Pourquoi tu y es allé avec elle ? grogna Esther en montrant du doigt Hermione

-Parce qu'elle avait une invitation et qu'elle m'a proposé de l'accompagner, ce que j'ai accepté, haussa des épaules Harry.

-Tu aurais dû y aller avec moi ! tapa du pied Esther

-En quel honneur ? lâcha froidement Harry. Aux dernières nouvelles, nous sommes très loin d'être mariés, et encore moins fiancés. Et si tu continues dans cette voie, le nous en question n'existera plus.

La Sorcière pâlit radicalement.

-Mais nous sommes ensemble depuis si longtemps ! protesta Esther

-Et je connais Hermione depuis mon entrée à Hogwarts, rétorqua Harry. J'ai beau te dire qu'il s'agit de ma meilleure amie, tu me fais encore et toujours des crises de jalousie totalement injustifiées, comme maintenant. Je ne peux même pas aller voir mes amis sans que je ne t'ai sur le dos ou que tu ne te plaignes que je te délaisse, alors que nous savons tous les deux que c'est toi qui traîne le plus souvent le soir je ne sais où.

Dans les faits, si Harry n'avait pas une soirée mondaine, Esther ne le retrouvait le soir qu'une fois par semaine. Le reste du temps, elle courrait les boîtes de nuit. Généralement, ils ne se retrouvaient que très tard le soir, quand la jeune femme se glissait enfin dans le lit de son amant, ou les après-midi, quand elle daignait se lever après ses nuits blanches.

-Je t'aime Harry ! s'exclama Esther

-Grand bien te fasse, fit Harry.

La plupart des Sang Pur savaient qu'Harry n'accordait que très peu de valeur aux déclarations d'amour publiques, la faute aux fans du Survivant. La foule qui les écoutait était en train de comprendre que malgré presque trois années de couple, Esther Cole ne connaissait toujours pas Harry Potter un minimum. Même ceux qui avaient fait leur scolarité en même temps que le Gang savait cela et également qu'Hermione serait toujours la première femme dans la vie d'Harry, donc qu'il était inutile d'être jalouse d'elle.

Sentant sa magie gronder sous sa peau, Harry plongea son visage dans le cou d'Hermione. Normalement, s'il voulait un résultat optimal, il l'aurait fait avec Draco mais personne n'aurait compris, encore plus maintenant qu'il était fiancé.

-Tu me trompes avec cette garce ! rugit Esther

-Et elle porterait mon enfant, tu n'aurais pas ton mot à dire ! siffla Harry. Je gère ma relation avec Hermione comme je veux !

Mais Esther s'était figée sous le choc.

-Elle est enceinte de toi ?! balbutia Esther. Pourquoi ?

-Hermione rassemble toutes les qualités voulues pour être la mère de mes enfants et surtout pour mettre au monde les héritiers Potter, louvoya Harry. Je serais fou de la laisser m'échapper.

Et pour bien montrer qu'il tenait à la jeune femme, il l'embrassa sur la tempe.

-Je suis ta petite-amie ! rugit Esther. Cela fait des mois que je te dis que je suis prête à avoir un enfant. Et tu préfères engrosser cette salope ?!

-Fais très attention à ce que tu dis, gronda Harry.

-Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi ? cracha Esther. Elle n'a que son cul pour elle, de toute façon ! Et elle ne saura pas être une bonne lady Potter, comme moi je le serais ! C'est ce qu'a toujours dit Albus et …

Une violente gifle la stoppa dans son laïus. Hébétée, Esther porta une main à son visage et ne put que lancer un regard perdu à Hermione qui avait levé la main sur elle.

-Tu n'es rien pour moi, je ne fais que ce qu'Harry rêvait de faire mais il a toujours eu pour principe de ne jamais lever la main sur une femme, siffla Hermione. Personnellement, Draco, Neville, Luna et moi savions que tu n'étais qu'une Sorcière intéressée par les coffres d'Harry et que Dumbledore te poussait dans ses bras. Il n'y a qu'Harry qui a voulu te donner une chance de l'aimer sincèrement. Dans ton discours si touchant, je te signale que tu n'as jamais mis en avant tes sentiments pour Harry. En fait, tu n'as jamais eu les bons arguments pour qu'il réfléchisse à l'éventualité de te faire un enfant. Et tu viens taper une crise parce que tu n'es pas au bras du Sorcier le plus convoité d'Angleterre ?

-SALOPE DE SANG DE BOURBE ! cracha Esther

Six baguettes furent alors pointées sur la jeune femme. Celles d'Hermione, de Luna, d'Astoria, de Neville, de Draco et d'Harry.

-Tu as fait l'erreur de trop, gronda Harry. Je pouvais laisser passer des faux pas, tes caprices ou des erreurs de jugement mais insulter Hermione, non. Tes affaires sont maintenant dehors, tu as intérêt de toutes les récupérer avant que je ne les mette au feu. Si tu poses une nouvelle fois les pieds sur n'importe lequel de mes domaines, tu vas regretter que les Aurors n'interviennent pas pour te sauver la mise. Nous deux, c'est définitivement terminé.

-Harry … fit Esther.

-Tu as également perdu le droit de m'appeler par mon prénom, Cole, cracha Harry. Si tu fais un seul pas de plus, je ne pourrais pas te garantir que tu sortiras d'ici sur tes deux jambes.

Esther croisa le regard de son ex compagnon et ce qu'elle découvrit la fit trembler de tous ses membres. Harry Potter était très sérieux. Il n'hésiterait pas une seule seconde à lui faire payer ce qu'elle venait de faire.

N'ayant plus que ses yeux pour pleurer ce qu'elle venait de perdre avec fracas, Esther Cole tourna des talons et bouscula la foule amassée pour fuir l'humiliation.

§§§§§

Draco laissa couler l'eau sur son corps endolori.

Plusieurs jours étaient passés depuis la soirée catastrophique chez les Vane et la rupture haute en couleur entre Harry et Esther. Pour parfaire le tout, Harry avait donné une interview exclusive au Chicaneur où il avait expliqué brièvement ce qui s'était vraiment passé pour que le couple si médiatisé en vienne à se séparer. Les retours n'avaient pas tardé et Esther se terrait désormais dans un coin le temps que la tempête ne passe.

Le blond mentirait s'il disait qu'il n'était pas soulagé de voir cette peste s'éloigner définitivement d'Harry. D'ailleurs, seul son grand sourire au Gang avait trahi son contentement. Mais très vite, les problèmes en cours reprirent le dessus.

Son mariage avec Astoria avait été rendu officiel la veille par un bal formel. Le blond avait dû sortir sa panoplie de plus beaux sourires hypocrites et les servir à toutes les sauces. Le mariage était prévu pour dans quatre mois et s'il s'y prenait bien, juste après l'héritier serait en route.

Il avait eu plusieurs conversations avec Astoria qui avait bien compris ce qu'on attendait d'elle. Elle savait également que dès qu'elle serait enceinte, elle quitterait l'Angleterre dans le plus grand secret et elle ne pourrait plus voir qui que ce soit jusqu'à ce que tout danger soit écarté. Ils avaient également mis à plat toutes les éventualités possibles et si Draco venait à mourir, Astoria devrait laisser Narcissa et Lucius intervenir et participer à l'éducation de l'enfant à venir.

La Sorcière avait été étonnée d'apprendre les liens profonds qui existaient entre les membres de la famille Malfoy. Comme tout le monde, elle les pensait extrêmement froids, n'arrivant pas à s'aimer correctement les uns les autres mais c'était une famille très unie que lui peignait son fiancé et qu'elle avait rencontré.

Le blond sortit de la douche, se sécha mais ne prit même pas la peine d'entourer ses hanches d'une serviette pour se planter dans son dressing. Il avait réglé les problèmes avec Astoria, qui avait accepté toutes ses conditions mais il en restait un de taille.

Harry.

Libéré d'Esther Cole, il allait devenir la cible de toutes les jeunes filles en chaleur que comptait le continent. Même si elles avaient eu une mise en garde symbolisée par les erreurs de l'ex d'Harry, elles feraient tout pour devenir la nouvelle compagne d'Harry Potter et qui sait, la nouvelle lady Potter.

Or, ce n'était pas ce que voulait Draco. Il y avait toujours eu un lien spécial entre Harry et lui et depuis que Severus avait récupéré le brun, ils ne s'étaient jamais séparés, agissant parfois comme des jumeaux.

Mais là … deux femmes allaient les séparer. Leurs futures épouses à tous les deux.

Depuis qu'ils avaient quitté Hogwarts, le blond savait qu'il ne pouvait pas vivre pleinement son amour pour Harry sans assurer la pérennité de leurs familles respectives. Pour le cacher de tous, il avait multiplié les conquêtes et avait fait semblant de ne pas voir la tristesse remplir le regard du brun à chaque fois qu'il était avec une nouvelle fille à son bras. C'était d'ailleurs par égard pour lui qu'il s'en tenait au strict minimum de contacts avec ces filles pour ne pas le blesser davantage.

Mais ses fiançailles avec Astoria avaient dû blesser Harry au plus profond de sa chair. Même lui était entré dans une déprime sans fin quand son père lui avait fait part de ses projets.

-Toujours aussi impudique … souffla une voix.

Draco laissa un sourire fleurir sur ses lèvres avant de choisir un pantalon et une chemise qu'il enfila immédiatement. Il ne prit même pas la peine de se coiffer et encore moins de mettre des chaussures. A la place, il prit place sur son immense lit en tailleur et invita son visiteur à en faire de même. Un sourire triste aux lèvres, Harry posa une main aérienne sur la joue du blond.

-Je savais que tu avais des Glamour, Dray, murmura Harry. Tu as perdu beaucoup trop de poids, tu sais. Qu'est-ce qui te préoccupe ?

-Je ne peux pas te le dire, souffla Draco.

Oh, qu'il avait envie de l'embrasser, là, tout de suite. Mais il ne fallait pas. Pas alors que tout se dressait entre eux.

-Pourquoi ? demanda Harry

-Ça pourrait te blesser, fit Draco en tournant la tête pour que la main glisse de son support.

-Rien venant de toi ne pourrait me blesser, sourit doucement Harry.

-Pourquoi tu es là ? demanda Draco pour changer de sujet

-Je sentais que tu allais mal, répondit Harry en ne se démontant même pas. J'avais raison d'ailleurs.

Draco se laissa tomber sur le dos.

-D'autres que toi m'auraient demandé pourquoi je ne suis pas avec ma fiancée, railla Draco.

Harry l'imita rapidement.

-Nous savons tous les deux que tu n'aimes pas assez Astoria pour envisager le mariage et faire un enfant avec elle, contra Harry. Mais si tu l'as choisi elle, c'est parce que c'est le moins pire des choix qui t'était permis.

Draco soupira. Effectivement, Astoria n'avait jamais été son premier choix pour fournir l'héritier Malfoy. Dans un monde parfait, il aurait d'abord demandé à Hermione, puis à Luna, à sa mère Narcissa, à Daphnée puis peut-être à Astoria. Malheureusement, Hermione donnait largement sa préférence aux femmes – elle lui avait d'ailleurs dit que si elle devait jeter son dévolu sur un membre de la famille Malfoy, elle serait d'abord entrée dans le lit de Narcissa, puis celui de Lucius et peut-être éventuellement dans le sien. Draco était resté ébahi pendant dix bonnes minutes, le temps pour la brune de prendre quelques photos souvenirs – et refusait de servir de mère porteuse pour ses amis alors que Voldemort et Dumbledore rôdaient toujours, Luna était entièrement à Neville, il était très peu pour l'inceste même s'il reconnaissait que sa mère était sublime et le premier né de Daphnée serait l'héritier de la famille Greengrass. Donc, Astoria était son choix le plus logique.

-J'aurais préféré que cet enfant naisse sans menace au-dessus de sa tête, soupira Draco.

Harry se redressa et le fixa droit dans les yeux.

-Draco, dit fermement Harry. Respecte-moi en ne tournant pas autour du pot. Je sais que ce n'est pas le prochain héritier Malfoy qui te met dans cet état. Ta magie est en train de me le hurler. Je veux savoir pourquoi elle m'appelle.

Draco se redressa, affolé.

-Quoi ? s'écria Draco. Mais … comment ?

-Je ne sais pas, haussa des épaules Harry en se recouchant. Mais c'est perturbant. C'est la première fois que je ressens un tel appel à l'aide de ta part …

Draco se plaça à quatre pattes, juste au-dessus d'Harry et le fixa droit dans les yeux.

-Un jour, je te le dirais, promit Draco. Mais pour le moment, il va falloir que tu me fasses confiance. Je ne veux pas te blesser et je veux que la paix revienne définitivement avant que tu ne l'apprennes. D'accord ?

-D'accord, souffla Harry.

Le blond était tenté de lui ravir ses lèvres mais à la place, il déposa un délicat baiser sur son front, à l'emplacement exact de sa cicatrice. C'était tout ce qu'il pouvait se permettre pour l'instant. La sérénité qui transparaissait sur les traits du brun lui confirma que c'était le bon choix.