Sauvetage et mise à mort

Gellert tourna en rond.

Albus était encore faible et pour gagner du temps, il avait envoyé des hommes de main récupérer Hermione Granger lors de son passage en Allemagne. Il ne se serait jamais douté que la jeune femme aurait pu s'échapper, ni même que ses hommes puissent à leur tour se volatiliser mais c'était le cas. Quand il avait compris que les premiers rapports qui auraient dû lui revenir étaient inexistants, il avait préféré se déplacer lui-même pour voir de quoi il en retournait. Il avait suivi la piste jusqu'aux entrepôts mais à part des traces de combat, et si minimes qu'il avait dû avoir le nez dessus pour le trouver, il n'y avait personne.

Gellert se rendait compte qu'Albus avait totalement sous-estimé cette Hermione Granger. Elle, comme ses amis qu'on avait surnommés le Gang de Bronze, semblait voir bien plus loin que le bout de leur nez, contrairement au reste des Sorciers anglais. Pour passer le temps, il s'était renseigné sur le devenir des différents membres et avait été choqué d'apprendre que plusieurs projets d'Albus avaient été efficacement contrés par des coalitions qu'ils avaient menés, notamment la création d'un orphelinat Sorcier en Angleterre. Ce projet était particulièrement important parce qu'en choisissant un enfant élevé dans les pires conditions, comme c'était le cas de Tom Riddle, ils pouvaient façonner les différents ennemis de la Lumière.

-Gellert … souffla une voix.

Le Sorcier se retourna vers le lit où un vieil homme était allongé.

-Tu vas mieux, Albus ? demanda Gellert

-Oui, répondit Albus d'une voix faible. J'ai un service à te demander.

-Je t'écoute, fit Gellert en prenant place.

-Il va falloir que tu ailles voir Roland, fit Albus.

Gellert grimaça. Il s'agissait de l'une des idées d'Albus avec laquelle il avait eu le plus de mal. Son amant était tombé sur le diadème de Rowena Ravenclaw presque par hasard et en le coiffant, il avait obtenu des informations sur les Horcruxes. C'était ainsi qu'il avait eu l'idée d'en créer pour vaincre la Mort et ainsi récolter toutes les informations qu'ils voulaient avoir sur la Magie. Pour couvrir leurs traces, Gellert avait d'abord accepté de s'allier à Adolphe Hitler pour saccager les pays qu'il conquérait et ainsi piller leurs bibliothèques magiques et / ou secrètes. Mais alors que le Führer tournait son regard vers l'Angleterre et cherchait un moyen de révoquer son alliance avec la Russie, les pays occupés, que ce soit la partie Moldue comme Sorcière, avaient décidé d'arrêter définitivement la progression du régime nazi. Gellert et Albus avaient compris après le Débarquement sur les côtes françaises que le temps d'Hitler était compté et avaient imaginé en catastrophe un plan pour qu'ils s'en sortent. La défaite de Gellert semblait inévitable et la mise en scène pour son emprisonnement dans la prison de Nurmengard une formalité.

Gellert avait entendu parler de l'enfant Sorcier sur lequel Albus était tombé dans les rues de Londres qui avait attiré son attention alors qu'il se promenait dans les ruines. Gellert avait adhéré à l'idée d'en faire le prochain Seigneur des Ténèbres d'Europe. Mais honnêtement, il avait été mal à l'aise de le laisser subir autant de sévices. Issu d'une famille Sorcière assez aisée, la maltraitance des enfances par des personnes avec lesquelles ils n'avaient aucun lien de parenté était très mal vue. Et même pour le plus grand bien, il avait eu du mal à regarder l'enfance du jeune Tom Riddle.

Gellert avait observé Albus guider consciencieusement le jeune homme vers ses origines, d'abord Sang Pur puis vers Salazar Slytherin. Il avait alimenté sa haine des Moldus en le renvoyant année après année dans son orphelinat, gratifiant généreusement les lieux de sorts de haine et de répulsion. Les meurtres des Riddle alors qu'il n'avait que seize ans avaient été le signal pour Albus que le jeune Tom était prêt pour entamer son ascension vers le titre de Seigneur des Ténèbres. Pour cela, Albus avait habilement distillé des idées d'immortalité qui allait de paire avec le pouvoir dans l'esprit du jeune Sorcier.

Et c'était là que Gellert n'avait pas été d'accord avec Albus.

Les Horcruxes avaient été laissés tombés depuis des siècles à cause des dépenses de magie demandées énormes pour des bénéfices moindres. Les rares notes qui en parlaient étaient au mieux lapidaires, au pire, complètement inutilisables. Albus avait eu l'idée de permettre à leur nouveau pion de pouvoir en créer et d'observer leur évolution, dans le but d'améliorer la technique pour qu'ils puissent eux-mêmes l'utiliser. L'expérience était loin d'avoir été un échec mais elle avait eu des conséquences inattendues.

D'abord, la création des Horcruxes en eux-mêmes avait fait comprendre à Albus et à Gellert qu'il ne fallait pas créer plusieurs Horcruxes, qu'importe la puissance d'un nombre magique tel que sept, choisi par Tom. Ils avaient observé l'instabilité qui s'était emparée du Sorcier, qu'elle soit magique ou psychologique, alimentant et accentuant ses plus sombres penchants. Ils avaient alors établi que s'ils devaient en créer, ils s'arrêteraient à trois, chiffre certes un peu moins puissant que sept mais beaucoup plus stable.

Ensuite, le choix des Horcruxes. Le goût du pouvoir instillé par Albus avait poussé Tom Riddle à choisir des réceptacles très symboliques. Son journal intime avait été son premier Horcruxe et il s'était servi de la mort de sa famille Moldue pour le créer. La bague des Gaunt, dernier héritage de son prestige parmi les cercles Sang Pur, n'était qu'une façon de montrer qu'il pourrait récupérer sa place au soleil, surtout en utilisant le meurtre de son oncle maternel Morfin. Le médaillon de Slytherin et la coupe d'Hufflepuff n'étaient qu'une volonté de montrer qu'il était supérieur aux Fondateurs. Ce n'était que quand Albus l'avait laissé mettre la main sur le diadème de Ravenclaw que Gellert avait pressenti le plan annexe de son amant. Quand Riddle avait disparu en s'attaquant à un enfant de quinze mois, Albus avait subi un interrogatoire serré de son amant à qui il avait dû tout avouer. La prophétie modifiée était passée comme une lettre à la poste. La récupération du diadème de Ravenclaw avait suscité quelques interrogations. Mais confier l'artefact enrobé de magie noire à un enfant de dix ans, non.

Ça avait été l'une des plus grandes disputes du couple. Gellert se refusait d'utiliser les enfants pour quelques raisons que ce soit. Vaguement les menacer, oui, mais toucher à leurs têtes, hors de question. Seulement, il s'agissait de l'une des méthodes préférées d'Albus. Il arguait, à raison malheureusement, que si on éduquait un enfant dans une direction donnée, on pouvait en faire ce qu'on voulait.

Tom Riddle en Seigneur des Ténèbres.

Harry Potter en brebis sacrificielle et Sauveur d'un monde Sorcier qui ne le méritait même pas.

Roland Prewett en hôte d'un Horcruxe.

L'idée originelle était de voir si un Horcruxe avait une influence sur son environnement. Mais au fur et à mesure que l'enfant grandissait, Albus avait noté qu'il prenait de plus en plus de caractéristiques de Voldemort. La mort de Tom Riddle étant intervenue bien trop tôt, Albus avait eu l'idée d'utiliser Roland pour le remplacer. Gellert avait découvert que la proximité de l'Horcruxe avait fait atteindre à Roland le même degré de folie que Tom Riddle.

-Pourquoi je dois y aller ? rechigna Gellert

-Je dois savoir ce qu'il a accompli en tant que Voldemort, souffla Albus.

-Que veux-tu dire ? fronça des sourcils Gellert

-Il faut que le Magenmagot soit encore être sur le qui-vive pour que je puisse les conseiller, haleta Albus.

Gellert ne prit même pas la peine de lui rappeler sa déchéance. Près de deux mois après la Bataille d'Hogwarts, Albus n'avait toujours pas assimilé qu'il n'était plus rien et qu'il était activement recherché. Mais il fallait dire qu'il n'avait pas récupéré sa santé depuis sa dernière attaque.

-Je vais voir ce que je peux faire, capitula Gellert.

-Merci, souffla Albus.

Gellert se leva pour l'embrasser tendrement avant de le laisser s'endormir sereinement, un sourire aux lèvres. Il avait devoir réfléchir à leur avenir à tous les deux.

§§§§§

Octavia avait fait appel à Augusta et à Narcissa pour leur soumettre le problème auquel elle faisait face. Les deux Sang Pur furent assez surprises de se retrouver dans une pièce qui donnait sur une salle d'opération tout à fait Moldue, dans laquelle officiait Lorelei. La personne qu'elle examinait les interpella.

-Oui, il s'agit de Ginny Prewett, annonça Octavia.

-Comment se fait-il qu'elle soit ici ? fronça des sourcils Augusta

-Elle a contacté Luna il y a quelques mois, révéla Octavia. Je suis allée la voir sous Glamour avec Lorelei. C'est elle qui a découvert qu'elle était littéralement droguée aux potions de contrôle. Enfin ça, c'était après qu'elle nous ait dit qu'elle avait toujours la Trace sur sa baguette alors qu'elle avait déjà vingt-et-un ans.

-C'est hautement irrégulier ! tonna Augusta. Même si je ne porte pas cette jeune fille dans mon cœur.

Narcissa approcha de la vitre.

-Est-ce que Lorelei nous entend ? demanda Narcissa

-Je vous entends, confirma Lorelei à travers le haut-parleur. Ne vous inquiétez pas, faites comme si j'étais à vos côtés.

-Pourriez-vous vérifier quelque chose je vous prie ? fit Narcissa. Sur sa peau au niveau de l'aisselle.

Intriguée, Lorelei obéit et dévoila une petite marque verte.

-Comment avez-vous su ? fit Lorelei

-Son teint est plus que blafard, répondit Narcissa. On pourrait croire qu'elle n'est pas sortie dehors depuis des lustres mais ce n'est pas ça.

-Que soupçonnez-vous ? demanda Augusta

-Un sort assez méconnu, avoua Narcissa. Plutôt utilisé dans les vieilles familles Sang Pur versées dans les anciennes magies. Je le connais parce que ma mère voulait l'utiliser pour faire rentrer Andromeda « dans le droit chemin ».

-Quels sont les effets ? demanda Octavia

-Il lui est formellement interdit de faire certaines choses et d'aller dans certains endroits, énuméra Narcissa. Et à la vue de sa pâleur, ce sont des choses qui doivent lui tenir à cœur.

-Sa pâleur ? releva Lorelei

-Le sort pioche directement dans sa magie, indiqua Narcissa. Plus il est puissant, plus elle semblera malade.

-Comment peut-on savoir ce qui lui est interdit ? demanda Augusta

-Je ne saurais le dire, avoua Narcissa. Mais je peux demander à Sirius de me laisser accéder à la maison de mon enfance pour chercher. Ça ne prendra pas longtemps.

-Je serais d'avis pour que ça se fasse au plus vite, fit Lorelei. Nous allons profiter du fait qu'elle doive retourner chez elle pour les recherches.

-Vous la libérez ? fronça des sourcils Augusta

-Elle est sous un sort de secret Vampirique, révéla Lorelei. Nous ne pouvions pas prendre de risques.

-En attendant, si vous nous expliquiez ? proposa Augusta en commandant un service de thé pour tout le monde

-Commençons par le début, fit Octavia en leur tendant la lettre que Luna avait reçu de Ginny.

Les deux Sorcières la lurent attentivement.

-Elle a l'air d'être à bout, constata Narcissa.

-Elle l'est, confirma Lorelei.

La Vampire avait pris le temps de ramener Ginny avant de rejoindre les trois Sorcières.

-J'ai eu le temps d'examiner son psyché en profondeur, continua Lorelei. Elle est dépressive et vraiment à deux doigts d'être suicidaire.

-Son état est si critique ? s'étonna Octavia

-Étonnant, alors qu'elle semble si forte ? fit Lorelei. Ses souvenirs ne me sont pas totalement accessibles mais du peu que je peux voir, sa vie n'est guère enviable.

-Vous avez pu voir quelque chose concernant son comportement pendant la scolarité des enfants ? demanda Augusta

-Non, secoua la tête Lorelei. Cela fait plusieurs semaines que je travaille sur elle, à hauteur de douze heures quatre fois par semaine. Et je n'arrive pas à en faire le tour.

-Pourquoi sommes-nous là ? demanda Narcissa

-Essentiellement pour parler du cas de cette jeune fille, répondit Octavia. Malgré tous les griefs que le Gang a contre elle, il semblerait que les apparences aient été trompeuses dans son cas. Nous devons savoir pourquoi.

-Je ne vois pas comment, lâcha Augusta.

-J'avais dans l'idée de la faire sortir définitivement de sa situation, proposa Octavia.

-C'est une idée, concéda Narcissa. Mais avant toute chose, il faudrait que nous sachions si elle en vaut réellement la peine.

-Du peu que j'en ai vu, c'est soit nous la sortons de là, soit elle met un terme radical à sa vie, commenta Lorelei.

-Vous êtes sûres que ça ne peut pas être une manipulation de sa mère voire de Dumbledore ? s'inquiéta Narcissa

-J'ai des doutes, avoua Lorelei. Ce sera quitte ou double. Et aux vues de tout ce que j'ai trouvé sur elle, si elle se révèle être complètement contre sa mère, son frère et Dumbledore, elle sera une mine d'informations.

-Elle ne pourra pas être réintégrée dans la famille Weasley, prévint Augusta.

-Je ne crois pas que ce serait une bonne idée même si c'était possible, argua Narcissa. Son passif est bien trop lourd pour que les enfants puissent envisager de la côtoyer sereinement.

-Si je vous ai fait venir, c'est parce que je ne connaissais pas toutes les possibilités qui s'offraient à moi pour la sauver, fit Octavia.

-Combien de temps pour lever toutes les contraintes sur elle ? demanda Augusta

-Si elle doit retourner chez elle, je n'en ai aucune idée, haussa des épaules Lorelei. Mais si je peux l'avoir définitivement à demeure, ce ne serait qu'une question d'heures, surtout si j'ai Anastasia avec moi.

-Vous ne croyez pas qu'elle dira à Hermione ce que nous sommes en train de faire ? s'inquiéta Narcissa

-Anastasia sait faire la part entre les secrets des Romanov et ce que le Gang et sa famille doivent savoir, assura Lorelei. La question s'est posée quand Hermione a dû faire son deuil en Sibérie. De toute façon, Vladimir a exigé un serment pour qu'il n'y ait aucune fuite. N'oubliez pas qu'Anastasia a quand même douze ans de plus qu'Hermione.

Augusta, Narcissa et Octavia eurent un sourire d'excuse. Puisqu'elle était en couple avec un membre du Gang, elles la classaient automatiquement avec les « enfants », alors qu'elle était plus âgée.

-Alors ? fit Octavia. Que décidons-nous ?

Augusta vit que les trois autres femmes attendaient sa réponse, en tant qu'aînée.

-Je pense qu'il serait temps d'organiser la disparition de Ginny Prewett, annonça Augusta.

§§§§§

-Milord, s'inclina la nourrice.

-Bonjour, Sarah, salua Harry. Comment allez-vous ?

-Bien, merci de vous en enquérir, sourit Sarah. Et vous-même ?

-Bien mieux depuis quelques temps, sourit Harry en étant honnête. Comment va la petite pitchoun ?

-Elle est assez déçue de ne pas vous voir plus souvent, avoua Sarah. Mais elle comprend qu'il y ait des affaires qui vous tiennent loin d'elle.

Les deux adultes se rendirent dans la cuisine où elle prépara du thé.

-J'aimerai vous signaler quelque chose avant que nous allions la chercher à l'école, fit Sarah.

-Je vous écoute, fit Harry en acceptant la tasse de thé offerte.

-Lindsay sait qu'elle n'a pas de parents, déclara Sarah. Mais à quatre ans, les enfants peuvent se montrer cruels. Il y a un certain temps, j'ai dû l'empêcher de m'appeler « maman » devant ses camarades de classe. Mais depuis deux semaines, vous faites office de père. Je l'ai surprise à montrer aux autres une photo de vous et elle vous présentait comme son père.

Harry soupira. Il savait que la situation allait se présenter tôt ou tard. Après avoir été mis au courant du testament de la mère de Lindsay, qui avait été violée par Dudley Dursley, Harry avait mandaté les Gobelins pour qu'ils trouvent une solution pour que la petite fille ne puisse pas prétendre à l'héritage des Potter et des Black s'il reprenait sa tutelle. Ils avaient ressorti des archives l'ancienne pratique de patronage, qui faisait que la personne patronnée ferait partie du clan et mis sous sa tutelle sans qu'elle n'en fasse partie par le sang. C'était la solution idéale et cela permettait également que Lindsay ne soit pas immédiatement introduite dans le monde Sorcier qui d'ailleurs, n'était pas au courant de son existence. Le brun avait engagé une nourrice Née Moldue, Sarah Wallace, pour s'occuper de l'enfant qu'il savait magique, et les avait installées dans une petite maison aux alentours de Liverpool. Il avait été tenté de les expatrier mais il savait que ses allées et venues étaient attentivement surveillées et que des voyages internationaux réguliers allaient attirer l'attention.

-Ça me pendait au nez, n'est-ce pas ? soupira Harry

-Vous êtes la seule présence masculine de sa vie, justifia Sarah. Effectivement, comme vous le dites, ça vous pendait au nez.

-Que puis-je faire ? demanda Harry

L'une des raisons pour laquelle il avait engagé Sarah était qu'elle était l'une des seules Sorcières d'Angleterre à posséder les diplômes Moldus comme Sorciers liés à la petite enfance. Elle s'était exilée aux Etats-Unis magiques une fois ses ASPIC passés et comme le cursus existait dans les deux mondes, elle en avait profité pour les passer avec succès. Elle n'avait accepté de venir en Europe uniquement avec la condition de ne pas avoir à mettre les pieds dans le monde Sorcier anglais, qui avait une réputation déplorable, et de disposer d'une cheminée avec une connexion internationale pour s'en aller avec la petite au moindre danger.

-D'abord lui expliquer votre lien de parenté, sourit doucement Sarah.

Malgré son ressentiment envers les Dursley, nom auquel il refusait d'être relié, Harry avait fini par tomber sous le charme de la petite fille. Pour autant, il ne lui avait jamais dit qu'il était le cousin de son père. Il tremblait rien qu'à l'idée de lui annoncer qu'elle était le fruit d'un viol.

-Est-ce qu'elle va bien le prendre ? Je veux dire, que je ne veuille pas qu'elle m'appelle papa ? hésita Harry

Sarah reconnaissait que malgré la maturité dont il faisait généralement preuve, son employeur restait encore jeune. Et surtout, il ne tenait pas à reproduire les mêmes schémas que Vernon Dursley, qui restait la première figure parentale qu'il connaissait. Le brun, après un serment de secret, lui avait résumé ses huit premières années aux côtés du père de Lindsay et les conséquences que ça avait encore sur lui. Rien que d'y penser, Sarah tremblait encore de rage que des adultes aient pu se montrer aussi cruels avec un enfant simplement parce qu'il n'était pas issu de leurs entrailles.

-Elle va se sentir rejetée, déclara Sarah. Mais vous pouvez lui permettre de vous appeler « oncle » ?

Harry avait tenu que la petite fille l'appelle « Ry » quand elle s'était installée avec Sarah. Mais là, la situation avait évolué.

-Tonton Harry ? hésita Harry

-Elle est trop petite pour comprendre votre lien de parenté éloigné, s'engouffra Sarah. Voilà ce que je vous propose. Vous pouvez vous proposer comme oncle et ça passera mieux si vous soulignez que ses deux parents sont morts …

Le brun n'avait jamais dit un seul mot sur les parents de Lindsay. Oui, ça pouvait marcher.

-On va faire comme cela, capitula Harry. Je vais en profiter pour rester ici une semaine ou deux.

Le visage de Sarah s'éclaira. Harry avait beau venir quasiment tous les soirs pour Lindsay, il ne restait jamais assez longtemps aux goûts de Sarah. Au tout début, cette dernière s'était laissée aller à imaginer plus entre son employeur et elle mais très vite, à travers les questions qu'il posait pour mieux appréhender l'éducation de Lindsay, elle avait découvert l'enfant écorché vif caché sous l'homme. Elle avait fini par le voir comme un petit frère qu'elle chouchoutait et leur relation leur convenait parfaitement.

-Qui dois-je remercier pour cela ? rit Sarah

-Esther, répondit Harry. Je viens de rompre avec elle.

Sarah ne cacha pas sa joie. Elle était abonnée aux journaux Sorciers et pour toute personne qui voyait plus loin que son nez, il était clair que la Sorcière était vénale et arriviste, entre autres qualificatifs déplaisants, sans oublier ce que le propre père d'Harry, Severus, qu'elle rencontrait régulièrement, disait d'elle.

-Bien, se redressa Harry. J'aurais une discussion avec cette jeune demoiselle. Par contre j'aurais un service à vous demander.

-Je vous écoute, fit Sarah.

-Est-ce que vous pourrez envisager l'idée de déménager hors du pays et de prendre en charge un autre enfant ? demanda Harry

-Harry … s'inquiéta Sarah.

-Je ne tiens pas à ce que vous soyez blessées toutes les deux, se justifia Harry. Pensez-y juste, je ne suis pas pressé. On y va ?

Ce fut songeuse qu'elle suivit Harry pour aller chercher Lindsay.

§§§§§

Draco s'efforça de garder son calme. A ses côtés, Astoria tremblait de tous ses membres.

-Draco ? balbutia Astoria

-Tu vas t'installer chez mes parents, annonça Draco. Je vais voir avec Daphnée si elle n'a pas un endroit sécurisé dans lequel elle pourrait trouver refuge.

Le couple venait d'échapper à une explosion qui avait enflammé un coin du quartier Sorcier de Londres. Tous les deux venaient à peine de sortir de chez un commerçant quand tout avait explosé.

-Viens, rentrons, fit Draco. Je préviens juste les Aurors avant.

Le blond se dépêcha avant de d'emprunter une cheminée non abîmée et de quitter la capitale. Ils se rendirent directement au manoir Malfoy où une Narcissa inquiète les attendait, prévenue par la magie familiale que son fils avait été en danger de mort. Le Médicomage les attendait déjà et s'empressa de les examiner avant de les laisser se reposer. Draco borda sa fiancée avant de rejoindre sa mère.

-Que s'est-il passé ? demanda Narcissa à brûle-point

-Je n'en sais pas plus que toi, soupira Draco. Tu vas me trouver paranoïaque mais je pense que nous étions visés.

-Il me semblait que puisque Dumbledore avait disparu de la circulation, il n'y avait plus rien, s'étonna Narcissa.

-Je ne sais pas, fit Draco. Mais ce n'est pas le seul ennemi que nous ayons. Dire que nous devons attendre cinq mois encore …

Narcissa comprenait. Cinq mois, c'était le temps que le mariage soit célébré et qu'Astoria puisse attendre son enfant. Et pendant tout ce temps, elle devrait être visible et devenir la cible de tous les ennemis des Malfoy et du Gang.

-Où sont les autres ? demanda Draco

-Hermione se trouve avec Anastasia, Neville est en train de vérifier toutes les protections des possessions Longbottom et Harry harcèle le Bureau des Aurors pour que l'enquête avance.

-Harry ? Au Bureau des Aurors ? sursauta Draco

-Il était inquiet, justifia Narcissa.

Draco laissa un sourire tendre. Harry …

-Draco ? appela Narcissa

-Oui, maman ? se reprit Draco

-Le Patronus d'Harry t'attend, sourit Narcissa.

-Le … sursauta Draco.

Un petit colibri argenté patientait tranquillement sur le bord de la fenêtre. Draco s'approcha et le Patronus atterrit sur son doigt.

-Dray, j'espère qu'Astoria et toi allez bien après l'explosion, fit la voix d'Harry. Je me suis promené au Bureau des Aurors, l'attaque a été revendiquée par Riddle. Mais il y a quelque chose de bizarre. Je vais aller voir Lucius et papa. J'ai quelques questions à leur poser. Repose-toi bien !

L'animal disparut dans une petite explosion.

-Cela ne me dit rien qui vaille, fronça des sourcils Narcissa. Severus et Lucius aussi avaient des soupçons sur Riddle. Ses habitudes ne peuvent pas changer du tout au tout du jour au lendemain.

-C'est vrai, fit Draco.

Les deux blonds s'enfoncèrent dans leurs sièges respectifs et continuèrent leur conversation.

§§§§§

Harry avait pris place en plein milieu du salon de thé mais mis à part le serveur, personne n'osait l'approcher. La jeune fille qui avait voulu s'imposer et oser clamer qu'elle serait parfaite pour être sa nouvelle compagne s'était retrouvé avec un nombre impressionnant de pustules sur le visage.

-Je vois que tu es en forme, ricana une voix. C'était quoi cette fois ?

-Des pustules, répondit Harry. Elle se prétendait parfaite pour être ma nouvelle compagne.

-J'imagine que pour elle, ton consentement était accessoire, sourit Seth en prenant place.

Severus Snape et Seth Prince ne s'étaient jamais conciliés dans la vie publique. Pour beaucoup, Severus Snape était encore maître de Potions, Death Eater notoire et espion pour l'Ordre du Phénix, et Seth Prince était à la tête de la famille Prince ainsi que le gardien d'Harry Potter. Pour éloigner les deux personnages, Harry et Seth prenaient soin de se montrer souvent ensemble. Parfois, Harry arrivait même à convier Sirius à se joindre à eux.

Seth installa une Bulle d'Intimité autour d'eux avant de prendre la parole.

-Les attaques de Tom semblent de plus en plus incohérentes, annonça Seth.

-Est-ce que ça change de d'habitude ? fit Harry

-Non, c'est pire de d'habitude, souligna Seth. Il attaque des lieux qui n'ont pas de grande importance pour les Sorciers ou au contraire, multiplie celles contre les lieux Moldus où les enfants se regroupent.

-Des écoles ? s'étonna Harry

-Il fait de plus en plus prisonnier des enfants, révéla Seth. Et cela commence à inquiéter certains Death Eaters. Sans oublier qu'il louche sur leurs enfants.

Harry hocha la tête. C'était un point qui inquiétait les parents Death Eaters depuis quelques années.

-Tu maintiens que ce ne peut pas être la même personne ? fit Harry

-Nous savons tous les deux qu'il est mort dans le cimetière, déclara Seth. Nous avons également détruits tous les Horcruxes …

-Et si ce n'était pas le cas ? fit Harry

Seth se figea.

-Un autre Horcruxe ? souffla Seth

-Nous avons toujours établi que ceux que nous avons récupérés étaient les seuls qui existaient, déclara Harry. Leur nombre était bien trop élevé pour garantir son intégrité psychique après qu'il y ait retrouvé un corps. Qu'est-ce qui nous dit qu'il n'en restait pas un autre ?

-Ce n'est pas faux, fit doucement Seth. Mais Elias …

-Ce n'est pas exactement son problème, contra Harry. Mais je lui en parlerais.

-J'aurais besoin de filer quelqu'un, fit Seth après un silence.

-Je t'écoute, fit Harry.

-Une preuve de plus qu'il se pourrait qu'il ne soit pas vraiment Tom est que j'ai pu lui lancer un sort de Traçage, révéla Seth. Quand il n'est pas dans son QG, il se rend régulièrement dans une petite maison. Elle a de lourdes protections mais je ne sais pas si elle en a une contre les porteurs de la Marque des Ténèbres. Il ne la porte pas, après tout.

-Je vais y aller, proposa Harry.

-Je t'enverrai l'adresse plus tard, fit Seth. Merci Harry, mais je veux que tu sois prudent.

-Je suis toujours prudent ! rit Harry. Ce sont les ennuis qui me trouvent.

-Justement, maugréa Seth.

-Excusez-moi ?

Les deux Sorciers se tournèrent vers la personne qui les avait interrompus. Ce n'était clairement pas leur serveuse.

-Vous êtes ? renifla Seth

-Je suis lady Alice Longbottom, siffla la femme qui se tenait devant eux.

-Aux dernières nouvelles, lady Longbottom a bien deux générations de plus que vous, commenta Harry. Et vous ne ressemblez pas du tout à la prochaine Longbottom. Pourtant, c'est une amie proche.

Alice Collins serra les dents mais se força à respirer profondément pour garder son calme. A la place, elle invoqua une chaise et s'assit.

-Mais je vous en prie, prenez place, ironisa Seth. Nous vous écoutons.

-J'ai appris que vous étiez proches de mon fils, enfin surtout vous, Harry, commença Alice.

-Lord Potter, corrigea aimablement Harry.

-Je vous demande pardon ? cligna des yeux Alice

-Pour vous, c'est lord Potter, corrigea Harry. Seuls ma famille et mes amis peuvent m'appeler par mon prénom. Vous n'en faites définitivement pas partie, d'autant plus que Neville n'a pas de mère.

-Je suis sa mère ! tonna Alice

-Vous avez cessé de l'être quand vous n'avez pas cherché à le revoir quand sa grand-mère a estimé que vous ne remplissiez pas votre rôle, intervint Seth. Et il a cessé de vous considérer comme tel quand il vous a renié de la famille Longbottom à l'âge de quinze ans.

Alice le fusilla du regard.

-Contrairement à vous, je suis un ami proche d'Harry et de Neville, sourit vicieusement Seth. Je sais donc pourquoi Neville se considère comme orphelin de mère depuis qu'il a sept ans.

-Puis-je savoir ce que vous voulez ? interrompit Harry, sachant que Seth, ayant le plus profond mépris pour l'ancienne mère de Neville, allait se montrer particulièrement mesquin si on lui en laissait la possibilité

-Pourquoi est-ce qu'il a choisi la Lovegood ? lâcha Alice

-A part parce qu'il l'aime ? ricana Seth. Elle reste une Sang Pur assez versée dans nos coutumes pour ne pas nous faire honte. Après, le reste est entre la matriarche et Neville. Je vous conseille d'aller les voir pour avoir des réponses.

Alice frissonna violemment. Augusta Longbottom avait toujours été une personne qui la terrorisait, même quand elle était encore mariée à Franck. Elle avait pu également observer Neville depuis qu'il avait repris son titre et il ne déméritait pas sa place chez les Aigles.

-Qu'attendez-vous de moi ? recentra Harry

-N'avez-vous pas des connaissances qui pourraient mieux convenir à mon Neville ? demanda Alice

-Cela dépend, fit Harry précautionneusement. Que voulez-vous pour lui ?

-Une jeune fille jolie à regarder, énonça Alice. Qui veut améliorer le prestige des Longbottom en allant au-devant des possibles partenaires de la famille et en apparaissant là où il faut pour qu'on n'oublie pas le nom de cette famille …

-Ta copie conforme, en résumé, intervint une voix.

Neville arriva et s'installa entre Harry et Seth après un bref signe de tête. Alice fut surprise.

-Contrairement à toi, nous avions rendez-vous, railla Neville. Je suis curieux. Que reproches-tu à ma femme ?

-Elle ne pourra jamais être une parfaite lady Longbottom ! s'exclama Alice

-Et comment devrait être une lady ? demanda Neville

-Mais … fit Alice. Elle ne sait même pas danser !

Les trois hommes sourirent. C'était un jeu pour Luna de se tromper automatiquement quand elle devait exécuter une danse de salon. Mais pour faire plaisir à Neville, lors de leur mariage, elle n'avait fait aucun faux pas.

-En vérité, intervint Seth, Luna a tous les prérequis Sang Pur. C'est son choix de ne pas les montrer.

-Elle n'est pas jolie, envoya Alice.

-Je ne m'attache pas à la beauté extérieure, pointa Neville. Sinon, je ne me serais jamais approché de ma meilleure amie Hermione.

Alice grimaça. Hermione Granger était également l'un des points de discorde entre Neville et elle. Née Moldue vivant dans le monde Moldu, Alice la considérait comme un poids mort pour Neville, de par ses origines.

-Une petite garce qui doit vivre à tes crochets, grommela Alice.

-Hermione gagne sa vie toute seule dans le monde Moldu, rétorqua froidement Harry. Ce n'est pas parce qu'elle refuse d'être sous le regard pervers des Sorciers qu'elle ne fait rien de sa vie. Elle fait quelque chose de ses dix doigts contrairement à vous qui avez abandonné vos études dès que Franck vous a témoigné plus d'intérêt.

-Je ne vous permets pas ! fulmina Alice

-Nous si puisque vous vous êtes permise de vous imposer à nous, grinça Harry.

-Que cherches-tu vraiment, Alice ? asséna Neville. Que je rompe avec Luna ? Aucune chance, je me suis uni à elle devant la Magie. Que je prenne des cours avec Dumbledore au nom d'une prophétie que personne ne connait ? Malheureusement pour toi, il n'est pas en odeur de sainteté depuis qu'il a disparu en laissant l'école livrée à elle-même pendant qu'elle se faisait attaquer. Que je te réintègre à la famille ? Pour cela, il faudrait que tu apportes la preuve que tu seras fidèle aux Longbottom et non à un Sorcier qui te manipule comme une marionnette depuis des années. Est-ce que tu te rends compte que tu as perdu ta famille, tes amis, ta réputation et ton argent pour quelqu'un qui ne te considère pas mieux qu'un chien ? Tu es la risée des Sang Pur uniquement parce que tu as préféré écouter Dumbledore qui te conseillait d'attendre que grand-mère se rende compte que j'avais besoin d'une mère au lieu de te battre pour faire partie de ma vie.

-Je vous demanderai de partir avant que nous fassions appel aux Aurors, prévint Seth qui voyait bien que Neville était très agacé par son ancienne mère.

-Mais … protesta Alice.

-Maintenant ! claqua Seth

Alice sursauta et comprenant qu'elle n'avait pas le choix, vida rapidement les lieux. A pas de loup, la serveuse vint leur demander s'ils avaient besoin de quelque chose et l'aîné commanda leur thé le plus fort. Agrémenté de Potion Calmante, les deux plus jeunes furent plus sereins un quart d'heure plus tard.

-Je ne pensais pas qu'elle tenterait sa chance avec vous, avoua Neville.

-Elle est désespérée, rappela Seth. Son mentor a disparu, elle n'a plus rien, elle se raccroche à ce qu'elle peut.

-C'est dommage pour elle, souffla Harry.

-Ne me dis pas que tu as pitié d'elle, grogna Neville.

-Pas vraiment, fit Harry. Mais je crois qu'elle se rend compte qu'elle est maintenant toute seule.

Les deux autres en convinrent.

-Parlons d'autre chose, trancha Seth.

Et la conversation reprit.

§§§§§

Augusta était conduite dans l'immense demeure de Vladimir par Anastasia qui gardait, une fois n'est pas coutume, bouche close. Comprenant que cela revêtait une grande importance, la matriarche cessa ses questions et préféra prendre des nouvelles de la jeune femme qui faisait partie de leur grande famille. Cette dernière, plus détendue, accepta de lui répondre et ce fut en discutant joyeusement qu'elles entrèrent dans le salon où Vladimir et Sirius les attendaient.

-Je ne pensais pas te trouver ici, s'étonna Augusta.

-Disons qu'il vaudrait mieux que je sois présent, grimaça Sirius.

-Installez-vous, pria Vladimir.

Quand tout le monde prit place – Anastasia s'était retirée et Nolan s'était assis dans un coin de la pièce – le Vampire prit la parole.

-Il y a quelques temps, j'ai appris que certains Death Eaters s'étaient aventurés dans la région, commença Vladimir. Je vous passe les détails mais Nolan est finalement parvenu à les capturer. Depuis, ils sont sous bonne garde et nous avons fait de notre mieux pour les interroger sur leurs activités sous les ordres de Riddle.

-Pourquoi ne pas avoir prévenu les autres ? s'étonna Augusta

-Cela fera l'objet d'une autre réunion, assura Vladimir. A la base, j'avais fait venir Sirius mais il m'a demandé de prendre votre avis. L'une des personnes que nous avons capturées est Bellatrix Lestranges.

Augusta écarquilla les yeux. La Sorcière était portée disparue depuis de nombreuses semaines et personne ne se serait douté qu'elle était bien au chaud auprès de Vladimir !

-Qu'est-ce que je viens faire ici ? demanda Augusta

Vladimir voulut ouvrir la bouche mais Sirius le pria silencieusement de n'en rien faire et il prit la parole.

-Au nom des Black, je suis obligé de lui faire payer le fait qu'elle ait traîné dans la boue notre nom, expliqua Sirius. Mais elle a également torturé votre fils et il est dans votre droit de réclamer vengeance. Dans tous les cas, je compte la soumettre au Jugement des Black.

-C'est une sentence extrême, constata Augusta.

-A actions extrêmes, réaction extrême, sourit machiavéliquement Sirius. Nous avons pu prouver que ce que préconise Riddle n'est rien de plus que de la poudre aux yeux. Je veux qu'on cesse d'associer les Black à ce baratineur. Mais je veux aussi que Franck soit vengé. A cause de Bellatrix, il n'a pas pu voir grandir son fils, le clan Longbottom s'est vu privé de son héritier. Vous pouvez demander réparation et je vous demande ce que vous voulez faire d'elle.

Augusta se perdit dans ses pensées pendant de longues minutes avant de répondre.

-Quoi qu'il en soit, elle a déjà été condamnée par la justice pour ses actes envers Franck, déclara Augusta. Elle devra être jugée pour ses actes de ces dernières années. Le Jugement de famille me semble un bon compromis.

Elle ne disait pas ça pour rien. Si le Jugement la déclarait coupable, Bellatrix serait privée définitivement de sa magie et devra vivre sans jusqu'à l'âge où elle aurait dû mourir. C'était d'une cruauté sans nom.

-Il en sera fait selon votre volonté, s'inclina Sirius. Je vous avoue que c'était ce que je comptais faire.

-Qu'avez-vous pu tirer d'elle ? demanda Augusta

-Nous avons encore quelques recherches à faire avant de vous en parler, s'excusa Vladimir. Mais je pense que d'ici quelques jours, nous réunirons tout le monde pour en parler.

-Cela me semble un bon compromis, concéda Augusta.

-Si vous me le permettez, je vais vous laisser, fit Sirius. Un rendez-vous à honorer.

Le Sorcier salua tout le monde avant de s'en aller. Vladimir entreprit d'escorter Augusta.

-Le soulagement de voir la tortionnaire de votre fils n'est pas là, comprit Vladimir.

-Non, confirma Augusta. Je n'avais même pas envie de lui faire subir tout ce qu'elle a fait à Franck. La vengeance ne me porte plus.

-Vous avez découvert d'autres buts dans votre vie, sourit Vladimir. Des choses qui ne fermeront pas votre cœur au monde et aux personnes qui vous aiment.

-Merci, sourit doucement Augusta.

-Je suis là pour vous faire voir le monde autrement, rappela Vladimir en lui offrant un baisemain. Je n'ai jamais dit que je m'arrêterai à la politique.

-Que ferions-nous sans vous ? rit Augusta

-Plus de dégâts ? proposa Vladimir

Ce fut sur ses mots que la matriarche rentra chez elle.