Chapitre 15: Une lueur à l'horizon
Il perdit son attitude de sérieux absolu et laissa son regard traîner un peu partout, jouant au mystérieux. Il afficha aussi un sourire moqueur, satisfait d'avoir la main sur cette situation. Cela mit directement Narcissa dans l'embarras et cette attitude ne lui plut pas. Narcissa ne demandais pas une honnêteté totale mais jouer et faire preuve d'enfantillage l'exaspérait très rapidement. Le sérieux et la dignité était deux attributs qui étaient deux valeurs primordiales à son goût. Alors un Lucius se moquant d'elle était loin de son idéal. Elle haussa les sourcils et lui lança son regard le plus méprisant. Elle lui tourna les talons et escalada un rocher. Le jeune garçon la suivit tant bien que mal. Il riait à moitié essayant de détendre la jeune femme. Mais c'était trop et trop tôt. Il venait de lui apprendre qu'il avait frappé Caractacus par sa faute, qu'il avait eu une histoire d'amour avec Cassiopée et qu'il avait failli avoir un enfant avec elle mais qu'à cause de leur futur mariage l'enfant n'avait pas vu le jour, et donc encore une fois par sa faute elle ruinait le bonheur de quelqu'un. Les larmes s'accumulaient dans ses yeux mais il était hors de question qu'elle pleure. Pas maintenant, pas en publique, pas devant Lucius, pas encore une fois. Elle avait sa fierté et ça n'avait pas de prix. Elle serrait les poings et marchait de plus en plus vite, rattrapant bientôt le groupe. Elle en oubliait même de respirer. Sa poitrine était lourde, une boule dans sa gorge s'était formée, sa tête tournait, des milliards de pensées s'entrechoquaient dans son esprit, et elle avait de plus en plus mal au ventre. Et quelques pas derrières Lucius l'interpellait sur le ton de la rigolade, l'énervant encore plus. Soudain, elle trébucha. Elle se retrouva à terre. Elle vit devant elle le groupe partir et derrière elle, elle entendait Lucius ricaner face à cette chute imprévue qui était des plus humiliantes. Elle n'avait pourtant pas la force de se relever. Elle sentit ses larmes couler à flots, sa tête chavirée de plus belle et une nausée arriver. Malefoy se rendit assez vite compte que la situation n'était pas du tout amusant. Il se précipita vers elle. À genoux devant ce corps si démuni, il dégagea ses cheveux hors du visage angélique de sa fiancée et ses tripes ses retournèrent lorsqu'il vit son état. Elle était pitoyable et il se rendait compte qu'il en était en grande partie pour quelque chose. Lucius n'était pas un homme sans scrupules, il aimait arriver à ses fins peu importe le lourd prix qu'il fallait faire subir. Mais là, devant Narcissa, il ne ressentit que de la honte, et un regret profond pour les dix dernières minutes qu'il venait de lui faire vivre. Il la fit s'assoir, la recoiffa et l'examina pour voir si elle n'était pas blessée, autrement que intérieurement. En moins de 24 heures, voir cette femme se livrer malgré elle ainsi le chamboulait, elle le chamboulait. Il prit sa tête entre ses mains, comme la veille, il lui avait semblé que ce geste avait quelque peu amélioré son état. Ce fut faiblement le cas mais elle ne s'apaisa pas vraiment, elle devint plus blanche, le regardant avec peur, les lèvres fermées et tremblantes. Elle le poussa brutalement sur le côté et vomit. Une première fois devant les yeux affolés, et tout de même quelque peu dégoutés, de Lucius. Puis deux fois après cela, semblant cependant aller mieux après chaque évacuation. Ils attendirent tous les deux quelques minutes durant lesquelles Narcissa reprenait son souffle, petit à petit. Elle se sentait terriblement mieux mais ce qui était jusqu'à présent de la tristesse se transforma en colère. Elle tourna violemment la tête vers Lucius qui était vraisemblablement inquiet et tourmenté. Elle lui lança un regard noir et se leva. Mais à peine été-t-elle debout qu'elle sentit qu'on foudroyait sa cheville, elle allait tomber à nouveau. Mais Malefoy la rattrapa, elle atterrit dans ses bras. Il était presque heureux mais toujours assez honteux et déstabilisé par cette situation plus qu'inattendue. Elle s'éloigna rapidement de lui, se servant uniquement de son bras pour tenir debout mais rien que ce contact l'énervait.
- Maintenant, dis-moi, ordonna-t-elle sur un ton glacial.
- Cissy… commença-t-il, désolé.
- C'est Narcissa pour toi, rectifia-t-elle.
- Très bien, il reprit son sérieux de quelques minutes auparavant, se redressant et n'affichant plus aucune pitié. Quand je t'ai vu sortir, j'ai cru que c'était de ma faute et je voulais absolument mettre les choses au clair concernant Cassiopée. Et puis je t'ai vu discuter avec Beurk. J'ai entendu toute votre conversation, le fait que vous ne soyez et que vous n'avez jamais été en couple et qu'il s'agissait juste d'un leurre. Je dois avouer que ça m'a d'abord fait rire de savoir que vous aviez mis tout ce stratagème en place pour moi, j'étais flatté, déclara-t-il, dédaigneux. Mais j'ai vite compris que tu n'étais pas vraiment dans le coup et que c'était cet espèce de troll qui avait inventé cette histoire, pour que je m'éloigne de toi je suppose. Ça m'a réellement contrarié qu'il confesse ses sentiments de la manière dont il la fait et qu'il ne pense qu'à lui. Et puis j'ai vu toute la suite, le moment où il t'a pris dans ses bras, puis quand il t'a brutalement embrassé, j'ai cru que tu allais céder, commenta-t-il sans vraiment voir le regard perdu et désolé de Narcissa qui se rappelait malgré elle de cet épisode.
- C'est bon Malefoy, je sais ce qu'il s'est passé pas la peine de me rappeler tout ça, annonça-t-elle agacée. Maintenant j'aimerais que tu me dises ce qu'il s'est passé dans ta tente, ordonna-t-elle encore.
- Du calme Merlin ! Je suis le seul à savoir ce qui s'est passé ce qui implique que je le raconte comme je l'entends, mit-il au clair. Bien, je disais donc ..? Ah oui, Beurk qui t'embrasse. Très belle gifle, continua-t-il de commenter. Il commençait à te courir après mais étant donné ce qui venait de se passer, j'ai jugé bon de le stopper. Malgré que son comportement m'ait plus qu'agacé, je m'étais résolu à le retenir seulement et je lui ai dit d'être plus respectueux et qu'il devait se faire une raison. Malheureusement, ça l'a énervé. Il m'a poussé violemment alors j'ai sorti ma baguette. On s'est battu seulement quelques secondes, il n'est pas très doué en sortilèges. Je lui ai bien arrangé la face, crois-moi, assura-t-il avec fierté. Ensuite je me suis dit que tu devais être dans un mauvais état et je suis parti à ta recherche. La boue et tes empreintes furent extrêmement utiles. Et la suite, évidement tu la connais, finit-il avec un rictus.
- Continue, lâcha-t-elle, lassée.
- Pardon, je n'ai pas très bien compris ? se moqua-t-il, tendant l'oreille.
- S'il vous plaît Monsieur Malefoy, pourriez-vous continuer votre récit, céda-t-elle, exaspérée par le côté enfantin de Lucius.
- Mais très certainement Mademoiselle Black, s'amusa-t-il. Tu t'es donc effondrée sur moi. Je n'allais pas te ramener dans ta tente alors que l'autre gobelin y serait probablement. Ma tente m'a semblé le plus logique. Tu t'es vraiment endormie sur moi, mais quand je t'ai posé sur le lit, c'est à peine si tu voulais me lâcher. Je t'ai mis plus à ton aise, j'ai simplement enlevé ta jupe, et ne me regarde pas comme ça, je ne suis pas un pervers, tu me faisais de la peine. J'ai passé une nuit atroce à cause de toi en plus ! Déjà le divan était particulièrement inconfortable et j'avais froid puisque je t'avais donné toutes les couvertures. Enfin, après un sortilège de réchauffement ça allait mieux mais tout de même. Et puis après tu t'es mise à gémir, j'ai cru que tu étais souffrante. Quand je suis arrivé à ton chevet tu pleurais toutes les larmes de ton corps. J'ai passé deux bonnes heures à te caresser les cheveux et te lire des histoires pour que ça passe. Une véritable enfant… J'ai enfin pu me coucher tranquillement. Quand je me suis réveillé j'étais étonné que tu sois toujours là et profondément endormie, je me suis dit que je n'étais pas un si mauvais colocataire. Mais il y avait le match de Quidditch et les gars comptait sur moi, je t'ai donc laissé un petit mot que tu as bien vu, conclu-t-il, heureux de son récit qu'il avait maîtrisé.
Narcissa fut quelque peu soulagée quoique terriblement gênée mais finalement il ne s'était rien passé de grave. Mais elle s'était bien trop dévoilé à cet homme, encore pendant cette randonnée elle faisait tomber son masque et ne contrôlait rien, et cette situation l'angoissa. Elle décida de changer totalement, l'invitant à reprendre la marche avec les autres. Mais, avec sa chute, le retard qu'ils avaient pris quand il avait éclairci la situation avec Cassiopée et ensuite leur discussion à propos de la veille, le groupe n'était plus du tout dans leur champ de vision. De plus Narcissa souffrait à la cheville. Ils se regardèrent, quelque peu paniqués. Ils étaient perdus en pleine forêt. Ils prirent la décision de prendre le chemin inverse mais ni Lucius ni Narcissa ne se souvenait exactement de la direction qu'ils avaient pris. Et cette fois ils s'étaient bel et bien perdus et la jeune Black n'arrivait presque plus à marcher. Malefoy dû la prendre sur son dos pour avancer.
Le jour tomba aussi rapidement que leur angoisse montait. Ils étaient démunis. Ils avaient lancé un appel avec leur baguette mais aucune aide n'était arrivée. Narcissa se demandait pourquoi en seulement quelques jours, son quotidien était régulièrement bousculé. Ce camp était vraiment une mauvaise idée. Elle n'aimait pas particulièrement sa vie monotone et sans libertés mais elle n'était pas du tout une aventurière et encore moins une femme s'attirant des problèmes. Elle mettait un point d'honneur à être la plus sage et se conformer aux règles sans faire de vagues. Cela en faisait l'une des fiertés de la famille Black, elle avait même l'impression que Walburga, sa tante, avait un peu d'estime pour elle. Enfin jamais autant qu'elle n'en aurait pour Regulus.
Lucius commençait à fatiguer. Mais, alors qu'ils pensaient devoir passer la nuit dehors, ils aperçurent de la lumière non loin de là où ils se trouvaient. Malefoy courut presque pour l'atteindre. C'était une petite maison, charmante et chaleureuse. Il y avait du bruit à l'intérieur mais aucun des deux sorciers ne voulaient passer la nuit à la belle étoile. Narcissa descendit du dos de Lucius se tenant toujours à lui pour rester en équilibre sur son unique jambe. Malefoy toqua, anxieux.
- Ah ! C'est quoi ça, à ct'heure ? beugla une grosse voix dans la maison.
Lucius et Narcissa se regardèrent, inquiets face à ce qui les attendait. Soudain un homme ouvrit la porte. Il était grand et imposant, avec un grande barbe et une chemise à carreaux toute abîmée. Cependant, il n'avait pas l'air d'une brute mais plus d'un gros Boursfouf. Le problème était qu'il avait un air terriblement moldu. Narcissa ne savait rien de l'idéologie de Lucius, de sa véritable pensée concernant les moldus. Elle-même n'était pas vraiment fixée. Ils étaient inférieurs par de multiples points de vues mais le fait que certains nés moldus deviennent des sorciers et se marient avec des sangs-purs, tant que ça n'était pas dans sa famille, ne scandalisait pas et ne la répugnait pas, pas comme sa sœur. Ils avaient leurs langages assez étranges parfois et des manières qui laissaient à désirer mais jamais Narcissa ne les avait craints. Cependant, en tant que membre de la famille Black, une famille des plus fidèles au Seigneur des Ténèbres, elle n'exprimait pas son opinion et se contentait de suivre la norme familiale. Mais est-ce que Malefoy pensait comme elle où alors était-il un fanatique de l'idéologie des sangs-purs ?
- Oh ! j'pari que z'etes de randonneurs perdus ! Ah la p'tite est blessée en plus ! Entrez, entrez, j'vais pas vous bouffer.
Narcissa et Lucius ne cherchèrent pas plus loin, ayant faim, froid et ils étaient épuisés. Ils entrèrent donc. La pièce de vie n'était pas très grande. Il y avait une cheminé devant laquelle se trouvait une table et sur les côtés, quelques meubles de rangements, c'était sans doute la cuisine. À l'autre bout se trouvait un canapé miteux et une étagère avec des livres en dessus de laquelle se trouvaient plusieurs coffres. C'était ce qui servait de salon, entre ces deux endroits, il y avait un couloir qui menait probablement à des chambres et une salle de bain.
- Jane, j'ai une blessée, ramène la pharmacie, cria l'homme qui aida Narcissa à s'installer dans le canapé.
Une jeune femme arriva, elle devait être à peine plus vieille que Narcissa. Elle était rayonnant, une grande blonde, avec des joues rosies et des mains abîmées. Dans ses bras elle tenait un enfant, un bébé qui ne devait pas dépasser les un an. Un petit blond aux yeux aussi verts que celui qui devait être son père. Il était le parfait mélange des deux, chaleureux et rayonnant.
- Oh, bonsoir ! Tu dis bonsoir aux gens Eldon ? demanda-t-elle à son fils qui adressa directement un sourire aux deux sorciers.
Narcissa retrouva immédiatement le sourire, ravie d'être tombée sur cette famille adorable. Lucius était plus réservé mais réellement soulagé aussi. La mère soigna un peu la cheville de Narcissa mais la jeune sorcière ne pouvait dire quels produits elle avait utilisée. Pendant qu'elle se faisait soigner, elle tenait le petit Eldon, neuf mois. Ils apprirent que Jane allait bientôt avoir 20 ans et cuisinait, s'occupait du bébé et tenait les compte de son mari. Lui, Arthur, était bûcheron mais Malefoy et Black n'avait aucune idée de ce que cela pouvait signifier, et ils n'osèrent pas demander. Ils mangèrent de la soupe qu'il restait et discutèrent gaiement avec le couple. À la grande surprise de Narcissa, Lucius n'avait pas son air hautain et méprisant et il discutait assez naturellement.
- Mais donc je suppose que vous êtes en pleine lune de miel, c'est rare de voir un jeune couple passer leur temps ici, ce n'est pas vraiment paradisiaque, déclara au fil de la conversation Jane.
- Oh ! Non, pas vraiment...
- Non en fait on n'est pas… répondirent les deux en même temps, échangeant un regard gêné.
- Non, nous sommes avec un groupe d'amis, on passe une semaine ici, on n'a pas beaucoup l'occasion de se voir sinon, menti plus ou moins Lucius.
- Oh, donc vous n'êtes pas en couple, rectifia Jane.
Narcissa hocha négativement la tête, puis porta son attention sur le petit Eldon qui s'amusait avec ses boucles de cheveux. À côté se trouvait Lucius, attendri par cette vision de Narcissa avec un enfant. Il se rappela soudainement qu'ils étaient voués à se marier et qu'elle serait la mère de ses enfants. Cela réchauffa son coeur, il savait qu'elle serait une mère parfaite. Il l'observait sourire et bercer le petit.
Arthur et Jane avaient bien remarqué cette attirance indéniable entre les deux.
- Malheureusement nous n'avons que deux chambres. Eldon dort avec nous mais sa futur chambre est une chambre d'enfant, le lit est donc un peu petit, cela ira ? demanda Jane, intérieurement taquine.
Lucius et Narcissa ne voulaient pas poser de problème et acceptèrent. Ensuite, le temps que Narcissa termine de se faire soigner, ce fut Lucius qui prit Eldon dans ses bras. Le petit bout d'homme l'effrayait un peu, il ne savait pas comment s'y prendre avec un enfant. Cela fit rire les trois adultes, Lucius Malefoy était apeuré par un bébé. Mais le petit Eldon était bien dans les bras du sorcier, si bien qu'il s'y endormi. Décidément entre Narcissa et lui, Lucius commençait à croire qu'il était vraiment un bon oreiller. Il était désormais temps d'aller se coucher. Ils souhaitèrent bonne nuit au couple et entrèrent dans la future chambre d'Eldon. Et, en effet, le lit n'était pas très grand.
Seuls dans la chambre, Narcissa et Lucius ne prononcèrent pas un mot, chacun assis d'un côté du lit. Puis, Lucius prit l'initiative d'enlever son pull, de quoi affoler la belle blonde.
- Il faudra bien à un moment que l'on dorme ensemble de toute façon. Si tu ne veux pas dormir aujourd'hui c'est ton problème mais je suis exténué et il est hors de question de dormir avec mon pull, annonça-t-il sur le ton de l'évidence.
Et Narcissa savait qu'il avait raison. Elle entreprit d'enlever ses vêtements mais elle était en combinaison. Voyant son hésitation, Lucius prit les devants. Il lui tendit son pull.
- Il te tiendra chaud.
Lui se retrouva en pantalon et elle vêtue de son pull. Ils se glissèrent dans les draps. Le moindre contact faisait frissonner l'autre et il essayait le plus possible de ne pas se toucher.
- Narcissa ? demanda soudainement Lucius.
- Oui ? souffla-t-elle, inquiète de ce qu'allait dire le sorcier.
- Tu veux m'épouser ?
