Note de l'auteur : Bonjour à tous ! J'espère que les cinq derniers chapitres vous ont plu ! On repart pour cinq nouveaux. Vous aurez l'occasion de vous en rendre compte mais le camp va se terminer (d'une manière quelque peu… enfin je vous laisse lire), et que les chapitres qui suivent sont un peu plus « sombres » (ou du moins ils ont vocation à l'être) donc j'attends vos réactions face à ces changements d'ambiance. Bonne lecture et à demain !
Chapitre 18: La nuit de l'enfer
Narcissa resserra la main de son jeune cousin et elle vit dans le regard de Regulus un mélange entre incompréhension et inquiétude, et il accrocha sa seconde main au poignet de la Black, sentant que tous les cris qui résonnaient n'auguraient rien de bon. Pour le moment tout cela semblait bien loin et Narcissa savait qui lui restait un peu de temps pour trouver une solution afin de sortir son cousin et elle de cette terrifiante situation. Elle savait qu'elle ne pouvait pas transplaner avec lui, il était bien trop jeune et c'était trop risqué. Il n'y avait pas de cheminé non plus donc impossible d'utiliser de la poudre de cheminette. Il restait le portoloin mais où en trouver un et où les amènerait-il ? La seule solution était donc le balai. Dans ses secondes de réflexions, Narcissa persistait à se dire que c'était une très mauvaise idée. Certes Regulus était très bon mais sa cousine n'avait pas touché à un balai depuis sa première année où les cours de vol étaient un calvaire. Non pas qu'elle n'était pas douée, elle était très habile et rapide, mais était terrorisée par le vide alors voler à une hauteur supérieur à trois mètres lui était quasiment impossible. L'autre problème majeur était que les seuls balais du camp étaient pour le Quidditch et ils devaient sûrement se trouver dans les vestiaires près du terrain. Or, ce terrain ce trouvait vers la grande tente et cette grande tente se trouvait précisément à la source des cris de terreurs et des explosions qui faisaient maintenant rage.
Son rythme cardiaque s'accélérait. Elle était sur le point de broyer la main du petit Black. Et puis où étaient Bellatrix, Karen, Cassiopée ? Où était Lucius ?
- Cissy ? appelait son cousin essayant de la tirer de ses pensées. Cissy ! CISSY ! cria-t-il soudain avant de la tirer hors de la tente.
Des explosions retentissaient de toutes parts. Narcissa et Regulus tombèrent à terre. Désormais, aucun endroit n'était sûr, des cris, des explosions, de partout. Une lumière verdâtre rayonnait dans le ciel, et lorsqu'ils levèrent les yeux, Narcissa et Regulus ne furent pas étonnés de voir la Marque des Ténèbres. Le serpent sortant du crâne se baladait vicieusement dans le ciel noir. Les mangemorts attaquaient. Cela expliquait tout. Ça expliquait l'absence de sa sœur, le déroulement de la fin du match, les cris. Pendant quelques secondes Narcissa se sentit presque rassurée, après tout, les mangemorts étaient censés être des gens qu'elle connaissait, ils ne lui feraient aucun mal. Mais elle se ravisa, ils étaient les soldats, les pions, d'un mage sanguin. Dans une frénésie meurtrière de quoi un homme était-t-il capable ? De quoi sa sœur était-t-elle capable ? Elle ne voulait pas savoir, ne pas voir. Et Regulus ne méritait pas non plus d'assister à ça, il était trop jeune, trop innocent, trop pur. Il serait bientôt perverti, bien trop tôt, elle ne voulait pas être coupable de cette perversion, elle ne voulait pas participer à la création d'un meurtrier. Elle le prit par les épaules et plongea ses pupilles de glaces dans les iris foncées de son cousin.
- Écoute-moi bien Regulus, on va s'en sortir, on va trouver un moyen de quitter cet affreux camp mais pour ça il faut que tu me promettes de ne pas lâcher ma main et de me suivre. Il faut que tu me jures que tu feras exactement ce que je te dirais de faire d'accord ?
- Cissy… murmura le jeune sorcier, n'ayant pratiquement jamais vu sa cousine aussi sérieuse qu'à cet instant.
- Regulus ! Promet le moi !
Il l'observa encore quelques instants mais le regard déterminé de sa cousine le foudroyant lui rappelait qu'il avait toute confiance en elle, que depuis sa naissance il avait toujours eu confiance en elle.
- Je te le promets.
Elle lui lâcha un timide et crispé sourire puis se releva avec lui en serrant toujours fermement sa main et ils se mirent à courir. Dans sa main libre, Narcissa tenait sa baguette se préparant à tout moment à l'utiliser, tout comme Regulus qui semblait décidé à ne pas avoir le rôle de petit garçon sans défense. Plus ils s'approchaient du terrain plus les choses empiraient. Ils avaient à peine le temps d'observer les quelques sorciers qui fuyaient tant bien que mal. Les explosions et les sorts que prononçaient les uns et les autres autours résonnaient dans les oreilles de Narcissa mais elle ne voulait pas y prêter attention, elle ne voulait et ne devait pas rentrer dans les actions qui se déroulaient sous ses yeux. Elle vit sur son chemin quelque jet vert et des mots interdits se proclamer. À un moment elle entendit un rire sadique et dégénéré retentir et elle comprit de qui elle s'agissait et s'efforça de sortir le nom de sa sœur de sa tête. Elle refusait d'associer sa grande sœur avec qui elle avait grandi à des meurtres, c'était naïf de sa part, elle était consciente de qui elle était devenue, elle ne pouvait le nier. Elle connaissait Bellatrix mieux que quoiqu'onc, mieux qu'Andromeda, mieux que Cassiopée qui pourtant faisait paraître qu'elle savait tout sur tout le monde. Mais Narcissa était sûre qu'elle était la seule à connaître Bellatrix, ni Rodolphus ni même le maître des ténèbres ne l'avaient vu grandir et avaient grandi avec elle. Cissy avait vue Bella rire, pleurer, bouder, s'énerver (ô combien souvent), se réjouir, devenir peu à peu sadique, douter, aimer et détester. Elle savait où étaient ses limites, quand elle était sérieuse ou pas, ses degrés d'énervement, ses compétences. Elle savait quand Bellatrix aimait ou détestait quelqu'un. Savoir tout ça rendait Narcissa tout aussi puissante que Bellatrix elle-même. Elle aimait sa sœur, en règle générale elle aimait sa famille. Mais sa relation avec Bellatrix était particulière, elles se faisaient confiance, Narcissa savait qu'elle était le pilier de Bellatrix, une des rares choses qui lui permettaient de garder son côté humain. Bellatrix avait toujours protégé sa petite sœur c'était son presque unique point commun avec Andromeda. Même devant la tante Walburga elle défendrait Narcissa. Elles avaient besoin l'une de l'autre. Mais la cadette savait aussi de quoi était capable Bellatrix et où ses excès pouvaient la conduire, comme ce soir. Ses yeux s'humidifiaient mais elle devait continuer à courir et ramener Regulus en lieu sûr. Elle poussa un petit cris lorsqu'elle vit Octavia Shafiq tomber à terre les yeux grands ouverts, le teint livide et ne bougeant plus. Elle pensa directement à Ophélia et prise soudain de haine, elle resserra l'emprise qu'elle avait sur sa baguette. Cependant, le mangemort qui venait de faire ça pointa sa baguette sur elle et Regulus. Narcissa ne réussit pas à deviner qui se cachait derrière et se pétrifia. C'est le jeune Black qui la poussa pour qu'elle évite un sort qu'il venait de jeter. Mais elle sentit une coupure à son bras et du sang couler sur son coude.
- Nous sommes Regulus et Narcissa Black si vous nous faîtes du mal vous en répondrez devant les Blacks et le Seigneur des Ténèbres, cria Regulus, impressionnant sa cousine.
Le mangemort pesta et baissa sa baguette allant chercher une autre victime. Puis Regulus prit spontanément la main de sa cousine et ils se dirigèrent tous deux en direction des vestiaires qui étaient maintenant dans leur champ de vision. Ils entrèrent non sans mal, évitant des combats et des victimes sur leur passage. Des explosions partout, le paysage était devenu un brasier où les flammes noirs montaient et terrorisaient. Les chants d'oiseaux étaient maintenant des cris d'agonie et de rage. Il pleuvait désormais des sorts destructeurs, mortels, fatals. La terre boueuse s'était transformée en arène où le sang ruisselait de toutes parts.
Ils ouvrirent la porte, essoufflés, terrifiés. Ils voulaient effacer toutes les images qu'ils venaient de voir. Ils se dirigèrent vers les placards où se trouvaient les balais. Mais quelqu'un d'autre entra subitement. Les deux Blacks pointèrent leurs baguettes en direction de la porte. C'était Gideon Prewett. Il pointait lui aussi sa baguette en direction des deux sorciers.
- Gideon, on ne savait rien, personne ne nous a rien dit, nous n'avons rien fait, on veut juste aller dans un endroit sûr, tenta d'apaiser diplomatiquement Narcissa.
- Peu importe ! hurla-t-il. Tout le reste de vos petits amis sont en train de tuer dehors ! Ils tuent des innocents, certains ne sont encore que des gosses. Ne crois pas que je vais me priver de quoique ce soit, cracha le batteur, hors de lui.
- Et que veux-tu faire ? se risqua hautainement Regulus.
- Vous faire du mal et si vous osez quelque chose, vous faire souffrir et faire payer ces mangemorts, je pourrais même envisager de vous tuer, tous les deux.
- Gideon, se sont des sorts interdits, tu ne peux pas faire ça, essaya de raisonner la jeune femme.
- Tu crois que j'en suis incapable ? se mit-il a ricaner amèrement. Et bien voit de quoi je suis capable, Endoloris.
Le sort se dirigea vers Narcissa. Elle s'effondra. Jamais elle n'avait ressenti une telle souffrance. Tout son corps la brûlait, elle avait l'impression que chacun de ses os explosaient un par un. Elle voyait ses pires souvenirs défiler. Elle voyait Walburga lui crier dessus, elle voyait ses sœurs se battre, elle voyait sa mère faire de multiples malaises. Chacun de ses souvenirs lui procuraient une tristesse et une douleur intense et indescriptible. Des milliers de voix criaient dans son esprit. Même le bout de ses ongles la démangeait, la brûlait, lui infligeait une douleur vive. Même son âme semblait souffrir et se déchirer.
Puis la torture se calma, mais elle était terrorisée à l'idée de faire un autre mouvement. Regulus tentait de l'aider, à genou à côté d'elle, enlevant les cheveux de son visage et l'appelant. Quand son regard croisa celui de sa cousine, qu'il vit ses beaux yeux emplit de larmes et de pleurs il se leva d'un coup, le poing serré et la baguette pointé vers Prewett.
- Comment as-tu osé faire ça ? Elle n'avait rien fait ! Elle ne le méritait pas ! Comment peux-tu prononcer ces mots sans remords ? hurla-t-il.
Gideon avait un peu baissé sa baguette et observait Narcissa trembler par terre. Aucune émotion n'était perceptible, il ne semblait ni regretter ni être satisfait. Regulus, lui, semblait vouloir le réduire en cendre, cela accentua la douleur de Narcissa. Malgré tout, ils étaient désormais en danger, elle était inutile et Regulus se transformait en une boule de haine.
- Expéliarmus, lança le Black.
Mais il ne faisait pas le poids, et très vite ce fut lui qui fut désarmé. Les larmes de Narcissa coulaient abondamment sur le sol. Qu'allaient-ils devenir ? Qu'allait faire Gideon maintenant ?
La porte claqua à nouveau. Affolée, essoufflée et totalement désemparée, Cassiopée fit son apparition. Elle prit quelques secondes pour analyser la scène. Sa cousine était à terre, comme un pauvre animal blessé, son cousin tremblait de rage et était désarmé et son ami tenait deux baguettes.
- Gideon… que s'est-il passé ? s'empressa-t-elle de demander, imaginant le pire et comprenant peu à peu la situation.
- Ils sont coupables, déclara-t-il sombrement.
- De quoi ? Regulus est un première année et Narcissa n'est certainement pas une mangemort ! s'énerva-t-elle.
- Ce sont des Blacks, des Serpentards, tous leurs amis et leur famille entière sont des mangemorts qui sont en train de tuer des personnes, se justifia-t-il, convaincu.
- Ah oui ? s'offusqua-t-elle. Donc je suis une mangemort ?
- Ne complique pas les choses Cassy, ordonna-t-il, agacé.
- Compliquer les choses ? répéta-t-elle abasourdie. Je complique la situation ? Tu viens de te battre avec ma cousine et mon cousin, je n'ose imaginer pourquoi Narcissa est dans cet état et c'est moi qui complique la situation ? hurla-t-elle.
- Endoloris, annonça Regulus, il lui a fait un endoloris, informa-t-il tout en sachant que Cassiopée allait se transformer en dragon.
Les yeux de Cassiopée s'agrandir au possible. Ses poings se resserraient, elle retenait le plus possible sa colère. Elle s'approcha de son ami et le prit par le col et pointa sa baguette sur son cou.
- Je suppose que tu n'as pas de bonne raison pour avoir fait ça, donc… commença-t-elle.
- Je t'ai dit que… coupa-t-il visiblement alarmé.
- CE N'ÉTAIT PAS UNE QUESTION, cracha-t-elle. Maintenant dit que tu regrettes, regarde-la, dans les yeux, et excuse-toi, ordonna-t-elle.
Gideon s'exécuta, sans réfléchir, sans conviction. Mais lorsqu'il croisa le regard de la blonde qui était maintenant à genou, il se sentit mal. Il vit son reflet dans les pupilles tremblantes de Narcissa, la peur que la jeune femme avait en le voyant, sa haine pour lui, pour ce qu'il venait de faire sans raison. Il venait de faire ce qu'il rejetait le plus au monde. Il venait de passer pour le plus grand des idiots et des crétins auprès d'une fille qu'il appréciait beaucoup.
Cassiopée le lâcha. Mais sa colère n'avait pas diminuée. Elle pensait tellement, espérait, que ses nouveaux amis étaient meilleurs que ceux qu'elle avait déjà. Elle s'était beaucoup attachée à Gideon mais elle venait de perdre tout espoir d'une relation plus longue avec lui.
La porte claqua une ultime fois. Fleamont Potter, accompagné de deux autres aurors, entrèrent.
- Que se passait-il ici ? Black ? demanda-t-il à l'attention de Cassiopée.
La jeune femme hésita longtemps, alternant son regard entre ses cousins et son ami.
- Black ! Répondez-moi ! ordonna l'auror, agacé. L'une des plus grandes règles pour devenir auror c'est d'être honnête, dire la vérité, peu importe les circonstances, insista-t-il.
- Dans ce cas Monsieur, je pense que vous devriez arrêter Monsieur Prewett, annonça-t-elle, le ton grave.
Gideon n'en revenait pas, elle allait le dénoncer pour presque rien. Narcissa était trop faible pour comprendre quoique ce soit, gisante à terre et essayant de garder ses quelques forces restantes. Regulus s'était calmé et fixait attentivement sa cousine, lui infligeant une sorte de pression. Potter, lui, ne comprenait pas vraiment la situation et fronçait le sourcil.
- Pour quel motif ? demanda-t-il.
- Pour utilisation du sortilège Doloris sur Narcissa Malefoy. Il s'agit d'un sortilège impardonnable et interdit par le ministère de la magie de Grand Bretagne.
Ça y est, elle venait de le dire. Le rythme cardiaque de Prewett s'accélérait, il prenait conscience de ce qu'il avait fait, en entendant Cassiopée prononcer ces mots.
La dernière image de la soirée que Narcissa vit était Gideon se faisant arrêter et Regulus et Cassiopée se précipiter vers elle alors qu'elle tombait à nouveau, n'ayant plus aucune force.
