La fin de toute chose

-Vous êtes sûre, Octavia ? demanda Sirius

-C'est à confirmer mais il y a de grandes chances, fit Octavia.

Tous les deux reportèrent leurs regards sur la silhouette allongée dans la chambre à côté.

Depuis que Severus et Sirius avaient ramené Nymphadora et Teddy Tonks, ils travaillaient en étroite collaboration avec Octavia. Severus avait noté que tous les deux avaient des blessures qui n'avaient visiblement pas cicatrisé et ses connaissances n'étaient pas suffisantes. Octavia avait pris les choses en main et avait examiné à son tour les nouveaux invités. Elle avait réussi à calmer le petit Teddy qui était pourtant réfractaire à toute approche, enfin, quand il ne dormait pas. Quant à sa mère, elle semblait apathique, ce qui avait fait froncer des sourcils tout le monde.

-Il faut donc faire appel à un maître Legilimens, réfléchit Sirius. Est-ce que Severus peut le faire ? Je n'ai pas très envie d'appeler Anastasia pour une simple vérification.

-Tu n'as pas tort, sourit Octavia. Je vais l'appeler. Est-ce que tu vas la maintenir endormie ?

-Tant qu'on n'est pas sûr, je ne préfère pas prendre de risques, répondit Sirius. On s'est fait avoir avec Remus, je ne recommencerai pas.

Octavia hocha la tête et partit contacter son protégé. Sirius regarda sa petite cousine d'un air songeur. Nymphadora avait disparu depuis des années, ce qui l'avait poussé à ne pas la réintégrer en même temps que sa mère. Andromeda en personne n'avait pas voulu qu'il le fasse car elle était en conflit avec sa fille depuis un moment, avant même que Sirius ne l'approche pour sonder ses sentiments sur un possible retour dans la famille Black.

Mais un enfant …

C'était pire que ce qu'il aurait pu imaginer. Que l'enfant soit né hors mariage n'était pas spécialement le problème mais qu'elle l'ait caché à tout le monde … C'était hallucinant. Ce qui était inconcevable, c'était qu'elle avait eu un enfant qui serait aussi loup garou mais qu'elle n'ait pris aucune mesure pour lui assurer un avenir décent. Pire, en connaissant la politique répressive du Ministère, elle n'avait pas songé à quitter le pays pour éloigner l'épée de Damoclès qui pesait au-dessus de ce gosse.

-Comment va l'enfant ? fit une voix derrière lui

Sirius ne se retourna pas pour reconnaître Severus.

-Il dort, répondit Sirius en lui indiquant un coin de la chambre, où Teddy s'était blotti.

-Vous n'avez toujours pas réussi à le faire dormir dans un lit ? s'étonna Severus

-Il ne veut pas quitter sa mère et ça se comprend, haussa des épaules Sirius. Heureusement, Octavia a pu le faire manger. Elle t'a parlé ?

-Oui, confirma Severus. Vous pensez qu'elle est sous influence ?

-Ses gestes sont trop automatiques, expliqua Sirius. En plus, elle n'est pas … chaleureuse.

-C'est-à-dire ? haussa un sourcil Severus

-Elle ne l'a pas pris dans ses bras, elle n'a pas essayé de le calmer quand elle l'a récupéré, énuméra Sirius. Pas une caresse, un mot gentil, rien.

-Il y a des parents qui ne sont pas démonstratifs, tu sais, rappela Severus.

-Je sais, assura Sirius. Mais indifférent ? Pas à ce point.

-Tu m'inquiètes, fit Severus. Mais on en parlera après. Je peux approcher sans que le gamin ne me saute dessus ?

-Je ne crois pas, hésita Sirius.

-Je m'en doutais, fit Severus.

Il fouilla dans sa besace et en sortit une fiole.

-C'est une potion de Sommeil qu'on peut vaporiser, expliqua Severus. Elle a un dosage plus fort parce que l'organisme des loups garous est plus résistant que celui des Sorciers. Ses effets s'estomperont au bout de douze heures.

-C'est long, constata Sirius.

-C'est parce qu'elle peut être annulée par un antidote, répondit Severus.

-OK, fit Sirius.

Rapidement, Severus entra dans la pièce, endormit Teddy et examina l'esprit de Nymphadora. Cela dura près de deux heures avant qu'il ne se redresse, efface toute trace de sa présence dans la chambre avant de la quitter non sans avoir réveillé le petit garçon.

-Alors ? pressa Sirius

-Tu permets que je m'asseye ? railla Severus

Sirius eut le bon goût de paraître penaud. Il l'entraîna dans un petit salon où il l'invita à s'installer puis s'évertua à réchauffer les victuailles qu'avait fait porter Octavia après qu'elle soit rentrée au manoir Prince pour les présenter à Severus.

-Merci, soupira Severus après une gorgée de thé.

Il reprit des forces tandis que Sirius grignotait, rongeant son frein. Repus, Severus arrêta de torturer son ami et livra ses conclusions.

-Nymphadora Tonks était sous Imperium, annonça Severus.

-C'était couru d'avance, haussa des épaules Sirius. Quoi d'autre ?

-Elle a bien été forcée d'avoir un enfant avec Lupin, révéla Severus. Mais cela s'appuyait également sur une attirance commune.

-Quel dommage qu'ils aient été sacrifiés pour le plus grand bien, siffla Sirius.

-Ce n'est pas faux, abonda Severus. Il y avait des consignes spécifiques concernant l'éducation de l'enfant qu'ils ont eu.

-Lesquelles ? demanda Sirius

-Pas d'école pour lui, énuméra Severus. Aucune explication sur ses transformations mensuelles, ni sur la magie. Pas d'informations sur son père. Mais surtout, nous accuser ouvertement d'être à l'origine de la disparition de son père et la déchéance de sa mère.

-Tout un programme, siffla Sirius. Une bombe à retardement, en somme.

-C'est ça, confirma Severus. Maintenant, il s'agit de savoir comment l'enfant a pris cette éducation … hors norme.

-Tu ne peux pas regarder ? s'étonna Sirius

-L'esprit d'un loup garou est différent de celui d'un Sorcier, déclara Severus. En plus, je pense qu'il est plus proche du loup que du Sorcier comme il n'avait aucune explication sur sa véritable nature. Il faudrait contacter des loups garous pour plus de sécurité. Je vais contacter Léon à la clinique Black Rose.

-Je pense qu'Albert de la meute d'Esperanza, tu sais celle qui vit de l'autre côté de la Forêt Interdite, pourrait nous être utile, proposa Sirius.

-Ce n'est pas une mauvaise idée, songea Severus. D'autant plus qu'il a recueilli plusieurs loups garous mordus par Greyback.

-Deux loups valent mieux qu'un, résuma Sirius.

Les deux Sorciers se mirent d'accord pour prévenir les intéressés avant de se séparer.

§§§§§

-Alors ? pressa Draco

-Allons, Draco, laisse-lui le temps de respirer, rit Narcissa.

Le blond grogna ce qui fit éclater de rire toute l'assemblée. Le Gang et la Famille se moquèrent de Draco avant de laisser Juan Locke, le directeur et propriétaire de la clinique Black Rose et Médicomage de formation, enfin prendre la parole.

-Astoria est bien enceinte, annonça Juan. Toutes mes félicitations !

Les exclamations fusèrent de part et d'autre de la pièce. Le Médicomage en profita pour indiquer à Octavia les précautions à prendre pour le suivi de la grossesse avant de prendre congé. Le calme revint cependant très vite.

-Vladimir est d'accord pour accueillir Astoria en Sibérie, déclara Draco. Ses parents ont accepté de s'exiler au Canada.

-Et Daphnée ? demanda Narcissa

-Elle va les accompagner pour leur installation mais elle va revenir pour aider dans la guerre, soupira Draco. Je n'ai pas réussi à la convaincre de rester là-bas.

-Nous allons faire en sorte qu'elle soit protégée, assura Lucius.

Hermione se leva et prit le blond dans ses bras. Harry et Neville posèrent une main sur chacune de ses épaules. La tension dans le corps de Draco commença alors à disparaître. Le Gang avait parfaitement compris que depuis qu'il avait épousé Astoria que la plus grande angoisse du blond était de protéger sa femme qu'il avait entraînée contre son gré dans leurs problèmes. Maintenant qu'elle allait être en sécurité, il pouvait respirer, d'autant plus qu'elle portait désormais son enfant et l'héritier Malfoy. Si on suivait cette ligne de conduite, Luna aurait dû suivre le même chemin mais bien malin celui ou celle qui réussirait à cacher Luna Longbottom née Lovegood.

-Maintenant, on fait quoi ? demanda Neville

-Il va falloir nous organiser, déclara Augusta. Dumbledore est en fuite et acculé. Voldemort n'a pas autant de supporters qu'il n'en aurait eus si vous ne vous étiez pas élevés contre l'ordre injuste établi.

Hermione se dégagea.

-Je pense qu'il est temps qu'on traque cette raclure, gronda Hermione.

-La dernière fois que je l'ai vu, c'était il y a quelques semaines, lorsque Sirius et moi avons récupéré Nymphadora et son fils Teddy, fit Severus.

Tout le monde était au courant que Remus avait eu un enfant avec la fille d'Andromeda, la cousine de Sirius et que Dumbledore n'y était pas étranger. Ils savaient également que l'ancienne prison du père servait maintenant de maison à la mère et au fils mais que ni Sirius ni Severus n'avaient réussi à leur soutirer leurs secrets.

-D'ailleurs, où se trouve Sirius ? demanda Harry, intrigué

-Il a dit qu'il avait une affaire urgente, haussa des épaules Severus.

Harry plissa légèrement le regard. Le malaise qui subsistait entre son père et son parrain ne semblait pas s'être résolu. Pire, ça semblait s'être aggravé. C'était uniquement parce qu'il était son fils qu'il pouvait voir au-delà du masque de Severus Seth Snape Prince.

-Nous verrons ça plus tard, coupa Augusta. Une idée de comment le retrouver ?

-Ce n'est pas comme si on cherchait où il se terre depuis des années, renifla Lucius.

-Pas faux, concéda Neville. Et Voldemort ?

-On aurait plus de chance, avoua Lucius. Il me semble que les barrières qui entourent son QG sont plus faibles, non ?

-C'est vrai, fit Severus. J'arrive de plus en plus loin de son château en ruines.

-Au point de voir les environs ? fit Hermione

-J'ai vu un panneau indiquant le village de Little Hangleton, se rappela Severus.

Hermione et Harry se redressèrent.

-Que savez-vous ? demanda Augusta

-Dans les recherches menées sur Voldemort, Vladimir pense qu'il pourrait être Tom Riddle, se rappela Hermione. Sang-mêlé entré à Slytherin il y a une soixantaine d'années. Ses grands-parents paternels et son père ont tous les trois été retrouvés morts dans leur propriété justement dans cette ville.

Harry regarda Severus qui lui donna son assentiment.

-Il se trouve que j'ai eu l'occasion de suivre Voldemort plusieurs fois après les réunions, révéla Severus. Il allait dans une petite maison que j'avais peur d'approcher sans me faire attraper. J'ai donc demandé à Harry de mener son enquête.

-Le fameux manoir Riddle se trouve d'un côté du village de Little Hangleton, expliqua Harry. La maison où Voldemort se rend se trouve de l'autre. Les protections sont assez lourdes mais il est possible de les briser. Et il n'est pas le seul à s'y rendre.

-Ah bon ? s'étonna Severus. Tu as pu voir qui ?

-Non, secoua la tête Harry. En revanche, parmi les protections que j'ai identifiées, il y en a plusieurs que Dumbledore a l'habitude d'utiliser.

-Intéressant, fit Lucius. Ça se pourrait que ce vieux fou s'y soit réfugié ?

-Cela mérite qu'on suive cette piste, fit Augusta. Harry, est-ce qu'il y a une possibilité de poser une alarme sur cette maison pour savoir qui s'y rend ?

-Bien sûr, assura Harry.

-Fais-le, ordonna Augusta. Il va falloir également qu'on ait une liste précise des alliés de Voldemort.

-Nous nous en chargeons, déclara Lucius en regardant Severus qui accepta aussi.

-Les garçons, fit Augusta en s'adressant à Harry, Draco et Neville. Vous allez chercher quelles sont les forces du Ministère et leurs alliés s'ils sont arrivés à en avoir.

-Ou ceux qu'il tient par le chantage, précisa Narcissa. Le Ministère a toujours été corrompu, encore plus aujourd'hui. Cela ne m'étonnerait pas.

-Ce sera fait, fit Draco.

-Narcissa, Hermione, Luna, fit Augusta. Vous viendrez avec moi.

-En quoi serions-nous utiles ? demanda Narcissa

-Nous allons remettre en état Hogwarts, décréta Augusta.

Tous la regardèrent avec consternation. La matriarche leva les yeux au ciel.

-Nous sommes en train de faire en sorte de tirer de leurs cachettes Voldemort et Dumbledore, rappela Augusta. Une fois cela fait, il faudra les détruire. Pour cela, il faut décider du lieu où se déroulera la bataille finale. Le seul endroit qui pourrait correspondre est Hogwarts car elle a toujours symbolisé l'Angleterre Sorcière. De plus, ces deux abrutis ne manqueraient pas l'occasion de montrer leur pouvoir là-bas.

-L'endroit est en ruines, rappela Hermione.

-Raison de plus pour le remettre en état, sourit Augusta. Pour les moutons du monde Sorcier, ce ne serait qu'une tentative de reconstruire ce monument. Pour nos adversaires, une tentative de se relever après qu'ils nous aient éradiqués. L'école est vide, les dégâts seront minimes s'il y a une bataille.

-Elle n'a pas tort, concéda Severus. Mais pour cela, il va falloir convaincre le Ministère de nous laisser faire.

-D'où ma présence, celle de Narcissa et de Luna, fit Augusta. Hermione sera là en tant que garde du corps.

-Anastasia ne va pas aimer, pronostiqua Hermione.

§§§§§

Sarah Wallace n'avait jamais aimé les maisons Sorcières anglaises. Elle se croyait revenue plusieurs siècles auparavant en Amérique, lorsqu'avoir des esclaves comme domestiques était la norme. Les Elfes de maison remplaçaient efficacement les femmes et les hommes dont on avait arbitrairement privé de leur liberté.

Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'elle allait trouver dans le manoir Potter.

Après avoir fait quitter leur demeure dans le monde Moldu, Harry avait mené Sarah et Lindsay dans sa maison. Toutes les deux avaient découvert la vie d'un lord Sorcier et elle était très loin des préjugés qu'elles avaient. Le jeune homme les avait laissé s'habituer à leur nouveau luxe avant de leur annoncer que d'ici quelques jours, elles allaient rencontrer le reste de leur famille et être soumises à un serment de secret.

Bien qu'elle sache à quels cercles appartenaient son employeur, Sarah ne s'était jamais doutée qu'elle en viendrait à les côtoyer. Heureusement, ce dernier l'avait beaucoup aidé à ne pas faire de faux pas.

-Respirez, sourit Harry à ses côtés.

-C'est angoissant, répliqua Sarah.

-Je sais, fit Harry. Mais ils ne vous mangeront pas. Quoique, j'ai des doutes concernant mon père.

Sarah ne put s'empêcher de pouffer, détendue. Harry en profita pour l'introduire dans le salon et de lui présenter toute la famille.

-Tu l'as cassée, sourit Neville en observant la gouvernante bouche bée.

-Mais non, réfuta Harry. Disons qu'elle n'avait pas fait le lien avec vos noms de famille.

Et c'était vrai. Pour Sarah, la famille d'Harry n'avait aucun lien avec les lords et les ladies qui l'entouraient actuellement. Mais très vite, elle s'était reprise et avait permis à Lindsay de vagabonder avec les nouveaux membres de sa famille.

Un peu plus tard, Sarah s'approcha d'Harry.

-Nous avons un problème, décréta Sarah.

Les conversations se turent. Sarah rougit.

-Mais nous pourrons en discuter plus tard, balbutia Sarah.

-Non, fit Harry. Nous sommes en famille. Nous pouvons en discuter maintenant.

Sarah fut touchée d'être incluse. Elle inspira profondément.

-Je comprends que la menace de Voldemort vous ait poussé à garder Lindsay hors du monde Sorcier, déclara Sarah. Sauf que puisque nous sommes là, il y a plus de risques pour que son patronat soit connu. Or, il y a des personnes qui sont des ennemis des Potter et le nom des Dursley est maudit dans le monde Moldu. Il serait plus sûr qu'elle prenne le nom des Evans dès à présent.

Harry se tourna vers Severus, songeur.

-Elle n'a pas tort, fit Severus. Même si la condamnation des Dursley remonte à douze ans, on en parle encore aujourd'hui. Est-elle Sorcière ?

-Oui, confirma Harry.

-Mais elle n'a pas eu d'accidents magiques ! s'exclama Sarah

-Je sais, fit Harry. Mais j'ai vérifié.

Le ton était ferme et tout le monde comprit qu'il y avait plus derrière cette affirmation mais que ce n'était pas le moment.

-Quel est ton projet ? demanda Neville, détournant le sujet

-J'aimerai que Sarah reste la gouvernante de Lindsay et aide Astoria une fois que son enfant sera né, déclara Harry.

-Tu veux qu'elles la rejoignent ? demanda Draco

-Oui, confirma Harry. J'avais dans l'idée qu'elle s'occupe également de Teddy une fois tout danger écarté.

-Ce n'est pas une mauvaise idée, songea Augusta. Seriez-vous prête à vous exiler de nouveau, mademoiselle Wallace ?

-Je me suis attachée à Lindsay, fit Sarah. Et avec Harry, je suis sa seule figure parentale. Où qu'elle aille, j'irai. Après, m'occuper d'autres enfants ne me dérange absolument pas. C'est mon métier et ma passion.

-Soit, tonna Augusta en frappant le sol de sa canne. Vous partirez demain. Il ne faut pas qu'on apprenne votre existence dans le pays.

Cette décision prise, les conversations reprirent.

§§§§§

Sirius était très inquiet.

Normalement, il aurait dû se trouver avec sa famille mais quelques minutes avant, il avait reçu un appel de détresse d'une personne bien particulière. Eleanor Faussecreth avait disparu sans laisser de traces voilà plus de cinq mois. Il ne s'en était pas préoccupé plus que cela puisqu'il était en train de rechercher activement Nymphadora Tonks et Teddy Lupin. Mais il avait appris que sa famille ne savait pas où elle se trouvait et il avait fait ses propres recherches, en vain.

Et maintenant, cet appel.

Bien entendu, il avait pris toutes les précautions qu'il fallait et plus encore. Il avait avisé l'un de ses plus fidèles Elfes de maison pour qu'il le suive et qu'il le ramène en lieu sûr en cas de mauvais pas. Il s'était bardé de sorts de protection de toute sorte pour ne pas se faire prendre au dépourvu et avait même rangé à côté de son étui à baguette une dague pour se défendre au corps à corps.

Mais rien qui n'aurait pu le préparer à la scène sur laquelle il tomba.

-Mes félicitations ? hésita Sirius

-Oh, Sirius ! fit Eleanor en éclatant en sanglots. Tu es venu !

-Pourquoi je ne l'aurais pas fait ? fit Sirius. Nous sommes amis ! Par contre, pourquoi tu ne m'as pas dit que tu attendais un enfant ?

-Est-ce que tu peux le prendre le temps que je me rafraîchisse ? pria Eleanor

Perdu, Sirius se retrouva avec dans les bras un minuscule bébé d'à peine quelques heures. Il le berça doucement en prenant place dans un fauteuil et visiblement, ça ne semblait pas lui déplaire puisqu'il ne bougea pas d'un pouce. La jeune femme revint quelques minutes plus tard.

-Il est magnifique, félicita Sirius. Comment s'appelle-t-il ? Ou elle ?

-C'est un garçon, sourit tristement Eleanor. Il n'a pas encore de nom, j'attendais que son père vienne pour cela.

-Où est-il ? fronça des sourcils Sirius. Il devrait être là !

-Sirius, soupira Eleanor. Promets-moi de m'écouter jusqu'au bout avant de t'énerver.

-Eleanor … fit Sirius.

-Promets, insista Eleanor.

-D'accord, soupira Sirius. Vas-y.

-Cela fait quatre ans que nous nous fréquentons, n'est-ce pas, sourit douloureusement Eleanor. Seulement, je n'ai pas été totalement honnête avec toi à ce moment-là. Notre rencontre n'a jamais été totalement innocente. Elle a été provoquée par mon oncle et l'un de ses grands amis, Dumbledore.

Sirius serra les dents. L'histoire lui plaisait de moins en moins.

-Contrairement à mon oncle, mes parents et moi n'avons jamais apprécié Dumbledore, poursuivit Eleanor. Ma mère a refusé que je sois présente quand ils allaient voir Cubert quand ce vieux bouc a commencé à vouloir me faire rencontrer des potentiels partenaires. J'avais douze ans.

Sirius hocha la tête pour la pousser à continuer.

-Mes ASPIC en poche, j'ai quitté la maison et j'ai fait ma vie, fit Eleanor. Mais quand mes parents sont morts, il y a six ans, j'ai dû retourner dans la maison de mon enfance pour les obsèques. Malheureusement, j'y étais attendue par Cubert mais également par Dumbledore. Ils m'ont forcé à contracter un Serment Inviolable.

Sirius sursauta et le bébé s'agita. Distraitement, il se mit à le bercer tout en fixant la jeune femme à s'expliquer.

-Je devais parvenir à me rapprocher de toi jusqu'à ce que je devienne ton amie, révéla Eleanor. Un fois cela fait, je devais parvenir à devenir ta femme et porter ton premier enfant. A ce moment-là, je devais exécuter tous leurs ordres, notamment éduquer cet enfant selon leurs directives et non les tiennes.

-Mais nous en avions déjà discuté, rappela Sirius.

Alors que les premières rumeurs concernant leur éventuel couple leur parvenaient, ils en avaient parlé et tous les deux avaient admis qu'ils ne comptaient pas avoir de relation plus poussée.

-Nous oui, confirma Eleanor. Mais pour Cubert et Dumbledore, je ne faisais pas assez d'efforts. Alors ils ont décidé de … m'aider.

Sirius pressentit le pire.

-Tu te souviens de cette soirée où nous avions trop bu et qu'on a mis du temps à rentrer au manoir Black ? sourit pauvrement Eleanor

-Le vin était excellent, avoua avec reluctance Sirius.

-Notre ivresse n'était pas accidentelle, avoua Eleanor. Je l'ai compris quand j'ai vu Cubert quelques minutes après qu'on ait quitté le restaurant. Il nous a figés et emmenés dans un endroit que je n'avais jamais vu où Dumbledore. Je n'ai compris leurs intentions que quand il m'a fait boire une potion contre l'ivresse et que Dumbledore t'a déshabillé.

-Un viol, comprit Sirius d'une voix rauque.

-Pas dans le sens habituel, confirma Eleanor. Ils nous ont forcés à avoir des relations sexuelles et dès que tu éjaculais, ils vérifiaient que tu l'avais bien fait en moi.

-Ils … siffla Sirius.

-Je sais, soupira Eleanor.

Leur comportement avait été innommable et Sirius était dans un sens bien content de n'en avoir aucun souvenir. Visiblement, Eleanor se sentait coupable d'avoir violé son ami mais aussi de voir son oncle trahir ouvertement son confiance et ses liens de sang pour satisfaire son « ami ».

-Heureusement dans un sens, ce fut la bonne, railla Eleanor. Dès qu'ils ont eu la confirmation que j'étais enceinte, ils m'ont enfermé chez moi et ont posé de nombreux sorts pour que je ne m'enfuie pas voire que je me suicide. L'idée m'a traversé plusieurs fois, tu sais.

-Tu as été suivie ? demanda Sirius. Médicalement parlant j'entends.

-Encore heureux, renifla Eleanor. C'est la même personne qui m'a fait accoucher hier.

-Pourquoi je suis là ? demanda Sirius

-Il n'a jamais été dans mes intentions de me laisser manipuler par Cubert et par Dumbledore, ricana faiblement Eleanor. Je ne voulais pas de cet enfant car cela voudrait dire que j'avais trahi ta confiance mais je veux encore moins qu'il soit sous la coupe de ces deux Sorciers. Quand les contractions ont commencé, Dumbledore a dû faire tomber tous les sorts qu'il a placés ici pour m'empêcher de fuir et il ne va pas tarder à venir les remettre en place et soumettre cet enfant. Si tu es là, c'est pour prendre soin de cet enfant sans que Dumbledore ne lui souffle dans le cou.

-Et toi ? demanda Sirius

-Je … fit Eleanor.

Mais la porte d'entrée s'ouvrit violemment. Sur ses gardes, Sirius sauta sur ses jambes, protégeant le bébé.

-Ma très chère nièce, sourit le Sorcier qui venait d'entrer.

-Je ne suis plus votre nièce depuis que vous m'avez vendu à Dumbledore ! cracha Eleanor

-Albus est un grand Sorcier ! protesta Cubert

-Tellement grand qu'il n'a pas hésité à ordonner le viol d'un lord Sorcier ? railla Eleanor. A m'imposer une grossesse que je ne veux pas ?

-Allons, Eleanor, fit une nouvelle voix.

-Dumbledore ! cracha Eleanor. Il ne me semblait pas vous avoir invité chez moi ! Ni toi, Cubert !

-Tu as prêté serment, rappela sèchement Albus. Donne-nous l'enfant !

-Non ! gronda Eleanor

Elle voulut se lever mais elle eut un vertige. Prévenant, Sirius se porta à ses côtés pour la soutenir.

-Que fais-tu ici Sirius ? grogna Albus

-Je suis ici pour rendre visite à la mère de mon fils, rétorqua Sirius. J'ai donc plus de légitimité à être ici.

Le vieux Sorcier brandit sa baguette et Sirius se plaça devant Eleanor, le bébé dans les bras. Il avait rapidement compris qu'il ne ferait jamais de mal à l'enfant qui était son ticket vers le patrimoine Black. Alors que personne ne bougeait, ne sachant que faire, Eleanor se coula sur la gauche de Sirius pour embrasser tendrement son enfant avant de coller ses lèvres sur celles de Sirius.

-Pars, supplia Eleanor à travers un murmure. Protège-le. Je ne serais plus là pour le faire. Merci de m'avoir offert ce cadeau, même contre ton gré.

-Eleanor … souffla Sirius.

Elle lui offrit un sourire triste avant de se tourner vers Cubert Faussecreth et Albus Dumbledore.

-Sur ma magie, je refuse de lier ma vie à Sirius Orion Black ! rugit Eleanor

Les trois Sorciers écarquillèrent des yeux en comprenant ce qui était en train de se passer. Sirius eut juste le temps de laisser une larme couler avant de transplaner le plus loin possible.

L'instant suivant, la maison explosa.