Chapitre 19: Conséquences
Narcissa ouvrit doucement les yeux. Elle tenta de bouger les jambes et les bras mais chaque mouvement était d'une douleur extrême, comme si elle avait des courbatures en dix fois pires. Elle grimaça. Mais sa douleur s'atténua quelque peu lorsqu'elle vit qu'elle était dans sa chambre, dans sa maison. Elle n'était plus dans cet affreux camp. Cela lui décrocha un sourire timide. Elle se redressa un peu, sous un effort presque surhumain. Elle comprit que se lever était peine perdu. Elle devait attendre que quelqu'un vienne la voir pour qu'elle puisse comprendre ce qui se passait exactement. Elle se rappelait de Gideon Prewett, de Regulus, de Cassiopée et de Potter. Elle se remémora le Doloris qu'elle avait subi. Elle se sentait mal, dégoûtée par la tournure que ce camp avait pris, de cette soirée d'horreur, d'avoir subi ça alors qu'elle était innocente. Mais les mots de Gideon résonnaient dans sa tête. Malgré tout, il y avait une part de vérité dans ses paroles. Probablement tous ses amis, et sa sœur, avaient participé au massacre du camp. Sa tête tournait, elle avait des hauts de cœur et sa vision était trouble. Elle se résigna à se recoucher et attendre sagement que quelqu'un lui vienne en aide.
Ça ne tarda. Doucement, son père ouvrit la porte. Il croisa le regard de détresse de sa fille mais sourit tout de même en voyant qu'elle était réveillée. Il s'approcha et lui caressa tendrement la joue. Cette marque d'affection était un signe d'un amour profond. Monsieur Black n'était pas du genre démonstratif. Et il avait transmis ce trait de caractère à Narcissa. Par conséquent, le geste qu'il venait de faire prouvait son inquiétude et son amour pour sa petite fille, sa petite étoile. Il lui tenait la main et compris toutes les interrogations muettes de Narcissa.
- Écoute Cissy, commença-t-il doucement mais gravement, je ne vais pas t'épargner la lourde vérité qui rugit derrière la porte de ta chambre. Bulstrode t'a directement ramené ici, le docteur est passé juste après. Tu n'as rien de grave seulement un gros manque d'énergie et un traumatisme dû au…
Parler de ce qu'avait subi sa fille semblait impossible tant cela paraissait inimaginable. Comment quelqu'un aurait pu lui vouloir du mal ? Il toussota, remit sa cravate noir en place et reprit.
- Prewett est à Azkaban provisoirement pour utilisation d'un sortilège imprononçable. Il va être jugé dès que tu pourras témoigner. Nous ferons en sorte qu'il croupisse là-bas pour le restant de ses jours, affirma-t-il avec conviction. Quant au reste… Le camp à été annulé, les élèves de Poudlard ont fini leur vacance et Dumbledore refusait de leur laisser quelques jours supplémentaires pour se remettre, Regulus est donc reparti mais il t'a laissé une lettre, annonça-t-il en désignant l'objet qui se trouvait sur la table de chevet. Tout le monde à été méticuleusement interrogé par les aurors et ta sœur a été fortement soupçonné d'avoir participé au massacre, elle est aussi à Azkaban en attendant son audience. On est un peu accaparé par cette histoire… avoua-t-il visiblement épuisé et épargnant les détails judiciaires qu'il devait subir. Les aurors veulent t'interroger aussi. Malefoy est venu plusieurs fois mais lui aussi a été soupçonné, son audience est passé ce matin et il a été jugé non coupable pour toutes les accusations. Caractacus est aussi venu une fois, il avait l'air étrange, informa-t-il mais sur le ton du détail. Pour le reste... il soupira. Il y a eu une dizaine de morts et autant de blessés, les autres ont réussi à partir ou se cacher. Et parmi les victimes, il y avait ton amie Ophélia, je suis vraiment désolé. Il y a une dernière chose que tu dois savoir, peut-être la plus dur pour toi. Ta mère… elle est à Sainte Mangouste en soin intensif et les docteurs ne sont pas confiants… dit-il la voix grave et les yeux éteints.
Tout s'effondrait un par un. Elle se sentait mal pour Gideon qui, malgré tout, avait ses raisons. Maintenant il était l'ennemi numéro 1 de sa famille et tout ça par sa faute. Et sa sœur qui était soupçonnée et qui était sûrement en train de devenir folle à Azkaban… Narcissa était quasiment sûre qu'elle avait participé et elle sentait que son père pensait à peu près la même chose mais tout cela prenait une tournure inquiétante. Et Lucius, lui aussi était un mangemort ? Si tôt ? Et Ophélia, sa tendre et douce Ophélia qui était… Et sa mère ! S'en était trop. Les larmes prirent le dessus alors que son père la prenait doucement dans ses bras. Narcissa avait appris à dissimuler ses émotions, ses très fortes émotions, il ne servait à rien de se dévoiler aux autres, de montrer ses faiblesses. Son père était un modèle d'impassibilité tandis que sa mère était le contraire, un livre ouvert où chaque douleur se reflétait sur son être. Et désormais et ultimement, sa mère écrivait la dernière page de sa vie et tout le monde le savait.
Une nouvelle fois Narcissa ressentait un vide se creuser. Andromeda l'avait quitté, Caractacus s'éloignait d'elle, Ophélia l'avait affreusement quitté, sa mère était sur le point de la quitter, et bientôt Bellatrix la quitterait pour se marier ou pour Azkaban. Il ne lui restait que son père, Karen et Lucius. Quoiqu'elle devait être certaine de pouvoir se reposer sur lui. Leur relation avait été construite si étrangement et rapidement qu'elle ne pouvait s'en remettre entièrement à lui.
- Département de la justice magique, annonça la voix de l'ascenseur.
Narcissa sortie. Impassible, droite, et prête à faire face à une famille de dragons. Elle s'avança vers un petit bureau où une femme aux grosses lunettes lisait divers documents, faisant comme si elle était d'une importance primordiale dans le département. Il ne s'agissait que d'une secrétaire. Cependant, elle sentit l'air supérieur que prenait Narcissa et d'un air visiblement agacée, elle daigna lever la tête et lui faire face.
- C'est pourquoi ? cracha-t-elle.
- J'ai été convoquée, commença-t-elle mais sous le regard interrogateur de la secrétaire elle continua. Pour un interrogatoire, avec Fleamont Potter.
- Attendez là, il va venir vous chercher, répondit-elle en désignant une des quatre pauvres chaises qui se trouvaient non loin de là.
Elle rédigea une note qu'elle accrocha sur un hibou de service qui se trouvait juste à sa droite. L'oiseau s'envola rapidement. Pour passer le temps, Narcissa prit en main La Gazette du Sorcier qui était posé sur la chaise à côté d'elle. "Dumbledore l'avait prédit, Minchum accuse !" Était le gros titre. Narcissa se mit à le lire l'article en détail "Le professeur Dumbledore, directeur de l'école de sorcellerie de Poudlard avait bien annoncé qu'une catastrophe allait survenir dans ce camp. Originellement prévu pendant la période scolaire, le directeur avait catégoriquement et inlassablement refusé de laisser certain élèves figurant sur le registre des sangs-purs manquer des cours. Il avait désigné ce camp comme étant la pire idée de l'année des sorciers britanniques et avait dénoncé la dangerosité d'un tel rassemblement. Les organisateurs avaient donc dû déplacé leur évènement aux vacances scolaire ce qui n'avait pour autant pas rassurer le sorcier de renom qui avait une nouvelle fois protesté avec une partie de l'opinion face à ce qui était désigné comme étant le plus grand évènement de discrimination de Grande-Bretagne. Ce rassemblement controversé de sangs-purs avait pourtant été approuvé et encadré sur certains points par le ministère. Si pour Dumbledore et ses partisans le drame de la fin du camp est dû aux tensions entre sangs-purs qui reflètent les tensions actuellement présentes dans la communauté magique britannique, le principal opposant à la ministre de la magie dénonce lui "un manque d'organisation, de rigueur" et insiste sur "l'incapacité des forces présentes au moment de l'attaque à cause du laxisme d'un gouvernement dépassé et incapable de faire face à une situation d'urgence". Il affirme que les priorités de la ministre Eugénia Jenkins ne sont pas les bonnes et que ce tragique évènement confirme son manque de compétence vis-à-vis d'une crise de l'ordre de la sécurité nationale. Les avis et opinion divergent quant aux raisons. Aucun membres du gouvernement n'a souhaité s'exprimer et à l'occasion d'un déplacement en Irlande pour la fête du farfadet, la ministre de la magie Eugénia Jenkins a assuré avoir "toute confiance en son ministre de la Justice magique et chef des Aurors, Monsieur Potter". Depuis presque quinze jours, Fleamont Potter et son équipe mènent des enquêtes approfondies et longues qui vise à rétablir avec exactitudes les faits, les coupables, leur raison. Bien sur cette tragédie est un élément de plus à rajouter pour les aurors dans leur investigation autour des méfaits terroristes de plus en plus fréquents liés au mage noir." Narcissa n'eut pas le temps de continuer sa lecture puisque le hibou revint avecà sa suite Fleamont Potter. Il s'avança vers Narcissa, lui serra la main et l'invita à le suivre. Il avait pris toute l'affaire en main, gérant tous les interrogatoires et arrestations. Il avait l'air épuisé, ces dernières semaines avait dû être les pires de sa carrière. Ils traversèrent une allée de bureaux où plusieurs enquêteurs et aurors écrivaient leurs rapports. La salle d'interrogatoire se trouvait tout au fond du couloir. À l'invitation de Potter, Narcissa entra et alla s'asseoir sur une chaise déplorable en face d'une table sobre et mal éclairée par une seule ampoule juste au-dessus. Le chef des aurors s'assit en face d'elle et lança un sort d'enregistrement.
- Bien, vendredi 26 Mars 1973, 15h15, interrogatoire de Narcissa Black par Fleamont Potter. Vous êtes ici pour éclaircir vos agissements lors de la nuit du vendredi 12 Mars, pour donner votre version des faits quant à l'agression de Monsieur Gideon Prewett sur votre personne et enfin pour réagir aux accusations de trahison de votre sœur, Bellatrix Black et Lucius Malefoy ainsi que d'autres potentiels Mangemorts que vous pourriez connaître. Etes-vous prête ? demanda-t-il sans vraiment s'en soucier.
Narcissa savait que ça allait être long mais elle était prête à tout affronter. Cela faisait presque deux semaines qu'elle s'y était préparé. Nott avait prolongé son ordonnance d'une semaine ce qui lui fournissait une excuse pour retarder son interrogatoire. Elle avait longuement parlé avec son père et son conseiller ainsi que l'avocat de sa sœur et de Lucius qui était assigné à résidence et qu'elle n'avait pas eu l'occasion de revoir.
Elle hocha positivement la tête.
- Nous allons donc commencer par la soirée du vendredi 12 Mars. Où étiez-vous lorsque le massacre a commencé ?
- À la fin du match de Quidditch je suis allée raccompagner mon cousin Regulus Black à sa tente avant de me rendre à la mienne. Il ne faisait pas beau et je voulais me reposer avant l'heure du dîner, expliqua-t-elle clairement et simplement.
- Pourquoi avoir raccompagné votre cousin ? Vous l'a-t-il demandé ? creusa l'auror.
- Non, j'ai jugé bon de ne pas le laisser seul sur le chemin. Il semblait aussi fatigué que moi et je suppose que mon côté maternel a pris le dessus, se défendit-elle.
- Bien, aviez-vous remarqué un quelque qu'onc détail qui annonçait l'attaque ?
- Non, l'ambiance était tendue dû aux duels et au match de Quidditch mais à part ça je n'ai rien remarqué, mentit-elle.
- Bien continuez.
- Nous étions à peine arrivés à la tente de Regulus que nous avons entendu des cris. J'ai d'abord pensé que certains fêtaient le match de Quidditch assez bruyamment mais j'ai vite compris que ses cris n'étaient pas des exclamations de joie. On a ensuite entendu des explosions et là j'ai vraiment commencé à m'inquiéter. Lorsque nous sommes sortis de la tente, nous avons vu la marque et nous avons compris ce qu'il se passait. Avec Regulus à mes côtés, il m'était impossible de transplaner alors j'ai pensé aux balais. Les seuls qui se trouvaient sur camp à ma connaissance étaient dans les vestiaires du stade. Je pensais que c'était notre seule solution. Alors nous avons couru jusque-là.
- Vous étiez consciente que c'était spécifiquement vers cet endroit que l'attaque se déroulait ?
- Oui.
- Et vous y êtes quand même allée ? Avant de poursuivre, plusieurs témoins vous ont vu tenant votre baguette et…
- Tout le monde avait sa baguette à la main, que ce soit pour se défendre ou pour attaquer, que vouliez-vous que je fasse ? Que j'attende un mandat pour pouvoir passer librement sur le champ de bataille sans risquer ma vie ou celle de mon cousin ? Si tenir sa baguette lors de ce genre d'évènement est un délit, arrêter tous les participants du camp voir tous les sorciers. Je ne vois pas en quoi tenir ma baguette est suspect ou exceptionnel, cracha Narcissa, sidérée par une accusation aussi ridicule.
- Si vous n'avez rien à vous reprocher, vous ne verrez aucuns inconvénients à ce que nous vérifions les derniers sorts lancés par votre baguette, rétorqua-t-il malicieusement.
- Aucun.
- Parfait. D'autres témoins vous ont vu faire face à un assaillant mais ce dernier ne vous a pas attaqué. Un témoin affirme même que votre cousin a menacé le mangemort en lui disant qu'il aurait des comptes à rendre à la famille Black et au… mage noir. Confirmez-vous ? demanda-t-il visiblement impatient d'entendre la réponse de la jeune femme.
- Que se soit positif ou négatif, le nom Black effraie. En attaquer deux n'est probablement pas bon pour eux car si notre famille se mêle de cette guerre cela pourrait prendre un très mauvais tournant pour ceux qui nous attaque. Alors oui, nous étions démunis face à cet expert en magie noir et Regulus nous a sauvés par ses paroles. Cependant je peux vous assurer qu'il n'a pas fait allusion à vous savez qui, répondit-elle convaincue et fière de la renommée de sa famille.
- Vous vous êtes ensuite retrouvés dans les vestiaires ? continua Potter, impassible.
- Exacte. Nous pensions être sauvés.
- Et Gideon Prewett est arrivé ?
- Oui, je crois qu'il nous avait vus un peu plus tôt et il pensait sûrement qu'on se cachait. Il était très énervé, hors de lui pour être plus précise. Il pensait que notre famille et nos amis faisaient partie de ces… mangemorts, expliqua-t-elle en jouant le dégoût sur le dernier mot. Il voulait nous punir pour ça. Je ne pensais pas qu'il en était capable, mais il m'a largement prouvé le contraire. Il m'a lancé le sortilège Doloris. Je suppose que vous avez vérifié sa baguette. Puis après qu'il ait dérobé la baguette de Regulus, Cassiopée Black est arrivée. Elle l'a fait s'excuser et vous êtes ensuite arrivé.
- Gideon Prewett va être jugé pour l'utilisation d'un sortilège impardonnable. Mais, en plus de ce jugement, souhaitez-vous porter plainte contre lui pour agression ?
Narcissa mit quelques instants avant de répondre.
- Non, répondit-elle seulement sous le regard étonné de Potter.
- BIen. Nous allons passer aux accusations concernant Bellatrix Black, votre sœur. Pensez-vous qu'elle soit une partisante du mage noir ? enchaîna-t-il.
Narcissa rit intérieurement, pensait-il vraiment qu'il soit possible qu'elle réponde oui ?
- Il faut que vous sachiez quelque chose, commença-t-elle avec un regard déterminé. Je suis certaine qu'au moins une dizaine de personne ont affirmé qu'elle avait participé négativement à l'attaque. Je ne peux pas lui donner d'alibi, je ne savais pas où elle était. Elle est donc la cible parfaite. Elle était furieuse après avoir perdu aux duels et on ne l'a pas revu après. Bellatrix est impulsive, bornée, entière, d'une humeur exécrable à peu près tout le temps, elle est agressive et froide mais ce n'est pas une meurtrière. C'est une Black, et je vous l'ai déjà dit, les Blacks n'ont pas pris part à cette guerre civil qui se prépare. Si l'on nous attaque, nous répondons mais toujours de façon légale et la plus élégante et droite possible. La chose dont je suis certaine c'est qu'elle aime sa famille et qu'elle serait capable de n'importe quoi pour la protéger mais aller à Azkaban simplement sous le coup de l'énervement où à cause d'une idéologie moyenâgeuse ne lui permettrait pas de le faire et ce serait idiot de sa part. Or, ma sœur est loin d'être idiote. Et je suis aussi certaine que vos témoins ne sont pas non plus très objectifs vis-à-vis de ma sœur puisqu'elle n'avait pas que des amis, cela ne m'étonne pas que certain profite de cet évènement pour l'incriminer.
- Je vois, commenta-t-il plus ou moins convaincu. Et concernant Malefoy et les frères Lestrange, quel est votre avis ?
- Je ne connais pas vraiment Lucius Malefoy...commença-t-elle.
- J'ai pourtant entendu dire que vous étiez fiancé et selon certaines sources vous auriez commencé une relation amoureuse, la contredit-il.
- Une source ? répéta-t-elle s'imaginant déjà la discussion qu'elle aurait avec Cassiopée. C'est plus ou moins exact. Nous avons appris à nous connaitre cette semaine et par conséquent je ne peux affirmer ou démentir quoi que ce soit sur une personne que je connais depuis si peu de temps. Et puis, de ce que je sache, son audience est déjà passée et il a été largement prouvé qu'il était innocent.
Potter grogna un oui, invitant Narcissa à passer aux frères Lestrange.
- Je connais un peu Rodolphus car il va bientôt se marier à Bellatrix mais à part un jeune sorcier aimant et doué, je ne peux rien vous dire de plus sur lui et encore moins sur son frère.
- Et auriez-vous une idée de qui aurait pu participer au massacre ?
- Une personne ayant aussi participé au camp ? Non, vraiment, nous sommes encore des enfants pour la plupart, je ne vois personne tuer des jeunes sorciers de sangs purs avec qui ils ont passé une semaine.
- Bien, je crois que nous avons fini. Nous allons vérifier votre baguette et vos empreintes et si nous avons à nouveau besoin de vous nous vous enverrons une lettre. Fin de l'interrogatoire de Narcissa Black du 26 Mars 1973, 15h35.
Il se leva et ouvrit la porte à Narcissa. Il l'accompagna aux bureaux des empreintes et des vérifications de baguette. Une fois tout en ordre, il la raccompagna jusqu'à l'ascenseur.
- Nous nous verrons à l'audience de Prewett, d'ici là, portez-vous bien, lui dit-il poliment en lui serrant la main.
"Bellatrix Black innocentée" était le gros titre de la Gazette du Sorcier du 1er Avril. Une blague ? Non, c'était bien vrai, sa sœur allait revenir à la maison et elle n'était plus considérée comme une mangemort, par le ministère du moins. Narcissa replia le journal et mit sa blouse d'infirmière dans son casier. Elle avait accepté l'offre de Nott et elle occupait bien ses journées désormais. Après le camp et les différentes audiences, ça avait été un véritable besoin de se changer les idées et de ne pas rester enfermée dans la maison. Etre coincé dans sa maison à attendre que la vie et les drames passent, voilà ce qui était en train de tuer sa mère et elle se refusait à devenir comme elle. Elle n'avait pas revu ni Caractacus, ni Malefoy ni Cassiopée. Si Beurk et sa cousine l'évitaient soigneusement, Lucius, en revanche, était dur à fuir. Il venait régulièrement chez elle ou à l'hôpital. Narcissa trouvait toujours un moyen de ne pas lui adresser la parole mais elle savait que son stratagème n'allait pas durer éternellement. Cependant, elle entretenait une sorte de peur à l'idée de le voir, c'était comme si elle retournait au camp, comme si elle restait bloquée sur les tragiques évènements qui s'étaient produits là-bas, comme si elle ne pourrait plus jamais aller mieux en le revoyant et en repensant à tout ça. Et puis elle craignait qu'il lui raconte ce qui c'était passé pour lui, cette nuit-là. Elle savait pourtant ce qu'il avait fait, elle l'avait vu se tenir le bras lors du match mais elle ne voulait pas l'entendre dire à haute voix. C'était pour ça aussi qu'elle n'avait pas vraiment envie de revoir Bellatrix. Elle sentait la tempête venir avec son retour et écraser la tranquillité qui s'était installée. Il n'y avait que son père, Karen et elle. Sa mère était toujours en soin à Sainte Mangouste et c'était aussi l'une des raisons qui avait poussé Narcissa à accepter le poste. Elle avait aussi pu revoir quelques blessés du camp, Corban Yaxley, à son grand désarroi, James Potter qui s'était pris pour un héros et qui avait des visites de ses amis tous les week-ends, sous autorisations. Elle pouvait ainsi voir Sirius mais aussi la petite rousse qu'elle avait fait chanter lorsqu'elle était élève. Elle lui rappelait Ophélia. L'enterrement de cette dernière et de son frère avait eu lieu quelques jours auparavant, et Narcissa avait été étonné que Caractacus ne fasse même pas une apparition, elle trouvait même ça insultant. Elle avait tant pleuré, elle s'était senti tellement seule. Et voir cette famille en deuil, cette famille si belle et si grande qui avait perdu en une soirée deux enfants. Laurence été promit à un si grand avenir, si brave, si calme et si intelligent. Il s'était marié quelques semaines avant le camp, avec une moldue. La pauvre veuve n'avait même pas été invité et Narcissa soupçonnait qu'elle n'ait reçu un Oubliette ce qui rendait la situation encore plus triste. Octavia qui était elle aussi tombée cette nuit-là, et devant les yeux de Narcissa, n'avait même pas été mentionnée dans la nécrologie d'Ophélia, il semblait que cela arrangeait tout le monde. Cet enterrement n'avait pas atténué la peine de la cadette des Black, au contraire, elle en était ressortie frustrée et encore plus malheureuse qu'avant. Elle avait passé deux jours enfermée dans sa chambre à pleurer et elle avait finalement réussit à se calmer en écrivant sa lettre d'adieu à son amie. Elle était ensuite allée au cimetière et avait déposé la lettre près d'Ophélia, comme un dernier et véritable au revoir. Et l'après-midi même, elle avait commencé à travailler, espérant ne plus jamais retrouver la peine qu'elle avait eue tantôt.
Elle n'était pas allé voir Andromeda non plus qui avait pourtant trouvé un moyen de l'inonder de lettres, elle était inquiète au possible et suppliait sa sœur de venir lui rendre visite. Mais chaque journées étaient épuisantes pour Narcissa, être l'infirmière de Nott n'était d tout repos. Elle courait d'un service à l'autre, allant chercher des archives, des grimoires, médicaments ou docteurs. Ses journées se finissaient tard et après être rentrée, elle se couchait directement redoutant positivement la journée du lendemain.
Cependant, aujourd'hui, Nott l'avait fait terminer plus tôt. Il n'était même pas quatre heures. Et Narcissa n'avait qu'une chose en tête, aller retrouver sa sœur. Elle transplana à la gare et prit un train en direction de Darlington. Elle avait envoyé un hiboux express pour informer sa sœur de sa venue pour qu'elle vienne la chercher à la gare et en sortant du train elle fut saisi d'un joie inconcevable en la voyant, rayonnante. Elle prit un petit peu des joues et du ventre aussi, c'était évidemment dû à sa grossesse. Elle l'accompagna jusqu'à chez elle, dans un petit lotissement coquet non loin de la gare. La maison était petite et montrait la situation quelque peu précaire du couple. Mais Andromeda l'avait arrangé de tel façon que c'était désormais un endroit très charmant. Narcissa lui raconta tout ce qui s'était passé au camp ainsi que tout ce qui s'était passé avec Malefoy. Puis elles discutèrent des arrestations et jugements. Finalement, personne n'avait été mis sous les barreaux pour ce massacre provoquant des scandales importants et très controversés. On avait pu sentir une rupture dans la communauté magique anglaise. Mais Narcissa n'était pas dupe et assez réaliste, le prochain ou la prochaine Ministre de la magie allait prendre des mesures drastiques et sévères aux vues des derniers événements. Elles parlèrent de leur mère, de Bellatrix, du bébé, de l'hôpital. Les heures défilaient et Narcissa savait qu'elle devait rentrer et revoir sa tendre et charmante sœur qui revenait d'Azkaban. Elle se dire à nouveau au revoir, et Narcissa promis de repasser dès qu'elle le pourrait.
Elle s'éloigna un peu de la maison de sa sœur et transplana jusqu'à la sienne. Il était à peu près 19 heures. Elle enleva son manteau et ses chaussures dans l'entrée et passa directement au salon. Là, qu'elle fut sa surprise lorsqu'elle vit sa sœur, ainsi que les frères Lestranges accompagné de Malefoy et en prime sa cousine.
- Cissy ! cria Bellatrix en lui sautant dans les bras. Désolée, j'ai invité du monde mais j'ai une grande annonce à faire ! s'expliqua-t-elle, impatiente telle une enfant de six ans.
Narcissa semblé plus qu'étonnée d'avoir entendu le mot "désolée" sortir de la bouche de sa sœur, elle se demandait même si elle n'était pas sous drogues. Et puis elle eut à peine le temps de se rendre compte de la situation que Bellatrix reprit la parole.
- Bien, maintenant que tout le monde est là, je vais vous annoncer la grande nouvelle. Lors de mon injuste séjour à Azkaban, j'ai réalisé que je n'avais pas toute la vie devant moi et que je vous aimais vraiment tous.
Narcissa crut qu'elle était sous l'effet d'un Imperium tant de telles paroles venant d'elle semblait invraisemblables. Elle vit Cassiopée presque s'étrangler avec son jus de citrouille et son père avec une mine perplexe attendre la suite.
- Et donc, reprit-elle, j'ai décidé de ne plus attendre, avec Rodolphus, nous allons nous marier le weekend prochain !
