Chapitre 20: Une obscure réalité

Bellatrix se précipita dans les bras de son amant qui allait devenir son mari. Narcissa avait toujours pensé que leur relation était malsaine mais voir sa sœur aussi épanouie en déclarant son union avec lui, prouvait à l'infirmière que Bellatrix pouvait toujours l'étonner même après toutes ces années passées ensemble. Rabastan, son père et elle applaudirent, accompagnés de Malefoy et Cassiopée qui se tenaient l'un à côté de l'autre. C'était bête de la part de Lucius de se tenir à côté d'elle au moment où il avait l'occasion de parler à Narcissa. D'ailleurs, cette dernière ne comprenait absolument pas la présence des deux dans la maison à l'occasion de cette annonce. Elle prit sa sœur un peu à part, discrètement, prétextant une information importante à propos de sa mère. Son père se joignit à la conversation, inquiet malgré son air d'indifférence naturel. Ils étaient dans le cellier, laissant Karen se débrouiller avec les invités.

- Pourquoi Malefoy et Cassiopée sont là ?

- Rodolphus et Lucius sont amis et je crois qu'il veut le prendre comme témoin et pour Cassiopée…

- C'est moi qui lui ai demandé de venir, déclara son père. Nous avons déjà assez de problèmes comme ça alors si entre nous on se divise, nous courrons à notre perte. Peu importe vos antécédents, même si c'est hypocrite sachez que la famille peut vous sauver la vie.

Ses deux filles le regardaient, étonnées face à la sincérité de leur père. Mais il repartit vite, jugeant qu'il n'avait pas de compte à leur rendre. Bellatrix haussa les épaules et commença à partir à son tour mais sa petite sœur la retint.

- Bellatrix, je n'ai pas eu l'occasion de te le dire mais, bienvenue à la maison, lui souffla-t-elle tendrement alors qu'elle la prenait dans ses bras. Mais ne me quitte plus jamais comme ça, compris ? menaça-t-elle plus ou moins sérieusement pointant sévèrement mon doigt dans sa direction.

Les deux jeunes femmes rigolèrent et sortirent en même temps. Ils passèrent ensuite tous à table. Rodolphus et Bellatrix étaient à côté, évidemment. Narcissa s'était placée entre son père et sa sœur et elle eut la malheureuse surprise d'avoir Malefoy et Cassiopée en face d'elle. La jeune Black ne leur prêta pas un regard, jugeant que ce n'était pas le moment de régler ses comptes. C'était le moment de Bellatrix. Cette journée était en fait excellente; sa sœur était libérée, elle avait pu rendre visite à Andy, Bellatrix rayonnait à l'idée de se marier et son père semblait lui aussi apprécier cette perspective. Cependant, le sujet interdit arriva.

- Au final, le seul qui croupit en prison c'est Prewett, c'est bien fait pour lui. S'il n'était pas à Azkaban je le ferai brûler vif, cracha-t-elle en faisant en sorte que Cassiopée réagisse.

- Si tu le fais c'est toi qui retourneras dans cet affreux endroit, la mit-elle en garde, en buvant une gorgée d'eau avec un ton supérieur.

- De toute façon je ne peux pas le faire, les détraqueurs ne me laisserait pas l'approcher, ria-t-elle vicieusement.

- Le problème Bellatrix c'est que Gideon n'est pas avec les détraqueurs, annonça Cassiopée, posant sa fourchette.

Toute la table se figea, le sang de Narcissa ne fit qu'un tour et elle suppliait du regard sa cousine pour ne pas qu'elle en dise plus. Celle-ci ignora royalement cet appel au secours et reprit.

- Il a été jugé pour avoir utilisé un sortilège interdit et le verdict lui a donné une liberté conditionnelle en l'assignant à résidence et avec un retrait de sa baguette pour les 150 prochaines années. Mais il n'ira pas croupir en prison en raison de circonstances atténuantes.

- De circonstances atténuantes ? répéta furieuses Bellatrix. Et alors, il a été jugé pour l'agression de Narcissa, et c'est quoi le verdict ?

- Ce jugement n'a pas eu lieu Bellatrix, et n'aura jamais lieu, annonça droit dans les yeux sa cousine.

- Comment ça ?

- En fait, commença Narcissa qui s'était faite toute petite à côté de sa sœur qui grondait, je n'ai pas porté plainte, expliqua-t-elle simplement.

Elle vit les yeux de Bellatrix s'arrondirent comme jamais et ses poings se serrer entre sa baguette. Des spasmes de colère emportaient son corps et elle s'était levée en faisant face à sa sœur.

- Pourquoi tu as fait ça ? demanda-t-elle, se contenant du mieux qu'elle pouvait. POURQUOI ? lâcha-t-elle.

- Parce qu'il avait des circonstances atténuantes, répondit simplement et doucement Narcissa.

- Pardon ?! gronda Bellatrix.

Narcissa plongea son regard de glace dans les pupilles enflammées de sa sœur. Elle se leva calmement. Tout le monde s'attendait à ce qu'elle éclate et qu'elle assume enfin ce que tous les autres savaient depuis deux semaines.

- J'ai eu une journée épuisante, je vais me retirer, bonsoir, annonça-t-elle sereinement devant le regard ébahi de sa sœur.

Cassiopée dissimulait un sourire et Lucius s'était à son tour lever, voulant certainement retenir sa belle, mais par conséquence, attirant l'attention.

- Il se fait tard et j'ai une réunion importante demain, c'était très bon, bonsoir à tous et encore félicitation, déclara-t-il à l'intention des deux futurs mariés.

Il serra la main de Monsieur Black puis parti vers l'entrée où se dirigeait aussi Narcissa. Un peu à l'écart, Bellatrix retint sa sœur, toujours furieuse.

- On en reparlera, compte sur moi.

Et elle repartie à table sous le regard exaspéré de Narcissa. La porte d'entrée était en face de l'escalier et fatalement, les deux plus ou moins fiancés se retrouvèrent seuls, face l'un à l'autre.

- Bon, et bien, bonne nuit, fit Narcissa espérant se débarrasser de lui aussi facilement.

- Il faut vraiment qu'on parle Narcissa.

Ses yeux l'imploraient de lui donner quelques instants. La jeune femme savait que désormais elle ne pouvait plus l'éviter, que ce manège durait depuis trop longtemps. Elle devait aussi avouer qu'elle-même ne pouvait plus le fuir et que cet éloignement avait prouvé à quel point elle s'était attachée à lui. Elle le prit dans ses bras, à la grande surprise du sorcier, attachant ses mains autour de sa taille et reposant sa tête sur son torse. Il saisit l'occasion pour affirmer cette étreinte, même s'il ne la comprenait pas. Il posa une main dans son dos et l'autre sur sa tête où il caressait ses cheveux d'or. Ils restèrent presque une longue minute ainsi, sans bouger ni parler, juste leur respirations et leur souffles qu'ils sentaient l'un contre l'autre.

- Pas ce soir, je suis exténuée, souffla-t-elle dans le coup du jeune homme. Je termine vers 18 heures demain, retrouve moi à St James's Park, lui dit-elle alors qu'il allait protester.

Ils se dégagèrent. Lucius replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille de Narcissa, la regardant amoureusement. Elle prit sa main et posa sa tête dessus en fermant les yeux. Elle aimait la chaleur qu'elle dégageait, l'amour qu'elle transmettait. Puis, Lucius sous un élan de courage l'a quitta et partit en transplanant devant le perron de la maison. Anxieuse et à la fois soulagée, Narcissa se coucha, épuisée par sa journée et épuisée d'avance pour ce qui l'attendait.

- Donnez-moi le flacon de bézoard, demanda Nott en tendant la main.

Sur le petit chariot que traînait Narcissa, les potions étaient rangées par ordre alphabétique. Le plus rapidement possible, la jeune Black prit machinalement un petit flacon sur la rangée B. Elle était habituée à prendre celui-là. Dans le cas de Monsieur Helton, c'était le seul antidote qu'on lui donnait. Il avait été empoisonné de façon assez étrange, assez noir. Cela faisait dix jours qu'il était interné et son état ne semblait ni se dégrader ni s'améliorer. Nott sentait que s'il arrêtait les prises quotidiennes de Bézoard, le vieux bougre n'allait pas tenir. Et il savait que fatalement, l'hôpital ne permettrait pas à une cause perdu de vider indéfiniment les stocks.

Narcissa avait assez vite comprit ce qui attendait le vieux Helton, lui aussi d'ailleurs. Mais il refusait de dire ce qu'il avait subi, et ça aussi, Narcissa avait compris pourquoi. Le seul être capable d'empoisonner une personne à vie, de tester un poison sur un innocent à des fins probablement peu bienfaisante ne pouvait être que lui. Ces temps-ci à l'hôpital, plusieurs cas étranges étaient venus se réfugier et tout le monde sentait la guerre approcher fatalement, doucement, sombrement. Dans le cas de Narcissa, elle n'était pas sensée craindre quoique ce soit mais tous ces pauvres gens et leurs terribles destins donnaient des frissons d'angoisse à Narcissa à chaque fois que les voyait. Elle en faisant d'horribles cauchemars, imaginant sa sœur s et Rodolphus infliger les pires sortilèges sur des innocents. Chacun de ses affreux rêves se terminaient par le regard brûlant de Gideon, et sa voix grave, tremblante de rage qui rappelait à Narcissa qu'elle n'était pas innocente, qu'elle aussi, en appartenant à ses gens, en les laissant faire, elle était coupable. C'était l'une des raisons qui l'avait poussé à ne pas porter plainte contre lui, parce que sa conscience souffrait déjà, elle refusait de le mettre sous les barreaux alors qu'il était aussi d'une certaine façon innocent.

Nott, suivit de son infirmière, s'en allèrent de la chambre. Il était cinq heures et demie et Narcissa à la fois redoutait et avait hâte de revoir Lucius.

- Bien, il va être temps de finir. Je vais m'occuper seul de la 881, rentrez vous mettre au chaud, par ce temps… dit-il en scrutant le ciel pluvieux de Londres.

Narcissa remercia son supérieur et après avoir rangé le chariot à potions, se dirigea vers les vestiaires. Il n'y avait pas grand monde, les infirmières avaient des horaires aléatoires. Narcissa ouvrit son casier où il n'y avait que ses chaussures et un gilet d'entreposés. Tous les matins elle les échangeait contre sa blouse et ses chaussures de services. Puis, chaque soir, elle faisait à nouveau un échange. Elle n'avait pas pris la peine de personnaliser son casier, elle n'avait pas mis de photo ou même son nom sur l'étiquette du casier. Elle savait que c'était le sien, et personne d'autre n'avait à le savoir. Elle ne voulait pas se l'avouer mais porter le nom Black était compliqué ces derniers temps. Non pas qu'elle avait honte, mais elle voulait surtout éviter les problèmes. Elle referma la porte des vestiaires et se dirigea d'un pas nonchalant vers la sortie. Aux yeux des moldus le bâtiment était une clinique spécialisée et les rares qui venaient jeter un œil étaient accueillis de façon à ce qu'ils ne remettent plus jamais les pieds là-bas. L'hôpital se trouvait au cœur de la ville, à quelques rues de St James's Park. Il restait quelques minutes à Narcissa avant l'heure fatidique du rendez-vous. Mais, alors qu'elle nouait son écharpe autour du cou, quelqu'un lui prit l'épaule. Elle se retourna et fit face à Malefoy, rayonnant malgré le temps.

- Par Merlin ! Qu'est-ce que tu fais ici ? On devait se retrouver à St James's Park dans dix minutes ! dit Narcissa, surprise et prise de court comme on pouvait le lire sur son visage.

- Ça fait une éternité que je ne t'ai pas vu, et que je ne rêve que de ça alors je suis venu un peu plus tôt, expliqua-t-il.

- Depuis combien de temps ?demanda Narcissa, curieuse de savoir à quel point il était impatient.

- Oh… peut-être deux heures, un peu plus ?

- Nom d'une chouette Lucius ! Tu aurais pu mourir de froid à rester là à attendre, tu aurais au moins dû entrer ! s'emporta-t-elle face à l'inconscience du jeune homme.

- Peu importe, maintenant nous sommes là tous les deux, dit-il en lui prenant le main. On va au parc ?

Narcissa retrouva le sourire grâce à la légèreté avec laquelle Lucius prenait cette situation, ça lui faisait du bien qu'il soit aussi heureux et elle approuva sa proposition en hochant la tête. Ses doigts étaient entrelacés avec ceux du blond. Cette main qu'elle aimait tellement était froide, prouvant les dires de son possesseur mais pourtant Narcissa se réchauffait à son contact. Elle comprenait désormais pourquoi la distance qu'elle avait mise entre eux commençait à lui peser. Elle lui raconta sa journée sur le chemin, puis arrivés au parc ils allèrent s'asseoir près d'un étang.

- Et tu comptes continuer après ? harshada Lucius.

- Après quoi ? demanda-t-elle, consciente de ce dont il parlait mais intriguée par ce qu'il pourrait répondre à ça.

Il prit les deux mains dans les siennes, avec son sourire idiot et hautain, et ses yeux brillants de malice il répondit théâtralement:

- Après que toi et moi soyons unis pour l'éternité.

Narcissa haussa les sourcils mais son sourire amusé et à moitié dissimulé prouvait qu'elle aimait cette réponse.

- Pour ça il faudrait que tu me demandes en mariage ! Et que j'accepte ! déclara-t-elle, joueuse.

- Si ça ne tenait qu'à moi je t'aurais épousé au bal, annonça-t-il.

Narcissa sentit une pointe d'impatience et de déception dans sa voix. Mais elle refusait de céder, ils avaient encore beaucoup de chose à régler avant qu'ils ne soient unis pour l'éternité. Cependant elle comprenait le désarroi du jeune homme et impulsivement elle l'embrassa. Tout comme les siennes, ses lèvres étaient glacées et pourtant une chaleur l'envahit, comme à chaque fois que leurs lèvres se scellaient. Ce fut un court baiser et, en se dégageant, Narcissa rencontra le regard étonné mais heureux de son sorcier. Puis, revenant à la réalité, elle baissa la tête et prenant son courage à deux mains, elle se risqua à poser toutes les questions qui la tiraillaient depuis longtemps.

- Lucius, il faut vraiment que l'on parle de quelque chose, de plusieurs choses en fait, commença-t-elle. Il faut que je sache, que tu me dises, à quel point tu es impliqué dans la guerre qui approche. Il faut que tu me dises, que tu me raconte ce que tu as fait au camp, le soir du massacre. C'est important pour moi de savoir, enfin plutôt de te l'entendre dire et…

Elle fut coupée par un nouveau baiser. Mais elle le ressentait comme un moyen de la faire taire et cela lui déplut. Elle rompit le lien et se leva, indignée.

- Lucius ! C'est très sérieux !

- Ça n'a pas d'importance, nous nous aimons, c'est tout ce qui compte ! s'insurgea-t-il à son tour.

Il s'était lui aussi levé et avait pris la main de Narcissa, lui caressant de l'autre la joue. Mais la jeune sorcière ne comptait pas se laisser amadouer ainsi.

- Non ! Tu ne comprends pas ! J'ai besoin que tu me le dises, dit-elle au bord de la crise. Comment veux-tu que je t'épouse sans que je sache qui tu es, je veux dire… enfin tu m'as comprise. Comment je pourrais dormir tranquillement alors que j'entends dire que les mangemorts ont fait des nouveaux meurtres et en m'inquiétant jusqu'au sang de savoir si tu fais partit de ce groupe de gens… et… elle ne put se résoudre à finir.

Les beaux yeux de la plus jeune des filles Blacks tremblaient et résistaient du mieux qu'ils pouvaient contre les larmes. Avoir assimilé à voix haute l'homme qu'elle aimait à des meurtriers lui laissait un goût amer. Malefoy savait qu'il devait faire face à toutes ses interrogations et la prit dans ses bras pour la calmer. Puis, comme il avait l'habitude de le faire, il prit son visage entre ses mains, il savait que ce geste apaisait quelque peu la jeune femme.

- Je vais répondre, d'accord ? Calme toi d'abord, il la fit asseoir et il prit quelques instants pour faire le tri. J'ai la marque, commença-t-il en regardant son avant-bras. J'ai été marqué l'été dernier, après ma sortie de Poudlard. Notre famille est puissante, riche et respectée. Il en avait besoin et j'ai appris à considérer cette marque comme un honneur, une preuve de notre supériorité magique. Je ne raffole pas des moldus ni même des nés moldus mais je ne leur ils sont stupides et sans importance. Je n'ai pas à la craindre, je leur suis de toute façon supérieur. Sauf qu'ils commencent à nous dominer et je ne suis pas convaincu qu'ils sauront cléments avec nous, notre race va finir par disparaître Narcissa, c'était mon devoir de sang-pur de réagir. Et puis il est très puissant et stratégiquement, je veux dire, à long terme, je suis persuadé qu'il va gagner, je pari sur la bonne chouette en faisant ça ! essaya-t-il d'expliquer.

- Mais qu'est-ce que tu fais exactement ? Est-ce que tu, je veux dire, tu tues des gens ? creusa Narcissa.

- Non, mon rôle est plus diplomatique. Évidemment il y des missions où j'accompagne les autres mais de manière général je fais jouer mon réseau pour avoir des informations ou pour orienter certaines décisions, tenta-t-il de faire comprendre.

- Et comment as-tu participé la dernière fois, au camp ?

- Au match de Quidditch, on a tous senti la Marque. Dès ce moment, on savait ce qui nous attendait. C'était ta sœur qui avait monté le coup, faisant le lien entre le camp et le quartier général. Ça devait se passer le samedi soir, plus ou moins pendant le bal, quelques détails étaient encore à éclaircir. Mais ta sœur était hors d'elle après le duel et elle la convaincu d'avancer l'attaque. On était prit de court. J'étais chargé, avant ce changement de plan, de m'occuper des enfants, enfin des élèves de Poudlard, ceux qui avaient été mis sur une liste comme tes cousins et de veiller à leur sécurité. Mais avec le nouveau plan, tout le monde devait participer.

- Est-ce que tu as… tué quelqu'un ? risqua à nouveau Narcissa, redoutant la réponse.

- Non. J'ai blessé deux ou trois sorciers, Bilius en a pris pour son grade mais je n'ai participé à aucun des meurtres commis, avoua-t-il sincèrement.

- Et, en dehors du camp, tu as déjà eu des missions, tu as déjà eu à commettre des meurtres ?

- Je ne vais pas te mentir, je ne suis pas tout blanc. Et dans le futur on risque de me demander des choses pires alors il faut que tu sois prête à l'accepter.

Le cœur de Narcissa battait terriblement vite. Sa réponse était évasive et elle n'était pas bien sûre de ce qu'il lui demandait. Elle se leva précipitamment, prise d'une soudaine peur en pensant à l'avenir. Elle n'avait jamais réfléchi à son futur rôle, au rôle de sa famille, de ses amis.

- Je... ça fait beaucoup Lucius, j'ai besoin de réfléchir à tout ça, annonça-t-elle avant de s'éloigner.

- Attends, attends, s'exclama-t-il en la rattrapant. Je… d'accord mais j'ai programmé un dîner, avec mon père demain soir au manoir. Tu viendras ? demanda-t-il, soucieux qu'elle l'évite encore pendant des semaines.

Elle hocha positivement la tête et pour preuve de son attachement au jeune homme, elle l'embrassa avant de s'en aller. Elle prit une ruelle sombre et sans personne et transplana jusqu'à son entrée. Comme elle en avait l'habitude, elle se débarrassa de son manteau, son écharpe et son bonnet puis se dirigea vers le bureau de son père. D'habitude toujours ouvert, ce dernier était fermé et Narcissa n'entendit aucun bruit. Mais, alors qu'elle allait toquer, Bellatrix en sortit, furieuse.

- SI TU OSES FAIRE ÇA BELLATRIX, TU N'ES PLUS MA FILLE ! hurlait son père, debout devant son bureau.

L'aînée bouscula sa petite sœur en lui lançant un regard noir mais emplit de larmes. Narcissa comprit que son père avait lancé un sortilège insonorisant. Cela lui arrivait lorsqu'il traitait de sujet vraiment très important pour ne pas que qui ce soit d'autre entende. Monsieur Black se rassit brutalement dans son fauteuil, se frottant le front. Il entrevit Narcissa qui s'en allait, ne voulant le déranger.

- Cissy ! l'appela-t-il.

- Oui père ?

- Désolé pour cette scène, entre, lui dit-il. Tiens, une nouvelle lettre, de Regulus je suppose, déclara-t-il en lui tendant une enveloppe provenant de Poudlard. Comment va ta mère ?

Il s'était levé et était désormais face à grande fenêtre qui donnait sur le jardin.

- Elle survit, je suppose, commença Narcissa, ne sachant que dire de plus pour donner des nouvelles d'une mourante. Ce serait bien que vous alliez la voir un peu plus souvent. J'en toucherai deux mots aussi à Bellatrix.

- N'en fait rien, je refuse que les derniers souvenirs de ta mère avec Bellatrix soit entachés par ce qu'elle est devenue, laissons-lui le souvenir d'une petite fille révoltée et colérique. Quant à moi, je ne suis pas sûr que me voir lui ferai plaisir...annonça-t-il, une pointe de tristesse et de culpabilité dans la voix.

- Papa ? voulu creuse la jeune femme.

- Il faut que tu saches que je suis l'une des raisons de l'aggravement de l'état de ta mère. Nous avons eu une violente discussion concernant… concernant notre place dans la guerre qui arrive. Ta mère refusait de vous mêler à tout ça, toi et ta sœur, elle voulait faire profil bas. Mais Walburga et moi avons décidé de nous investir dans ce qui arrive. Il nous a fait des propositions. Walburga a probablement accepté à l'heure qu'il est, elle est comme ta sœur, bien trop d'accord avec lui. Je pensais que simplement vous marier à des sangs-purs suffirait mais visiblement… enfin c'est une autre histoire. Concernant ta mère, nous nous sommes disputés et j'ai cru qu'elle allait mourir dans mes bras… Narcissa sentit son père arriver au bout de ce qu'il pouvait dire sans défaillir.

Elle alla à sa rencontre et en signe de réconfort posa sa main sur son épaule.

- Papa, c'est pour ça que tu dois aller la voir, pour ne pas que vous mourriez tous deux en sachant que vos derniers instants étaient un dispute.

Il prit la main de sa petite fille dans la sienne et la regarda tendrement.

- Ma petite Cissy, je suis tellement fière de toi ! Heureusement que toi tu es là. D'ailleurs, j'ai pris une grande décision te concernant ! annonça-t-il un peu plus gai, prenant un papier sur son bureau qu'il lui tendit.

Narcissa lu le document, son nom y figurait ainsi que celui de ses parents, sa sœur, son oncle et sa tante. Elle comprit rapidement qu'il s'agissait d'un testament. Alarmée elle observa son père.

- Oui, j'ai décidé que tu serais la principale héritière de tous mes biens. Tous les autres auront une petite part mais c'est toi qui hérite de tout le reste. C'est toi qui le mérite, c'est toi qui est notre vrai fille, tu ne nous as jamais déçu.

- Mais enfin papa ! Je…

- Oui Karen ? demanda-t-il en s'adressant derrière l'épaule de sa fille.

- Le repas est prêt Monsieur.

- Très bien, nous arrivons.

Puis, sans un regard ou un mot de plus, il sortit et se dirigea vers le salon.

- Mademoiselle Bellatrix m'a fait savoir qu'elle passerait la soirée avec Monsieur Lestrange, informa Karen en servant les petits pois.

- Prenez donc une assiette et asseyez-vous avec nous Karen, déclara le père de famille sous le regard étonné de la jeune américaine.

Elle s'exécuta, un peu gênée.

- Je me souviens bien de votre mère, elle avait un accent qui en disait long, se remémora-t-il. Cela fait combien de temps qu'elle est partie presque dix ans c'est ça ?

- Oui Monsieur.

- Et directement après vous vous êtes mise à notre service ?

- Oui Monsieur.

- Et j'en suis extrêmement reconnaissant. Alors, qu'elle est votre requête ?

Karen leva la tête hors de ses petits pois et, surprise, elle ne comprit pas comment il avait su.

- Je vous connais depuis toujours Karen ! expliqua-t-il. Alors qu'y a t-il ?

- Je… je ne veux pas vous ennuyer maintenant Monsieur, avec votre femme et les mariages de vos filles.

Narcissa vit aussi le trouble de son amie, elle devait donc avoir véritablement quelque chose d'important à dire.

- Je t'en prie Karen, dis-nous ! insita-t-elle.

- Je… je suis vraiment désolée mais, je vais devoir vous quitter, déclara-t-elle rapidement en fermant les yeux comme une enfant qui redoutait une punition.

- Mais voyons Karen, pourquoi veux-tu partir ? continua Narcissa.

- Je… en fait je… j'ai rencontré quelqu'un et… je suis tombée enceinte et il m'a demandé de l'épouser et, et j'ai dit oui… avoua-t-elle, honteuse et au bord des larmes.

- Ce n'est pas un problème Karen, au contraire, nous nous réjouissons pour vous ! déclara son père qui ne voyait pas où était le souci.

Mais sa jeune maîtresse avait fait le rapprochement avec le camp, avec Prewett.

- Je veux dire vous pouvez aller vivre avec lui et continuer de travailler ici, si ce n'est qu'une histoire de morale je peux vous donner un salaire, annonça-t-il ravi de la considérer comme son égale.

- Monsieur, j'ai peur que vous ne puissiez donner un salaire au nom que je porterais… avoua-t-elle quelques larmes commençant à couler.

- Comment ça ? s'assombrit-il.

- Je vais me marier à Fabian Prewett.