Chapitre 22: Un heureux mariage
Bellatrix rayonnait dans sa robe. Bellatrix étant Bellatrix, elle ne pouvait se résoudre à apporter une robe de marier ordinaire. Elle détestait le blanc et c'est en lilas qu'elle dansait. Cette soirée devait sûrement être celle où elle avait le plus rit et sourit de sa vie entière. Elle semblait heureuse, réellement heureuse. Naturellement, Narcissa était sa demoiselle d'honneur, elle était sa plus proche amie, sa seule amie à vrai dire. Tout le reste de la famille Black était là, sauf Sirius, qui était apparemment souffrant. Narcissa se demandait quand son portrait allait être raillé de la tapisserie de tante Walburga. Mais ce mariage était l'occasion pour Narcissa de revoir son autre petit cousin. Depuis le drame du camp, ils échangeaient de nombreuses lettres et la jeune femme sentait qu'elle avait vraiment un allié, un véritable ami qui pensait comme elle. En le voyant assis à une table, observant tranquillement tout ce qui se passait-elle se rappelait de sa lettre. La première chose qui l'a fait se sentir mieux après son douleur réveil.
Chère Cissy,
Je vais bien. Je pas eu d'autre choix que de t'abandonner, je suis désolé. J'espère que quand tu liras cette lettre tu iras mieux. Ici c'est la folie. Les élèves de Serpentards ont été désigné comme responsables et si certains sont assez fières d'insinuer que leurs parents ont participé, j'ai pour ma part, je crois, un peu honte. Je veux dire, je ne suis pas stupide et je sais ce qui s'est passé. Tout ça me fait repenser aux mots de Gideon Prewett. Je ne sais pas comment tu te sens par rapport à lui et l'acte ignoble qu'il a commis mais j'ai le sentiment qu'il y avait une part de vérité dans ce qu'il disait.
Je suis désolé de ne pas te donner plus de nouvelles mais j'ai un parchemin d'histoire de la magie à rendre et maman veux voir un bulletin parfait.
Prend soin de toi,
Affectueusement,
RAB
Narcissa avait trouvé ça curieux qu'il signe RAB, cela faisait très mystérieux, elle était sa cousine, pas une inconnue. Mais plus elle y pensait, plus elle ressentait de la peine pour lui. Il était le seul héritier Black, Sirius était hors concours depuis longtemps maintenant. Il portait un prestigieux nom et avait un héritage lourd à porter ce qui inclut des responsabilités qu'ils allaient devoir supporter. Elle avait pitié pour cet enfant qui n'était pas encore un adolescent et qui n'allait probablement jamais l'être, forcé d'accepter les fardeaux qui l'attendaient.
À la même table des mariés se trouvait Lucius, assis tout près de Narcissa. C'était finalement Rabastan qui avait été le témoin mais Lucius restait l'un des proches amis des Lestrange. Il riait, un verre d'hydromel à la main. Narcissa ne pouvait s'empêcher de le trouver beau. Avec son élégant costume et ses cheveux attachés avec un ruban vert. Son sourire resplendissait et son regard brillait. Elle lui prit la main, ce qui l'étonna d'abord, mais elle le regardait de façon tellement bienveillante qu'il ne pouvait résister. Il posa délicatement ses lèvres sur celle de sa fiancée. Ce baiser rappela à Narcissa le dîner chez le manoir des Malefoy quelques jours plus tôt.
Lucius était venu la chercher. Ils avaient ensuite transplané jusqu'à une grande grille qui cachait une immense demeure et qui entourait des jardins tout aussi imposants. D'un coup de baguette, Lucius avait ouvert le portail et, le tenant par la main, déroulait avec elle cette grande allée qui menait à l'entrée. Même la porte d'entrée était impressionnante et démontrait la puissance de cette famille. C'est un petit être qui ouvrit la porte, Narcissa crut comprendre qu'il s'appelait Dobby. Elle n'avait jamais vécu avec un elfe de maison et ne savait par conséquent pas comment agir avec eux. Lucius lui, était assez cruel lorsqu'il n'ignorait pas la créature. L'immense hall d'entrée l'intimida quelque peu, on pouvait notamment y voir les armoiries de la famille Malefoy. C'est un petit escalier et une porte qui les mena au salon. Là, parmi les tableaux des membres de la famille, une longue table en bois vernis trônait toute la salle. Au bout de cette dernière, la table était mise pour trois. Et devant la cheminé, un homme, debout, droit et silencieux, semblait attendre leur arrivé.
- Père, interpella Lucius. Je vous présente Narcissa Black, déclara-t-il quand il se retourna.
Narcissa ne put décrire ce qu'elle ressentit quand elle le vit. Il avait l'air terriblement autoritaire et la jeune femme se doutait que sans un nom de famille correct, il aurait été bien plus sévère dans son accueil. Il avait souri poliment puis ils s'étaient serrés la main de façon assez diplomatique. Lucius sentit que sa jeune fiancée n'était pas rassurée mais il savait qu'elle était dans son élément, qu'elle savait comment charmer des convives et faire bonne figure. Ils passèrent donc au repas, espérant que l'ambiance se détende. Ce fut quelque peu le cas même si Monsieur Malefoy fit bien comprendre qu'il n'était pas un homme à prendre à la légère. Narcissa se demanda comment un sorcier aussi impérial, sévère et puissant avait pu être sous la coupe du mage noir, il avait laissé son fils devenir un mangemort. La fin du repas approcha bien vite. Narcissa savait à quoi s'attendre si elle devenait Mrs Malefoy. Cette pensée l'avait d'ailleurs tourmentée, qu'était devenue la précédente Mrs Malefoy ?
- Lucius, souffla-t-elle dans son oreille, j'ai un peu chaud, tu veux bien prendre l'air avec moi ?
D'abord inquiet, il accepta, quittant tous deux la tables des jeunes mariés. Lucius avait généreusement prêté sa salle de bal pour le mariage et la réception. Elle était au rez-de-chaussée et donnait évidemment sur l'immense jardin du manoir. La tenant par la main, Lucius l'entraîna dans les longues et quelque peu sombres allées. Ils ne se disaient rien mais aucun des deux ne ressentaient de malaise.
- Je peux te poser une question un peu personnel Lucius ? se risqua Black.
- Un peu personnel ? répéta Lucius, amusé par cette tournure de phrase. Je n'ai rien à te cacher, déclara-t-il.
- Et bien, qu'est-il arrivé à ta mère ?
Lucius s'arrêta dans sa marche, visiblement pas prêt pour répondre. Son visage devint sombre et triste voire en colère. Il se remit à marcher, se tenant droit, un peu plus devant Narcissa, ne voulant pas qu'elle le voit.
- Le manoir est un endroit très sécurisé. Mon père pensait que c'était le cas avant qu'il mette en place toute sorte de sortilèges pour le protéger. Nous sommes loin de tout ici, et jamais mon père n'a cru qu'un moldu viendrait. Mais c'est arrivé. Mon père était au ministère ce jour-là et j'étais à Poudlard, ma mère était seule à la maison, comme d'habitude à vrai dire. Un voleur moldu s'est introduit dans le manoir. Il a trouvé une pièce secrète où sont entreposés certains objets très puissants. Lorsque ma mère s'est retrouvée confronté à lui, elle n'a pas voulu utiliser sa baguette, elle n'en avait pas le droit devant un moldu. Elle essaya de calmer la situation mais il utilisa un des objets et ma mère fut touchée. Elle est devenue… comment dire… elle n'était pas folle, c'était une folie étrange qui la touchait, on avait l'impression qu'elle agonisait petit à petit mais aussi physiquement que mentalement. Le ministère était assez ouvert sur la question des moldu, et ils avaient pris le parti du moldu. Mon père ne l'a pas supporté. À l'époque, c'était Nobby Leach qui était ministre de la magie. Mon père pense qu'il a tout fait pour adoucir la sentence du voleur, lui-même étant d'origine moldu. C'est de là que sont apparu les rumeurs comme quoi il faisait partie de comploteurs ayant poussé le ministre à démissionner. Je n'ai jamais su si c'était vrai mais si c'était le cas je le comprends. C'est une des raisons pour lesquels le Seigneur de Ténèbres est venu nous voir, il pense que l'on partage sa haine contre les moldus.
- Et c'est le cas ? hasarda Narcissa.
- Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais ! déclara-t-il, irrité par l'insistance de la jeune femme. Et pour mon père… je ne sais pas vraiment, il est mystérieux, même pour moi, son fils, avoua-t-il, comme un regret.
- Je suis vraiment désolée de ce qui est arrivé à ta mère Lucius, annonça la blonde, se rendant compte que son fiancé venait de lui faire part d'une histoire triste et très personnelle.
Il s'arrêta, la regarda tendrement et la prit dans ses bras. Elle eu du mal à connaître la raison de cette étreinte. C'était étrange, il semblait à la fois vouloir la protéger de quelque chose et à la fois se rassurer.
- Lucius ? Est-ce que ça va ? demanda-t-elle inquiète.
- Je ferai tout pour te protéger, déclara-t-il à mit voix au creux de son oreille.
Ils étaient revenus vers la salle de bal où tout le monde se trouvait. Devant une porte fenêtre, Narcissa vit Cassiopée discuter avec son père. Elle avait son manteau à la main, comptait-elle partir ? Depuis quelque temps maintenant, la jeune Black avait compris qu'il fallait qu'elle discute avec sa cousine. Après tout, elle l'avait toujours vue comme une sœur, comme Andromeda l'était mais depuis son retour, c'était comme si elles étaient de parfaites inconnues. Qui de Narcissa ou Cassiopée avait le plus changé au point d'autant se détester désormais ? Peut-être était-ce les deux qui avaient évoluées différemment. La couleur naturelle de Cassy commençait à refaire surface derrière sa teinture blonde mais ses traits étaient différents, plus tirés, elle semblait constamment irritée ou fatiguée. Narcissa voyait le regard triste que avait Alphard Black lorsqu'il observait sa fille. Peut-être avait-il l'impression de revoir la mère de la jeune femme. Narcissa ne savait que très peu de chose sur sa tante Octavia, décédée trois mois après la naissance de Cassiopée. C'était l'un des sujets tabou de la famille.
Lucius s'éloignait vers leur table. Narcissa lui fit savoir qu'elle avait quelqu'un à voir et sous le regard suspicieux de son fiancé, elle fila vers son père et sa cousine. Cygnus Black ne semblait être là que par politesse, pourtant c'était sa fille qui se mariait. Il n'avait même pas prit la peine d'amener sa femme, juste pour quelques heures. Narcissa mit une main sur son épaule et, le regard bienveillant, prit sa main d'homme, de père, entre ses petits doigts de jeune femme, de fille. Puis, le regard plus sévère, elle se tourna vers Cassiopée.
- Tu nous quittes déjà ? demanda-t-elle, froidement.
- J'ai beaucoup à faire et puis je ne pense pas que ma présence ici soit indispensable, déclara-t-elle poliment mais sur une pointe d'ironie. Tu souhaiteras mes meilleurs vœux aux mariés.
- Et pourquoi tu ne le fais pas toi-même.
C'était Bellatrix qui venait de lancer amèrement ces paroles. Elle avait vu sa sœur se diriger en direction de leur cousine. Elle surveillait toujours sa petite sœur du coin de l'œil, elle devait savoir si elle allait bien, c'était indéniablement l'une des rares personnes en qui elle tenait.
Cassiopée se retourna, afficha une mine hypocrite et lança:
- Je ne voulais pas te déranger Bellatrix. Je te souhaite un long et prospère bonheur.
- Merci Cassiopée. Dis-moi, dans quoi travailles-tu exactement ? demanda-t-elle alors que sa cousine avait tourné les talons.
Elle se retourna une ultime fois, faisant face à sa cousine devant les regards à la fois inquiets et curieux de Narcissa et son père. Les deux cousines échangèrent un regard quasi mortel. Et, sans que personne ne comprenne, elle semblait se battre et se parler par télépathie. Puis, quelques secondes plus tard, qui pourtant avaient semblées être des minutes, Cassiopée reprit un sourire hypocrite et tout en se dirigeant vers la sortie lâcha une "Bonne soirée Bellatrix", appuyant son propos d'un regard assuré. Puis, avant que quiconque ne puisse faire le moindre autre geste, elle transplana. Narcissa savait que sa sœur, désormais Lestrange, fumait de rage. Sa sœur avait une vague idée de l'affrontement mental qu'avait eu les deux cousines et était heureuse qu'il ne soit resté que mental.
Bellatrix quitta les lieux, retournant vers son mari. Cygnus, impassible semblait pourtant déçu de n'être considéré qu'autrement qu'un invité ordinaire auprès de sa fille. Mais sa plus petite fille le sentit, elle était, à force, devenue comme lui et sa mère, un parfait et beau mélange de deux êtres mal aimés, incompris et solitaires. Elle le sera dans ses bras.
- Aller Cissy, amuse toi, va danser, lui souffla-t-il à l'oreille, ayant sûrement vu Lucius arriver derrière l'épaule de la jeune femme.
Malefoy salua son futur beau-père puis, comme prévu, invita à danser sa jeune amie.
Ils prirent place au milieu de la salle, Corban Yaxley avait pris le bras d'une Helma Selwyn qui avait l'air d'approcher les 16 ans et qui se sentait visiblement mal à l'aise avec le rustre et froid Yaxley. Un peu plus loin, Narcissa croisa le regard de son ex-petit ami, Percus Flint qui était, comme à son habitude, élégant et charmant, au grand bonheur de sa nouvelle fiancée. Mais tous ces gens autour importaient peu. Elle était dans les bras de l'homme qu'elle aimait, leurs mains l'une dans l'autres, leur regard qui s'évanouissaient dans celui de l'autre, leur amour qui désormais ne faisait qu'un. Narcissa était sûre qu'elle se rappellerait toute sa vie de ce merveilleux moment, de leur moment. Ce moment où elle pensa sérieusement et profondément, "J'aime Lucius Malefoy".
La soirée avait fini bien arrosée. Quelques invités restaient loger au manoir, Narcissa naturellement en faisait partie. Cependant, ni elle ni Lucius n'étaient ivres, seulement de joie et de bonheur. Mais ils s'étaient chargés de raccompagner les deux époux dans leur chambre, ils ne tenaient plus debout tout seuls. Une fois cette tâche compliquée accomplie, Narcissa se dirigea vers la chambre qui lui était réservée, à l'autre bout du couloir où se trouvait celle de Lucius. Il la raccompagna devant sa porte, le regard aimant, car après tout, il l'aimait.
- Bon, et bien, bonne nuit je suppose, déclara Narcissa, tenant la main de son fiancé.
- Oui, à demain, commenta amoureusement le jeune homme.
Ils s'embrassèrent. C'était presque devenu mécanique désormais. Cependant chaque baisers étaient uniques, une redécouverte de l'autre, une raison de plus de s'aimer. Narcissa s'engouffra dans sa chambre, brisant tant bien que mal ce baiser.
Elle était allongée dans son lit, silencieusement heureuse mais le cœur battant. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Elle ne pensait qu'à lui, à ce baiser qu'elle avait dû interrompre. Elle aurait bien voulu l'embrasser, là tout de suite. Soudain, elle sursauta. Un orage venait de s'abattre près de la demeure. Narcissa n'avait pas crié, ce n'était pas son genre. Cependant elle frémit de peur lorsqu'elle entendit des pas dans le couloir, ces pas se rapprochaient dangereusement de sa chambre. Vêtue d'une chemise de nuit, elle prit sa baguette qu'elle avait déposée sur la table de chevet et se dirigea vers la porte. Elle colla son oreille à cette dernière.
- Narcissa, c'est moi, Lucius.
Elle ouvrit, plus que rassurée. Il était là, devant sa porte, les cheveux détachés qui tombaient sur ses larges et belles épaules. Même son pyjama émeraude lui donnait une allure certaine. Elle se lança dans ses bras, ne cherchant que lui dans son insomnie. Lucius la trouvait belle. Ses cheveux décoiffés flottaient poétiquement dans le courant d'air. Ses yeux purs ne demandaient que la bouche de l'homme qu'elle aimait. Il comprit rapidement l'insistance de ce regard et plongea ses lèvres dans celle de sa futur femme. Elle s'agrippa à lui, le faisant pénétrer dans la chambre, et d'un coup de baguette elle referma la porte.
La nuit engloutissait désormais les deux amants qui heureux et amoureux s'abandonnaient l'un à l'autre.
